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L’arrache-mots, Judith Bouilloc, éditions Hachette romans

Dans ma pré-sélection des cinq finalistes du PLIB 2020, L’arrache-mot m’a convaincue par son sujet : il a pour personnage principal une bibliothécaire qui donne vie aux mots. Ce qui est l’exact opposé de mon personnage Miss Chatterton qui plonge dans les livres ! De là, pas difficile de s’émerveiller devant ce petit bijou truffé de références littéraires…

Résumé : La jeune Iliade a un don merveilleux  : le pouvoir de donner vie aux mots et aux histoires. Ce don fait d’elle la bibliothécaire la plus célèbre de tout le royaume d’Esmérie. Le matin où elle reçoit une demande en mariage presque anonyme, elle n’est sûre que d’une chose : son prétendant est un membre de la famille royale  !
Bien décidée à comprendre qui s’intéresse à elle et surtout, pourquoi cette personne lui propose un contrat de mariage si avantageux, Iliade se rend dans la capitale. Là-bas, elle découvre les fastes de la cour… et la froideur de son fiancé. Pourtant, elle finit par s’attacher et à lui et se retrouve, bien malgré elle, propulsée au cœur d’intrigues et de complots auxquels rien ne la préparait.

Mon avis :

Un réécriture de Jane Austen…

Iliade a le coeur brisé, donc Iliade a décidé de se marier avec le premier inconnu qui lui fait une demande en mariage et une proposition d’embauche chez le roi. Rien que ça !

Cependant, sa rencontre avec son prétendant mystérieux va lui faire l’effet d’une douche froide : qui est cet odieux personnage insensible à la beauté de la littérature qui la prend pour une folle ?

Si ce n’est pas le début d’un scénario à la Jane Austen, pincez-moi ! Telle a été ma première réaction à la lecture des premiers chapitres de L’Arrache-mots.

Apparences trompeuses, jugements hâtifs, jeune fille piquante et émotionnelle, prétendant froid et impassible, famille de filles à marier… vous retrouverez ce qui a fait le succès de Orgueil et préjugés.

Cependant, Judith Bouilloc mêle subtilement son roman d’amour à un univers de fantasy et cela diffère un peu du roman de notre copine Jane.

Car Iliade, avec son pouvoir d’Arrache-mots nous fait voyager dans les livres en faisant sortir de leurs pages des créations issues de son imagination. De là, la lecture devient un vrai spectacle qui prend vie devant nos yeux ébahis et même l’histoire la plus banale devient digne d’intérêt.

Par ailleurs, l’histoire est pleine de poésie, ses personnages sont drôles et atypiques comme la mamie d’Iliade qui crache du feu quand elle n’est pas contente ou les tenues improbables d’Iliade. Tout ceci contribue à de nombreux rebondissements de cette histoire, pour notre plus grand plaisir.

Une héroïne à contre-courant

Iliade, comme je l’ai évoqué plus haut, n’est jamais bien apprêtée ni à la mode. Elle préfère créer sa propre mode en portant les créations de sa mère ou s’habiller de façon confortable plutôt que de se conformer aux règles de la cour du roi.

Ajoutez à cela qu’elle est dotée, telle Hermione Granger, d’une crinière indomptable et d’un caractère très susceptible, et vous obtenez l’inverse d’une jeune fille bonne à marier.

Cependant, on sent une fragilité derrière cette façade d’acier. Elle n’est pas sûre de plaire un jour à quelqu’un ou que son pouvoir soit accepté par un homme. Le dernier en date l’a utilisée comme faire valoir pour obtenir un succès littéraire et son petit coeur est encore brisé.

Ce contrat de mariage associé à la proposition de travail lui évite bien des embarras et lui assure ainsi qu’à ses soeurs, un avenir plus rose. Car le prétendant s’est engagé à payer les études de ses soeurs. Iliade venant d’une famille pauvre dont le père a disparu en mer, c’est une aubaine pour elle et sa famille.

Judith Bouilloc signe là une héroïne qui n’a pas peur des convenances, plutôt pragmatique quoique un peu écervelée. L’inverse d’une jeune fille bien sous tous rapports et c’est tant mieux, sinon le récit serait moins savoureux.

Une ode à la littérature

A chaque fin de chapitre, l’auteure apporte des détails sur un livre évoqué par Iliade pour compléter notre culture littéraire et cela nous donne autant envie de relire des oeuvres classiques que de découvrir de nouveaux romans. De là à dire qu’il y a conseil en lecture de bibliothécaire, on n’est pas loin.

Ajoutez à cela, en plus du personnage extraordinaire d’Iliade, des clichés sur le métier de bibliothécaire qui sont à hurler de rire comme le personnage de la sévère gardienne de la bibliothèque royale (chignon, lunettes et air pincé) et vous saurez combien Judith Bouilloc tient à la littérature et aux gardiennes de ce savoir.

En conclusion : Un petit bijou de roman plein de poésie et d’humour qui ravira les adeptes de Jane Austen comme les fans d’héroïnes atypiques.

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Le passageur, Andoryss, éditions Lynks

Achat imprévu lors des Imaginales 2019, j’ai été attirée par la couverture du Passageur similaire à celle de Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs. Puis, après avoir entendu son auteure en conférence parler du rôle de ses recherches historiques sur Paris dans son écriture, j’ai été tout à fait convaincue. Si vous êtes adepte de fantômes, de dons inexpliqués et de voyages temporels, venez prendre place auprès du passageur ! Mais attention, ce sera à vos risques et périls, car son don est dangereux !

Résumé : Matéo Soler sait que les fantômes existent. Il le sait parce que sa mère en a aidé des dizaines à trouver le repos, jusqu’à ce qu’elle-même meure, des années auparavant. Ce que le jeune garçon ne pouvait pas deviner, par contre, c’est qu’il hériterait de son pouvoir. Devenu Passageur à son tour, le voilà contraint de lutter contre un trushal odji, une âme affamée. Pour s’en libérer, Matéo n’a d’autre choix que de rejoindre l’âme dans son époque d’origine afin d’y apaiser sa mort. Mais alors qu’il est propulsé au temps de la Commune et au milieu des horreurs de la semaine sanglante, il comprend que sa tâche ne sera pas si facile…

Mon avis : 

Une ode à la discrimination pas larmoyante

En voilà un personnage principal malmené ! Mattéo est un adolescent membre d’une famille Rom sédentarisée en banlieue parisienne. Il ne trouve sa place nulle part :  ni à l’école car il est brimé par ses camarades, ni dans la communauté gitane du fait de sa sédentarisation, ni dans sa propre famille où ses rapports avec son père se sont détériorés suite au décès de sa mère et de sa sœur.

Élevé par son grand frère Diego, il lui arrive de passer la nuit dehors quand son père est à la maison et de se faire raquetter au petit matin par des camarades racistes.

La maladie respiratoire dont il a réchappé (au contraire de sa mère et sa soeur), lui a laissé des séquelles physiques qui l’empêchent de courir correctement sans faire l’objet de crises d’asthme violentes.

L’arrivée de son don, hérité de sa mère, va lui compliquer encore plus la vie : seules les femmes sont des passageuses dans la communauté gitane, et la vieille Inma ne veut pas l’aider à maîtriser son don. Un don qui peut lui apporter la folie sur le long terme…

A travers ce personnage, Andoryss nous met face à un drame social concernant la société d’aujourd’hui, réticente à intégrer les gens du voyage ou peu regardante sur l’avenir des jeunes de banlieue. Matéo le dit lui même : il a peur du futur et se demande à quel moment la limite sera franchie entre sa vie et celle des sdf qu’il croise lors de ses nuits dehors.

Mais c’est aussi une réflexion concernant un héritage que l’on n’a pas souhaité et qu’il faut apprivoiser. Ce don d’accompagner les morts n’ayant pu trouver le repos est une contrainte qui aurait dû être légué à sa petite soeur. Malheureusement pour lui, ce n’est pas le cas et les voyages dans le temps demanderont courage, détermination et recherches historiques de la part du jeune garçon, afin de mener à bien sa tâche.

En cela, le livre se rapproche d’un roman d’apprentissage, d’autant que Matéo est dans sa période d’adolescence, âge ingrat rempli de questionnements et de changement du corps. Voir les morts et les aider va l’amener à se découvrir des qualités qu’il ne soupçonnait pas, faire le deuil de sa mère et sa soeur, et lui redonner confiance en l’avenir.

Je trouve que sans être larmoyante, l’intrigue aborde de manière juste ces faits de société et met en valeur le courage de Matéo qui se bat malgré ses doutes et le drame familial dans lequel il évolue.

Une plongée dans l’Histoire (et la géographie) de la Commune

Dans ce premier tome, notre passageur découvre ses pouvoirs, comment les utiliser et nous emmène avec lui à Paris sous La Commune.

Du conflit, l’auteure ne nous épargne aucun détail : les morts sanglantes, le danger des combats, les odeurs des corps brûlés, l’espoir des révoltés, l’absurdité d’une lutte déjà perdue.

Matéo nous plonge au coeur de l’action, utilisant des déguisements pour mieux coller à l’époque, et nous faisant réaliser des allers-retours intéressants entre le passé et le présent dans la géographie parisienne.

On sent qu’Andoryss s’est beaucoup documentée sur les lieux des combats comme le cimetière du Père Lachaise, et pour celui qui connaît Paris, vous pouvez tout à fait réaliser une visite touristique  à travers la lecture de ce livre.

Petit détail supplémentaire qui rend le voyage réaliste : elle utilise du vocabulaire rom et explique certaines coutumes de ce peuple ostracisé, à travers les visites de Matéo à sa famille nomade et aux roms qu’il rencontre dans le passé. Le titre du roman, Le coq et l’enfant, fait référence au médaillon rom de Matéo, symbolisant un coq et censé le protéger de la Dévoreuse (ou Tushal odji).

Un roman fantastique très bien construit

Outre son côté roman d’apprentissage, l’histoire alterne le quotidien du passageur avec ses visions de fantômes, et ses retours dans le passé. De ce fait, nous apprenons avec lui à apprivoiser ce don… et cela est très compliqué et effrayant.

Le personnage de la Dévoreuse, présente à chaque pas, et pouvant à tout moment emporter Matéo provoque une sorte d’angoisse latente pendant la lecture. Elle m’a fait faire bien des cauchemars et je me suis demandée à plusieurs reprises si nous allions nous en sortir ! Un livre à ne pas lire la nuit, si vous croyez un peu aux fantômes !

De multiples rebondissements, jusqu’à la fin du roman ajoutent encore plus de suspense à cette intrigue déjà bien ficelée. J’ai hâte de lire le second tome pour voir comment Matéo réussit à vivre normalement avec son don. Car ce n’est pas un super héros, juste un garçon ordinaire et cela est d’autant plus intéressant car cela le rend plus proche de nous.

En conclusion : Un roman fantastique très réussi, mené par un héros discriminé, qui vous fera voir Paris et la communauté gitane autrement, tout en vous faisant faire de bons cauchemars !

 

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L’apprentie Faucheuse, Justine Robin, édition Le Héron d’Argent (Tome 1)

Dans le top 20 des sélectionnés du PLIB 2020, L’apprentie Faucheuse m’avait tapé dans l’oeil pour son intrigue et son côté espiègle. Je l’ai donc lue dans le cadre de l’Epreuve des Stratèges pour valider la catégorie « C’est la fin ! » et son personnage de la Mort. Voici ce que j’en ai retiré…

Résumé : « Aujourd’hui, je suis morte. » Amélia Pratt était une simple domestique, pauvre et sans avenir. Mais par une froide nuit d’hiver de l’année 1850, un homme la précipite dans la mort. Elle renaît alors sous les traits de Red Death, l’une des sept petites faucheuses. Désormais, son rôle est de pourchasser les esprits errants et les fantômes. Et à ce petit jeu-là, elle est la meilleure ! Pourtant, elle n’a pas choisi l’Ankou le plus docile pour la seconder dans sa tâche. En effet, le beau Rain n’est autre que son propre meurtrier, désormais contraint de lui obéir pour l’éternité… Entre complots, dangers et trahisons, parviendra t-elle à accomplir son rêve : devenir la prochaine Grande Faucheuse du Sanctuaire de la Mort ?

Mon avis :

Un univers captivant mais pas morbide autour du thème de la Mort

Quand j’ai débuté ce livre, de nombreuses références de séries télévisées me sont venues à l’esprit car elles me rappelaient l’intrigue principale.

Dead like me, tout d’abord, pour son humour grinçant et le regard désabusé des agents de la mort sur les humains. Ghostbuster et Buffy contre les vampires, avec une Amélia  badass, armée d’une faux à fantômes semblable à un aspirateur à spectres. Enfin, concernant l’organisation bureaucratique du siège de la Mort et ses scripteurs, j’ai cru revoir la série brésilienne Personne ne regarde (même si techniquement la série parle d’anges gardiens).

Passé ce tourbillon de références liés à la Grande Faucheuse sur petit écran (et là je réalise que j’en regarde vraiment beaucoup…), j’ai découvert un univers très riche autour de la Mort avec le roman de Justine Robin.

Ceci est lié à trois facteurs : la manière dont elle présente l’organisation de la Mort, l’explication sur la hiérarchie des âmes par Amélia et la réutilisation de multiples références au trépas dans différentes cultures.

Pour décortiquer un peu le fonctionnement de cette bureaucratie de la Mort, il s’agit d’un système pyramidal où chacun joue un rôle bien précis.

Au sommet, la Mort et ses frères, les cavaliers de l’Apocalypse (Peste, Guerre et Pestilence), accompagnés des nouveaux maux humains (ex : Crise, Pollution…). A ce sujet, l’auteur a su adapter les apocalypses aux nouveaux problèmes de notre époque et c’est très bien vu.

Viennent ensuite la Grande Faucheuse, gardienne de la faux de la Mort, qui mène les Petites Faucheuses en mission, pour récupérer des âmes égarées précises (criminels, suicidés, victimes innocentes…).

Ces Petites Faucheuses sont accompagnées d’un familier qu’elles ont choisi, afin de les aider dans leur travail : un Ankou. Il s’agit d’un humain ressuscité, asservi par un collier, et ayant la possibilité de prendre forme animale. La compétition est présente entre les Petites Faucheuses car celle qui récupère le plus d’âmes tous les 150 ans gagne un prix…puis remplace la Grande Faucheuse si elle enchaîne trois victoires successives.

L’ensemble de ce petit monde est régi par une bureaucratie, les scripteurs, qui leurs donnent les coordonnées des âmes à récupérer et le matériel de mission dont elles ont besoin. Cela ajoute un petit côté ridicule à l’organisation qui m’a beaucoup amusée.

Amélia nous détaille tout au long de l’histoire les différentes d’âmes qui existent, en  fonction de leur dangerosité, à la manière d’un Ghostbuster : tout d’abord les ectoplasmes ou Yûrei peu dangereux, puis les esprits frappeurs, les fantômes, et les plus dangereux, les Hantises… Un cours amusant sur ces êtres éthérés et leurs capacités d’attaque, qui ne vont ajouter du piquant aux rebondissements de l’intrigue principale.

Entre les aventures et l’explication des règles qui régissent ce monde, l’auteure glisse de temps en temps des références à la Mort issue de différentes cultures, enrichissant ainsi cet univers. Ainsi la réutilisation de l’Ankou, figure de la Mort Bretonne est mise à jour façon XXIème siècle : d’un vieillard avec une charrette, on passe à un jeune homme beau gosse à collier. Plus tard dans le récit, on évoquera El Dia de Los Muertos, le jour des morts au Mexique et ses origines réinventées, avec la figure féminine de la Mort et son aspect joyeux, etc…

Red Death et Black Rain : Je t’aime… moi non plus.

Passé les deux premiers chapitres, on se rend vite compte qu’ Amélia et Rain, les deux personnages principaux,  forment une sorte de couple déguisé sous couvert de leur relation Petite Faucheuse – Ankou.

Ils passent leur temps à se chamailler, comme un jeu de séduction un peu morbide. En effet, Rain est celui qui a assassiné Amélia et elle a choisi de lui faire payer son trépas en l’asservissant.

Cela occasionne des scène parfois drôles, parfois agaçantes, parfois à la limite d’une relation sado-masochiste…car Rain porte un collier contrôlé par Amélia qui lui occasionne des brûlures quand il n’obéit pas à ses ordres.

On comprend que leur relation n’est pas simple avec ce point de départ quelque peu biaisé. Cependant, on sent qu’ils tiennent à l’autre malgré tout.

J’ai personnellement peu apprécié cette relation pseudo-amoureuse, car je l’ai trouvée un peu cliché. Je vois bien venir l’idée qu’ils vont se mettre vraiment ensemble dans  le deuxième tome ou que l’un des deux va se sacrifier pour l’autre, révélant alors ses sentiments. Mais cela pourra plaire à certaines lectrices amatrice de ce genre de couple en littérature. N’oublions pas qu’il s’agit d’un roman Young Adult, où parfois ce type de relation torturée est présente.

Un roman court mais généreux en rebondissements

Le roman fait 284 pages… mais que d’aventures !

Alternant les points de vue entre Amélia et Rain, ce qui nous permet de voir une même situation sous plusieurs angles, l’histoire débute par l’arrivée d’Amélia dans le monde des Petites Faucheuses.

Comme je le disais au début de ma chronique, on découvre le fonctionnement du système de la Mort comme dans tout bon premier tome, mais après cela se corse…

Entre la compétition entre les Petites Faucheuses, les relations tendues entre Amélia et Rain, les missions enchaînées, on ne sait plus où donner de la tête… jusqu’à un événement majeur qui remet en cause ce système bien huilé.

Sans vouloir en dévoiler plus, je dirais que Rouge Sang et Noir Corbeau est un très bon tome d’exposition, qui fait plus que nous faire découvrir l’univers de Justine Robin. Il nous fait entrer directement dans l’action et nous invite à découvrir le second tome afin de résoudre toute cette histoire.

En conclusion : Justine Robin réussit ce tour de force incroyable de parler de la Mort avec humour et sensibilité,  sans tomber dans le morbide, à travers un univers riche et captivant. L’apprentie Faucheuse est un très bon roman Young Adult, riche en rebondissements qui ravira les amatrices de relations amoureuses complexes, tout comme les fans d’héroïnes au destin peu ordinaire.

Tu as envie d’en savoir plus sur l’Epreuve des Stratèges et de lire mes autres chroniques sur les livres lus pour ce challenge lecture ? Va dans la rubrique Lecture avec le Hashtag #Epreuvedesstratèges ou retourne sur mon article de jurée du PLIB #3 qui évoque ce défi. 😉

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La fille qui tressait les nuages, Céline Chevet, éditions du Chat Noir

Grand gagnant du PLIB 2019, ce roman young adult a fait partie de ma sélection pour le Mini-Challenge de Noël du PLIB 2020, l’Epreuve des Stratèges, afin de valider la catégorie « Retour en arrière » du Menu Authentique. Fantastique, Japon et premiers émois adolescents sont à l’honneur dans cette enquête pour déterminer ce qui est arrivé à la petite soeur de Souichiro Sakai…

Résumé : Saitama-ken, Japon. Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets. Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la soeur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son coeur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai… Fable surréaliste, La Fille qui tressait les nuages narre les destins entrecroisés d’un amour perdu, une famille maudite et les tragédies d’une adolescence toujours plus brève.

Mon avis : 

Il a été difficile de réaliser cet article car je ne voulais pas vous dévoiler l’intrigue à travers mon analyse. Comme certains romans policiers, si vous connaissez le meurtrier, à quoi bon le lire ? Je me suis donc concentrée sur certains détails que j’ai apprécié pour vous apporter mon point de vue sur l’histoire. Cependant, mon besoin de questionner étant toujours là, j’ai réalisé une section spoiler en fin d’article que vous pourrez lire si vous le souhaitez. Elle sera signalée en amont pour éviter toute surprise. Bonne lecture !

Une plongée dans la culture japonaise… par une française !

Quand j’ai lu où se situait l’action du roman, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire… Saitama est une région située au nord de Tokyo et éloignée de tout : mer, montagne… il n’y a absolument rien à y faire. Cela m’a fait penser au film absurde Fly me to the Saitama (si vous avez du temps à perdre), qui vous explique pourquoi c’est le coin des péquenots. Je ne sais pas si l’auteure connaît ce film, ou la réputation de la région, mais cela a joué sur ma lecture. En effet, j’y ai vu dans l’ennui profond des personnages vis à vis de leur vie quotidienne un clin d’oeil à cet endroit.

Passé ce détail, j’ai retrouvé dans ce roman une ambiance de roman japonais à travers les thèmes abordés.

Par exemple, dès les premiers chapitres est évoqué un problème de racisme très présent au Japon, avec le personnage de Julian : le racisme envers les hafu, les métis japonais. Ces derniers sont considérés comme des japonais pas terminés par les japonais pur souche. Pour un roman qui se voulait au départ traiter des émois amoureux et d’un mystère, j’ai trouvé cela très fort et très intéressant.

Le deuxième sujet important du livre est lié aux morts. Raison pour laquelle Céline Chevet nous emmène dans les temples, les cimetières, les marchands de voeux et d’amulettes, les rites de purification. Ainsi, nous nous immergeons dans la culture japonaise du deuil avec Julian, face au décès de son premier amour. La nouvelle lui a causé un tel choc qu’il a réagi comme certains japonais : par l’oubli pur et simple des circonstances de sa mort. Cela suscite le mystère et donc l’enquête. Le roman va traiter également de la manière dont les proches de Julian essaient de l’aider à traverser ce deuil : Akiko va mener l’enquête, Souichiro va lui demander de l’oublier pour le protéger, la mère de Julian va accepter son côté rêveur…

Quelques thèmes connus en littérature japonaise et notamment dans les mangas sont présents dans ce roman, comme la relation interdite élève-professeur, la prédominance des chats, ou la fille invisible. Concernant ce dernier point, j’ai remarqué qu’Akiko incarnait la fille effacée par excellence, que l’on retrouve dans le film Le Royaume des Chats des Studios Ghibli. Cela pourrait faire référence au fait que le Japon est un pays qui ne prône pas l’individualité, mais le collectif au service du bien commun. Ceci dit, l’auteure va plus loin en conférant à ce personnage un statut proche du fantôme.

On sent dans tous les cas que Céline Chevet est fan du Japon et qu’elle nous invite à l’aimer nous aussi.

Les premiers émois adolescents vus par 4 ados différents

Le deuil et le mystère ne sont pas les seules problématiques abordées dans ce livre. Céline Chevet nous propose une étude de l’amour et du sexe à travers ses principaux protagonistes incarnant, chacun à leur manière, une manière d’aimer ou d’envisager les relations.

Il y a tout d’abord Akiko,  la jeune fille discrète, amoureuse de Julian mais qui n’ose pas lui dire. Elle est tellement timide qu’elle se fait oublier par tous et surtout Julian. Elle est vierge mais n’a pas de honte à aborder le sujet du sexe.

Julian incarne quant à lui le garçon fragile et rêveur, amoureux fou d’une morte. Il vit dans l’idéalisation de l’amour, sans son côté sexuel. Il est vierge et n’a toujours pas tourné la page de son amour perdu, malgré la présence d’Akiko et de Haru.

Souichiro est le garçon beau-gosse qui enchaîne les relations sexuelles avec des filles plus âgées sans s’attacher. Il souhaite une relation lui conciliant amour et sexe, ce qu’il va trouver mais à travers un amour interdit.

Enfin, Haru représente la jeune fille provocatrice, consciente de l’effet de son corps sur les garçons. Elle aimerait que Julian aille plus loin avec elle mais il s’y refuse. Elle est pourtant amoureuse de lui malgré ses provocations et moqueries.

Les relations amoureuses et sexuelles vont s’entremêler subtilement dans le récit avec le mystère de la soeur disparue, transformant l’histoire en récit d’initiation. Surmonter le deuil, c’est aussi vivre, se lier aux gens et donc aimer. Seul un personnage réussira le passage vers la vie adulte, mais ce ne sera pas sans heurts, car la transformation en adulte suppose l’abandon de ses illusions.

Un roman-enquête oscillant entre le rêve et le fantastique

L’histoire, semblable à un thriller est pleine de rebondissements. Quand on penserez avoir compris ce qu’il s’est passé, une petite phrase fera tout basculer et vous remettrez tout ce que vous aviez lu jusque là en perspective. L’auteure est très douée pour ménager son suspense.

Pour en arriver jusque là, il vous faudra suivre l’enquête vue à travers le regard de Akiko, Julian et Souichiro, qui chacun à leur manière, apporteront des éléments à l’enquête. Mais méfiez-vous !  Julian est rêveur, Akiko invisible, et Souichiro a des choses à cacher…

Des épisodes seront particulièrement difficiles à lire, faisant basculer le récit dans l’horreur. Si vous êtes une âme sensible, vous serez prévenu !

A côté du roman policier, quelques éléments viennent apporter une touche de poésie ou de fantastique à cette histoire.

J’ai noté la présence d’objets en apparence anodins, comme tirés des romans de Haruki Murakami, mais qui ont une importance : les morceaux de sucre collectionnés par Akiko, la pièce de 5 yens voyageuse de Souichiro, l’amulette de la soeur de Souichiro, Haru qui tresse des nuages avec ses baguettes… Ils apportent une touche incongrue, un je ne sais quoi au récit. Et jusqu’au bout, on ne sait pas pourquoi on s’y accroche, mais on y repense jusqu’à leur trouver parfois un lien, une connexion avec l’intrigue principale.

A côté de cela, les personnages ont tendance à exprimer leurs émotions par des couleurs, ce qui renforce ce côté poétique. La couverture du livre évoque parfaitement ces tonalités qui nous enveloppent, passées les premières pages.

Enfin, la fin du roman m’a laissée perplexe : et si tout ceci n’avait été qu’un rêve éveillé de l’un des personnages ? Cela a-t-il vraiment eu lieu ?

En conclusion : La fille qui tressait les nuages est un très bon roman à suspense qui m’a fait réfléchir sur la société japonaise, le deuil et les histoires d’amours. C’est aussi une histoire qui vous emmènera tantôt vers des chimères poétiques, tantôt vers des cauchemars effrayants.

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PARTIE SPOILERS ( A ne lire que si vous avez déjà lu le roman, pour étayer votre réflexion)

Je vais revenir sur deux points que je trouve formidables dans cette histoire, et cela en sera fini de cette article (enfin !).

Le fait que Akiko et Haru soient présentées en opposition par l’auteure est tout simplement génial car cela nous donne un indice subtil sur ce qu’est Haru réellement. Haru est un vrai fantôme, mais elle semble plus réelle aux yeux de Julian qu’Akiko. De son côté, Akiko est considérée par tous comme inexistante. Même sa famille l’oublie, c’est dire ! J’aurais dû voir venir qu’Haru était un fantôme mais je me suis laissée prendre à ce piège très ironique !

Pour terminer, je reste encore sur des suppositions concernant la fin de cette histoire. Julian a-t-il rêvé ce qui est arrivé ? Souichiro est-il vraiment à Paris ? Akiko est-elle décédée dans la maison de famille des Sakai (Julian l’aurait enfermé dans la cave). Le morceau de sucre au fond de la poche de Julian lui rappelle bien quelque chose…mais quoi ? On dirait qu’il a complètement oublié Akiko après avoir libéré l’esprit d’Haru. Restent des suppositions, comme dans Inception, avec la fameuse toupie qui tourne, tourne, tourne…sans que l’on sache si tout ceci était vrai ou non.

 

Si vous souhaitez retrouver les chroniques des autres livres du Challenge de L’Epreuve des Stratèges, je vous invite à relire mon article sur le sujet dans la rubrique « On joue« . Je vais poster un lien sous chaque livre évoqué dans le défi pour vous renvoyer vers sa critique. 😉

Couchers de soleil et Onigiri,

A. Chatterton

 

 

 

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7 questions à Jean-Luc Bizien, sur L’appel du Dragon, éditions ActuSF

Suite à la sortie de son dernier roman Young adult pour la collection Naos des éditions ActuSF, j’ai eu le plaisir d’interroger (ou plutôt de cuisiner !), le grand Jean-Luc Bizien sur la réédition de ce roman qui date de 2000. L’occasion aussi de l’interroger sur la suite de cette série prometteuse…

Amélia : « Avec l’Appel du dragon, vous rééditez en 2017 et en un volume deux tomes de la série des Empereurs Mages, une série de trois romans pour adolescents que vous aviez publiée en 2000. Pourquoi maintenant ? Pensez-vous écrire une suite? ( NB : le volume réédité comprend les tomes 1 et 2 de la série, il reste un troisième tome non-réédité). »

Jean-Luc Bizien :  » J’ai repris il y a quelque temps ces romans. Je les ai feuilletés avec un certain plaisir, avant de jeter des notes sur mon clavier. L’envie d’écrire une suite à la trilogie m’est venue, comme une évidence. Ne me manquait qu’un éditeur. J’ai soumis le projet à Jérôme Vincent d’ActuSF, qui s’est montré enthousiaste. Je suis ravi de pouvoir travailler avec lui. J’aime sa rigueur, sa passion, sa vision de l’édition. Il est extrêmement créatif et réactif (à mille lieues de certains petits marquis du livre, qui hésitent pendant des mois en exécutant une danse grotesque avant de se lancer à reculons dans un projet qu’ils ne défendront pas, au final). Jérôme dit « oui » ou « non », mais il agit en conséquence. C’est lui qui a eu l’idée de réunir les deux premiers romans en un seul tome. Je lui fais totalement confiance. Le troisième titre sortira effectivement accompagné d’un quatrième, inédit celui-là. »

Amélia : « Vous êtes plus connu comme auteur de romans policiers pour adultes que d’Héroïc Fantasy pour adolescent. Comment passe-t-on d’un genre à un autre? Un challenge ? Une envie d’évoluer? Ou pensez-vous que c’est complémentaire ? »

Jean-Luc Bizien :  » C’est amusant de constater qu’aujourd’hui une majorité de lecteurs pensent que je me tourne vers l’écriture pour la jeunesse, après avoir longtemps publié pour les adultes. La vérité, c’est que j’ai COMMENCÉ par le jeu de rôle en 1988, puis la jeunesse. J’ai publié des livres-jeux dès 1995, aux éditions Gründ (près de 70 titres parus, pour un total de vente de deux millions et demie d’exemplaires). Je suis ensuite passé à la fantasy pour adolescents et enfin au thriller, grâce aux conseils avisés et au soutien de Serge Brussolo (un fabuleux auteur, doublé d’un immense bonhomme).Il se trouve qu’en France on ne retient pas les noms des écrivains, surtout en jeunesse. Les lecteurs de thrillers sont un peu plus sensibles au patronyme des auteurs, c’est sans doute pour cela que je suis aujourd’hui identifié comme un auteur de thrillers. Ils sont rares, parmi les libraires ou les éditeurs les plus jeunes, à savoir que j’ai publié de la jeunesse pendant plus de 20 ans. Reprendre la série des Empereurs-Mages n’est pas un challenge, mais une véritable envie : j’aime raconter des histoires et je veux aller au bout de celle-ci. L’Envol du dragon, le tome 3, s’achevait de manière abrupte et j’étais depuis lors  curieux de découvrir la suite. De plus, changer de public, de rythme, de style est pour moi un véritable bonheur. J’ai ainsi la chance d’exercer ce métier sans jamais tomber dans un « train-train » qui serait étouffant à la longue. »

Amélia : « Dans chaque tome de cette série, vous choisissez d’introduire un retournement de situation à un moment du récit. Est-ce une méthode d’écriture qui vous convient le mieux? Un moyen de bousculer le lecteur ? »

Jean-Luc Bizien : « C’est, je crois, l’un des incontournables du genre : la surprise, le rythme, les rebondissements successifs sont nécessaires – en tous cas, c’est ma vision de la fantasy. Je reste persuadé que ce genre se prête à tous les excès, jusqu’à offrir un jeu entre l’auteur et le lecteur. Mon travail consiste à vous garder en éveil, en alerte. Vous faire oublier l’effort de la lecture est pour moi la plus belle des récompenses – surtout chez les ados. Quand je commence un roman, je ne connais que la scène d’ouverture et la scène de fin. Je sais beaucoup de choses de mes personnages. Je n’ai plus qu’à les regarder faire et le récit découle de leurs choix et de leurs actions. Ces « retournements » participent probablement de ma musique personnelle, de mon tempo. J’éprouve le besoin de surprendre le lecteur… mais aussi de ME SURPRENDRE, ce qui se produit assez souvent. »

(ATTENTION ZONE SPOILERS)

Amélia : « Le premier tome de cette série décrit un triangle amoureux entre Kaylan, Shaarlun et Sheelba. Que se serait-il passé si Sheelba avait choisi Shaarlun ? Aviez-vous prévu une histoire différente avec Shaarlun comme époux ? »

Jean-Luc Bizien : « Je suis au regret de l’avouer : je n’en ai aucune idée. La question me fait sourire et, au vrai, m’intrigue aussi parce que je ne me la suis jamais posée. En commençant ce livre, j’avais une vision très précise de ce que les héros étaient, d’où ils venaient et de ce qu’ils avaient vécu avant d’arriver là. Ce qui se passe au fil de l’aventure me semble donc naturel – je jure n’en être pas totalement responsable ! »

Amélia : « Dans le deuxième tome, Kaylan subit des épreuves abominables au coeur des souterrains pour atteindre Shaarlun. Où trouvez vous l’inspiration pour décrire ces obstacles dignes de la torture? Est-ce que vous aimez torturer vos personnages? »

Jean-Luc Bizien : « Pas du tout. Je suis plutôt doux et calme dans la vie – au moins, jusqu’à un certain point. Même si j’écris des histoires de psychopathes, de meurtres en série, de sorciers défiant les forces du Mal et basculant dans les ténèbres… mon psy va bien, merci pour lui ! Je vais chercher ces idées dans l’espoir de faire peur au lecteur, de le faire frissonner, de créer une forme d’empathie avec les héros. Pour ce faire, rien n’est plus simple : ce qui me fait peur, si je ne triche pas, doit faire peur au lecteur. Je joue donc à me faire peur, à évoquer ce qui m’inquiète, ce qui me fait rire ou me pose question. Mon travail consiste ensuite à trouver les mots justes, pour partager au mieux les divers sentiments avec ceux qui me lisent. (Et je jure solennellement n’avoir pas de dragon dans mon grenier, ni m’adonner à l’élevage de monstres.) »

Amélia : « Toujours dans le deuxième tome, Kaylan se pose des questions sur son rôle de souverain et sur son évolution avec l’âge. Est-ce un clin d’oeil que vous  faites au lecteur (ou à vous-même) sur le fait de mûrir? »

Jean-Luc Bizien : « Bien sûr. J’ai écrit ce livre il y a presque 20 ans, j’étais alors un trentenaire qui commençait à publier, dans l’espoir de vivre de sa plume. J’avais déjà exercé plusieurs métiers, vécu des vies différentes ici ou là. Je découvrais ce territoire inconnu .C’est à la fois un clin d’œil, et une forme d’avertissement aux lecteurs adolescents : on n’a qu’un vie, qu’il convient de vivre pleinement tout en mesurant les conséquences de ces actes. Je n’ai pas pour autant peur du temps qui passe. Je crois qu’on choisit mon métier (il faudra un jour faire reconnaître « auteurs de thrillers et de fantasy » comme un véritable métier) non pas parce qu’on refuse de grandir… mais parce qu’on a décidé, une fois pour toutes, de BIEN VIEILLIR. »

Amélia: « Tournons-nous vers l’avenir de cette série. Quelques mystères subsistent autour du passé de Sheelba et de Shaarlun. Pensez-vous écrire une préquelle à ce récit un jour? »

Jean-Luc Bizien : « J’aime laisser planer quelques doutes. La fantasy est un genre dans lequel on a trop tendance à vouloir tout expliquer, tout justifier. En laissant le lecteur s’approprier mes personnages, je lui accorde ma confiance et je ne bride son imaginaire d’aucune manière. Ce livre, une fois entrouvert, ne m’appartient plus. C’est celui de chaque lecteur, qui en fera ce que bon lui semble. Je ne formule qu’un souhait : que le récit fasse passer un bon moment à tous ceux qui choisissent de s’y plonger. Quant à écrire une préquelle… l’idée est séduisante. Il me faudra juste trouver le temps, parce que j’ai de nombreux projets, tant en direction des adultes que des adolescents. Une chose est sure : je sais EXACTEMENT quels thèmes aborder pour l’occasion. Le titre de travail est déjà trouvé. Ce sera « le Sang du Dragon », mais je n’en dirai pas plus. Pour l’heure, l’important est d’achever le tome 4… et peut-être, en écrivant le mot « FIN », de laisser entrevoir la possibilité d’une nouvelle saga. Qui sait ? »

Si vous n’avez pas encore lu L’appel du Dragon, je vous invite à lire ma chronique dans la rubrique Lectures, pour vous donner une idée. 😉

Clochettes et paillettes,

A.Chatterton

Cette interview a été préalablement réalisée et publiée par mes soins sur Portdragon.fr

Publié dans Lectures

L’appel du dragon, Jean-Luc Bizien, éditions ActuSF

Un dragon endormi, trois héros prêts à tout pour conquérir le trône et une intrigue dans la tradition des « Livres dont vous êtes le héros » tel est le sujet du dernier roman jeunesse de Jean-Luc Bizien.

Résumé : 

Tome 1 : L’Empereur-Mage se fait vieux. Il faut sans tarder préparer la relève et trouver les héros capables de repousser les forces des Ténèbres qui menacent la cité de Selenae. Kaylan, le jeune paysan, Sheelba la belle magicienne et Shaar-Lun, l’intrigant voleur ont décidé de tenter leur chance. Hélas pour eux, les épreuves sont effroyables. On raconte qu’aucun des derniers candidats n’est ressorti des souterrains de la ville. Pour devenir l’Élu, il faut triompher de redoutables épreuves et affronter ses peurs les plus secrètes.L’un d’eux parviendra-t-il à se hisser sur le trône et à empêcher le réveil du monstre qui sommeille dans les profondeurs de la terre ?

Tome 2 : Kaylan et Sheelba règnent sur Selenae. Et voici que naît leur premier enfant. Mais le sol bouge. Le Dragon est-il en train de se réveiller ?
Shaar-Lun, leur ancien ami, se serait-il fait complice des forces des Ténèbres ? Pour sauver Selenae, son épouse et son fils, le jeune empereur n’a pas le choix : il doit retourner dans la gueule du Titan…

Mon avis :

Un roman initiatique : quête et apprentissage du héros.

Ce roman (ou ces deux romans en un) regroupe tous les codes d’un roman initiatique : prophétie, initiation, épreuves, histoire d’amour, rebondissements, traîtrises, monstres et grands méchants, dénouement heureux…

Sheelba, Kaylan et Shaarlun se retrouvent embarqués dans une aventure pour devenir empereur, certains par défi, d’autres par contrainte et subiront des épreuves qui les feront grandir, devenir adultes et trouver un sens à leur vie.

Jean-Luc Bizien maîtrise parfaitement le genre étant donné qu’il est l’auteur de nombreux livres « dont vous êtes le héros » ainsi que des jeux de rôles et cela se ressent sur son écriture.

Cela a pour conséquences une très grande fluidité de lecture, de nombreuses scènes d’action, des rebondissements inattendus, mais aussi un manque de profondeur dans la construction des personnages qui sont plutôt stéréotypés : la mage, le chevalier, le voleur et poussent le lecteur à imaginer leurs sentiments, leur origines (surtout pour Sheelba)

Un triangle amoureux : Sheelba aime Kaylan et aussi Shaarlun. Qui va-t-elle choisir?

Tout le premier tome est consacré à l’élection du nouvel empereur à travers une série d’épreuves initiatiques dans les souterrains du dragon. Mais pas que !

Un triangle amoureux se dessine entre Kaylan le chevalier intrépide et irréfléchi, Sheelba l’apprentie magicienne timide et Shaarlun le voleur mystérieux.

La jalousie des garçons et l’indécision de Sheelba à choisir son favori va influer sur l’intrigue principale tout au long du récit et mènera parfois à des actions inattendues.

Cependant, ici tout reste bien chaste contrairement aux épreuves auxquelles sont confrontées les héros, qui sont elles à la limite du gore.

Le dragon, un personnage à part entière qui recèle encore bien des mystères…

Bien qu’évoqué en filigramme, le dragon tapis sous la ville de Selenae est un élément très important dans les deux tomes.

C’est dans ses galeries qu’évoluent les héros dans le premier tome. C’est en lui que va vivre Shaarlun dans le second tome, à en perdre son humanité.

Tout contact physique avec le dragon modifie les personnages : Kaylan vieillit prématurément, Shaarlun devient un démon, l’enfant de Sheelba revient transformé mystérieusement.

En cela, on peut comparer le dragon à une métaphore  du temps qui passe, aux évènements qui nous transforment, à la maturité peut-être ? Dans le second tome,  Kaylan évoque son évolution  : d’irréfléchi, il est devenu plus posé au contact de Sheelba.

Mais au delà de la métaphore, le dragon n’a pas livré tous ses secrets : le mage Arh’En’Dal évoque un réveil du dragon sous la ville et la destruction du monde. Mais il n’en dit pas encore assez à Kaylan sous prétexte qu’il n’est pas « prêt » et à nous aussi, par la même occasion.

Par ailleurs, le tome deux s’achève sur un élément de suspense autour du dragon et du bébé de Sheelba qui nous donne envie de lire la suite. Peut-être aurons-nous plus d’éclaircissement encore dans un troisième tome ?

En conclusion : Ce roman est idéal pour initier un adolescent à la Fantasy tant au niveau de l’intrigue que de la longueur de ses pages. Un adulte déjà connaisseur du genre passera un bon moment de lecture mais il sera peut-être en attente de plus d’épaisseur au niveau des personnages ou de l’intrigue.

Si vous avez envie d’en savoir plus sur la suite de l’histoire, je vous invite à lire mon interview de l’auteur, dans ma rubrique Rencontre avec. 😉

Cet article a été préalable publié par mes soins sur le site Portdragon.fr

Publié dans On joue ?

Prix littéraire de l’imaginaire Booktube 2020 #PLIB2020 : Mini-challenge Lecture pour Noël, Mon expérience de jurée #3

Le temps passant, nous voici en décembre, synonyme de nouveau challenge littéraire en lien avec le PLIB : le tournoi des élites et son épreuve des stratèges. Petit tour d’horizon du fonctionnement de ce défi lecture pas comme les autres.

Le challenge a lieu du 16 décembre au 29 décembre 2019. Un challenge court mais intense pour pimenter les fêtes de Noël.

Tout le monde peut participer, ce n’est pas réservé aux seuls jurés du PLIB. Par contre, il faut se dépêcher de s’inscrire pour être réparti dans une des équipes. Et oui ! Ce n’est pas un challenge ordinaire : on lit en équipe !

En équipe tu seras

Pour participer, il faut remplir un formulaire d’inscription disponible sur le site du PLIB. Il te faudra choisir ton équipe, et une équipe de secours au cas où il n’y a plus de places dans celle de ton premier choix.

Puis tu recevras un gentil email de confirmation concernant ton équipe avec quelques règles de fonctionnement ou une notification sur Discord.

Niveau organisation, toutes les discussions et questions en lien avec le challenge ont lieu sur Discord. Il te faudra créer un compte, avec un pseudo et te faire inviter sur le salon du PLIB en lien avec le challenge.

La page du règlement du challenge est disponible sur le site, si souhaites plus de détails. Cela t’évitera aussi de poser des questions à ton groupe alors que les réponses sont déjà disponibles dans ce règlement. 😉

Chaque équipe dispose d’une couleur différente sur Discord : il y a les Dragonniers en rouge, les guérisseurs en bleu et les mages en violet. Les équipes soutiennent chacune une princesse  (en réalité des bloggueuses liées à l’orga du PLIB 😉 ).

Chaque menu validé avec les lectures que tu auras faites rapportera 5 points à ton équipe. Mais il faudra être stratégique pour faire gagner un maximum de points !

Des menus tu choisiras

Quatre menus sont proposés pour ce Mini challenge :

menu scintillant PLIB2020 #PLIB2020

Menu Gourmand PLIB2020 #PLIB2020

Menu Chaleureux PLIB2020 #PLIB2020

Menu authentique PLIB2020 #PLIB2020

A ceux ci viennent s’ajouter quelques règles complémentaires :

Si tu lis un livre sélectionné pour le PLIB2020, tu fais gagner 1 point supplémentaire à ton équipe.

Seuls les romans et recueils de nouvelles sont acceptés, s’ils sont lus en intégralité.

Un même roman lu peut valider plusieurs item de menus.

Les romans de Science-Fiction, Fantasy, Fantastique, et contemporains (ou littérature blanche) sont les seuls romans acceptés.

Les mangas ne sont pas acceptés dans ce challenge, contrairement au Pumpkin Autumn Challenge.

Pour le reste des indications, je te réfère au règlement complet du challenge 😉

A noter que lorsque tu auras choisi ton menu, et déterminé ta sélection de livres, tu dois renvoyer un formulaire pour indiquer tes lectures à ton équipe. Le même formulaire est à remplir une fois le challenge terminé.

De la stratégie de lecture tu déploieras

Tu l’auras compris, le but est de lire un maximum de pages en 15 jours et valider un maximum de menus.

Mais pour cela, il est nécessaire d’être stratégique.

Par exemple, tu peux sélectionner des romans courts pour aller plus vite.  Ou mieux : choisir des livres qui te permettent de valider plusieurs menus en même temps.

Tu peux aussi choisir des livres de la sélection du PLIB si tu es juré. En plus de rapporter des point bonus, cela peut t’aider à avancer dans tes lectures d’ici le nouveau vote des finalistes !

Et moi dans tout ça ?

Je fais partie de l’équipe des Mages et j’ai choisi le Menu Authentique avec les livres suivants :

  • Rubrique « Il était une fois » ( Le roman se déroule dans un contexte historique)

Les voiles de Frédégonde, Jean-Louis Fetjaine

J’ai choisi Les voiles de Frédégonde, de Jean-Louis Fetjaine, éditions Belfond, un roman historique autour d’une figure féminine au temps des rois francs de la dynastie mérovingienne. Il sera question de complots politiques et d’histoire d’amour (et de jalousie). J’avais déjà lu La Trilogie des Elfes, et Guinevere (Guenièvre) du même auteur et beaucoup apprécié son style et sa manière de revisiter la Légende arthurienne. J’espère que ce roman historique sera à la hauteur autant au niveau de l’intrigue que de respect de la réalité historique.

Son résumé : Née esclave, Frédégonde était destinée à devenir courtisane dans un village gaulois. Mais un abbé la place comme servante chez l’un des fils de Clotaire, le roi des Francs. Très vite, la jeune femme découvre les secrets de la cour mérovingienne et devient la confidente d’Audowère, l’épouse du fils cadet de Clotaire. Novembre 561, le roi meurt. Ses quatre fils se partagent le royaume. Chilpéric, violent et impulsif, se débarrasse d’Audowère et prend Frédégonde pour maîtresse. Son frère Sigebert, lui, chef de guerre talentueux qui emporte le respect de tous, épouse Brunehilde, fille du roi wisigoth d’Espagne, aussi belle qu’instruite. Chilpéric, à la fois ébloui par cette alliance prestigieuse et rongé par la jalousie, décide alors d’épouser la sœur de Brunehilde, Galswinthe. Mais Frédégonde n’est pas de celles que l’on peut impunément délaisser…

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

  • Rubrique « Noël Mécanique » (un roman steampunk) :

realm of broken faces marianne stern

Ce roman clôt la trilogie des Récits du Monde Mécanique de Marianne Stern dont j’ai déjà lu et chroniqué les deux tomes précédents (Smog of Germania et Scents of Orient), publiés aux éditions du Chat Noir. Realm of Broken Faces est un récit uchronique autour d’un monde où la France, l’Allemagne et l’Angleterre sont en guerre. Nous suivrons les aventures des frères Maxwell et Jérémiah autour d’animaux mécaniques et de dirigeables. Même si chaque tome peut se lire de manière indépendante, il est utile, ne serait-ce que pour suivre l’évolution des deux personnages, de commencer par Smog of Germania.

Le résumé : Automne 1917, Nord-Est de la France. La Blitzkrieg du Kaiser a dévasté les environs, mais une petite communauté de malfrats règne désormais sur ce no man’s land. À sa tête, Monsieur, chef auto-proclamé. Un personnage à la gueule cassée, lunatique et mystérieux. Comme on dit aux alentours, personne ne sait qui il est véritablement et d’ailleurs, tout le monde s’en fout, d’autant plus que l’ignorance est gage de survie. Le Quenottier, armé de sa fidèle pelle, suit cette ligne de conduite sans dévier d’un pouce. Il a bien d’autres ennuis à gérer que les lubies de Monsieur. À commencer par cette mioche, débusquée dans les vestiges des tranchées, bien décidée à lui pourrir la vie… Entre corbeau agaçant, Veuve acerbe et gamine insupportable, qui aura les nerfs du vieux Quenot’ ?

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

  • Rubrique « Petits meurtres en famille » (une enquête dans un roman SFFF) : 

echiquier de jade alex evans_

J’ai aussitôt pensé à L’échiquier de Jade d’Alex Evans, qui dort dans ma PAL depuis un moment. Il s’agit de la suite de Sorcières Associées du même auteur, aux éditions ActuSF dont j’ai déjà réalisé la chronique. Le roman est court et les aventures des deux sorcières Tanit et Padmé sont hilarantes et pleines de rebondissements. Ce sera une vraie lecture bonbon pour les fêtes.

Le résumé : Retour dans la cité de Jarta. La ville est en pleine ébullition. Les manifestations des opposants à la visite de l’ambassadrice d’un Empire fermé et agressif provoquent de sérieux remous. Dans le même temps, tous les sorciers de la ville sont réquisitionnés pour combattre un démon qui a dévoré deux personnes. Résultat, les forces de l’ordre confient deux nouvelles enquêtes aux sorcières Tanit et Padmé, et notamment le vol d’un antique échiquier en jade que la ville comptait offrir en cadeau à l’ambassadrice. L’incident diplomatique n’est pas loin…

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

  • Rubrique « Retour en arrière » (Lire un livre finaliste des éditions antérieures) :

la fille qui tressait les nuages celine chevet

Il se trouve que j’ai dans ma PAL de table de nuit le roman de Céline Chevet, La fille qui tressait les nuages, éditions le Chat Noir, gagnante du PLIB2019. Je me suis dit que c’était l’occasion de le lire, d’autant que l’histoire, un brin fantastique, se déroule au Japon à notre époque. (En ce moment, je suis dans une phase littéraire « Japon »)

Le résumé : Saitama-ken, Japon. Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets. Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la soeur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son coeur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai… Fable surréaliste, la Fille qui tressait les nuages narre les destins entrecroisés d’un amour perdu, une famille maudite et les tragédies d’une adolescence toujours plus brève.

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

  • Rubrique « C’est la fin » (Le personnage de la faucheuse est présent dans l’histoire) :

Copie de 9791094173374 (1)

Présent parmi les 20 sélectionnés du PLIB2020, L’apprentie Faucheuse de Justine Robin aux éditions Le Héron d’Argent me faisait de l’oeil depuis les votes de novembre. J’ai décidé de le lire pour m’essayer à la lecture numérique avec l’ebook fourni gracieusement par l’éditeur aux jurés, dans le cadre du Prix. Le roman a l’air amusant et court. C’est de la littérature Young adult, donc cela me changera de sujets plus sérieux comme Les voiles de Frédégonde évoqué plus haut.

Le résumé : « Aujourd’hui, je suis morte. » Amélia Pratt était une simple domestique, pauvre et sans avenir. Mais par une froide nuit d’hiver de l’année 1850, un homme la précipite dans la mort. Elle renaît alors sous les traits de Red Death, l’une des sept petites faucheuses. Désormais, son rôle est de pourchasser les esprits errants et les fantômes. Et à ce petit jeu-là, elle est la meilleure ! Pourtant, elle n’a pas choisi l’Ankou le plus docile pour la seconder dans sa tâche. En effet, le beau Rain n’est autre que son propre meurtrier, désormais contraint de lui obéir pour l’éternité… Entre complots, dangers et trahisons, parviendra t-elle à accomplir son rêve : devenir la prochaine Grande Faucheuse du Sanctuaire de la Mort ?

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

J’annonce une lecture de 1552 pages d’ici la fin du défi.

Ma stratégie personnelle pour ce challenge (et mes objectifs):

Lire des romans courts ou dont le style est léger. Nous sommes en période de fêtes et de vacances. Exit donc Les Piliers de la terre de Ken Follett. Tu resteras encore un moment sur mon étagère de PAL !

Avancer sur les lectures du PLIB2020 et vous proposer des chroniques littéraires les concernant. En plus, ça fait des points en plus pour l’équipe.

Réutiliser certains romans lus dans le Menu Authentique pour valider d’autres menus.  Par exemple, je peux réutiliser L’échiquier de Jade dans le Menu Scintillant et sa rubrique « C’est toujours mieux à deux ».

Vider ma PAL (=Pile à Lire) achetée au Festival des Imaginales. Il s’agit d’un défi avec une amie d’ici le mois de Mai 2020. Nous avons décidé de ne plus dépenser d’argent pour de nouveaux livres avant ce festival. En effet, chaque année nous en revenons avec environ 15 livres chacune et un gros trou dans le porte-monnaie. Lire ce que nous avons déjà nous permet par ailleurs de réaliser des économies !

M’essayer à la lecture numérique ! Adepte du papier, j’éprouve des difficultés à passer à la tablette ou la liseuse. Ce sera une bonne occasion d’essayer.

Et surtout, prendre plaisir la lecture et faire gagner mon équipe. Allez les Mages !

D’autres challenges sont à venir par la suite, jusqu’en août, que tu peux rejoindre aussi ! Alors n’hésite pas à consulter  la page concernant les challenges du PLIB et rejoindre une équipe !