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Feux follets, mandragore et cadavre frais, Fingus Malister Tome 1, Ariel Holzl, Rageot

Quand le jeune Fingus a décidé d’intégrer une prestigieuse école de sorcellerie pour devenir le plus grand nécromancien de tous les temps, cela ne va pas sans catastrophes. Car après tout, même s’il est un Malister, il n’y connaît rien en magie !

Résumé : « Préparez une soupe de mandragore avec 120 g de sève de mandragore et 80 g d’or des fous. Mélangez les ingrédients dans un bocal à élixir et faites mijoter une journée à feu follet. Une fois la soupe terminée, il suffit de la répandre sur tout cadavre frais pour qu’il revienne à la vie en quelques minutes. Et le rituel de zombification est accompli ! » Apprenti seigneur maléfique, Fingus Malister sait comment il va éblouir les jurés de sa future académie de magie. Mais il a besoin de l’aide d’une sorcière plus têtue que lui…

Mon avis :

Vie d’un sorcier discriminé

Le ton est donné dès le départ, Fingus n’a pas la vie facile. Discriminé par tout le village parce qu’il est le descendant des sorciers qui ont persécuté les habitants pendant des siècles, il vit seul dans une vieille cabane adossée au château familial en ruines. Heureusement pour lui, il peut compter sur son amie sorcière Polly. Sauf… qu’elle ne souhaite pas utiliser ses pouvoirs, parce que selon elle, la magie est néfaste ! Le duo va tant bien que mal essayer de réaliser une potion pour briller auprès des recruteurs de l’Académie de magie. Mais les ingrédients ne sont pas faciles à trouver, et disons que Fingus est beaucoup plus motivé que Polly à y parvenir.

A travers cette histoire aux multiples rebondissements, Ariel Holzl aborde la discrimination d’un orphelin due à son histoire familiale. Rejeté par le village, ses camarades de classe et semble-t-il la terre entière, pour les actions de ses parents, il fait quand même bonne figure en se débrouillant seul et en gardant un objectif (plus ou moins positif en tête) : devenir un sorcier puissant pour redorer l’image familiale. Car Fingus ne manque ni de créativité ni de débrouillardise. Juste un peu de discernement entre ce qui est bien ou mal. Heureusement, son amie Polly, aux airs de Ron Weasley, veille, l’air de rien, à ce qu’il fasse les bons choix. On se demande d’ailleurs comme il pourrait se nourrir correctement ou arrêter de faire des bêtises si elle n’était pas là.

D’autant que si Fingus a un bon fond, ce n’est pas le cas d’autres habitants du village, comme Ammonia, la fille du maire. Mais curieusement, si un malheur arrive, il devient le bouc émissaire même s’il n’est pas impliqué (ce qui arrive une fois sur deux !).

Il y a un côté tragédie grecque derrière cette histoire jeunesse mais curieusement, Fingus ne se laisse jamais abattre et reste toujours de bonne humeur. On peut penser que le crâne de son grand-père défunt et son grimoire l’aident à tenir même s’ils sont à l’origine de toutes ses bêtises.

De l’humour noir façon jeunesse

Entre le crâne du grand-père Malister, la visite au cimetière, le village maudit, la forêt habitée d’étranges créatures et les quelques fantômes que nous rencontrerons en chemin, Ariel Holzl ne fait pas les choses à moitié pour nous faire entrer dans son univers gothique aux multiples dangers, mais fort amusant.

L’humour est très présent dans tout le récit. On rit des inventions de Fingus aux noms improbables, d’Ammonia qui souhaite créer des parfums alors qu’elle n’a pas d’odorat, des malentendus sur la recette de la potion de Fingus, du décalage entre la joie de Fingus et la haine des habitants à son égard, du monstre du donjon…

L’auteur a le don de rendre les situations cocasses amusantes alors qu’elles sont parfois tristes à pleurer et c’est particulièrement réussi. Et on se demande jusqu’au le jeune sorcier est prêt à aller dans la bêtise pour assouvir ses ambitions.

Quelques bémols

Cette première aventure, malgré une fin quelque peu inattendue, m’a laissée un peu sur ma faim. J’avais en tête l’excellente trilogie des Soeurs Carmine, du même auteur en commençant le récit. Même si j’ai retrouvé l’humour noir d’Ariel que j’adore, je trouve que cela n’a pas été assez loin dans l’intrigue. Pas assez gore, grinçant, gothique… Cela est sans doute dû au public destinataire de ce roman qui n’est pas young adult mais plutôt jeunesse. Avec une intrigue dont on devine facilement les rebondissements, ce sont les deux seuls bémols que j’ai noté pour cette lecture et qui font que cela n’a pas été un coup de coeur.

En conclusion : Une jolie histoire jeunesse conçue comme une potion anti-morosité : Prenez une grosse louche de discrimination, une cuillère à soupe d’amitié et une pluie d’actions aux conséquences désastreuses. Faites mariner dans un univers gothique mais joyeux. Saupoudrez d’un soupçon d’humour noir et d’un peu de magie et vous serez servi !

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Le challenge littéraire de l’automne : Pumpkin Autumn Challenge 2020

Voici venir l’automne et le retour de mon challenge littéraire préféré : le Pumpkin Autumn Challenge ! Et pour cela j’ai prévu une PAL de dingue que je t’invite à découvrir…

Mais qu’est ce que le Pumpkin Autumn Challenge ? 

Le PAC (pour les intimes), est une création de la blogueuse Guimause Terrier. Il s’agit d’un challenge littéraire sur le thème de l’Automne et d’Halloween qui se déroule de début septembre à fin novembre. Il est constitué de menus qui sont cette année, au nombre de trois : Automne des enchanteresses, Automne Frissonnant et Automne douceur de vivre. Chaque menu est constitué de 4 catégories avec des thèmes et des mot-clés pour t’aider dans le choix de tes lectures.

Pour valider ce challenge, tu as plusieurs options : lire un livre associé à chaque catégorie de chaque menu, lire deux catégories par menus, te contenter d’un seul menu… c’est toi qui détermine la manière dont tu veux t’approprier ce challenge.

Voici les règles en images ainsi que les menus de cette année : 

Tu peux aussi retrouver la présentation du challenge 2020 par Guimause en vidéo sur sa chaîne Youtube, ainsi que des idées de lecture avec sa PAL. Le challenge se relaie sur instagram et facebook avec le Hashtag #PAC2020 ou #PALDUPAC2020 ou encore #Pumpkinautumnchallenge2020

Quelle est ma Pile A Lire pour ce challenge ?

Comme je participe déjà au Mois Américain en septembre, j’ai décidé de commencer le Pumpkin Autumn Challenge début octobre, pour mieux profiter des deux challenges. Aussi, j’ai dû revoir un peu ma pile de livres que j’avais sélectionnée cet été pour l’occasion. 

J’ai également revu les thématiques des romans que j’avais sélectionnés au départ à cause du nouveau menu : l’automne des enchanteresses, absent au challenge de l’an dernier, et qui m’a donné bien du fil à retordre, notamment dans la catégorie Sarah Bernhardt, un monstre sacré. J’aime le théâtre, mais je préfère le voir sur scène plutôt qu’en lire. Donc je me suis focalisée sur la notion d’Art.

Contrairement à l’an dernier, j’ai décidé de trouver un livre pour chaque catégorie de chaque menu. Je suis ambitieuse pour cette édition 2020 ! Même si je ne pense pas tout lire, je me dis que j’aurai des idées de lecture pour l’an prochain et le PAC 2021. 

Mes choix se sont portés prioritairement sur des petites maisons d’édition ou des livres peu connus afin de sortir de ma zone de confort mais aussi de vous les faire découvrir.

Sans plus attendre, voici ma PAL :

Automne Frissonnant

Je suis Médée, vieux crocodile ! (trahison, thriller, policier, horreur, épouvante)

Les aventures occultes de Lady Bradsley, Olivier Saraja, éditions du 38

Mon choix : Une aventure avec une Indiana Jones féminine avec des histoires de fantômes, voilà qui m’a semblé idéal. J’avais d’autres idées avec des romans portés sur la thématique de l’horreur, mais j’ai décidé de les recaser dans une autre catégorie. Et cela me donne l’occasion de découvrir la maison d’édition du 38.

Résumé : Lady Bradsley est une jeune veuve douée de talents particuliers : elle parle aux morts, elle décrypte les souvenirs qui imprègnent les lieux qu’elle visite. Que ce soit au service de la Couronne britannique, du British Museum ou encore pour ses intérêts personnels, elle sillonne le monde du début du XXe siècle, en proie aux rivalités coloniales entre l’Angleterre, la Belgique et la France, pour résoudre les mystères occultes qui s’offrent à elle. Mais tandis que le spectre de la première guerre mondiale se profile, comment gérera-t-elle sa malédiction personnelle ? En effet, Lady Bradsley est elle-même hantée par Henry, le fantôme de son mari, dont l’amour est si fort qu’il transcende les frontières entre les mondes.

Les chimères de la Sylve rouge (gothique, vampire, créature de la nuit)

La maison de Londres, Lydie Blaizot, éditions du Petit Caveau

Mon choix : L’intrigue m’a fait énormément penser au film et à la série de vampire What we do in the shadows qui évoque une coloc de vampires. Ce ne sera peut-être pas identique, mais le clin d’oeil est là. Et je découvre également les éditions du Petit Caveau, orientés gothique.

Résumé : Londres, 1895. Ruppert Haversham, Arthur Ruterford et Hubert Michel, trois vampires aux caractères aussi différents que marqués, tentent de vivre normalement malgré la malédiction dont ils s’estiment victimes. Affiliés à la puissante Maison de Londres, ils se retrouvent chargés de l’éducation d’un nouveau collègue, Donald Crump. Malheureusement, ce dernier se révèle être une véritable calamité qui va mettre en péril l’organisation dont il est censé faire partie. Par sa faute, la guerre avec la Maison de Cardiff prend des proportions alarmantes et ses camarades sont contraints de rattraper ses bêtises.

Les supplices de la Belladone (livre à couverture noire)

Le syndrôme de la Malemort, Esther Brassac (Octavie d’Urville t2), éditions Le Chat Noir

Mon choix : J’ai déjà lu le tome 1 de la série et j’avoue m’être bien amusée. Octavie est une fée passemuraille maigrichonne qui n’arrive pas à grossir. Et elle est amoureuse d’un vampire par-dessus le marché ! Une saga très drôle avec quand même quelques rebondissements savoureux.

Résumé : « Parfois, croiser les doigts, c’est utile. Du moins, c’est ce qu’on dit et Octavie applique cette thérapie avec détermination. Seulement, voilà, les ennuis continuent de s’enchaîner. Et pas un ou deux, non ! Des bataillons entiers qui s’approchent en rangs serrés. Oui, parce que sinon, ça serait trop facile. Les Supranaturels londoniens meurent comme des mouches, victimes d’un étrange syndrome. Et comme si ça ne suffisait pas, Arthur de Strangewell, l’archivampire ressuscité par Swann, adopte un comportement aberrant. Difficile à vivre quand on sait qu’il représente le principal espoir contre la menace des extrémistes humains. Heureusement, tout n’est pas négatif. Octavie s’apprête à fêter son anniversaire. Même avec des mois de retard, c’est une bonne occasion d’oublier le désastre de sa vie. Reste un dernier point noir : James, le charmant et mystérieux rouquin dont elle est amoureuse, va-t-il répondre à son invitation ? »

Esprit es-tu là ? (fantôme, fantôme du passé, famille, historique, classique)

Ce qui hante les bois, Dawn Kurtagich, éditions du Chat Noir

Mon choix : J’avoue, ma PAL comprenait au moins 5 livres d’horreur pour ce challenge et je n’ai réussi à en caser que deux. J’ai envie de frissonner pendant le mois d’Octobre, que voulez-vous ?! Ce roman était déjà dans ma PAL lors d’un challenge précédent, aussi j’aimerais beaucoup le lire cette fois-ci. On verra si les frissons seront au rendez-vous.

Résumé : Fuyant un père qui les maltraite, Silla et Nori arrivent à « La Baume », le manoir de leur tante, une vieille bâtisse couleur de sang. Pour la première fois, les deux sœurs se sentent enfin en sécurité. Mais peu à peu une sombre réalité se dévoile… Le bois qui entoure la propriété n’est-il pas trop silencieux ? Tant de questions restent sans réponse : qui est cet homme que seule Nori peut voir ? Tante Cath n’est-elle pas en train de sombrer dans la folie ? Et pourquoi les arbres semblent-ils se rapprocher ?

Automne douceur de vivre

Il fait un temps épouvantail ! (Halloween, Samhain, Automne)

La Santa Muerte, Justine Robin, (L’apprentie Faucheuse tome 2), éditions le Héron d’Argent

Mon choix : J’ai déjà lu et chroniqué le tome 1 de cette série en deux volumes : L’apprentie Faucheuse, Rouge sang et noir corbeau dans le cadre du PLIB2020. J’avais envie de connaître la suite, et comme je trouvais difficile de trouver un livre pour cette catégorie, il m’a semblé logique d’inclure un clin d’oeil à la fête des morts mexicaine. Pari tenu donc, tout en découvrant un nouveau volume de la maison d’édition Le Héron d’argent.

Résumé : S’il ne doit rester qu’une dernière chose dans ce monde, ce sera nous. Ce sera la Mort?! » Le Sanctuaire n’est désormais plus que ruines. Chassées par les Semeurs de Vie, les Faucheuses ont soif de vengeance. Mais les ennemis d’Amélia et de Rain sont légion…Que dissimule véritablement cette attaque soudaine contre l’ordre du trépas ? Que désire exactement la Santa Muerte, cette mystérieuse entité macabre mexicaine qui semble tant s’intéresser à la faucheuse rouge ? L’étau se resserre. Les langues se délient. Les rivalités font rage et les trahisons sont nombreuses.Existe-t-il des secrets plus dangereux que ceux de la Mort ?

Siroter un chocolat chaud sous les saules (anthropomorphisme, Enfance, feel good, cocooning)

Feux follets, Mandragore et cadavre frais, Ariel Holtz, (Fingus Malister tome 1),Rageot jeunesse

Mon choix : Pour cette catégorie, je me suis concentré sur le mot Enfance car je souhaitais lire deux livres sur les sorcier(e)s. Il s’agit également d’un coup de coeur lecture car écrit par Ariel Holzl, l’auteur des Soeurs Carmines, que j’ai adorées. J’en attends une bouffée d’air frais dans le challenge et une bonne dose d’humour noir.

Résumé : « Préparez une soupe de mandragore avec 120 g de sève de mandragore et 80 g d’or des fous. Mélangez les ingrédients dans un bocal à élixir et faites mijoter une journée à feu follet. Une fois la soupe terminée, il suffit de la répandre sur tout cadavre frais pour qu’il revienne à la vie en quelques minutes. Et le rituel de zombification est accompli ! » Apprenti seigneur maléfique, Fingus Malister sait comment il va éblouir les jurés de sa future académie de magie. Mais il a besoin de l’aide d’une sorcière plus têtue que lui…

Retrouve ma chronique à son sujet ici 🙂

Fafnir ton assiette sinon pas de piécette ! (Créatures légendaires et fantastiques, petit peuple, féérie, conte, légende, Mythe)

Trois contes de fantômes, Guy de Maupassant, illustré par Camille Garoche, éditions Soleil

Mon choix : Hasard des choses, Guimause présente aussi ce livre dans sa PAL. J’avais repéré les illustrations magnifiques de Camille Garoche cet été et relire du Maupassant m’a semblé judicieux car il excelle dans le genre fantastique. Qui plus est, ce sera rapide à lire.

Résumé : Trois contes de fantômes propose trois nouvelles fantastiques écrites par Guy de Maupassant, choisies et illustrées par Camille Garoche, véritable orfèvre du papier découpé. Apparition s’intéresse à une histoire étrange survenue au marquis de la Tour-Samuel, alors qu’il était âgé d’une vingtaine d’années, et qui le hante depuis… Le Tic est le récit d’un père, affligé d’un tic singulier, qui raconte les mystérieuses raisons qui incitent sa fille à porter un gant à la main gauche… Enfin, La Mort nous immerge dans les souvenirs du narrateur dont la femme est morte, lorsque d’étranges phénomènes se produisent…

A window to the past (Sorcier, sorcière, magie, SFFF)

Waterwitch, Alex Bell, éditions du chat noir

Mon choix : Un livre de sorcière avec une malédiction qui fait froid dans le dos ! Comme j’ai déjà lu Le Phare au Corbeau de Rozenn Ilianno dans le même genre, je me suis laissée tentée par celui-ci. Les éditions du Chat Noir sont une valeur sûre pour l’horreur et le gothique.

Résumé : Certaines malédictions deviennent de plus en plus puissantes avec le temps… Suite à un accident, Emma a perdu l’usage de ses jambes. Sept ans plus tard, l’adolescente revient en Cornouailles, sur les lieux du drame : l’auberge familiale du Waterwitch, gérée par sa grand-mère mourante. Ce bâtiment a été construit avec le bois d’une épave, celle d’un navire au passé trouble, maudit raconte la légende. Parmi les sombres secrets qui hantent l’auberge se cachent des fantômes du passé. Et l’un d’eux est particulièrement en colère.

Automne des enchanteresses

Les rêves d’Aurore (LGBTQI+, militantisme)

Félin, histoires plurielles, collectif, Yby éditions

Mon choix : Dur de trouver un livre dans cette catégorie, car je lis peu d’ouvrages de militantisme ou LGBT. J’avais déjà présenté la nouvelle Derniers Battements de Emrys aux éditions Yby, spécialisés LGBT. Donc, j’ai décidé de retenter l’expérience. Cela tombe à pic : ils m’ont proposé ce recueil de nouvelles en service presse. Donc je vais faire une pierre deux coups avec ce challenge. 

Résumé : Miaou miaou miaou ! Pour ceux·elles qui ne parlent pas le chat, et n’ont donc pas compris Fripon, ceci est un recueil de nouvelles polyfélin. Cet ouvrage ne contient pas de croquettes. Vous y trouverez, en revanche, un seigneur dragon, une poisse incommensurable, des griffons guerriers, un shamisen mélodieux, des sorcières féministes, un détective en Marilyn Monroe, des souvenirs perdus, des dieux égyptiens en colère, une réincarnation inattendue, des ocelots aux yeux vairons et des croissants sur un banc. Les héros·ïnes de ces histoires, félidés ou non, vous emmèneront dans des aventures à vous hérisser le poil, qui vous feront peut-être feuler d’angoisse, mais surtout ronronner de plaisir.

Sarah Bernardt, monstre sacré (Dramaturgie, pièce de théâtre, Arts)

Grimoire de sorcières, Benjamin Lacombe et Sébastien Perez

Mon choix : Je n’aime pas lire de théâtre, je préfère assister à des pièces. Alors je me suis concentrée sur le mot Art et j’ai sorti un beau-livre de ma bibliothèque que je n’ai jamais lu. En plus d’être beau, j’en apprendrai plus sur les sorcières célèbres et cela me fera une pause lecture dans ce challenge.

Résumé : Ce beau-livre développe, chapitre par chapitre l’histoire et les légendes autour de sorcières illustres, le tout magnifiquement illustré par Benjamin Lacombe. Une oeuvre d’art sublime !

Les écailles de mélusine (Féminisme, transformation, Métamorphose)

Peau d’homme de Hubert et Zanzim, éditions Glénat

Mon choix : En plus de coller à tous les mots de la catégorie, Peau d’homme est une BD qui me fait beaucoup envie depuis sa sortie pour le message qu’elle véhicule. Je verrai s’il est possible de l’emprunter en bibliothèque. Sinon, je me rabattrai sur Mortal Song de Megan Crewe aux éditions du Chat Noir. Une histoire de métamorphose dans un japon féodal magique.

Résumé : Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c’était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d’homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d’un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d’homme, Bianca s’affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l’amour et la sexualité.La morale de la Renaissance agit alors en miroir de celle de notre siècle et pose plusieurs questions : pourquoi les femmes devraient-elles avoir une sexualité différente de celle des hommes ? Pourquoi leur plaisir et leur liberté devraient-ils faire l’objet de mépris et de coercition ? Comment enfin la morale peut-elle être l’instrument d’une domination à la fois sévère et inconsciente ?

Mon avis est à retrouver ici 🙂

Nausicäa de la vallée du vent (nature writing, écologie, nature, Post-apocalyptique)

Sauvage de Jamey Bradbury, éditions Galmeister

Mon choix : J’ai eu envie de Nature Writing pour changer un peu de la Fantasy et du Gothique. Ce roman est parfait pour cela, en ajoutant bien sûr une point de fantastique.

Résumé : À dix-sept ans, Tracy Petrikoff possède un don inné pour la chasse et les pièges. Elle vit à l’écart du reste du monde et sillonne avec ses chiens de traîneau les immensités sauvages de l’Alaska. Immuablement, elle respecte les trois règles que sa mère, trop tôt disparue, lui a dictées : «ne jamais perdre la maison de vue», «ne jamais rentrer avec les mains sales» et surtout «ne jamais faire saigner un humain». Jusqu’au jour où, attaquée en pleine forêt, Tracy reprend connaissance, couverte de sang, persuadée d’avoir tué son agresseur. Elle s’interdit de l’avouer à son père, et ce lourd secret la hante jour et nuit. Une ambiance de doute et d’angoisse s’installe dans la famille, tandis que Tracy prend peu à peu conscience de ses propres facultés hors du commun.

Quoi d’autre autour du challenge ?

Si tu n’as pas d’idées pour ta PAL, tu peux rejoindre le groupe Pumpkin Autumn Challenge sur Facebook. On y discute beaucoup livres. Sinon, il y a le groupe moins officiel : Pumpkin Autumn Challenge, ça discute consacré aux recettes, idées déco et boissons chaudes à déguster pendant l’automne pour accompagner le challenge.

Personnellement, je compte réaliser un nouveau quizz spécial Halloween d’ici Octobre comme l’an dernier, histoire de pimenter ma soirée d’Halloween entre amis.

J’ai aussi envie de constituer une liste de films d’horreur à voir pour la Toussaint, et j’ai commencé à réaliser des sucreries : confiture de Figue, roulés à la cannelle, Tchai Latte… afin d’accompagner mon challenge en douceur. 

Et qui sait, peut-être qu’on pourrait combiner ce challenge avec un bingo pour des actions autour de nos lectures afin de pimenter tout ça ? Mais je m’emballe peut-être un peu trop… 😉

Citrouille et Chaï Latte,

A.Chatterton

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Prix littéraire de l’imaginaire Booktube 2020 #PLIB2020 : Mini-challenge Lecture pour Noël, Mon expérience de jurée #3

Le temps passant, nous voici en décembre, synonyme de nouveau challenge littéraire en lien avec le PLIB : le tournoi des élites et son épreuve des stratèges. Petit tour d’horizon du fonctionnement de ce défi lecture pas comme les autres.

Le challenge a lieu du 16 décembre au 29 décembre 2019. Un challenge court mais intense pour pimenter les fêtes de Noël.

Tout le monde peut participer, ce n’est pas réservé aux seuls jurés du PLIB. Par contre, il faut se dépêcher de s’inscrire pour être réparti dans une des équipes. Et oui ! Ce n’est pas un challenge ordinaire : on lit en équipe !

En équipe tu seras

Pour participer, il faut remplir un formulaire d’inscription disponible sur le site du PLIB. Il te faudra choisir ton équipe, et une équipe de secours au cas où il n’y a plus de places dans celle de ton premier choix.

Puis tu recevras un gentil email de confirmation concernant ton équipe avec quelques règles de fonctionnement ou une notification sur Discord.

Niveau organisation, toutes les discussions et questions en lien avec le challenge ont lieu sur Discord. Il te faudra créer un compte, avec un pseudo et te faire inviter sur le salon du PLIB en lien avec le challenge.

La page du règlement du challenge est disponible sur le site, si souhaites plus de détails. Cela t’évitera aussi de poser des questions à ton groupe alors que les réponses sont déjà disponibles dans ce règlement. 😉

Chaque équipe dispose d’une couleur différente sur Discord : il y a les Dragonniers en rouge, les guérisseurs en bleu et les mages en violet. Les équipes soutiennent chacune une princesse  (en réalité des bloggueuses liées à l’orga du PLIB 😉 ).

Chaque menu validé avec les lectures que tu auras faites rapportera 5 points à ton équipe. Mais il faudra être stratégique pour faire gagner un maximum de points !

Des menus tu choisiras

Quatre menus sont proposés pour ce Mini challenge :

menu scintillant PLIB2020 #PLIB2020

Menu Gourmand PLIB2020 #PLIB2020

Menu Chaleureux PLIB2020 #PLIB2020

Menu authentique PLIB2020 #PLIB2020

A ceux ci viennent s’ajouter quelques règles complémentaires :

Si tu lis un livre sélectionné pour le PLIB2020, tu fais gagner 1 point supplémentaire à ton équipe.

Seuls les romans et recueils de nouvelles sont acceptés, s’ils sont lus en intégralité.

Un même roman lu peut valider plusieurs item de menus.

Les romans de Science-Fiction, Fantasy, Fantastique, et contemporains (ou littérature blanche) sont les seuls romans acceptés.

Les mangas ne sont pas acceptés dans ce challenge, contrairement au Pumpkin Autumn Challenge.

Pour le reste des indications, je te réfère au règlement complet du challenge 😉

A noter que lorsque tu auras choisi ton menu, et déterminé ta sélection de livres, tu dois renvoyer un formulaire pour indiquer tes lectures à ton équipe. Le même formulaire est à remplir une fois le challenge terminé.

De la stratégie de lecture tu déploieras

Tu l’auras compris, le but est de lire un maximum de pages en 15 jours et valider un maximum de menus.

Mais pour cela, il est nécessaire d’être stratégique.

Par exemple, tu peux sélectionner des romans courts pour aller plus vite.  Ou mieux : choisir des livres qui te permettent de valider plusieurs menus en même temps.

Tu peux aussi choisir des livres de la sélection du PLIB si tu es juré. En plus de rapporter des point bonus, cela peut t’aider à avancer dans tes lectures d’ici le nouveau vote des finalistes !

Et moi dans tout ça ?

Je fais partie de l’équipe des Mages et j’ai choisi le Menu Authentique avec les livres suivants :

  • Rubrique « Il était une fois » ( Le roman se déroule dans un contexte historique)

Les voiles de Frédégonde, Jean-Louis Fetjaine

J’ai choisi Les voiles de Frédégonde, de Jean-Louis Fetjaine, éditions Belfond, un roman historique autour d’une figure féminine au temps des rois francs de la dynastie mérovingienne. Il sera question de complots politiques et d’histoire d’amour (et de jalousie). J’avais déjà lu La Trilogie des Elfes, et Guinevere (Guenièvre) du même auteur et beaucoup apprécié son style et sa manière de revisiter la Légende arthurienne. J’espère que ce roman historique sera à la hauteur autant au niveau de l’intrigue que de respect de la réalité historique.

Son résumé : Née esclave, Frédégonde était destinée à devenir courtisane dans un village gaulois. Mais un abbé la place comme servante chez l’un des fils de Clotaire, le roi des Francs. Très vite, la jeune femme découvre les secrets de la cour mérovingienne et devient la confidente d’Audowère, l’épouse du fils cadet de Clotaire. Novembre 561, le roi meurt. Ses quatre fils se partagent le royaume. Chilpéric, violent et impulsif, se débarrasse d’Audowère et prend Frédégonde pour maîtresse. Son frère Sigebert, lui, chef de guerre talentueux qui emporte le respect de tous, épouse Brunehilde, fille du roi wisigoth d’Espagne, aussi belle qu’instruite. Chilpéric, à la fois ébloui par cette alliance prestigieuse et rongé par la jalousie, décide alors d’épouser la sœur de Brunehilde, Galswinthe. Mais Frédégonde n’est pas de celles que l’on peut impunément délaisser…

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

  • Rubrique « Noël Mécanique » (un roman steampunk) :

realm of broken faces marianne stern

Ce roman clôt la trilogie des Récits du Monde Mécanique de Marianne Stern dont j’ai déjà lu et chroniqué les deux tomes précédents (Smog of Germania et Scents of Orient), publiés aux éditions du Chat Noir. Realm of Broken Faces est un récit uchronique autour d’un monde où la France, l’Allemagne et l’Angleterre sont en guerre. Nous suivrons les aventures des frères Maxwell et Jérémiah autour d’animaux mécaniques et de dirigeables. Même si chaque tome peut se lire de manière indépendante, il est utile, ne serait-ce que pour suivre l’évolution des deux personnages, de commencer par Smog of Germania.

Le résumé : Automne 1917, Nord-Est de la France. La Blitzkrieg du Kaiser a dévasté les environs, mais une petite communauté de malfrats règne désormais sur ce no man’s land. À sa tête, Monsieur, chef auto-proclamé. Un personnage à la gueule cassée, lunatique et mystérieux. Comme on dit aux alentours, personne ne sait qui il est véritablement et d’ailleurs, tout le monde s’en fout, d’autant plus que l’ignorance est gage de survie. Le Quenottier, armé de sa fidèle pelle, suit cette ligne de conduite sans dévier d’un pouce. Il a bien d’autres ennuis à gérer que les lubies de Monsieur. À commencer par cette mioche, débusquée dans les vestiges des tranchées, bien décidée à lui pourrir la vie… Entre corbeau agaçant, Veuve acerbe et gamine insupportable, qui aura les nerfs du vieux Quenot’ ?

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

  • Rubrique « Petits meurtres en famille » (une enquête dans un roman SFFF) : 

echiquier de jade alex evans_

J’ai aussitôt pensé à L’échiquier de Jade d’Alex Evans, qui dort dans ma PAL depuis un moment. Il s’agit de la suite de Sorcières Associées du même auteur, aux éditions ActuSF dont j’ai déjà réalisé la chronique. Le roman est court et les aventures des deux sorcières Tanit et Padmé sont hilarantes et pleines de rebondissements. Ce sera une vraie lecture bonbon pour les fêtes.

Le résumé : Retour dans la cité de Jarta. La ville est en pleine ébullition. Les manifestations des opposants à la visite de l’ambassadrice d’un Empire fermé et agressif provoquent de sérieux remous. Dans le même temps, tous les sorciers de la ville sont réquisitionnés pour combattre un démon qui a dévoré deux personnes. Résultat, les forces de l’ordre confient deux nouvelles enquêtes aux sorcières Tanit et Padmé, et notamment le vol d’un antique échiquier en jade que la ville comptait offrir en cadeau à l’ambassadrice. L’incident diplomatique n’est pas loin…

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

  • Rubrique « Retour en arrière » (Lire un livre finaliste des éditions antérieures) :

la fille qui tressait les nuages celine chevet

Il se trouve que j’ai dans ma PAL de table de nuit le roman de Céline Chevet, La fille qui tressait les nuages, éditions le Chat Noir, gagnante du PLIB2019. Je me suis dit que c’était l’occasion de le lire, d’autant que l’histoire, un brin fantastique, se déroule au Japon à notre époque. (En ce moment, je suis dans une phase littéraire « Japon »)

Le résumé : Saitama-ken, Japon. Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets. Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la soeur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son coeur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai… Fable surréaliste, la Fille qui tressait les nuages narre les destins entrecroisés d’un amour perdu, une famille maudite et les tragédies d’une adolescence toujours plus brève.

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

  • Rubrique « C’est la fin » (Le personnage de la faucheuse est présent dans l’histoire) :

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Présent parmi les 20 sélectionnés du PLIB2020, L’apprentie Faucheuse de Justine Robin aux éditions Le Héron d’Argent me faisait de l’oeil depuis les votes de novembre. J’ai décidé de le lire pour m’essayer à la lecture numérique avec l’ebook fourni gracieusement par l’éditeur aux jurés, dans le cadre du Prix. Le roman a l’air amusant et court. C’est de la littérature Young adult, donc cela me changera de sujets plus sérieux comme Les voiles de Frédégonde évoqué plus haut.

Le résumé : « Aujourd’hui, je suis morte. » Amélia Pratt était une simple domestique, pauvre et sans avenir. Mais par une froide nuit d’hiver de l’année 1850, un homme la précipite dans la mort. Elle renaît alors sous les traits de Red Death, l’une des sept petites faucheuses. Désormais, son rôle est de pourchasser les esprits errants et les fantômes. Et à ce petit jeu-là, elle est la meilleure ! Pourtant, elle n’a pas choisi l’Ankou le plus docile pour la seconder dans sa tâche. En effet, le beau Rain n’est autre que son propre meurtrier, désormais contraint de lui obéir pour l’éternité… Entre complots, dangers et trahisons, parviendra t-elle à accomplir son rêve : devenir la prochaine Grande Faucheuse du Sanctuaire de la Mort ?

Lire ma chronique suite à sa lecture ici 😉

J’annonce une lecture de 1552 pages d’ici la fin du défi.

Ma stratégie personnelle pour ce challenge (et mes objectifs):

Lire des romans courts ou dont le style est léger. Nous sommes en période de fêtes et de vacances. Exit donc Les Piliers de la terre de Ken Follett. Tu resteras encore un moment sur mon étagère de PAL !

Avancer sur les lectures du PLIB2020 et vous proposer des chroniques littéraires les concernant. En plus, ça fait des points en plus pour l’équipe.

Réutiliser certains romans lus dans le Menu Authentique pour valider d’autres menus.  Par exemple, je peux réutiliser L’échiquier de Jade dans le Menu Scintillant et sa rubrique « C’est toujours mieux à deux ».

Vider ma PAL (=Pile à Lire) achetée au Festival des Imaginales. Il s’agit d’un défi avec une amie d’ici le mois de Mai 2020. Nous avons décidé de ne plus dépenser d’argent pour de nouveaux livres avant ce festival. En effet, chaque année nous en revenons avec environ 15 livres chacune et un gros trou dans le porte-monnaie. Lire ce que nous avons déjà nous permet par ailleurs de réaliser des économies !

M’essayer à la lecture numérique ! Adepte du papier, j’éprouve des difficultés à passer à la tablette ou la liseuse. Ce sera une bonne occasion d’essayer.

Et surtout, prendre plaisir la lecture et faire gagner mon équipe. Allez les Mages !

D’autres challenges sont à venir par la suite, jusqu’en août, que tu peux rejoindre aussi ! Alors n’hésite pas à consulter  la page concernant les challenges du PLIB et rejoindre une équipe !

Publié dans Ateliers d'écriture

Atelier d’écriture 1 : Fantaisie en trois temps

A l’occasion d’un atelier d’écriture organisé à l’université de Lyon par Chloé Dubreuil, j’ai eu l’occasion d’expérimenter un petit exercice d’écriture destiné à produire une nouvelle en 1h30.

Le principe était simple. Il fallait d’intégrer dans une courte histoire trois phrases parmi celles proposées par l’animatrice.

Celles que j’ai retenues étaient les suivantes :

  1. C’est ainsi que j’ai eu le grand honneur d’inviter chez moi mon ami imaginaire
  2. Tandis que l’orchestre dissimulé jouait des marches funèbres.
  3. Elle se mettrait dorénavant au régime huîtres champagne.

Ce qui a donné lieu à une courte nouvelle à l’ambiance gothique, un peu barrée.

Je suis partie dans un gros délire à rigoler toute seule en écrivant devant mon pc, au grand dam de l’animatrice qui a fini par se demander ce qui me faisait me bidonner de la sorte. Je vous laisse découvrir mon « oeuvre ». A prendre au millième degré bien sûr !

L’enterrement de l’enfance

C’était un dimanche soir pluvieux, mes poupées avaient revêtu leurs plus beaux atours : jupes à crinoline et voilettes se mêlaient aux hauts de formes et costumes en queue de pie de mes ours en peluche.

Toutes étaient en noir, afin de respecter cette tradition du deuil devant la perte d’un proche. Et quel proche ! Ce soir, nous allions inhumer mon enfance devant l’arrivée d’un nouveau venu : mon adolescence.

La musique issue de mon gramophone se déployait dans l’air, mêlée au bruit des gouttes de pluie sur les vitres, et diffusait des sons étranges, grinçants, mélancoliques.

J’avais pris soin de préparer le cercueil où reposaient mes souvenirs joyeux et tristes au milieu d’un linceul de dentelle blanche, immaculée, et de roses dont la couleur rouge apportait une note de sang. 

Au fond de la chambre, un repas attendait, agapes pour les vivants, me semblant déplacées pour un cérémonial censé honorer les morts. Mais ma mère avait insisté.

Pas question de me laisser mourir de faim en ce jour si spécial. De son côté, elle avait décidé qu’elle se mettrait dorénavant au régime huîtres-champagne. Sa manière à elle de célébrer l’événement. Je ne la comprenais pas. Comment pouvait-elle être aussi joyeuse en un jour si funeste ?

Tandis que l’orchestre jouait des marches funèbres, j’entrepris mon éloge : “ Nous sommes ici réunis pour dire adieu à une amie, une parente, que dis-je, une part de moi qui s’est en allée trop tôt, hélas. Enfance, tu m’as tant apporté ! 

La joie des cadeaux de Noël au pied du sapin, les plaisirs simples des goûters caloriques les après-midi d’automne, les envies spontanées, l’allégresse de faire le pitre quand je m’ennuyais en classe, les jeux innocents avec mes amis, la naïveté devant la dureté du monde extérieur.

Avec ton départ, c’est tout un monde sécurisant qui s’en va pour laisser place à l’incertitude, aux doutes, à l’ennui profond. Et ce corps qui change de manière incontrôlable… le regard des autres… la peur de l’avenir.

Enfance ! Que vais-je devenir sans toi ? Vas-tu de temps en temps venir me visiter dans mon sommeil pour me rappeler les jours heureux ? Ou rester dans les limbes de mon souvenir éternel ?”

Je m’arrêtai un instant, dévisageant pour la dernière fois la personne la plus chère à mes yeux au fond de son cercueil de bois, le regard figé à tout jamais.

“ Non, repose dans mes souvenirs et dans mon coeur. Ton existence a été d’un grand secours pour moi. Elle m’a permis de devenir ce que je suis. Pars en paix, je ne t’oublierai pas.” 

Sur ces paroles, je m’arrêtai là et demandai à mes ours de refermer le cercueil.

Puis, pour terminer d’honorer le départ de leur amie, mes poupées défilèrent une à une, posant une rose sur le couvercle, les yeux baignés de larmes, certaines se tirant les cheveux à la manière des pleureuses italiennes.

En retrait, je répondais laconiquement à celles venues me rendre hommage face à cette si grande perte.

Et toutes retournèrent à leur place sur mon étagère, ainsi que mes ours, me laissant seule avec le cercueil.

C’est ainsi que j’eus le grand honneur d’inviter chez moi mon amie imaginaire pour la dernière fois. Mes règles étaient arrivées, j’entrais dans le monde des adultes.

Ma mère passa alors sa tête dans l’embrasure de la porte et me dit :

“ Chérie, pourquoi tu pleures devant une boîte vide depuis tout à l’heure ? Tu as mal ? Tu veux un doliprane ? Et…pourquoi tu portes un rideau noir sur la tête ? ” 

Devant mon regard éploré, elle ajouta pour elle-même : “Décidément ces ados, je ne les comprendrai jamais”.

Fin

 

Si vous souhaitez tenter l’expérience, munissez-vous d’un chronomètre et voici quelques phrases qui pourraient vous inspirer :

Proposition 1 :

  1. La lune était levée et irradiait de sa lumière blanche les feuilles des arbres
  2. Il me prit la main en silence
  3. Dorénavant, plus rien ne serait pareil

Proposition 2 :

  1. Quel cirque !
  2. C’était une invitation qui ne pouvait pas être refusée
  3. La prochaine fois, je prendrai une bouteille de soda

Proposition 3 :

  1. Elle hésita.
  2. Ce lieu resplendissait malgré son aspect sinistre
  3. Après tout, on ne vit qu’une fois !

Il est possible de changer le temps des verbes. Il peut devenir elle.

N’hésitez pas à m’envoyer vos créations par email ou à les partager en commentaire. Cela me fera plaisir de les lire.

A bientôt !