Publié dans Questions existentielles

Mes séries fétiches à regarder à l’Automne

Les feuilles tombent, le brouillard se lève et je n’ai qu’une envie : me blottir dans le canapé sous un plaid avec un Spice Latte en regardant une série. Envie de frissonner ? Envie de cocooner ? J’aime bien les deux. Je te propose quelques titres si tu es en panne d’inspiration. Sors le pop-corn, c’est l’heure du film !

Les séries pour se faire peur

American Horror Story saison 3 Coven, relate le rassemblement et l’éducation de jeunes sorcières du XXIème siècle aux pouvoirs incontrôlables, dans un pensionnat de la Nouvelle Orléans. Sauf que… la « Suprême », autrement dit la chef, âgée et malade, ne souhaite pas laisser sa place à la future jeune sorcière destinée à lui succéder. Comme personne ne sait qui est la potentielle nouvelle suprême, toute la saison va consister à deviner son identité. En parallèle, nous ferons connaissance avec Marie Laveau, une sorcière vaudou légendaire de la Nouvelle Orléans qui hait les sorcières blanches, ainsi que Marie-Delphine Lalorie, une ancienne bourgeoise franco-créole accusée d’avoir torturé des centaines d’esclaves noirs au XVIIIème siècle. Plus que de l’effroi, c’est surtout de l’horreur qu’à suscité chez moi cette troisième saison avec des scènes gores, un viol, un tueur en série, etc… Ceci dit, malgré l’hémoglobine, des longueurs et un scénario parfois digne d’un mauvais remake de The craft, j’ai apprécié l’ambiance très sorcière et les sujets sérieux abordés derrière le paranormal comme la vieillesse, le racisme ou l’amour filial. Pour information, American Horror Story est une série dont les saisons peuvent se regarder séparément, et avec souvent le même casting d’acteur dans les rôles principaux. J’ai également adoré la saison 2 intitulée Asylum, qui est plus flippante car centrée sur un asile psychiatrique avec un tueur en série et des monstres. 😉

Penny Dreadful commence à dater un peu, mais reste pour moi un incontournable en cette période de l’année. On y suit, sur trois saisons, une équipe digne de la ligue des gentlemen extraordinaires : Vanessa Ives au charme vénéneux, Sir Malcolm un riche aristocrate, Ethan Chandler un tireur hors pair et Victor Frankenstein, un jeune Docteur qui a commencé ses expérimentations de résurrection… Ensemble, ils vont essayer de retrouver Mina, la fille de Sir Malcolm qui a mystérieusement disparu et découvrir une lourde menace qui pèse sur un Londres Victorien noir et brumeux. Vampires, exorcismes et loups-garous seront au programme, ainsi que des personnages de légende : un Dorian Gray plus vrai que nature, Van Helsing, LA créature de Frankenstein,… J’ai apprécié la tension qui règne tout au long des premières saisons, le mystère qui entoure Vanessa Ives, les sujets de société abordés comme la condition féminine sous l’époque victorienne, l’immortalité… J’ai moins apprécié le jeu d’acteur de Eva Green qui s’enfonce dans la folie de façon lassante dans la saison 2. Malgré tout, cela reste une série délicieusement gothique qui te fera trembler dans ton canapé ! A noter qu’un spin off intitulé Penny Dreadful City of Angels est sorti cette année avec une action située à Los Angeles dans les années 30…

Cette semaine, j’ai découvert Kingdom sur Netflix. Il s’agit d’une série historique américano-coréenne qui mêle complots politiques et… zombies ! Tout commence par une mystérieuse maladie dont est atteint l’Empereur de Corée. L’Impératrice et son clan s’efforce de cacher son mal afin de conserver le pouvoir. Mais l’héritier illégitime de l’Empereur de Corée, le héros, va essayer de découvrir la vérité sur son père, ce qui va le forcer à fuir la Cour … pour battre la campagne avec son garde du corps. Ils vont tomber sur des zombies et essayer de les combattre… tout en s’efforçant de faire reconnaître la légitimité du Prince pour gouverner, alors que l’Impératrice est sur le point de donner naissance au futur Empereur. D’aventures en aventures, le Prince va gagner en notoriété auprès du peuple et devoir faire des choix difficiles. J’ai particulièrement apprécié tous les jeux de pouvoir présents dans la série, ainsi que la mise en scène des zombies qui est bien amenée et pas du tout nanardesque. Il y a une réelle tension à ce sujet dans toute la série et on se demande comment le héros va s’en sortir face cette invasion, en plus de tous ses autres problèmes. Par ailleurs, c’est la première fois que je regarde une série (à moitié) coréenne et j’apprécie particulièrement la mise en scène, complètement différente des films américains que j’ai l’habitude de voir. C’est un peu plus dramatique, les costumes sont différents (même si un peu trop propres à mon goût) et la manière de filmer aussi. Une petite parenthèse mi-zombie, mi-jeux politiques si tu es tenté. 🙂

Les séries cocooning

Ai-je déjà évoqué ma passion pour la série Un soupçon de magie (alias Good Witch en VO) ? Je pense que oui et dans un article assez long… Pour résumer, il s’agit d’une série dérivée de plusieurs téléfilms canadiens et mettant en scène Cassandra Nightingale, propriétaire d’une boutique de curiosité et d’un manoir Bed and Breakfast, dans une petite ville appelée Middleton. Pour résumer, Cassy aide quelqu’un dans chaque épisode à aller mieux grâce à ses talents de guérisseuse, de l’écoute, des proverbes, des cadeaux ou en lui faisant rencontrer la bonne personne. Car Cassy est une sorte de sorcière, mais en plus light que dans les autres séries. Elle ne jette pas de sorts, elle a juste des « intuitions » et un passé familial très lié à la ville. J’adore cette série pour son ambiance plus que son scénario. J’ai l’impression d’y retrouver un village perpétuellement en automne et une sorte de famille parfaite. Un vrai cocon de sérénité en 6 saisons et environ 5 téléfilms.

Virgin River est une série issue du roman éponyme de l’auteure Robyn Carr, dont la première saison est actuellement disponible sur Netflix. On y fait la connaissance de Melinda, jeune infirmière, qui décide de quitter Los Angeles pour repartir de zéro à Virgin River, une petite ville perdue dans les montagnes du nord de la Californie. A son arrivée, rien ne va : le médecin avec qui elle est censée travailler ne veut pas d’elle, et le logement qu’elle devait occuper est un taudis. Heureusement, elle va pouvoir compter sur une forte entraide communautaire et surtout celle de Jack Sheridan, le barman/chef du seul bar du coin qui est plutôt beau gosse. Peu à peu, on va comprendre que chacun des membres de cette communauté cache des blessures à cicatriser ou des secrets à ne pas dévoiler. Mais contrairement à une série comme Big little lies ou Desperate Housewives, ici, pas de gros drames. Juste de magnifiques paysages, une communauté soudée et une vie toute simple. J’ai beaucoup aimé l’ambiance village de cette série qui m’a rappelée celle de Good Witch mentionnée plus haut. Ici cependant, il y a plus de romance et de drame, et quelques réalités bien rudes de la vie à la montage. Une série addictive-doudou dont j’attends la saison 2 avec impatience.

The Librarians (ou Flynn Carlson et les Nouveaux aventuriers) est un petit clin d’oeil à mon métier dont j’ai dévoré les 4 saisons assez rapidement. On y suit les aventures de Flynn Carlson, le Bibliothécaire attitré d’une Bibliothèque magique qui conserve tout ce qui a trait à la magie, livres comme objets. La Bibliothèque (entité vivante) décide de lui a attitrer un nouveau Gardien, (sorte de garde du corps), en la personne de Eve Baird, car il est menacé par une secte criminelle qui veut détruire la Bibliothèque. Mais Flynn ne l’entend pas de cette oreille, lui qui s’est toujours débrouillé seul dans ses missions. Or, la secte a pour projet d’assassiner aussi les futurs nouveaux bibliothécaires et voilà Flynn et Eve obligés de protéger trois candidats potentiels : un voleur, une surdouée des chiffres et un cowboy passionné d’Histoire de l’Art. Au fil de leurs aventures dignes d’un Indiana Jones de série B, les bibliothécaires et le Gardien vont débusquer de nouveaux artefacts, combattre des méchants et créer une équipe de choc. Ce qui est très amusant dans cette série, c’est qu’elle ne se prend pas du tout au sérieux. Entre Flynn imbu de sa personne, Ezekiel Jones qui se la pète à voler tout et n’importe quoi, Cassandra qui invente la « Mathé-magie » et porte des tenues improbables, Eve qui joue à l’adulte pour gérer tout ce petit monde et Jacob obsédé par tout type d’architecture, on dirait une équipe d’aventuriers du pauvre à qui on aurait ajouté la magie en bonus. L’élément qui me fait hurler de rire à chaque début d’épisode, quand ils se rendent quelque part, ils se présentent en disant qu’ils sont bibliothécaires. Etles gens font comme si c’était normal qu’ils soient présents !!! Une série qui ne se prend pas au sérieux et revisite les contes et légendes du monde de manière improbable avec Noah Whyle en guest-star et à la production.. 🙂

Les séries un peu entre les deux

Grimm est une série développe un concept intéressant : elle reprend les contes des frères Grimm pour les adapter à la sauce XXIème siècle. Avec pour héros Nick Burkhardt, un inspecteur de police de Boston qui apprend qu’il est le descendant des frères Grimm au décès de sa tante, on passe vite des enquêtes au fantastique. Car les frangins allemands ne sont pas des conteurs, mais des chasseurs de monstres ! Sauf que ces monstres, appelés les wesen, ont une apparence humaine pour le reste du monde. Seul un Grimm peut les voir se métamorphoser. Face à cette découverte, Nick réalise une quête sur les origines des Grimm, accompagnée de la découverte de tous les wesen qui existent : le grand méchant loup, les ogres, les sorcières, les trois petits cochons, etc… qui se sont adaptés à la vie moderne mais conservent des instincts animaux. De saisons en saisons, notre héros beau gosse va se composer une équipe, et se retrouver mêlé à des combats qui dépassent son statut de mortel. Cette série m’a permis de retrouver un peu l’esprit de Buffy contre les vampires, surtout sur les effets spéciaux et l’esprit d’équipe. Et même si j’ai été déçue par sa fin, cela reste un très bon divertissement pour réviser ses contes de fées en 6 saisons !

Les nouvelles aventures de Sabrina est une nouvelle version 2019-2020 de la série Sabrina l’Apprentie Sorcière. On y suit la jeune sorcière qui vit dans une petite ville américaine à l’ambiance de Riverdale, avec ses tantes Hilda et Zelda et son cousin Ambrose qui tiennent une maison mortuaire. Sabrina doit faire un choix à son 16ème anniversaire : signer le livre du démon et rejoindre le monde des sorcières ou continuer à vivre sa vie de mortelle. Dur quand on ne souhaite pas quitter ses amis, d’autant que de nombreux secrets de famille vont perturber encore plus sa décision. Contrairement à la version de mon enfance, beaucoup plus légère et amusante, j’ai découvert ici une Sabrina plus sombre, associée au culte de satan et aux covent de sorciers et sorcières. J’ai trouvé intéressant la manière dont le culte des sorcières est complètement inversé vis à vis du catholicisme, et la misogynie dont font preuve les sorciers vis à vis de leurs consoeurs. J’ai apprécié le dépoussiérage de la série originale avec des personnages bi-sexuels et transgenres. J’ai adoré le jeu d’acteur des deux tantes ainsi que celui de l’actrice principale qui m’ont semblé convaincants pour un divertissement destinée aux adolescents. Une série qui parfois te fera frissonner, parfois te fera vivre des aventures amusantes avec la bande de copains de Sabrina, à l’image des deux mondes dans lesquels évoluent l’héroïne.

Voilà pour mes séries coups de coeur d’automne. Peut-être en as-tu à me conseiller ? Dis-moi tout en commentaire !

Fauteuils de cinéma et films en noir et blanc,

A.Chatterton

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Mers mortes, Aurélie Wellenstein, éditions Scrinéo

Roman moitié post-apocalyptique, moitié fantastique, Mers Mortes nous fait réfléchir sur des notions d’écologie et de survie humaine autour d’une belle utopie : faire revenir les océans. C’est aussi l’un des cinq finalistes du PLIB 2020. Petit tour d’horizon d’un roman à portée philosophique…

Résumé : Mers et océans ont disparu. L’eau s’est évaporée, tous les animaux marins sont morts. Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines…, arrachent l’âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l’humanité, peuvent les détruire. Oural est l’un d’eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu’il protège depuis la catastrophe. Jusqu’au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme. Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes… De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple. Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?

Mon avis :

Un univers entre Post-apocalyptique et Fantastique

Ce qui frappe au premier abord dans les premiers chapitres de Mers Mortes, c’est l’omniprésence de la chaleur, de la désertification terrestre. Tout est installé pour nous rappeler la catastrophe écologique qui a fait disparaître les océans. Au milieu de ce cimetière marin, quelques bastions d’humains résistent encore et tentent de survivre sous ces conditions climatiques dévastatrices, mais pour combien de temps ?

Passé le climat aride, une autre menace gronde : celle des fantômes des poissons disparus. Tous les jours, ils reviennent se venger des humains sous forme de marées imaginaires, afin d’aspirer leurs âmes. Pour se protéger, un seul remède : les exorcistes. Humains doués d’un talent pour tuer ces monstres marins, ils sont tantôt vénérés, tantôt traités en esclaves. Leur but premier est de protéger les autres vies, comme Oural, le héros de notre histoire, grâce à leur magie qui permet de détruire les fantômes des poissons morts.

Si vous pensiez être tranquille une fois à l’abri de la chaleur et aux fantômes, détrompez-vous ! Ce seront peut-être les hommes qui auront raison de vous, ou encore des zombies, ces hommes dont les poissons ont aspiré l’âme ! Post-Apo oblige, au fil du roman, nous serons confrontés à des profils et des modes de survie divers : société hiérarchisée où les exorcistes sont considérés comme le haut de la caste, équipage de pirates qui pille les ressources des autres, réfugiés parqués en un bidonville en première ligne pour protéger les aisés, … Ce qui compte, ce n’est pas le côté juste de ses actions, mais de rester vivant malgré tout, voire au détriment des autres.

Une ambiance angoissante vous accompagnera dans ce roman au rythme haletant et au style fluide. Aurélie Wellenstein joue la carte de l’originalité, en dehors du sujet abordé, en alliant deux genres différents : le post-apocalyptique et le fantastique, et c’est plutôt réussi.

Un roman d’apprentissage 

Le roman est tourné comme une quête d’apprentissage pour Oural, jeune exorciste puéril et orgueilleux, qui n’a jamais quitté son bastion où il vivait avec sa garde du corps/compagne et d’autres réfugiés. En rejoignant l’équipage de Bengale bien malgré lui, il va remettre en cause tout ce qu’on lui a appris sur son statut d’exorciste vénéré et découvrir d’autres exorcistes et surtout des modes de survie beaucoup moins recommandables. Il apprendra aussi à développer ses pouvoirs et se retrouvera confronté à des choix importants qui l’aideront à grandir.

Le lecteur est invité à découvrir cet univers avec lui et à prendre part à la quête de Bengale et de son équipage : retrouver des âmes puissantes pour les offrir en sacrifice au Léviathan, seul cachalot vivant restant réfugié dans le Grand Nord, aux allures de Chtulhu. En échange, le cétacé à promis de rendre les océans. Mais va-t-il tenir parole ? En attendant, le temps presse car sans eau, l’air se raréfie sur terre, et ce n’est qu’une question de temps avant que l’humanité soit condamnée. Le suspens va tout tenir en haleine jusqu’au bout du récit…

Pour moi, Bengale est le vrai héros de cette histoire. S’il est abordé dès le départ comme quelqu’un d’abject, parce qu’il tue des innocents pour aspirer leur âme, et capture des exorcistes afin de protéger son vaisseau, peu à peu, on découvre un personnage plus nuancé. C’est un homme torturé par ses démons intérieurs, vénéré comme un prophète par ses hommes, mais surtout terriblement seul à porter cette quête. Pour Oural, il sera un geôlier, un chef, un ami, un père, voire plus…

Leur duo complémentaire mène le récit et éclipse les autres protagonistes. Cela est un peu dommage, car les personnages secondaires, tous avec un passé de survivant différent, sont très intéressants.

J’ai personnellement été déçue par l’achèvement de cette quête, qui, sans vouloir en dévoiler plus, m’a semblé plus fantastique que post-apocalyptique. Ceci dit, sa conclusion est logique, malgré un retournement de situation de dernière minute, et elle est soignée.

Mon personnage préféré reste Trellia, la delphine fantôme d’Oural, qui l’aide à exorciser les autres animaux marins. Elle est la note d’espoir du récit, qui se veut sombre et très réaliste.

Une réflexion écologique

Au delà de cette fiction, Aurélie Wellenstein nous offre une réflexion plausible pour notre avenir en 2050. Elle aborde des sujets qui sont déjà présents de nos jours, dans les actualités concernant l’écologie marine : la surpêche, le réchauffement climatique, les rejets d’engrais et d’hydrocarbures, la fonte des glaciers, le destin des réfugiés climatiques… Et essaie d’imaginer une vie sans océans. Et ce n’est pas très joli !

Par ailleurs, on sent que l’auteure est engagée concernant la préservation des océans, notamment à travers ses descriptions très réalistes de morts d’animaux marins. Car Oural fait des cauchemars d’animaux qu’il a tué, mais en étant à leur place : suffocation d’un Phoque avec des sacs plastiques, engluement des oiseaux dans une nappe de pétrole, harponnage de dauphins pour le plaisir ou leurs nageoires, pêche des requins pour leurs nageoires.  Les images et sensations décrites de la souffrance de ces animaux ne laissent pas le lecteur indifférent. Ils sont présents de manière sous-jacente pour sensibiliser à la cause écologique… et je dois dire que c’est assez efficace.

La conclusion que l’on peut tirer de ce roman est que même dans un univers ou les hommes n’ont plus rien, il ne leur reste que deux possibilités : survivre en gardant une note d’espoir ou devenir le prédateur des autres. Oural nous proposera une troisième alternative…

En conclusion : Un récit noir et palpitant sur la survie sans les océans, mené par un  exorciste adolescent et un capitaine aux allures de Barbarossa. Une belle leçon sur la nécessite de protéger l’écologie marine, sur fonds de roman post-apocalyptique.

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Les revenants de WhiteChapel, George Mann, éditions Panini Books / Eclipse éditions

Vous aimez les automates possédés, les zombies et les meurtres en série , le tout dans un Londres brumeux à souhaits ? Ce roman est fait pour vous !

Résumé : Bienvenue dans un Londres étrange et merveilleux. Ses habitants, quotidiennement éblouis par un déluge d’inventions , inaugurent une ère technologique nouvelle. Les aéronefs traversent le ciel tandis que des automates mettent leurs engrenages au service d’avocats ou de policiers. Mais le vernis du progrès dissimule une face sombre, car cet univers voit aussi des policiers fantômes hanter les ruelles de Whitechapel. Sir Maurice Newbury, investigateur de la Couronne, oeuvre donc sans répit à protéger l’Empire de ses ennemis. Le jour où un dirigeable s’écrase dans des circonstances suspectes, Sir Newbury et miss Veronica Hobbes, sa jeune assistante, sont amenés à enquêter tandis qu’une série d’effroyables meurtres met en échec les efforts de Scotland Yard. Ainsi débute, en une aventure qui ne ressemble à aucune autre, le premier volume des enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes.

Mon avis :

Une intrigue mêlant plusieurs faits étranges… mais qui se recoupent parfaitement.

Les premiers chapitres embrouillent un peu le lecteur par les différents éléments qu’on lui soumet, en plus de lui présenter les personnages principaux.

On apprend qu’un quartier pauvre de Londres est la proie d’une maladie qui transforme les habitants en zombies-vampires.

Puis l’on suit une enquête que mène Miss Hobbes et Sir Newbury portant sur un accident d’aéronef qui transportait un membre de la famille royale, et conduit par un automate, absent des décombres.

En parallèle, des accidents provenant d’automates fous se produisent un peu partout en Angleterre et des meurtres sont perpétrés par un tueur en série fou.

Pour finir, le frère de la secrétaire de Sir Newbury a disparu.

Tous ces éléments trouvent leur résolution dans un enchaînement logique mais cela prend un certain temps aux enquêteurs et au lecteur pour trouver la solution. Néanmoins, l’histoire est assez réussie et le rythme ni trop lent, ni trop rapide. Un parfait roman policier en somme.

Une Angleterre mécanisée

Ce volume de George Mann fait apparaître une Angleterre Victorienne dans l’esprit Steampunk, assez soigné : les automates remplacent peu à peu les ouvriers et le personnel, on se déplace dans des aéronefs, tramways mécaniques et trains à vapeurs…

La science est partout et le progrès est de mise. Même la Reine Victoria a un traitement spécial : elle survit grâce à un appareil mécanique qui lui permet de respirer, assise dans un fauteuil roulant.

Le brouillard anglais et l’atmosphère londonienne sont bien retranscrits, mêlant subtilement le côté historique (fiacres, habitations, vie quotidienne) et l’uchronie (aéronefs, automates…) de l’histoire.

D’autres aspects, moins reluisants sont aussi présents : l’internement dans les hôpitaux psychiatriques pour les femmes dites « hystériques », et surtout des crimes toujours très sanglants.

Des personnages pittoresques bien développés

Malgré son air distingué et ses belles manières, Sir Newbury cache quelques vices : une passion dévorante pour l’ésotérisme, très en vogue à l’époque Victorienne, ainsi qu’un goût prononcé pour le laudanum, drogue puissante connu aussi sous le nom d’opium. Mais c’est un enquêteur hors pair, doté d’une constitution d’acier.

Miss Hobbes cache bien son jeu sous ses airs de jeune fille bien élevée : au-delà de ses talents d’enquêtrice peu communs pour une femme de l’époque, elle cache un lourd secret de famille. En effet, sa soeur a été internée par ses parents dans un hôpital psychiatrique car elle a des crises, considérées par tous comme de la démence. En vérité, elle arrive à voir l’avenir mais cela n’est pas bien vu dans la bonne société. Miss Hobbes va chercher à faire sortir sa soeur, tout en utilisant son don de divination pour les besoins de l’enquête.

Le duo fonctionne assez bien, à la manière d’un duo traditionnel Sherlock-Watson, sans pour autant apporter une touche d’originalité au genre. L’auteur a le bon goût de ne pas tomber dans les clichés en laissant la relation entre les personnages strictement professionnelle, sans la transformer en intrigue amoureuse.

En bref : Une lecture efficace et rafraîchissante pour les amateurs d’intrigues policières Steampunk à la sauce holmésienne. A noter que d’autres tomes du duo existent mais ils n’ont pas été encore traduits en français à ce jour.

Article originellement publié par mes soins sur le site Portdragon.fr