Publié dans Questions existentielles

Le Tourisme Littéraire : Kézako ?

L’autre jour, je suis tombée sur le Hashtag « Tourisme littéraire » sur Instagram. Ce terme étrange et poétique m’a intriguée et je me suis demandée ce qu’il recouvrait. Après quelques recherches, voici ce que j’ai trouvé…

La définition « officielle »

Selon Wikipedia, le Tourisme littéraire serait « une forme de tourisme culturel dans lequel les visites d’un lieu sont motivées par leur lien avec un auteur ou un univers fictionnel ».

Si l’on s’en tient strictement à cette définition, cela se résumerait à des circuits de tourisme autour des lieux fréquentés par un auteur, ou qui auraient inspiré une oeuvre littéraire. Pour détailler, cela donne les deux cas suivants :

La maison où a vécu un auteur

Entre le lieu de naissance, de mort, d’enfance, de vacances, de passage, etc… où un auteur a vécu, on peut parfois réaliser un grand circuit en France voire dans d’autres pays.

Personnellement, j’ai déjà visité la maison de famille de Victor Hugo à Villequier, en Normandie près de la Seine, là où sa fille Léopoldine s’est noyée et évoqué dans le célèbre poème Demain dès l’Aube. Pour l’anecdote, après son décès, Victor Hugo a réalisé un pèlerinage tous les ans dans ce village pour se recueillir sur sa tombe. Au-delà de cet aspect tragique, la maison est visitable et certaines pièces ont été conservées en l’état, comme les chambres à l’étage. C’est ainsi que l’on découvre que notre auteur national avait la chambre de sa maîtresse à côté de celle de sa femme, le coquinou !

Pendant cette visite à Villequier, j’étais fébrile. Je voyais Victor Hugo partout, et je me demandais si le lieu l’avait inspiré, quel endroit de la maison il préférait pour réfléchir etc… Voir le contexte dans lequel a vécu un auteur est toujours intéressant, car on a tendance à se projeter dans ses pas, même si le temps a passé et que la modernité a changé le paysage. De la maison de Villequier, on voit la Seine, le ciel normand empreint de nuages et il y a une promenade très agréable à réaliser le long des maisons qui longent ce fleuve. Je me suis demandée si suite au décès de sa fille, Victor Hugo avait conservé la même sensibilité vis à vis de ce paysage et s’il s’était laissé porté par la mélancolie.

Pour réaliser un parallèle avec les peintres, ce phénomène est encore plus flagrant. Lorsque l’on visite un lieu dans lequel ils ont réalisé des oeuvres majeures, on se rend vite compte que la lumière du soleil est différente. Pour ne citer que les impressionnistes, la retranscription de la lumière du ciel normand ou du sud de la France est très saisissante dans leurs tableaux. Quand vous êtes sur le lieu de création, vous comprenez tout de suite pourquoi elle est représentée ainsi sur la toile.

Les auteurs procèdent par sensations sur leur environnement autant que par leur vécu personnel. Visiter un lieu où ils sont venus écrire pendant un temps permet de percevoir parfois un peu mieux une partie de leur oeuvre.

Il existe de nombreux circuits touristiques basés sur la vie d’un auteur ou de son oeuvre. Si vous n’avez pas d’idées,  je vous conseille le livre Voyages autour des lieux littéraires de Sarah Baxter aux éditions Christine Bonneton. C’est un circuit basé sur plusieurs oeuvres classiques dans divers pays. Vous trouverez certainement un auteur qui vous intéresse dedans. L’intérêt est que chaque lieu est relié à une oeuvre et à des informations historiques, tout en restant un récit de voyage avec ses impressions personnelles. Vous y trouverez par exemple Dublin via Ulysses de James Joyce, Naples via L’amie prodigieuse de Elena Ferrante, etc…

Si un auteur en particulier vous intéresse, vous pouvez réaliser un circuit vous-même en regardant où il a vécu, ou chercher en ligne si un tel circuit existe déjà. Par exemple, sur le site de la fédération nationale des maisons d’écrivain et patrimoines littéraires vous trouverez quelques idées de visite principalement en France.

Pour ma part, j’ai marché sur les traces de Jane Austen en me rendant à Bath où elle a vécu, et à Lacock où a été tourné l’une des adaptations de son roman Emma.

Le lieu qui a inspiré un auteur pour son oeuvre de fiction.

Prenez Jane Austen, Beatrix Potter ou les soeurs Brontë : elles se sont beaucoup inspirées de la campagne anglaise ou de villes où elles ont vécu dans leurs romans. En France, de nombreux auteurs français classiques ont souvent fait figurer Paris dans leurs récits. De ce fait, dans leurs histoires ces lieux sont très présents et représentent parfois un personnage à part entière.

De nos jours, on peut visiter des circuits en lien avec les lieux évoqués dans des oeuvres, en virtuel grâce à Google Art et Culture catégorie street view.

Mais on peut aussi aimer les voir en vrai. Je prendrais pour exemple un lieu unique mêlant imaginaire des contes et Matière de Bretagne: Le centre de l’imaginaire Arthurien, basé à Comper en Bretagne. Au sein de la forêt de Brocéliande, les guides proposent des balades contées sur le thème des lutins, de la légende arthurienne et autres fééries. Sans se rattacher à un auteur unique, on y revit la magie de la forêt et de ses contes.

Pour aller plus loin, certains sites ont réalisé des visites de villes détaillées sous forme de cartes avec des extraits de livres, en partant d’un lieu comme Manhattan à New-York, ou Paris. L’idée est de se promener dans un quartier et de repérer un endroit mentionné par un livre. On peut ainsi voyager à travers plusieurs livres dans un périmètre extérieur restreint.

De façon plus globale, des passionnés ont créé une carte du monde qui associe des livres à des pays comme sur le site Bibliosurf dédié à la veille littéraire. Ainsi, si vous souhaitez lire un livre qui se déroule à Berlin ou en Argentine, vous y trouverez votre bonheur sans bouger de chez vous. Le voyage étant dans la tête.

Un écueil est que ces cartes, si elles ne sont pas réalisées par les municipalités ou des bibliothèques, sont souvent très subjectives et non exhaustives. Il peut être amusant de réaliser ses propres cartes de lieux touristiques littéraires de ses livres préférés en utilisant des outils en ligne. En cherchant un peu, j’ai trouvé deux sites : U map et  Google my maps, mais il doit en exister bien d’autres.

Quel est l’intérêt de ce genre de visite ? Je dirais que pour les passionnés de ces romans, c’est tout simplement de se mettre à la place des personnages ou de se rendre sur ces lieux afin de revivre leur histoire favorite. Certains vont même jusqu’à se costumer en leur personnage favori pour prendre une photo sur le lieu évoqué dans le livre. D’autres y voient une forme différente et intéressante de visite d’un pays ou d’une ville, basé sur leur passion pour la littérature.

Au fil de mes recherches pour cet article, j’ai l’impression que la définition officielle de Tourisme littéraire a évolué et que d’autres branches se sont développées. Ainsi, j’ai réfléchi à ce qui pour moi, pouvait être une forme de tourisme littéraire au vu de mon expérience et de ce que j’ai pu rencontrer sur Instagram. Cela a donné ceci :

Les lieux fictionnels recréés

Quand un univers marque beaucoup les lecteurs et rencontre un franc-succès, il est parfois recréé par des fans sous diverses formes afin de pouvoir revivre l’ambiance et la magie de ses livres.

J’ai rencontré plusieurs fois le cas au gré de mes voyages. Pour moi, le Musée Sherlock Holmes en est le meilleur exemple. Il s’agit d’une maison située à Londres à Baker Street, qui a été réhabilitée avec des décors façon époque victorienne pour recréer la maison de Sherlock Holmes, le personnage emblématique d’Arthur Conan Doyle.

Le musée se visite par petits groupes, il faut acheter un ticket dans la boutique située à droite du bâtiment et un Bobby (=policier anglais en uniforme) vous fait entrer. Là, vous montez les étages d’un vieil escalier de bois et découvrez le bureau, la chambre de Sherlock et quelques scènes reconstituées avec des mannequins de cire sur le dernier étage, tirées des romans. La maison n’est pas le reflet exact des aventures du détective car il manque le cabinet du Dr Watson, mais c’est une plongée plaisante dans ce qu’aurait pu être le lieu de vie de Sherlock. Petit clin d’oeil : les gens peuvent déposer leur carte de visite sur un panneau dédié au détective.

Un autre exemple flagrant reste le parc d’attraction dédié à l’univers d’Harry Potter en Floride, ou encore la Forêt enchantée Grimm à Europapark, et bien sûr certains espaces de Disneyland concernant les contes de fées. Même si je trouve que les parcs d’attraction ont un côté carton-pâte, cela peut permettre de s’évader le temps de quelques heures dans son univers préféré.

Enfin, je citerai également les hébergements insolites qui sont issus d’univers littéraires : chambre d’hôte Harry Potter, cabane de Robinson Crusoé, Château de vampire… Celui que je connais le mieux se situe dans le Morvan en Bourgogne et est dédié à l’univers du Seigneur des Anneaux de Tolkien. Il s’agit du Domaine de la Pierre ronde où des passionnés ont recréé avec des artisans et un super financement participatif deux maison de hobbit et une maison d’enchanteur. Ces hébergements se louent pour la nuit et sont décorés à l’image de leurs occupants imaginaires. Le village a vocation à s’étendre avec une cabane perchée d’elfe, affaire à suivre… 😉

Les lieux d’adaptation de livres au cinéma 

Quand un livre connaît un très grand succès, il est souvent adapté au cinéma et par extension, les lieux de tournage deviennent des lieux de pèlerinage touristique pour les fans qui souhaitent revivre le film ou le livre.

Il existe des circuits touristique en Angleterre pour aller sur les traces des lieux de tournage d’Harry Potter, en plus de la visite du Studio Warner Bros où sont mis en scène les décors et costumes qui ont été utilisés dans le film.

C’est la même chose pour Le Seigneur des Anneaux de J. R.R Tolkien, ou encore Le trône de fer de George R.R. Martin, mais il faut pour cela avoir un bon budget étant donné que le premier se trouve en Nouvelle-Zélande et le second éparpillé un peu partout en Europe.

Au sujet du Trône de fer, si le sujet vous intéresse, il existe un guide du Petit Futé intitulé Game of thrones, carnet de voyage, les sites de tournage de la série et publié en 2020. Il recense tous les lieux de tournage de la série avec de bonnes adresses, et a été réalisé en collaboration avec des blogueurs fans de l’univers de G.R.R.Martin ainsi que des Offices de tourisme des pays cités. Un index récapitulatif des personnages emblématiques est présent en début de guide pour vous aider. Vous voyagerez ensuite d’Islande en Irlande, en passant par la Croatie, le Maroc, Malte ou encore l’Espagne. Prévoyez de bonnes chaussures et un bon portefeuille ! 😉

Les lieux qui mettent le livre-objet en valeur.

Suis-je la seule à me rendre dans les bibliothèques anciennes de chaque pays que je visite ? Ou alors je suis juste une grosse obsédée par mon travail et les bibliothèques en général… Toujours est-il que pour moi, le tourisme littéraire, c’est aussi explorer des lieux dédiés à l’objet livre.

Bibliothèque du Trinity College de Dublin, Bibliothèque du monastère de Strahov à Prague, British Library de Londres, … à chaque fois, je ne peux m’empêcher d’y poser un pied, de goûter le calme et de respirer l’odeur du vieux papier.

Mais il n’y a pas que les bibliothèques dédiées au livre : il y a aussi les librairies ! Et certaines, très anciennes ou originales valent le détour. Je citerai pour celles que je connais : La librairie du Bal des ardents à Lyon avec son arche de livres, la librairie Waterstone’s à Coventry (UK) et sa fausse ambiance à l’ancienne, The American Book Center à La Haye (Pays-Bas)…

Plus sympa encore, les cafés-librairies : un lieu où l’on peut chiller tout en lisant sur place. Plusieurs formules existent. Par exemple, il y a des mangas-cafés où l’on paie un forfait à l’heure pour lire autant de mangas que l’on veut, les cafés-librairies où l’on peut lire un livre et repartir avec, ou encore les cafés où des livres sont à disposition du public et font partie de la déco.

Pour aller plus loin…

sur Instagram, j’ai récolté des Hashtags relatifs au tourisme littéraire. Si vous avez un compte, et que le sujet  vous intéresse, je vous invite à regarder leurs flux pour de belles découvertes : #lireetvoyager, #voyagelittéraire, #tourismelitteraire, #literaryplaces, #booktourism, #prettybookplaces

Sur Facebook, il y a The fabulous Weird trotters qui proposent de temps en temps des lieux imaginaires via une publication.

Au niveau des blogs, La vie est un roman propose plusieurs articles sur des lieux de tourisme littéraire avec de supers photos. Je n’en connais pas d’autre pour le moment.

Quelques sites m’ont inspirés pour réaliser cet article  :

  • Hisour.com évoque plusieurs lieux littéraires à travers le monde et une définition assez complète du sujet
  • Babel balades propose des idées de visite surtout en France
  • Chantal Neault dans un article intitulé De la littérature au Circuit touristique pour le site Veilletourisme.ca réalise une définition très juste du sujet et recense des initiatives au canada et à New-York
  • Nathalie Nyang dans un article intitulé Sous le regard des écrivains ou dans les pas de nos héros, pour le site Balises de la BPI évoque d’autres lieux littéraires comme Paris et le Musée Sherlock Holmes.

Annonce ! Comme cet été, je ne pars pas en vacances, j’ai décidé de les vivre par procuration en revisitant des photos de lieux où j’ai posé un pied, toujours en lien avec la littérature. Chaque semaine entre juillet et août, je mettrai en ligne sur mon compte instagram des photos de mes voyages touristiques littéraires avec quelques commentaires. Mon compte est en mode public, donc même si vous n’avez pas de compte, vous pouvez quand même y avoir accès ici, et sur le côté droit de ma page d’accueil.

Voyage et littérature,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

L’arrache-mots, Judith Bouilloc, éditions Hachette romans

Dans ma pré-sélection des cinq finalistes du PLIB 2020, L’arrache-mot m’a convaincue par son sujet : il a pour personnage principal une bibliothécaire qui donne vie aux mots. Ce qui est l’exact opposé de mon personnage Miss Chatterton qui plonge dans les livres ! De là, pas difficile de s’émerveiller devant ce petit bijou truffé de références littéraires…

Résumé : La jeune Iliade a un don merveilleux  : le pouvoir de donner vie aux mots et aux histoires. Ce don fait d’elle la bibliothécaire la plus célèbre de tout le royaume d’Esmérie. Le matin où elle reçoit une demande en mariage presque anonyme, elle n’est sûre que d’une chose : son prétendant est un membre de la famille royale  !
Bien décidée à comprendre qui s’intéresse à elle et surtout, pourquoi cette personne lui propose un contrat de mariage si avantageux, Iliade se rend dans la capitale. Là-bas, elle découvre les fastes de la cour… et la froideur de son fiancé. Pourtant, elle finit par s’attacher et à lui et se retrouve, bien malgré elle, propulsée au cœur d’intrigues et de complots auxquels rien ne la préparait.

Mon avis :

Une réécriture de Jane Austen…

Iliade a le coeur brisé, donc Iliade a décidé de se marier avec le premier inconnu qui lui fait une demande en mariage et une proposition d’embauche chez le roi. Rien que ça !

Cependant, sa rencontre avec son prétendant mystérieux va lui faire l’effet d’une douche froide : qui est cet odieux personnage insensible à la beauté de la littérature qui la prend pour une folle ?

Si ce n’est pas le début d’un scénario à la Jane Austen, pincez-moi ! Telle a été ma première réaction à la lecture des premiers chapitres de L’Arrache-mots.

Apparences trompeuses, jugements hâtifs, jeune fille piquante et émotionnelle, prétendant froid et impassible, famille de filles à marier… vous retrouverez ce qui a fait le succès de Orgueil et préjugés.

Cependant, Judith Bouilloc mêle subtilement son roman d’amour à un univers de fantasy et cela diffère un peu du roman de notre copine Jane.

Car Iliade, avec son pouvoir d’Arrache-mots nous fait voyager dans les livres en faisant sortir de leurs pages des créations issues de son imagination. De là, la lecture devient un vrai spectacle qui prend vie devant nos yeux ébahis et même l’histoire la plus banale devient digne d’intérêt.

Par ailleurs, l’histoire est pleine de poésie, ses personnages sont drôles et atypiques comme la mamie d’Iliade qui crache du feu quand elle n’est pas contente ou les tenues improbables d’Iliade. Tout ceci contribue à de nombreux rebondissements de cette histoire, pour notre plus grand plaisir.

Une héroïne à contre-courant

Iliade, comme je l’ai évoqué plus haut, n’est jamais bien apprêtée ni à la mode. Elle préfère créer sa propre mode en portant les créations de sa mère ou s’habiller de façon confortable plutôt que de se conformer aux règles de la cour du roi.

Ajoutez à cela qu’elle est dotée, telle Hermione Granger, d’une crinière indomptable et d’un caractère très susceptible, et vous obtenez l’inverse d’une jeune fille bonne à marier.

Cependant, on sent une fragilité derrière cette façade d’acier. Elle n’est pas sûre de plaire un jour à quelqu’un ou que son pouvoir soit accepté par un homme. Le dernier en date l’a utilisée comme faire valoir pour obtenir un succès littéraire et son petit coeur est encore brisé.

Ce contrat de mariage associé à la proposition de travail lui évite bien des embarras et lui assure ainsi qu’à ses soeurs, un avenir plus rose. Car le prétendant s’est engagé à payer les études de ses soeurs. Iliade venant d’une famille pauvre dont le père a disparu en mer, c’est une aubaine pour elle et sa famille.

Judith Bouilloc signe là une héroïne qui n’a pas peur des convenances, plutôt pragmatique quoique un peu écervelée. L’inverse d’une jeune fille bien sous tous rapports et c’est tant mieux, sinon le récit serait moins savoureux.

Une ode à la littérature

A chaque fin de chapitre, l’auteure apporte des détails sur un livre évoqué par Iliade pour compléter notre culture littéraire et cela nous donne autant envie de relire des oeuvres classiques que de découvrir de nouveaux romans. De là à dire qu’il y a conseil en lecture de bibliothécaire, on n’est pas loin.

Ajoutez à cela, en plus du personnage extraordinaire d’Iliade, des clichés sur le métier de bibliothécaire qui sont à hurler de rire comme le personnage de la sévère gardienne de la bibliothèque royale (chignon, lunettes et air pincé) et vous saurez combien Judith Bouilloc tient à la littérature et aux gardiennes de ce savoir.

En conclusion : Un petit bijou de roman plein de poésie et d’humour qui ravira les adeptes de Jane Austen comme les fans d’héroïnes atypiques.