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Le chrysanthème noir, Feldrik Rivat, éditions de L’Homme sans nom

Après un gros coup de coeur pour La 25e heure de Feldrik Rivat, je n’ai pas pu résister à lire la suite des aventures de Bertillon et Lacassagne et en découvrir un peu plus sur la fameuse société secrète du Chrysanthème noir. Science, morts et enquête nébuleuse au rendez-vous pour un second tome qui ne m’a pas déçue…

Résumé : Paris, ville lumière, goûte en cette fin de XIXe siècle à la modernité. Réseaux à air comprimé, lignes téléphoniques, service de poste pneumatique : la capitale envisage d’aller plus loin encore et d’électrifier ses éclairages publics, de construire sa première ligne de métro, et… de révolutionner votre manière de concevoir la vie et la mort. Enfin, le projet ne faisait pas partie des cartons du président Sadi Carnot. Mais l’éclosion d’une drôle de fleur, au sortir de cet hiver de 1889, pourrait bien venir bouleverser la vie des Parisiens… Le Chrysanthème Noir. Après avoir fleuri dans les cimetières de la ville, il frappe de son logotype le nom d’une société qui offre aux gens de biens et créateurs de ce monde un bien curieux marché…

Mon avis :

L’enquête continue sans nos deux héros

Dès le début du roman, le ton est donné : Louis Bertillon et Eudes Lacassagne sont hors jeu, puis relégués au second plan de l’enquête autour du Chrysanthème Noir. Le jeune bleu est interné à la Salpêtrière, tandis que son équipier à la canne est laissé pour mort suite à une chute depuis un dirigeable. D’une manière générale, la police de Paris est dépassée par l’affaire, en l’absence de leur duo d’enquêteur et l’auteur nous en fait sentir les limites. Pas de panique ! L’agent La Rousseur et le chef de la sûreté de Paris, Marie-François Goron sont sur le coup, dans deux enquêtes parallèles. Mais, ce n’est pas sans réserver quelques surprises !

En effet, dans si l’espionne aux tâches de rousseur a toujours une longueur d’avance sur le policier, elle est très bien entourée et poursuit des ambitions toutes personnelles. Quant à Goron, il va de surprise en surprise dans cette enquête.  Au fil de l’histoire, on se rendra vite compte qu’il représente la figure du lecteur dans le roman : complètement déconcerté par les révélations qui arrivent au fur et à mesure.

Tout au long du récit, nous croiserons à nouveau des figures historiques ou littéraires dans des domaines très variés : politique, scientifique, artistiques, journalistiques… preuve que l’auteur s’amuse avec l’Histoire. Le clin d’oeil à Sherlock Holmes sur les techniques scientifiques est particulièrement bien trouvé et les étapes de construction de la Tour Eiffel assez intéressantes. J’ai particulièrement apprécié la critique des méthodes de soins en milieu psychiatrique avec le Professeur Charcot. Si vous êtes tenté de réaliser des recherches sur chaque personnage historique cité, je pense que la lecture peut s’avérer encore plus riche.

De nombreux rebondissements viendront s’ajouter à l’intrigue comme des méchants qui ne sont pas forcément ceux que l’on soupçonne, mais surtout de nombreux dénouements face aux mystères non-élucidés du premier tome. On connaîtra ainsi le rôle de l’Ophiucus dans l’enquête, les secrets d’Edison, le vrai rôle de l’agent américain Pinkerton dans l’affaire et surtout pourquoi les corps sont retrouvés avec des doigts coupés.

Les personnages principaux vont évoluer : si Bertillon s’endurcit, le Khan apprivoise ses phobies et renoue plus ou moins avec son père et son frère. Il aurait presque de l’affection pour Clémence et les femmes en général !

Enfin, côté style, le roman se lit toujours aussi bien et est dominé par un suspense haletant. La langue est riche et ciselée. Feldrik Rivat clôt très bien son histoire avec une fin soignée, même si beaucoup d’intrigues s’entremêlent.

La place aux femmes : La Rousseur vs Mileva Varasd

La duchesse de l’Abey, La Rousseur, Milena … ce deuxième tome fait la part belle aux femmes qui essaient de s’émanciper des hommes.

La duchesse maintient d’ailleurs un projet pour faire accéder la gent féminine aux études ou à des métiers réservés aux hommes comme la médecine ou l’astronomie avec une critique cinglante des scientifiques américains reléguant leurs pairs féminines au café.

L’agent La Rousseur tire son épingle du jeu jusqu’au bout du récit. C’est une jeune femme manipulatrice, au service de son commanditaire mais aussi de ses intérêts. Elle saura apprivoiser le Khan, déjouer les complots, jouer sur plusieurs tableaux… et garde malgré tout avec un attachement sincère pour son fiancé qu’elle dissimule bien.

Mileva quant à elle, se sert du sexe pour marquer les hommes qu’elle hypnotise. C’est une immigrée des pays de l’Est qui a tenté de réussir et de s’imposer dans un domaine scientifique, tout en étant au service du Chrysanthème Noir. Malgré sa soif de pouvoir et ses méthodes douteuses, on sent un réel besoin de reconnaissance de sa part vis à vis de son travail, par ses collègues masculins qu’elle ne réussit pas à obtenir.

A travers ces trois personnages féminins, l’auteur dénonce la condition de la femme à la Belle-Epoque, reléguée au rang d’épouse potiche ou d’être faible. Il propose des moyens qui auraient pu être à leur disposition pour s’en sortir. Il montre également qu’une femme peut être l’égale d’un homme en tant qu’adversaire  et c’est plutôt innovant.

Une uchronie proche du roman scientifique

Ce deuxième tome est encore plus riche en vulgarisation scientifique que le précédent et m’a fait penser aux romans scientifiques de Jules Verne, auquel l’auteur aurait ajouté une pointe de mysticisme avec la mythologie égyptienne et beaucoup d’espionnage.

Si la vulgarisation est nécessaire pour comprendre l’histoire (dont le sujet est la résurrection des morts de manière scientifique), cela m’a par moments ennuyée. Feldrik Rivat est très précis pour évoquer les méthodes d’embaumement, le miracle de l’électricité, ou la Thanatogamie (procédé de résurrection). Cela occasionne parfois des longueurs avec des descriptions assez techniques. C’est le seul petit bémol que j’évoquerai pour ce livre.

En dehors de ce point, l’uchronie développée sur ce sujet est extrêmement intéressante et bien détaillée : il s’agit de passer un contrat avec un mort pour le faire renaître temporairement dans le corps d’un vivant. Cela interroge sur le modèle de société qui se construirait autour de cette innovation. En effet, comment gérer les héritages familiaux si le mort n’est plus vraiment mort ? A l’inverse, les plus grands artistes et érudits pourraient continuer à créer et à collaborer avec ceux de notre époque ce qui ferait prospérer l’humanité. Et la limitation des naissances au profit des renaissances apporterait un aspect écologique avec l’idée de la préservation des ressources.

Cependant, dans ce récit, le procédé est réservé aux riches, la plèbe ne servant qu’à engendrer.  En cela, on retombe sur la vision de la société dans les romans de Science-Fiction avec l’Elite intellectuelle et le Bas-Peuple qui n’ont pas les mêmes possibilités, comme un reflet déformant de notre réalité. Cela m’a rappelé la trilogie Altered Carbon (ou Carbone modifié) de Richard Morgan, qui accorde une forme d’immortalité à une seule partie de la population bien nantie.

En conclusion : Ce second tome est toujours aussi riche tant la construction de son intrigue que dans son vocabulaire. Feldrik Rivat fait le pari de créer un univers original en jouant avec les codes de la Belle-Epoque tout en y apportant une vraie réflexion scientifique sur l’avenir de l’Humanité. Et c’est une pure réussite.

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Les tribulations d’Esther Parmentier, Cadavre haché, vampire fâché, Maëlle Desard, Rageot éditions

Une lecture légère et amusante pour l’été, cela vous tente ? Faites la rencontre d’Esther Parmentier, une fille ordinaire qui se découvre sorcière de bas niveau et embarquée comme stagiaire dans une sorte de police magique. Réussira-t-elle à s’en sortir avec son caractère de cochon et ses complexes ? Pour cela, entrons dans ce premier opus hilarant…

Résumé : Esther Parmentier a quitté sa Bretagne natale pour un stage à Strasbourg dans une société informatique quand elle est repérée par l’Agence de Contrôle et de Détection des Créatures Surnaturelles. Car Esther est une sorcière. À peine remise de cette découverte, et des tests visant à déterminer ses capacités, Esther apprend qu’elle n’a pas plus de pouvoirs qu’une allumette mouillée. Sa note sur l’échelle des pouvoirs est historiquement basse : 2 sur 82. Mais Esther est dotée d’un caractère de cochon, de solides capacités de déduction et est capable de résister aux pouvoirs de séduction des Créatures. Malgré son faible score, l’Agence décide donc de l’embaucher comme stagiaire.

Mon avis

Esther, un personnage à part entière

Dès le départ, l’auteure nous propose un personnage attachant qui n’a pas la langue dans sa poche et bourré de complexes. Esther a 19 ans, des bourrelets en trop, des cheveux ultra-rebelles, a la phobie du sport et déteste absolument l’été. Pas de bol, à Strasbourg où elle fait son stage de comptabilité, c’est la canicule !

Ajoutez à cela une mère qui lui a piqué son petit-ami, une addiction aux jeux-vidéos et sa propension à se fourrer dans des situations qui lui valent des ennuis et vous aurez un portrait en règle de sa petite personne.

Même quand elle se découvre un don de sorcière, il s’avère nul (sorcière de niveau 2 !). Cependant, la petite rousse a plus d’un tour dans son sac et va se révéler une enquêtrice hors pair lors de cette première aventure.

Accompagnée de son tuteur, le ténébreux vampire Loan, qui ne peut pas la piffer, de Mozzie un fantôme ultra-connecté, de Marine une Banshee invisible qui ressemble à une poupée Bratz, de Roger un papi-goule, de Dario le Djinn exhibitionniste et du capitaine Verner un loup-garou à moustache, elle va devoir s’adapter à son nouvel univers et résoudre une enquête autour d’adolescents disparus. Compliqué pour des débuts !

Moi qui ne supporte pas la chaleur, j’ai plus qu’acquiescé aux récriminations d’Esther sur les gens aux aisselles puantes dans les transports en commun ou encore le port de la veste en cuir qui devrait être interdit au-dessus de températures dépassant 24 degrés.

J’ai ri de son franc-parler, de ses prises de becs avec Loan, des situations dans lesquelles elle réussit à se fourrer sans le vouloir, des personnages secondaires tout aussi barrés.

J’ai ri aussi du décalage entre l’équipe (bien calée sur la magie mais pas la modernité) et Esther qui est bourrée de références geeks ou tout simplement au 21ème siècle auxquelles le vampire, le loup-garou ou le Djinn ne comprennent rien.

Ce personnage change des héroïnes parfaites habituelles trop lisses qui sont parfois agaçantes de perfection. Esther qui dit ce qu’elle pense, avec parfois un peu de culot et une touche d’humour, et on a l’impression qu’elle est une sorte de porte-parole du lecteur qui casse les codes de l’univers établi dans ce livre. Et ça fait du bien !

Une enquête aux multiples rebondissements

Au-delà du côté humoristique du livre et de son personnage principal haut en couleur, on trouve une enquête policière qui nous mène du côté des vampires mais aussi d’un challenge internet : le Ghost Challenge. Sous couvert du challenge, des jeunes adolescents disparaissent mystérieusement.

Le corps de l’un d’entre eux est retrouvé par l’ACDC (=l’Agence de Contrôle et de Détection des créatures, on sent que l’auteure s’amuse !) où Esther est stagiaire. Voilà notre héroïne partie avec l’agent Loan sur les traces des vampires et d’un trafic de venin et la découverte d’autres organisations : des terroristes magiques, une association réclamant l’indépendance des goules, le conseil des anciens vampires, etc…

La fine équipe ralliera plusieurs villes : Montpellier, la Bretagne, et rencontrera d’autres agents dans des bureaux tout aussi pourris que ceux de l’ACDC, ainsi que d’autres créatures magiques plus ou moins amicales.

Sans vouloir en dévoiler plus, vous irez de révélations en révélations autour de l’univers magique mais aussi du passé des personnages, qui feront avancer progressivement l’histoire.

La fin de l’enquête, sur les 20 dernières pages est plutôt bien menée et ne vous laissera pas sur votre faim.

L’auteure a su conclure efficacement l’enquête ainsi que plusieurs arcs narratifs avancés dans l’histoire. Un autre tome est à prévoir, mais il sera plutôt centré sur les origines magiques d’Esther et son apprentissage de sorcière, amenant une autre enquête.

Un univers basé sur la discrimination

Dans ce premier opus, nous apprenons en même temps qu’Esther l’existence d’un univers magique dans une autre dimension auquel on accède par des portails créés par des sorcières. Cet univers est réglementé par un organisme appelé le CRIS qui régit également le comportement des créatures magiques sur terre.

Les créatures magiques sont le fruit de l’union entre des êtres Sidhiens et des humains : Sorcières, Djinns, Loup-garous… Mais tous ne sont pas au même niveau.

Les sorcières sont en haut de l’échelle grâce à leur capacité à ouvrir des portails, importants pour les échanges commerciaux ou de nourriture avec la terre. Les loup-garous sont souvent des chefs de meute ou d’équipe grâce à leur capacité à se faire obéir des autres créatures.

A l’inverse, les vampires et les goules sont mal-aimés. Les premiers à cause de leur côté rebelle et imprévisible, et parce qu’ils se nourrissent des humains. On les appelle les sangsues. Les seconds parce que ce sont des créations de vampire qui n’obéissent qu’à eux. On les appelle les asticots.

Les goules sont un cas à part, et vraiment en bas de l’échelle sociale. Ils sont à la fois craints car ils se nourrissent de chair en décomposition et savent se battre férocement, mais aussi utiles pour retrouver les souvenirs d’une victime par des visions en mangeant une partie de son corps. Ce sont des créatures issues d’humains trop souvent mangés par des vampires qui se sont métamorphosés à cause du venin injecté par leurs maîtres.

Certaines goules se revendiquent libres, sans maîtres ce qui a pour effet d’attiser une animosité de la part des vampires, craignant de voir ces créatures échapper à leur contrôle et exister sans eux, mais aussi les tuer sans sommation.

A travers cette enquête, on verra que le statut de goule s’apparente presque à une forme d’esclavage moderne, mettant les vampires du côté des racistes.

L’agent Loan est également l’objet de discriminations car il est le seul vampire de l’Agence. Il est méprisé à la fois par ses collègues agent car il est un suceur de sang, mais aussi par les vampires car il travaille avec l’ennemi.

Quant à Esther, elle cumule plusieurs discriminations dans cette histoire : en plus d’être rabaissée comme stagiaire sans expérience (alors qu’elle a plus de jugeote que toute l’équipe réunie), et sorcière de bas étage, elle est victime de grossophobie. La scène de sa rencontre avec la responsable de l’agence de détection et contrôle des créatures magiques de Montpellier est assez éloquente sur le sujet. Cependant, la rouquine ne se démonte pas et use de son intelligence et de sa gouaille pour rabattre le caquet de ceux qui se moquent d’elle. Une belle leçon de vie.

Quelques bémols :

Quand j’ai commencé le roman, je suis tombée sur quelques clichés (ex : le vampire habillé comme Neo dans Matrix) et j’avais l’impression de comprendre en quelques pages une intrigue avec de grosses ficelles. Que nenni ! J’ai bien fait de persévérer car le dénouement m’a bluffée.

Destiné à un public jeunesse, je trouve que ce livre se lit aussi bien du côté des adultes. Je n’ai pas compris pourquoi il était classé en Young adult et j’ai l’impression qu’il rate son public. Le fait que l’héroïne ait 19 ans, évoque des références modernes à internet et la présence de langage sms à un moment donné de l’intrigue ne justifie par cette catégorisation à mon sens. Au contraire, je trouve qu’Esther a des réflexions très matures concernant l’enquête pour son âge. La même enquête avec une héroïne un poil plus âgée mais assumant son côté geek ne m’aurait pas choquée.

Pour revenir au langage sms utilisé par Esther en milieu de roman, j’ai été agacée de sa traduction en bas de page. Non pas que cela soit inutile pour ceux qui ne maîtrisent pas cette forme d’expression, mais l’utilisation du langage soutenu m’a parue incongrue. A moins qu’il ne s’agisse d’une forme d’humour…

En conclusion : Maëlle Desard introduit parfaitement son univers pour ce premier tome, à travers le personnage déjanté d’Esther, et nous propose dans un style frais à l’humour décalé, une enquête aux multiples rebondissements. Un roman d’été qui vous fera pleurer de rire.

Publié dans Ateliers d'écriture, On joue ?

Concours d’écriture : la nouvelle policière

Depuis trois ans déjà, je soutiens une manifestation littéraire appelée Les Rencontres littéraires du polar et du roman noir du Deschaux ou plus simplement L’Automne sera noir. Il s’agit d’une journée organisée dans le village de Le Deschaux dans le Jura, autour de la littérature policière, qui comprend des dédicaces d’auteurs, une table-ronde littéraire, parfois un jeu, et surtout un concours de nouvelles ! Je me suis dit que l’exercice pourrait peut-être vous intéresser, alors voici le sujet de l’édition 2020…

Qui peut concourir ?

Il est possible de concourir selon 4 types de catégories :

  • Si tu es prof et que tu as une classe de primaire : la rédaction collective d’un texte de 3 pages minimum.
  • Si tu es prof et que tu as une classe de collège ou lycée : la rédaction collective d’un texte de 5 pages minimum.
  • Si tu as moins de 18 ans (catégorie Ado) : la rédaction d’un texte individuel de 5 pages minimum.
  • Si tu as plus de 18 ans (catégorie Adulte) : la rédaction d’un texte individuel de 8 pages minimum

Quel est le règlement du concours ?

Ce concours ne requiert pas de droit de participation à régler. En revanche, il implique le respect du règlement du concours, le fait que tu ne peux te prévaloir d’un droit d’auteur par la suite, sur ton texte et que tu autorises son utilisation à but non lucratif (ex : à des fins pédagogiques, lecture publique…).

Chaque participant doit réaliser une nouvelle originale avec un titre.

La nouvelle doit finir par cette phrase : « Écartant les roseaux, elle sortit de l’eau, puis se mit à courir dans la nuit. » et comprendre les mots suivants : Etang Billedon, Bois des Noues, Les Granges, Le garde champêtre, Chiens, Chevaux, Château. (ce sont pour certains, des quartiers du village de Le Deschaux).

Le texte doit être présenté sous format A4 (21X29.7cm) avec une police de caractère en corps 12, interligne 1.5 et une marge de 2 cm à gauche  et 1.5 cm à droite.

Selon la catégorie dans laquelle tu concours, il faudra indiquer :

  • Pour les enseignants de primaire : Le nom de l’établissement, de la classe et du professeur.
  • Pour les enseignants de collège et lycée : Le nom de l’établissement, de la classe et du professeur référent.
  • Pour les adultes et adolescents en individuel : ton nom, prénom, adresse postale, email et numéro de téléphone. Et ta date de naissance si tu n’as pas 18 ans.

Ta nouvelle est à envoyer par email  au bibliothécaire du Deschaux, Michel Venel à l’adresse suivante : bibliotheque.le.deschaux@gmail.com  

L’email devra comprendre deux pièces jointes sous word : la première pièce-jointe sera la nouvelle, la seconde pour tes coordonnées.

Attention : La date limite de participation  est le 15 juillet 2020 !

Qui délibère pour le vainqueur ?

Le jury est présidé par le Maire du Deschaux, Patrick Jacquot. Il est composé de Michel Venel, responsable du projet et de la bibliothèque du Deschaux, Annick Fontaine, Correspondante du Progrès, Sandrine Kedziora et  Joël Verdelet, Conseillers Municipaux, Virginie Pique, Bibliothécaire à la médiathèque du Grand Dole et Corinne Desies-Dalloz, libraire à Poligny.

La remise des prix aura lieu le Dimanche 06 septembre à 15 h à la salle des fêtes du Deschaux. Tous les participants recevront un courriel le Vendredi 01 septembre pour connaître les résultats.

Tous les textes feront l’objet d’un recueil consultable à la bibliothèque du Deschaux.

Qu’est ce qu’il y a à gagner ?

Selon la catégorie dans laquelle tu concours, le prix sera différent.

Pour les enseignants, l’ensemble de la classe recevra un livre par élève et un par enseignant, au choix parmi les auteurs invités du Salon.

Pour les adultes et adolescents qui concourent en individuel, un lauréat de chaque catégorie recevra trois romans policiers dédicacés de son choix parmi les auteurs invités du Salon.

Pour te donner une idée des auteurs invités au salon, je t’invite à consulter la page facebook de l’événement où Michel, le bibliothécaire du Deschaux, publie régulièrement les noms des invités. Les années précédentes, le salon a accueilli 17 auteurs dont : Gaëlle Perrin-Guillet (dont je t’ai parlé avec le roman Soul of London), Guillaume Ramezi, Estelle Tharreau, Michel Embareck, Philippe Koeberlé, Hugues Pagan, Sébastien Lepetit, Eric Martzloff… Certains sont des auteurs régionaux, d’autres d’anciens flics, tous sont passionnés par le roman noir ou policier.

Le mot de la fin…

Cette manifestation est très familiale et c’est toujours un plaisir pour moi de retrouver ce petit monde. Je t’invite à y venir si tu passes dans le Jura. La prochaine aura lieu le dimanche 6 septembre 2020, à la salle des fêtes de Le Deschaux si tout va bien…

Si tu ne souhaites pas participer au concours, tu peux toutefois t’entraîner à cet exercice d’écriture sous contraintes. C’est un bon moyen pour développer tes compétences de novelliste en herbe, surtout si tu débutes en nouvelle policière.

Loupe et relevé d’empreintes,

A.Chatterton

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Cuits à point, Elodie Serrano, éditions ActuSF

Fausse voyante ? Château soi-disant hanté ? Appelez les Démystificateurs Gauthier et Anna ! Par contre, s’il s’agit de réchauffement climatique, ils risquent d’être bien en peine… Je vous présente aujourd’hui une aventure londonienne pleine de suspense et de flegme britannique. Suivez le guide !

Résumé : Gauthier Guillet et Anna Cargali parcourent la France pour résoudre des mystères qui relèvent plus souvent d’arnaques que de véritables phénomènes surnaturels. Mais leur nouvelle affaire est d’un tout autre calibre : pourquoi la ville de Londres subit-elle une véritable canicule alors qu’on est en plein hiver et que le reste de l’Angleterre ploie sous la neige ? Se pourrait-il que cette fois des forces inexpliquées soient vraiment en jeu ?

Mon avis :

Des personnages principaux hauts en couleur

Le roman a pour héros Gauthier Guillet, insupportable je-sais-tout mais redoutable détective, et surtout grand Carthésien, pour qui la magie n’existe pas. Il est accompagné de son associée Anna Cargali, jeune veuve italienne, au caractère bien trempé et à l’intelligence supérieure à celle de son coéquipier.

Au cours de leur enquête, ils seront rejoint par un autre duo à Londres :  Anton et sa nièce Maggie. Tous deux sont des démystificateurs aussi, mais à l’inverse de Gauthier et Anna, Anton n’écarte pas l’hypothèse de l’existence de la magie.

Cette différence d’opinion va ponctuer tout le roman de combats acharnés entre les deux coqs, tempéré par Anna, et va les mener parfois à de mauvais choix pour prouver à l’un ou l’autre qu’ils ont raison. Je dois avouer que certains passages de leurs disputes, à l’image d’Anna, m’ont quelque peu agacée.

L’auteure s’amuse des clichées culturels en présentant Anton comme un pur britannique avec un flegme et une capacité à arrondir les angles dans les conflits. Anna est vue comme une jeune femme caractérielle qui n’hésite pas à mettre elle-même ce trait de sa personnalité sur le compte de ses origines italiennes. Quant à Gauthier, son côté pédant est bien représentatif du français lambda, fier de ses origines.

Une enquête bien menée

Durant leur investigation, les détectives du paranormal seront amenés à rencontrer une sorcière londonienne, au grand dam de Gauthier qui ne croit pas en la magie. Puis, de fil en aiguille, les deux équipes réussiront à travailler de concert pour se concentrer sur les travaux du métro et enfin toucher au but. Je ne vous spoile pas la suite, sinon cela n’aurait pas d’intérêt.

Si le suspense est à son comble jusqu’à la moitié du roman, et m’a bien tenue en haleine, sur la deuxième partie, je me suis demandée comment l’histoire allait se terminer une fois le mystère résolu. Et bien… je n’ai pas été déçue ! Même si arrivée à 30 pages de la fin, j’ai été prise de sueurs froides en me demandant comment Elodie Serrano allait conclure en si peu de pages, j’ai trouvé la fin soignée.

Je me suis même demandée si ce roman était le premier d’une longue série d’aventures pour les démystificateurs… car j’avais envie d’en lire davantage !

Une critique de la société victorienne

Au-delà de cette enquête, j’ai vu en filigrane une critique de la société victorienne à travers le regard d’Anna, la narratrice principale de cette histoire.

A plusieurs reprises, elle fait mention du sexisme ambiant de son siècle vis à vis de son statut de femme,  ou du fait qu’elle travaille avec un homme qui n’est pas son mari. Elle va même jusqu’à critiquer sa tenue de dame, peu pratique pour l’exploration. La bonne tenue, autant vestimentaire que de caractère est de mise chez les anglais et lui vaudra bien des déconvenues tout au long de l’enquête, autant par ses employeurs (les Lords de la Chambre), que des autres hommes.

La seule a bien gérer sa part de féminisme est Maggie, qui malgré sa timidité et sa jeunesse, sait se faire entendre quand cela est nécessaire, et se moque des convenances.

A travers cette aventure, on découvre un pays désireux de montrer sa supériorité, soucieux des apparences et respectant assez peu sa souveraine, jugée trop inexpérimentée et surtout… femme !

En conclusion : Cuits à point est un bon divertissement qui a su me tenir en haleine grâce à son mystère à la résolution surprenante et son côté féministe pas déplaisant. A quand une nouvelle aventure des démystificateurs ?

PS : je remercie les Éditions ActuSf pour l’envoi de ce service presse. Même si par principe je n’en demande pas, il se trouve que je comptais lire ce livre. Je préfère rester transparente avec vous, lecteurs sur le sujet. 😉

 

 

 

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La 25e heure, Feldrik Rivat, éditions de l’Homme sans nom

Un roman policier qui décoiffe avec un duo d’enquêteur au caractère bien trempé, le tout dans un Paris Belle-Epoque, ça vous tente ? Laissez moi vous présenter le premier tome des enquêtes de l’inspecteur Lacassagne.

Résumé : Décembre 1888. Alors que le bon peuple de Paris s’interroge sur cette tour que l’impérieux Gustave Eiffel fait édifier à grands frais, d’étranges rumeurs circulent dans les faubourgs de la capitale : les morts parlent !
Interpellé par la presse à ce sujet, le préfet de police M. Henry Lozé tourne en ridicule « les plaisanteries de quelques coquins ». Ainsi parle-t-il devant le beau monde, sous les feux électriques du parvis de l’Opéra Garnier. Mais, depuis l’ombre de ses cabinets, l’homme lance sur cette affaire les plus fins limiers de la République.
Pendant ce temps, l’Académie des sciences en appelle à ses éminents savants pour que la pensée rationnelle, une fois pour toutes, triomphe des ténèbres de l’obscurantisme.

Mon avis :

Un duo d’enquêteurs original

Dès les premières pages, on sent que les deux enquêteurs de la 25e heure ne seront pas ordinaires.

Nous avons tout d’abord Louis Bertillon, jeune major de sa promotion au concours de police, nanti, cultivé, soucieux de son confort et féru de sciences. Peu habitué à la rudesse de son mentor l’inspecteur Eudes Lacassagne, il va progressivement s’endurcir et l’assister efficacement dans ses enquêtes.

Eudes Lacassagne, le personnage principal de ce roman, vient compléter le duo.  Il est présenté dès le départ comme un être mystérieux. Déambulant jour et nuit à pied dans tout Paris, connaissant les moindres recoins de la capitale, il apparaît tantôt comme un justicier silencieux dévoué aux plus pauvres, tantôt comme un bagarreur dans les tripots clandestins, tantôt comme un voyeur dans les bordels parisiens. Parlant peu, ne buvant ou mangeant qu’à heures fixes, il trimbale un moineau vivant, et a des habitudes énigmatiques comme prendre un remède sur un sucre ou paraître toujours impeccable. Son passé reste trouble. On ne sait rien de lui, sauf qu’il a été militaire en Asie, d’où son surnom de Khan, et qu’il est fâché avec son père.

Ensemble, ils forment un binôme imbattable, même si Louis a tendance à retarder l’enquête du fait de son manque d’expérience.

Ils rappellent un peu le duo de Baker Street, mais les dépassent, les dépoussièrent. Si Louis a une fiancée comme Watson, celle-ci fait l’école de médecine, un progrès pour les femmes de son temps. Et il compense son manque d’expérience des armes par une grande culture scientifique. De son côté, si Lacassagne possède un sens de la déduction identique à Sherlock, il le surpasse dans ses bizarreries et semble presque invincible.

Une enquête au goût de science

Feldrik Rivat a choisi Paris à la Belle Epoque de son roman, mais à l’apogée des recherches scientifiques et techniques.

On y croisera des personnages illustres comme  Gustave Eiffel, en pleine construction de la fameuse tour ou encore le Docteur Charcot, éminent psychiatre et même George Méliès.

Nos deux enquêteurs nous ferons visiter lors de leur investigation les bas-fonds de la capitale et les lieux dédiés aux morts : les thanatopracteurs et leurs techniques d’embaumement, les croque-morts de la morgue de Paris, les docteurs de la Faculté de Médecine, les cimetières, les abattoirs et les locaux de police et leur service de fichage.

L’enquête tournera autour des macchabées mais aussi d’une société secrète, d’expériences scientifiques et de la politique. En effet, nos deux héros éprouveront des difficultés à trouver la vérité car leurs adversaires auront souvent un temps d’avance et la police sera constamment tournée en dérision par un journaliste anonyme, provoquant les foudres du préfet.

On sent que l’auteur a souhaité rester réaliste dans son univers et qu’il a peut-être effectué des recherches sur l’Histoire de Paris, la langue.

Par exemple, il s’attache à nous décrire les méthodes de police de l’époque, qui semblent d’actualité à certains égards : la pauvreté des moyens,  l’aspect politique des enquêtes qui gêne leur progression, la rivalité entre services, le mépris des collègues pour ceux qui réussissent, la violence des interrogatoires…

Une pointe steampunk plus légère viendra s’ajouter à ce décor souvent morbide, avec la visite d’un café-théâtre tenu par George Méliès en personne, basé sur les illusions d’optique, les automates réalistes et des spectacles étonnants. Un pur régal pour les sens !

Un style chirurgical

Feldrik Rivat possède un style d’écriture inimitable notamment en matière de description. Les trois premières pages du roman en attestent. Il suffit de quelques phrases pour vous planter un décor, un personnage, une ambiance et en ressentir les odeurs, le goût, le toucher…

Son style est froid, précis, méthodique, à l’image de son personnage principal, mais aussi extrêmement riche sans être d’un langage soutenu.

L’auteur nous décrit un Paris réaliste, et en plus des décors, adapte sa langue aux personnages qu’il nous présente : le peuple aura sa gouaille de l’époque, les aristocrates un langage recherché, la police un entre-deux respectable. Enfin, les dialogues entre les scientifiques sembleront cohérents, en plus d’être fluides et intéressants démontrant encore une fois sa volonté de coller au réel.

Sur le même registre, sa description des abattoirs et de la leçon prodiguée par Lacassagne à son protégé est à la limite du soutenable, mais ultra-précise. Au delà du lieu, l’inspecteur apprend à Bertillon la nature humaine et ses limites. J’ai eu une pensée pour l’association L214 en lisant ces lignes…

On sent derrière le style, et ce sens du détail, qu’il cherche la vérité, tout comme Lacassagne ! A croire parfois qu’auteur et personnage se confondent…

En conclusion :  Je ne vais pas vous le cacher, ce roman est mon coup de coeur de l’année 2020. Une véritable pépite dont je vais bientôt lire la suite (car le tome 1 se termine sur un cliffhanger insoutenable). Pour résumer, avec sa figure forte et énigmatique d’enquêteur, son réalisme saisissant et son enquête aux ramifications tentaculaires, le roman de Feldrik Rivat est une claque magistrale au roman policier Belle Epoque.

 

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Cendres, Johanna Marines, Snag éditions

Découvert lors des Imaginales 2019 lors d’une conférence intitulée « La ville, lieu du romanesque, entre fascination et répulsion » réunissant également Andoryss et Floriane Soulas, j’ai été séduite par l’atmosphère londonienne et steampunk de Cendres. Après lecture, mon avis reste mitigé. Comme le roman fait partie des sélectionnés du PLIB 2020, j’ai quand même décidé de vous en parler un peu, quitte à me faire taper sur les doigts…

Résumé : Londres, 1888. Nathaniel et Luna vivent dans un quartier mal famé de l’East-End. Pour survivre, ils sont obligés de revendre les objets qu’ils ont volés. Au même moment, à Westminster, Agathe accepte de devenir la domestique de la famille Henwoorth. Leur destin va basculer le jour où Nathaniel va découvrir un cadavre. Agathe, une jeune femme plutôt naïve prête à tout pour payer les médicaments de sa mère malade. Celle-ci va être embauchée comme parurière chez les Henwoorth. Mais, rapidement, le fils ainé de la famille, Archibald, se montre étrange… Qu’attend-il vraiment d’elle ? Et si un tout autre destin l’attendait ? Nathaniel Depford, un jeune homme de 27 ans, qui travaille comme allumeur de réverbères dans la vieille ville. Orphelin, il ne sait presque rien de ses origines. Mais, quand celle qu’il considère comme sa sœur, Luna, disparaît et que d’étranges cauchemars refont surface, son monde fragile vacille… Réussira-t-il à retrouver Luna avec l’aide de la police ? Ou devra-t-il faire chemin seul pour comprendre les forces obscures qui tirent les ficelles en coulisse ? Et si son passé le rattrapait ?

Mon avis :

Un univers assez travaillé

Johanna Marines connaît bien Londres et on sent qu’elle a fait des recherches historiques pour ce roman. Elle nous présente une capitale britannique baignant dans une ambiance puante, brumeuse, profondément inégalitaire et surtout impitoyable avec les plus faibles.

Dès les premières pages, nous entrons dans les bas-fonds de l’East End, le jour avec Agathe, une jeune fille de condition modeste, et la nuit avec Nathaniel, un allumeur de réverbères. Ils nous offrent une vue élargie de la capitale, du côté des pauvres et des sans avenir.

Les quartiers aisés ne sont pas oubliés avec le personnage de Archibald et sa famille qui  nous entraînent dans les soirées mondaines et les faux-semblants des aristocrates londoniens.

Enfin, l’inspecteur Abberline nous emmène dans les cimetières et les commissariats de police où les méthodes d’interrogatoires sont peu orthodoxes et les criminels notoires.

Mais ce Londres victorien n’est pas seulement décrit du point de vue historique. L’auteure y introduit des éléments steampunk comme des fiacres mécaniques sans chevaux et des pigeons voyageurs mécaniques, qui ont une utilité dans cette histoire tout en apportant une certaine esthétique.

Ajoutez à cela que la pollution est tellement présente qu’elle se cristallise en un jour appelé Black Day, où les cendres toxiques des usines retombent sur la ville, et vous aurez un univers sombre plutôt réussi.

Une intrigue multiple 

Le roman se divise en plusieurs intrigues qui finissent par se rejoindre tôt ou tard, comme dans tout bon roman policier.

Les chapitres alternent les points de vue des personnages principaux et font avancer l’intrigue.

Tout d’abord, il y a Agathe qui se fait embaucher dans la famille d’Archibald pour gagner de quoi soigner sa mère malade. Elle découvre des élément curieux dans cette famille d’aristocrates et il lui arrive pas mal d’histoires imprévues.

Puis, le roman se recentre sur Nathaniel, allumeur de réverbères très pauvre, ignorant de ses origines, qui vit dans un grenier de fortune avec Luna sa soeur de rue et voleuse de haut vol.

Enfin, l’inspecteur Abberline nous entraîne dans une enquête concernant un tueur en série/ kidnappeur de jeunes filles, dont sa propre fille a été la victime. Il prend son travail très à coeur et l’investigation tournant au personnel, il a tendance à déraper dans ses méthodes.

Les personnages vont se rencontrer, ce qui donnera lieu à de nombreux rebondissements et aboutira à un final  inattendu qui m’a personnellement bluffée.

Beaucoup de bémols

Malgré un univers plutôt réussi, j’ai noté deux grands défauts majeurs à ce roman, qui auraient pu, s’ils avaient été corrigés, donner plus de profondeur à l’intrigue et le transformer un véritable coup de coeur.

En premier lieu, il y a trop d’histoires parallèles et de rebondissements. J’ai eu l’impression de lire un récit où l’auteur n’a pas su choisir entre toutes ses idées… et a décidé de toutes les assembler. Le résultat est un peu maladroit et donne un effet fourre-tout avec tantôt des éléments inutiles sur-développés, tantôt d’autres importants mais peu étoffés.

Je citerais pour exemple l’épisode où Nathaniel se rend dans son ancien orphelinat en pleine nuit pour découvrir des éléments sur ses origines, alors que l’intrigue vient d’avancer sur l’identité du tueur. Cette énième péripétie aurait pu avoir une meilleure place à un autre moment de l’histoire et ne colle pas du tout avec le réalisme temporel de l’action. 

A l’inverse,  la fête souterraine à laquelle participe Agathe avec Archibald est sous représentée dans le récit alors qu’il s’agit d’un moment clé pour comprendre la psychologie de l’aristocrate. A croire que le roman a subi des coupures un peu abruptes.

Par ailleurs, cette accumulation de rebondissements a pour conséquence de donner un rythme trop rapide à l’intrigue. Le suspense de l’enquête et l’inquiétude des personnages concernant le tueur en série sont par conséquent tronqués alors qu’ils auraient pu y gagner en intensité avec plus de lenteur.

Le second point qui m’a un peu gênée dans ce roman, est la manière dont l’auteure développe ses personnages. Certains auraient mérité une psychologie plus fouillée comme l’inspecteur Abberline, torturé mais sans plus, la mère d’Archibald colérique mais énigmatique, et le père et frère d’Archibald, des figurants sans grande substance.  De même, les relations entre les personnages évoluent trop vite au niveau amoureux, sans-doute pour faire avancer rapidement l’histoire principale.

Ceci dit, j’admets que mon point de vue est peut-être biaisé car ce n’est pas le premier roman policier victorien et steampunk que je lis, et je deviens plus critique au fur et à mesure du temps à ce sujet. Un lecteur qui n’a jamais lu des livres de ces deux catégories aura sans doute une vision différente.

En conclusion  : Cendres est un premier roman qui mérite de gagner en maturité. Il est doté d’un univers Londonien victorien assez réussi, mais qui peut surprendre par la multiplicité de ses intrigues et le manque de profondeur de ses personnages. J’espère lire d’autres intrigues de cette auteure néanmoins prometteuse, à qui il ne manque pas grand chose pour s’avérer excellente.

NB : Si vous souhaitez lire un autre roman policier victorien et dont l’intrigue est basée à Londres, je vous conseille Soul of London de Clémence Perrin-Guillet. Si vous préférez lire un roman steampunk, Les revenants de Whitechapel de George Mann vous ravira par son esthétique et son côté glauque.

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Les revenants de WhiteChapel, George Mann, éditions Panini Books Eclipse

Vous aimez les automates possédés, les zombies et les meurtres en série , le tout dans un Londres brumeux à souhaits ? Ce roman est fait pour vous !

Résumé : Bienvenue dans un Londres étrange et merveilleux. Ses habitants, quotidiennement éblouis par un déluge d’inventions , inaugurent une ère technologique nouvelle. Les aéronefs traversent le ciel tandis que des automates mettent leurs engrenages au service d’avocats ou de policiers. Mais le vernis du progrès dissimule une face sombre, car cet univers voit aussi des policiers fantômes hanter les ruelles de Whitechapel. Sir Maurice Newbury, investigateur de la Couronne, oeuvre donc sans répit à protéger l’Empire de ses ennemis. Le jour où un dirigeable s’écrase dans des circonstances suspectes, Sir Newbury et miss Veronica Hobbes, sa jeune assistante, sont amenés à enquêter tandis qu’une série d’effroyables meurtres met en échec les efforts de Scotland Yard. Ainsi débute, en une aventure qui ne ressemble à aucune autre, le premier volume des enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes.

Mon avis :

Une intrigue mêlant plusieurs faits étranges… mais qui se recoupent parfaitement.

Les premiers chapitres embrouillent un peu le lecteur par les différents éléments qu’on lui soumet, en plus de lui présenter les personnages principaux.

On apprend qu’un quartier pauvre de Londres est la proie d’une maladie qui transforme les habitants en zombies-vampires.

Puis l’on suit une enquête que mène Miss Hobbes et Sir Newbury portant sur un accident d’aéronef qui transportait un membre de la famille royale, et conduit par un automate, absent des décombres.

En parallèle, des accidents provenant d’automates fous se produisent un peu partout en Angleterre et des meurtres sont perpétrés par un tueur en série fou.

Pour finir, le frère de la secrétaire de Sir Newbury a disparu.

Tous ces éléments trouvent leur résolution dans un enchaînement logique mais cela prend un certain temps aux enquêteurs et au lecteur pour trouver la solution. Néanmoins, l’histoire est assez réussie et le rythme ni trop lent, ni trop rapide. Un parfait roman policier en somme.

Une Angleterre mécanisée

Ce volume de George Mann fait apparaître une Angleterre Victorienne dans l’esprit Steampunk, assez soigné : les automates remplacent peu à peu les ouvriers et le personnel, on se déplace dans des aéronefs, tramways mécaniques et trains à vapeurs…

La science est partout et le progrès est de mise. Même la Reine Victoria a un traitement spécial : elle survit grâce à un appareil mécanique qui lui permet de respirer, assise dans un fauteuil roulant.

Le brouillard anglais et l’atmosphère londonienne sont bien retranscrits, mêlant subtilement le côté historique (fiacres, habitations, vie quotidienne) et l’uchronie (aéronefs, automates…) de l’histoire.

D’autres aspects, moins reluisants sont aussi présents : l’internement dans les hôpitaux psychiatriques pour les femmes dites « hystériques », et surtout des crimes toujours très sanglants.

Des personnages pittoresques bien développés

Malgré son air distingué et ses belles manières, Sir Newbury cache quelques vices : une passion dévorante pour l’ésotérisme, très en vogue à l’époque Victorienne, ainsi qu’un goût prononcé pour le laudanum, drogue puissante connu aussi sous le nom d’opium. Mais c’est un enquêteur hors pair, doté d’une constitution d’acier.

Miss Hobbes cache bien son jeu sous ses airs de jeune fille bien élevée : au-delà de ses talents d’enquêtrice peu communs pour une femme de l’époque, elle cache un lourd secret de famille. En effet, sa soeur a été internée par ses parents dans un hôpital psychiatrique car elle a des crises, considérées par tous comme de la démence. En vérité, elle arrive à voir l’avenir mais cela n’est pas bien vu dans la bonne société. Miss Hobbes va chercher à faire sortir sa soeur, tout en utilisant son don de divination pour les besoins de l’enquête.

Le duo fonctionne assez bien, à la manière d’un duo traditionnel Sherlock-Watson, sans pour autant apporter une touche d’originalité au genre. L’auteur a le bon goût de ne pas tomber dans les clichés en laissant la relation entre les personnages strictement professionnelle, sans la transformer en intrigue amoureuse.

En bref : Une lecture efficace et rafraîchissante pour les amateurs d’intrigues policières Steampunk à la sauce holmésienne. A noter que d’autres tomes du duo existent mais ils n’ont pas été encore traduits en français à ce jour.

Article originellement publié par mes soins sur le site Portdragon.fr

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Eros Automaton, Clémence Godefroy, Les éditions du Chat Noir

Après avoir lu Les Héritiers d’Higashi, je me suis replongée dans le premier roman de Clémence Godefroy, plus steampunk, plus féministe. Une belle relecture qui m’a emmenée dans un Paris uchronique où l’amour repousse les limites de la machine…

Résumé : A Parisore, uchronie de Paris, se tient le Salon Galien d’Automatie au Parc des Expositions. Adélaïde Bouquet et Agathe Lepique participent au concours en présentant un automate féminin. Malheureusement, le concours est interrompu par un attentat mené par une organisation pro-humaine. Balthazar Bouquet, frère d’Adélaïde, est chargé de l’enquête. Adélaïde devient une célébrité dans le monde de l’automatie. Pendant ce temps, Agathe, couturière timide, est embauchée par le mystérieux Edgar Weyland passé maître dans la création des automates…

Mon avis :

Une vision féministe de la femme

Le roman nous plonge dans la vie de deux jeunes filles que tout oppose : Adélaïde, la rousse flamboyante au caractère bien trempé qui cherche à se faire une place dans un monde dominé par les hommes. Et Agathe, la brune effacée qui peine à s’émanciper du carcan familial et des bonnes moeurs pour vivre sa vie comme elle l’entend.

Cependant, malgré leurs différences, elles se retrouvent sur un point : toutes deux sont à la recherche d’un amour sincère et souhaitent éviter les pièges que peuvent leur tendre des soupirants un peu trop empressés comme Blaise Orloff, un séducteur invétéré.

Clémence Godefroy met en avant le statut de la femme tel qu’il était au début du siècle dans son uchronie : se marier ou travailler, respecter les codes de la bienséance ou les ignorer, suivre les choix de ses parents ou réaliser ses propres choix.

Quand les robots éprouvent des sentiments

L’intrigue est basée sur une uchronie où les robots imitent les humains presque à la perfection. Et ce n’est pas sans danger. L’idylle entre Lucien Rouault et l’automate Léonie laisse songeur. Au delà de son allure de poupée, l’automate éprouve ce qu’on pourrait appeler sentiments. Le créateur se laisserait-il berner par sa création ou lui échappe-t-elle?

On rejoint l’idée de l’homme créateur, l’homme qui se prend pour dieu en créant un être à son image. Mais Clémence Godefroy réussit à ne pas nous entraîner dans un nouveau Frankenstein. Les automates restent plus ou moins pacifistes. Ils sont curieux de l’homme et cherchent à le comprendre tout comme l’homme essaie de les comprendre.

On retrouve quelques similitudes avec les automates de Confessions d’un automate mangeur d’opium de Mathieu Gaborit et Fabrice Colin, mais sans le côté automate tueur.

Le terrorisme en filigramme

 Cependant, tous les hommes ne sont pas favorables aux automates. En découle une vague de terrorisme pour lutter contre le règne des machines, menée par un groupuscule pro-humain qui ressemble à certains égards à certains fanatiques religieux ou politiques actuels.

Ce roman montre la construction d’un mouvement terroriste engendré par la peur de la différence. A travers l’enquête de Balthazar Bouquet, on perçoit les rouages qui accélèrent la machine d’un petit parti politique d’opposition vers des attentats. Mais aussi, les conséquences directes sur les familles des membres ainsi que les stratégies des commanditaires qui ne sont pas forcément évidentes au départ.  Cela pousse à réfléchir sur notre actualité tout comme notre passé.

En conclusion : On plonge avec délices dans cette uchronie parisienne qui tire son épingle du jeu en mettant l’accent sur le féminisme et l’amour, plutôt que la guerre et les grosses mécaniques.

A noter : il est prévu une suite à ce roman intitulée Thanatos Automaton à paraître peut-être en 2020. Cela participera sans doute à la réédition du premier tome 😉

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L’échiquier de jade, Alex Evans, Editions ActuSF

Suite directe de Sorcières Associées du même auteur, L’échiquier de Jade a longtemps attendu dans ma PAL avant de trouver pour moi la bonne occasion de le lire. C’est dans le cadre du mini-challenge de Noël organisé par le PLIB que j’ai pu le ressortir, afin d’en apprécier toute sa saveur en cette période de fêtes. Voici venir une nouvelle aventure de Tanit et Padmé, sorcières à Jarta, la Cité où l’argent règne en maître et où la magie est imprévisible…

Résumé : Retour dans la cité de Jarta. La ville est en pleine ébullition. Les manifestations des opposants à la visite de l’ambassadrice d’un Empire fermé et agressif provoquent de sérieux remous. Dans le même temps, tous les sorciers de la ville sont réquisitionnés pour combattre un démon qui a dévoré deux personnes. Résultat, les forces de l’ordre confient deux nouvelles enquêtes aux sorcières Tanit et Padmé, et notamment le vol d’un antique échiquier en jade que la ville comptait offrir en cadeau à l’ambassadrice. L’incident diplomatique n’est pas loin…

Mon avis :

Où l’on en apprend plus sur nos sorcières préférées

Alex Evans profite de ce deuxième tome pour approfondir la psychologie de ses personnages et nous présenter, grâce à quelques chapitres, des événements de leur passé.

On découvre alors une histoire où la jeune Tanit, tumultueuse espionne, est propulsée dans une île dangereuse auprès de militaires. Quant à Padmé, enfant sage terrorisée par ses pouvoirs incontrôlables, elle est envoyée en pension chez une tante folle par sa riche famille.

Par ailleurs, ces épisodes participent à faire avancer l’intrigue et à comprendre les réactions des deux sorcières dans le présent : Tanit tient en haute estime l’honneur des espions et a développé un fort caractère après un passage dans l’armée et une enfance d’étrangère mal intégrée. De son côté, Padmé se méfie de la politique et cherche à protéger son statut de magicienne en créant une ligue, après son séjour chez sa tante.

Sur ce tome, il m’a semblé que les deux personnages principaux prenaient plus de relief et, contrairement au premier tome ( Sorcières Associées), faisaient entendre leurs voix de manière distincte.

Une enquête aux multiples rebondissements

L’auteure alterne les points de vue d’un chapitre à un autre, ce qui permet à la fois de rythmer le récit, mais aussi d’inviter le lecteur à participer à l’enquête. Celui-ci récupère les indices par les deux magiciennes, qui elles, n’ont pas forcément le temps de se voir pour faire des mises au point.

Cette enquête est plus complexe dans le précédent roman. J’ai trouvé que cela lui apportait du sérieux, pour un récit qui se veut au départ léger et amusant.

L’auteure nous ballade pas mal entre plusieurs intrigues, mais ce n’est jamais sans raison. Tout finira par se rejoindre, même si trouver le coupable dès le début n’est pas gagné.

Pour vous donner une idée de la multitude des rebondissements, j’ai compté une apparition de monstre,  un vol d’objet précieux, une escroquerie liée à la voyance, le retour d’une secte intégriste anti-magie, et la création d’un service de protection rapprochée afin de lutter contre les attentats magiques.

J’ai ressenti une réelle évolution du style de l’auteure dans ce second tome au niveau du genre policier, et cela a été très plaisant à découvrir.

Une réflexion sur la magie alliée à la politique

La principale intrigue, le vol d’un échiquier de Jade, mêle les sorcières à un enjeu politique avec la venue d’une ambassadrice étrangère. L’échiquier est un cadeau destiné à celle-ci en vue d’accords commerciaux. Tout tourne autour de cet enjeu politique qui met la police et les autorités sur les dents. Avec l’attentat du début,  Padmé est plusieurs fois réticente à travailler pour eux gratuitement, même si elle a le souci de protéger la cité. Comme elle le dit : « travailler gratuitement dans une cité où le dieu fondateur est l’argent équivaut à une insulte ».

La manière dont la police traite les magiciens est très démonstrative du comportement de la population à leur égard : ils sont très utiles quand il y a besoin, mais restent craints ou mal-vus. Face à la magie, les policiers sont désarçonnés et n’ont aucun outil pour la comprendre. Cependant, comme elle existe, il faut bien essayer de trouver une solution et donc de trouver des gens compétents pour régler les problèmes qu’elle cause.

La volonté de créer une ligue ou une confrérie de magie pour donner du poids au statut de sorcier prend alors tout son sens. Mais cela s’avère un enjeu complexe car les concernés sont très centrés sur leurs besoins personnels et peu soucieux d’aider les autres.

L’épisode avec la tante de Padmé rappelle les réquisitions de scientifiques par les militaires en vue de développer des projets destinés à une guerre en cours.

De là considérer les sorciers comme des anciens scientifiques, il n’y a qu’un pas…

Quelques bémols :

Si la lecture de ce livre a été très plaisante et palpitante, j’ai trouvé que l’univers cosmopolite, inspiré par les voyages de l’auteure, est un peu brouillon. J’ai éprouvé des difficultés à retenir les noms des différents pays, coutumes, manière de s’habiller, ou comprendre les corrélations possibles avec la réalité. Cela dit, Jarta et ses environs est un monde très riche, et les clins d’oeils de sa créatrice concernant ses autres livres me font toujours sourire. Par exemple, en début de roman, Padmé évoque un incident avec un Tigre-brouillard invoqué accidentellement via un artefact magique. C’est une des intrigues de La Machine de Léandre.

Par ailleurs, j’ai été un peu déçue que les idylles amoureuses des deux amies soient survolées en fin de roman. Padmé retrouve en effet son capitaine et Tanit son espion, qui les aideront à terminer les enquêtes. J’aurais aimé en lire un peu plus sur le sujet. Peut-être dans un autre tome ?

En conclusion : J’ai beaucoup aimé cette enquête complexe qui permet d’aborder un peu plus la psychologie de ses personnages principaux et d’apporter un questionnement plus profond sur l’utilisation de la magie, de la politique, voire de la science dans l’univers d’Alex Evans. A quand une nouvelle aventure du cabinet Sorcières et associées ?

Si vous souhaitez retrouver les chroniques des autres livres du Challenge de L’Epreuve des Stratèges, je vous invite à relire mon article sur le sujet dans la rubrique « On joue« . Je vais poster un lien sous chaque livre évoqué dans le défi pour vous renvoyer vers sa critique. 😉

 

Publié dans On joue ?

Prix littéraire de l’imaginaire Booktube 2020 #PLIB2020 : Mini-challenge Lecture pour Noël, Mon expérience de jurée #3

Le temps passant, nous voici en décembre, synonyme de nouveau challenge littéraire en lien avec le PLIB : le tournoi des élites et son épreuve des stratèges. Petit tour d’horizon du fonctionnement de ce défi lecture pas comme les autres.

Le challenge a lieu du 16 décembre au 29 décembre 2019. Un challenge court mais intense pour pimenter les fêtes de Noël.

Tout le monde peut participer, ce n’est pas réservé aux seuls jurés du PLIB. Par contre, il faut se dépêcher de s’inscrire pour être réparti dans une des équipes. Et oui ! Ce n’est pas un challenge ordinaire : on lit en équipe !

En équipe tu seras

Pour participer, il faut remplir un formulaire d’inscription disponible sur le site du PLIB. Il te faudra choisir ton équipe, et une équipe de secours au cas où il n’y a plus de places dans celle de ton premier choix.

Puis tu recevras un gentil email de confirmation concernant ton équipe avec quelques règles de fonctionnement ou une notification sur Discord.

Niveau organisation, toutes les discussions et questions en lien avec le challenge ont lieu sur Discord. Il te faudra créer un compte, avec un pseudo et te faire inviter sur le salon du PLIB en lien avec le challenge.

La page du règlement du challenge est disponible sur le site, si souhaites plus de détails. Cela t’évitera aussi de poser des questions à ton groupe alors que les réponses sont déjà disponibles dans ce règlement. 😉

Chaque équipe dispose d’une couleur différente sur Discord : il y a les Dragonniers en rouge, les guérisseurs en bleu et les mages en violet. Les équipes soutiennent chacune une princesse  (en réalité des bloggueuses liées à l’orga du PLIB 😉 ).

Chaque menu validé avec les lectures que tu auras faites rapportera 5 points à ton équipe. Mais il faudra être stratégique pour faire gagner un maximum de points !

Des menus tu choisiras

Quatre menus sont proposés pour ce Mini challenge :

menu scintillant PLIB2020 #PLIB2020

Menu Gourmand PLIB2020 #PLIB2020

Menu Chaleureux PLIB2020 #PLIB2020

Menu authentique PLIB2020 #PLIB2020

A ceux ci viennent s’ajouter quelques règles complémentaires :

Si tu lis un livre sélectionné pour le PLIB2020, tu fais gagner 1 point supplémentaire à ton équipe.

Seuls les romans et recueils de nouvelles sont acceptés, s’ils sont lus en intégralité.

Un même roman lu peut valider plusieurs item de menus.

Les romans de Science-Fiction, Fantasy, Fantastique, et contemporains (ou littérature blanche) sont les seuls romans acceptés.

Les mangas ne sont pas acceptés dans ce challenge, contrairement au Pumpkin Autumn Challenge.

Pour le reste des indications, je te réfère au règlement complet du challenge 😉

A noter que lorsque tu auras choisi ton menu, et déterminé ta sélection de livres, tu dois renvoyer un formulaire pour indiquer tes lectures à ton équipe. Le même formulaire est à remplir une fois le challenge terminé.

De la stratégie de lecture tu déploieras

Tu l’auras compris, le but est de lire un maximum de pages en 15 jours et valider un maximum de menus.

Mais pour cela, il est nécessaire d’être stratégique.

Par exemple, tu peux sélectionner des romans courts pour aller plus vite.  Ou mieux : choisir des livres qui te permettent de valider plusieurs menus en même temps.

Tu peux aussi choisir des livres de la sélection du PLIB si tu es juré. En plus de rapporter des point bonus, cela peut t’aider à avancer dans tes lectures d’ici le nouveau vote des finalistes !

Et moi dans tout ça ?

Je fais partie de l’équipe des Mages et j’ai choisi le Menu Authentique avec les livres suivants :

  • Rubrique « Il était une fois » ( Le roman se déroule dans un contexte historique)

Les voiles de Frédégonde, Jean-Louis Fetjaine

J’ai choisi Les voiles de Frédégonde, de Jean-Louis Fetjaine, éditions Belfond, un roman historique autour d’une figure féminine au temps des rois francs de la dynastie mérovingienne. Il sera question de complots politiques et d’histoire d’amour (et de jalousie). J’avais déjà lu La Trilogie des Elfes, et Guinevere (Guenièvre) du même auteur et beaucoup apprécié son style et sa manière de revisiter la Légende arthurienne. J’espère que ce roman historique sera à la hauteur autant au niveau de l’intrigue que de respect de la réalité historique.

Son résumé : Née esclave, Frédégonde était destinée à devenir courtisane dans un village gaulois. Mais un abbé la place comme servante chez l’un des fils de Clotaire, le roi des Francs. Très vite, la jeune femme découvre les secrets de la cour mérovingienne et devient la confidente d’Audowère, l’épouse du fils cadet de Clotaire. Novembre 561, le roi meurt. Ses quatre fils se partagent le royaume. Chilpéric, violent et impulsif, se débarrasse d’Audowère et prend Frédégonde pour maîtresse. Son frère Sigebert, lui, chef de guerre talentueux qui emporte le respect de tous, épouse Brunehilde, fille du roi wisigoth d’Espagne, aussi belle qu’instruite. Chilpéric, à la fois ébloui par cette alliance prestigieuse et rongé par la jalousie, décide alors d’épouser la sœur de Brunehilde, Galswinthe. Mais Frédégonde n’est pas de celles que l’on peut impunément délaisser…

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

  • Rubrique « Noël Mécanique » (un roman steampunk) :

realm of broken faces marianne stern

Ce roman clôt la trilogie des Récits du Monde Mécanique de Marianne Stern dont j’ai déjà lu et chroniqué les deux tomes précédents (Smog of Germania et Scents of Orient), publiés aux éditions du Chat Noir. Realm of Broken Faces est un récit uchronique autour d’un monde où la France, l’Allemagne et l’Angleterre sont en guerre. Nous suivrons les aventures des frères Maxwell et Jérémiah autour d’animaux mécaniques et de dirigeables. Même si chaque tome peut se lire de manière indépendante, il est utile, ne serait-ce que pour suivre l’évolution des deux personnages, de commencer par Smog of Germania.

Le résumé : Automne 1917, Nord-Est de la France. La Blitzkrieg du Kaiser a dévasté les environs, mais une petite communauté de malfrats règne désormais sur ce no man’s land. À sa tête, Monsieur, chef auto-proclamé. Un personnage à la gueule cassée, lunatique et mystérieux. Comme on dit aux alentours, personne ne sait qui il est véritablement et d’ailleurs, tout le monde s’en fout, d’autant plus que l’ignorance est gage de survie. Le Quenottier, armé de sa fidèle pelle, suit cette ligne de conduite sans dévier d’un pouce. Il a bien d’autres ennuis à gérer que les lubies de Monsieur. À commencer par cette mioche, débusquée dans les vestiges des tranchées, bien décidée à lui pourrir la vie… Entre corbeau agaçant, Veuve acerbe et gamine insupportable, qui aura les nerfs du vieux Quenot’ ?

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

  • Rubrique « Petits meurtres en famille » (une enquête dans un roman SFFF) : 

echiquier de jade alex evans_

J’ai aussitôt pensé à L’échiquier de Jade d’Alex Evans, qui dort dans ma PAL depuis un moment. Il s’agit de la suite de Sorcières Associées du même auteur, aux éditions ActuSF dont j’ai déjà réalisé la chronique. Le roman est court et les aventures des deux sorcières Tanit et Padmé sont hilarantes et pleines de rebondissements. Ce sera une vraie lecture bonbon pour les fêtes.

Le résumé : Retour dans la cité de Jarta. La ville est en pleine ébullition. Les manifestations des opposants à la visite de l’ambassadrice d’un Empire fermé et agressif provoquent de sérieux remous. Dans le même temps, tous les sorciers de la ville sont réquisitionnés pour combattre un démon qui a dévoré deux personnes. Résultat, les forces de l’ordre confient deux nouvelles enquêtes aux sorcières Tanit et Padmé, et notamment le vol d’un antique échiquier en jade que la ville comptait offrir en cadeau à l’ambassadrice. L’incident diplomatique n’est pas loin…

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

  • Rubrique « Retour en arrière » (Lire un livre finaliste des éditions antérieures) :

la fille qui tressait les nuages celine chevet

Il se trouve que j’ai dans ma PAL de table de nuit le roman de Céline Chevet, La fille qui tressait les nuages, éditions le Chat Noir, gagnante du PLIB2019. Je me suis dit que c’était l’occasion de le lire, d’autant que l’histoire, un brin fantastique, se déroule au Japon à notre époque. (En ce moment, je suis dans une phase littéraire « Japon »)

Le résumé : Saitama-ken, Japon. Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets. Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la soeur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son coeur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai… Fable surréaliste, la Fille qui tressait les nuages narre les destins entrecroisés d’un amour perdu, une famille maudite et les tragédies d’une adolescence toujours plus brève.

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

  • Rubrique « C’est la fin » (Le personnage de la faucheuse est présent dans l’histoire) :

Copie de 9791094173374 (1)

Présent parmi les 20 sélectionnés du PLIB2020, L’apprentie Faucheuse de Justine Robin aux éditions Le Héron d’Argent me faisait de l’oeil depuis les votes de novembre. J’ai décidé de le lire pour m’essayer à la lecture numérique avec l’ebook fourni gracieusement par l’éditeur aux jurés, dans le cadre du Prix. Le roman a l’air amusant et court. C’est de la littérature Young adult, donc cela me changera de sujets plus sérieux comme Les voiles de Frédégonde évoqué plus haut.

Le résumé : « Aujourd’hui, je suis morte. » Amélia Pratt était une simple domestique, pauvre et sans avenir. Mais par une froide nuit d’hiver de l’année 1850, un homme la précipite dans la mort. Elle renaît alors sous les traits de Red Death, l’une des sept petites faucheuses. Désormais, son rôle est de pourchasser les esprits errants et les fantômes. Et à ce petit jeu-là, elle est la meilleure ! Pourtant, elle n’a pas choisi l’Ankou le plus docile pour la seconder dans sa tâche. En effet, le beau Rain n’est autre que son propre meurtrier, désormais contraint de lui obéir pour l’éternité… Entre complots, dangers et trahisons, parviendra t-elle à accomplir son rêve : devenir la prochaine Grande Faucheuse du Sanctuaire de la Mort ?

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

J’annonce une lecture de 1552 pages d’ici la fin du défi.

Ma stratégie personnelle pour ce challenge (et mes objectifs):

Lire des romans courts ou dont le style est léger. Nous sommes en période de fêtes et de vacances. Exit donc Les Piliers de la terre de Ken Follett. Tu resteras encore un moment sur mon étagère de PAL !

Avancer sur les lectures du PLIB2020 et vous proposer des chroniques littéraires les concernant. En plus, ça fait des points en plus pour l’équipe.

Réutiliser certains romans lus dans le Menu Authentique pour valider d’autres menus.  Par exemple, je peux réutiliser L’échiquier de Jade dans le Menu Scintillant et sa rubrique « C’est toujours mieux à deux ».

Vider ma PAL (=Pile à Lire) achetée au Festival des Imaginales. Il s’agit d’un défi avec une amie d’ici le mois de Mai 2020. Nous avons décidé de ne plus dépenser d’argent pour de nouveaux livres avant ce festival. En effet, chaque année nous en revenons avec environ 15 livres chacune et un gros trou dans le porte-monnaie. Lire ce que nous avons déjà nous permet par ailleurs de réaliser des économies !

M’essayer à la lecture numérique ! Adepte du papier, j’éprouve des difficultés à passer à la tablette ou la liseuse. Ce sera une bonne occasion d’essayer.

Et surtout, prendre plaisir la lecture et faire gagner mon équipe. Allez les Mages !

D’autres challenges sont à venir par la suite, jusqu’en août, que tu peux rejoindre aussi ! Alors n’hésite pas à consulter  la page concernant les challenges du PLIB et rejoindre une équipe !