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Un reflet de lune, Estelle Faye, éditions ActuSF

Dans le même univers qu’un Eclat de givre, nous voyagerons dans un Paris post-apocalyptique où la pluie ne s’arrête jamais, avec un personnage principal, moitié chanteur-moitié détective qui arpente la capitale en talons à paillettes pour se produire dans des cabarets et résoudre une enquête. Un jolie balade sur fond de questionnement d’identité, dans une atmosphère hallucinogène et cotonneuse, comme un morceau de jazz

Résumé : Paris, un siècle après l’apocalypse. La capitale est plongée dans les pluies de printemps et Chet, dans une affaire qui le dépasse. Des sosies apparaissent pour lui faire porter le chapeau de crimes dont il est innocent. Du lagon du Trocadéro au repaire lacustre des pirates de la Villette, Chet arpente les bords de la Seine en crue à la recherche de ces mystérieux doubles, autant que de lui-même.

Mon avis :

Un reflet de Lune est une aventure qui a lieu après Un éclat de Givre. Néanmoins, il peut se lire comme une aventure indépendante.

Personnellement, je n’ai pas lu Un éclat de Givre et malgré quelques événements cités qui ont eu lieu dans celui-ci, je n’ai pas eu l’impression de manquer d’éléments pour comprendre l’histoire.

En revanche, certains éléments d’Un Eclat de Givre m’ont été dévoilés et peut-être aurais-je plus de facilités à démêler son enquête.

Voilà ce que je peux en dire après lecture. Ceux qui ont lu les deux livres dans le bon ordre auront peut-être un avis différent du mien… 😉

Je tiens à remercier les éditions ActuSF pour l’envoi de ce service presse qui m’a permis de découvrir cet univers si poétique et m’a donné envie de lire Un éclat de givre. 😉

Chet, un personnage emblématique

Ce qui frappe en premier dans ce roman est son personnage principal : Chet.

Chet est un jeune homme complexe, au physique androgyne et sensible, et qui possède un don pour s’attirer des ennuis.

Dès le début de l’intrigue, on comprend qu’il essaie de soigner son coeur brisé suite à une rupture amoureuse. Et pour cela, il va éprouver le besoin de devenir femme, devenir… l’envoûtante Thaïs. Un moyen de se fuir à travers une autre identité que tous admirent. Car Thaïs chante de sa voix rauque dans les cabarets le soir, étincelante de strass et de paillettes, accompagnée de son fidèle pianiste Damien, mais reste inaccessible au commun des mortels.

Loin d’être un déguisement, sa métamorphose embrasse sa partie féminine de manière assumée. En ce sens, Estelle Faye nous laisse à voir un roman inclusif concernant la bisexualité et le transformisme qui semble naturel et positif, sans forcer le trait, ce qui est assez rare pour être souligné.

Dans son périple, Chet va multiplier les histoires de coeur avec des hommes, des femmes aussi, et souvent les mauvaises personnes au mauvais moment. Nous aurons l’occasion de nous en rendre compte à plusieurs reprises avec la rencontre d’ex rancuniers ou de nouveaux amants. La fascination que son personnage de Thaïs exerce sur le public lui causera aussi quelques ennuis.

Car si le point de départ du roman est une enquête policière, l’aventure que nous propose Chet va aussi s’avérer une manière de guérir de son histoire d’amour et d’évoluer pour devenir plus posé et stable dans ses relations, moins fuyant et égoïste.

C’est aussi une forme d’adieu à son passé, car nous rencontrerons différents personnages qui l’ont aidé à devenir ce qu’il est aujourd’hui : premiers émois bisexuels, premiers travestissements, l’éclosion de sa sensibilité, son amour pour le jazz.

Avec cette enquête marquée par la pluie continue et la crue surnaturelle, il va nous raconter son spleen et nous envelopper dans une atmosphère douce et cotonneuse qu’il sera difficile de quitter.

Paris en mode post-apocalyptique

A quelle époque sommes-nous ? Difficile à dire. Dans tous les cas, nous allons évoluer dans un Paris Post-apocalyptique, rongé par des effondrements, la végétation grandissante et surtout une pluie torrentielle continue qui va rendre fous les habitants.

Après l’Apocalypse, chaque quartier s’est trouvé dominé par une faction qui indique sa loi. La seule chose qui importe est la nourriture. Pour autant, on ne sent pas un danger permanent à y vivre, comme si les gens s’étaient accommodés de la situation. Par ailleurs, nous évoluerons à travers le Paris de Chet, sa vision de la ville : celle des artistes, où malgré les conditions déplorables, la chanson comme l’art permettent de supporter un peu mieux le quotidien. En dépit de certains passages un peu glauques, Estelle Faye nous proposera des descriptions magnifiques et très poétiques qui nous donneront envie d’y faire un tour. Et quelle visite !

L’enquête de Chet sera propice à une promenade en règle de cette ville étrange qu’il connaît comme sa poche. Chaque étape marquera sa rencontre avec un personnage emblématique : La Sorbonne et le discret enquêteur Paul, l’opéra Garnier et l’infâme François-Alexandre, les bordels/clubs sur les péniches du Lagon du Trocadéro, la Zone Humide autour de Paris et le mystérieux Galaad, le Marché aux plantes d’Evangile et le prêtre Azal, Silver et le quartier des mareyeurs à la Lune Envasée, Enguerrand le commissaire-priseur de Néo-Louvre, Janosh et les bohémiens de Notre-Dame, ou encore le Jardin Botanique avec le scientifique Gabriel.

Malgré un calme relatif face à une vie quotidienne dramatique, on notera deux formes dangereuses de folie qui se développeront chez les habitants au fil du roman: celle liée à la crue qui pousse à chercher des boucs émissaires chez ceux qui n’y sont pour rien, et celle des riches oisifs qui ne savent plus quoi inventer pour ce divertir. Cela donnera lieu à deux scènes marquantes : un procès absurde pour calmer la foule et le visionnage d’un horrible snuff movie.

Une enquête façon hallucinogène

Qui sont les doubles de Chet ? D’où viennent-ils ? Qui les a créé et dans quel but ? C’est ce que Chet va tenter de découvrir tout au long du roman, car mine de rien… ils lui causent de sérieux ennuis ! Et comme le musicien traînait avec lui une mauvaise réputation, il va lui être difficile de se discréditer de leurs méfaits.

Bien que l’enquête passe un peu au second plan, elle est bien présente et complexe. Nous évoluerons comme Chet dans un flou digne d’une drogue puissante. Chet va être plusieurs fois malmené dans sa recherche d’indices : plongée dans la seine toxique, tabassage, enlèvement,… et y perdre de nombreux vêtements, pour son plus grand désespoir, ce qui apportera une note humoristique.

Il pourra compter sur divers alliés qui l’aideront parfois à contrecoeur, soit par dette envers lui, soit par admiration pour son art, soit par respect pour son père. On note qu’il compte peu d’amis fidèles à part son pianiste, Silver et Paul, peut-être parce qu’il ne sait pas s’attacher aux gens ou qu’il leur fait mal sans le faire exprès.

Grâce à notre détective-musicien, et à travers son périple dans la ville, nous essaierons de récupérer des indices et de résoudre ce mystère. Mais malgré un dénouement inattendu, des questions resteront encore en suspens, propices à une nouvelle aventure…

En conclusion : Avec Un reflet de lune, Estelle Faye nous propose une enquête psychédélique dans un Paris post-apocalyptique marqué par le Jazz, la pluie, et un personnage principal en quête de reconstruction. Si son enquête passe parfois au second plan, on est très vite subjugué par l’ambiance très poétique qui se dégage du récit, très difficile à quitter. Un roman à conseiller pour les amateurs de spleen et d’histoires de coeurs brisés.

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Ex Dei, Damien Snyers, éditions ActuSF

Après la Stratégie des As, j’ai retrouvé avec plaisir James, l’elfe voleur et Marion, l’Historienne immortelle. Loin d’une nouvelle histoire de braquage, l’auteur nous embarque pour une autre aventure où le danger sera omniprésent et où les personnages renoueront avec leur passé. Un service presse que j’ai beaucoup apprécié et pour lequel je remercie les éditions ActuSF.

Résumé : Dans un monde où se mêlent machines à vapeur, magie et trolls, une humaine et un elfe tentent de sauver leur peau. Elle, membre d’une organisation secrète en possession d’un artefact convoité, lui, gentleman cambrioleur aux yeux plus gros que le ventre. Mais que peut-on faire face à un homme qui ne veut pas mourir ?

Mon avis :

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu La Stratégie des As ou la nouvelle gratuite Les Cambrioleurs rêvent-ils de dinosaures mécaniques pour apprécier cette nouvelle aventure. De nombreux rappels sont réalisés par l’auteur tout au long du récit qui vous permettent de ne pas être perdus.

Néanmoins, je vous préconise de lire La Stratégie des As avant Ex Dei, car Ex Dei est une suite directe (même si ce n’est pas présenté comme tel) et vous risquez de vous spoiler une bonne partie de la première aventure. 😉

Vous pouvez retrouver mon avis sur le premier opus et la nouvelle en cliquant sur les liens des titres ci-dessus.

Une double intrigue à deux voix

Damien Snyers nous propose un roman basé sur deux personnages qui vivent deux aventures séparées pour mieux se retrouver.

Après La Stratégie des As, où James avait réalisé un braquage audacieux qui l’avait rendu riche à millions, le voleur a décidé de se ranger en Afrique avec Mila, un membre de sa bande afin de profiter du bon temps. Mais les vieilles habitudes ayant la vie dure, il va tenter un casse pour le plaisir… qui va très mal se terminer et l’obliger à fuir. Car James est recherché, mais il ne sait pas par qui, et c’est ce qui va nous tenir en haleine pendant la première moitié du récit.

Pendant ce temps, Marion, immortelle, télépathe et appartenant au Cercle des Historiens (organisation secrète oeuvrant pour la collecte de l’Histoire du monde de façon objective), a décidé de divorcer de son mari après 10 ans de mariage. Retrouvant son indépendance, elle est victime d’une tentative de vol sur l’artefact qui permet au Cercle de rester immortel, puis constate que quelqu’un cherche à les infiltrer et à les détruire. Elle va alors demander l’aide de James, sans se douter que de son côté, il est aussi en danger.

L’intrigue, pleine de suspense, est proposée du point de vue de chacun des deux personnages principaux. Cela apporte du dynamisme au récit, nous faisant naviguer d’une histoire à une autre.

On découvre le fonctionnement de la société des Historiens, ce que sont devenus les membres de la bande de James (occasionnant des sous-intrigues), et une partie de l’univers jusque là inconnu : une version revisitée de l’Afrique à la sauce magico-steampunk, qui change de l’atmosphère glauque de Nowy Krakow d’où viennent la plupart des personnages.

L’auteur nous plonge dans un univers magique avec des mages qui apportent la technologie au peuple et régulent la météo. Il y ajoute quelques éléments steampunk comme des moyens de transports incongrus : Calèches automatisées à vapeur, Araignées géante de course… Ici la magie est l’énergie qui permet aussi à certaines inventions de fonctionner comme la machine à glaçons ou le coffre-fort avec dimension temporelle.

Cependant, malgré un récit riche et dynamique, j’ai trouvé trois bémols à cette intrigue :

Tout d’abord, le commanditaire qui cherche à tuer James est vite trouvé et son histoire réglée en milieu de roman. J’aurais aimé plus de développement ou de rebondissements, et cela m’a laissé sur ma faim, même si je comprend la logique de l’auteur : c’est en fait un retour de bâton que subit James pour ses actions passées.

Ensuite, en deuxième partie de roman, quand les deux personnages se retrouvent, j’ai trouvé ennuyeux le fait de relire la même scène du point de vue de chacun. Cela apportait parfois des éléments supplémentaires, mais rallongeait considérablement la durée de l’histoire. De plus, parfois il m’a fallu un petit temps d’adaptation selon les paragraphes pour comprendre quel point de vue était abordé.

Enfin, la résolution finale très abrupte m’a laissée pantoise. L’auteur utilise le procédé du Deus Ex Machina (au sens propre) que j’ai trouvé maladroit. J’ose espérer un troisième volume afin de laisser les nombreuses questions en suspens car c’est impossible de laisser cette histoire se terminer ainsi.

L’approfondissement de deux personnages

Dans ce deuxième opus, on sent une volonté de l’auteur de développer davantage ses deux principaux protagonistes, contrairement au premier où il était question d’une esquisse pour mieux se concentrer sur l’action.

Ici, Damien Snyers nous propose le portrait d’un elfe voleur qui est devenu plus mature, plus soucieux des autres, depuis qu’il est devenu riche. De crève-la-faim, il est devenu Robin des Bois mais le manque d’activité physique l’a rendu moins alerte, malgré la subsistance de ses principes de voleurs.

Avec l’opulence, James prend le temps de l’introspection et cela se ressent dans le récit : il repassera au village de son enfance se renseigner sur ses parents, réalisera un pèlerinage sur la tombe de son ancien mentor, retrouvera ses anciens amis, ne s’engagera plus dans une vie de débauche…

Le fait d’être recherché va le faire sortir d’une zone de confort qu’il avait du mal à assumer, et il sera presque content de fuir, même si le besoin de souffler se fait ressentir par moments, preuve que finalement, il s’était peut-être habitué à la vie de riche.

Ses actions seront plus réfléchies à cause de son âge et il se rendra compte que l’argent peut aider à se sortir de situations compliquées avec moins d’efforts.

A côté de James, Marion réalise également une introspection, mais sur sa vie d’immortelle. En se séparant de son mari, elle se rend compte qu’elle ne peut rester avec le même homme plus de 10 ans et espère trouver un compagnon qui renversera cette tendance. Avec son exemple, l’auteur interroge aussi la manière de vivre quand on a plusieurs siècles, et de pouvoir encore évoluer malgré tout, pour soi, et au contact de l’autre.

Par ailleurs, le don de télépathie de Marion sera abondamment abordé pendant le récit et de façon très intéressante : les cerveaux des gens sont comparés à des maisons mentales avec des pièces à souvenirs, des salles de commandes, des éléments effrayants. Et en fonction de la personnalité de chacun, la maison sera différente : délabrée, luxuriante, labyrinthique… ce qui donnera un aperçu de personnages avant même qu’ils n’agissent dans l’histoire.

Mais ce don ne va pas sans heurts : migraines, fatigue sont les maux qui accompagnent l’utilisation de son pouvoir par Marion. On questionnera aussi son don à des fins lucratives en lui demandant de devenir un outil pour connaître les secrets des autres Historiens afin de se prémunir de toute menace (ce qui va à l’encontre de son éthique, de la vie privée des autres et de ses relations avec eux).

Un univers magique qui interroge notre réalité

Avec Ex Dei, et sous couvert d’un univers magico-steampunk, l’auteur distille quelques éléments de réflexion à l’intention du lecteur, qui interroge sa réalité.

La question du racisme envers les êtres magiques et les métisses déjà présente dans La stratégie des As, est à nouveau rappelée à travers le personnage de James, mais aussi de Jorg, le troll, et Elise, une demi-elfe qui a ouvert un club réservé aux métisses. Dans cet univers, à moins d’être riche, les elfes sont méprisés et invisibles aux yeux des humains, les trolls ont le statut de meubles et peuvent être exécutés ou rien, et les métisses, êtres stériles sont à peine tolérés. L’existence du Club d’Elise reste fragile, et une demi-elfe enceinte peut se voir privée de ses droits si les mages estiment qu’elle peut être un bon sujet d’expérience.

Les mages sont présentés d’ailleurs comme des scientifiques dangereux, imbus de leur personne, obsédés par les plaisirs, et au-dessus des lois car ils apportent la technologie à l’univers. On sent une critique universelle des puissants intouchables derrière leur exemple et la visite que leur rendra James sera assez éclairante à ce sujet.

Si l’action se déroule en majorité à Nowy Krakow, sorte de Cracovie imaginaire et dangereuse, l’auteur nous emmènera au début du récit dans une Afrique utopique où les ressources sont exploitées par les habitants, avec un fonctionnement plus développé et efficace qu’en Europe. Les cantines collectives, les immeubles de diamant et la météo non capricieuse en sont de bons exemples et nous interrogent sur notre Afrique contemporaine.

L’homosexualité et la transidentité seront aussi abordés mais avec toujours des histoires douloureuses : Mila est lesbienne mais s’est fait chasser de chez elle par ses parents à cause de ses penchants, tandis que le Lord Commandeur Obel n’a jamais pu afficher son homosexualité au grand jour à cause de son métier, forçant son compagnon Neige à se transformer en femme pour rester « conforme » à la notion de couple en vigueur à Nowy Krakow.

Enfin, le Cercle des Historiens interroge plusieurs sujets dans cette aventure. Déjà évoqué avec Marion concernant les partenaires amoureux, l’auteur parle de la solitude de ces immortels qui ne peuvent finalement vivre qu’entre eux, en groupe. L’amitié est rare et précieuse pour Marion, tout comme le fait de faire part de ses découvertes aux autres. Et le fait de rajeunir ou non peut s’avérer un choix assumé vis à vis de son identité.

Par ailleurs, Marion se pose des questions sur la manière dont son Cercle fonctionne : Est-ce que l’objectivité est réellement présente pour relater l’Histoire ou passe-t-elle par le vécu de chacun ? Est-ce le manque d’inclusion d’êtres magiques parmi les membres du Cercle leur permet d’englober l’Histoire dans sa totalité? Ce sont des questionnements que l’on retrouve concernant l’élaboration des manuels d’Histoire dans notre réalité.

En conclusion : Damien Snyers signe ici une suite réussie de son roman de braquage en mettant l’accent sur la maturité des personnages, la manière dont ils tirent des leçons de leur passé et comment ils se projettent dans l’avenir. Une intrigue où le danger est présent à tout instant, qui interroge de nombreux sujet actuels contemporains, avec une ouverture vers un troisième opus, qui je l’espère, permettra de résoudre de nombreuses questions laissées en suspens.

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Félin, Collectif, Yby éditions

Un recueil de nouvelles dont le thème principal est le chat, ça vous tente ? Moi, j’ai craqué littéralement pour la couverture très manga et les nouvelles inclusives LGBT+ de Félin. Voici mon retour sur ces histoires, très différentes les unes des autres.

Résumé : Miaou miaou miaou ! Pour ceux·elles qui ne parlent pas le chat, et n’ont donc pas compris Fripon, ceci est un recueil de nouvelles polyfélin. Cet ouvrage ne contient pas de croquettes. Vous y trouverez, en revanche, un seigneur dragon, une poisse incommensurable, des griffons guerriers, un shamisen mélodieux, des sorcières féministes, un détective en Marilyn Monroe, des souvenirs perdus, des dieux égyptiens en colère, une réincarnation inattendue, des ocelots aux yeux vairons et des croissants sur un banc. Les héros·ïnes de ces histoires, félidés ou non, vous emmèneront dans des aventures à vous hérisser le poil, qui vous feront peut-être feuler d’angoisse, mais surtout ronronner de plaisir. Miaou ! Fripon vous souhaite une bonne lecture.

Mon avis :

Mon avis général sur le recueil

Le recueil comprend 11 nouvelles, illustrées chacune par 11 illustrateurs différents dont le fil conducteur est le félin sous différentes formes. Le niveau d’écriture est de qualité et homogène. L’ensemble est agréable à lire et cohérent. On sent un travail de mise en forme réfléchi qui apporte de la fluidité à l’ensemble malgré des univers totalement éloignés. Cela a été un vrai plaisir de se plonger dans chacune de ces histoires et je ne me suis pas ennuyée à un seul instant.

Ici, le thème du félin est exploité sous toutes ses formes : un chat a un rôle important dans l’histoire ou il ne fait que passer, un humain peut se changer en chat, le chat est vénéré par les autres protagonistes, ou il sert les intérêts des humains… Les auteurs ont vraiment déployé toute leur imagination.

Les éditions Yby sont spécialisées dans l’inclusif LGBT+. Par conséquent, la plupart des nouvelles proposent une romance homosexuelle ou un personnage parfois non genré, ce qui m’a changé de mes lectures habituelles et de manière très positive. Par ailleurs, les détails concernant les scènes de sexe ne sont pas crus mais plutôt doux. On sent une pudeur dans les récits, favorisant l’évocation plus que le côté pornographique, ce que j’ai beaucoup apprécié.

Si le chat et le LGBT+ sont mis en avant, des thèmes assez intéressants le sont aussi dans toutes les nouvelles : La timidité, le terrorisme, l’espoir, l’amour, la jalousie, la solitude, le féminisme, l’affirmation de son genre ou de sa sexualité. Certains récits poussent à réfléchir, d’autres à la contemplation ou à l’amusement.

Le recueil comprend aussi 11 illustrateurs avec des styles différents. Ici encore, la cohérence dans le choix des illustrations est soignée, comme celles des récits, et elle n’est pas purement gratuite. Les illustrations enrichissent les histoires et permettent de se figurer certains personnages. Une touche de qualité supplémentaire même si, l’ayant lu en ebook sur ma Kobo, je n’ai pas pu en voir les couleurs.

Quelques détails sur mes nouvelles coup de coeur

Chaque nouvelle est différente et assez bien conçue, même si j’ai une préférence pour certaines selon les sujets. J’en évoquerai seulement trois en détail pour vous laisser découvrir le reste.

Tout d’abord, Panthère et Paillettes de Kalo, illustré par Aki m’a fait hurler de rire. On y croise une espèce de tueur à gages au genre non défini (c’est lui/elle qui le dit), qui engage un détective Drag Queen pour retrouver un chaton kidnappé. Le bagout du détective et les joutes verbales entre lui et notre tueur sont un pur délice. Et c’est le premier récit que je lis avec un personnage non genré, ce qui m’a beaucoup plu car cela déconstruit les stéréotypes que l’on associe généralement à un personnage masculin ou féminin.

J’ai également beaucoup apprécié la sérénité et le mystère du Jardin de Hayashi de Roger Raynal, illustré par Clays où le moine Hayashi se laisse gagner par l’amour au fil des pages jusqu’à un dénouement inattendu. Certaines phrases méditatives, tels des poèmes, m’ont touchée, comme :  » Sur le point de perdre conscience, j’aperçois dans son regard doré le reflet chatoyant de notre monde sensible ». La plus belle description d’un chat et de son regard sur le monde que j’ai pu lire jusqu’à présent.

Pour finir, la première nouvelle intitulée Mauvais sort, écrite par Gabyle et illustrée par Euyevair m’a marquée vis à vis de son sujet. Sous couvert de la persécution des sorcières et de ceux qui les aident dans une uchronie du XIXème siècle, il y est clairement question de la condition de la femme dans une société patriarcale et de la construction d’une cellule terroriste en réponse à cette oppression. Cela est abordé à travers deux personnages féminins forts : une sorcière recherchée par la police pour terrorisme et une gardienne de pension pour chat qui cache un passé d’oppression.

D’autres nouvelles tout aussi géniales mériteraient que l’on s’y attarde : Dans les geôles de la terreur pour son ambiance de jeu vidéo médiéval fantastique, Philae pour ses descriptions magnifiques des temples égyptiens, Timide pour son côté bizarre qui m’a fait penser au Pigeon de Suskind, Sept jours avec les ocelots pour son final complètement renversant, etc… Mais je ne peux pas vous décrire tout sous peine de spoiler une bonne partie des intrigues !

Enfin, quelques nouvelles donnent envie de découvrir la suite de l’univers développé par l’auteur comme Dans l’antre du Dragon qui laisse quelques éléments en suspens à la fin du récit. Cela laisse un peu sur sa faim, mais qui sait ? Peut-être qu’un roman du même auteur sera public aux éditions Yby et me permettra de retrouver ce personnage de changeforme-chat ainsi que tous les autres ?

En conclusion : Un recueil de nouvelles original et hétéroclite, autour de la figure du félin et des romances LGBT+, qui trouve sa cohérence grâce à un travail soigné de sélection. On ronronne de plaisir devant ces récits de qualité et leurs magnifiques illustrations et on espère une plus grande mise en lumière de cette maison d’édition qui mériterait d’être mieux connue.

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Peau d’Homme, Hubert et Zanzim, Glénat

Le Mois Américain n’est pas terminé et je commence ma première lecture du Pumpkin Autumn Challenge ! Lu en un après-midi, ce conte/Bande-dessinée/roman graphique m’a interpellée par sa couverture étrange et son intrigue féministe. Voici mon retour sur cette ode à la liberté et à l’amour

Résumé : Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c’était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d’homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d’un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d’homme, Bianca s’affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l’amour et la sexualité.La morale de la Renaissance agit alors en miroir de celle de notre siècle et pose plusieurs questions : pourquoi les femmes devraient-elles avoir une sexualité différente de celle des hommes ? Pourquoi leur plaisir et leur liberté devraient-ils faire l’objet de mépris et de coercition ? Comment enfin la morale peut-elle être l’instrument d’une domination à la fois sévère et inconsciente ?

Mon avis : 

Attention lecteur ! La troisième partie de cette critique comprend des spoilers. Si tu ne veux pas connaître trop de détails sur le dénouement, je t’invite à aller directement à la conclusion. 😉

PS : je n’évoquerai pas les dessins très beaux, et avec des couleurs joliment contrastées car je ne suis pas spécialiste de la Bande-dessinée. Mon avis portera donc uniquement sur l’histoire. 🙂

Une critique de la société sous la Renaissance, mais pas que…

L’intrigue de départ de cette histoire est l’histoire d’une femme et de son mariage arrangé sous la Renaissance Italienne.

Le mariage est vu ici comme une réelle transaction où la jeune femme n’a pas son mot à dire. L’amour est prohibé mais peut se développer pendant le mariage.

Bianca, notre héroïne, regrette seulement de ne pas faire connaissance avec son mari avant le mariage et ses amies se moquent d’elle : pourquoi faire ? Découvrir qu’il est effrayant ou pathétique et annuler les noces ? Les amies sont déjà blasées par leur propre mari, car elles n’ont pas eu le choix non plus.

Seule sa marraine lui propose une alternative, comme une échappatoire avant une vie en cage : essayer, avant le mariage une peau d’homme afin de découvrir comment se conduisent les hommes et en apprendre un peu plus sur son futur époux. C’est le début d’une grande aventure qui va emmener Bianca très loin.

Mais tandis qu’elle découvre ce nouvel univers, la morale se renforce contre les lieux de mauvaise vie, ou l’Art. Son propre frère, devenu moine, devient plus virulent dans ses prêches contre les femmes. Il fait éclore un effrayant mouvement religieux qui nie toute liberté et en particulier envers la gent féminine, accusée de susciter le péché. Il condamne aussi l’homosexualité chez les hommes et les transgenres. Et cherche à cacher les corps, la nudité en vue d’une vie plus chaste qui nie la sexualité de manière générale, sauf pour la procréation.

A travers cette histoire semi-fantastique, on voit poindre de la part de l’auteur une forme de critique envers la liberté de moeurs assez prononcée qui réprime l’amour, ceci dans le but de faire valoir une seule forme de pensée. Et cela est plutôt bien amené avec le personnage du peintre transgenre ou Bianca elle-même qui essaie d’ouvrir les yeux à son frère ou sa famille sur les dangers de cette forme de pensée.

Une ode à la femme

Peau d’homme, c’est aussi un clin d’oeil au conte Peau d’âne de Charles Perrault où une jeune fille cache sa beauté sous une peau d’âne pour passer incognito. Bianca cherche à comprendre son mari puis les hommes en général : Quels sont leurs préférences sexuelles ? Pourquoi se vantent-ils de leurs conquêtes ? Qui sont-ils vraiment derrière le paraître ?Mais surtout, elle découvre une forme liberté à devenir un homme.

Cette liberté est d’abord physique car la peau est vivante, ainsi que son pénis, et elle vit des expériences qu’elle n’aurait pu connaître en tant que femme, satisfaisant ainsi ce désir féminin enfoui de comprendre ce que ressentent physiquement les hommes qui n’ont pas les mêmes attributs. Elle n’a plus honte de son corps sous la peau, qui devient un déguisement renforçant son assurance.

Puis, la liberté devient mentale, car Bianca s’enhardit, devient conquérante, invite les autres hommes à rassembler leur courage plutôt que de se cacher, devient un modèle masculin. La peau lui donne le courage de devenir elle, si la société ne lui avait pas imposé un carcan et une éducation de fille.

Elle devient héroïne face aux maris qui trompent leur femme en toute impunité alors que l’inverse est sévèrement réprimé. Une fois redevenue femme, elle a acquis assez de répondant pour se battre contre la société et la place qu’on lui impose.

Et si le secret de la peau d’homme reste bien caché, c’est qu’il servira à d’autres filles, qui auront besoin elles aussi de se mettre à la place des hommes pour se définir une identité sans réfléchir à une question de genre ou de sexualité. Car elles auront essayé les deux.

Par là, l’auteur nous offre une belle leçon de féminisme car c’est de cela qu’il s’agit : si toutes les femmes avaient la possibilité d’enfiler une peau d’homme pour vivre cette expérience, peut-être réagirions-nous différemment face à notre environnement ? Peut-être aurions-nous plus de facilités à comprendre les hommes ?

Une ode à l’amour (attention spoilers)

L’homosexualité se veut ici joyeuse, proche parfois d’une camaraderie plus poussée face à des filles enfermées sous clé jusqu’à leur mariage. Mais Giovanni, le mari de Bianca, aime sincèrement les hommes et ne considère les filles que comme un devoir conjugal en vue de procréer et donner un héritier à la famille.

Or, ce que Bianca souhaite avant tout, c’est d’être aimée de lui. Or, l’affaire tourne vite au vinaigre quand elle comprend qu’il préfère les garçons. Aimée mais uniquement quand elle porte la peau d’homme, sa vie va être plus compliquée que prévue. Et elle se fera prendre à son propre piège.

Cependant l’auteur lui propose une alternative : créer son propre bonheur en réinventant son couple. Et cela passera par l’amour et la liberté liberté d’être mariés mais aussi d’avoir chacun un amant, liberté d’inventer son propre bonheur en dehors des cases de la société, liberté pour Bianca de trouver un homme qui l’aime et d’être audacieuse sexuellement…

Hubert pousse les cases de la Morale en nous invitant à un autre modèle de couple et de sexualité. Qu’il puisse exister dans cette Renaissance fictive nous laisse l’espoir qu’il est également possible à notre époque actuelle, même sous le seau du secret.

En conclusion : Hubert et Zanzim signent une bande-dessinée audacieuse qui pose des questions actuelles sur la place de l’amour et le mariage, le rôle de la morale, le courage d’être soi, le féminisme, l’homosexualité. Un joli conte à découvrir, à travers les yeux de la charmante et courageuse Bianca, qui s’épanouira au fil des pages pour devenir elle-même.

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And my watch begins #14

Au sommaire de cette veille littéraire du net : Un appel à textes pour un roman fantasy Young Adult, un article qui interroge la place des réseaux sociaux dans notre quotidien, un salon littéraire virtuel, des nouvelles des Imaginales, un podcast sur Xena la guerrière, un financement participatif sur un artbook de dinosaures, un challenge de littérature sur des nouvelles et une créatrice qui te fait vivre Halloween toute l’année.

 

L’article de la semaine 

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…est de Lionel Davoust, auteur de Fantasy mais aussi créateur du podcast Procastination où il donne des conseils d’écriture. Lionel a décidé de quitter Facebook cette semaine pour de multiples raisons mais surtout pour se recentrer sur le blogging et l’écriture. Il a écrit un article assez long et complet sur le pourquoi du comment qui m’a remuée un peu vis à vis de la place des réseaux sociaux dans ma vie.

Je passe peut-être un peu trop de temps sur Facebook et Instagram, juste pour le plaisir de voir se rafraîchir les actualités. Et que cela m’apporte-t-il ? Pas grand chose en enrichissement personnel. Je ne peux pas dire que c’est inutile, sinon cette veille n’aurait pas vu le jour. J’utilise les réseaux sociaux comme moyen de veille. Mais j’avoue que parfois, la saturation de la publicité, les contenus inutiles m’agacent.

Comme Lionel Davoust, je suis partisane d’un internet où la qualité prime à l’inverse du bruit inutile, où un vrai sens du partage et de la solidarité existe, et où surtout rester sain d’esprit prime sur le reste.

L’article évoque une conférence Tedx réalisée par Cal Newport qui répond de manière efficace aux arguments des gens qui disent ne pas pouvoir arrêter les réseaux sociaux. Efficace et instructif. Moi, cela m’a donné à réfléchir. Affaire à suivre  😉

Le challenge littéraire de l’année

les lectures de Maki Maki project

Fan de nouvelles en tout genre ? Le Maki Project est fait pour toi ! Vu en post sur le blog de Bulledelivre, ce challenge littéraire a été lancé par Les lectures du Maki depuis décembre 2019 ! Il s’étend sur 52 semaines et consiste à lire une nouvelle par semaine sur toute une année. Il y a plusieurs paliers basés sur des noms de lémuriens : Hapalémur doré (13 semaines de lectures), Lémur Fauve (26 semaines), Lémur Vari (39 semaines), Maki Catta (une nouvelle par semaine toute l’année). Pour jouer, il suffit de poster en commentaire de son article de blog le palier atteint. La fin du challenge est prévue en février 2021. Un chouette challenge pour mettre à l’honneur les nouvelles. Et si tu n’as pas d’idées, Les lectures du Maki t’en proposent pleins sur son blog, avec une préférence pour la SF.

L’appel à textes de la semaine 

téléchargement

Les éditions Lamartinière, Babelio et Librinova s’allient pour te proposer un appel à texte sous forme de concours pour l’écriture d’un roman de fantasy Young Adult. Pour participer, il faut s’inscrire sur la plateforme Librinova, prendre connaissance du règlement du concours et renvoyer son projet en format numérique comprenant :  un synopsis, les trois premiers chapitres et un texte descriptif expliquant l’univers et les personnages principaux. Le concours se termine le 30 septembre 2020. Le gagnant obtiendra un accompagnement éditorial avec un éditeur, un contrat d’édition avec les éditions Lamartinière J.fiction,  et une présentation de son livre au Salon Livre Paris 2021. Les cinq autres finalistes remporteront la publication de leur livre en format numérique, une invitation au Salon et à une masterclass personnalisée. Si l’aventure te tente, n’hésite pas à aller consulter les modalités sur le site de Librinova.

Le podcast de la semaine

Xena Princesse guerrière

Cette semaine, j’ai écouté une émission de France Inter sur Xena la guerrière montrée comme figure LGBT mais aussi comme femme forte et indépendante. Et cela m’a donné envie de revoir la série, malgré son côté nanard. 🙂

Dans ce podcast de 58 minutes, on te fait découvrir cette pépite de la pop culture issue des années 90, spin off de la série Hercule où l’utilisation de la mythologie grecque est plus qu’approximative. Xena est une méchante cheffe de guerre qui remet en cause le bien et le mal et qui parcourt le monde en quête de rédemption. Elle est accompagnée de Gabrielle, jeune paysanne qui fuit un mariage arrangé. La série est une des rares où les femmes sont toutes puissantes, jamais chapeautées par un homme (à l’inverse de Buffy), avec un des premiers couples lesbiens plus ou moins revendiqués.

A côté de ça, l’ensemble des 6 saisons a un côté pulp et kitch dans l’esthétique car les moyens étaient limités, et le scénario te promets parfois une tambouille mythologique imbuvable.

En bref, un podcast qui interroge la série et qui reste à voir avec du recul vis à vis des années 90.

Si le sujet t’intéresse, les 10 premières minutes du podcast sont à passer car il s’agit du répondeur téléphonique de France Inter avec des messages random de gens obsédés par James Bond. Et l’émission est ponctuée de passages musicaux parfois chelous, mais cela vaut la peine de s’y attarder. Attention, il y a aussi quelques spoilers pour ceux qui ne connaissent pas la série !

Les événements littéraires à ne pas rater

Les Imaginales sont annulées en mai ? Pas grave, tu pourras découvrir la version light du festival cet automne à Epinal du 16 au 18 octobre 2020 avec la remise des prix littéraires de cette année et des rencontres-dédicaces auprès d’une vingtaines d’auteurs présents. La liste des festivités n’est pas complète, mais tu peux retrouver les détails sur le site de la manifestation qui sera mise à jour sous peu.

Sinon, une nouvelle édition du salon littéraire Virtuel Virtua’Livres aura lieu du 24 au 26 juillet 2020 sur Discord. Comme d’habitude, le programme est disponible sur la page facebook de l’événement. Personnellement, j’ai hâte d’écouter celle du dimanche à 18h30 sur comment bien écrire ses personnages. Petite nouveauté : tu peux participer à du jdr sur des thématiques Harry Potter ou Cthulhu. Pour info, certaines des conférences des éditions précédentes sont à présent disponibles en audio sur leur page facebook également. Une occasion de plus de rattraper une table-ronde autour d’un sujet intéressant. 😉

Le financement participatif du moment

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Tu aimes les dragons et le dinosaures ? Tu es familier du travail de Camille Renversade qui réalise de faux carnets d’expéditions ? Tu vas apprécier ce financement participatif !

Il est dédié à un art-book dans lequel on suit les aventures de Dimitry le Dimetrodon et de sa maîtresse la paléo-botaniste et voyageuse temporelle Eleonora Brooks. De jolis dessins, une histoire d’animaux de compagnie et de voyages… moi je dis oui !

Le premier pallier est à 17 euros pour acquérir le livre et un A4 de dessin original issu de l’Artbook. L’objectif est déjà atteint mais tu peux encore participer jusqu’au 4 Août. 

Attention aux allergiques à l’anglais, le projet est expliqué dans la langue de Shakespeare car l’illustratrice, Melissa est sûrement britannique. 😉

La créatrice de la semaine

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J’avais envie de parler depuis longtemps de The Bat in the Hat parce qu’il s’agit d’une créatrice de talent et que j’adore son travail. Il était temps ! Stéphanie vit en Picardie et sa passion, c’est Halloween. Toute l’année, elle crée des objets de décoration mi-magiques, mi-cabinet de curiosité afin de prolonger l’ambiance si particulière de l’automne et des sorcières et t’apporter un peu de rêverie chez toi.

Cela fait peut-être trois ans que je la suis, entre sa boutique Etsy puis son nouveau site internet tout neuf. J’adore ses sacs ou pulls aux messages à l’humour noir, ses planches de ouija décoratives, ses jupons en dentelle, ses bougies qui sentent divinement bon dans des tasses en porcelaine vintage ou des mini-chaudrons… Elle s’inspire de la wicca, de Harry Potter et des séries sur les sorcières comme Sabrina.

Les créations de The bat in the hat sont limitées car tout est fait à la main. Aussi, quand elle publie de nouveaux articles sur son site, il faut être très réactif !

Dernièrement, j’ai réussi à shopper une tasse sorcière et une petite planche ouija qui parfaireront le bureau de Miss Chatterton… Photos à venir !

En plus, la fée/sorcière est dotée d’un humour noir décapant qui personnellement me fait hurler de rire et un sens de la mise en scène dans ses photos très inspirant.

Pour avoir un aperçu de son univers, je vous invite à la retrouver sur son compte instagram, sa page facebook et son site internet.

Que l’esprit d’Halloween t’accompagne ! Moi, je suis parée pour l’automne et je prépare déjà mon futur Pumpkin autumn challenge, c’est dire ! 😉

 

Voilà, ma veille littéraire de la semaine est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Chaudron de sorcière et girl power,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Derniers battements, Emrys, Yby éditions

Dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge, j’ai décidé de relire cette nouvelle écrite par Emrys, une de mes amies, afin de valider la catégorie Automne douceur de vivre, Sous catégorie « Un Cinnamon roll et un chaï Latte à emporter s’il vous plaît ! » qui est une catégorie dédiée aux nouvelles.

Avant tout, voici le résumé de la nouvelle : Apprentie auprès du plus grand alchimiste de son temps, Elexia ne vit que pour une chose : l’instant où son maître lui ouvrira les portes de son laboratoire secret. Lorsque ce moment arrive enfin, elle découvre avec fascination que ses activités dépassent de loin tout ce qu’elle avait pu imaginer. Mais dans le sous-sol obscur, elle sent ses convictions vaciller à l’instant où elle croise le regard jaune du sujet n°6. Si votre conscience s’opposait à tout ce en quoi vous croyez, quelle voie choisiriez-vous ?

Mon avis : 

Une réflexion sur les expériences scientifiques

Dès le départ, l’auteure met en avant le conflit intérieur de la jeune apprentie alchimiste, tiraillée entre sa curiosité scientifique, et ses sentiments envers le sujet numéro 6 qu’elle connaissait avant sa transformation.

Un jeu de séduction subtil se met en place entre les deux protagonistes mais pour des raisons différentes : Elexia, timide scientifique éprouve des difficultés à cacher son émoi, tandis que le sujet numéro 6, aux abois, emploie ses charmes comme une stratégie pour s’échapper.

A travers cette nouvelle, on s’interroge sur le bien-fondé des expériences scientifiques sur les êtres humains, ou tout autre créature, car numéro 6 n’est pas seule : un elfe et un chien viennent compléter ce musée des horreurs.

Plusieurs questions sont soulevées : Peut-on tout s’autoriser sous prétexte de faire avancer la science ? A quel moment perd-on son humanité ? Sur ce sujet, Elexia et le professeur, du fait de leurs convictions opposées, permettent de comprendre les deux points de vue sur ce sujet.

Un clin d’oeil à FMA et l’alchimie en général

Pour les connaisseurs du manga Full Metal Alchemist, on notera une petite référence à la série à travers la chimère que le professeur créé à partir de son propre chien.

En effet, dans le manga, un autre professeur crée une chimère à partir de son animal de compagnie et de sa propre fille.

Dans Derniers Battements, il sera plutôt question d’un chien qui a des pouces réversibles et tient sur ses jambes… tout en ayant conservé un caractère de fidèle canidé.

Par ailleurs, l’alchimie est présentée dans la nouvelle comme un outil de protection : on verra élève et professeur utiliser des symboles alchimiques pour verrouiller un coffre comprenant des données importantes. Le reste des expériences relèvera lui de la science de manière plus directe.

Une maîtrise d’écriture remarquable [SPOILERS]

Emrys possède une technique d’écriture saisissante : à travers son récit en chapitres courts, elle réussit à retranscrire les battements de coeur du sujet numéro 6 dont la santé va déclinant.

On comprend mieux pourquoi la nouvelle s’intitule Derniers Battements car l’on vit les derniers jours de la chimère féline.

En conclusion : Une nouvelle à portée philosophique portée par une technique d’écriture remarquable qui vous fera voyager au pays des alchimistes et des chimères.