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Noël et Préjugés, recueil de nouvelles par la TeamRomCom, éditions Charleston

Noël est loin, mais j’avais envie de lecture légère et amusante. Cela tombe bien, ce recueil de nouvelles parle de romance, de Noël, avec de l’humour et surtout une petite référence à Jane Austen. Après avoir fait partie de ma PAL pour le Hohohochallenge, je le réutilise pour celle du ProjetOmbre. Machiavélique, moi ? Jamais ! 🙂

Résumé général du recueil: Noël, cette fête qu’on adore détester ou qu’on déteste adorer ! Réunion familiale ou tête-à-tête ratés, de Paris à New-York en passant par l’Italie, on peut y vivre des crush ou des clash, qu’importe ! Et si la figure tutélaire de Jane Austen vient y apporter sa petite touche de magie pour faire basculer les situations les plus inextricables, l’esprit de Noël promet d’être au rendez-vous !

Mon avis général :

Ce recueil comprend six nouvelles sur le thème de Noël et de Jane Austen. Chaque nouvelle est une romance, avec la rencontre d’un couple qui finit plus ou moins ensemble. Le fil conducteur est le roman Orgueil et Préjugés que l’on retrouve dans chaque histoire comme un clin d’oeil.

Les nouvelles sont écrites par un collectif de six auteures chez les éditions Charleston, surnommé La TeamRomCom. Il est composé de Marie Vareille, Isabelle Alexis, Sophie Henrionnet, Marianne Levy,Tonie Behar et Adèle Bréau. Chacune a son style propre. Elles s’associent dans le cadre de ce recueil, telle une équipe de choc de la romance et c’est plutôt réussi.

Afin de réaliser cette chronique de manière plus poussée, je vais aborder chaque nouvelle avec son résumé et mon avis dessus.

Comme une princesse Disney, Tonie Behar

Résumé : Eva est fan de Disney. Bien dans sa peau malgré quelques kilos en trop, elle travaille dans le marketing et l’événementiel. Sa soeur Juliette lui offre de passer Noël dans un château de contes de fées. Un cadeau de rêve ? Pas si sûr ! C’est un programme de détox et jeûne en groupe! Avec l’équipe des stagiaires aux profils farfelus, elle va rencontrer le propriétaire du château : un homme des cavernes aussi canon que malpoli. Mais son impolitesse cache autrechose…

Avis : Une nouvelle pétillante qui met à mal les programmes minceurs avec Eva, une héroïne fière de ses rondeurs, et au caractère bien trempé. L’auteure passe en revue les stagiaires en mal de régime en nous présentant des cas criants de vérité ou juste amusants : la bande de copine ultra mince et branchée, un couple de babas cools, un ancien punk, une femme qui veut maigrir avant d’aller au mariage de son ex… La coach du stage est une naturopathe un peu perchée qui prône plein d’idées détox mais toujours bienveillante. On nous présente aussi un château digne des contes de fées dans un décor sauvage de rêve, que je n’arriverais pas à situer dans la réalité. Daniel, le prince charmant préfère la compagnie des animaux aux humains, et dispose d’un orgueil rappelant celui de Darcy. La rencontre entre Eva et Daniel fera des étincelles, rappelant l’intrigue d’Orgueil et Préjugés, le livre de chevet d’Eva. Une nouvelle amusante, quoiqu’à l’intrigue un peu convenue.

L’hôtel des Monts enneigés, Marie Vareille

Résumé : Cassandra, célibataire de 28 ans et architecte, vient de perdre son job le jour de la fête de Noël de son bureau. Le lendemain, clouée au lit par une gueule de bois carabinée, elle voit débarquer sa mère, une célèbre journaliste de magazine féminin à qui tout réussit. Christine a décidé de fêter Noël avec sa fille, mais connaissant sa mère, Cassandra découvre rapidement qu’elle est un choix par défaut. En effet, sa mère s’est faite plaquer par son petit-ami et ne veut pas être seule pendant les fêtes. Après une dispute, Christine part en lui laissant son cadeau de Noël : des billets pour un séjour dans un hôtel de luxe de Haute-Savoie, dans une ville où Cassandra a passé son enfance. La jeune femme décide de profiter du cadeau, même si elle redoute de retourner sur place à cause d’un amour déçu. De fil en aiguille, elle va retrouver son ancien amoureux et peut-être guérir certaines blessures.

Avis : Une nouvelle centrée une histoire de coeur brisé pour des raisons stupides et une famille dysfonctionnelle. L’auteure a particulièrement soigné la personnalité toxique de Christine, plus centrée sur son succès et sa carrière que la vie de sa fille. On découvre une héroïne qui a refusé très tôt de chercher l’amour à cause d’une grave déception amoureuse, mais aussi parce qu’elle ne trouve pas d’exemple de stabilité dans sa propre famille. J’ai trouvé touchant les passages sur la relation de Cassandra avec Alexandre au lycée, et totalement hilarant le comportement de la jeune fille pour l’éviter dans l’Hôtel. On en profite pour visiter allègrement un Hôtel/chalet de montagne de luxe avec tous les clichés associés pendant la période de Noël : pâtisseries, musique, décorations, neige, etc… La nouvelle se termine sur une note très positive dans « l’esprit de Noël » qui réchauffe le coeur.

Le manoir des Wilfried, Isabelle Alexis

Résumé : 24 décembre, Lisa est sur le divan de sa psy en urgence car ce soir, elle va retrouver un amour perdu. Elle lui raconte comment tout est arrivé : voisine de la famille Wilfried, des membres de l’aristocratie, elle s’était liée dès l’enfance avec les deux fils Nicolas et Maxime. A l’adolescence, elle s’était éprise de Maxime avec qui elle avait toujours été liée, mais suite à un grave accident affectant son cerveau, celui-ci oublie tout de leur histoire. Bon gré mal gré, Lisa se marie avec le frère de Maxime, Nicolas, par sécurité mais aussi pour continuer à faire partie de la famille et espérer que Maxime retrouve la mémoire…

Avis : Le récit de Lisa est hilarant quand elle évoque sa double personnalité entre Fée ministe et princesse Duduche, tandis que sa psy ne l’écoute pas, ce qui vient contrebalancer les événements plus sombres comme l’accident de Maxime. C’est une histoire d’amour contrariée que nous propose Isabelle Alexis, opposant raison et passion, avec un amoureux qui a des soucis d’alcool, plutôt tête brûlée et surtout présent mais sans mémoire. La situation est atroce pour Lisa qui s’efforce de l’oublier sans y parvenir. Une nouvelle qui nous emmène dans un manoir du Calvados en Normandie, sur plusieurs Noëls se succèdent auprès d’une famille assez particulière.

Love Coach, Sophie Henrionnet

Résumé : C’est la semaine précédant Noël et Vincent se retrouve malgré lui à jouer les baby-sitter pour sa soeur, en gardant ses deux neveux Oscar et Tim, alors qu’il vient de se faire larguer par sa petite-amie et que son coloc déménage. Adulescent et Freelance, Vincent a des difficultés à assumer ses responsabilités et surtout est très nul en drague. Son neveu Tim, âgé de 14 ans a décidé de le coacher car son oncle est bien décidé à récupérer son ex, malgré tout ce qu’en pense sa famille. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu…

Avis : C’est une nouvelle originale que nous propose Sophie Henrionnet, avec un héros au lieu d’une héroïne et surtout une rencontre amoureuse vue par un garçon pas très doué. De messages sur Whatsapp en méthodes de coach en séduction, on suivra le parcours du parfait séducteur malgré lui, même si au bout du compte la dulcinée n’est pas celle que l’on croit. J’ai trouvé Tim hilarant dans son rôle de coach et plutôt mature pour son âge, à côté d’un Vincent largué dans ses relations amoureuses (comme avec sa soeur qui le mène par le bout du nez), mais dont l’attitude sonne pourtant juste. On dirait un addict à l’amour qui ne peut s’empêcher de répondre aux messages de son ex pour espérer gagner son attention. Une nouvelle qui sort de l’ordinaire et évoque la vérité des relations amoureuses de notre époque, où parfois le prince charmant n’est pas sûr de lui et la princesse pas si gracieuse. Le final ? Un Noël en famille comme on les aime et un dénouement inattendu.

Nuit blanche au magasin de jouets, Adèle Bréau

Résumé : Le soir du réveillon, Lara se retrouve enfermée dans le magasin de jouet dans lequel elle travaille après avoir perdu les clés de l’entrée. La situation s’avère encore pire quand elle découvre qu’elle n’est pas seule : son boss, Matthieu, qu’elle déteste, s’est fait enfermer aussi. C’est le début d’une longue nuit qui commence…

Avis : Nous voici plongés dans l’univers des magasins de jouets de Noël et de la course aux cadeaux de dernière minute. Lara est passionnée par son travail de vendeuses de jouets, Matthieu prend son travail de manager plutôt à coeur, malgré les heurts que cela cause dans l’équipe. Son attitude hautaine et ses remarques sarcastiques agacent particulièrement Lara qui passe son temps à lui renvoyer des piques. Leur enfermement forcé vont les obliger à communiquer normalement et à mieux se connaître. Une nouvelle assez classique dans sa construction, qui fait écho à l’intrigue d’Orgueils et préjugés, et dont la fin m’a semblée un peu abrupte.

Amour, tempête et best-seller, Marianne Levy

Résumé : Soir de Noël, au lieu de prendre l’avion pour le Mexique afin de rejoindre sa meilleure amie et agent Kate, Charlotte est coincée chez elle à New York, en pleine tempête de neige, pour finir d’écrire son nouveau best-seller censé partir chez son éditeur avant minuit. Le hic ? Charlotte écrit des romans d’aventures se déroulant dans des pays étrangers où elle ne mets jamais les pieds car elle a la phobie des voyages. Avec la tempête, sa connexion internet est décédée et elle ne peut pas vérifier certains faits dans son récit qui se déroule en Alaska. Kate lui envoie quelqu’un pour l’aider, mais elle n’a pas précisé qui ni comment il allait l’aider…

Avis : Un récit un peu fantaisiste où Google Home s’appelle Arnold et agit un peu comme un humain, et où la maladie du writingholic existe (= passer son temps à écrire). Si certains passages sont amusants comme le concours de lasagnes des voisines de Charlotte, où l’identité de son sauveur, j’ai profondément détesté le personnage principal que j’ai trouvé fatigante à suivre. Le récit reprend aussi quelques éléments de style que l’on retrouve dans Bridget Jones comme compter ses points d’énergie ou de crédibilité. Néanmoins, j’ai trouvé judicieux un message glissé par l’auteure à travers son héroïne : au fond, toutes les romances actuelles sont des copies de Jane Austen…

En conclusion : Un recueil de Noël qui fleure bon les fêtes de Noël et vous incite à croire à l’amour. Les styles des auteures de la TeamRomCom se marient à merveille et nous font ressusciter l’intrigue d’Orgueil et Préjugés à la sauce moderne. Un pur moment de détente et d’humour.

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Contes et légendes du Paris des Merveilles, Pierre Pevel et d’autres auteurs, éditions Bragelonne

Lu dans le cadre du Projet Ombre pour mettre en avant le genre de la nouvelle, mais aussi dans le cadre de mon projet Parlons Steampunk #1 en lien avec la magie et le steampunk, je me suis régalée avec ce recueil de nouvelles consacré à l’univers d’Ambremer créé par Pierre Pevel. Voici ce que j’en ai retiré…

Résumé du recueil : « Bienvenue dans le Paris des Merveilles, un Paris qui n’est ni tout à fait le nôtre, ni tout à fait un autre… et qui, désormais, n’appartient plus seulement à votre serviteur. Dans ce recueil, vous découvrirez six nouvelles situées dans le monde du Paris des Merveilles. Je suis l’auteur de deux d’entre elles, les quatre autres étant l’oeuvre de jeunes plumes – parfois débutantes mais toujours talentueuses – qui se sont approprié l’univers d’Isabel, Griffont et Azincourt pour, je l’espère, votre plus grand plaisir…  » Pierre Pevel

Mon avis sur le recueil :

Ce recueil est composé de 6 nouvelles autour de l’univers du Paris des Merveilles de Pierre Pevel. Il comprend deux nouvelles originales de l’auteur et 4 autres d’auteurs différents sélectionnés lors d’un appel à textes par l’éditeur Bragelonne. Même si les autres auteurs ont chacun leur style, on sent une grande cohérence dans ce recueil, comme si Pierre Pevel se cachait derrière eux. L’imagination de Catherine Loiseau, Sylvie Poulain, Benjamin Lupu et Bénédicte Vizier est prolifique : ils ont réussi à étendre l’univers d’Ambremer ou à développer des personnages déjà présents dans la trilogie originale. Ce recueil est un vrai petit bijou fait par des fans et pour des fans de Pierre Pevel.

Afin de mieux évoquer chaque nouvelle, je vais à chaque fois réaliser un petit résumé avant de donner mon avis. Comme il n’y en a que 6, ce sera plus simple que pour certains recueils.

Veni, Vidi, V… de Pierre Pevel ( Une aventure d’Isabel de Saint-Gil et Louis Denizart Hippolyte Griffont)

Résumé : Un soir d’orage magique, Isabel de Saint-Gil voit débarquer chez elle un félin ailé mécanique doué de vie mais en piteux état. Bien décidée à ne pas le laisser mourir et surtout intriguée par l’existence même du chat (ce type d’automate vivant n’existe pas à Ambremer), elle fait appel aux services de son cher mage Louis Griffont. L’aventure les mènera bien plus loin qu’on ne le pense…

Avis : Une nouvelle à l’intrigue bien menée où l’on retrouve l’éternel duo Saint-Gil/Griffont et le ton espiègle de l’auteur. Le mystère du chat ailé, invention fort steampunk, est passionnante à suivre. On notera au passage la rencontre avec un personnage historique important revisité façon charmeur, qui causera une petite crise de jalousie de la part de Griffont. Ainsi que la découverte d’un gnome-mage inventeur, créature inédite dans l’univers d’Ambremer.

L’urne de Râ, Catherine Loiseau

Résumé : Gabrielle Châtelet, jeune fille de bonne famille visite une exposition dédiée à l’Egypte Antique au musée du Louvre, accompagnée de sa famille et de sa gouvernante Suzanne Roc Peregrine de la Touche, quand dans une salle consacrée à des urnes funéraires, elle se fait agresser par un homme mystérieux. Suzanne intervient en utilisant son épingle à cheveux qui n’est autre qu’une baguette magique afin de protéger la jeune fille. C’est ainsi que Gabrielle découvre que sa gouvernante est une magicienne retirée du Cercle de Cyan suite à des déconvenues personnelles. Mais aussi que l’une des urnes égyptiennes de l’exposition est convoitée par l’homme et que des gardiens sont morts dans la salle où elle est entreposée. Gabrielle va embarquer Suzanne malgré ses protestations dans une enquête aux ramifications fort égyptiennes…

Avis : C’est la nouvelle que j’ai le moins aimé dans le recueil, à cause de son style et de quelques longueurs. Néanmoins, elle aborde des sujets importants que l’on retrouve dans l’univers de Pevel : le sexisme dont les femmes magiciennes sont victimes à l’intérieur de leur propre cercle de magie, le destin tout tracé des jeunes filles destinées au mariage, les mauvais côtés des cercles de magie en général. Une jolie histoire empreinte de féminisme qui flirte avec la mythologie égyptienne.

Les Révoltés d’Argecimes, Sylvie Poulain

Résumé : C’est le jour de l’inauguration d’une voie aérienne entre Paris et Ambremer. A cette occasion, une course d’aéronefs est organisée à Issy-Les-Moulineaux mais l’évènement tourne vite au drame. Elisabeth d’Arbois, magicienne du cercle de Cyan et aviatrice participant à la course, se voit plongée dans une enquête mêlant attentat terroriste et Histoire des guerres d’Ambremer contre les dragons.

Avis : C’est une nouvelle très intéressante à plusieurs points de vue que nous propose Sylvie Poulain. Elle aborde, comme Catherine Loiseau, le côté sexiste des cercles de mages parisiens, avec Elisabeth plus ou moins aidée dans son enquête car elle est une femme. Mais elle invente surtout une histoire autour des elfes d’Ambremer et pour certains leur exil chez les humains, dévoilant ainsi un pan de l’univers complètement inédit. Les thèmes du terrorisme et du racisme anti-êtres magiques et sa réciprocité anti-humain que l’on trouve dans l’oeuvre originale de Pevel sont aussi mis en avant. Elisabeth, comme Pevel nous fait voyager dans Paris de manière très juste, allant d’Issy à l’hôpital du Val de Grâce, pour finir aux Buttes de Montmartre. Une belle balade parisienne avec une fin touchante. C’est ma nouvelle préférée du recueil.

Les Portes de l’Outre-monde, Benjamin Lupu

Résumé : Louis Griffont est engagé par la compagne du sculpteur Rodin pour l’aider à sortir de sa folie créatrice. En effet, Rodin a décidé de reproduire une oeuvre détruite des années auparavant lors d’un attentat anti-magie : les portes de l’Outre-monde, censée sceller l’amitié entre Ambremer et les humains. En allant inspecter l’artiste et sa maison, le mage découvre plusieurs éléments perturbants : le sculpteur agit de manière bizarre et psychotique, l’ensemble de ses domestiques ont disparu, et surtout la plupart de ses sculptures semblent vivantes…

Avis : Cette nouvelle enquête va nous plonger dans une partie de l’univers jusque là peu étudiée : le Mouvement féériste. Benjamin Lupu nous dévoile une nouvelle manière de créer pour les artistes, en utilisant la magie, suite à l’arrivée d’Ambremer chez les humains. Malheureusement, cela ne sera pas sans conséquences : à nouveau, les cellules terroristes anti-magie sont abordées, et pire, cet art où tout semble vivant, sera conspué par une partie de la communauté artistique humaine. On retrouvera d’ailleurs Edmond Falissière, ambassadeur humain auprès de la cour d’Ambremer, reconverti en spécialiste d’Art féérique qui fera les frais de cette inimitié anti-magique. Un récit innovant vis à vis de l’oeuvre originale de Pevel qui étoffe davantage son univers.

Une enquête d’Etienne Tiflaux, détective Changelin, Bénédicte Vizier

Résumé : Etienne Tiflaux, changelin (ou métamorphe), a quitté la police pour lancer son cabinet de détective, suite à ses déconvenues dans Le Royaume Immobile de Pierre Pevel. Il se voit confier une enquête qui pourrait bien lancer sa carrière : retrouver la fille disparue d’un magicien du cercle d’Or. Mais la tâche n’est pas facile d’autant que Sergej Lukowski lui cache bien des secrets. Une aventure qui mêlera magie, sciences et romance.

Avis : Bénédicte Vizier a eu le génie de faire évoluer un personnage déjà évoqué chez Pierre Pevel qui a décidé de devenir détective, sans que l’on en sache plus dans le Royaume Immobile. Pari réussi ! Le changelin, dont la famille a toujours été dans les arts du spectacle, a décidé d’utiliser ses talents de camouflage et son flair infaillible pour les mettre au service d’enquêtes privées. Ici, il sera question de la disparition de la fille d’un mage qui étudie les sciences à l’université (avec le progressisme que cela apporte vis à vis de la Belle-Epoque, et ses revers sexistes). Tiflaux fera face à la folie d’un personnage obsédé par la création d’une machine mêlant sciences et magie, et rencontrera une figure historique très connue. Une enquête aux ramifications surprenantes qui interroge les limites de la magie et de l’amour. (Je ne peux pas trop en dévoiler sans vous spoiler l’histoire).

Sous les ponts de Paris, Pierre Pevel

Résumé : Saviez-vous que sous chaque pont de Paris vivait un troll et que depuis longtemps, ils assuraient la solidité du pont en échange d’un droit de passage ? Dans cette histoire, le mage Griffont et la Baronne de Saint Gil joueront les conciliateurs auprès de l’ensemble des trolls des ponts de Paris pour que les humains comme les êtres magiques s’arrogent de leur quittance de passage qu’ils ont bien des difficultés à obtenir.

Avis : Cette nouvelle est tout simplement fabuleuse. On y retrouve le génie et l’imagination délirante de Pierre Pevel qui s’amuse à inventer des types de trolls en fonction de l’Histoire de chaque pont. Derrière, on sent un travail historique important, mais aussi l’envie d’ajouter une touche de féérie à notre quotidien. A l’issue de la réunion des trolls, les actions proposées par Isabel de Saint Gil seront hilarantes. J’ai passé un excellent moment avec cette histoire bourrée d’espièglerie, qui tacle au passage les services d’administration et les grèves parisiennes.

En conclusion : Une anthologie de nouvelles très bien menée qui nous dévoile un peu plus l’univers du Paris des Merveilles par des lecteurs assidus de la trilogie. Pierre Pevel comme les autres auteurs du recueil, a le don de nous apporter un peu de magie et de steampunk dans notre réalité quotidienne et cela fait du bien.

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Challenge littéraire spécial Nouvelles : Le Projet Ombre

L’an passé, j’ai lu quelques nouvelles et je me disais : « et si je participais au Projet Maki ? ». Cette année, c’est fait avec le Projet Ombre. Je vous ai perdu ? Attendez que je vous explique…

Le projet Ombre : Définition

Le Projet Ombre est la relève du Projet Maki, initié par le blogueur Les lectures du Maki, spécialisé dans les nouvelles de Science-Fiction. Le Maki s’était inspiré du Projet Bradbury où un auteur s’engageait à écrire une nouvelle par semaine et l’a transformé en lecture d’une nouvelle par semaine.

L’idée est de promouvoir les nouvelles, novelettes et novellas, genres un peu délaissés dans la littérature, et d’en lire toute l’année. C’est donc un challenge qui a une durée assez longue, du 3 janvier 2021 au 3 janvier 2022 pour être exact.

Les nouveautés du challenge avec sa transformation en Projet Ombre par Manon d’Ombrebones sont : une ouverture des lectures aux autres thèmes que les littératures de l’imaginaire, l’introduction de nouveaux paliers ainsi que des missions pour pimenter l’affaire. Elle propose aussi un jeu-concours pour gagner des anthologies ou des nouvelles en fonction du nombre de lectures chroniquées en fin d’année.

Le fonctionnement du Projet Ombre

Pour commencer, ce challenge littéraire nécessite une inscription auprès de Manon afin de se définir un objectif et de valider ses lectures si l’on souhaite participer au concours. Il suffit de se rendre sur la page de présentation du Challenge et de laisser un commentaire en précisant le palier sur lequel tu t’es décidé. L’étape est bien sûr facultative si tu ne souhaites pas participer au concours.

Le challenge concerne uniquement les nouvelles, novelettes et novellas. Il ne convient pas au format BD, manga, comics et autres formats graphiques sauf s’il s’agit de nouvelles illustrées. La différence entre nouvelles, novelettes et novellas est très bien expliquée sur le site de Manon. Chaque nouvelle dans une anthologie compte de manière individuelle. Donc si tu as une anthologie de 12 nouvelles, tu peux compter douze nouvelles lues et non pas un recueil.

Pour jouer, tu dois déterminer ton palier de lecture, il y en a 4 :

  • L’ombre du palmier : c’est le niveau débutant. Tu participes au challenge sans te prendre la tête ni te fixer d’objectifs précis sauf celui de lire au moins un texte au format court en 2021.
  • L’ombre à la douzaine : Niveau intermédiaire : tu t’engages à lire un nouvelle tous les mois pour un total de douze à l’année.
  • Le doublé de l’ombre : Niveau intermédiaire + : Tu lis au moins deux nouvelles par mois, pour un total de 84 sur l’année.
  • L’ombre acharnée : Niveau expert : tu participes au challenge dans sa version d’origine avec une lecture de nouvelle par semaine pour un total de 52 sur l’année.

Il est possible de changer de palier pendant l’année si tu lis plus de nouvelles que prévu !

Il y a également des missions pour lesquelles tu peux t’inscrire chaque mois :

  • Janvier : Lire une nouvelle de science-fiction
  • Février : Lire une nouvelle qui parle du carnaval ou du cirque.
  • Mars : Lire une nouvelle d’un auteur ou d’une autrice francophone
  • Avril : Lire une nouvelle humoristique (ou avec au moins une blague dedans).
  • Mai : Lire une nouvelle dont l’auteur a la même initiale que vous sur son nom de famille. Si vous faites nom + prénom, ça compte x2 !
  • Juin : Lire un texte au choix qui compte double : et pour le #ProjetOmbre et pour le #S4F3. Donc obligatoirement un texte court de SFFF.
  • Juillet : Lire une nouvelle qui se passe sous le soleil (climat désertique, plage, etc.)
  • Août : Lire une anthologie complète / un recueil complet sur le mois.
  • Septembre : Lire une nouvelle qui parle d’une école ou se passe dans une école.
  • Octobre : Lire une nouvelle qui (vous) fait peur.
  • Novembre : Lire une nouvelle dont la langue d’origine n’est ni l’anglais, ni le français.
  • Décembre : Lire une nouvelle où on offre un cadeau (et oui ça peut être un cadeau empoisonné).

Concernant le concours, plusieurs anthologies de nouvelles sont à gagner sous réserve d’être inscrit et de publier des critiques des livres sur son blog ou un réseau social littéraire, et de les signaler à Manon via un formulaire qu’elle a mis en ligne sur son article de présentation.

On peut concourir pour trois catégories : Celui qui lira le plus de textes, celui qui gagne le plus de points en réussissant les missions mensuelles, et par tirage au sort parmi tous les participants.

Ma PAL pour ce challenge

Passé ce préambule, je te présente ma PAL pour ce challenge annuel. Je me suis inscrite pour le Palier L’ombre à la douzaine pour lire 12 nouvelles dans l’année, mais ce sera sans doute plus !

Ma PAL est très orientée littératures de l’imaginaire mais j’ai aussi quelques recueils de romance et gothiques, recyclés de mon Ho Ho Ho challenge 2020-2021. Tu noteras qu’il y a de nombreux recueils de littérature steampunk car j’en profite pour croiser ce challenge avec mon projet annuel. 🙂

Les recueils

Contes et récits du Paris des Merveilles, éditions Bragelonne / Steampunk

Résumé : « Bienvenue dans le Paris des Merveilles, un Paris qui n’est ni tout à fait le nôtre, ni tout à fait un autre… et qui, désormais, n’appartient plus seulement à votre serviteur. Dans ce recueil, vous découvrirez six nouvelles situées dans le monde du Paris des Merveilles. Je suis l’auteur de deux d’entre elles, les quatre autres étant l’oeuvre de jeunes plumes – parfois débutantes mais toujours talentueuses – qui se sont approprié l’univers d’Isabel, Griffont et Azincourt pour, je l’espère, votre plus grand plaisir… » Pierre Pevel

Futurs antérieurs, 15 récits de littérature steampunk, éditions Fleuve Noir / Steampunk

Résumé : Voici la première anthologie française de littérature steampunk. Synthèse harmonieuse et féconde de genres aussi dissemblables que le roman historique, le fantastique, la science-fiction, le roman d’aventure frénétique et la littérature romantique, le Steampunk, de « steam » qui veut dire vapeur s’efforce d’imaginer jusuq’à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt…

La machine à remonter les rêves, éditions Mnémos / Steampunk

Résumé : Père du roman de science-fiction tel qu’il s’est ensuite développé en France, Jules Verne est devenu un classique. Aujourd’hui, la France entière et tout le milieu de la science-fiction reconnaissant célèbrent le centenaire de la mort du grand maître. Deux anthologistes, Richard Comballot (Les Ombres de Peter Pan, Mission Alice), et Johan Heliot, auteur du roman steam-punk désormais culte, La Lune seule le sait (Jules Verne y enquêtait sur la lune) lui rendent un vibrant hommage :  » Sans ce vieux Jules, bien malin qui pourrait dire où nous en serions tous, à commencer par nos auteurs puis vous, lecteurs, enfin nous, modestes passeurs, le temps d’un livre. Certainement quelque part où le goût des aventures nous paraîtrait frelaté. Où il manquerait à la jouissance de l’amateur d’anticipations scientifiques la part – belle, n’en doutons pas – de nostalgie qui amalgame dans le plaisir passé et présent. « 

Ecologie et folie technologique, Anthologie de nouvelles steampunk vol.1, éditions Oneiroi / Steampunk

Résumé : Le steampunk invite à revisiter le passé, à renouer avec les racines de notre société. Dans cette anthologie, on vous emmène au commencement de l’industrialisation, au moment où tout était encore possible pour la planète et pour l’Homme. Et si les choses s’étaient passées autrement ? Pour le meilleur ou pour le pire ou juste différemment. Prenez place dans notre machine à remonter le temps !

Noël et Préjugés, TeamRomcom, éditions Charleston / Romance

Résumé : Noël, cette fête qu’on adore détester ou qu’on déteste adorer ! Réunion familiale ou tête-à-tête ratés, de Paris à New-York en passant par l Italie, on peut y vivre des crush ou des clash, qu importe ! Et si la figure tutélaire de Jane Austen vient y apporter sa petite touche de magie pour faire basculer les situations les plus inextricables, l’esprit de Noël promet d’être au rendez-vous !

Anthologie maisons hantées, éditions Luciférines/ Gothique

Résumé : Qu’elles soient perdues au milieu des bois, héritées d’un grand oncle ou cachées dans la brume, les maisons hantées sont des motifs familiers de l’horreur. Depuis Le Château d’Otrante de Walpole et l’apparition du roman noir anglais au XVIIIe siècle jusqu’au slasher moderne, il est devenu impossible de passer à côté de ces lieux maudits où la réalité se distord. En hommage à l’intarissable production littéraire et cinématographique qui se plaît à abandonner ses personnages entre des murs de plus en plus étroits, dix-sept auteurs ont proposé leurs huis-clos les plus angoissants. De hautes tours gothiques, un appartement d’étudiant, un motel d’où on ne revient pas… chaque nouvelle présente un édifice dans lequel il serait imprudent de s’aventurer très longtemps. Spectres, démons, souvenirs d’un autre temps et monstres cannibales ont un sens de l’accueil particulier… Alors, comme le disait si bien Dante : Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance… Des textes inquiétants, violents, insolents, qui n’hésitent pas à s’amuser de nos peurs les plus profondes.

Black Mambo, Morgane Caussarieu, Sophie Dabat et Vanessa Terral, éditions du chat noir/ Gothique

Résumé : Il existe des territoires où le progrès n’a pas encore éradiqué les vieilles croyances et leurs pratiques. L’Afrique, berceau de l’humanité, en fait partie. Chamans, Mambos, Sangomas… Autant de sorciers qui œuvrent dans l’ombre à protéger les fidèles, mais aussi à réveiller les anciens Dieux, démons et loas. Magie blanche ou magie noire, en dehors des frontières de ce continent, tel un serpent, discret et insinueux, elle se répand. Ainsi, le jeune punk Mika sera initié malgré lui aux secrets du vaudou, en plein carnaval de la Nouvelle-Orléans, et devra composer avec l’esprit des morts, le terrible Baron Samedi et son armée de gamins buveurs de sang. À Marseille, des meurtres rituels obligent le capitaine Dilaniti à renouer avec ses racines, le Swaziland, un pays sous dictature militaire où règnent encore les traditions liées au Muti, culte tribal qui vampirise la population. Au Maghreb, les djinns, esprits nés d’un feu sans fumée, peuvent posséder les vivants. La grossesse avait chassé celui qui résidait en Leila. Entourée de son fils et de son mari, la jeune femme devrait être heureuse. Pourtant, un regard brûlant pèse sur son âme. Trois auteurs reconnues de la nouvelle génération s’associent pour vous conter ces légendes africaines… À leur manière… 

Notre dame aux écailles Mélanie Fazi, Bragelonne / Fantastique

Résumé : Saviez-vous qu’à Venise, qui vole des soupirs encourt la vengeance de la ville ? Connaissez-vous vos plus sensuelles métamorphoses, lorsque vous êtes loup, lorsque vous devenez lionne ? Avez-vous déjà pris un fleuve pour amant ? Partez à la découverte des troubles secrets de l’âme et des lieux les plus hantés : une villa qui palpite de vies enfuies, l’océan dont certains ne reviennent plus tout à fait humains, ou encore ce train de nuit qu’empruntent ceux qui cherchent l’oubli. Mais attention: de ces voyages intimes et inquiétants, on ne rentre pas indemne.

Les nouvelles individuelles

Lance Jeanne A Debats, ActuSF (gratuit en numérique) / Gothique -Bit-lit

Résumé : 1936. Le vampire Navarre est contraint de faire équipe avec un Lancelot vieux de mille ans pour sauver une princesse des griffes d’un dragon invoqué par les nazis. « Lance » se déroule dans l’univers de Métaphysique du vampire de Jeanne-A Debats.

Le vert est une couleur éternelle, Jean-Laurent Del Socorro, ActuSF (gratuit en numérique)/ Fantasy Historique

Résumé : 1597. La compagnie du Chariot a été embauchée pour participer au siège d’Amiens. Au milieu de la guerre et des combats éclot un amour fragile entre le capitaine N’a-qu’un-œil et Fatima, la chroniqueuse particulière d’Henri IV. Mais comment aimer quand la mort rôde ? « Le vert est éternel » se déroule dans l’univers de Royaume de vent et de colères de Jean-Laurent del Socorro.

Le diable dans la boîte, Jean-Laurent Del Socorro, ActuSF / Historique

Résumé : 1849 : Henri Brown est un esclave dans le Sud de États-Unis. Pour gagner sa liberté il prend le risque de voyager enfermé dans une simple caisse de bois. Un périple de 24 heures, où il devra survivre aux retournements de situations…. et à ceux de sa boîte ! Et la Mort n’est pas jamais loin… Poursuivez la découverte de cette Amérique déchirée par l’esclavage avec le roman Je suis fille de Rage de Jean-Laurent Del Socorro.

Le gnome qui voulut être fée, Audrey Alwett, ActuSF (gratuit en numérique) / Fantasy

Résumé : Mignard est un gnome malheureux parmi les siens. Jusqu’au jour où il sauve la vie d’une fée. Et si Mignard n’était pas ce qu’il croyait être ? Et si les fées n’étaient pas aussi méchantes que son peuple le dit ? Mais attention : si parfois l’amour donne des ailes, tel épris qui croyait prendre… On retrouve l’humour (percutant) de l’univers des Poisons de Katharz dans cette nouvelle de Audrey Alwett.

Pourquoi dans les grands bois, aimé-je m’égarer, Karim Berrouka, ActuSF (gratuit en numérique) / Urban Fantasy

Résumé : Marc-Aurèle Abdaloff et Premier de la Classe sont sur une nouvelle affaire : envoyés dans les monts d’Arrée, ils doivent enquêter sur de curieux meurtres perpétrés à l’épée par un homme accompagné d’une armée d’écureuils sanguinaires. « Pourquoi dans les grands bois, aimé-je à m’égarer » se déroule dans l’univers de Fées, weed & guillotines de Karim Berrouka.

Le syndrome de Pan, Morgane Caussarieu, ActuSF (gratuit en numérique)/ Gothique – Bit-lit

Résumé : Morgane Caussarieu revisite le thème de Peter Pan à la sauce vampires. De quoi vous donner sans doute envie de découvrir les autres univers vampiriques de cette autrice aux éditions ActuSF : Rouge Toxic et Rouge Venom.

Issa Elohim, Laurent Kloetzer, Bélial’ / Science-Fiction

Résumé : Europe. Demain. Dérèglements climatiques, terrorisme et guerres confessionnelles secouent les restes d’un ordre mondial en miettes et jettent des millions de réfugiés sur les routes. L’horizon est fluctuant ; le monde se recroqueville face à un futur incertain et menaçant. Et puis il y a les Elohim — ou prétendus tels. Des êtres exceptionnels, mystérieux, porteurs d’un espoir nouveau, et qui semblent s’incarner sur Terre de manière aléatoire. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Que sont-ils ? Valentine Ziegler est pigiste. Lorsque, depuis sa Suisse natale aussi préservée que sécurisée, elle entend parler de la présence possible d’un de ces êtres dans un camp de réfugiés tunisien géré par l’agence européenne Frontex, elle auto-finance en hâte son voyage dans l’espoir d’un reportage digne d’intérêt. Valentine est toutefois très loin d’imaginer au devant de quoi elle se précipite, l’étendue de la révolution à laquelle elle va se mesurer. Une possible épiphanie à même de changer sa vision du monde, si ce n’est le monde tout entier…

Poumon vert, Ian R. Macleod, Bélial’/ Science-Fiction

Résumé : Lors de sa douzième année standard, pendant la saison des Pluies Douces habarienne, Jalila quitte les hautes plaines de Tabuthal. Un voyage sans retour – le premier. Elle et ses trois mères s’installent à Al Janb, une ville côtière bien différente des terres hautes qui ont vu grandir la jeune fille. Jalila doute du bien-fondé de son déménagement. Ici, tout est étrange. Il y a d’abord ces vaisseaux, qui percent le ciel tels des missiles. Et puis ces créatures d’outre-monde inquiétantes, qu’on rencontre parfois dans les rues bondées. Et enfin, surtout, la plus étrange des choses étranges, cet homme croisé par le plus pur des hasards – oui, un… mâle. Une révélation qui ne signifie qu’une chose : Jalila va devoir grandir, et vite ; jusqu’à percer à jour le plus extraordinaire secret des Dix Mille et Un Mondes…

Les conseils en plus pour ce challenge

Si comme moi, tu n’es pas familier avec l’univers de la nouvelle et que tu ne sais pas vers quel éditeur te tourner pour en trouver, Manon a publié récemment un article recensant les principaux éditeurs de nouvelles qui pourra t’aider à te lancer. J’ajouterai à sa liste les éditions du Petit Caveau et les éditions Luciférines qui proposent quelques anthologies de nouvelles gothiques.

Pour ma part, toutes les nouvelles mentionnées dans ma Pal, provenant des éditions ActuSF, sont gratuites. Tu peux les retrouver en ligne sur le site internet de la maison d’édition. L’occasion de découvrir la plume de certains auteurs dans des formats courts. 😉

Si tu veux te faire une idée sur certaines nouvelles avant de les lire, tu peux retrouver sur mon blog celles que j’ai déjà chroniquées avec le mot-clé Nouvelle.

J’espère que tu auras envie de participer à ce challenge et que ma PAL t’aura donné envie de découvrir des auteurs ou des univers.

Novelette et novella,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Félin, Collectif, Yby éditions

Un recueil de nouvelles dont le thème principal est le chat, ça vous tente ? Moi, j’ai craqué littéralement pour la couverture très manga et les nouvelles inclusives LGBT+ de Félin. Voici mon retour sur ces histoires, très différentes les unes des autres.

Résumé : Miaou miaou miaou ! Pour ceux·elles qui ne parlent pas le chat, et n’ont donc pas compris Fripon, ceci est un recueil de nouvelles polyfélin. Cet ouvrage ne contient pas de croquettes. Vous y trouverez, en revanche, un seigneur dragon, une poisse incommensurable, des griffons guerriers, un shamisen mélodieux, des sorcières féministes, un détective en Marilyn Monroe, des souvenirs perdus, des dieux égyptiens en colère, une réincarnation inattendue, des ocelots aux yeux vairons et des croissants sur un banc. Les héros·ïnes de ces histoires, félidés ou non, vous emmèneront dans des aventures à vous hérisser le poil, qui vous feront peut-être feuler d’angoisse, mais surtout ronronner de plaisir. Miaou ! Fripon vous souhaite une bonne lecture.

Mon avis :

Mon avis général sur le recueil

Le recueil comprend 11 nouvelles, illustrées chacune par 11 illustrateurs différents dont le fil conducteur est le félin sous différentes formes. Le niveau d’écriture est de qualité et homogène. L’ensemble est agréable à lire et cohérent. On sent un travail de mise en forme réfléchi qui apporte de la fluidité à l’ensemble malgré des univers totalement éloignés. Cela a été un vrai plaisir de se plonger dans chacune de ces histoires et je ne me suis pas ennuyée à un seul instant.

Ici, le thème du félin est exploité sous toutes ses formes : un chat a un rôle important dans l’histoire ou il ne fait que passer, un humain peut se changer en chat, le chat est vénéré par les autres protagonistes, ou il sert les intérêts des humains… Les auteurs ont vraiment déployé toute leur imagination.

Les éditions Yby sont spécialisées dans l’inclusif LGBT+. Par conséquent, la plupart des nouvelles proposent une romance homosexuelle ou un personnage parfois non genré, ce qui m’a changé de mes lectures habituelles et de manière très positive. Par ailleurs, les détails concernant les scènes de sexe ne sont pas crus mais plutôt doux. On sent une pudeur dans les récits, favorisant l’évocation plus que le côté pornographique, ce que j’ai beaucoup apprécié.

Si le chat et le LGBT+ sont mis en avant, des thèmes assez intéressants le sont aussi dans toutes les nouvelles : La timidité, le terrorisme, l’espoir, l’amour, la jalousie, la solitude, le féminisme, l’affirmation de son genre ou de sa sexualité. Certains récits poussent à réfléchir, d’autres à la contemplation ou à l’amusement.

Le recueil comprend aussi 11 illustrateurs avec des styles différents. Ici encore, la cohérence dans le choix des illustrations est soignée, comme celles des récits, et elle n’est pas purement gratuite. Les illustrations enrichissent les histoires et permettent de se figurer certains personnages. Une touche de qualité supplémentaire même si, l’ayant lu en ebook sur ma Kobo, je n’ai pas pu en voir les couleurs.

Quelques détails sur mes nouvelles coup de coeur

Chaque nouvelle est différente et assez bien conçue, même si j’ai une préférence pour certaines selon les sujets. J’en évoquerai seulement trois en détail pour vous laisser découvrir le reste.

Tout d’abord, Panthère et Paillettes de Kalo, illustré par Aki m’a fait hurler de rire. On y croise une espèce de tueur à gages au genre non défini (c’est lui/elle qui le dit), qui engage un détective Drag Queen pour retrouver un chaton kidnappé. Le bagout du détective et les joutes verbales entre lui et notre tueur sont un pur délice. Et c’est le premier récit que je lis avec un personnage non genré, ce qui m’a beaucoup plu car cela déconstruit les stéréotypes que l’on associe généralement à un personnage masculin ou féminin.

J’ai également beaucoup apprécié la sérénité et le mystère du Jardin de Hayashi de Roger Raynal, illustré par Clays où le moine Hayashi se laisse gagner par l’amour au fil des pages jusqu’à un dénouement inattendu. Certaines phrases méditatives, tels des poèmes, m’ont touchée, comme :  » Sur le point de perdre conscience, j’aperçois dans son regard doré le reflet chatoyant de notre monde sensible ». La plus belle description d’un chat et de son regard sur le monde que j’ai pu lire jusqu’à présent.

Pour finir, la première nouvelle intitulée Mauvais sort, écrite par Gabyle et illustrée par Euyevair m’a marquée vis à vis de son sujet. Sous couvert de la persécution des sorcières et de ceux qui les aident dans une uchronie du XIXème siècle, il y est clairement question de la condition de la femme dans une société patriarcale et de la construction d’une cellule terroriste en réponse à cette oppression. Cela est abordé à travers deux personnages féminins forts : une sorcière recherchée par la police pour terrorisme et une gardienne de pension pour chat qui cache un passé d’oppression.

D’autres nouvelles tout aussi géniales mériteraient que l’on s’y attarde : Dans les geôles de la terreur pour son ambiance de jeu vidéo médiéval fantastique, Philae pour ses descriptions magnifiques des temples égyptiens, Timide pour son côté bizarre qui m’a fait penser au Pigeon de Suskind, Sept jours avec les ocelots pour son final complètement renversant, etc… Mais je ne peux pas vous décrire tout sous peine de spoiler une bonne partie des intrigues !

Enfin, quelques nouvelles donnent envie de découvrir la suite de l’univers développé par l’auteur comme Dans l’antre du Dragon qui laisse quelques éléments en suspens à la fin du récit. Cela laisse un peu sur sa faim, mais qui sait ? Peut-être qu’un roman du même auteur sera public aux éditions Yby et me permettra de retrouver ce personnage de changeforme-chat ainsi que tous les autres ?

En conclusion : Un recueil de nouvelles original et hétéroclite, autour de la figure du félin et des romances LGBT+, qui trouve sa cohérence grâce à un travail soigné de sélection. On ronronne de plaisir devant ces récits de qualité et leurs magnifiques illustrations et on espère une plus grande mise en lumière de cette maison d’édition qui mériterait d’être mieux connue.