Publié dans Lectures, On joue ?

Bilan de mes lectures du Hanami Book Challenge

Suite à mon bilan de création du challenge, voici mon retour sur mes lectures et visionnages du Hanami Book Challenge. Après une plongée intensive de trois mois autour de la culture et de la littérature japonaise, j’ai très peu descendu ma PAL mais fait des découvertes très intéressantes.

Mon ressenti général sur le challenge

Pour ce challenge, rien ne s’est passé comme prévu : J’avais commencé par utiliser les livres de ma Pile A Lire sur la thématique du Japon et de la littérature japonaise et je comptais emprunter ce qui me manquait à la bibliothèque. Au final, j’ai emprunté beaucoup de livres à la bibliothèque, j’en ai acheté quelques uns et je n’ai pas trouvé certains titres annoncés à lire pour ce challenge, donc j’ai compensé par d’autres.

De manière générale, je n’ai pas cherché à me contraindre vis à vis des menus pour mes lectures (un comble en tant que créatrice de ce challenge !). J’ai souhaité explorer la culture japonaise à travers sa littérature, ses contes, les carnets de voyage d’étrangers, des nouvelles, des romans écrits par des japonais ou par des étrangers sur le Japon, des bande-dessinées, des ouvrages sur la culture à travers ses objets ou le dessin, des romans graphiques.

L’ensemble forme un joyeux mélange, et j’avoue m’être beaucoup amusée à picorer et varier les plaisirs de lecture. C’est un peu ce qui fait la force de ce challenge : on se limite pas aux seuls romans mais à tout un ensemble de documents à notre portée et on peut aussi le réaliser avec des films et séries.

Mes découvertes préférées restent les deux carnets de voyage de Florent Chavouet au graphisme et à l’humour inimitables : Tokyo Sanpo et Manabé Shima, ainsi que le roman Tokyo la nuit de Nick Bradley.

Côté films et séries, je me suis moins investie en privilégiant des séries ou drama avec des thèmes contemporains, exclusivement sur Netflix et Amazon Prime. J’ai eu la flemme de regarder les films empruntés en dvd à la bibliothèque et je n’ai pas été très motivée pour regarder des anime excepté pour un film Ghibli que je n’avais pas vu. J’ai donc lâché une grande partie de ma PAL, mais j’ai visionné 5 séries, 1 film. Mon coup de coeur va à la série Tokyo Girl dont j’ai adoré l’évolution du personnage et les thèmes qu’elle aborde vis à vis de la sociéré japonaise contemporaine.

Pour finir, et je ne sais pas si cela est arrivé à d’autres, j’ai aussi réalisé une lecture et un visionnage de série hors challenge, en lien avec le Japon. J’étais tellement enjouée à m’immerger dans la culture que j’ai un peu débordé d’enthousiasme. Néanmoins, ce n’est pas perdu : cela m’a donné d’autres idées de thèmes pour les menus de l’an prochain et j’ai passé un très bon moment avec ces Hors challenge !

Les flops du challenge :

Pendant le challenge, j’ai eu quelques flops de lecture avec ces titres pour des raisons différentes.

Chauds chauds les petits pains de Yu Takita ne m’a pas emballé par son intrigue ni son style graphique, mais il m’a intéressé par son témoignage d’un quartier de Tokyo avant sa destruction pendant la guerre.

Le recueil de nouvelles, Le jour de la gratitude au travail de Akiko Itoyama ne m’a pas emballée par ses intrigues non plus mais j’ai beaucoup apprécié le style de l’auteure assez mordant, ainsi que ses personnages peu conventionnels.

Enfin, j’ai carrément abandonné le Jeu de la Trame de Sylviane Corgiat et Bruno Lecigne, au bout de 50 pages. Il est rare que j’abandonne un livre, mais le sujet me mettait mal à l’aise : un jeune homme décide de partir à la recherche de cartes magiques dans un Japon féodal, afin de ressusciter sa soeur dont il est amoureux et avec qui il avait une relation incestueuse. Outre les scènes de sexe et un personnage principal détestable, le sujet de l’inceste m’a mise mal à l’aise et je n’ai pas pu continuer ma lecture malgré un style intéressant qui rappelle l’épopée japonaise.

Les livres que je n’ai pas lus :

Certains étaient dans ma Pile à Lire pour le challenge, d’autres se sont rajoutés au fil de mes emprunts en bibliothèque. Pour la plupart, c’est le temps qui m’a manqué et je compte les lire dans les mois à venir ou les garder pour la deuxième édition du challenge. Pour d’autres, je n’ai pas pu me les procurer comme La cantine de minuit que j’avais réservé à la bibliothèque (et que je n’ai pas pu récupérer). De manière générale, j’ai essayé de privilégier les formats courts sauf si un gros roman me donnait vraiment envie.

Dans l’ensemble ceux qui ne sont pas lus sont des romans assez épais, pas touchés suite à une panne de lecture en début de challenge que j’ai depuis résorbée.

Concernant ma pal de séries et films, j’ai très peu regardé de films et d’anime. Je me suis concentrée sur des séries avec des thématiques contemporaines par intérêt pour la culture japonaise. Je serai peut-être plus encline à visionner des séries d’anime humoristiques l’année prochaine également.

Décompte des lectures/films par menu

Pour ce challenge j’ai lu 20 livres et regardé 6 films/séries japonaises ou sur le Japon. Cependant, la plupart de mes lectures et visionnages concernent le menu Japon contemporain et je n’ai lu aucun livre/films pour le menu Japan Pop… Voyons le détail :

Dans ce menu, j’ai lu/ vu :

Pour la Gloire de l’empereur

1 abandon de lecture, 1 lecture

Le jeu de la trame de Sylviane Corgiat et Bruno Lecigne,éditions Mnémos mais abandon au bout de 50 pages, soit même pas 50% du livre. Donc, le livre ne compte pas.

Bakemono San, les héritiers d’Higashi tome 2, Clémence Godefroy, éditions du Chat noir.

Le temple abandonné

4 livres

L’étrange bibliothèque de Haruki Murakami, éditions Belfond

Birthday girl de Haruki Murakami, éditions Belfond

Contes et légendes japonaises, Ynnis éditions

Les neiges de l’éternel, Claire Krust, éditions ActuSF

Le sourire de la Geisha

3 livres

Maïmaï de Aki Shimazaki, éditions Actes Sud

Les cahiers japonais, le vagabond du manga, Igort, éditions Futuropolis

Les cahiers japonais, voyage dans l’empire des sens, Igort, éditions Futuropolis

Les cerisiers en fleurs

2 livres

Chauds chauds les petits pains, de Yu Takita, éditions Philippe Picquier

Maneki Neko et autres histoires d’objets japonais, Joranne, éditions Le prunier/sully

Aucune lecture ni visionnage de film/série pour ce menu. Soit je n’ai pas récupéré les mangas associés à ma PAL en bibliothèque, soit je n’ai pas été inspirée par ma PAL films et séries.

Dans ce menu, j’ai lu/vu :

Fly me to Saitama

3 livres et 1 film

Pêche au toc dans le Tohoku, Shinsuke Numata, éditions Picquier

Quartier Lointain, Jirô Taniguchi, éditions Picquier

Souvenirs de Marnie, Studio Ghibli (Netflix)

Manabé Shima, Florent Chavouet, éditions Picquier

Gambate !

2 livres et 2 séries

Le jour de la gratitude au travail, Akiko Itoyama, éditions Picquier

Hôzuki, Aki Shimazaki, éditions Actes Sud

Kantaro, the sweet tooth salaryman, 2017 (Netflix)

Tokyo Girl (guide), Yuki Tanada, 2016 (Amazon Prime)

Souvenirs de lycée

Une série

The many faces of Ito, 2017 (Netflix).

Tokyo By night

5 livres et 2 séries

Tokyo la nuit, Nick Bradley, éditions Belfond

Tokyo sanpo, Florent Chavouet, édition Picquier

Touiller le miso, Florent Chavouet, éditions Picquier

Petites coupures à Shioguni, Florent Chavouet, éditions Picquier

Les miracles du bazar Namiya, Keigo Higashino, éditions Actes Sud

Samurai Gourmet, 2017 (Netflix)

Big in Japan, Tokyo édition,  Lachlan McLeod, 2018 (Amazon Prime)

Si je reviens sur mon décompte de challenge expliqué dans mon article introductif, je ne gagne aucun niveau car j’ai validé deux menus sur trois, mais j’ai lu plusieurs livres dans chaque catégorie des menus validés. Je pense revoir mon système de notation pour l’an prochain, pour proposer une compensation bonus si on zappe un menu mais que l’on lit plusieurs livres dans un autre. D’une part ce n’est pas désintéressé, d’autre part cela permettra aux participants qui comme moi zappent un menu de valider un niveau.

Mon total est donc de 20 livres et 6 films et séries, ce qui n’est pas si mal pour un challenge de trois mois. Si je m’étais écoutée, je lirais encore d’autres livres mais il faut savoir changer de type de lecture avant de saturer…

J’espère que vous vous êtes autant amusés que moi à participer à ce challenge. N’hésitez pas à cliquer sur les liens des titres si vous souhaitez lire mon retour sur le livre ou le film mentionné ou à me laisser un commentaire si nous avons une lecture en commun.

J’espère proposer un challenge aussi amusant l’an prochain pour la deuxième édition, avec toujours de belles découvertes sur la culture japonaise.

Sakura et sushi,

A.Chatterton

Publié dans Lectures, On joue ?

Bilan de la création du Hanami Book Challenge 2021

Au terme de ce challenge sur le Japon et la littérature japonaise, j’ai souhaité vous faire part de l’envers du décor concernant sa création, et sa mise en oeuvre en vous proposant un bilan au terme de ces trois mois de lectures intensives. Pour ceux qui souhaitent réaliser un challenge, cela peut vous aider. Vous trouverez aussi en fin d’article ce que j’envisage comme évolution pour l’année prochaine (car je compte bien réitérer l’expérience).

La création du challenge

Le Hanami Book Challenge est le premier challenge que j’ai créé à ce jour. C’est la concrétisation d’une envie que j’ai depuis un an et je me suis surtout fait plaisir en le réalisant.

Après avoir participé à environ 5 challenges différents et décortiqué leur mode de fonctionnement, je me suis dit que cela n’était pas bien sorcier d’en réaliser un moi-même.

J’ai décidé de prendre comme thématique la littérature japonaise et le Japon car c’est un thème que j’apprécie mais aussi parce qu’à l’époque je n’avais pas trouvé de challenge spécifique sur le sujet. Je voulais proposer quelque chose de nouveau.

Ce challenge a la même structure que le Pumpkin Autumn Challenge créé par Guimause Terrier : 3 menus avec 4 sous-catégories au noms évocateurs, avec des mots-clés entre parenthèses pour aiguiller le lecteur. Il a la même temporalité : trois mois de avril à juin.

J’ai essayé d’englober des thématiques récurrentes, voire stéréotypées autour du Japon afin de faire entrer un maximum de documents, mais aussi de le mettre à la portée des lecteurs qui découvrent cette littérature.

J’avoue que ce qui m’a causé le plus de fil à retordre était le mode de validation, mais au final personne ne l’a beaucoup utilisé.

La page instagram crée pour le challenge n’était pas prévue au départ et s’est décidée sur un coup de tête afin de faire connaître un peu le challenge et d’avoir un espace d’échange autour des lectures. J’ai choisi Instagram pour son côté visuel mais aussi pour éviter la modération d’un groupe facebook.

J’ai également proposé une pal de livres et une pal de Séries et films pour aider les participants à trouver des idées car ce challenge ne se limite pas aux livres.

Enfin, j’ai publié de façon régulière mes avis personnels sur les lectures réalisées pendant le challenge sur mon blog et Instagram afin de faire d’autres propositions et animer la page Instagram.

Les participants au challenge

Difficile d’évaluer la participation réelle des lecteurs pour le challenge car je n’ai pas mis en place un système d’inscription. J’évoquerai donc les lecteurs qui se sont manifestés sur wordpress, Facebook et Instagram ou sur qui je suis tombés par hasard.

Je me suis vite aperçue que mon challenge coïncidait avec un autre challenge intitulé Un mois au Japon (évoqué dans ma veille littéraire du net #28) qui avait lieu tout le mois d’avril. Les organisatrices de Un mois au Japon ont relayé mon challenge sur leur groupe facebook, ce qui m’a attiré des participantes (ce qui était très sympa de leur part). Par conséquent, certaines lectrices ont réalisé les deux challenges en parallèle, mais quelques unes ont arrêté de participer au mien une fois celui le mois du Japon terminé.

Au niveau de la page instagram, je compte 42 abonnés, et 4 participantes régulières qui ont publié des avis lectures pendant tout le challenge. Sur WordPress, j’ai noté 6 participantes dont une déjà abonnée sur le compte Instagram. De ce côté, j’ai noté principalement deux retours par des articles de bilan. La majorité des participants sont des femmes. Je n’ai pas eu de participants masculins.

L’article de présentation du challenge a généré sur mon blog 181 vues, 7 likes et 23 commentaires (dont 10 sont des notifications ping de mes articles entre eux et ne comptent pas.). Sur Instagram, les posts de présentation du challenge et des menus a généré 22 likes sur la page instagram du challenge et 33 likes sur ma page personnelle. Sur Facebook, mon post de présentation du challenge sur la page Miss Chatterton a généré 9 likes, 2 partages, 1 commentaire et touché 88 personnes.

En général, les participantes ont été très contentes de participer, même si elles ont trouvé le menu Japan Pop difficile à remplir. Elles ont apprécié ma proposition de menus détaillés et le fait que le challenge soit flexible au niveau du type de document à utiliser pour remplir toutes les catégories (série ou livre, fiction ou documentaire, roman ou manga).

Un autre détail intéressant est que pour certaines, cela leur a fait découvrir la littérature japonaise ou sortir de leur zone de confort de lecture, ce qui étaient mes principaux objectifs.

Pour résumé, même si le taux de participation est faible cette année, je suis contente d’avoir réalisé un challenge de qualité qui a été apprécié par les participantes.

Les écueils du challenge

Maintenir une barrière entre animation et participation à son propre challenge.

Sur le compte Instagram du challenge, j’ai eu des difficultés à séparer mes posts censés présenter des livres pour le challenge de mes propres lectures pour le challenge. Je souhaitais séparer ma participation au challenge de l’animation du challenge. Mais finalement, j’ai dû publier sur les deux comptes mes retours personnels (les posts mini-chroniques) car je n’ai pas pris le temps de prendre en photo et présenter des livres. Par ailleurs, je trouvais mes présentations trop impersonnelles à l’inverse de mes retours de lecture.

Compter le nombre d’inscrits

Je n’ai pas pensé à mettre en place un vrai système d’inscription, en me disant qu’un commentaire sur l’article de présentation du challenge suffirait et que c’était un test personnel pour savoir si je pouvais créer un challenge intéressant. Or, j’ai eu des participantes depuis Instagram directement qui n’avaient pas vu mon article de blog. Au final, pour réaliser ce bilan, il a été compliqué de savoir combien de lecteurs ont réalisé exactement le challenge.

Le manque d’échange sur Instagram

A ma grande surpise, j’ai aussi trouvé qu’Instagram n’était pas suffisant pour que les participants échangent autour de leurs lectures. Tout se borne aux commentaires. Je n’ai pas trouvé non plus comment reposter les publications des participants sur le feed, donc j’ai pris le parti de les reposter en story.

Communiquer plus et plus régulièrement

Niveau communication, cette année j’ai créé la page Instagram du challenge et j’ai contacté des maisons d’éditions spécialisées en littérature japonaise pour leur proposer de relayer le challenge.

Concernant la page Instagram, je l’ai animée pendant deux mois et demi avec des suggestions de lecture ou des retours personnels et quelques défis. J’ai aussi reporté en story les lectures des participants et taggué les maisons d’éditions citées dans les post. Au final, j’ai eu trois personnes régulières qui ont utilisé le Hashtag du challenge sur Instagram, peu de participations aux défis et de repartages des maisons d’éditions. J’ai trouvé le projet chronophage, notamment sur la prise de photos des livres, pour peu de participation. Je pense que mon rythme de publication sur Instagram n’a pas aidé car j’ai été attentive à publier deux fois par semaine au début et je me suis essoufflée au terme du deuxième mois.

Pour ce qui est de l’investissement des maisons d’éditions, il a été maigre. J’ai contacté par les réseaux sociaux quelques maisons d’édition pour leur expliquer le challenge et leur proposer de relayer mes participations. Pour résumer, les grandes maisons m’ont ignorée à l’inverse des plus petites qui ont été plus réactives comme Ynnis éditions, ActuSF ou LivrS éditions. Je pense que la jeunesse du challenge et son manque de notoriété ne m’ont pas aidée mais ce n’est pas très grave.

Des menus trop compliqués

Côté menus, j’ai eu des remarques sur leur côté cliché ou malvenu. Quelqu’un notamment m’a fait une remarque concernant l’intitulé Le sourire de la Geisha car dans les mots-clés associés, il y avait le mot « érotique » qui n’a pas plu à la personne, estimant qu’on y voyait un amalgame entre geisha et prostituée. Ce n’était pas mon intention, néanmoins, je souhaite éviter les raccourcis trop rapide pour les lecteurs.

Par ailleurs, le menu Japan Pop a semblé difficile à remplir pour tout le monde, notamment la catégorie Monter sur scène avec idols.

Evolution du challenge pour l’an prochain

Comme je compte réitérer le challenge l’an prochain malgré le peu de participants, j’ai pris en compte les améliorations à réaliser suite à des remarques de lecteurs ou des idées personnelles.

Tout d’abord, je pense à minima proposer un système d’inscription pour que les gens me signalent s’ils participent au challenge. Ce sera certainement via un commentaire sur l’article publié sur mon blog ou les réseaux sociaux. Je sais que cela ne semble pas très utile à première vue, mais cela m’aide à réaliser l’impact du challenge dans la blogosphère littéraire.

Je pense revoir les menus également pour proposer des thèmes plus abordables et moins clichés et en introduire d’autres que j’ai oubliés. J’ai noté que le menu Japon Contemporain remportait un suffrage important en termes de lectures. Il est possible que je m’en inspire pour décliner les menus.

L’an prochain, j’envisage d’étendre ma communication sur le challenge en m’y prenant plus tôt, en enregistrant mon challenge sur Booknode, et en proposant un groupe facebook en plus de la page Instagram, même si la modération qui ne m’enchante pas. Le fait est que j’aimerais plus d’échanges autour de la littérature japonaise et je n’ai pas l’impression qu’Instagram en propose, du moins dans la forme que j’ai choisie. J’envisage aussi de réaliser des partenariats avec les petits éditeurs qui ont relayés mon challenge cette année.

J’aimerais aussi communiquer des ressources sur la culture japonaise et réfléchir un peu plus à des jeux autour du challenge, ce que je n’ai pas pris le temps de faire cette année. Ce sera notamment plus intéressant l’an prochain car j’ai prévu de partir 10 jours au Japon au mois de mai 2022, si tout va bien, donc il y aura des photos in situ !

Voilà pour ce bilan déjà assez long comme ça. Je tiens à remercier les participants, les maisons d’éditions et les blogpotes qui m’ont soutenue ou ont relayé mes publications pour faire connaître ce challenge.

Je vous attends l’an prochain, un peu plus nombreux je l’espère. Et si ce n’est pas le cas, je passerai un bon moment lecture tout de même. L’important restant de se faire plaisir. 🙂

Si vous avez envie de m’indiquer votre bilan, votre ressenti ou des idées d’évolution du challenge, n’hésitez pas à me l’indiquer en commentaire.

Tofu et wasabi,

A.Chatterton

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Tokyo la nuit, Nick Bradley, éditions Belfond

Lu dans le cadre de la masse critique Babelio mais aussi pour le Hanami Book Challenge, j’ai été très étonnée de la qualité d’écriture de ce livre qui a pour thème Tokyo, mais vu par un Britannique, avec la fantaisie d’un Haruki Murakami sans son côté bizarre.

Résumé : À Tokyo, une chatte tricolore aux yeux verts vagabonde dans les ruelles sombres et les recoins les plus abandonnés. À mesure qu’elle trace son chemin dans des quartiers de plus en plus interlopes, elle croise la route de personnages étonnants : Ichiro, une ancienne star déchue qui vit dans un hôtel abandonné, Makoto, un jeune salaryman qui subit son existence, Kentaro, un tatoueur de yakuzas, et Naomi, sa mystérieuse cliente, le détective Ishikawa qui gagne sa vie en photographiant des liaisons adultères, une employée de bureau en quête d’amour, Mari et George, un couple mixte et dysfonctionnel qui ne parvient pas à se séparer… Des vies solitaires, apparemment déconnectées les unes des autres et autour desquelles va pourtant se tisser un imperceptible lien avec, en toile de fond, la ville de Tokyo, impressionnante et fascinante…

Mon avis :

Un roman choral représentatif du Japon

Nick Bradley nous présente à travers cette nuit dans la capitale nippone une galerie de personnages atypiques mais pourtant en partie représentatifs du Japon d’aujourd’hui.

Chaque chapitre raconte l’histoire d’un personnage qui va croiser à un moment donné la route d’une chatte tricolore aux yeux verts, ou les autres personnages du roman.

Ainsi, Ichiro, le sans-domicile-fixe est un conteur traditionnel qui a eu du succès, mais qui est tombé dans la déchéance suite à un drame personnel et l’alcoolisme. Il représente les japonais qui ont échoué à s’intégrer dans la société et peu de personnes lui viennent en aide (de peur sans-doute d’être « contaminés » par son échec ?).

Kentaro, le tatoueur traditionnel de yakuzas perpétue un art ancestral mais voit son nombre de clients diminuer et surtout son art associé aux yakuzas alors qu’il n’aspire qu’à montrer ses talents.

Mari est une japonaise intello qui apprécie d’être en couple avec un étranger (Georges). Elle souhaiterait avoir un enfant avec lui parce que les enfants métis sont plus « mignons » que les japonais pur souche. Sa relation avec George oscille entre le maternage et l’amour dysfonctionnel. Elle aspire à une forme d’occidentalisation comme un effet de mode.

George est un britannique venu au Japon après un drame familial. Il représente l’étranger fasciné par la culture japonaise qui souhaite vivre de son art (la photo). On ne sait pas s’il est en vacances ou s’il travaille vraiment. Il vit aux crochets de Mari et ne sait pas s’il l’aime vraiment. C’est l’étranger qui se cherche au Japon.

Taro, le frère d’Ichiro, est chauffeur de Taxi dans la capitale nippone. Sa fille est partie vivre aux Etats-Unis pour ses études, et sa femme est décédée. Il mène une routine monotone et triste entre clients affreux devant lesquels il s’humilie et problèmes de dos. C’est le Japonais qui accepte son sort.

Sachiko est une jeune employée de bureau qui mène une liaison avec un japonais ne souhaitant pas s’engager. Sauf qu’elle l’ignore, et pleine d’espoir attend qu’il lui fasse sa proposition alors que les années passent. Elle représente la japonaise qui cherche l’amour avant ses 30 ans sous peine d’être déclarée « périmée » par la société.

Flo est une jeune étrangère embauchée comme traductrice dans une société japonaise. Elle vit seule et a peu d’amis exceptés ses premiers employeurs et collègues enseignants avec qui elle entretient des liens forts. Sa passion est la traduction d’un auteur japonais peu connu, qui s’avère être le père de Taro et Ichiro. Elle représente l’étrangère qui a dû mal à s’intégrer dans l’entreprise japonaise et qui est victime de Tchikan.

D’autres personnages seront évoqués au fil des pages, proches des premiers avec d’autres thématiques : une jeune fille métis (japonaise-coréenne) qui garde ses origines secrètes pour éviter les discriminations au travail, Naoya un trentenaire qui vit reclus chez lui depuis qu’on l’a moqué à l’école, Kensuke un jeune garçon métis harcelé à l’école, le détective Ishikawa qui enquête sur la disparition d’un jeune garçon possiblement membre des yakuzas, un pervers qui a sombré dans la folie, la fille de Taro qui se sent décalée entre la culture japonaise et américaine…

Tous ces personnages ont en commune une solitude immense malgré la grandeur de la ville et nous touchent, chacun à leur manière par leur histoire particulière.

Du fantastique à la Haruki Murakami

A côté du ton réaliste des histoires de ses personnages, l’auteur introduit la figure du chat et de Naomi, une jeune fille mystérieuse que tous vont croiser à un moment donné.

Le chat a les mêmes yeux que Naomi, et l’on peut supposer qu’il s’agit d’elle qui se transforme, mais nous n’en sommes pas certains. Et l’auteur laisse planer le doute tout au long du roman sans donner plus d’explications. La scène dans le restaurant d’okonomiyaki est assez troublante en ce sens.

Ce personnage apparaît dès le premier chapitre en demandant à Kentaro un tatouage représentant Tokyo sur l’ensemble de son dos et ses bras. Elle visitera l’ensemble de la ville pour ajouter autant de réalisme et de dessins à la carte qui se dessine peu à peu sur son corps.

Le chat apparaît pour la première fois sur ce tatouage, rendant fou le tatoueur. Puis il viendra en aide à Ichiro cherchant un logement, se fera prendre en photo par George, frapper par Sachiko, secourir par Kensuke et Naoya. On le retrouvera tout au long du récit, tantôt effrayant, tantôt ami, comme un observateur silencieux de cette capitale plutôt frénétique où tout va trop vite.

Par ces petites touches de fantastique, Nick Bradley se rapproche de l’auteur Haruki Murakami connu pour ce style si particulier. Cependant, à l’inverse du japonais, il ne tombe pas dans un fantastique qui nous laisse sur notre faim avec l’irruption d’éléments ubuesques et inexplicables. Le fantastique est plutôt simple : c’est ce chat qui traverse la vie des hommes. Peut-être se transforme-t-il, mais ce sera tout. Personnellement, j’ai préféré ce récit à d’autres de Murakami du même style. Peut-être parce que je suis une occidentale tout comme l’auteur ? Ou que j’aime comprendre un récit ? Mystère…

Une nuit à Tokyo avant les jeux olympiques

En filigramme des personnages et de la figure du chat, se dessine une uchronie de Tokyo peu avant les Jeux Olympiques de 2021 qui ne sont pas encore arrivés dans notre réalité, mais qui le sont dans ce livre.

L’auteur pointe le « nettoyage » des rues de ses SDF, pour rendre la capitale plus « propre » aux yeux des occidentaux en enfermant les gens dans des centres. Ichiro et ses amis en feront d’ailleurs les frais, comme ils vivent dans la rue, ajoutant encore à leur peine d’être marginalisés.

Les files de douane à l’aéroport se feront distinctes pour les étrangers à l’inverse des japonais, comme on le verra avec la fille de Taro, mariée à un américain quand elle viendra lui rendre visite. On sent une forme de racisme latent des japonais malgré la volonté de bien paraître aux yeux des occidentaux, ressenti par la japonaise qui a des difficultés à se réadapter à son pays d’origine.

En revanche, il n’est pas question de la crise sanitaire. J’ignore si c’est un choix de l’auteur ou s’il avait écrit son livre avant la crise, mais cela n’apparaît à aucun moment dans le récit.

A noter aussi que le livre comprend deux récits supplémentaires : Tout d’abord, une nouvelle de science-fiction écrite par le père de Taro et Ichiro et traduite par Flo, que l’on retrouvera au fil du récit. Et enfin un manga dessiné grossièrement par le jeune Kensuke, retraçant ses conversations d’enfant avec Naoya. En plus du récit principal, cela rend ce livre assez hétéroclite.

En conclusion : Tokyo la nuit est le meilleur récit japonais écrit par un étranger que j’ai pu lire jusqu’à présent. Sous couvert d’un récit contemporain légèrement fantastique, il évoque plusieurs thèmes de la société japonaise qui nous donnent à réfléchir. Avec sa galerie de personnages non limitée à des autochtones, il nous montre un Japon d’aujourd’hui en proie à ses contradictions. Un roman écrit par un Murakami qui serait devenu britannique.

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Mini chroniques en pagaille #4 Spécial Hanami Book Challenge

Sur le principe des mini-chroniques en pagaille de Light and Smell, voici mon retour sur mes dernières lectures pour le Hanami Book Challenge. Plus étoffées qu’un simple commentaire, moins élaborées qu’une vraie chronique, parce que je n’ai pas le temps ou l’envie d’écrire une vraie chronique pour chacun des livres lus…

Manabé Shima, Florent Chavouet, éditions Picquier

Menu Japon Contemporain – Catégorie Fly me to Saitama

Résumé : Florent Chavouet a décidé de partir une île japonaise pendant deux mois afin de dessiner et d’en apprendre plus sur la culture japonaise. Comme l’archipel comporte plusieurs îles et îlots, il a jeté son dévolu sur celle de Manabé Shima, pas vraiment touristique. Ce sont ses aventures passées auprès de la communauté locale qu’il nous narre avec brio dans ce nouveau roman graphique que l’on pourrait aussi classer en guide touristique ou en récit autobiographique illustré.

Mon avis : J’avais beaucoup apprécié Tokyo Sanpô, lu lui aussi dans le cadre du Hanami Book challenge, qui parlait de ses aventures à Tokyo. J’ai carrément dévoré Manabé Shima qui apporte en plus un air de vacances estivales car il s’agit d’une île de pécheurs. On sent que l’auteur a beaucoup apprécié son voyage car il croque avec malice les nombreux membres de la communauté locale pour le moins atypiques : familles nombreuses, pêcheurs, petits vieux, tenancier de bar local, artistes, et même chats et poissons. L’île est très rurale et semble éloignée de tout, ce qui tranche avec la ville de Tokyo. On se prend vite au jeu des coutumes locales qui finissent souvent en barbecue communautaire, ainsi qu’à l’énumération des poissons en japonais ou la description minutieuse des intérieurs des maisons. Florent nous raconte aussi des anecdotes très amusantes sur des situations gênantes qui ont pu lui arriver pendant son séjour comme en premier lieu son problème pour trouver un logement ou se faire comprendre car il ne parle pas japonais. Il invente aussi des histoires humoristiques entre les gangs de chats de l’île ou la vie des poissons finissant en brochettes. On sent que les habitants ont vite adopté ce petit français qui dessine bien, au vu des histoires qu’il nous raconte. A travers la vie de l’île, on se rend aussi compte de l’attraction des villes pour ces îliens, dont la population a baissé de deux tiers, même si certains travaillent ailleurs et vivent encore sur l’île. Au niveau graphique, on retrouve des dessins au crayon de couleur superbement réalisés et détaillés de gens, des paysages, des animaux et des intérieurs de maison, nous permettant d’entrer dans l’univers de l’auteur et de vivre avec lui ce voyage. Même les légendes des illustrations et le récit chaotique écrit au crayon participent au charme de ce carnet de voyage qui sent bon les vacances d’été. J’ai beaucoup aimé la visite et cela m’a donné envie de visiter de petites îles japonaises même si je ne parle pas la langue. Mais après tout, si l’auteur s’est bien débrouillé pendant deux mois, pourquoi pas ?

Le jour de la gratitude au travail, Itoyama Akiko, éditions Philippe Picquier

Menu Japon d’Aujourd’hui – Catégorie Gambate !

Résumé : Il s’agit d’un recueil de deux nouvelles centrées sur le monde du travail du point de vue féminin et qui semble un peu autobiographique.

Dans la première nouvelle intitulée Le jour de la gratitude au travail, nous suivons une jeune chômeuse de 36 ans qui vit chez sa mère. La jeune femme vit très mal le fait d’être au chômage et quand sa voisine lui propose un rendez-vous pour un mariage arrangé, elle se sent prise dans un traquenard…

La seconde nouvelle s’intitule J’attendrai au large et évoque les relations entre collègues de bureau d’une jeune femme et d’un jeune homme, commerciaux dans la même entreprise. Le jeune homme décédé, revient hanter la jeune femme qui s’interroge sur ses choix de vie.

Mon avis sur la première nouvelle : C’est la première fois que je rencontre une auteure japonaise avec un langage aussi acide envers la société japonaise et le monde de l’entreprise. Son héroïne dénonce le fonctionnement machiste de sa société et l’on découvre que sa démission n’est autre qu’un licenciement abusif associé à du harcèlement sexuel. La position du personnage principal est également peu enviable dans une culture marquée par les hommes : à 36 ans, elle semble « périmée » vis à vis du mariage ou d’un nouveau poste dans une entreprise. L’auteure évoque en exergue une société où le travail devient plus difficile à trouver si l’on n’a pas de qualifications qui sortent de l’ordinaire ou si l’on s’éloigne de la voie tracée des jeunes filles convenables. Car Kyoko n’est pas ce qu’on peut appeler une jeune fille japonaise bien élevée et soumise : elle souhaite trouver un idéal dans son travail, quelque chose dont elle serait fière. Elle boit un peu trop aussi et s’emporte facilement. Et elle n’est pas assez désespérée pour épouser le premier inconnu venu pour échapper à sa situation. Cette rencontre arrangée met en lumière la volonté des anciennes générations d’aider les nouvelles mais avec leurs codes qui ne fonctionnent plus vraiment à notre époque. Elle apporte aussi un éclairage sur la bulle économique japonaise qui s’essouffle, avec des travailleurs dévoués à leur entreprise qui méprisent ceux peinant à retrouver un emploi. Pour résumer, une nouvelle au ton amer vis à vis de la société japonaise et surtout sur la manière dont elle traite les femmes.

Mon avis sur la seconde nouvelle : Toujours dans un style critique et cru, l’auteure nous emporte dans une autre nouvelle ayant pour sujet le travail au Japon. Ici il sera question des mutations dans les succursales de province et du premier travail pour deux jeunes commerciaux sortis de l’université. Futo et Oikawa arrivent ensemble à Fukuoka et s’intègrent plus ou moins facilement auprès de leurs collègues et de la société. L’auteure met l’accent sur les difficultés de Oikawa à se faire des amis auprès de ses collègues car elle apparaît toujours comme une étrangère, même si elle travaille d’arrache-pied dans l’entreprise. A l’inverse, Futo devient la coqueluche du service et va vite se faire une place même s’il n’est pas très consciencieux. Quand Oikawa sera mutée pour bons résultats, cela marquera un tournant dans leur amitié : les collègues de bureau sont-ils des amis ? A travers leurs parcours, l’auteure aborde la vie en entreprise et la bulle économique japonaise, avec la montée croissante des chantiers de constructions. Quand les chantiers cesseront avec la disparition de la bulle, cela rendra les conditions de travail difficiles : les employés devront se disputer des contrats pour pouvoir travailler. Pour résumer, une jolie histoire d’amitié en entreprise qui permet de découvrir le quotidien de jeunes travailleurs japonais au temps florissant de la bulle économique.

Chauds, chauds les petits pains ! et autres ragots du quartier, de Takita Yû, éditions Philippe Picquier

Menu Japon traditionnel – Catégorie Les cerisiers en fleurs

Résumé : Ce roman graphique relate des tranches de vie du quotidien du petit Kiyoshi, âgé de 10 ans, et de sa famille dans le quartier de Terajima à Tokyo dans les années 1940, jusqu’à l’attaque aérienne de Tokyo en 1945 qui détruit la ville. Ces épisodes sont basés sur la vie de l’auteur, Takita Yû qui a vécu à la même époque et dans les mêmes lieux, et tente à travers ces histoires de recréer l’atmosphère de l’époque.

Mon avis : Au premier abord, je n’ai pas du tout accroché à ces tranches de vie d’une autre époque ni au dessin de l’auteur dont les personnages aux têtes allongées m’ont fait penser à un des personnages des zinzins de l’espace. Mais après avoir lu la partie explicative en fin de livre sur la vie de l’auteur, j’ai été un peu plus éclairée sur le but de ces histoires. Takita Yû tente de nous faire revivre son quotidien pendant la guerre jusqu’à la destruction de son quartier. C’est un récit nostalgique d’une autre époque qui est maintenant révolue. Son héros, le petit Kiyoshi vit dans un quartier associé aux maisons de plaisirs avec de nombreux bars mais sous restriction à cause de la guerre : il y a des couvre-feu, peu de clients, de la corruption et des prostituées qui interpellent le client à chaque coin de rue dans des maisons closes. Ces dernières font parfois office de grandes soeurs de substitution pour Kiyoshi en lui offrant des cadeaux en échange de services. Les parents de l’enfant peinent à gagner de l’argent et tentent diverses solutions : faire travailler leur fille à l’usine, louer une chambre à un senior, etc… La guerre est vue du point de vue de Kiyoshi qui lui est plutôt insouciant : il ne pense qu’à manger, faire des bêtises, s’amuser à des jeux d’époque avec ses amis, et surtout à se cacher de sa mère qui le cherche toujours dans le quartier. Seule sa grand-mère est aimable et lui apporte un peu de réconfort. Pour résumer, l’auteur nous propose 6 histoires au fil des saisons jusqu’au bombardement, comme une parenthèse hors du temps, afin de nous faire entrer dans son passé et celui d’un Japon fort de sa résilience. Cela n’a pas été une lecture coup de coeur, mais plutôt une lecture instructive sur l’histoire du Japon.

Les cahiers japonais, Un voyage dans l’empire des sens, Igort, éditions Futuropolis

Menu Au temps des traditions – Catégorie Le sourire de la Geisha

Résumé : Premier volume d’une série de deux, ce roman graphique est à la fois un récit de voyage et un carnet intime de l’auteur qui nous propose de revisiter son passé d’illustrateur pour la maison d’édition japonaise Kodansha dans les années 1990 avec son manga intitulé Yuri. A ses anecdotes personnelles sur la culture japonaise, il évoque aussi le fonctionnement du monde de l’édition au pays du soleil levant et les différences avec l’Europe.

Mon avis : Un tome que j’ai moins apprécié que son deuxième volume consacré à la figure du mangaka. Igort nous emmène dans ses bagages direction le Japon pour travailler comme un forcené auprès de Kodansha. Si le rythme de production est soutenu comparé à une maison d’édition européenne, l’auteur ne s’en plains pas jusqu’à son « rite de passage » que je vous laisserai découvrir. Néanmoins, ce voyage s’avère une forme de méditation où il va prendre des habitudes, se mettre dans les pas de Osamu Tezuka ou Hokusai, rencontrer des figures connues comme Hayao Miyazaki ou Jiro Tanigushi avec qui il deviendra ami. L’ouvrage est parsemé de documents divers : anecdotes sous forme de BD mettant en scène l’auteur, des histoires illustrées associées à la culture du Japon ( les derniers jours d’Hokusai, la bataille de Osamu Tezuka pour imposer la reproduction de ses dessins à la photogravure et non plus à la main pour éviter des altérations des nez de ses personnages, un résumé du film l’Empire des sens basé sur la vie de Abe Sada…). Mais l’auteur glisse aussi des photos de ses rencontres, des pages façon carnet de notes écrites à la main et des illustrations de son manga Yuri. Un ouvrage très intéressant qui permet de découvrir le fonctionnement d’une maison d’édition japonaise : comment les japonais font avancer leurs histoires, accordent les désirs des fans avec les récits, etc… Un joli moment de lecture avec des illustrations très variées allant de la bd à l’estampe.

Les cahiers japonais, le vagabond du manga, Igort, éditions Futuropolis

Menu Au temps des traditions – Catégorie Le sourire de la Geisha

Résumé : Dans ce deuxième volume d’une série de carnets consacrés au Japon et à ses souvenirs d’illustrateur, Igort nous emmène une fois de plus dans un voyage initiatique sur les traces des mangakas japonais cette fois-ci. La période abordée est cette fois-ci l’année 2017, où il retourne sur les lieux qu’il a habité autrefois (cf son volume précédent), et rencontre à nouveau son ami Jirô Taniguchi.

Mon avis : C’est le volume que j’ai préféré des deux publiés par l’auteur pour plusieurs raisons. Moins centré sur la vie d’Igort, il aborde l’histoire de divers auteurs, mangakas et illustrateurs japonais ainsi que leur style. C’est un ouvrage parfait pour en apprendre un peu plus sur la littérature ou l’art du dessin japonais, sans tomber dans les gros livres didactiques. Igort évoque Matsuo Basho, Hokusai, Kawabata, Tamiki Hara, et Jirô Tanigushi en empruntant parfois le style de dessin de la personne citée. Il rapporte également sa visite de lieux connus ou inconnus au fil de son voyage, agrémenté d’anecdotes culturelles : Kanzawa la ville-musée, le thème des yokais dans les mangas, le monastère du mont Koya et ses cèdres rouges géants, les rochers mariés de Ise, le sanctuaire shintoïste de Nachi Taisha et ses touristes en tenue d’époque, Hiroshima et son musée du mémorial de la paix, le jeu vidéo loveplus pour les célibataires qui ne souhaitent pas s’engager, le dernier fabricant de papier de manière traditionnelle, etc… Comme le premier volume, l’ouvrage mêle des photographies anciennes et récentes, à des récits sous forme de bd, des pages de carnets de notes manuscrites et des illustrations magnifiques. Il se dégage une mélancolie de cet album, en lien avec la solitude de l’auteur qui pointe de temps à autre son nez dans ses notes. Un joli ouvrage pour découvrir le Japon sous un autre angle, plus personnel, pas mal culturel et surtout peu conventionnel.

Maneki-Neko et autres histoires d’objets japonais, Joranne, éditions Le Prunier Sully

Menu Au temps des traditions – Catégorie Les cerisiers en fleurs

Résumé : Dans ce livre entre carnet de voyage, bande-dessinée et ouvrage didactique, l’auteure-illustratrice nous explique l’origine et l’utilisation de divers objets japonais connus allant des figurines de culte en passant par les wc et des algues protégées.

Mon avis : J’étais déjà fan de Joranne car elle tient un blog sur les objets japonais, l’une de ses grandes passions, avec le dessin (souvent humoristique). J’ai donc sauté sur l’occasion pour découvrir son livre où l’on retrouve l’essence de son blog, documenté très sérieusement, et qui a dû lui donner du travail.

Je trouve assez originale son approche de l’étude de la culture japonaise par les objets et je me demande ce que cela donnerait si nous réalisions la même chose en France…

L’ouvrage se découpe en plusieurs chapitres comportant à chaque fois un objet. Il y a trois sections : les objets porte-bonheur (Maneki-neko, poupée Kokeshi, Daruma…), les objets usuels (Furin, Washlet, Kotatsu…) et d’autres objets ou traditions culturelles moins connues comme les marimos associés à la culture des Ainous.

Il n’était pas possible de parler de tout, alors je suppose que Joranne a dû réaliser une sélection des plus connus.

Pour chaque objet, elle raconte son histoire, parfois les diverses versions de son origine, où il est fabriqué, comment il est utilisé et si parfois il est associé à un rite particulier.

Le tout est agrémenté de dessins humoristiques assez joyeux avec un petit personnage la représentant, tel un commentateur, qui m’a bien fait rire à certaines pages ! (notamment la page 24 avec la prostituée).

J’ai adoré l’histoire des washlet, ces toilettes japonais électroniques qui ont su s’imposer avec une campagne publicitaire assez maligne. J’ai été très intéressée par l’histoire des poupées Kokeshi dont je n’avais qu’une vision partielle dans les boutiques de souvenirs françaises. Je suis très fan de l’histoire des Noren, ces tissus-enseignes que l’on tend devant les boutiques et qui ont plusieurs utilités. Et je n’ai toujours pas compris comment on insère l’encens en spirale dans le Katori Buta, cette figurine de cochon-encensoir qui sert à éloigner les moustiques (mais j’avoue que ça me fait travailler mon imagination).

Bref, un joli ouvrage à découvrir si vous souhaitez vous plonger dans la culture japonaise autrement que par des guides traditionnels, avec une étude sérieuse et documentée.

Voilà pour aujourd’hui au niveau de les lectures. J’espère que certains livres vous ont tenté.

Il ne reste que 15 jours avant la fin du challenge donc n’hésitez pas à partager vos lectures ou vos bilans du challenge.

Wasabi et sushi,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Mini-chroniques en pagaille de films et séries Spécial Hanami Book Challenge

Sur le principe des mini-chroniques en pagaille de Light and Smell, voici mon retour sur mes derniers visionnages de séries et films pour le Hanami Book Challenge. Plus étoffées qu’un simple commentaire, moins élaborées qu’une vraie chronique, parce que je n’ai pas le temps ou l’envie d’écrire une vraie chronique pour chacun des films ou séries vus…

Note : Pour cette chronique, je n’ai pas eu la volonté de créer une catégorie films ou séries spécialisée sur le blog car je ne propose pas souvent d’articles de ce genre. Il est donc catégorisé en rubrique Lecture au sens large.

Par ailleurs, la plupart de mes visionnages sont catégorisés dans le menu Japon d’aujourd’hui et sont disponibles sur Netflix ou Amazon Prime si vous souhaitez les retrouver.

Catégorie Fly me to Saitama (vie à la campagne, village, vieillesse)

Souvenirs de Marnie, Hiromasa Yonebayashi, Studio Ghibli, 2014 (Netflix)

Résumé : Adapté du roman britannique When Marnie was there de Joan Gale Robinson (réédité récemment par les éditions Monsieur Toussaint L’ouverture), ce film peu connu du studio d’animation Ghibli évoque une jeune fille envoyée à la campagne pour soigner son asthme. Vivant mal son adoption malgré une famille aimante, passionnée de dessin, elle va faire la rencontre de Marnie, une jeune fille qui vit dans la maison des Marais. Mais Marnie est un peu étrange : elle ne peut quitter sa maison et de jour, l’endroit est abandonné. Leur amitié grandissante va aider Anna, l’héroïne à sortir de sa timidité et à se reconstruire.

Mon avis : C’est un joli film sur la campagne japonaise plein de nostalgie et de moments contemplatifs. Les paysages sont magnifiques et d’autant plus quand ils sont croqués au dessin par l’héroïne. La bande son ajoute au côté nostalgique. Autant vous prévenir, ce n’est pas un film d’action ! Le thème de l’adoption est plutôt bien traité : Anna a peur que ses parents très présents l’aiment par obligation car ils reçoivent de l’argent pour s’occuper d’elle, à l’inverse de Marnie qui a des parents biologiques mais les voit trop peu. La tante et l’oncle d’Anna forment un couple aimant et amusant avec une éducation plutôt libertaire qui tranche avec les deux autres familles. Leur maison tout en bois est juste remarquable et s’inscrit dans les intérieurs de tous les films Ghibli où l’on aimerait passer du temps. Idem pour la maison des Marais qui a une touche européenne vue par les japonais assez exotique. Le mystère qui entoure Marnie ajoute un côté fantastique à l’histoire, trouvant une résolution logique en fin de film. J’ai été très émue de découvrir la vie adulte de Marnie et des rebondissements finaux. En résumé, un joli film plein de nostalgie qui parle d’adoption et d’amitié.

Catégorie Gambate ! (vie d’entreprise, harcèlement, racisme)

Kantaro, the sweet tooth salaryman, 2017 (Netflix)

Résumé : Adapté du manga Saboriman Ametani Kantarou de Tensei Hagiwara aux éditions Kodansha et non traduit en France, cette série TV de 12 épisodes de 30 minutes chacun évoque Kantaro, un commercial travaillant pour une maison d’édition renommée à Tokyo, qui est passionné de desserts. Ayant démissionné de son poste de programmateur pour devenir commercial afin de s’adonner à sa passion, il utilise son temps de travail pour manger des desserts une fois ses missions accomplies. Mais comme faire de pauses goûter est assez mal vu, il doit cacher son secret auprès de ses collègues afin d’éviter les ennuis. Mais la très curieuse Kanako a découvert un blog sur les desserts et elle est persuadée qu’il est tenu par Kantaro…

Mon avis : Encore une série japonaise sur la nourriture ! En tant que française et gastronome, je pense qu’il est normal de m’y intéresser, mais je ne m’attendais pas à autant d’engouement pour les desserts japonais ou français. Chaque épisode permet de découvrir un dessert par le biais de Kantaro, et à chaque fois, c’est l’extase devant les jolis plans mettant en scène le dessert. Un autre point fort est que tous les lieux présentés dans la série existent vraiment et si vous visitez Tokyo, vous pouvez les découvrir. J’ai moins apprécié certaines scènes qui relèvent de la comédie japonaise comme le fait que Kantaro a un orgasme quand il mange un dessert, ou qu’il voyage dans un monde très personnel avec des danses bizarres et des personnages avec des têtes d’aliments. Le thème du travail est sous-jacent à celui du dessert : est-il acceptable de s’adonner à son hobby pendant ses heures de travail si on est performant ? Pour une culture où le travail est une priorité, c’est difficilement acceptable et cela explique le soin que prend Kantaro à tout garder secret… même si au cours de deux épisodes il va conseiller à ses collègues commerciaux de s’adonner à leur passion pour être plus performant. Se détendre avec son hobby permettrait de mieux travailler ! A côté du travail, on ne peut qu’être admiratif aussi de la passion qu’ont les japonais pour un simple hobby. Kantaro tient un blog culinaire ce qui est une deuxième forme de travail mais il le fait consciencieusement et avec plaisir. Il a même changé de métier pour y consacrer plus de temps ! Une série à regarder pour le côté food porn et What the fuck japonais, autant que pour les réflexions qu’elle propose sur la valeur du travail au Japon.

Note : Cette série peut aussi s’inscrire dans la catégorie Tokyo by night pour le côté culinaire.

Tokyo Girl (guide), Yuki Tanada, 2016 (Amazon Prime)

Résumé : Depuis qu’elle est enfant, Aya a une vision fantasmée de Tokyo qui ne s’est pas arrangée en grandissant. Son rêve est d’y travailler et d’y vivre, elle a même dessiné tout son plan de vie dans cet objectif. Une fois adulte, le rêve se concrétise mais tout ne se passe pas comme prévu, car les rêves d’enfants se heurtent parfois à une réalité plus dure surtout quand on vient de la campagne et qu’on arrive dans une grande ville.

Mon avis : Cette série dramatique en 11 épisodes d’environ 20 minutes chacun, brosse le portrait d’une jeune femme de ses 23 ans à ses 40 ans qui s’efforce de vivre son rêve. Comme une française qui souhaiterait déménager pour Paris, Aya ne rêve que de Tokyo, d’y travailler, d’y vivre, de trouver un fiancé et d’avoir une carrière honorable. J’ai beaucoup aimé cette série qui m’a interrogée sur mes propres choix de vie car j’arrive à l’âge de la protagoniste à la fin des épisodes. Qu’est-ce qui rend heureux ? Est-ce de coller à son plan de vie ou de vivre le moment présent ? A côté d’Aya, on découvre la ville de Tokyo car à chaque fois que la jeune femme réussit professionnellement, elle change de quartier. Cela donne lieu à une très jolie ballade dans la capitale nippone associée à une micro-étude sociologique de ses habitants. Par ailleurs, la série explore aussi le thème des femmes dans la société japonaise : comment associer carrière et famille dans une société patriarcale ? Comment trouver un mari si l’on souhaite continuer à travailler et que l’on est financièrement indépendante ? Aya va participer à des dîners de rencontre à plusieurs, des speed datings, beaucoup douter d’elle-même, avoir peur de la solitude, et réaliser des choix difficiles sous la pression. Elle va aussi rencontrer plusieurs modèles de femmes qui vont l’influencer dans ses choix : l’éternelle célibataire, celle qui sort avec un homme marié, celle qui occupe un poste important mais a délaissé sa famille, celle qui se marie et arrête de travailler, celle pour qui le mariage est le but ultime de toute vie. Une série pépite sur ce qu’est être une femme au Japon aujourd’hui avec pour seul bémol des sous-titres en anglais car visiblement Amazon Prime ne l’a pas traduite.

Note : Cette série peut aussi entrer dans la catégorie Tokyo by night car elle permet une ballade dans la capitale.

Catégorie Souvenirs de lycée ( école, Light novel, adolescence, romance)

The many faces of Ito, 2017 (Netflix)

Résumé : Cette série japonaise de 8 épisodes de 24 minutes raconte l’histoire de Rio Yazaki, une scénariste à succès célibataire qui n’arrive plus à écrire de nouvelles histoires. A la sortie de son livre de conseils amoureux, elle donne une conférence à des jeunes femmes puis des séances de conseils personnalisés à quatre d’entre elles. La particularité de ces quatre célibataires est qu’elles ont toutes une histoire avec un dénommé Ito. Est-ce le même ? De fil en aiguille, Rio va se servir de leurs histoires pour écrire un nouveau scénario de série mais ce ne sera pas sans conséquences…

Mon avis : Il s’agit d’une série de romance entre drama et comédie qui explore le sentiment amoureux mais surtout les relations foireuses. A travers l’histoire des quatre jeunes femmes, ce sont plusieurs stéréotypes qui sont abordés : la femme qui sacrifie tout pour un amour non réciproque, la jeune vierge naïve, la nana qui fuit toute responsabilité et ne veut pas s’engager, la bimbo qui cherche l’amour mais collectionne les aventures d’un soir. Même Rio devient un cas particulier : la femme qui sacrifie l’amour pour son travail. Du côté des hommes, le mystérieux Ito va s’avérer être un parfait petit c** imbu de sa personne, mais trop timide pour s’engager dans une vraie relation. Mais on rencontrera aussi Kuzuken, qui collectionne les conquêtes alors qu’il est amoureux en secret d’une jeune femme, et le producteur de Rio qui préfère avoir une relation de travail avec elle plutôt qu’une relation amoureuse. L’amour n’est pas simple au pays du Soleil Levant ! J’ai beaucoup apprécié l’évolution des personnages au fur et à mesure de la série, ainsi que le côté esthétique des costumes et des décors. A côté de la romance, d’autres thèmes sont aussi abordés comme la réussite sociale et professionnelle avec le personnage d’Ito qui essaie de réaliser ses rêves sans y arriver, et Syuko qui met la barre trop haut et laisse les autres décider à sa place. Je n’ai par contre pas compris le générique qui semble montrer une série jeune et féminine centrée sur Rio mais qui s’avèrera plutôt orientée sur les quatre jeunes femmes.

Note : Cette série peut aussi entrer dans la catégorie Gambate ! concernant la notion de travail.

Catégorie Tokyo by night ( Mafia, gastronomie, prostitution, LGBTQIA+)

Samurai Gourmet, 2017 (Netflix)

Résumé : Inspiré du roman Le gourmet solitaire de Masayuki Kusumi, lui-même adapté en manga, cette série comique en 12 épisode d’environ 20 minutes chacun raconte l’histoire du timide Takeshi Kasumi, qui expérimente les joies de la retraite en redécouvrant le plaisir de manger des plats japonais. Mais par moments, son guerrier intérieur se réveille quand il se sent agressé ou mal à l’aise, ce qui donne lieu à des scènes assez cocasses…

Mon avis : Cette série met en scène deux thématiques : une présentation des plats simples japonais que l’on retrouve dans la plupart des restaurants nippon, ce qui donne lieu à une belle balade culinaire. Mais aussi, le cas concret d’un japonais à la retraite qui ne sait pas quoi faire de son temps libre après avoir passé sa vie à se dédier à son travail. Au début de la série, Takeshi a le réflexe de se préparer pour aller au travail, se croyant en retard, jusqu’à ce qu’il se souvienne qu’il a pris sa retraite. Si sa femme est toujours en vadrouille et sait s’occuper (yoga, chorale, shopping), lui n’a jamais envisagé ce qu’il allait entreprendre une fois à la retraite. Ancré dans ses habitudes, il n’a jamais pris le temps d’explorer son quartier en dehors de son trajet habituel de travail. Il va donc se lancer dans un voyage culinaire en essayant divers restaurants. J’ai beaucoup apprécié cette série car au-delà de son aspect culinaire, elle est très touchante. Takeshi n’est pas très valeureux. Il a aussi peur que sa femme le quitte et a peu d’amis. Cette nouvelle vie va être un défi pour lui et il va s’efforcer d’en apprécier chaque minute. Chaque plat, en plus d’être appétissant est associé à un de ses souvenirs personnels, comme une madeleine de Proust, ce qui apporte un côté nostalgique à la nourriture. J’ai aussi aimé le côté comique des épisodes avec le personnage du samurai qui apparaît par magie pour dire à la place de Takeshi ce qu’il souhaiterait réellement ou se faire respecter. Les différents restaurants proposés sont aussi intéressants car ils sont très différents, ce qui donne une palette assez riche des lieux qui existent au Japon pour casser la croûte.

Note : Cette série peut aussi entrer dans la catégorie Fly me to Saitama pour le thème de la vieillesse.

Big in Japan, Tokyo édition,  Lachlan McLeod, 2018 (Amazon Prime)

Résumé : Dans ce documentaire de 1h30, trois jeunes réalisateurs australiens proposent de découvrir comment devenir célèbre au Japon. Pour cela, ils décident de créer un personnage : Mister Jonesu / Onigiri-man et de rendre célèbre leur ami David Eliott-Jones. L’expérience va durer deux ans et leur permettre de découvrir d’autres personnalités étrangères célèbres au Japon : Bob Sapp un lutteur américain, Kelsey Parnigoni une idol américaine et Lady Beard un chanteur de métal australien.

Mon avis : Explorant l’attrait des japonais pour les étrangers et le bizarre, les réalisateurs nous proposent une expérience pour rendre un inconnu célèbre et y réussissent ! Partis avec David et son physique bizarre et dérangeant, ils vont lui faire faire tout et n’importe quoi mais aussi rencontrer des étrangers qui ont réussi au Japon. Car il est dit que si on ne réussit pas au Japon, on ne pas le faire ailleurs. Cependant, la route sera longue et difficile et on découvrira l’envers du décor qui n’est pas toujours rose : certains travaillent tellement qu’ils ne voient pas leur famille ou ne peuvent nouer de vraies relations avec les autres, d’autres explorent un rêve le temps de leur jeunesse, d’autres encore résolvent des problèmes personnels à travers un personnage qu’ils incarnent. David va tenter plusieurs approches, souvent assez ridicules jusqu’à se poser l’ultime question face à un énième défi farfelu : jusqu’où est-on prêt à aller par envie de célébrité ? Un documentaire très intéressant pour découvrir un pan de la culture japonaise associé à leur vision des étrangers et du divertissement.

Voilà pour mes découvertes en séries et films japonais pour le moment. J’ai encore d’autres livres et films à regarder d’ici le 30 juin et la fin du challenge. D’ici là, j’espère vous avoir donné envie de vous immerger encore un mois dans cette culture fascinante.

Yakitori et macha,

A.Chatterton.

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #29

Au sommaire de cette veille littéraire du net : Un documentaire sur les maisons traditionnelles japonaises, un couple américano-japonais qui te fait découvrir la culture japonaise de l’intérieur, les challenges littéraires de mai, des appels à textes sur des nouvelles, un projet de photographie pour voyager sans bouger de chez soi, un événement pour mettre en avant l’auto-édition.

Les challenges littéraires du moment

Avril et mai ont été prolifiques en challenges car en plus des Challenges consacrés au Japon (Un mois au Japon et le Hanami Book Challenge évoqués dans ma veille précédente), j’ai noté aussi les défis suivants :

Le mois de la fantasy organisé par la booktubeuse Pikiti Bouquine, qui propose 3 menus avec 4 catégories chacun pour dégarnir ta PAL de tous ses livres de fantasy. En vidéo, sa présentation du challenge :

Et si tu préfères un challenge avec des défis en plus, le bingo du Plib revient, organisé par le Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktubers. Pour y avoir participé l’an dernier, j’ai trouvé ça très chouette car il associe lectures et actions autour du livre, sur le principe du bingo. Par contre, malgré mes recherches, je n’ai pas réussi à trouver beaucoup plus d’infos que ce qui est publié que le compte de Chrisbookine. Je suppose que pour y participer et avoir les détails, il faut s’inscrire sur le site du PLIB. Mais rien qu’avec ce visuel, il y a de quoi s’amuser. 🙂

Le documentaire du mois

Sur Arte, l’émission Invitation au voyage m’a emmenée à Kyoto pour découvrir les maisons traditionnelles : les Machiyas et l’art de vivre qui y est associé.

Construites en bois et papier depuis l’ère Edo, elles sont majoritaires à Kyoto, l’ancienne capitale japonaise et une des rares villes qui a su résister à la modernité.

Le reportage insiste sur les éléments qui la composent et comment on y vit : les parois de papier qui absorbent l’humidité l’été, une ventilation naturelle adaptée aux saisons, la fonction des pièces qui change en fonction de la température ou les transformations liées à leur usage.

Traditionnellement, ce sont des maisons en longueur à cause de taxes sur la largeur des habitations. Elles disposent d’un puit de lumière au centre, un commerce à l’avant et un petit jardin à l’arrière. Elles ne sont pas construites pour durer et doivent être fréquemment rénovées ce qui permet souvent de modifier leur structure intérieure, faite en grande partie de bois (plutôt que de pierre comme en occident).

Le reportage te fait visiter une maison habitée dans Kyoto et une maison avec commerce ancien totalement rénovée qui comporte aussi une partie habitation.

Il t’emmène aussi visiter la maison de l’écrivain Junichirô Tanizaki, une maison secondaire dans le style traditionnel des maisons en bois située à l’écart de la ville de Kyoto et datant de 1911. La maison est nichée au coeur d’un jardin extraordinaire, parfaite symbiose entre humain et nature où tout est pensé pour profiter du jardin depuis l’intérieur de l’habitation.

Le documentaire est disponible gratuitement sur arte vidéo jusqu’au 26/06/2021. La partie sur les machiyas se situe de la minute 18.29 à 32.22, si tu ne souhaites pas regarder l’ensemble de l’émission. 😉

La chaîne youtube du moment

Il existe de nombreux blogueurs/youtubeurs étrangers qui vivent au japon et/ou mariés avec un japonais. J’en connais peu qui cuisinent pour leurs chats et qui ont autant d’énergie que Rachel et Jun !

Rachel est américaine et Jun et japonais. Ils proposent plusieurs vidéos sur leur quotidien, leurs visites de l’archipel nippon, la cuisine et ont quatre chaînes youtube : Jun’s kitchen où Jun cuisine et bricole pour ses chats, Rachel and Jun sur leur quotidien et la culture japonaise, Rachel and Jun’s aventures quand ils voyagent et Jun Yoshizuki où cette fois Jun cuisine pour eux.

Le ton est sympa et dynamique. J’adore le côté loufoque de Rachel, et je ne peux que baver devant les plats préparés par Jun. En plus, ils sous-titrent la plupart de leurs vidéos en français (à moins que cela soit Youtube ?) ce qui est sympa quand on n’est pas familier avec l’anglais. Et ai-je parlé de leurs chats trop choupis !?

J’ai choisi de te montrer la vidéo où Jun cuisine des sushis pour chats, mais j’adore aussi celle où Rachel découvre les appareils à tirettes (= Gashapons en japonais) où on peut acheter des chapeaux pour chats en forme de fruits et légumes ! Bref, un bon moyen de découvrir la culture nippone de l’intérieur, vues par une occidentale. 🙂

Appel à textes du mois

Ce mois-ci, je suis tombée sur pas moins de trois appels à textes qui m’ont beaucoup intéressée, mais qui ne tournent pas forcément autour du Japon.

Tout d’abord, les éditions Projet Sillex connue pour ses publications en financement participatif, propose un nouvel appel à textes pour des nouvelles autour du thème de l’Isekai. L’Isekai est selon leur définition « un sous-genre dans lequel un ou plusieurs personnages de notre monde se trouvent plongés dans un autre univers, qu’il s’agisse d’un véritable monde parallèle (à la manière de la saga Ewilan, de Pierre Bottero) ou d’un monde alternatif, tel qu’un jeu-vidéo, rendu réel ou se superposant à la réalité ». La nouvelle doit comporter entre 40 000 et 80 000 signes espaces comprises. Elle est destinée aux adultes, et doit être envoyée avant le 15 octobre 2021. Si tu souhaites plus de détails, je te renvoie à la page facebook de l’éditeur.

Les éditions Oneiroi spécialisés dans la littérature Steampunk recherchent des nouvelles sur le thème de « Inventions et jeux de pouvoirs » d’ici le 31 décembre 2021. L’objectif est de publier un quatrième recueil de 4 nouvelles steampunk tout aussi qualitatif que les précédents. La nouvelle doit comporter entre 30 000 et 60 000 signes espaces comprises et est destinée à un public adulte. Pour soumettre ta nouvelle ou obtenir plus d’informations, je te renvoie vers le site de la maison d’édition. Je ferai prochainement un focus sur leurs livres dans le cadre de mon projet Parlons Steampunk.

Enfin, les éditions Rageot organisent un concours d’écriture de nouvelles du 10 mai au 30 juin 2021 autour du thème de nos identités « celles qu’on nous impose et celle qu’on cache », à destination d’un public jeunesse de 12 ans et +. La nouvelle doit comporter 25 000 signes maximum et sera choisie par un public composé de trois auteurs-ambassadeurs de la maison d’édition. Pour plus d’informations, je t’invite à consulter le site internet de l’éditeur.

Personnellement, je suis assez intéressée par l’écriture des nouvelles. Je trouve que cela reste un bon exercice si l’on souhaite s’entraîner car c’est du format court. Par contre, cela n’est pas toujours facile si l’on a tendance comme moi à écrire des pavés ! 🙂

L’évènement littéraire à venir

Samedi 29 mai prochain, Lucie Bernard du blog Recto-Verso termine son programme 1 weekend, 1 mise en avant, 1 mobilisation visant à mettre en valeur de petits maisons d’éditions. A cette occasion, elle propose une série de conférences sur l’auto-édition en partenariat avec l’auteure et blogueuse Audrey Weisseldinger (du blog La tasse ébréchée) dont tu trouveras le programme détaillé ci-dessous.

C’est l’occasion de découvrir les rouages de l’auto-édition ainsi que des auteurs présents ! Si tu souhaites plus de détails, je t’invite à consulter la page instagram de Audrey Weisseldinger. 😉

L’artiste du mois

A cause de la pandémie, le photographe français Jonathan Bertin n’a pas pu aller au Japon. Il lui est alors venu une idée : pourquoi ne pas envoyer des appareils photos au pays du soleil levant pour que d’autres le fassent voyager ?

Sur les 30 appareils envoyés, seulement 4 lui sont revenus avec des photos prises par des japonais de leur quotidien pendant le covid. Il en a fait une exposition virtuelle en ligne et un documentaire qui sont accessibles sur son compte Instagram, en partenariat avec Flying Blue.

Un documentaire émouvant de trois minutes sur une manière de réaliser son rêve grâce à des inconnus et de découvrir un pays à travers leurs yeux. Et l’histoire n’est pas finie, car d’autres appareils continuent d’arriver…

J’ai trouvé la démarche de cet artiste très culottée et aussi un poil désespérée devant son impossibilité de voyager. Néanmoins, je comprend sa frustration. Moi aussi je n’ai pas pu voyager depuis un an et cela me manque !

Quant au résultat, il se dégage des clichés un Japon différent, un quotidien que l’on n’a pas l’habitude de voir, presque mélancolique ou issu d’un autre temps.

Je t’invite à regarder l’exposition qui ne cesse de grandir sur le site internet qui lui est dédié, histoire de voyager un peu toi aussi, en attendant que cela soit à nouveau possible pour tous. 🙂

Voilà, ma veille est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Thé au macha et gyozas,

A.Chatterton

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Mini-Chroniques en pagaille, spécial Hanami Book Challenge #2

Sur le principe des mini-chroniques en pagaille de Light and Smell, voici mon retour sur mes dernières lectures pour le Hanami Book Challenge. Plus étoffées qu’un simple commentaire, moins élaborées qu’une vraie chronique, parce que je n’ai pas le temps ou l’envie d’écrire une vraie chronique pour chacun des livres lus…

La pêche au Toc dans le Tôhoku, Shinsuke Numata, éditions Picquier

Menu Japon contemporain – catégorie Fly me to Saitama

Résumé : Imano a la trentaine, lui qui ne connaît que la capitale a été muté dans une région de rivières et de forêts où il se sent un étranger. Mais voilà qu’une simple occupation pour meubler son temps libre prend de plus en plus de place dans sa vie. La pêche. Remonter un torrent dans la pénombre de la végétation dense, appâter avec quelques oeufs de saumon, d’un balancement précis du poignet poser la ligne juste là où il faut dans un trou sur l’autre rive. Et même si l’on prend plus facilement des vandoises communes que les savoureuses truites yamame, quel plaisir de pêcher en compagnie d’un ami toujours prêt à ouvrir une bouteille de saké ! Mais comment avoir un ami masculin sans que l’attirance vienne brouiller les plaisirs les plus simples ?
C’est une histoire de pêche et d’amitié dans une nature pailletée de lumière et d’ombre, traversée en sourdine par la difficulté d’être au monde quand on se sent différent des autres. Ce premier roman impressionniste et désenchanté a obtenu le prix Akutagawa, le Goncourt japonais.

Mon avis : Ce court roman est présenté dans son résumé comme un livre portant sur l’homosexualité et la campagne japonaise.

On y retrouve bien de très belles descriptions de la nature et de la pêche dans cette région très rurale, ce qui a certainement valu son prix à l’auteur. J’ai beaucoup apprécié l’endroit, même si pour le personnage principal, il tranche beaucoup avec la vie effrénée citadine de Tokyo, avant qu’il ne s’habitue au calme et la sérénité bucolique du Tôhoku. On ressent sa solitude dans cette région qu’il connaît peu et sa difficulté à se faire des amis qui allient ses deux passions : pêche et saké. Il semblerait d’ailleurs que cette mutation soit un rite de passage pour l’entreprise avant de réintégrer la filiale de la capitale.

Sa rencontre avec Hiasa va lui donner envie de rester car il se découvre un ami un peu fantasque avec les mêmes centres d’intérêt. Quand ce dernier quitte l’entreprise pour un nouveau travail de représentant, Imano va le trouver changé, comme s’il essayait d’épater tout le monde et leur amitié va en pâtir. On peut y voir un inversion des rôles : Hiasa devient ambitieux dans son travail, à l’inverse de Imano qui n’aspire qu’à une vie tranquille et ne souhaite pas revenir à Tokyo. Mais qui est vraiment Hiasa ? C’est ce qu’Imano va tenter de découvrir.En filigramme, l’auteur fait référence au Tsunami de Kamaishi en 2011 dans la région qui secoue pas mal les habitants et précipite la fin du roman.

Je pense être passée totalement à côté du thème de l’homosexualité dans ce roman. Est-ce dû à la différence culturelle ? Est-ce sous-entendu ? Hiasa semble un être étrange que son père ne porte pas dans son coeur, mais est-ce parce qu’il serait peut-être gay ? Je n’ai pas tout compris, d’autant qu’Imano n’a a aucun moment des idées romantiques ou érotiques vis à vis de Hiasa. Il éprouve une amitié profonde renforcée par sa solitude de citadin aux hobby particuliers dans une région très rurale. Pour résumer, cette lecture reste pour moi un peu incompréhensible, peut-être à cause de sens cachés que je n’ai pas su décrypter, mais elle n’a pas été pour autant déplaisante.

Maïmaï, Aki Shimazaki, éditions Actes Sud

Menu Au temps des traditions – catégorie le sourire de la Geisha

Résumé : La mort subite de la séduisante Mitsuko prend tout le monde par surprise, y compris les clients de sa librairie. Alors que des visiteurs se présentent pour rendre un dernier hommage à sa mère, Tarô, son fils sourd et muet, est préoccupé par certains détails de son histoire familiale. Mais qu’importe. Il est charmé par la beauté naturelle d’une jeune femme venue lui présenter ses condoléances. Tous deux éprouvent rapidement des sentiments si vifs qu’ils désirent s’épouser. Ce bonheur semble complet, rien ne pourrait le compromettre.

Mon avis : Ce court roman est la suite directe du roman Hozuki du même auteur, évoqué dans mon précédent article de mini-chroniques spécial challenge. Il fait partie d’une série de 5 romans ayant pour nom L’ombre du chardon, mettant en scène les mêmes personnages qui se croisent.

Nous retrouvons Tarô, vingt ans après Hozuki, qui doit réaliser la succession de sa mère, décédée subitement. Devenu mannequin et peintre, il décide d’ouvrir sa galerie à la place de la librairie de sa mère. Côté coeur, il peine à trouver chaussure à son pied du fait de son handicap et qu’il ne soit pas japonais pur souche (=il est métis espagnol). Sa rencontre avec Hanako, une amie d’enfance va tout changer et lui redonner espoir et amour. Malheureusement, les secrets de Mitsuko et de sa grand-mère vont peu à peu ternir l’histoire d’amour de Tarô et sa vie tout entière.

Avec ce deuxième opus, l’auteure nous met en garde contre les secrets de famille et des conséquences de les cacher, par amour pour ses enfants. Au fil des pages, tout tourne peu à peu au drame, malgré les efforts du personnage principal pour s’en sortir dans sa vie, mais il ne peut rien y faire. On y retrouve également des réflexions sur la vie des femmes japonaises : d’un côté Mitsuko indépendante, élevant seule son enfant et prenant soin de sa mère, refusant le mariage et devenant entraîneuse un soir par semaine pour l’argent et par intérêt intellectuel. De l’autre la mère d’Hanako, femme de diplomate et femme potiche, trompée par son mari, consultant un psychiatre, empêchée de divorcer pour sauver les apparences, sombrant peu à peu dans la folie. Ici, les femmes ne doivent pas entacher leur morale sous réserve de trouver un bon parti, le mariage étant la seule voie honorable. Seule Hanako, de la jeune génération s’efforce de ne pas prendre en compte l’avis de ses parents et de se marier comme elle l’entend.

L’auteure évoque aussi le racisme et la discrimination ordinaire dont est victime Tarô du fait de son infirmité et de ses origines. On lui demande souvent de quel pays il vient, alors qu’il est japonais. Et son handicap effraie parfois les gens, alors qu’il s’efforce de rester digne en toutes circonstances. On sent également que le fait de se marier est une pression sociétale assez forte et ancrée dans la culture japonaise et que trouver un bon parti n’est pas facile, même pour les jeunes hommes, obligés de démontrer aux beaux-parents qu’ils sont des gens sérieux et pourront entretenir leur femme.

Ce petit roman est court mais très fort en émotions et en thèmes intéressants concernant la culture japonaise. Par contre, il n’est pas très joyeux et on sent venir le dénouement assez rapidement. Il peut se lire de manière indépendante, mais si vous n’avez pas lu Hozuki, vous découvrirez les secrets de Mitsuko en même temps que son fils. Je pense lire les autres tomes de la série, même si je m’attends à nouveau à des drames…

Touiller le miso, Florent Chavouet, éditions Picquier

Menu Japon contemporain – Catégorie Tokyo by night

Résumé : Au Japon, Florent est autant dessinateur que poète. Toujours prêt à nous surprendre. Il est sensible à l’inattendu et goûte avec gourmandise un simple rien pris sur le vif. Il vole des pierres dans un jardin, considère un compteur électrique et une fenêtre à contre jour, caresse un petit chien qui boit, encourage un filet de maquereau…
Ce qu’il aime, ce sont des instants de vie fugaces ; et ce qu’il préfère, c’est donner vie à une étiquette de fruit ou une carte de géographie. Ces petites choses ordinaires et souvent incongrues qui nous émeuvent le temps d’un regard sont pour lui autant de détails révélateurs qu’il sait amplifier au point de pouvoir tirer parti de l’éternité d’un kaki. Tout est déjà là, il faut simplement le voir.

Mon avis : Ce livre se situe entre le roman graphique et le récit de voyage, mais un voyage particulier car l’auteur nous fait visiter plusieurs bars à saké/ supérettes d’alcool japonais : les Kaku Uchi. Le périple se découpe en plusieurs étapes : à chaque fois, Florent Chavouet nous raconte en dessin des anecdotes associées au Kaku Uchi visité, où il se situe avec une carte de son cru, quelques éléments du quotidien dans le même quartier (fenêtres vues de nuit, publicités détournées, panneaux de signalisation, bâtiments…) agrémentés d’un haïku souvent humoristique.

Le dessin prend plusieurs formes : photographie au crayon de couleur ultra-réaliste de bâtiments, fenêtres vues de nuit ou de nourriture ; caricature de personnes avec un trait très simple, carte ultra-détaillée et personnelle sous forme de petits carrés, paysages urbains ou ruraux façon panorama. L’ambiance est franchement nocturne et pleine de poésie.

La cartographie des Kaku Uchi est très instructive avec des détails sur les procédés de fabrication du Saké, la manière de s’asseoir dans le bar en fonction du nombre de clients, comment le magasin est organisé, une sociologie des clients, ce qu’on y trouve à chaque fois… La lecture est souvent interactive pour le lecteur car les dialogues et textes sont organisés à la manière d’un jeu de l’oie et il alors faut tourner le livre dans tous les sens. Il y a même des pages qui se déplient laissant voir l’intérieur du magasin comme si on y était…

Il y en a pour tous les goûts dans ce petit carnet de voyage particulier, proche du quotidien des japonais. J’y ai apprécié cette vision personnelle et humoristique propre à Florent Chavouet, et très éloignée d’une visite très touristique. A défaut de me faire aimer le saké, il a su m’y intéresser et me faire voyager le temps d’un livre.

Petites coupures à Shioguni, Florent Chavouet, éditions Picquier

Menu Japon contemporain – Catégorie Tokyo by night

Résumé : Kenji avait emprunté de l’argent à des gens qui n’étaient pas une banque pour ouvrir un restaurant qui n’avait pas de clients. Forcément, quand les prêteurs sont revenus, c’était pas pour goûter les plats.

Mon avis : Entre roman graphique et roman policier, Petites Coupures à Shioguni nous entraîne dans une histoire de Yakuzas qui pourchassent un cuistot…ou une jeune fille qui a piqué un blouson… ou un employé de fournisseurs en distributeurs automatiques qui veut se venger… mais est-ce que les yakuzas en sont vraiment ? Bref, vous l’aurez compris, l’intrigue est complexe !

Car le livre est organisé comme si le lecteur était le policier chargé de l’enquête : il interroge les suspects et témoins et l’histoire évolue en fonction de leurs versions. L’intrigue est donc non linéaire, entrecoupée de notes de polices au stylo sur des supports parfois étranges, et avec des retours en arrière fréquent en fonction de qui raconte sa version de l’histoire.

L’auteur nous propose une chevauchée nocturne dans un quartier ordinaire avec des sujets qu’il affectionne : les petits restaurants bon marchés, les postes de police de proximité, les rues encombrées de câbles électriques et de divers objets, les véhicules japonais…

J’ai trouvé que l’histoire était pleine de suspense et de rebondissements, même si je n’ai pas saisi un élément dans le dénouement au sujet de la jeune fille au blouson. Le dénouement est totalement inattendu et invite à relire une deuxième fois l’album, non pas vis à vis d’une incompréhension, mais pour mieux saisir les réels enjeux de l’ensemble des personnages. Car tout le monde ne dit pas la vérité…

Quant au dessin, on retrouve tout le style de Florent Chavouet évoqué plus haut avec Touiller le miso : des plans larges sur le quartier, des gros plans sur des personnages, des descriptions détaillées de lieux comme la cuisine du restaurant, des scènes en deux ou quatre cases avec des dialogues posés ça et là comme écrits au stylo. L’ambiance est sombre dans le ton, mais aussi dans les couleurs car toute l’histoire a lieu de nuit. Les teintes sont tantôt criardes comme passées au néon, tantôt vertes ou bleues comme si on voyait les personnages faiblement éclairés tout droit sortis de l’obscurité.

Un roman graphique qui sort de l’ordinaire et donne envie de lire d’autres histoires du même auteur !

Tokyo Sanpo, Florent Chavouet, éditions Picquier

Menu Japon contemporain – Catégorie Tokyo by night

Résumé :  » Il paraît que Tokyo est la plus belle des villes moches du monde. Plus qu’un guide, voici un livre d’aventures au cœur des quartiers de Tokyo. Pendant ces six mois passés à tenter de comprendre un peu ce qui m’entourait, je suis resté malgré tout un touriste. Avec cette impression persistante d’essayer de rattraper tout ce que je ne sais pas et cette manie de coller des étiquettes de fruits partout, parce que je ne comprends pas ce qui est écrit dessus. A mon retour en France, on m’a demandé si c’était bien, la Chine. Ce à quoi j’ai répondu que les Japonais, en tout cas, y étaient très accueillants. « 

Mon avis : Tokyo Sanpo est un guide de voyage très personnel réalisé entièrement au crayon de couleur et nous faisant visiter le quotidien de son auteur pendant ses 6 mois passés à Tokyo, à pied et en vélo.

Il se découpe en plusieurs chapitres, commençant à chaque fois par un plan très détaillé du quartier visité et des lieux dessinés par Florent signalé par des numéros qui correspondent aux pages du guide. Chaque quartier a ses particularités et son poste de police de proximité, représenté à chaque fois de façon humoristique. On apprendra d’ailleurs qu’en tant qu’étranger il a souvent été arrêté par « racisme » japonais ou pour des histoires de vélo « volé ». Il se venge gentiment sur une page dédiée à une petite « sociologie facile » des policiers japonais, avec des représentations à mourir de rire.

Que dire sur ce guide ? Je l’ai trouvé tout simplement extraordinaire, car contrairement aux autres guides dits « touristiques », il nous propose des éléments du quotidien aussi simples que la représentation des immeubles, des publicités, des étiquettes de fruit ou une sociologue des gens qui habitent le quartier. On plonge littéralement dans le quotidien des japonais, du point de vue d’un expatrié, avec ses questions sur la culture.

Au niveau dessin, le style de Florent Chavouet évolue selon le sujet : tantôt des représentations détaillées d’un élément architectural similaire à de la photographie au crayon de couleur, tantôt des pages d’anecdotes dessinées de façon plus simple et humoristique, voire caricaturales pour nous raconter une histoire de son quotidien. On retrouve aussi des intérieurs complets de maisons qu’il a habité avec des détails amusants. Les plans de quartiers vus de haut sont époustouflants de détails, même s’ils sont parfois fantaisistes.

C’est un guide à feuilleter pour picorer quelques éléments graphiques ou anecdotes du quotidien de l’auteur, ou à lire d’une traite pour vivre avec lui ces 6 mois passés au pays du Soleil Levant.

Le guide date de 2009, donc pas sûr de retrouver l’intégralité de certains lieux représentés si jamais vous allez au Japon et que vous souhaitez marcher sur les pas de Florent Chavouet, même si cela serait intéressant à réaliser.

J’ai personnellement beaucoup apprécié la ballade, surtout à une période où il ne m’est pas possible de voyager.

Et vous ? Où en êtes-vous dans ce challenge ?

Est-ce que nous avons des livres en commun? Avez-vous lu l’un des livres que je viens de vous présenter ?

Dites-moi tout en commentaire. 🙂

Saké et matcha,

A.Chatterton

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Mini-chroniques en pagaille spécial Hanami Book Challenge #1

Sur le principe des mini-chroniques en pagaille de Light and Smell, voici mon retour sur mes dernières lectures pour le Hanami Book Challenge. Plus étoffées qu’un simple commentaire, moins élaborées qu’une vraie chronique, parce que je n’ai pas le temps ou l’envie d’écrire une vraie chronique pour chacun des livres lus…

Hôzuki, Aki Shimazaki, éditions Actes-Sud

Menu Japon d’aujourd’hui – catégorie Gambate !

Résumé : Propriétaire d’une petite librairie d’occasion spécialisée en ouvrages philosophiques, Mitsuko partage ses journées avec sa mère, une ex-détenue qui confectionne de jolis signets de fleurs séchées, et son jeune fils Tarô, un métis sourd et muet. Plutôt revêche et ne cherchant aucune amitié, elle se contente d’amants occasionnels et de discussions intellectuelles avec les riches clients du bar où elle pratique encore le métier d’entraîneuse une fois par semaine.
Un jour pourtant, une femme distinguée se présente à la bouquinerie et, devant la complicité évidente qui s’établit entre son enfant et celui de Mitsuko, elle insiste pour provoquer des visites et des sorties communes. Pour faire plaisir à son fils, Mitsuko surmonte son agacement et accepte ces rencontres. Bien vite, afin de préserver l’équilibre de sa famille, elle devra cependant refaire le choix du mensonge.

Mon avis : Je suis tombée par hasard sur ce livre en bibliothèque et par envie de formats courts, je l’ai emprunté alors que ma PAL était déjà constituée. J’ai appris par la suite qu’il faisait partie d’une pentalogie avec 4 autres romans du même auteur, où évoluent les mêmes personnages. Cela m’a donné envie de lire les autres ! Pour en revenir à l’intrigue, c’est un roman très court (141p) plein de suspense où l’on se glisse dans le quotidien de l’héroïne Mitsuko, de ses difficultés en tant que mère-célibataire et en tant que femme-entrepreneuse, et surtout du mensonge qu’elle cache depuis plusieurs années : Tarô n’est pas son fils biologique. L’arrivée de Mme Sato dans sa vie va bouleverser son quotidien : qui est cette femme bien comme il faut ? que lui veut-elle ? Malgré une fin attendue, j’ai beaucoup aimé l’opposition entre les deux personnages féminins : d’un côté Mitsuko, revêche qui collectionne les amants, joue les entraîneuses ou se prostitue pour de l’argent sciemment, et adopte un enfant abandonné tout en gardant son indépendance. De l’autre Mme Sato, femme de diplomate, distinguée et conformiste, parfaite représentante de l’épouse japonaise comme il faut. Le thème de l’instinct maternel sera très bien abordé dans tout le roman par ces deux personnages ainsi que la mère de Mitsuko. J’ai également beaucoup apprécié le jeu sur le sens de l’écriture japonaise de certains mots, assez bien expliqué dans le roman. Ainsi, le nom de la librairie Kitô peut signifier Prière, mensonge, arbre de glycine ou Hozuki (fleur japonaise) selon la manière dont il est écrit. Enfin, ce qui m’a intéressée est que l’auteur ne dépeint pas un Japon lisse et parfait : Mitsuko et sa famille sont particuliers avec une grand-mère qui a été en prison, un fils discriminé car il est métis et sourd-muet, et Mitsuko qui fait des choses peu reluisantes pour survivre et ne cherche pas à s’intégrer socialement. Même Mme Sato aura elle aussi des secrets honteux qui cassent son image de femme docile. Le seul défaut que je regrette est sa traduction approximative, parfois proche de l’anglais qui peut déranger la lecture par moments.

Les miracles du bazar Namiya, Keigo Higashino, éditions Actes Sud

Menu Japon d’aujourd’hui – catégorie Tokyo by night

Résumé : En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes hommes se réfugient dans une vieille boutique abandonnée dans l’intention d’y rester jusqu’au lendemain. Mais tard dans la nuit, l’un d’eux découvre une lettre, écrite 32 ans plus tôt et adressée à l’ancien propriétaire. La boîte aux lettres semble étrangement connectée aux années 1980. Les trois garçons décident d’écrire une réponse à cette mystérieuse demande de conseil. Bientôt, d’autres lettres arrivent du passé. L’espace d’une nuit, d’un voyage dans le temps, les trois garçons vont changer le destin de plusieurs personnes, et peut-être aussi bouleverser le leur.

Mon avis : Je suis tombée sur ce roman japonais fantastique après avoir la critique d’un ami blogueur qui en faisait l’éloge. Le voyage dans le temps est une thématique que j’apprécie habituellement dans les romans steampunk, aussi j’étais curieuse de découvrir comment elle était exploitée dans une intrigue contemporaine japonaise. Je n’ai pas été déçue ! L’auteur nous embarque dans deux temporalités différentes : celle des années 80 où vivent les gens qui demandent au conseil au propriétaire du bazar, et celle des années 2012 où les trois voyous sont entrés dans le bazar abandonné. L’alternance entre les deux époques est facile à suivre et le roman est très bien construit et dynamique vis à vis de ces bonds temporels. Il nous est présenté toute une galerie de personnages qui se croisent ou évoluent dans le même quartier que le bazar : un musicien qui souhaite être connu, une sportive qui veut renoncer au sport par amour, une femme enceinte de son amant marié, une future carriériste qui veut gagner de l’argent, un ado qui fugue pour survivre à sa famille, un vieux propriétaire de bazar qui retrouve un sens à sa vie en donnant des conseils aux gens, son fils qui s’inquiète pour lui, trois voyous qui viennent de commettre un vol. On y trouve une forme d’entraide communautaire, le besoin de guérir de blessures du passé, la nécessité de trouver quelqu’un sur qui s’appuyer face à un choix complexe, des envies difficiles à concrétiser, des choix compliqués à assumer. C’est un roman qui questionne sur ses choix de vie et qui montre l’évolution de la société japonaise face à des individus qui sortent de la norme. Au final, bon gré mal gré, chacun trouvera sa résolution, même les voyous qui auront joué leur rôle dans l’histoire. Un petit bijou rythmé comme un roman policier et construit comme des nouvelles liées entre elles. A ne pas manquer !

L’étrange bibliothèque, Haruki Murakami, éditions Belfond

Menu Au temps des traditions – catégorie Le temple abandonné

Résumé : Japon, de nos jours. Un jeune garçon se rend à la bibliothèque municipale. Jusqu’ici, rien que de très banal, le garçon est scrupuleux, il rend toujours ses livres à l’heure. Cette fois, pourtant, c’est d’abord l’employée qui l’envoie dans une salle qu’il ne connaissait pas. C’est un vieil homme, ensuite, qui le mène par les méandres d’un labyrinthe dans ce qui semble bien être une prison. C’est un homme-mouton qui l’y attend, qui aimerait bien l’aider mais qui redoute le pouvoir du gardien des livres.

Mon avis : Dans mon envie de continuer à lire des formats courts, et dans le cadre d’un autre challenge, le Projet Ombre, qui met en valeur les nouvelles, j’ai décidé de lire cette histoire fantastique de Murakami autour d’une étrange bibliothèque. J’avais déjà lu auparavant l’autobiographie de cet auteur Profession Romancier, ainsi que la trilogie 1Q84 et je m’attendais à retrouver cette atmosphère cotonneuse et incompréhensible qui le caractérise. Cela a été le cas mais pas seulement. J’ai eu l’impression d’être dans un rêve inquiétant et grinçant dont la chute, déconcertante, m’a laissée songeuse… au point d’avoir envie de relire la nouvelle pour être sûre de l’avoir bien comprise. Ce jeune garçon enfermé jusqu’à ce qu’il sache par coeur les livres qu’il souhaitait emprunter et qui souhaite s’échapper en oubliant ses chaussures neuves m’a un peu déboussolée. Y avait-il seulement un message derrière cette histoire ? La chute brutale, comme un retour à la réalité m’a fait penser à un rêve qu’aurait pu faire le personnage principal pour échapper à son quotidien trop douloureux. La perte de ses chaussures symboliserait-elle celle de son enfance ? Je me suis inventée bien des histoires à force de voir des significations partout. Toujours est-il que l’auteur m’a bien retournée le cerveau. Peut-être faut-il apprécier le texte juste tel qu’il est ? A côté du texte justement, l’édition Belfond propose les illustrations magnifiques et angoissantes de Kat Menschik qui ajoutent un petit plus à l’histoire. Un joli ouvrage qui interroge…

Birthday girl, Haruki Murakami, éditions Belfond

Résumé : « Je ne vais pas vous offrir quelque chose de matériel. Mon cadeau n’aura rien à voir avec un objet de valeur. En fait, voilà ce que j’aimerais offrir à la merveilleuse fée que vous êtes, mademoiselle. Vous allez faire un voeu. Et je l’exaucerai. Quel qu’il soit. À condition que vous ayez un voeu à formuler. »

Mon avis : Originellement publié dans le recueil Saules aveugles, femmes endormies, cette nouvelle de Murakami mets en scène une ancienne serveuse qui raconte l’histoire de son vingtième anniversaire à un tiers anonyme. Pour cette réédition de Belfond, le texte est accompagné d’illustrations magnifiques et oniriques de Kat Menschik, comme pour l‘Etrange bibliothèque du même auteur. Cette histoire étrange laisse place à l’imagination du lecteur puis le laisse en plan une fois racontée. Quel était donc le voeu formulé par la jeune fille lors de son vingtième anniversaire auprès de ce vieillard étrange qui a réussi à bouleverser sa vie ? Qui était ce vieillard, à part le patron du restaurant pour lequel elle travaillait ? Un récit à la Murakami où une fois de plus, le fantastique fait irruption sans crier gare, vous laissant interrogatif. C’est du moins mon ressenti. Mon imagination s’est en effet emballée : j’ai cherché le voeu de la jeune fille et je me suis même demandée si l’auteur se jouait des gens qui croient au pouvoir des voeux. Car après tout, si l’on y croit assez fort, peut-être que nous ferons inconsciemment en sorte qu’ils se réalisent (du moins, pour ceux où nous avons prise). A méditer.

Quartier lointain, Jirô Taniguchi, éditions Casterman (deux tomes)

Menu Japon d’aujourd’hui – Fly me to Saitama

Résumé : Homme mûr de 40 ans, transporté dans la peau de l’adolescent qu’il était à 14 ans, Hiroshi continue la redécouverte de son passé. Questionnant sa grand-mère, ses parents, ses amis, il réalise tout ce qui lui avait échappé lorsqu’il était jeune. Et petit à petit, l’année scolaire avançant, il voit se rapprocher la date fatidique où son père disparaîtra, pour toujours, sans aucune explication. Peut-il changer son passé ou est-il condamné à le revivre, impuissant ? Et retrouvera-t-il son existence normale, sa femme et ses enfants ?

Mon avis : Avec ce roman graphique en deux tomes, j’ai réalisé un bond dans le passé de Hiroshi qui se situe dans le Japon des années 1960, où les évènements de l’Après Deuxième Guerre Mondiale sont encore présents dans l’esprit des japonais. Malheureusement pour lui, c’est l’année où son père a abandonné sa famille. D’abord ravi de revoir sa mère vivante (dans son futur, elle venait de décéder), il va se donner pour mission de découvrir les raisons du départ de son père et s’efforcer de le retenir. Marqué par la perte de son père dans son enfance, il a reproduit adulte inconsciemment son schéma en étant très peu présent pour sa propre famille, préférant fréquenter les bars après le travail plutôt que de rentrer chez lui. Hiroshi va revivre une nouvelle fois son enfance, s’essayer à d’autres choix, saisir des opportunités pour lui et ses camarades proches, guérir de ses blessures. Il se créera une nouvelle adolescence avec des bêtises liées à ses habitudes de quarantenaire. Ses découvertes l’amèneront à se poser des questions sur lui-même, face à la crise de la quarantaine et à tracer sa propre voie de manière plus sereine. Le roman graphique apporte aussi des éléments sur le Japon d’après-guerre et la reconstruction du pays, les drames familiaux, les choix de vie des japonais. Il montre également l’opposition entre la ville et la campagne. C’est l’histoire d’un temps passé mis en valeur par les dessins réalistes de Jirô Taniguchi, parfois proches du documentaire.

A nous deux Paris ! Jean Paul Nishi, éditions Philippe Picquier

Hors Challenge

Résumé : Quand un jeune Japonais découvre dans ses pérégrinations humoristiques et ironiques les travers de la vie parisienne. Il scrute et déchiffre en images notre quotidien dans ses moindres détails, comme le ferait un Florent Chavouet à Tokyo, et apprend à ses risques et périls les charmes de la France que nous découvrons dans ce livre comme dans un miroir.

Mon avis : Je n’avais pas prévu de lire cette BD car elle se situe hors challenge, mais je n’ai pas pu m’en empêcher. A nous deux Paris, ce sont des petites scènes du quotidien de l’auteur, alors mangaka japonais débutant, lors de son année en France. Venu à l’origine pour travailler dans sa branche et découvrir le format franco-belge, il va finir dans une épicerie asiatique alors qu’il ne parle pas français. Autant dire que cela commence mal ! Parfois drôles, parfois curieuses, ses réflexions sur les différences culturelles entre notre pays et le sien font souvent réfléchir. Quelques histoires se démarquent comme le fait qu’il n’a pas les bons codes pour draguer des filles françaises, ce qui se traduit par des bides complets. Sa visite d’une convention française sur le Japon est aussi intéressante quand il est confronté à des français habillés en cosplay ou en écolières, ou à l’inverse quand des français sont éberlués que ce japonais ne connaissent pas le jeu de go. On apprend que la sauce soja est une invention pour les occidentaux car elle n’existe pas au Japon, tout comme l’absence d’assistants mangakas en France alors qu’ils sont légion au pays du soleil levant. On rit devant les français amoureux du Japon qui le stalkent et essaient de lui parler japonais, ou quand Jean-Paul essaie de comprendre comment fonctionne la bise française. Le pompon restera pour moi l’attitude des japonaises quand elles viennent à Paris : émerveillées ou déçue par la capitale, prenant l’appartement de Jean-Paul pour un hôtel avant de repartir chargées de cadeaux pour leurs amis. Une petite pépite à découvrir pour porter un autre regard sur notre pays, par un japonais malgré tout curieux de notre culture.

Et vous ? Où en êtes-vous dans ce challenge ?

Avez-vous lu un des livres dont je vous ai parlé dans cet article ?

Dites-moi tout en commentaire ! 🙂

Sauce soja et Onigiri,

A.Chatterton

Publié dans On joue ?

Hanami Book Challenge 2021 : le challenge littéraire dédié au Japon et au printemps

En dehors de mon engouement pour la littérature steampunk, j’ai une passion dévorante pour la culture japonaise. L’idée de créer mon propre challenge m’est venue depuis un an à force de participer à ceux des autres. Et comme je ne trouvais pas de challenge littéraire qui englobait l’ensemble de la culture du soleil levant, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de commencer par ce sujet. Bienvenue dans le Hanami Book Challenge, ou encore le challenge des Cerisiers en fleurs !

Hanami Book Challenge : mode d’emploi

Ce challenge s’adresse à tous ceux qui souhaitent découvrir la culture japonaise, où qui souhaitent faire descendre leur Pile A Lire de livres en lien avec ce thème.

Je l’ai pensé pour un public adulte, mais il est possible de le réaliser avec des plus jeunes, en fonction des intitulés de menus, avec des mangas ou des light novels par exemple.

Il se déroule du 1er avril au 30 juin, le temps d’une floraison de cerisiers, pour marquer le printemps et l’arrivée de l’été et à pour principal sujet le Japon. Les livres doivent évoquer le Japon ou être écrit par un auteur Japonais.

Ce challenge plébiscite les documents suivants. : Romans, nouvelles, mangas, Bande-dessinée, romans graphiques ou documentaires sur le Japon. Vous pouvez aussi le réaliser avec des films, séries TV et animes.

Il n’est pas orienté vers un genre littéraire particulier, sauf indication dans les menus. Libre à vous d’y inclure des romans contemporains, comme de la littérature de l’imaginaire par exemple.

Pour ma part, je vais réaliser deux PAL : une avec des livres et l’autres avec des films et séries pour vous donner des idées. Elles feront l’objet d’un article qui suivra la publication de celui-ci.

Hanami Book Challenge : les menus

Afin de créer ces menus, je me suis inspirée de plusieurs thèmes relatifs à la culture japonaise. J’ai essayé de vous proposer un panorama assez vaste et qui par moments peut correspondre à des clichés sur ce pays. Je m’en excuse d’avance, mais je souhaite que ce challenge soit ouvert le plus possible à tous et ne pas le réduire à un public de connaisseurs.

Pour faire rentrer un livre ou un film dans une catégorie, libre à vous d’utiliser un élément du titre, ou les petits détails que j’ai indiqués entre parenthèses. L’important est de s’amuser ! A vous de vous approprier ce challenge !

Il y a donc 3 menus comportant chacun 4 sous-menus :

Hanami Book Challenge : Comment valider son challenge ?

Sur le modèle du Pumpkin Autumn Challenge, je vous propose de valider votre challenge par paliers car je trouve le système de points trop compliqué :

  • Niveau Disciple : Vous avez lu un livre de chaque menu, soit 3 livres au total
  • Niveau 6ème Dan : Vous avez lu deux livres par menu, soit 6 livres au total
  • Niveau 9ème Dan : Vous avez lu trois livres par menu, soit 9 livres au total
  • Niveau Sensei : Vous avez lu un livre de chaque sous-menu, soit 12 livres au total
  • Niveau Trésor Vivant : Vous avez lu un livre de chaque sous-menu, soit 12 livres au total, sans utiliser de Joker.
  • Etoile d’honneur : pour chaque livre entrant dans un sous menu, lu après avoir validé le niveau Trésor Vivant.

Il est possible d’abandonner un livre/ film en cours de route, et ce n’est pas grave ! Si toutefois vous souhaitez le faire valider dans votre challenge, il faudra en avoir lu/vu au moins 50%.

Vous avez aussi la possibilité d’utiliser une fleur de Sakura (un joker) pour vous éviter une lecture.

Hanami Book Challenge : où trouver des livres adaptés au challenge ?

Pour vous aider, en plus de ma PAL associée au challenge, voici quelques maisons d’éditions où trouver des livres traitant du Japon :

  • Editions Philippe Picquier : spécialisé dans la littérature japonaise et asiatique. Il propose des romans contemporains, historiques, policiers, érotiques. Mais aussi des mangas, romans graphiques, beauc-livres et recueils de poésie.
  • Editions Actes Sud : La collection Exofictions peut être intéressante pour des romans fantastiques par des auteurs japonais, mais il faut trier un peu parmi les documents. A l’inverse, la collection Lettres japonaises propose un panel de romans japonais contemporains de qualité, portant sur de nombreux thèmes actuels.
  • Planète BD : Site spécialisé dans les dernières actualités manga, bd et roman graphique avec des critiques sur les parutions. Utile pour vous éviter de chercher l’ensemble des éditeurs de mangas en France. Vous pouvez aussi y feuilleter les premières pages des dernières parutions.
  • Manga news : Site identique au précédent mais qui propose un classement par thème des mangas japonais, ce qui est pratique pour le challenge. Il y a également la liste complète des éditeurs de mangas japonais rubrique manga/éditeurs mangas.
  • La Rainbowthèque : Site participatif qui recense les parutions LGBTQIA+ en littérature. Si vous tapez Japon en recherche, vous trouverez quelques références.
  • Editions du Lézard noir : un de mes éditeurs chouchou. Vous y trouverez des mangas plutôt drame social ou historique, des artbooks, des livres sur l’architecture japonaise, …
  • Editions du Chat noir : la collection Neko comporte peu de titres, mais ce sont des entrées Young adult intéressante en terme de romans, fantastiques ou contemporaines.
  • Editions du chêne : éditeurs de documentaires pour les adultes avec de nombreux beaux-livres illustrés sur le Japon dans sa rubrique Tourisme.

Ce ne sont que quelques exemples, vous pouvez bien sûr compléter cette liste en commentaire de cet article si vous souhaitez partager vos trouvailles. 😉

Hanami Book Challenge : Communication

Le challenge sera diffusé sous le Hashtag #Hanamibookchallenge sur Instagram et Facebook. Je vous invite à l’utiliser quand vous réalisez une publication afin de pouvoir la relayer.

Pour cette première édition, je ne souhaite pas créer de groupe Facebook car cela supposerait de réaliser de la modération. Or, je travaille seule et je n’ai pas beaucoup de temps pour cela. Je l’envisagerai peut-être les années suivantes selon la manière dont ce challenge est accueilli sur la blogosphère.

En revanche, j’ai réalisé un compte Instagram qui vous permettra de découvrir les PALS des autres participants via le Hastag #Hanamibookchallenge, et de découvrir mes propres publications, ainsi que quelques jeux que je vous proposerai tout au long du challenge.

Enfin, parce que je suis généreuse de nature, je vous propose quelques visuels que vous pouvez réutiliser sur vos blogs, et réseaux sociaux que vous trouverez en fin d’article.

J’espère que ce challenge vous plaira autant que j’ai eu plaisir à le réaliser. Je reste à votre écoute par messagerie sur les réseaux sociaux et en commentaire à cet article si vous avez des questions à me poser. Bon challenge à tous !

Fleur de cerisier et matcha,

A.Chatterton

Pour retrouver mes chroniques associées à ce challenge :

Pour retrouver mes bilans associés à ce challenge :

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #25

Au sommaire de cette veille littéraire du net : plusieurs challenges littéraires pour bien commencer l’année, mon retour sur Les chroniques de Bridgerton, un podcast sur Hayao Miyazaki, un article sur Stephen King et ses adaptations de livres au cinéma, un concours d’écriture sur la romance, une créatrice de créatures magiques

L’article de la semaine

Sur Actualitté, j’ai repéré fin décembre un article amusant traduit du New York Times, dans lequel Stephen King donnait son avis sur les adaptations en films ou en série de ses livres. J’ai ainsi appris que le Maître du Fantastique détestait la version de Shining réalisée par Stanley Kubrick, et le film Tommyknockers de John Power. J’ai découvert que la série Under the Dome a été arrêtée parce que CBS qui produisait le show voulait du remplissage pour tenir ses cases horaires… Bref, quelques anecdotes bien sympathiques agrémentées des bande-annonces des films pour te donner l’envie de revoir certains films comme ça, la version de 1980, emblématique et la préférée de l’auteur.

Cela a été aussi l’occasion pour moi de découvrir qu’il y avait des adaptations que je ne connaissais pas, comme celle de Mr Mercedes, visiblement assez confidentielle aux Etats-Unis, même si elle est de qualité. Ou encore de Castle rock par Canal + en série, dont la deuxième saison n’a pas abouti au grand regret de King. Si tu aimes le Fantastique et Stephen King cela pourra t’intéresser. 🙂

La série TV du moment

J’en parlais dans ma watch #24 avant les fêtes, La Chronique des Bridgerton est LA série à ne pas rater sur Netflix en ce moment si tu aimes l’univers de Jane Austen et Gossip Girl. Je l’ai regardé en deux jours pendant les vacances de Noël et j’en suis ressortie mitigée.

En soi, c’est un très bon divertissement. La série bénéficie de somptueux décors intérieurs et extérieurs dont la ville anglaise de Bath, théâtre de la vie aristocratique et de certains romans de Jane Austen. Les costumes sont magnifiques pour certains, un peu exagérés pour d’autres mais toujours très pimpants. Il ne faut pas considérer la série dès le départ comme une reconstitution historique fidèle de l’époque régence, mais plutôt comme une uchronie qui s’en inspire. Ce qui explique que les costumes ne sont pas d’époque et que la reine est noire. Car c’est un autre des points forts de la série : proposer des héros qui sont noirs et plusieurs couples interraciaux parfaitement assortis. C’est plutôt rare, et cela se justifie aussi dans la fiction : La reine noire a épousé le roi blanc et les anciens esclaves se sont vus attribuer des titres et monter les échelons de l’aristocratie dans cette Régence uchronique. J’ai trouvé cela plutôt ingénieux. Un autre point fort est l’enquête pour deviner qui est Lady Whistledown, sorte de corbeau narrant les potins de l’aristocratie dans des gazettes digne de Voici, et influençant par ses commérages l’avenir de certaines familles bien nées. Certains passages sont drôles, d’autres plus dramatiques. Pour finir, la fratrie Bridgerton est intéressante car chacun a une personnalité propre, dont les frères tiraillés entre devoir et envies ou une soeur versée dans la libération féminine.

Cependant, malgré une qualité de réalisation et le plaisir que cela m’a procuré, j’ai tiqué sur certains détails comme des scènes de sexe qui n’en finissent pas dans un ou deux épisodes, nous faisant plonger dans un Cinquante Nuances de Grey pour adolescents. J’ai aussi peu apprécié l’intrigue aux grosses ficelles qui nous est servie autour de l’histoire d’amour des deux héros et surtout le thème du féminisme abordé pas très finement par la soeur de l’héroïne et l’héroïne elle-même. On sent qu’il s’agit bien d’une adaptation de livres de la Collection Aventures et Passion chez J’ai lu.

En conclusion, si tu as envie de regarder cette série, prend la comme un divertissement et rien d’autre, tu t’amuseras bien. Si par contre, tu es fan de reconstitution historique, passe ton chemin, tu vas faire une crise cardiaque !

Les challenges littéraires du mois

De nombreux challenges littéraires ont fleuri depuis le 1er janvier, aussi j’ai dû faire un choix pour t’en proposer quelques uns auxquels je vais participer par la suite :

Le Projet Ombre, qui prend la relève du projet Maki, centré sur la lecture de Nouvelles, novella et novelettes. Il est mené par la blogueuse et écrivain Manon d’Ombremont du blog Ombrebones. Le but est de mettre en avant et de lire le plus de nouvelles possibles en un an. Il n’y a pas de menus mais quatre paliers en fonction de l’objectif que l’on souhaite atteindre : L’ombre du Palmier, L’ombre à la douzaine, Le doublé de l’ombre et L’ombre acharnée. Des missions mensuelles agrémentent le challenge si l’on est joueur sur des thématiques de lecture : lire une nouvelle de Science-Fiction, ou qui parle du Carnaval ou du cirque, ou d’un auteur/rice francophone, etc… L’ensemble du challenge est complété par un concours pour gagner des livres en lien avec le nombre de lectures et les missions réalisées. Le challenge se valide par diffusion d’une chronique sur sa lecture ou un commentaire sur un réseau social littéraire (ex : Babelio, livraddict…) et en signalant sa lecture sur un google form prévu par Manon afin de compter les points. Si le challenge t’intéresse, tu peux t’inscrire sur le blog d’Ombrebones en déposant un commentaire sous son article de présentation qui recense les détails que je n’aurais pas mentionnés. Manon a également réalisé un article qui recense les éditeurs de nouvelles si tu ne sais pas où les chercher. Le challenge début le 3 janvier 2021 et se termine le 3 janvier 2022.

Le challenge des Littéravores organisé par Justine, fondatrice du club Lecture Les littéravores, sur le blog Un coin de bouquin se déroule également sur une année. Mais il n’est pas question de mettre en avant un genre. Il s’agit plutôt de s’amuser autour de thématiques littéraires et de sortir de sa zone de confort de lecture. Le challenge s’articule autour de 100 idées de lecture allant d’un genre, à un thème ou encore des trucs farfelus comme « Un livre dont la page 100 finit par un point » ou « un livre trouvé dans une cabane à livres ». Il comporte deux niveaux de difficultés : mettre un livre dans plusieurs catégories ou dans une seule. Tu dois choisir le nombre de livres que tu penses lire dans l’année sur la base de ces 100 propositions pour te donner une idée de palier à atteindre. Je le trouve intéressant car les thèmes sont faciles et il permet par la suite d’être croisé avec son bilan de lectures annuelles. En plus, Justine propose un tableau excel récapitulatif avec les 100 thèmes du challenge pour suivre tes lectures ! Pas besoin d’inscription pour ce challenge, mais tu peux laisser un commentaire sur son article de présentation et tagguer #Challengeleslitéravores si tu publies sur Instagram pour lui faire un peu de pub. 😉

Enfin, j’ai découvert sur Instagram plusieurs challenges de lectures jeunesse qui s’adressent à des enfants, des parents d’enfants ou des enseignants (je ne sais pas trop à vrai dire). La plupart des challenges proposent des thématiques de lecture d’albums ou de livres jeunesse mensuelles et sur toute l’année. Il y a le challenge 52 albums jeunesse de Labibliodegabichou, mené par l’instagrammeuse et ancienne libraire Lamousme pour son fils « Gabichou » avec 52 propositions d’albums jeunesse et trois à quatre thèmes par mois. Mais aussi le défi #Lireenmaternelle2021 par les instagrammeurs LecturesdeKik et Lespetitsliserons orienté aussi sur 52 semaines, avec 4 à 5 thèmes par mois. Il est spécialisé pour les classes de maternelles car Lespetitsliserons est enseignante. Enfin, le challenge 1 mois/1 thème 2021 de l’instagrammeuse Chuutpetitslecteursoccupés propose comme son nom l’indique un thème de lecture par mois autour de la littérature jeunesse pour les 0-10 ans.

Pour ma part, n’ayant pas d’enfants, et n’étant ni enseignante ni bibliothécaire en contact direct avec le public, je vais participer aux deux premiers challenges mentionnés. Attends-toi à voir apparaître mes PAL dans les prochains articles. Cela te donnera peut-être des idées de lecture !

Le podcast de la semaine

France Culture consacre une série de 4 podcasts autour de la philosophie des films d’animations japonais Hayao Miyazaki. Il s’agit d’expliquer un peu le sens et l’inspiration de certains films du Maître de l’animation japonaise comme Ponyo sur la falaise, Porco Rosso, Princesse Mononoké et Nausicaä.

Dans chaque podcast, un invité différent est convié afin de décrypter un peu les films à travers le prisme de la philosophie, ponctué d’extraits audios des films. On y abordera des thèmes transversaux à l’oeuvre de Miyazaki : la transformation, l’animisme, l’écologie, la nature humaine, l’amour de l’Europe et du Japon…

Mais ce sera l’occasion aussi d’aller plus en détails dans l’analyse : Ponyo est une version revisitée de la Petite Sirène qui évoque l’écologie des mers, Porco Rosso aborde le fascisme italien et l’amour de Miyazaki pour les avions…

J’ai découvert que chaque détails des films étaient réfléchis comme l’utilisation du parapluie par Totoro comme instrument de musique, ou le bruitage qui apporte l’ambiance particulière.

J’ai trouvé dans le premier podcast que l’analyse du philosophe invité était très juste : Miyazaki nous propose des films qui peuvent avoir une vision japonisante avec une recherche d’un mode de rapport équilibré à la nature qui renoue avec l’animisme. Mais aussi une vision universelle, car ses films réussissent à nous toucher, au-delà du côté animisme, avec l’introduction d’éléments européens notamment ou les réflexions sur la nature humaine.

Chaque podcast dure 58 à 59 minutes chacun et est disponible jusqu’au 29 avril 2021 pour le premier podcast. Je t’invite à t’arrêter à la minute 53 en général, pour éviter d’écouter le journal de la philosophie, si cela ne t’intéresse pas.

Le concours d’écriture du moment

Si tu écris actuellement une romance, le concours organisé par les éditions Harper et Collins / Harlequin et sa Collection&H, pourrait t’intéresser ! Pour participer, ton histoire devra comporter les éléments suivants :

  • Etre une romance et avoir une fin heureuse (mais aussi quelques obstacles)
  • Il doit appartenir au sous-genre New Adult (=avec des héros âgés entre 25 et 35 ans)
  • Le manuscrit doit comprendre entre 300 000 et 500 000 signes.
  • Et il doit être envoyé avant le 15 mars sur le site de Harper et Collins, rubrique Manuscrits.
  • L’objet de l’email doit être « Concours Serieously »

Qui a-t-il à gagner ? Tout simplement une publication de ton histoire en version papier ou numérique chez l’éditeur Harper et Collins / Harlequin ! Alors si tu as l’envie et l’inspiration, n’hésite pas à participer ! 🙂

L’artiste de la semaine

J’ai fait la connaissance de la boutique Le Petit Peuple Caché la semaine dernière, via l’illustratrice Juliette Amadis (dont je t’ai déjà parlé dans une veille précédente). Il s’agit d’une créatrice de petites créatures magiques réalisées en pâte polymère qui débute sur Etsy, mais qui propose déjà un univers amusant et sympa, agrémenté d’histoires sur ses personnages. Ses réalisations ont l’air de qualité et ont de bons retours sur sa boutique.

Sur sa page instagram, elle a commencé à raconter l’histoire de chacun de ses personnages, tout en décrivant son entreprise et c’est très amusant. Tu apprendras ainsi concernant les champignons que « Pour accéder au rang de Maître, le Chiampi se doit de commettre un fait d’arme approuvé par le Manitou Suprême de sa Confrérie, entraînant par conséquent divers incidents et catastrophes «  (extrait du post sur les champignons). Ou encore que le Gragül, mi-troll mi-gnome est « plutôt affectueux et timide malgré sa tête de bouledogue patibulaire… »

Personnellement, je suis très fan de ses pousses de bébé mandragores qui sont absolument mignonnes et des champignons Maîtres Chiampis espiègles !

Si son travail t’intéresse, n’hésite pas à consulter sa page Instagram ou sa boutique Etsy. 😉

Voilà, ma veille est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Galette des rois et challenges littéraires,

A.Chatterton