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Engrenages et sortilèges, Adrien Tomas, éditions Rageot

Bienvenue à Celumbre et son Académie de magie et de mécanique ! Ici, on entretient l’animosité entre les apprentis, afin de maintenir la compétition entre les deux factions. Et si, un mage et une mécanicienne formaient une équipe malgré eux ? Tel est le point de départ de Engrenages et Sortilèges…

Résumé : Grise et Cyrus sont deux élèves qui vont à la prestigieuse Académie des Sciences Occultes et Mécaniques de Celumbre. Une bonne nuit, l’apprentie mécanicienne et le jeune mage échappent de justesse à un enlèvement. Alors qu’ils se détestent entre eux, ils doivent malgré tout fuir ensemble et chercher un refuge dans les Rets, un très sinistre quartier aux mains des voleurs et des assassins. S’ils veulent survivre, les deux adolescents n’ont aucun d’autre choix que de faire alliance…

Mon avis :

Un roman jeunesse sur l’adolescence

Dans ce roman, nous serons confrontés à deux personnages principaux forts, que tout oppose : Grise et Cyrus.

Grise ou Grisella est la fille d’un ingénieur d’Etat réputé. Elle vient d’un autre pays et est noire. Elle étudie la mécanique à l’Académie de Celumbre et est plutôt douée dans son domaine. Elle a un côté Hermione Granger, respecte les règles et les professeurs et a déjà choisi un futur métier. Plutôt solitaire du fait de son ambition, elle aimerait se faire un ami qui la comprenne. Du fait de son statut de mécanicienne et d’étrangère, elle est également marginalisée par les apprentis mages, dont Cyrus, qui se moque de son état débraillé et de ses doigts pleins de cambouis. Elle vit avec son père, très aimant, qui l’encourage dans ses projets et réalise des automates avec elle. Il s’inquiète cependant qu’elle ne se préoccupe pas des garçons, comme une adolescente normale de 15 ans. Elle a pour compagnon Cog,  un petit robot qui récite des proverbes.

Cyrus est le fils de la Première générale de l’armée des Empires. Il est arrogant, imbu de sa personne, délicat, d’apparence soignée, studieux, mais aussi un peu rebelle et peu enclin à l’effort. Derrière cette façade, il cache deux grandes faiblesses :  le manque d’amour de sa mère qui fait passer le devoir avant tout, et son manque de compétences en élémentalisme alors qu’il maîtrise les autres disciplines magiques. Si Grise est naïve, lui est très perspicace, preuve que les leçons de stratégie de sa mère ont finalement porté leurs fruits. Il a pour compagnon Quint, un chat roux qui est aussi son familier.

Grise et Cyrus se détestent au début du roman, du fait de leur classe respective, concept entretenu par les règles de l’Académie. Mais suite à leur mésaventure commune, ils vont devoir faire alliance, et apprendre l’un de l’autre.

Avec ce duo improbable, nous exploiterons les questionnements liés à l’adolescence : les premiers émois amoureux, la vision de l’avenir, la déception vis à vis des adultes, les choix et leurs conséquences, la confiance en soi, la rébellion envers les adultes ou le système.

A eux deux, ils sont également un bel exemple d’amitié malgré leurs nombreuses contradictions, et de maturité contrairement aux adultes qu’ils rencontreront dans leur périple.

De cette aventure, ils sortiront grandis, un peu moins intellos, et surtout plus portés sur des choses de leur âge. Un vrai roman d’apprentissage en somme.

Un manifeste en filigramme sur la politique et ses conséquences

Celumbre, capitale du pays, est gouvernée par Sarenziah, son impératrice. C’est une femme indolente, rêveuse, plus soucieuse de son apparence que de politique, mais aimée de ses sujets. Elle laisse les grandes décisions à Vezzir, son conseiller qui l’assiste avec dévotion. C’est cette dévotion qui causera la perte du royaume, car Vezzir a de grandes ambitions.

A travers cet univers, Adrien Tomas nous dépeint une situation politique calamiteuse, qui pourrait trouver écho dans notre propre réalité.

Il réalise un décorticage en règle des conséquences d’une guerre et de la taxation, qui créé des conditions favorables à l’enrôlement dans l’armée pour les plus jeunes. Cela fait grandir la criminalité et la pauvreté, et pousse le peuple à de mauvaises décisions par nécessité de survie. Les réfugiés de guerre sont ostracisés, les vétérans deviennent mendiants ou mercenaires, les travailleurs peinent à joindre les deux bouts, la protection civile sous-payée est corrompue et des factions républicaines se créent en opposition au régime impérial.

Mais l’impératrice disposant d’une image impeccable, personne n’ose penser qu’elle veut le mal de ses sujets et n’ose élever la voix… exceptés les républicains dont on moque les idées farfelues. En parallèle, un empire du crime se créé dans les bas-fonds, comme réponse officieuse au gouvernement en place, avec une autre reine : l’Arachnide.

Si l’univers est purement fictif, on ne peut s’empêcher de penser qu’il a été inspiré de faits réels pour certains détails, et nous donne une bonne leçon de politique digne de la série House of Cards.

Un roman qui entremêle astucieusement magie et mécanique

La force d’Adrien Tomas dans la plupart de ses récits, réside en sa manière d’aborder la magie. Sujet récurrent dans ses romans, il se distingue une nouvelle fois en mélangeant le côté magique de ses personnages à celui de la mécanique.

Dans Engrenages et Sortilèges, l’inimitié des deux personnages principaux a pour point de départ leurs sujet d’étude et compétences au sein de la même Académie. Si Grise étudie la mécanique, symbole d’avenir et de progrès dans cet univers, Cyrus privilégie la magie, plutôt associée au passé.  

A l’Académie, on encourage les mécaniciens à ne pas offusquer les mages car leurs pouvoirs sont liés à ses émotions et ils pourraient perdre leur magie si leur confiance en eux est lésée. Cyrus en est bien conscient et joue de cette autorité pour martyriser les mécaniciens, tout comme ses camarades, ce qui nuit aux relations entre les deux factions. Cela a pour conséquence une forme de révolte intérieure chez les mécaniciens, qui culminera à travers Grise quand Cyrus poussera la plaisanterie trop loin. Cette inimitié tient à l’origine au fait que les magiciens ont peur de se faire remplacer par des machines et que les mécaniciens trouvent leur fonctionnement complètement dépassé.

Le seul point sur lequel magiciens et mécaniciens se rejoignent est l’énergie utilisée dans cet univers :  l’Arcanium.  Subtile invention de l’auteur, qui fait ressentir son parcours scientifique, cette énergie pourrait se rapprocher dans notre réalité du lithium, utilisée dans les batteries, plutôt rare et difficile à extraire. A travers cette histoire, Adrien Tomas lance des pistes de réflexion concernant l’utilisation de cette énergie et son exploitation : doit-elle servir à la destruction ou au bien de tous ? Doit-on l’extraire et à quel prix ?

D’autres réflexions viennent pimenter l’aventure comme le statut des automates, souvent développée dans les romans steampunk ou de Science-fiction. Ici, nous rencontrerons des automates dotés de conscience propre et autonomes, devenus des marginaux après avoir été rejetés ou maltraités par les hommes. Doit-on les considérer comme des êtres humains ? Tel est un des enjeux de ce livre.

Mais la plus grande thématique abordée sera la loyauté envers un système avec qui l’on est en désaccord. Doit-on s’y soumettre ou se révolter ? Et quelles seront les répercussions de nos actions ?

La magie est abordée aussi sous un angle différent en opposant le savoir des livres à celui de la connaissance de soi. C’est ce qu’apprendra Cyrus auprès d’un mage noir qui lui fera étudier la nécromancie, ouvrant ainsi un autre chapitre dans l’étude de la magie dans les récits d’Adrien Tomas.

En conclusion : Engrenages et sortilèges est un roman jeunesse qui, sous couvert de magie et de mécanique aborde des sujets plus sérieux comme la manipulation politique, l’origine de la pauvreté et la délinquance. Il développe également des personnages attachants, en qui l’on peut facilement se reconnaître. C’est une petite pépite à découvrir, sans distinction d’âge.

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Une collection d’ennuis, Alex Evans, éditions ActuSF

Que faire si la collection d’objets érotiques que vous venez d’acquérir vous apporte plus d’ennuis que d’argent ? Tel est le dilemme de Vif-argent, une antiquaire de la Cité de Jarta. Mais l’ancienne voleuse a encore de la ressource ! 

Résumé : Vif-argent, une antiquaire raffinée, s’apprête à mettre en vente une collection pour le moins inhabituelle. De plus, un élément du lot semble attirer la convoitise d’individus aussi divers que mal intentionnés. La jeune femme se retrouve obligée de protéger sa marchandise, tout en gérant les problèmes conjugaux de l’un de ses amis et les bourdes de son ado de fils. Heureusement, Vif-argent a plus d’un tour dans son sac…

Mon avis :

Où l’on rencontre une nouvelle héroïne de l’univers d’Alex Evans

Alex Evans a pour principe dans ses récits de mettre en avant ses personnages féminins. Une collection d’ennuis ne déroge pas à la règle en nous présentant Vif-Argent, ancienne voleuse, antiquaire respectable mais aussi mère célibataire d’un ado en pleine crise dans la belle cité de Jarta.

Femme exilée, sorcière en secret, elle ressemble un peu à Padmé de Sorcières et Associées dans son envie de paraître respectable (même confrontée à des gredins en affaires). Elle a malgré tout bon fond car en plus d’être une commerçante douée, elle s’efforce d’aider ses amis.

Après les sorcières-détectives, les archéologues et les scientifiques, avec ce personnage, nous abordons un aspect de l’univers de Jarta qui a une grande importance : celui des antiquaires. Car souvent la magie réside dans des objets ou reliques, et c’est par eux qu’ils transitent. Il s’agit donc d’un métier potentiellement dangereux, surtout si l’objet en question attire des convoitises peu ordinaires, ou que vous l’avez acquis malhonnêtement.

Une intrigue pleine de rebondissements et d’humour

Une collection d’objets ayant peut-être appartenu à la grand-mère de Padmé (hypothèse personnelle, peut-être erronée) arrive dans la boutique de Vif-Argent et c’est le début d’un bon pactole mais aussi de pas mal de problèmes.

Entre un objet possédé et un autre convoité par plusieurs personnes mal intentionnées, Vif-argent va en voir de toutes les couleurs.

Les éléments de l’intrigue sont jetés ça et aident à maintenir le suspense. Le lecteur, comme l’antiquaire, va devoir mettre les choses bout à bout pour venir à bout de ce puzzle.

Quelques surprises sont à prévoir, mais aussi des passages hilarants avec notamment un chef d’équipage épuisé par sa femme nymphomane (mais soucieux qu’elle lui soit fidèle), un prêtre possédé et surtout un fils en pleine crise d’émancipation.

La pauvre Vif-Argent va devoir faire preuve de sang-froid pour concilier vie professionnelle et personnelle et cela ne sera pas de tout repos.

En conclusion : Une nouvelle amusante qui introduit la caste des antiquaires, auprès d’une héroïne très maline mais dépassée par son fils. Encore une fois, Alex Evans nous propose un personnage féminin qui essaie de se construire une nouvelle vie dans une ville multiculturelle, en partant de rien. Une belle leçon de vie.

Si toi aussi tu as envie de lire cette nouvelle, c’est possible ! Elle est disponible gratuitement sur le site des éditions ActuSF. N’hésite pas à me faire un retour en commentaire 😉

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Les cambrioleurs rêvent-ils de dinosaures mécaniques ? Damien Snyers, édition ActuSF

Et si on embauchait des voleurs pour protéger une oeuvre de musée ? Tel est le point de départ de cette nouvelle de Damien Snyers dans le même univers que La Stratégie des As.

Résumé : Les voleurs faisant les meilleurs gardiens, James se retrouve engagé par l’un des plus redoutables d’entre eux pour garder un tableau dans le musée des Beaux-Arts de Nowy-Krakow. Mais peut-on faire vraiment confiance à une équipe uniquement composée de cambrioleurs ?

Mon avis :

Où l’on présente James, elfe voleur

James est un voleur, mais pas n’importe lequel : c’est un très bon voleur. Il est rapide, intelligent, distribue bourre-pifs comme personne et il est surtout très doué pour repérer les failles dans les systèmes de sécurité.

L’argent qu’il récolte lui sert à … ne rien faire. Un grand luxe quand on ne mange pas tous les jours à sa faim dans la ville de Nowy-Krakow. James est donc un voleur hédoniste et il opère seul. Il a aussi une forme de code d’honneur. La nouvelle se déroule avant La stratégie des As et à ce moment de son histoire, il ne peut compter que sur lui-même.

Aussi, alors qu’il fait trempette aux bains publics et qu’il laisse traîner l’oreille, il entend parler d’une affaire de protection de tableau dans un musée. Le voilà sur le coup, même si cela implique de bosser pour le pire des voleurs : Jaroslaw, un bulgare taré, brutal, vicieux et surtout féru d’art.

Une intrigue qui introduit La stratégie des As

L’idée est simple : le conservateur du musée recrute une bande de voleurs pour protéger un tableau hors de prix. Car qui de mieux qu’un voleur pour déceler les failles de protection ? Et surtout, qui de mieux que le pire des voleurs pour s’assurer qu’aucun autre gredin malintentionné ne se risque à le doubler ou même tenter quoi que ce soit ?

Jaroslaw a des méthodes de recrutement et de management un peu douteuses, mais efficaces. Bien entendu, rien ne va se dérouler comme prévu car on ne peut pas faire confiance à des voleurs. Des rebondissements sont quand même au programme, avec un côté grec mais je n’en dirai pas plus.

Avec cette nouvelle, on met un pied dans La Stratégie des As sur un thème particulier : le statut des voleurs dans la ville. Considérés comme des êtres en marge, très peu dignes de confiance et surtout beaucoup discriminés, même dans des tâches de sécurité (cf la réaction de la commissaire d’exposition). Par ailleurs, le récit également met en avant le côté impitoyable de la ville de Nowy Krakow : sauver sa propre peau, coûte que coûte quitte à la jouer solo. Les moins intelligents se feront bouffer…

En conclusion : Une nouvelle très divertissante, quoiqu’un peu courte, qui permet de découvrir James avant la création de sa bande de La stratégie des As. A quand d’autres nouvelles sur ses autres compagnons ?

NB : Si vous souhaitez découvrir vous-même cette nouvelle et vous faire votre avis personnel, elle est téléchargeable gratuitement sur le site des éditions ActuSF.

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L’imparfé (T1), Johan Heliot, Gulf Stream éditeur

Joli roman initiatique, L’imparfé m’a beaucoup plu par sa fraîcheur et son thème du contes de fées non genré. Laissez-moi vous faire découvrir la plume de Johan Heliot, un auteur reconnu et pré-sélectionné cette année pour le PLIB 2020.

Résumé : C’est le grand jour pour Tindal et ses amis : au royaume de Faërie, l’intendance de la capitale vient chercher les adolescents qui sont dans leur treizième année pour leur faire intégrer des formations prestigieuses. Les jeunes garçons s’en vont à l’École des guerriers, apprendre le maniement des armes. Les jeunes filles, elles, se destinent à protéger la nature en pratiquant l’art de la magie ancienne des dames fées. L’enjeu est grand, seuls les meilleurs des novices poursuivront leur apprentissage. Tout ne va pas se passer comme prévu : l’empire est attaqué par un être que l’on pensait déchu depuis les Batailles Sans Merci, et l’ordre risque bien de ne jamais revenir en Faërie… Quant à Tindal, sa destinée qu’il pensait toute tracée dépasse de loin tout ce qu’il aurait pu imaginer.

Mon avis 

Un conte de fées revisité

Le héros de cette histoire, Tindal, est un garçon petit et fragile, obligé de suivre l’apprentissage des fées à cause d’une erreur administrative. Cela paraît drôle du point de vue extérieur, mais lui va très mal le vivre. En plus d’attirer la honte sur ses parents et son village, il va devoir dormir dans un placard (car le dortoir est dédié aux filles), et surtout subir les moqueries de ses camarades féminines.

Mais, du côté du pensionnat des guerriers, l’ambiance n’est pas plus sympathique pour ses amis garçons, avec des corvées discriminantes pour les plus faibles, et la brutalité mise en avant au détriment de l’intelligence et de l’esprit d’équipe.

On se rend vite compte qu’à partir d’une erreur administrative anodine,  Johan Heliot met en avant l’absurdité d’un univers complètement genré et rigide : celui des contes de fées traditionnels.

Par ailleurs, en plus de revisiter le genre, l’auteur tacle au passage l’administration tatillonne et certains clichés de romans d’aventures : la loi du plus fort n’est pas toujours la meilleure, être un bon soldat ne mène nulle part, préserver les princesses les vouent à un ennui mortel, les privilèges permettent d’évoluer plus rapidement que les autres, les apparences sont parfois trompeuses…

Dans ce nouveau conte de fées, les filles peuvent devenir des guerrières et les garçons des fées, les princesses peuvent sortir de leur tour d’ivoire, les fées tirent leurs pouvoirs des couleurs et les méchants sont plus complexes que prévu. Un pari réussi pour ce premier tome qui pose les bases de l’univers tout en nous présentant un héros qui brille pas son intelligence et son esprit d’équipe, plus que par sa force physique.

Une réflexion subtile sur le passage à l’âge adulte

A travers les yeux de Tindal, l’auteur nous met à la place des enfants qui perdent leurs illusions vis à vis des adultes. Le meilleur exemple est celui des héros d’autrefois, encensés par les garçons, et finalement devenus des vieillards et des alcooliques. Mais il y aura aussi une déception concernant l’entrainement militaire très difficile et les décisions politiques du roi, dictées par la peur et le besoin de répression.

Mais après tout, perdre ses illusions, n’est-ce pas grandir ? Pour ce faire, les enfants vont devoir ne compter que sur eux-mêmes, et surtout sortir des rangs bien ordonnés que la société a décidé pour eux. Un beau message renforcé par des valeurs importantes comme l’amitié, l’amour filial, et surtout accepter d’être soi-même.

L’autre côté de l’apprentissage, ce sera aussi de comprendre la complexité des décisions à prendre dans sa vie d’adulte, et leurs conséquences. Tindal en fera les frais une fois ses origines découvertes, tout comme Azazelle, les fées vénérables et le roi, en cherchant à protéger le pays mais aussi ses habitants.

En plus d’apprendre à grandir, ce roman jeunesse aborde le fait d’être différent avant tout et d’apprendre à l’accepter pour mieux s’intégrer dans la société. En ce sens, c’est un roman d’apprentissage pour son personnage principal, qui apprivoise son adolescence naissante, et se découvre plus fort qu’il ne le pensait.

En conclusion : Johan Heliot tient le pari de nous présenter un héros à contre courant dans un conte non genré et sans violence. Une jolie histoire bourrée d’intelligence et de vérités bien placées. Un vrai renouvellement du conte de fées que l’on attendait tous et qui nous donne envie de lire la suite de cette trilogie jeunesse pleine de promesses.

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Moitié d’âme, Chronique des cinq trônes T1, Anthelme Hauchecorne, Gulf Stream éditeur

Magie, fées et secrets bien gardés, tels sont les thèmes de ce premier tome des Chroniques des cinq trônes, pré-sélectionné pour le PLIB 2020. Un roman qui intrigue tant par sa conception de la magie que par les questions qu’il soulève…

Résumé : La mägerie n’obéit qu’à un seul principe : elle ne peut s’exercer qu’à deux. Liutgarde le sait. Elle a pourtant fui Ortaire, l’époux qui lui avait été imposé, renonçant ainsi à son pouvoir. Exilée au nord des terres, elle serait morte sans l’aide des caravaniers et de Rollon, un mäge à l’esprit torturé. Épris l’un de l’autre, Liutgarde et Rollon se déplacent en roulottes avec leur communauté dans l’hostile forêt de la Sylverëe, ancien royaume des Faëes de l’Hiver. Mais l’équilibre de cette vie en cavale va complètement basculer, les obligeant l’un et l’autre à régler les dettes de leurs vies antérieures. Car dans ce monde tout se sait et tout se paie un jour. Leur pouvoir et leur amour suffiront-ils à les protéger ?

Mon avis :

Un univers riche et bien construit

Dans ce premier tome des chroniques des cinq trônes, l’auteur développe son univers. Il propose une version de la magie liée aux saisons : magie du printemps, de l’automne, de l’été, de l’hiver. A ce moment de l’histoire, seul l’Hiver prédomine dans le récit, à travers la forêt hostile et magique de la Sylverëe.

Les hommes naissent mäges naissent de façon mystérieuse et aléatoire. D’autres non et aimeraient bien posséder des pouvoirs comme le personnage de Griche, le forgeron de la caravane. Mais être mäge n’est pas forcément un cadeau : le Magistère, institution bien humaine, vous enlève à votre famille, vous apprend à utiliser vos pouvoirs en lien avec une saison, et surtout vous accouple avec un autre mäge que vous le vouliez ou non. C’est la raison pour laquelle Liutgarde a fui son mariage avec un vieux mäge. C’est aussi pour cela que Rollon a une main blessée et noircie par la magie en punition.

Mais si ce don s’avère un cauchemar pour Liutgarde et Rollon, d’autres mäges s’en accommodent et en tirent de nombreux privilèges : ce sont les classes aisées de cet univers. Cependant, ces mäges apparaissent comme des profiteurs ou des êtres particulièrement immondes à force de mariages parfois consanguins.  Pour certains, les alliances forcées sont malgré tout une contrainte déguisée :  s’ils ne forment pas de véritable couple, leur mägie peut s’altérer et devenir instable, ou rance. C’est le cas de Cloud et Poppa, héritiers de la bourgade de Löprönan.  A l’inverse, les parents de Cloud, les Gémeaux, ont eu une telle fusion amoureuse ou du moins magique, qu’ils sont devenus siamois, une sorte de monstre à deux têtes relié par la taille.

Quant à la seule fée que l’on verra dans cette histoire, Dame Hölle, il s’agit d’un être cruel et impitoyable dont l’idée fixe est de tuer le reste des humains. Réfugiée dans la Sylverëe, elle attend son heure…On est loin de la gentille fée ou de la sorcière qui s’affiche déjà comme maléfique.

Un duo de personnages principaux un peu spécial

Liutgarde aime Rollon, Rollon aime Liutgarde mais s’est engagé auprès d’une autre. Une relation triangulaire est annoncée dès le premier chapitre du livre et va être le fil rouge de toute l’histoire, soulevant bien des questions sur l’origine de cet univers par la même occasion.

En effet, l’histoire d’amour est contrariée par l’arrivée de la fée jalouse, qui veut Rollon pour elle seule. Tout le reste ne sera que lutte de Liutgarde pour protéger Rollon de la fée, et fuite de Rollon pour protéger Liutgarde de l’être magique… et préserver le secret qui entoure leur caravane.

Dès les premières pages, l’auteur dessine la psychologie de ces deux personnages : Liutgarde, de tempérament passionné, manque de maturité même si elle veut bien faire. Rollon, plus réservé, s’avère protecteur et ambitieux. Cependant, leur couple déjà mal assorti va rendre bancal l’intrigue. A se courir après, l’histoire va tourner en rond autour d’eux et de la fée, éclipsant un peu le reste de l’univers. Heureusement, ils évolueront au fil de l’histoire, comme si ce passage dans leur vie n’était qu’un moyen pour grandir, transformant ce récit en roman d’apprentissage, surtout pour Liutgarde.

Une intrigue en huis-clos qui n’a pas délivré tous ses secrets.

L’histoire de Moitié d’âme a lieu entre la forêt de la fée d’hiver et la bourgade de Löprönan. Le lecteur évolue avec les caravaniers, leurs roulottes étranges, leurs disputes et leurs moments de joie, leur façon de vivre.

Si au départ tout semble simple dans cette caravane aux personnalités bien distinctes, la Sylverë va révéler la vraie nature de chacun et élargir ou obscurcir leur avenir. La forêt enneigée rend l’ambiance oppressante et l’intrigue glaciale, comme si l’on était bloqué dedans physiquement ou mentalement. Dame Hölle a d’ailleurs la faculté de s’insinuer jusque dans vos rêves… et elle communique par télépathie avec Liutgarde et Rollon. Impossible pour les personnages de se cacher !

Le style de l’histoire rappelle un vieux conte d’autrefois, avec des noms énigmatiques et des légendes que l’on se transmettrait de génération en génération. Dans l’ensemble, tous les personnages sont dans le flou ou dans l’erreur concernant le passé des hommes et des fées. Le lecteur découvre peu à peu avec Liutgarde, le vieux Maître Cernault et Rollon des indices à ce sujet. Avec la présence mortelle de la Fée, le récit prendra alors des allures de thriller concernant le secret qui entoure la caravane et le passé de l’univers. Cela aidera les personnages à comprendre qui ils sont et comment fonctionne leur magie, voire à remettre en cause le système établi.

Avec ce premier tome, Anthelme  Hauchecorne apporte une touche d’originalité rafraîchissante dans l’univers magique en évoquant le prix de la magie sous un nouvel angle et une réflexion plus générale autour du Bien et du Mal liée aux actions des personnages. Car Dame Hölle n’a pas toujours été cruelle, Rollon n’a pas toujours été gentil et Maître Cernault n’a rien du sage érudit collectionneur d’artefacts magiques contrairement à ce qu’il laisse penser.

A l’issue du roman, on note que l’auteur ne fait qu’esquisser son univers et de nombreuses questions restent en suspens : Pourquoi Dame Hölle considèrent-elle les mäges comme des Moitiés d’âme ? Pourquoi certains hommes naissent mäges et pas d’autres ? Comment ont vraiment disparu les fées ? Est-il possible de pratiquer la magie seul sans conséquences ? Autant d’interrogations qui se résolveront, on l’espère dans le tome suivant.

En conclusion : Moitié d’âme est un roman qui dispose d’un univers très riche et très original concernant le traitement de la magie et donne matière à réfléchir sur les notions de Bien et de Mal, ainsi que d’écologie. Sa faiblesse reste un personnage principal féminin un peu creux et irréfléchi qui fragilise un peu l’intrigue. J’ai néanmoins hâte de lire le deuxième tome pour résoudre les questions liées à la magie laissées en suspens.

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Le bâtard de Kosigan (T3), le marteau des sorcières, Fabien Cerutti, éditions Mnémos

Un Inquisiteur, des sorcières, un troll aux couilles géantes, le tome 3 des aventures du chevalier-mercenaire commence bien !

Résumé : 1341, sur les traces de son passé, le Bâtard de Kosigan et sa compagnie s’enfoncent dans les profondeurs de l’Empire germanique au service d’un puissant seigneur du Rhin. Les mystères s’épaississent, mêlant complots, magie et religion, sur fond de chasse aux sorcières. Le chevalier devra naviguer avec prudence sur des eaux redoutables où l’Inquisition rôde et où il est parfois difficile de distinguer amis et ennemis. À quelques siècles d’intervalle, Kergaël de Kosigan tente d’élucider les interrogations soulevées par les écrits de son ancêtre. Mais remuer les secrets de l’Histoire s’avère périlleux et la vérité a toujours un prix.

Mon avis :

Cologne, son climat, son Inquisition, son cénacle de sorcières…

Fin du tome 2, on quittait un Bâtard fuyant la France pour l’Empire Germanique où l’Humal Gunthar Von Weisshaupt lui avait acquis des planques, loué ses mercenaires et s’était infiltré au sein du pouvoir germanique.

On le retrouve désormais la compagnie dans son ensemble à Cologne où Pierre s’est engagé sur trois contrats : Délivrer une sorcière prisonnière du Grand Inquisiteur Juan Gines de Las Casas pour le compte du Cénacle de sorcière le MundKreises qui lui offrira des renseignements sur ses origines; mettre en déroute le Mundkreises pour le compte du l’Herzog de Cologne et enfin, découvrir qui est derrière les raids menés contre les marchands de la ville et nuit à l’économie de la ville.

Par ailleurs, le Bâtard n’est plus trop en odeur de sainteté auprès des cours royales depuis que Charles V lui fait porter le chapeau pour le meurtre de son père Philippe VI de Valois (cf Le Fou prend le Roi, tome 2). Et cela ne va pas lui simplifier la tâche.

Autant dire que comme d’habitude, le mercenaire joue sur plusieurs tableaux et essaie d’en tirer profit un maximum. Mais c’est sans compter un Grand Inquisiteur, aussi malin et dangereux que lui et un cénacle de sorcières retords. Un vrai nid de vipère en somme.

Dans ce tome, Pierre va miser gros et perdre beaucoup sur certains plans, pour notre plus grand (dé)plaisir. Même si on salue son intelligence, on a envie de lui donner des claques pour l’empêcher de commettre des erreurs qui lui coûtent cher.

Où l’on apprend un peu plus sur les origines du Bâtard…ou pas !

La quête de Pierre à Cologne concernant aussi ses origines magiques, nous aurons la chance de découvrir de nouvelles créatures telles que des Orcs, des kobolds, un troll aux parties monstrueuses (qui feront l’objet d’un combat épique), une dryade et surtout des sorcières.

Dans les tomes précédents, on découvrait que la mère du Bâtard était sans doute associée aux sorcières. Dans le Marteau des Sorcières, nous en avons confirmation, néanmoins, cela s’arrête là.

En effet, le roman se termine sur deux cliffhanger à la fois sur Pierre de Kosigan, mais aussi sur Kergaël son héritier, qui vont se trouver tous les deux dans de fâcheuses postures. On attend avec impatience la suite (parce qu’il faut bien l’avouer, le suspense est insoutenable et c’est un crime de nous laisser dans un tel état !)

Pendant ce temps, au XIXème siècle…

Fabien Cerutti réutilise le même principe d’écriture que dans les tomes précédents concernant son récit : l’alternance entre une plongée dans le Moyen-Age avec les écrits de Pierre de Kosigan, et des passages épistolaires datant du XIXème siècle entre son héritier Kergaël et ses amis.

Tout comme dans les tomes précédents, cela donne un rythme au récit et permet au lecteur de reconstituer certains fragments de l’intrigue à travers ce puzzle, voire d’anticiper sur certaines actions. Ce qui est très positif, car à la manière d’un enquêteur, il participe de ce fait à la construction du récit.

Cependant, les passages concernant Kergaël ne sont pas assez développés au contraire du Bâtard et restent bien une intrigue secondaire qui peut s’avérer frustrante par moments. Sa présence est pourtant importante car elle renforce le côté uchronique du récit.

De même, là où Pierre prend toute sa dimension de personnage dans le récit, Kergaël semble quelque peu effacé au profit de ses compagnons. On en sait peu sur lui, sinon qu’il est aussi malin et tête brûlée que son ancêtre.

Néanmoins, celui-ci va avancer un peu plus dans la découverte de ses origines ainsi que sur la disparition de la magie au sein de l’Histoire avec ses amis professeurs en trouvant de nouveaux indices à Cologne, là où notre Bâtard poursuit en parallèle son récit.

Il mettra à jour l’existence de deux sociétés secrètes opposées qui lui veulent plus ou moins du bien et qui oeuvrent l’une contre l’existence de la magie, l’autre pour son maintient caché. L’uchronie prend alors toute sa dimension dans les révélations qui lui seront faites et l’imbrication de tous les éléments disséminés dans les tomes précédents feront sens.

En conclusion : On retrouve avec autant de plaisir les aventures du Bâtard, avec encore plus de mystères et un récit au rythme encore plus haletant au bout duquel on ne peut que crier « Encore » et se morfondre dans son coin pour mieux attendre la suite.

Envie d’en savoir plus sur le dernier tome ? Venez lire mon interview de l’auteur avant la publication de ma critique du Testament d’involution.

Cet article a été originellement publié par mes soins sur le site Portdragon.fr

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Le bâtard de Kosigan (T2), Le fou prend le roi, Fabien Cerutti, éditions Mnémos

Pour ce tome 2 du Bâtard, j’ai envie de dire qu’il se résume en une phrase : « Quand les femmes prennent le pouvoir et sauvent les fesses des hommes… » 😉

Résumé : 1340, au cœur du comté de Flandre. Alors que les premiers feux de la guerre de Cent Ans s’allument, le Bâtard de Kosigan et ses Loups se voient confier, par le sénéchal d’Angleterre, la délicate mission de découvrir les tenants et aboutissants d’un complot qui se trame… autour du roi de France.

Cinq siècles et demi plus tard, à la fin de l’année 1899, l’enquête engagée par le lointain descendant du chevalier tente de faire la lumière sur l’inexplicable disparition des puissances magiques. Entre Bruges et Lens, peut-être mettra-t-elle à jour la nature des ombres qui se dissimulent derrière les échos cachés de l’Histoire.

Mon avis : 

Un complot dans le complot

C’est l’histoire de Pierre qui prend un contrat auprès du sénéchal d’Angleterre… mais aussi auprès du roi de France (on ne se refait pas !). Finalement, Pierre se fait avoir parce que, non on ne peut pas TOUT prévoir.

Pendant ce temps, au XIXème siècle, Kergaël est dans le coma suite à un accident (ou une tentative de meurtre) provoqué par une secte secrète pour l’empêcher de découvrir la vérité sur son ancêtre mais aussi des éléments liés à la magie. Comme pour son ancêtre, ses amis vont lui sauver la mise en continuant l’enquête et en le protégeant d’autres tentatives d’assassinat.

Dans ce deuxième tome,  Fabien Cerruti réussit à nous rendre humain Pierre de Kosigan en nous montrant ses failles, mais aussi en mettant en avant les compétences de son équipe, qui vient rattraper la mise.  Comme quoi, on peut foirer sa mission et s’en sortir quand même grâce à ses facultés de recrutement !

L’auteur sait aussi habilement entremêler les deux histoires  et établir des liens entre Kergaël et Pierre à des siècles d’intervalle. Les deux hommes sont intelligents, rusés, mais pêchent parfois par excès d’orgueil ou par des situations qui les dépassent. A voir s’ils apprendront de leurs erreurs dans les tomes suivants…

Un côté historien assumé dans le récit

Un peu plus que dans le tome précédent, Fabien Cerutti nous dévoile ses talents d’historien avec les personnages du Professeur Lavisse et du professeur Delisle partis à Bruges sur les traces de l’ancêtre de Kergaël. Ce dernier étant dans le coma suite aux événements de la fin du tome 1, nous avançons dans l’enquête sur Pierre à travers les deux professeurs et Charles Deighton.

Les découvertes effectuées par les historiens sur la présence effective de la magie à une époque où elle semble allégorique et est montrée comme telle.

Par exemple, la découverte d’une vierge aux pieds nus et aux oreilles pointues à Bruges, identique à celle trouvée en France par Kergaël, avec des matériaux et des systèmes d’engrenages inconnus de l’époque les poussent à se poser des questions et à croire peu à peu à la véracité des manuscrits de Pierre de Kosigan.

Le fait de faire mener l’enquête par des scientifiques et des enseignants ajoute un degré d’authenticité aux découvertes et interroge le lecteur sur l’Histoire : Et si la magie avait existé ? Et si l’Histoire avait été réécrite pour mieux cacher certaines vérités ?

Tout cela tend à étayer l’existence d’une conspiration européenne historique, pour notre plus grand plaisir.

Quand les femmes sont à l’honneur

Les femmes sont plus présentes dans ce second tome, et sous un bon jour. On sait que Pierre se fait facilement avoir, même s’il a du mal à le reconnaître, au vu de ses penchants pour le sexe faible. Voir les femmes tirer leur épingle du jeu change la donne.

Dùnevia monte en grade après une mission d’infiltration auprès du Prince Noir qui manque de tourner à la catastrophe. Elle sauve aussi les fesses de certains membres de la compagnie dans un traquenard, prouvant ainsi que la compagnie sait se serrer les coudes et que même une femme a sa place dans cette « famille » reconstituée.

Adelys de Quieret, image emblématique de ce deuxième tome, nous apparaît d’abord comme une jeune femme innocente et  à sauver en début de tome. Par la suite, elle devient rédemptrice auprès de Pierre (malgré lui) en fin d’ouvrage et montre des facultés de manipulation hors pair. Une jeune fille pas si innocente que ça en fin de compte, malgré ses intentions louables.

Quant à Isabelle de France, la reine d’Angleterre, personnage sous-jacent dans le complot qui est mené contre le roi d’Angleterre, elle permet de découvrir la face cachée et affreuse des lits royaux et nous montre que la fonction de reine n’est pas à envier. Ce qui rend plus compréhensible le complot orchestré contre le Roi et aussi plus humaine la reine.

Cependant, on notera que malgré toutes ces femmes autour de lui, Pierre ne s’attache à personne. Comment alors expliquer sa descendance ? Ce deuxième tome fait avancer un peu plus l’enquête sur ses origines avec la présence du Druwides mais cela reste par petites touches, l’essentiel étant à venir dans un troisième tome.

En conclusion : Un deuxième tome des aventures du Bâtard qui continue avec panache à nous surprendre et donne un côté plus humain à son personnage principal. L’auteur n’est pas tombé dans l’écueil d’un tome 2 passable comme c’est souvent le cas dans les séries mais relève le niveau d’un cran. 

Si vous souhaitez retrouver la chronique du premier tome, n’hésitez pas à cliquer ici. Si vous voulez découvrir une interview de l’auteur concernant le tome 4, Le testament d’involution, cliquez là. 😉

Cet article a été originellement publié par mes soins sur le site Portdragon.fr

 

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Le bâtard de Kosigan, l’ombre du pouvoir (T1), Fabien Cerutti, éditions Mnémos

Ou les chroniques d’un mystérieux chevalier-mercenaire dans une Histoire de France réinventée…

Résumé : Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe. En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis. À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel…

En parallèle, au XIXème siècle, Kergaël de Kosigan reçoit un curieux héritage : celui de son ancêtre, le fameux Pierre Cordwain de Kosigan. Croyant tout d’abord à un canular, Kergäel se rend à Paris pour récupérer un mystérieux coffre transmis de génération en génération par des notaires. Lui qui n’a jamais connu sa famille se retrouve à la tête d’une petite fortune, mais aussi d’énigmes et de dangers.

Mon avis :

Une uchronie de l’Histoire de France

Et si la magie avait existé …mais qu’elle avait disparu au fil des ans ? Telle est la théorie que propose Fabien Cerutti avec ce premier tome du Bâtard de Kosigan.

Dans le récit de Pierre, la magie existe mais elle se meurt lentement.

On comprend peu à peu que le christianisme aurait contribué à éradiquer certaines races magiques mais aussi certaines pratiques. Mais comment ? Mystère…

Ainsi, la princesse de Champagne, de sang elfique, est surveillée par l’Inquisition pour éviter qu’elle n’utilise sa magie d’elfe.

Et Dunevil, membre de la troupe de mercenaires du bâtard, est une des dernières de sa race. Le reste ayant été décimé par l’Inquisition. C’est une changeforme, un atout très utile pour des missions d’infiltrations car elle peut prendre l’apparence de n’importe qui, mais dangereuse  quand ce genre de personne ne sert pas vos intérêts. Torturée pendant un temps par l’Eglise, elle a été défigurée au vitriol. Elle doit vivre dans l’ombre, d’autant que son apparence physique réelle trahit sa nature.

Pierre de Kosigan quant à lui, est familier de la magie car il utilise une pierre de mémoire pour recueillir les pensées des membres de sa troupe quand il ne peut pas être à deux endroits en même temps. Il utilise aussi cette pierre pour consigner son journal de bord de chef mercenaire. Mais la pierre a besoin de sang pour être utilisée, revers dangereux, à l’inverse  du christianisme qui se contente de prières plus ou moins entendues.

Pendant  ce temps, à l’époque de Kergaël, la magie a disparu. Cependant, avec l’héritage laissé par son aïeul, il va découvrir des traces de cette magie et semer le doute dans l’esprit de ses amis historiens. Ainsi, la découverte d’une bibliothèque secrète remplie de livres magiques, une statue de la vierge Marie mais avec des oreilles pointues, des incohérences de technologies par rapport au Moyen-Age… vont contribuer à rendre cet héritage encore plus mystérieux et interroger le lecteur, comme Kergaël sur les circonstances de la disparition de cette magie.

Fabien Cerutti a le don de nous raconter l’Histoire de France et d’Angleterre en y distillant ça et là des éléments fantastiques qui prennent tout leur sens dans l’intrigue. La magie n’est pas décorative. Elle sert un objectif précis. Et c’est très bien joué.

Un personnage principal rusé et mystérieux

L’auteur a élaboré un personnage charismatique, qui déroute et suscite l’admiration. On sait de lui le peu qu’il laisse transparaître dans ses récits ou le mépris qu’il suscite chez les autres.

Pierre de Kosigan est le bâtard d’un seigneur bourguignon qui l’a pourtant reconnu. Très jeune, il a été confié à la garde du château pour parfaire son éducation des armes. Mais cela ne s’est pas passé sans heurts…

Une fois adulte, il est tombé en disgrâce après avoir assassiné son oncle, un seigneur bourguignon. Chose qui a déclenché la colère et le mépris de l’ensemble des bourguignons à son égard.

Affranchi de ses origines, il est devenu un chevalier-mercenaire fin stratège, n’hésitant pas à servir plusieurs maîtres pour s’enrichir et à tuer quand cela est nécessaire. Cependant, il n’en reste pas moins humain, en prenant soin de sa Compagnie comme si ses hommes étaient sa propre famille.

Ajoutez à cela une constitution peu commune lui permettant de guérir très rapidement de ses blessures, une ouïe très développée (mais que d’une oreille !), un talent pour le combat et une capacité à se sortir des pires situations et vous aurez un tableau complet du bâtard.

Dans ce premier tome, on découvre le personnage qui s’interroge sur ses capacités et n’a toujours pas fait la lumière sur ses origines. Il sait manipuler certains objets magiques grâce aux enseignements d’un maître versé dans cet art, et pense que sa résistance physique est dûe à un élément magique. Ses missions pour le compte de la princesse de Champagne, et de l’Angleterre ne seront que des prétextes pour tenter de trouver des réponses à ses propres problèmes. Mais de nombreuses questions resteront en suspens…

De son côté Kergaël aura des difficultés à trouver des traces de son ancêtre dans l’Histoire de France, comme si le chevalier avait été volontairement effacé.

Une double intrigue à des siècles d’intervalle

Un autre des points fort de ce roman est sa construction.

En effet, Fabien Cerutti choisit une structure mêlant deux histoires qui se recoupent plus ou moins, à quelques siècles d’écart.

Pendant que Pierre de Kosigan participe à la joute organisée par la princesse de Champagne et s’efforce d’honorer les contrats qu’il a engagé auprès de ses différents commanditaires, Kergaël de Kosigan essaie de comprendre son héritage.

Là où Pierre s’exprime à la première personne comme pour narrer la chronique de cette aventure, que son héritier retrouvera des siècles plus tard, Kergaël évoque ses aventures et découvertes à travers des lettres adressées à son meilleur ami Charles mais aussi à son ancien professeur et sa petite-amie.

Ce mélange des points de vue permet au lecteur de procéder à ses propres déductions en suivant les deux récits.  Le récit de Kergaël sur ses origines et son héritage, le récit de Pierre sur ses missions et ses origines également. Cependant, des mystères subsistent encore en fin d’ouvrage.

Par exemple, l’histoire du coffre mystérieux trouve sa résolution en fin de livre , quand on sait comment le bâtard l’a obtenu, mais on ignore comment il l’a transmis à ses héritiers et comment il a eu des héritiers.

Autre exemple, le chevalier humal (mi-humain, mi-lion) présent lors des joutes à l’époque de Pierre, devenu son ami par la suite, est retrouvé mort (du moins son squelette), dans le passage secret d’un château dont hérite Kergaël des siècles après. Mais on ignore dans quelles circonstances l’humal a été enseveli dans l’éboulement du passage, ni ce qu’il fuyait ou combattait.

Tous ces mystères poussent le lecteur à élaborer des théories et à attendre impatiemment la suite des aventures du bâtard pour confirmer ou non ses hypothèses.

En conclusion : Une formidable uchronie de l’Histoire de France qui interroge notre rapport à la magie auprès d’un chevalier-mercenaire aux belles manières.

NB : Pour la petite histoire, l’univers du Bâtard a commencé par l’élaboration d’un jeu-vidéo  de type jeu de rôle, par l’auteur lui-même et la volonté d’une adaptation en BD. Le projet de BD abandonné par la suite, l’auteur s’est tourné vers le format du Roman. Pour notre plus grand bonheur !

Si vous souhaitez lire mon interview de l’auteur concernant le tome 4 des aventures du Bâtard, rendez-vous ici.

Cet article a été publié originellement par mes soins sur Portdragon.fr

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L’arrache-mots, Judith Bouilloc, éditions Hachette romans

Dans ma pré-sélection des cinq finalistes du PLIB 2020, L’arrache-mot m’a convaincue par son sujet : il a pour personnage principal une bibliothécaire qui donne vie aux mots. Ce qui est l’exact opposé de mon personnage Miss Chatterton qui plonge dans les livres ! De là, pas difficile de s’émerveiller devant ce petit bijou truffé de références littéraires…

Résumé : La jeune Iliade a un don merveilleux  : le pouvoir de donner vie aux mots et aux histoires. Ce don fait d’elle la bibliothécaire la plus célèbre de tout le royaume d’Esmérie. Le matin où elle reçoit une demande en mariage presque anonyme, elle n’est sûre que d’une chose : son prétendant est un membre de la famille royale  !
Bien décidée à comprendre qui s’intéresse à elle et surtout, pourquoi cette personne lui propose un contrat de mariage si avantageux, Iliade se rend dans la capitale. Là-bas, elle découvre les fastes de la cour… et la froideur de son fiancé. Pourtant, elle finit par s’attacher et à lui et se retrouve, bien malgré elle, propulsée au cœur d’intrigues et de complots auxquels rien ne la préparait.

Mon avis :

Une réécriture de Jane Austen…

Iliade a le coeur brisé, donc Iliade a décidé de se marier avec le premier inconnu qui lui fait une demande en mariage et une proposition d’embauche chez le roi. Rien que ça !

Cependant, sa rencontre avec son prétendant mystérieux va lui faire l’effet d’une douche froide : qui est cet odieux personnage insensible à la beauté de la littérature qui la prend pour une folle ?

Si ce n’est pas le début d’un scénario à la Jane Austen, pincez-moi ! Telle a été ma première réaction à la lecture des premiers chapitres de L’Arrache-mots.

Apparences trompeuses, jugements hâtifs, jeune fille piquante et émotionnelle, prétendant froid et impassible, famille de filles à marier… vous retrouverez ce qui a fait le succès de Orgueil et préjugés.

Cependant, Judith Bouilloc mêle subtilement son roman d’amour à un univers de fantasy et cela diffère un peu du roman de notre copine Jane.

Car Iliade, avec son pouvoir d’Arrache-mots nous fait voyager dans les livres en faisant sortir de leurs pages des créations issues de son imagination. De là, la lecture devient un vrai spectacle qui prend vie devant nos yeux ébahis et même l’histoire la plus banale devient digne d’intérêt.

Par ailleurs, l’histoire est pleine de poésie, ses personnages sont drôles et atypiques comme la mamie d’Iliade qui crache du feu quand elle n’est pas contente ou les tenues improbables d’Iliade. Tout ceci contribue à de nombreux rebondissements de cette histoire, pour notre plus grand plaisir.

Une héroïne à contre-courant

Iliade, comme je l’ai évoqué plus haut, n’est jamais bien apprêtée ni à la mode. Elle préfère créer sa propre mode en portant les créations de sa mère ou s’habiller de façon confortable plutôt que de se conformer aux règles de la cour du roi.

Ajoutez à cela qu’elle est dotée, telle Hermione Granger, d’une crinière indomptable et d’un caractère très susceptible, et vous obtenez l’inverse d’une jeune fille bonne à marier.

Cependant, on sent une fragilité derrière cette façade d’acier. Elle n’est pas sûre de plaire un jour à quelqu’un ou que son pouvoir soit accepté par un homme. Le dernier en date l’a utilisée comme faire valoir pour obtenir un succès littéraire et son petit coeur est encore brisé.

Ce contrat de mariage associé à la proposition de travail lui évite bien des embarras et lui assure ainsi qu’à ses soeurs, un avenir plus rose. Car le prétendant s’est engagé à payer les études de ses soeurs. Iliade venant d’une famille pauvre dont le père a disparu en mer, c’est une aubaine pour elle et sa famille.

Judith Bouilloc signe là une héroïne qui n’a pas peur des convenances, plutôt pragmatique quoique un peu écervelée. L’inverse d’une jeune fille bien sous tous rapports et c’est tant mieux, sinon le récit serait moins savoureux.

Une ode à la littérature

A chaque fin de chapitre, l’auteure apporte des détails sur un livre évoqué par Iliade pour compléter notre culture littéraire et cela nous donne autant envie de relire des oeuvres classiques que de découvrir de nouveaux romans. De là à dire qu’il y a conseil en lecture de bibliothécaire, on n’est pas loin.

Ajoutez à cela, en plus du personnage extraordinaire d’Iliade, des clichés sur le métier de bibliothécaire qui sont à hurler de rire comme le personnage de la sévère gardienne de la bibliothèque royale (chignon, lunettes et air pincé) et vous saurez combien Judith Bouilloc tient à la littérature et aux gardiennes de ce savoir.

En conclusion : Un petit bijou de roman plein de poésie et d’humour qui ravira les adeptes de Jane Austen comme les fans d’héroïnes atypiques.

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L’échiquier de jade, Alex Evans, Editions ActuSF

Suite directe de Sorcières Associées du même auteur, L’échiquier de Jade a longtemps attendu dans ma PAL avant de trouver pour moi la bonne occasion de le lire. C’est dans le cadre du mini-challenge de Noël organisé par le PLIB que j’ai pu le ressortir, afin d’en apprécier toute sa saveur en cette période de fêtes. Voici venir une nouvelle aventure de Tanit et Padmé, sorcières à Jarta, la Cité où l’argent règne en maître et où la magie est imprévisible…

Résumé : Retour dans la cité de Jarta. La ville est en pleine ébullition. Les manifestations des opposants à la visite de l’ambassadrice d’un Empire fermé et agressif provoquent de sérieux remous. Dans le même temps, tous les sorciers de la ville sont réquisitionnés pour combattre un démon qui a dévoré deux personnes. Résultat, les forces de l’ordre confient deux nouvelles enquêtes aux sorcières Tanit et Padmé, et notamment le vol d’un antique échiquier en jade que la ville comptait offrir en cadeau à l’ambassadrice. L’incident diplomatique n’est pas loin…

Mon avis :

Où l’on en apprend plus sur nos sorcières préférées

Alex Evans profite de ce deuxième tome pour approfondir la psychologie de ses personnages et nous présenter, grâce à quelques chapitres, des événements de leur passé.

On découvre alors une histoire où la jeune Tanit, tumultueuse espionne, est propulsée dans une île dangereuse auprès de militaires. Quant à Padmé, enfant sage terrorisée par ses pouvoirs incontrôlables, elle est envoyée en pension chez une tante folle par sa riche famille.

Par ailleurs, ces épisodes participent à faire avancer l’intrigue et à comprendre les réactions des deux sorcières dans le présent : Tanit tient en haute estime l’honneur des espions et a développé un fort caractère après un passage dans l’armée et une enfance d’étrangère mal intégrée. De son côté, Padmé se méfie de la politique et cherche à protéger son statut de magicienne en créant une ligue, après son séjour chez sa tante.

Sur ce tome, il m’a semblé que les deux personnages principaux prenaient plus de relief et, contrairement au premier tome ( Sorcières Associées), faisaient entendre leurs voix de manière distincte.

Une enquête aux multiples rebondissements

L’auteure alterne les points de vue d’un chapitre à un autre, ce qui permet à la fois de rythmer le récit, mais aussi d’inviter le lecteur à participer à l’enquête. Celui-ci récupère les indices par les deux magiciennes, qui elles, n’ont pas forcément le temps de se voir pour faire des mises au point.

Cette enquête est plus complexe dans le précédent roman. J’ai trouvé que cela lui apportait du sérieux, pour un récit qui se veut au départ léger et amusant.

L’auteure nous ballade pas mal entre plusieurs intrigues, mais ce n’est jamais sans raison. Tout finira par se rejoindre, même si trouver le coupable dès le début n’est pas gagné.

Pour vous donner une idée de la multitude des rebondissements, j’ai compté une apparition de monstre,  un vol d’objet précieux, une escroquerie liée à la voyance, le retour d’une secte intégriste anti-magie, et la création d’un service de protection rapprochée afin de lutter contre les attentats magiques.

J’ai ressenti une réelle évolution du style de l’auteure dans ce second tome au niveau du genre policier, et cela a été très plaisant à découvrir.

Une réflexion sur la magie alliée à la politique

La principale intrigue, le vol d’un échiquier de Jade, mêle les sorcières à un enjeu politique avec la venue d’une ambassadrice étrangère. L’échiquier est un cadeau destiné à celle-ci en vue d’accords commerciaux. Tout tourne autour de cet enjeu politique qui met la police et les autorités sur les dents. Avec l’attentat du début,  Padmé est plusieurs fois réticente à travailler pour eux gratuitement, même si elle a le souci de protéger la cité. Comme elle le dit : « travailler gratuitement dans une cité où le dieu fondateur est l’argent équivaut à une insulte ».

La manière dont la police traite les magiciens est très démonstrative du comportement de la population à leur égard : ils sont très utiles quand il y a besoin, mais restent craints ou mal-vus. Face à la magie, les policiers sont désarçonnés et n’ont aucun outil pour la comprendre. Cependant, comme elle existe, il faut bien essayer de trouver une solution et donc de trouver des gens compétents pour régler les problèmes qu’elle cause.

La volonté de créer une ligue ou une confrérie de magie pour donner du poids au statut de sorcier prend alors tout son sens. Mais cela s’avère un enjeu complexe car les concernés sont très centrés sur leurs besoins personnels et peu soucieux d’aider les autres.

L’épisode avec la tante de Padmé rappelle les réquisitions de scientifiques par les militaires en vue de développer des projets destinés à une guerre en cours.

De là considérer les sorciers comme des anciens scientifiques, il n’y a qu’un pas…

Quelques bémols :

Si la lecture de ce livre a été très plaisante et palpitante, j’ai trouvé que l’univers cosmopolite, inspiré par les voyages de l’auteure, est un peu brouillon. J’ai éprouvé des difficultés à retenir les noms des différents pays, coutumes, manière de s’habiller, ou comprendre les corrélations possibles avec la réalité. Cela dit, Jarta et ses environs est un monde très riche, et les clins d’oeils de sa créatrice concernant ses autres livres me font toujours sourire. Par exemple, en début de roman, Padmé évoque un incident avec un Tigre-brouillard invoqué accidentellement via un artefact magique. C’est une des intrigues de La Machine de Léandre.

Par ailleurs, j’ai été un peu déçue que les idylles amoureuses des deux amies soient survolées en fin de roman. Padmé retrouve en effet son capitaine et Tanit son espion, qui les aideront à terminer les enquêtes. J’aurais aimé en lire un peu plus sur le sujet. Peut-être dans un autre tome ?

En conclusion : J’ai beaucoup aimé cette enquête complexe qui permet d’aborder un peu plus la psychologie de ses personnages principaux et d’apporter un questionnement plus profond sur l’utilisation de la magie, de la politique, voire de la science dans l’univers d’Alex Evans. A quand une nouvelle aventure du cabinet Sorcières et associées ?

Si vous souhaitez retrouver les chroniques des autres livres du Challenge de L’Epreuve des Stratèges, je vous invite à relire mon article sur le sujet dans la rubrique « On joue« . Je vais poster un lien sous chaque livre évoqué dans le défi pour vous renvoyer vers sa critique. 😉