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Ma sélection des 5 finalistes du PLIB 2020 et un Challenge lecture en duo : mon expérience de jurée #5

L’étau se resserre pour désigner les cinq finalistes du PLIB 2020! Comme d’habitude, j’ai voulu vous donner un petit aperçu en interne des votes mais aussi vous faire participer à un nouveau challenge lecture associé pour l’occasion qui commence le 15 février…

Il a fallu encore voter… mais pour 5 livres seulement ! 

Que le temps passe vite… J’ai commencé à être jurée pour ce prix littéraire en novembre et nous sommes déjà en février !

Des 20 sélectionnés du dernier vote, je n’ai lu à présent que 7 titres sur 20 pour me faire une idée avant de désigner mes 5 finalistes. Le vote a lieu du 3 au 16 février. J’ai dû renvoyer un formulaire google avec mes titres préférés et j’attends le résultat avec impatience pour voir si je suis tombée juste.

Voici donc les romans que je vois arriver en finale :

Le choix a été complexe car je n’ai pas eu le temps de lire certains des romans de ma sélection, je me suis fiée à mon intuition. C’est le cas pour Les Noces de la Renarde de Floriane Soulas et Je suis fille de rage de Jean-Laurent Del Socorro. Mais je compte bien les lire par la suite.

A l’inverse, j’ai lu des livres qui n’étaient pas dans ma sélection par curiosité et certains ont été une bonne surprise comme Le Phare au corbeau de Rozenn Illiano. D’autres une mauvaise surprise comme Vert de Lierre de Louise Le Bars.

J‘ai lu aussi des livres de ma sélection initiale qui se sont avérés un très mauvais choix. Comme quoi, les résumés et les belles couvertures peuvent facilement vous tromper. J’ai donc écarté de la sélection L’apprentie Faucheuse de Justine Robin, Cendres de Johanna Marines et Moitié d’âme d’Anthelme Hautecorne.

Enfin, pour les avoir sélectionnés et aimés, je suis restée sur certains choix avec Les héritiers d’Higashi de Clémence Godefroy, et L’arrache-mots de Judith Bouilloc.

Encore un challenge de lecture… oui mais en duo !

Pour patienter en attendant le résultat du vote des 5, à partir du 15 février, le PLIB lance un challenge lecture en duo intitulé « L’épreuve des Alliés« . Ce sera le dernier challenge lecture de ce prix pour l’année en cours, alors autant participer !

C’est un challenge auquel tu peux aussi t’inscrire, même si tu n’es pas juré du PLIB.

Pour cela, il suffit de t’inscrire via ce formulaire google. Tu rejoindras alors l’une des trois équipes : Mages, Dragonniers ou Guérisseurs. Et tu seras associé par tirage au sort à un autre lecteur de la même équipe.

Le but de ce challenge en duo est de lire des livres de ta PAL (tu sais, tous ceux qui traînent depuis un moment sur ta table de chevet, dans ta bibliothèque, voire tes toilettes…). La subtilité réside dans le fait que ce n’est pas toi qui choisit quel livre tu vas lire, mais ton coéquipier ! Et toi qui lui diras ce que lui doit lire dans sa PAL !

J’entends certains déjà dire : « Mais c’est sadique comme procédé ! » Alors, oui et non.

Oui, c’est sadique car tu n’as pas le contrôle de tes lectures et si tu es revanchard, tu peux choisir des livres qui te semblent bien pourris dans la PAL de ton coéquipier.

Non, ce n’est pas sadique si tu agis en bonne intelligence et dialogue avec ton partenaire car le but, je le rappelle, est de faire gagner des points à ton équipe.

La PAL de chacun devra faire 10 livres et comporter des romans de SFFF (Science Fiction Fantasy ou Fantastique) ou de la Romance. En matière de points, chaque livre rapporte 5 points et chaque pallier bonus franchi rapporte des points supplémentaires :

  • 3 romans lus : 2 points bonus
  • 5 romans lus : 4 points bonus
  • 7 romans lus : 6 points bonus
  • 10 romans lus : 10 points bonus

Si en plus, il se trouve que dans ta PAL et celle de ton partenaire se trouve un livre identique, que vous lisez chacun, cela rapporte 5 points bonus.

Ma stratégie pour ce challenge est de lire un maximum de livres pendant ces 15 jours (car le challenge a lieu du 15 février au 2 mars) en proposant une PAL simplifiée que j’ai actuellement en bibliothèque, regroupant des livres avec peu de pages. (Rire démoniaque !)

Parce que bon, soyons logiques, si je donne l’intégralité de ma PAL à mon coéquipier, déjà on en a pour 50 livres au moins, et dans le tas, il y a des pavés de 500 pages…

Certains jurés se sont déjà demandés comment envoyer sa liste de livres à son partenaire quand on a trop de livres dans sa PAL. Je dirais qu’il y a deux écoles : L’école Consciencieuse qui va faire un joli tableau excel de ses titres non lus, et l’école Flemme qui peut prendre une photo des dos des livres dans sa bibliothèque. Choisissez votre team !

A la fin du challenge, il vous faudra remplir à nouveau un google form pour valider vos livres lus et les points associés. Pour plus de détails sur le défi, c’est ici.

Quoi de neuf à venir pour le PLIB ?

J’en parlais dans mon dernier article sur mon expérience de jurée, le 22 février aura lieu l’annonce des 5 finalistes du PLIB 2020 à la librairie Furet du Nord de Lille. A cette occasion, quelques auteurs du Prix seront présents en dédicace. Si l’événement t’intéresse, tu peux t’inscrire ici ou venir en touriste, ça ne pose pas de problème !

La dernière étape, après cette sélection des 5, est l’élection du Grand Gagnant en Août.

D’ici là, je t’aurai certainement chroniqué d’autres livres du PLIB, dont les 5 finalistes (car c’est une étape obligatoire de mon rôle de jurée), et je te proposerai d’autres challenges sans lien avec le PLIB aussi. Parce qu’un prix littéraire c’est bien, mais il faut savoir en sortir aussi.

Si tu as des questions sur le prix ou le challenge lecture, n’hésite pas à me laisser un commentaire. Sinon, j’espère que cette immersion dans le PLIB t’auras plu. Si tu as raté mes articles précédents sur cette expérience de jurée, va cliquer sur le #plib2020présent sur le blog. (si, si, j’insiste ! :p )

Chocolat chaud et poils de chat 🙂

A.Chatterton

Publié dans Lectures

L’arrache-mots, Judith Bouilloc, éditions Hachette romans

Dans ma pré-sélection des cinq finalistes du PLIB 2020, L’arrache-mot m’a convaincue par son sujet : il a pour personnage principal une bibliothécaire qui donne vie aux mots. Ce qui est l’exact opposé de mon personnage Miss Chatterton qui plonge dans les livres ! De là, pas difficile de s’émerveiller devant ce petit bijou truffé de références littéraires…

Résumé : La jeune Iliade a un don merveilleux  : le pouvoir de donner vie aux mots et aux histoires. Ce don fait d’elle la bibliothécaire la plus célèbre de tout le royaume d’Esmérie. Le matin où elle reçoit une demande en mariage presque anonyme, elle n’est sûre que d’une chose : son prétendant est un membre de la famille royale  !
Bien décidée à comprendre qui s’intéresse à elle et surtout, pourquoi cette personne lui propose un contrat de mariage si avantageux, Iliade se rend dans la capitale. Là-bas, elle découvre les fastes de la cour… et la froideur de son fiancé. Pourtant, elle finit par s’attacher et à lui et se retrouve, bien malgré elle, propulsée au cœur d’intrigues et de complots auxquels rien ne la préparait.

Mon avis :

Un réécriture de Jane Austen…

Iliade a le coeur brisé, donc Iliade a décidé de se marier avec le premier inconnu qui lui fait une demande en mariage et une proposition d’embauche chez le roi. Rien que ça !

Cependant, sa rencontre avec son prétendant mystérieux va lui faire l’effet d’une douche froide : qui est cet odieux personnage insensible à la beauté de la littérature qui la prend pour une folle ?

Si ce n’est pas le début d’un scénario à la Jane Austen, pincez-moi ! Telle a été ma première réaction à la lecture des premiers chapitres de L’Arrache-mots.

Apparences trompeuses, jugements hâtifs, jeune fille piquante et émotionnelle, prétendant froid et impassible, famille de filles à marier… vous retrouverez ce qui a fait le succès de Orgueil et préjugés.

Cependant, Judith Bouilloc mêle subtilement son roman d’amour à un univers de fantasy et cela diffère un peu du roman de notre copine Jane.

Car Iliade, avec son pouvoir d’Arrache-mots nous fait voyager dans les livres en faisant sortir de leurs pages des créations issues de son imagination. De là, la lecture devient un vrai spectacle qui prend vie devant nos yeux ébahis et même l’histoire la plus banale devient digne d’intérêt.

Par ailleurs, l’histoire est pleine de poésie, ses personnages sont drôles et atypiques comme la mamie d’Iliade qui crache du feu quand elle n’est pas contente ou les tenues improbables d’Iliade. Tout ceci contribue à de nombreux rebondissements de cette histoire, pour notre plus grand plaisir.

Une héroïne à contre-courant

Iliade, comme je l’ai évoqué plus haut, n’est jamais bien apprêtée ni à la mode. Elle préfère créer sa propre mode en portant les créations de sa mère ou s’habiller de façon confortable plutôt que de se conformer aux règles de la cour du roi.

Ajoutez à cela qu’elle est dotée, telle Hermione Granger, d’une crinière indomptable et d’un caractère très susceptible, et vous obtenez l’inverse d’une jeune fille bonne à marier.

Cependant, on sent une fragilité derrière cette façade d’acier. Elle n’est pas sûre de plaire un jour à quelqu’un ou que son pouvoir soit accepté par un homme. Le dernier en date l’a utilisée comme faire valoir pour obtenir un succès littéraire et son petit coeur est encore brisé.

Ce contrat de mariage associé à la proposition de travail lui évite bien des embarras et lui assure ainsi qu’à ses soeurs, un avenir plus rose. Car le prétendant s’est engagé à payer les études de ses soeurs. Iliade venant d’une famille pauvre dont le père a disparu en mer, c’est une aubaine pour elle et sa famille.

Judith Bouilloc signe là une héroïne qui n’a pas peur des convenances, plutôt pragmatique quoique un peu écervelée. L’inverse d’une jeune fille bien sous tous rapports et c’est tant mieux, sinon le récit serait moins savoureux.

Une ode à la littérature

A chaque fin de chapitre, l’auteure apporte des détails sur un livre évoqué par Iliade pour compléter notre culture littéraire et cela nous donne autant envie de relire des oeuvres classiques que de découvrir de nouveaux romans. De là à dire qu’il y a conseil en lecture de bibliothécaire, on n’est pas loin.

Ajoutez à cela, en plus du personnage extraordinaire d’Iliade, des clichés sur le métier de bibliothécaire qui sont à hurler de rire comme le personnage de la sévère gardienne de la bibliothèque royale (chignon, lunettes et air pincé) et vous saurez combien Judith Bouilloc tient à la littérature et aux gardiennes de ce savoir.

En conclusion : Un petit bijou de roman plein de poésie et d’humour qui ravira les adeptes de Jane Austen comme les fans d’héroïnes atypiques.