Publié dans Questions existentielles

La Bibliothérapie ou prendre soin de soi par les livres

Pour moi, 2020 a été marquée par une envie de réconfort et d’évasion face à la crise sanitaire. Les livres ont été mes meilleurs amis, m’ont aidé à garder le moral. Quoi de mieux que de prendre soin de soi par les livres ? En fait, l’idée existe déjà : cela s’appelle la Bibliothérapie. Mais qu’est-ce que cette thérapie ?Pourquoi n’est-elle pas plus connue ? En quoi consiste-t-elle ? Est-ce un remède de charlatan ou une véritable thérapie ? J’ai réalisé quelques recherches sur le sujet dont en voici les résultats…

Qu’est ce que la Bibliothérapie ?

Dans un article de la Revue Hypothèses publié en 2015 par Léa Guidi (en lien avec l’Université d’Aix- Marseille), on trouve la définition suivante : « il s’agit de l’utilisation du livre comme outil de soin. Plus précisément, la lecture thérapeutique serait source d’apaisement des troubles de la santé mentale (à savoir troubles anxieux, troubles de l’humeur, angoisses, épisodes dépressifs, phobies, troubles du sommeil…) ou de renforcement du bien-être psychologique. »

Léa Guidi se base elle-même sur la définition proposée par le Docteur Pierre-André Bonnet qui a réalisé une thèse universitaire en 2009 pour l’Université de Marseille sur le thème de la Bibliothérapie en Médecine Générale. Le Docteur Bonnet choisit de définir cette thérapie par les livres ainsi : « la bibliothérapie correspond à la lecture motivée par une personne ou un tiers, d’un support écrit dont la finalité est une amélioration de la santé mentale, soit par la diminution de la souffrance psychologique, soit
par le renforcement du bien-être psychologique. »

Il distingue trois types d’ouvrages pour réaliser un traitement : les romans, poésies, biographies qui constituent un répertoire classique (ex : L’Alchimiste de Paulo Coehlo), les ouvrages médicaux pour comprendre et se renseigner sur son mal-être, et les livres de développement personnel ou self-help books pour résoudre un problème soi-même.

Si le terme a été inventé au XXème siècle, l’idée de soigner l’esprit était déjà présente chez les philosophes grecs comme Epictète et a donné lieu à des expériences médicales lors de la Première Guerre Mondiale chez les soldats blessés au combat afin de réduire leur anxiété ou syndromes post-traumatiques. D’autres expériences médicales américaines ont été réalisées à partir des années 1960 dans des bibliothèques d’hôpitaux, élargissant le sujet aux patients dépressifs, atteints d’une pathologie liée une addiction, ou encore aux personnes âgées et aux enfants.

A la fin du XIXème siècle, Marcel Proust a consacré un essai intitulé Sur la lecture, sur le bibliothérapie. Il évoquait lui aussi l’idée d’utiliser la lecture à titre thérapeutique pour les « personnes neurasthéniques », autrement dit dépressives. Lire redonnerait le goût à la vie, permettrait au patient de sortir de son état d’enlisement intérieur dans lequel il se serait progressivement enfermé.

Face à cette définition un brin médicale, j’ajouterais que c’est une pratique plutôt intuitive de mon côté que j’ai souvent mené de manière consciente ou inconsciente et dont vous avez peut-être déjà fait l’expérience : piocher le bon livre adapté à l’état d’esprit du moment, en cas de déprime passagère, en flânant dans les rayons d’une bibliothèque ou d’une librairie, mon cerveau accrochant à un titre, qui sans raison apparente, pourrait résoudre mon problème.

Charlatanisme ou réelle thérapie ?

Quand j’ai commencé mes recherches pour cet article, je vous avoue que j’étais un peu sceptique sur le bien-fondé de cette thérapie. J’ai d’ailleurs mieux compris par la suite en lisant divers travaux, en quoi elle manquait de sérieux aux yeux de tous.

Le problème principal de la Bibliothérapie est qu’elle n’est pas vraiment reconnue en France. Il n’existe pas réellement de formation médicale sérieuse sur le sujet. A l’inverse, les pays anglo-saxons ont exploité le filon en s’orientant énormément vers les livres de développement personnel pour accompagner les patients dans les thérapies associées à troubles psychologiques. Mais si les essais sont nombreux depuis 1914, les méthodes sont difficiles à prouver et à reproduire, et les résultats bien minces.

Par ailleurs, la Bibliothérapie manque de crédibilité : soigner par les livres est vu comme une énième thérapie artistique de médecine douce qui n’a d’autre but que d’apporter une solution fragile et d’apparence placebo. Même les médecins ne la conseillent pas par peur de donner une mauvaise image, excepté en accompagnement d’un traitement médical, et encore… Le Docteur Bonnet l’évoque d’ailleurs dans sa thèse.

En France, une seule formation à la Bibliothérapie existe. Elle est réalisée par la romancière Régine Détambel à Montpellier et est associée à une démarche créative d’écriture et de lecture à voix haute. Elle est appelée « Bibliocréativité » et a pour but, selon les propos de l’auteure d’ouvrir chacun à sa propre créativité à travers la littérature. Dans les diverses interviews qu’elle a accordées et relayées sur son site de formation, l’auteure explique que son approche délaisse les livres de développement personnels au profit des romans, de la poésie. Le thème du livre, des émotions qu’il apporte et la sonorité du langage sont des aspects essentiels de sa thérapie, ainsi que la lecture en groupe.

Vers un bibliothécaire thérapeute ?

Personnellement, je trouve très intéressant l’idée que l’on puisse intégrer cet aspect « thérapeutique », de prescription de lecture dans le cadre du travail de bibliothécaire (ou de libraire).

Imaginez : vous êtes déprimé pour une raison quelconque (peine de coeur, décès d’un être cher, accident) et au lieu de prendre des médicaments assez costauds pour dormir ou être moins déprimé, vous allez voir votre bibliothécaire qui va vous conseiller un livre pour vous remonter le moral. Ce serait vraiment bien ! Cela impliquerait bien sûr que votre professionnel du livre dispose de connaissances suffisantes pour trouver le livre qui réponde à votre besoin, et détermine votre profil de lecteur. Mais ce n’est pas impossible.

Cela apporterait également de la valeur au travail des bibliothécaires en général et surtout ceux présents dans les hôpitaux et dont le travail consiste souvent en réalité à ranger les livres de la bibliothèque hospitalière. Un travail conjoint entre médecin et bibliothécaire concernant une prescription de lecture apporterait un meilleur soin aux patients et une spécialisation au bibliothécaire.

Une conservatrice de Bibliothèque, Françoise Alptuna s’est intéressée au sujet dans un mémoire de thèse intitulé Projet de médiathèque en hôpital psychiatrique. L’exemple du Centre hospitalier spécialisé de Maison-Blanche dans le cadre de son Master à l’ENSSIB en 1993. Elle résume en partie son mémoire dans un article dédié à la Bibliothérapie sur le site de l’ENSSIB et intitulé sobrement : Qu’est ce que la bibliothérapie ? Dans cet article, elle évoque le travail possible et positif des bibliothécaires à titre thérapeutique auprès de publics en difficultés (personnes âgées, enfants à problèmes, handicapés), de personnes en réinsertion suite à un problème d’addiction ou encore de publics incarcérés dans le cadre de certaines études. Mais appliquer ce travail de manière quotidienne dans des hôpitaux (psychiatriques) nécessiterait pour les bibliothécaires une formation en matière de santé, chose actuellement inexistante.

En effet, même si la formation de Régine Détambel pourrait convenir à un bibliothécaire dans sa pratique quotidienne de bibliothèque auprès de ses lecteurs pour apporter du soutien et du réconfort, elle n’apporte pas cependant l’éclairage médical nécessaire pour comprendre les pathologies des patients.

Par ailleurs, la majorité des bibliothèques hospitalières sont constituées de bénévoles. C’est dire le peu de place apporté à la culture en tant que soin dans les milieux hospitaliers, à moins d’un partenariat local avec une bibliothèque.

Quelques idées de lecture pour aller plus loin

A défaut de vous proposer un panel de livres de Développement personnel, j’ai préféré me concentrer sur le répertoire classique, comme dirait le Dr Bonnet, avec quelques livres pratiques et récents sur la bibliothérapie proposant des prescriptions de lecture. Je vous en proposerai deux :

Tout d’abord, Remèdes littéraires, Se soigner par les livres de Ella Berthoud et Susan Elderkin publié aux éditions JC-Lattès, aborde sous forme de dictionnaire thématique, des propositions de lecture en fonction de mots-clés. Il est agrémenté d’encarts amusants sur les « maladies de la lecture » comme avoir peur de finir son livre ou être rebuté par le battage médiatique d’un livre. Il comporte aussi des Top 10 thématiques de livres comme les livres à lire quand on a un rhume, quand on a 80 ans, en cas de rupture, pour soigner les xénophobes. Le petit bémol de l’ouvrage est qu’il renvoie souvent à des romans de littérature étrangère souvent difficile d’accès, mais il est idéal si l’on souhaite picorer des idées au hasard des mots et se dénicher de nouvelles lectures.

Ensuite, l’ouvrage Bibliothérapie, 500 livres qui réenchantent la vie, des blogueuses Héloïse Goy et Tatiana Lenté du site Peanut Booker, chez Hachette. On y trouve 15 thématiques de lecture avec à chaque fois une quarantaine de titres, soit détaillés sous forme de récits, soit proposés en format marque-page ou plus brièvement en post it. Chaque chapitre commence par un appel imaginaire à un Docteur Livre imaginaire présent pour soigner le mal. Il s’ensuit un dialogue sur une lecture entre les deux auteures sur la page suivante, proche d’un blabla de magazine féminin parisien. En fin d’ouvrage, on trouve une compilation de l’émission Playlivre de Canal+ (si j’ai bien compris), qui détaille les livres favoris de personnalités littéraires, politiques en fonction de certaines situations. Si le livre a le mérite d’être beau, j’ai nettement préféré le site Peanut Booker dont il est issu, car les thématiques sont plus vastes sur le site et les fiches lecture plus développées. On y retrouve l’esprit des deux auteures : un peu impertinent, de génération Millénial, avec un vocabulaire adapté à la tranche 20-25 ans. Néanmoins, l’ouvrage est une bonne mise en bouche pour le site, les thématiques proposées sont intéressantes (Rire aux éclats, Apprendre à vivre de mes blessures, stimuler ma libido…) et l’onglet concernant les personnalités apporte un petit plus.

Si vous souhaitez une approche plus médicale sur le sujet de la Bibliothérapie, l’Association francophone de Bibliothérapie propose une bibliographie des thèses développées sur le sujet ces dernières années sur sa page facebook. Je vous renvoie également à l’article de Léa Guidi que j’ai cité au tout début, car il est très bien construit et nettement plus détaillé que le mien.

Pour conclure cet article, je dirais que je ne pense pas que l’on puisse résoudre tous ses problèmes avec des livres. Cependant, un livre adéquat peut être un bon début pour soigner sa pathologie si l’on se sent seul, ou que l’on rechigne à aller voir un thérapeute, que l’on souhaite se distraire ou tout simplement comprendre ce qui nous arrive. Un livre est le meilleur antidépresseur qui soit.

A.Chatterton

Publié dans Questions existentielles

Mes séries fétiches à regarder à l’Automne

Les feuilles tombent, le brouillard se lève et je n’ai qu’une envie : me blottir dans le canapé sous un plaid avec un Spice Latte en regardant une série. Envie de frissonner ? Envie de cocooner ? J’aime bien les deux. Je te propose quelques titres si tu es en panne d’inspiration. Sors le pop-corn, c’est l’heure du film !

Les séries pour se faire peur

American Horror Story saison 3 Coven, relate le rassemblement et l’éducation de jeunes sorcières du XXIème siècle aux pouvoirs incontrôlables, dans un pensionnat de la Nouvelle Orléans. Sauf que… la « Suprême », autrement dit la chef, âgée et malade, ne souhaite pas laisser sa place à la future jeune sorcière destinée à lui succéder. Comme personne ne sait qui est la potentielle nouvelle suprême, toute la saison va consister à deviner son identité. En parallèle, nous ferons connaissance avec Marie Laveau, une sorcière vaudou légendaire de la Nouvelle Orléans qui hait les sorcières blanches, ainsi que Marie-Delphine Lalorie, une ancienne bourgeoise franco-créole accusée d’avoir torturé des centaines d’esclaves noirs au XVIIIème siècle. Plus que de l’effroi, c’est surtout de l’horreur qu’à suscité chez moi cette troisième saison avec des scènes gores, un viol, un tueur en série, etc… Ceci dit, malgré l’hémoglobine, des longueurs et un scénario parfois digne d’un mauvais remake de The craft, j’ai apprécié l’ambiance très sorcière et les sujets sérieux abordés derrière le paranormal comme la vieillesse, le racisme ou l’amour filial. Pour information, American Horror Story est une série dont les saisons peuvent se regarder séparément, et avec souvent le même casting d’acteur dans les rôles principaux. J’ai également adoré la saison 2 intitulée Asylum, qui est plus flippante car centrée sur un asile psychiatrique avec un tueur en série et des monstres. 😉

Penny Dreadful commence à dater un peu, mais reste pour moi un incontournable en cette période de l’année. On y suit, sur trois saisons, une équipe digne de la ligue des gentlemen extraordinaires : Vanessa Ives au charme vénéneux, Sir Malcolm un riche aristocrate, Ethan Chandler un tireur hors pair et Victor Frankenstein, un jeune Docteur qui a commencé ses expérimentations de résurrection… Ensemble, ils vont essayer de retrouver Mina, la fille de Sir Malcolm qui a mystérieusement disparu et découvrir une lourde menace qui pèse sur un Londres Victorien noir et brumeux. Vampires, exorcismes et loups-garous seront au programme, ainsi que des personnages de légende : un Dorian Gray plus vrai que nature, Van Helsing, LA créature de Frankenstein,… J’ai apprécié la tension qui règne tout au long des premières saisons, le mystère qui entoure Vanessa Ives, les sujets de société abordés comme la condition féminine sous l’époque victorienne, l’immortalité… J’ai moins apprécié le jeu d’acteur de Eva Green qui s’enfonce dans la folie de façon lassante dans la saison 2. Malgré tout, cela reste une série délicieusement gothique qui te fera trembler dans ton canapé ! A noter qu’un spin off intitulé Penny Dreadful City of Angels est sorti cette année avec une action située à Los Angeles dans les années 30…

Cette semaine, j’ai découvert Kingdom sur Netflix. Il s’agit d’une série historique américano-coréenne qui mêle complots politiques et… zombies ! Tout commence par une mystérieuse maladie dont est atteint l’Empereur de Corée. L’Impératrice et son clan s’efforce de cacher son mal afin de conserver le pouvoir. Mais l’héritier illégitime de l’Empereur de Corée, le héros, va essayer de découvrir la vérité sur son père, ce qui va le forcer à fuir la Cour … pour battre la campagne avec son garde du corps. Ils vont tomber sur des zombies et essayer de les combattre… tout en s’efforçant de faire reconnaître la légitimité du Prince pour gouverner, alors que l’Impératrice est sur le point de donner naissance au futur Empereur. D’aventures en aventures, le Prince va gagner en notoriété auprès du peuple et devoir faire des choix difficiles. J’ai particulièrement apprécié tous les jeux de pouvoir présents dans la série, ainsi que la mise en scène des zombies qui est bien amenée et pas du tout nanardesque. Il y a une réelle tension à ce sujet dans toute la série et on se demande comment le héros va s’en sortir face cette invasion, en plus de tous ses autres problèmes. Par ailleurs, c’est la première fois que je regarde une série (à moitié) coréenne et j’apprécie particulièrement la mise en scène, complètement différente des films américains que j’ai l’habitude de voir. C’est un peu plus dramatique, les costumes sont différents (même si un peu trop propres à mon goût) et la manière de filmer aussi. Une petite parenthèse mi-zombie, mi-jeux politiques si tu es tenté. 🙂

Les séries cocooning

Ai-je déjà évoqué ma passion pour la série Un soupçon de magie (alias Good Witch en VO) ? Je pense que oui et dans un article assez long… Pour résumer, il s’agit d’une série dérivée de plusieurs téléfilms canadiens et mettant en scène Cassandra Nightingale, propriétaire d’une boutique de curiosité et d’un manoir Bed and Breakfast, dans une petite ville appelée Middleton. Pour résumer, Cassy aide quelqu’un dans chaque épisode à aller mieux grâce à ses talents de guérisseuse, de l’écoute, des proverbes, des cadeaux ou en lui faisant rencontrer la bonne personne. Car Cassy est une sorte de sorcière, mais en plus light que dans les autres séries. Elle ne jette pas de sorts, elle a juste des « intuitions » et un passé familial très lié à la ville. J’adore cette série pour son ambiance plus que son scénario. J’ai l’impression d’y retrouver un village perpétuellement en automne et une sorte de famille parfaite. Un vrai cocon de sérénité en 6 saisons et environ 5 téléfilms.

Virgin River est une série issue du roman éponyme de l’auteure Robyn Carr, dont la première saison est actuellement disponible sur Netflix. On y fait la connaissance de Melinda, jeune infirmière, qui décide de quitter Los Angeles pour repartir de zéro à Virgin River, une petite ville perdue dans les montagnes du nord de la Californie. A son arrivée, rien ne va : le médecin avec qui elle est censée travailler ne veut pas d’elle, et le logement qu’elle devait occuper est un taudis. Heureusement, elle va pouvoir compter sur une forte entraide communautaire et surtout celle de Jack Sheridan, le barman/chef du seul bar du coin qui est plutôt beau gosse. Peu à peu, on va comprendre que chacun des membres de cette communauté cache des blessures à cicatriser ou des secrets à ne pas dévoiler. Mais contrairement à une série comme Big little lies ou Desperate Housewives, ici, pas de gros drames. Juste de magnifiques paysages, une communauté soudée et une vie toute simple. J’ai beaucoup aimé l’ambiance village de cette série qui m’a rappelée celle de Good Witch mentionnée plus haut. Ici cependant, il y a plus de romance et de drame, et quelques réalités bien rudes de la vie à la montage. Une série addictive-doudou dont j’attends la saison 2 avec impatience.

The Librarians (ou Flynn Carlson et les Nouveaux aventuriers) est un petit clin d’oeil à mon métier dont j’ai dévoré les 4 saisons assez rapidement. On y suit les aventures de Flynn Carlson, le Bibliothécaire attitré d’une Bibliothèque magique qui conserve tout ce qui a trait à la magie, livres comme objets. La Bibliothèque (entité vivante) décide de lui a attitrer un nouveau Gardien, (sorte de garde du corps), en la personne de Eve Baird, car il est menacé par une secte criminelle qui veut détruire la Bibliothèque. Mais Flynn ne l’entend pas de cette oreille, lui qui s’est toujours débrouillé seul dans ses missions. Or, la secte a pour projet d’assassiner aussi les futurs nouveaux bibliothécaires et voilà Flynn et Eve obligés de protéger trois candidats potentiels : un voleur, une surdouée des chiffres et un cowboy passionné d’Histoire de l’Art. Au fil de leurs aventures dignes d’un Indiana Jones de série B, les bibliothécaires et le Gardien vont débusquer de nouveaux artefacts, combattre des méchants et créer une équipe de choc. Ce qui est très amusant dans cette série, c’est qu’elle ne se prend pas du tout au sérieux. Entre Flynn imbu de sa personne, Ezekiel Jones qui se la pète à voler tout et n’importe quoi, Cassandra qui invente la « Mathé-magie » et porte des tenues improbables, Eve qui joue à l’adulte pour gérer tout ce petit monde et Jacob obsédé par tout type d’architecture, on dirait une équipe d’aventuriers du pauvre à qui on aurait ajouté la magie en bonus. L’élément qui me fait hurler de rire à chaque début d’épisode, quand ils se rendent quelque part, ils se présentent en disant qu’ils sont bibliothécaires. Etles gens font comme si c’était normal qu’ils soient présents !!! Une série qui ne se prend pas au sérieux et revisite les contes et légendes du monde de manière improbable avec Noah Whyle en guest-star et à la production.. 🙂

Les séries un peu entre les deux

Grimm est une série développe un concept intéressant : elle reprend les contes des frères Grimm pour les adapter à la sauce XXIème siècle. Avec pour héros Nick Burkhardt, un inspecteur de police de Boston qui apprend qu’il est le descendant des frères Grimm au décès de sa tante, on passe vite des enquêtes au fantastique. Car les frangins allemands ne sont pas des conteurs, mais des chasseurs de monstres ! Sauf que ces monstres, appelés les wesen, ont une apparence humaine pour le reste du monde. Seul un Grimm peut les voir se métamorphoser. Face à cette découverte, Nick réalise une quête sur les origines des Grimm, accompagnée de la découverte de tous les wesen qui existent : le grand méchant loup, les ogres, les sorcières, les trois petits cochons, etc… qui se sont adaptés à la vie moderne mais conservent des instincts animaux. De saisons en saisons, notre héros beau gosse va se composer une équipe, et se retrouver mêlé à des combats qui dépassent son statut de mortel. Cette série m’a permis de retrouver un peu l’esprit de Buffy contre les vampires, surtout sur les effets spéciaux et l’esprit d’équipe. Et même si j’ai été déçue par sa fin, cela reste un très bon divertissement pour réviser ses contes de fées en 6 saisons !

Les nouvelles aventures de Sabrina est une nouvelle version 2019-2020 de la série Sabrina l’Apprentie Sorcière. On y suit la jeune sorcière qui vit dans une petite ville américaine à l’ambiance de Riverdale, avec ses tantes Hilda et Zelda et son cousin Ambrose qui tiennent une maison mortuaire. Sabrina doit faire un choix à son 16ème anniversaire : signer le livre du démon et rejoindre le monde des sorcières ou continuer à vivre sa vie de mortelle. Dur quand on ne souhaite pas quitter ses amis, d’autant que de nombreux secrets de famille vont perturber encore plus sa décision. Contrairement à la version de mon enfance, beaucoup plus légère et amusante, j’ai découvert ici une Sabrina plus sombre, associée au culte de satan et aux covent de sorciers et sorcières. J’ai trouvé intéressant la manière dont le culte des sorcières est complètement inversé vis à vis du catholicisme, et la misogynie dont font preuve les sorciers vis à vis de leurs consoeurs. J’ai apprécié le dépoussiérage de la série originale avec des personnages bi-sexuels et transgenres. J’ai adoré le jeu d’acteur des deux tantes ainsi que celui de l’actrice principale qui m’ont semblé convaincants pour un divertissement destinée aux adolescents. Une série qui parfois te fera frissonner, parfois te fera vivre des aventures amusantes avec la bande de copains de Sabrina, à l’image des deux mondes dans lesquels évoluent l’héroïne.

Voilà pour mes séries coups de coeur d’automne. Peut-être en as-tu à me conseiller ? Dis-moi tout en commentaire !

Fauteuils de cinéma et films en noir et blanc,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

La cité des chimères, Vania Prates, Snag éditions

Dans les cinq finalistes du PLIB 2020, je me suis empressée de lire ce livre afin de finaliser mes choix de vote. Malgré quelques bonnes idées, je suis restée sur ma faim. Voici mon avis et les raisons pour lesquelles je ne voterai pas pour ce roman.

Résumé : Le monde tel qu’on l’a connu a disparu. Chaos, misère, famine … Les Hommes ont enfin trouvé un équilibre et se sont organisés en guildes, guidé par leur chi, leur nature profonde. Guilde des Marchands, des Inventeurs, des Alchimistes, des Gardiens ; tous demeurent fidèles à ce qu’ils sont afin de vivre en harmonie avec la nature et les animaux particulièrement respectés, créant une cité semblable à une ville sylvestre. Dans ce monde proche de l’utopie, Céleste, une jeune fille de 17 ans, n’a pas de chi. Le jour où elle rencontre Calissa, mystérieuse contrebandière, elle est loin de se douter qu’elle va se retrouver embrigadée bien malgré elle dans une histoire complexe qui même non seulement le dirigeant de Lowndon Fields, mais également la très redouté « Confrérie des Sans-loi ». Entre ruse, savoir, intrigues et faux-semblants, Céleste va devoir changer sa vision du monde.

Mon avis

Attention, cette chronique comprend des spoilers concernant le roman en troisième partie.

Par ailleurs, comme je suis tenue dans le cadre de mon engagement de jurée du PLIB d’écrire une chronique sur ce finaliste, j’ai dérogé à ma sacro-sainte règle de ne pas parler des livres que je n’ai pas aimés.

Un univers original 

L’auteure développe deux intrigues en parallèle dans un univers utopique/ post-apocalyptique avec de la magie, et où la nature a repris ses droits. On vit à l’ancienne et on collecte des objets d’avant l’apocalypse tout ignorant  leur utilisation.

Dans cet univers, chacun dispose d’un talent inné (ou Chi) qui révèle à l’adolescence leur nature profonde. Certains sont rassemblés en guildes, d’autres agissent en solitaire. Certaines guildes sont rassemblées à Septentria, sorte de château magico-mécanique protégé par les Gardiens, des humains capables de communiquer avec les animaux. Là, les  immergeants plongent littéralement dans leurs lectures pour en apprendre davantage sur l’ancien monde, les alchimistes réalisent des inventions, les médecins inventent des remèdes… A la fois craintes et vénérées, ces guildes apportent la connaissance au peuple mais restent aussi très secrètes sur leurs activités. Et surtout, elles sont une entité à part entière, opérant sans le dirigeant de la ville et son conseil de notables.

Une guilde reste mystérieuse par sa disparition soudaine : celle des chiméristes à laquelle appartient Calissa, une des deux héroïnes principales de l’histoire. Cette énigme sous-tendra l’ensemble du récit.

Le roman se compose de deux intrigues en parallèle : un roman d’apprentissage associé à la découverte de Septentria et du pouvoir de Céleste et un roman d’espionnage avec Calissa, engagée par le dirigeant de Lowndon Fields pour connaître celui qui a tenté de l’assassiner.

Les deux histoires vont s’entremêler avec la rencontre des deux jeunes femmes occasionnant d’autres sous-intrigues dont une sur l’Histoire des guildes et une autre sur un complot politique.

La partie concernant le pouvoir des immergeants m’a beaucoup intéressée car elle développe l’imaginaire et reste un sujet d’étude intéressant quant à l’écriture de mon propre roman. Elle soulève également des questions éthiques importantes sur la censure et le droit (ou plutôt la nécessité) de ne pas savoir certaines choses afin de ne pas devenir fou. L’idée de laisser les immergeants évoluer dans un château avec des pièces oniriques pour éviter qu’ils restent ancrés dans la réalité m’a aussi semblé original : une bonne métaphore de l’expression « avoir la tête dans les nuages ».

Des personnages travaillés

L’univers de la Cité des chimères est peuplé de personnages à la psychologie élaborée qui ne m’ont pas laissée indifférente. Excepté le personnage de Céleste que j’ai trouvé trop naïf au point de vouloir lui coller des gifles, j’ai apprécié l’évolution de tous.

Immature, incapable de cacher ses émotions, peu combative face à l’opinion de sa famille, Céleste prend de l’assurance au fil du roman jusqu’à avoir pleinement confiance en ses capacités. Mais le chemin est long avant d’y parvenir ! Son bracelet d’humeur apporte une touche d’humeur inattendue aux moments les plus inopportuns.

Calissa quant à elle,  cache ses émotions tout comme un lourd passé. Dernière survivante de sa guilde, elle se compose un personnage de contrebandière et s’est recrée une famille :  la Confrérie des sans lois. Elle est mystérieuse mais on devine, derrière sa carapace de dure à cuire, une fragilité liée à son envie de retrouver sa famille de chi et un profond désir de justice.

Daniel, l’immergeant fils à papa de Septentria a un caractère de cochon et semble indifférent à tout ce qui l’entoure au début du roman. On découvrira qu’il peut faire preuve de profondeur et de maturité. Son cynisme et son jugement infaillible sur les gens permettra de faire mûrir Céleste et d’aider à la progression de l’enquête autour de la guide des Chiméristes.

Les membres de la Confrérie des Sans Lois ont tous un passé et une personnalité très sympathique malgré leur côté rebelle. On compte un ancien ninja qui a renié sa guilde pour suivre son chi, un mystificateur qui cache son don, une gardienne au grand coeur et son furet voleur…Ils sont liés par une envie de justice, mais aussi l’amour du danger (pour certains).

Alexian, à travers son don interroge sur la question de l’héritage familial et des choix que l’on fait dans sa vie. Je l’ai trouvé très intéressant de ce point de vue, en plus de son côté espiègle qui permet d’alléger l’histoire par moments.

Même les frères de Céleste ont un intérêt et représentent la bêtise de la population vis à vis de la réputation de Septentria, et surtout le personnage du marchand peu scrupuleux. Soucieux de faire prospérer leur entreprise, ils exploitent leur soeur Céleste qu’ils estiment bonne à rien car sans chi.

Quelques bémols (Attention Spoilers)

Concernant l’intrigue, j’ai eu du mal à accrocher au départ, du fait des longueurs présentes dans la première partie du roman. Et j’ai bloqué sur l’histoire du chi, dès le début du récit. Pour moi, le Chi représente l’énergie vitale chinoise. Quand j’ai vu le terme dans le récit, j’ai aussitôt pensé qu’on allait parler d’Asie. Cela m’a induit en erreur jusqu’à ce que le terme soit expliqué dans un chapitre. Je précise que je n’avais pas lu le résumé du livre avant ma lecture.

Par ailleurs, j’ai l’impression d’être passée à côté de la partie apprentissage de Céleste car j’étais plus intéressée par l’intrigue de Calissa. Cela est dû peut-être à deux choses : d’une part, je suis fan des romans d’espionnage mettant en scène des personnages marqués par la vie et Calissa remplit ces cases, avec des rebondissements inattendus à la fin du récit dignes d’un braquage.

D’autre part, l’histoire de Céleste, quoique intéressante sur la partie immergeante, m’a parue fade car je n’ai pas accroché au personnage. Je crois que j’ai lu trop de romans d’apprentissages pour être facilement surprise par les intrigues de ce genre. Par exemple, j’ai noté quelques références subtiles à Harry Potter (où je l’ai peut-être rêvé?) comme la présence des labyrinthes de Septentria, qui ressemblaient aux escaliers volants de Poudlard dans leur fonctionnement. Pour le coup, j’ai trouvé son histoire de trop, même si elle contribue à faire avancer l’énigme de la disparition de la Guilde des Chiméristes.

Au sujet de l’univers, je suis restée sur ma faim concernant le côté post-apocalyptique utopique. A quel moment les gens ont pu oublier l’utilité de certains objets ? Quand a eu lieu ce grand Boum qui a tout détruit ? Est-ce que tout était lié à un événement magique ? Ce roman est censé être une introduction à l’univers car un deuxième tome est prévu. Je comprends l’idée de laisser des questions en suspens, mais là, il m’a semblé que je ratais quelque chose.

Je n’ai pas compris non plus l’utilité d’inclure les chimères dans cet univers ni l’importance de l’histoire de la Guilde des Chiméristes qui m’a semblé de trop. Quel est le rôle des chimères dans cet univers ? A aucun moment, nous n’avons l’impression qu’elles représentent un danger permanent pour la ville. Elles n’apparaissent qu’une seule fois dans l’histoire, quand Calissa en chasse une dans l’un des chapitres. On voit que c’est un monstre… mais où vivent-elles ? Que font-elles ? Mystère… Je suis donc restée sur ma faim à nouveau.

Pour finir, même si j’ai beaucoup apprécié les personnages (sauf Céleste), il m’a semblé lire une esquisse de ce qu’ils pourraient être. J’espère que l’auteure les développera plus dans le second tome à venir.

En conclusion : Un premier tome avec de bonnes idées, qui permet d’introduire un univers intéressant avec des personnages attachants, mais qui manque de profondeur pour un public adulte. Je pense qu’il intéressera plutôt un public adolescent (beaucoup moins pointilleux que moi) et j’espère que la suite permettra d’élucider l’ensemble des points laissés en suspens et de découvrir un peu plus les personnages.

Publié dans Questions existentielles

Ces livres qu’on relit …

Je ne sais pas vous, mais dans ma bibliothèque j’ai depuis toujours quelques livres que je relis de temps en temps à des périodes de l’année ou selon mon humeur, qui m’accompagnent depuis toujours et dont je ne peux absolument pas me séparer. Je vous invite à faire un petit tour dans mes collections, le temps d’un article…

Au fil des ans, j’ai souvent trié mes livres mais certains sont restés, pire encore, je me suis rendue compte que j’en avais « besoin » et je les ai rachetés, après m’en être débarrassés. J’ai identifié plusieurs catégories qui correspondent me semblent-il, à mes étapes de vie ou des moments marquants de mon existence. En voici le résumé :

Les livres d’enfance et le sentimentalisme

L.May_Alcott_les_quatre_filles_du_DR_March

J’ai gardé la plupart de mes livres d’enfance par attachement sentimental. Sans vous refaire la liste pour l’avoir évoqué dans un autre article, il m’arrive d’en relire parfois quelques uns… et de changer de point de vue sur le récit. En effet, en grandissant, on n’a pas toujours le même regard sur les choses et le souvenir d’une lecture d’enfance est souvent différent au vu de la manière dont on s’est construit. Cela peut occasionner de bonnes ou de mauvaises surprises. De tous ces livres, Les quatre filles du Dr March de Louisa May Alcott, s’est installé dans ma bibliothèque. La petite fille que j’étais s’identifiait aux modèles féminins. L’adulte que je suis reste marquée par la vision féministe du roman. Dans tous les cas, impossible de m’en défaire. J’ai une version pour enfant (donc simplifiée) pour le moment, mais je compte acquérir celle intégrale pour adultes.

Les méthodes de développement personnel et la manière d’aborder l’existence

l'art de la simplicité Dominique Loreau

Depuis toute petite, je lis ce qui me tombe sous la main. A l’adolescence, non contente de la fiction, je me suis beaucoup tournée vers les méthodes de développement personnel pour comprendre ce qui se passait en moi et dans mon univers immédiat… mais aussi parce que ma mère en lisait beaucoup. Après les méthodes de Feng Shui pour la maison et celles pour arrêter de se sentir débordée, j’ai découvert L’art de la simplicité de Dominique Loreau. Cela a été une révélation accompagnée d’un besoin de couper le cordon familial.

Je m’explique : quand on vit dans une famille où la maison regorge d’objets par peur de manquer et que l’on aspire à … respirer dans son espace et en soi, ce livre est vraiment une sorte d’échappatoire et un mode d’emploi pour une existence minimaliste. J’ai également un autre livre de cette auteure : 99 objets nécessaires et suffisants que je feuillette de temps à autre. Celui-ci m’apporte une sensation d’apaisement que je ne saurais décrire. Peut-être que l’idée d’une vie idéale permet de m’évader via cette méthode. En tout cas, les deux méthodes sont de véritables livres de chevet qui m’aident encore aujourd’hui à identifier ce qui est important dans la vie comme les rencontres, les expériences… et à définir ce qui pour moi relève du confort, et non pas de la consommation de masse. Tout ce que j’ai pu lire par la suite : La méthode Zéro Déchet de Bea Johnson, La méthode La magie du rangement de Marie Kondo etc… est pour moi une forme de redite, même si ces livres abordent d’autres sujets comme l’écologie ou l’animisme.

Les romans qui apportent une leçon de vie 

l'alchimiste paulo coelho

J’ai lu de nombreuses méthodes de développement personnel pour trouver le bonheur en moi, mais aucune ne m’a plus marquée que le roman de Paulo Coelho, L’alchimiste.

Pour résumer l’histoire, il s’agit d’un berger qui rêve d’un trésor enfoui sous les pyramides d’Egypte. Poursuivant son rêve, il se rend au pays des Pharaons pour se rendre compte que son trésor… se trouve chez lui. Ce livre m’a appris qu’il ne sert à rien de chercher autour de soi un bonheur qui se trouve en soi, mais aussi qu’il est important de réaliser ses rêves.

Plusieurs autres auteurs sont venus compléter ma collection de leçon de vie livresques comme Laurent Gounelle, mais aucun n’a réussi à surpasser Paul Coelho jusqu’à présent.

Les romans qui questionnent

l'éveil de mademoiselle prim

L’éveil de Mademoiselle Prim de Natalia Sanmartin Fenorella est l’un des rares livres que je relis chaque automne devant une tasse de chocolat chaud, cachée sous trois tonnes de plaids. Pourquoi me direz-vous ? Principalement parce qu’il me fait réfléchir sur certaines choses de l’existence comme le féminisme, les diplômes, les méthodes d’enseignement, la vie que l’on se choisit, la religion, le mariage… Autant de sujets différents dans un si petit livre qui ne semble être au départ qu’une banale histoire de bibliothécaire en mal de travail, embauchée par un châtelain. Certes, mais dans le village du châtelain vit en autarcie une communauté de femmes lettrées qui a sa propre vision du monde.

Chaque automne, je me replonge avec délice dans l’histoire de cette héroïne particulière et ce village de femmes. J’essaie de comprendre certains raisonnements à travers les dialogues savoureux des deux protagonistes et je revois ma vision du monde.

Les livres qui te font découvrir un genre, un mouvement

la bible du steampunk

Mon engagement dans le mouvement Steampunk a débuté par la rencontre avec une vaporiste, Lady Chapillon, mais aussi la découverte de la Bible du steampunk de Jeff VanderMeer. 

Cette Bible est un véritable mode d’emploi pour comprendre le mouvement Steampunk, d’abord littéraire puis artistique, vestimentaire… Sans lui, je n’aurais pas osé proposer ma candidature chez French-Steampunk.fr pour réaliser des chroniques littéraires, et Miss Amélia Chatterton n’aurait jamais vu le jour.

C’est grâce à ce livre que j’ai conçu ce steamsonnage (= personnage steampunk), une forme d’alter-ego déjanté qui a donné lieu également à ce blog.

Même si aujourd’hui je suis beaucoup moins investie dans le steampunk, je m’efforce de porter fièrement les couleurs de ce mouvement si créatif qui laisse envisager la possibilité d’une réalité alternative.

D’autres découvertes m’emporteront certainement vers de nouveaux univers, mais pour le moment celui-ci me convient bien.

Et toi quels sont les livres dont tu ne peux te séparer dans ta bibliothèque ? Pour quelles raisons ? Que t’apportent-ils ? Dis moi tout en commentaire. 😉

Eau de rose et nostalgie,

A.Chatterton

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Que lire pendant la mise en quarantaine du Coronavirus ?

Coronavirus par-ci… Covid-19 par là… Certains font des provisions de PQ ou de pâtes. Moi j’ai décidé, plutôt que de céder à la panique, de me prévoir une petite sélection de livres au cas où je serais mise en quarantaine (ou quatorzaine comme ils disent). Après tout, c’est similaire à être sur une île déserte, non ?

Des romans ou BD humoristiques

Pour dédramatiser un peu ce contexte anxiogène, rien de tel qu’une bonne tranche de rire.

Maudit Karma, David Safier ( et les livres de David Safier en général) : L’histoire d’une nana affreuse qui se réincarne en fourmi… et doit accomplir de bonnes actions pour espérer atteindre une forme animale plus sympathique !

Comment enseigner l’Histoire à un ado dégénéré en repoussant les assauts d’une nymphomane alcoolique, Tom Sharpe : Si vous aimez l’humour anglais et les personnages persécutés, plongez dans les livres de Tom Sharpe et de son personnage Henry Wilt, un professeur d’Histoire souvent pris pour un dindon. Il s’agit ici de sa cinquième aventure. Si vous avez accroché, je vous invite à découvrir les autres.

Le magasin des suicides, Jean Teulé : Un peu d’humour noir ne peut pas faire de mal et quoi de mieux qu’un univers où une famille gère un magasin proposant des méthodes de suicide ? Sauf que survient un ennemi à ce commerce : La joie de vivre

De bons présages, Neil Gaiman et Terry Pratchett : Et si on alliait Science-fiction et humour ? Voilà un livre sur l’Apocalypse avec un grand A actuellement adapté en série au Amazon Prime, avec un ange et un démon obligés de faire équipe pour retrouver l’antéchrist et enfin démarrer la destruction prévue sur Terre. Oui, mais ces deux là se sont habitués à la terre et l’antéchrist… ce n’est pas celui prévu au départ. Des aventures désopilantes sur fond de cataclysme, écrites à quatre mains par deux virtuoses de l’humour et de la SF.

Des livres de développement personnel 

Pour prendre du recul sur soi et envisager l’avenir sereinement, un roman de développement personnel est idéal.

Le philosophe qui n’était pas sage, Laurent Gounelle (et les livres de cet auteur en général) : On a tué sa petite-amie chercheuse partie en Amazonie rencontrer un peuple primitif, alors Sandro plaque tout et part sur les lieux du crime pour la venger de la plus vile des façons. Il va faire découvrir les dérives de la civilisation à cette peuplade qui ne l’a jamais connue. Un conte qui nous fait réfléchir sur notre mode de vie et la société en général.

Mange, Prie, Aime d’Elizabeth Gilbert : Adapté au cinéma, déjà très connu, mais pour ceux qui seraient passé à côté ce roman évoque le voyage initiatique de l’auteure pour se retrouver, sur une année. Elle ira en Italie redécouvrir le goût des bonnes choses et apprendre l’italien, en Inde pour méditer et finira à Bali auprès d’un vieux sorcier. Une réflexion générale de façon romancée sur ce qu’est le bonheur pour soi, et comment devenir soi-même.

L’alchimiste de Paulo Coehlo : Santiago, jeune berger espagnol rêve d’un trésor enfoui au pied des pyramides. Un jour, il plaque tout et décide d’aller trouver ce trésor. Le voyage sera semé d’embûches et l’issue inattendue. Un conte philosophique pour trouver le bonheur en soi et apprécier le voyage qui y mène.

Du Post-Apocalyptique :

Pour envisager un scénario catastrophe et dédramatiser de notre situation actuelle.

Silo, Hugh Howey : Dans un univers de chaos, les survivants s’entassent dans un Silo, société souterraine de 144 étages. Mais on ne peut y concevoir d’enfants que si on possède un ticket de loterie… récupéré suite à la mort d’un survivant. Si vous enfreignez cette règle, vous êtes condamné à l’exposition des airs toxiques de l’extérieur. Les condamnés doivent avant de mourir nettoyer les capteurs d’images donnant sur la l’extérieur. Peu à peu le doute s’installe : et si l’extérieur n’était pas ce qu’il semblait être ? et si l’origine de cette destruction n’était pas celle que l’on croit ? Un roman de SF fort sur la théorie du complot, la destruction de la planète et la survie dans un espace confiné.

Je suis une légende, Richard Matheson : Adapté au cinéma, le roman évoque une épidémie qui transforme les gens contaminés en pseudo-vampires. Robert Neville est le dernier survivant sur la terre et doit s’adapter chaque jour et chaque nuit à sa vie solitaire. Échapper aux infectés, trouver de la nourriture, ne pas sombrer dans la folie…Comment réagiriez-vous à sa place ? Un roman qui fait réfléchir sur les limites de l’humanité.

Le fléau, Stephen King : Suite à une catastrophe bien humaine, un virus se répand sur terre et c’est le chaos. Super-méchant, camps de survivants qui s’affrontent et pointe de fantastique sont au programme pour un récit-fleuve qui vous tiendra bien éveillé la nuit. Une véritable épopée manichéenne, sur fond de critique de la culture américaine à ne pas rater en contexte de crise.

Voilà pour ma PAL spéciale Coronavirus.

J’ai proposé cette sélection pour vraiment mettre de la distance vis à vis de la panique autour du virus. Cet article n’est donc à pas à prendre au sérieux (avis aux haters !)

Cependant, si vous voulez vraiment tenter un guide de survie sérieux vis à vis de la maladie, ça existe sur Amazon : Le Manuel de survie du Coronavirus de Wuhan 

Mais je ne vous garantis pas la qualité… 😉 

Niveau mesures préventives, je vous réfère au site du gouvernement et n’oubliez pas que le savon est aussi efficace qu’un gel hydroalcoolique en rupture de stock !

Sinon, vous pouvez aussi me mettre en commentaire votre sélection en cas de mise en quarantaine  😉

Gel hydroalcoolique et masques anti-infection,

A.Chatterton

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Mes héroïnes de roman préférées

En cette journée internationale du droit de la femme, j’ai eu envie de partager avec vous mes six héroïnes de prédilection rencontrées au fil de mes lectures. Peut-être avons nous les mêmes ? A vous de me le dire…

Joséphine March, Les quatre filles du Docteur March de Louisa May Alcott.

J’ai toujours apprécié le personnage de Jo March (alias Joséphine March) pour son côté impétueux, sa volonté farouche de s’émanciper à une époque où les femmes sont reléguées à la maison, et son envie d’écrire. Malgré un caractère bien trempé qui lui vaut des déconvenues, elle se fiche pas mal de ce qu’on pense d’elle et fait preuve d’une grande générosité. Quand elle va jusqu’à sacrifier ses cheveux pour récolter de l’argent pour sa famille ou qu’elle envoie des piques à sa vieille tante riche, j’envie son culot et sa bonté. On ne peut pas dire que ses convictions lui facilitent la vie mais elle est entière et c’est ce qui me plaît le plus chez elle.

Hermione Granger, Harry Potter de J.K Rowling.

Hermione est l’archétype d’une Mademoiselle Je-sais-tout entre son intelligence vive et son besoin (peut-être inconscient) de connaître tout de la magie, elle qui vient d’une famille sans pouvoirs. Malgré son côté agaçant, elle reste une amie fidèle envers Harry et Ron, fait preuve d’un immense courage vis à vis des dangers qui les guette et surtout se bat pour une cause qui n’a pas de valeur aux yeux des magiciens pur sang : la défense des créatures magiques. Si on la transposait dans notre monde moderne, elle serait une militante de la cause animale. C’est un personnage qui évolue au fil de la saga Harry Potter, passant du statut de première de la classe respectueuse des règles et mal dans sa peau, à une jeune fille épanouie et consciente que le monde ne consiste pas à respecter ces règles. Pour moi, elle reste un personnage féminin qui a marqué une génération de lectrices.

Dolorine Carmine, Dolorine à l’école, Les soeurs carmines tome 3 de Ariel Holtz.

Dolorine à l'école ariel holtz

Dolorine Carmine est la benjamine des soeurs Carmine. Accompagnée de son doudou Monsieur Nyx (une poupée faite de chaussettes ayant appartenu à des condamnés à mort), elle évolue dans le monde de Grisaille pleins de zombies et de fantômes avec son regard d’enfant un peu naïf mais tout de même intelligent. Ce qui est fascinant avec ce personnage, est qu’elle comprend souvent les choses de travers et cela occasionne des scènes hilarantes, et une lecture à double niveau du récit par le lecteur. Dolorine est aussi une petite fille particulière : elle voit les fantômes mais parle peu aux gens vivants. Pour se faire des amis, cela reste compliqué. Monsieur Nyx reste son ami préféré même s’il lui demande de tuer des gens, ce qu’elle ne fait pas car elle a bon fond. Elle reste un personnage féminin qui sort de l’ordinaire, essayant de sortir de l’enfance et de trouver sa place dans sa famille et le monde qui l’entoure.

Irène Adler, Un scandale en Bohème de Arthur Conan Doyle

Seule femme aimée par Sherlock Holmes, escroc d’une beauté renversante, uniquement intéressée par son profit personnel, Irène Adler reste un personnage emblématique, et envié pour son indépendance vis à vis des hommes. Ma version préférée reste celle incarnée par Rachel McAdams dans le film de Guy Richie : Sherlock Holmes, jeux d’ombres. On y retrouve une Irène pétillante, mutine et joueuse devant un Sherlock qui en perds ses moyens. La version dominatrice de la série Sherlock de Mark Gatiss est très bien trouvée également, rappelant qu’elle utilise les hommes sans s’y attacher. Malgré ses manigances, on ressent son côté fragile, désireux de s’assurer un avenir, comme tous les cambrioleurs, même si l’adrénaline et le danger sont ses amies. Une bad girl détestable comme on n’en fait plus en littérature.

Sarah Crewe, La petite princesse de Frances Burnett

La « petite princesse » comme la surnomment ses camarades, a vécu bien des tourments depuis son enfance avec le décès de sa mère pour commencer, puis la disparition de son père qui la plonge dans un profond dénuement. Ce qui me plaît dans ce personnage, est son regard positif envers la vie, sa générosité et son côté humble. Quand elle est riche, elle n’en devient pas hautaine. Quand elle devient pauvre, elle reste charitable. Une petite fille courageuse qui sait évoluer au fil des aléas de l’existence. Un exemple à suivre. Une Cendrillon d’un autre temps.

Emma Woodhouse, Emma de Jane Austen

Emma, soucieuse d’aider ses amies mais aussi pour lutter contre l’idée du destin réunissant les couples, a décidé de jouer les entremetteuses. Au final, cela s’avère catastrophique pour elle comme les autres. Avec ce personnage, on évoque une jeune aristocrate qui a peur d’aimer, dans la société anglaise de la Régence plus soucieuse de marier ses filles par intérêt que par amour. Mais… Emma est complexe. Elle apparaît comme un être capricieux, parfois méchant par ennui, et très imbu de sa personne. Elle pourrait passer pour une féministe de son temps, refusant de se marier pour céder aux intérêts familiaux, mais l’histoire va plus loin. Son orgueil de petite fille gâtée doit être corrigé et elle doit se rendre compte qu’on ne peut pas tout diriger comme on l’entend. Pour moi, Emma reste une héroïne particulière dans l’univers de la littérature et celui de Jane Austen. Elle marque par sa présence, mais on a envie de lui donner des claques afin qu’elle ne passe pas à côté de l’amour par pure conviction personnelle.

J’en ai terminé avec mes héroïnes préférées. Qu’en as-tu pensé ? As-tu retrouvé les tiennes ? Si oui, dans lesquelles te retrouves-tu le plus ? Si non, quelles sont tes héroïnes littéraires de prédilection ? Dis-moi tout en commentaire ! 😉

Amour et roses des prés,

A.Chatterton.

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Chais pas quoi lire ! Quelques idées pour sortir de sa zone de confort et trouver chaussure à son pied

Ta PAL (= Pile A Lire) te fait de l’oeil mais tu restes sourd à ses appels ? Pire ! tu l’as éclusée ? Pire encore ! tu t’es lassé de tes genres favoris ? Ces quelques conseils vont t’aider à te relancer dans la lecture et peut-être même t’amuser…

 

  1. Adhérer à un club lecture

L’idée peut paraître désuète, mais c’est sans doute le moyen le plus efficace pour rencontrer des gens qui partagent la même passion pour la littérature que toi, tout en découvrant de nouveaux livres.

Le concept existe encore en Médiathèque ou Bibliothèque Municipale, donc n’hésite pas à en profiter. L’animation est toujours gratuite mais si tu souhaites emprunter les livres mentionnés, il faudra t’abonner. En général, les inscriptions sont souvent peu chères et on réalise de belles économies ( cf mes conseils de radine et d’ancienne bibliothécaire) 😉

Un bon club lecture doit laisser la parole aux lecteurs sans qu’elle soit monopolisée par un seul. Il sert aussi à te faire découvrir des genres vers lesquels te ne te serais pas tourné au premier abord. Et même si te ne souhaites pas parler pendant le club, tu peux écouter les autres participants et prendre les titres mentionnés en note. Par ailleurs, les bibliothécaires préparent toujours des romans à présenter qu’elles ont lu de leur côté. Donc même si tout le monde se regarde dans le blanc des yeux, tu es sûr de repartir avec des idées lectures.

2. Participer à un challenge de lecture

Livraddict en recense un paquet de challenge lecture, tout comme les influenceuses littéraires.

Le terrier de Guimause propose par exemple le Pumpkin Autumn Challenge qui est un défi sur deux mois et demi, lié à la saison de l’automne.

Tu peux trouver également des challenges liés à des prix littéraires comme celui du PLIB dont j’ai déjà parlé.

Tu peux tenter des challenges courts (15 jours), ou plus longs (toute l’année), selon la saison, selon une thématique, selon un genre littéraire, en duo avec une autre personne…. Les possibilités sont infinies !

Choisis celui qui te convient et surtout communique dessus dans les groupes facebook ou les forums associés. Tu découvriras ainsi les lectures des autres participants et un soutien dans ce jeu. C’est une manière amusante de lire tout en rencontrant des gens.

3. S’abonner à une Box Littéraire

Il existe depuis peu des abonnements à ce qu’on appelle des Box Littéraires. A la manière des box de cosmétiques ou de bière, un libraire te propose chaque mois une sélection de livres avec des goodies (thé, marque-page, cahiers…) qu’il envoie directement à ton domicile.

Jusqu’à présent, il existe 5 Box Littéraires sur le marché : Kube, Ptit Colli, Secrets d’auteurs, Dans ma Bulle, Exploratology

A toi de faire ton choix entre les différentes propositions !

Compte quand même entre 22 et 24 euros minimum pour un envoi mensuel.

Je n’ai pas eu l’occasion de réaliser une étude de marché, mais si le sujet t’intéresse, j’ai trouvé un comparatif ici.

L’avantage est qu’en partant de tes goûts, les lectures qui te sont envoyées sortent des sentiers battus…vu que ce n’est pas toi qui le choisis. Et c’est toujours une bonne surprise de recevoir sa box dans sa boîte aux lettres. Un goût de Noël avant l’heure…

4. S’essayer à un réseau social Littéraire

Babelio, Livraddict, Booknode, Libfly sont de véritables portes ouvertes vers de nouveaux horizons.  Le principe est simple : tu crées  ton compte, ta bibliothèque virtuelle, et tu rencontres d’autres gens qui aiment les mêmes livres que toi.

Sur Babelio (que je pratique un peu), tu peux créer ou consulter des listes de livres thématiques qui vont te donner de nouvelles idées de lecture. Si tu es fan d’un auteur en particulier, le site te proposes d’autres auteurs dans le même style. Si tu as un doute sur une lecture, regarde les commentaires laissés par les abonnés pour te donner une idée.

Chaque mois, des auteurs sont mis en avant, ainsi que des membres de la communauté. Tu peux aussi discuter bouquins avec les internautes sur des forums ou par messagerie privée.  Et si tu le souhaites, tu peux aussi participer à des quizz littéraires ou en créer.

5. Suivre des bloggueurs littéraires/ Booktubers/ Bookstagrammeurs

Difficile de se faire une idée avec la multitude de bloggueurs littéraires qui existent selon les supports, surtout si en plus, tu pratiques la langue de Shakespeare. Le but est de découvrir de nouveaux livres tout en trouvant ton format idéal : blog, vidéo, voire audio (avec les podcasts), intragram, facebook…

L’important est d’accrocher avec le style du bloggueur et d’en trouver un qui publie régulièrement, sinon ce n’est pas intéressant. S’abonner à sa chaîne/son wordpress/sa newsletter permet de se tenir au courant de ses dernières publications.

Personnellement, je suis abonnée aux bloggueurs/booktubeurs suivants:

  • le blog Histoires littéraires des bibliophiles qui a pour sujet des questionnements autour de la littérature et pas seulement les livres
  • le booktube Le terrier de Guimause, principalement pour son Pumkin Autumn Challenge, un challenge sur le thème de l’automne.
  • le blog The eden of books tenu par une bibliothécaire belge, pour ses listes thématiques de livres.
  • le youtube de développement personnel de Muchelle B (en anglais), une australienne qui parle de simplicité et donne des conseils pour réaliser ses projets personnels et professionnels (mais je déborde du contexte livre…)
  • le booktube de Flo Bouquine, qui n’est autre que Floriane Soulas, l’auteure de Rouille, pour ses critiques visant essentiellement la littérature SFFF (même si elle n’a rien publié depuis un moment).
  • le booktube de Miss Book, une équipe pleine d’humour qui présente souvent de manière originale des romans de littérature classique.
  • le booktube de la médiathèque des Avenières, qui propose de bonnes critiques de romans adultes, même si cela reste un peu institutionnel.

Je n’ai rien à te conseiller concernant instagram (ou les podcasts) car je n’ai pas encore de compte (oh la vieille !), mais la plupart des blogueuses citées en ont un. 😉

6. Lire les livres connus : Best-sellers,  gagnants de prix littéraires ou les classiques d’un genre.

Je n’ai pas personnellement pour habitude de lire des best-sellers car j’estime que les goûts de la majorité des gens en matière de relecture ne reflètent pas forcément les miens. J’ai en tête la série Twilight de Stephenie Meyers pour exemple.

Cependant, en cas de panne de lecture, je sors de ma zone de confort et j’essaie des best-sellers dans les genres que je ne connais pas, car j’estime qu’il doit bien y avoir un intérêt si autant de personnes l’ont apprécié. Cela me permet de mettre un pied dans l’inconnu mais avec une forme de sécurité.

Il en va de même avec les « classiques » d’un genre, ces livres que l’on cite en référence lorsqu’il est question d’évoquer la définition d’une fiction particulière. Toutefois, j’émets une réserve sur certains comme le steampunk. Les Voies d’Anubis de Tim Powers ne me semble pas une lecture appropriée pour découvrir cette littérature car bien qu’elle ait lancé le mouvement, on trouve de nos jours de meilleurs livres pour l’aborder en tant que débutant. Smog of Germania de Marianne Stern, ou Confessions d’un automate mangeur d’opium de Fabien Clavel et Mathieu Gaborit sont de meilleurs choix.

Pour ce qui est des prix littéraires, je reste mitigée sur les prix Goncourt, à l’exception du Goncourt des Lycéens. J’ai l’impression qu’en littérature « blanche » pour les prix institutionnalisés comme le Goncourt, le Femina ou le Renaudot, les membres de jury s’arrangent avec les éditeurs pour mettre en avant certains livres et la sélection manque de fraîcheur. A l’inverse, je trouve toujours mon compte dans les prix de littérature de l’imaginaire, voire dans ceux concernant le roman policier. Néanmoins, un prix littéraire met en avant un livre qui a une certaine qualité, comme un best-seller ou un classique et peut être un bon moyen de changer de type de lecture.

7. Autres idées en vrac

  • Devenir Juré pour un prix littéraire (cf mon expérience sur le PLIB 2020)
  • Demander conseil à un bibliothécaire ou un libraire
  • Essayer les coups de coeur des lecteurs en bibliothèque ou en librairie
  • Relire un livre  mais dans sa langue originale
  • Lire un livre adapté au cinéma ou en série télévisée
  • Créer son propre club lecture avec des amis ou des collègues de travail
  • Lire un genre connexe à ce qu’on lit d’habitude (ex : du roman historique si on est fan de Fantasy historique).
  • S’intéresser aux documentaires associés à ses fictions favorites (ex : un livre de physique avec un roman de Science-Fiction, une biographie de flic avec un roman policier…)

Ma liste de conseils en lecture est terminée, j’espère t’avoir aidé à sortir de ton no man’s land de la lecture. Si tu as d’autres idées, n’hésites pas à les mettre en commentaire.

Tartines et chocolat,

A. Chatterton

Publié dans Questions existentielles

Comment allier sa passion pour la littérature sans assassiner son compte en banque : mes astuces radines

Cette année, j’ai décidé de limiter mes achats de livres pour plusieurs raisons. Par conséquent, il m’a fallu déployer des trésors d’imagination pour continuer à assouvir ma passion tout en évitant une confrontation avec mon banquier. En voici le résultat…

1. Lire les livres qu’on a déjà

Quand j’ai déménagé sur Lyon en Juin, j’ai constaté que sur mes 10 cartons de livres, je n’en avais pas lu au moins 3. Ce qui représente environ 45 livres ! J’ai donc commencé par lire ces derniers avant d’en accueillir de nouveaux. Et ce n’est pas désagréable car après tout, si je les ai acheté un jour, c’est qu’ils me plaisaient, non ?

2. Emprunter à des amis, collègues de bureau, voisins, famille…

Le problème quand on aime lire et partager ses lectures, c’est qu’il arrive que l’on rencontre des gens qui aiment partager les leurs. J’ai ainsi pu emprunter et échanger des livres avec mes nouveaux collègues et à mes nouveaux amis à partir de septembre. Donc ma PAL à la maison à commencé à faire la tronche, mais je gardais mon objectif en tête : pas d’achat !

3. Devenir Jurée pour un prix littéraire… et bénéficier de livres gratuits

A la base, je me suis inscrite au Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktuber App par curiosité car j’adore la littérature de l’imaginaire et l’idée de participer à l’élaboration d’un prix littéraire me semblait intéressante. Le premier avantage, est qu’en matière de livres sélectionnés, j’en avais certains dans ma PAL, ce qui m’a poussé à les lire. Le second avantage est que j’ai eu accès à de nouveaux livres en format numérique… ce qui a agrandi ma PAL à nouveau ! En revanche, l’inconvénient principal est que je ne possède pas l’ensemble des livres sélectionnés pour le prix. Par conséquent, pour m’éviter des achats, j’ai dû trouver d’autres astuces.

4. Profiter d’ebook gratuits

Avec le PLIB, j’ai découvert les ebooks et je me suis penchée sur les plateformes de distribution de livres gratuits. Ainsi, j’ai lu les 8 premiers tomes du manga The Promised Neverland sur une application pour smartphone sous android gratuite appelée Manga Master. Cependant, même si le manga était topissime, j’ai moins apprécié de scroller en continu sur mon écran pour lire les bulles de texte. Sur papier, c’est plus facile je trouve.

Il existe de multitudes de plateformes d’ebooks gratuits sur ordinateur, tablette ou smartphone. Personnellement, comme je débute dans ce format, je ne connais que le site de la Bibliothèque Nationale de France qui recense et mets en accès des livres tombés dans le domaine public, autrement dit de la littérature classique. Mais vous pouvez en trouver un sacré paquet juste en tapant dans google « Ebook gratuit ». Par ailleurs, certains éditeurs comme Bragelonne proposent des opérations flash d’ebook pas chers. Il faut juste se tenir au courant sur leurs pages facebook.

5. Emprunter à la bibliothèque

Comme je n’avais pas en stock l’ensemble des livres pour le PLIB, et que je ne comptais pas les acheter, j’ai décidé de me réinscrire à la bibliothèque. Cela m’a permis d’emprunter aussi d’autres livres qui m’intéressaient, mais que je ne souhaitais pas garder. L’abonnement m’a coûté 18 euros pour l’année et je peux emprunter dans les 16 médiathèques de Lyon. Le top ! Il y a des bibliothèques dans pratiquement toutes les villes, mais si vous ne disposez que d’une toute petite bibliothèque là où vous habitez,  et que vous n’y trouvez pas votre bonheur, n’hésitez pas à faire des suggestions d’achat (ou à réserver des documents si elle est approvisionnée par la Bibliothèque Départementale de votre secteur.) 😉

7. Se faire offrir des livres

La période de Noël approchant, en bonne radine, j’ai demandé des livres en cadeaux (liste à l’appui, hein !), ce qui m’a permis de compléter ceux du PLIB qui n’étaient pas en bibliothèque ou même d’assouvir une envie irrésistible concernant certaines nouveautés. J’en ai donc récupéré deux de plus. Ma PAL a continué de me regarder d’un air de reproche, mais mon stock est resté assuré pour l’année.

8. Profiter des boîtes à livres / du Bookcrossing

En me promenant dans le premier arrondissement de Lyon, j’ai vu Place Satonnay qu’une boîte à livres était installée. Elle est souvent vide, aussi, il m’est arrivé d’y mettre deux ou trois romans dont je ne voulais plus pour la remplir. Une autre est installée à la station Bellecour en direction du métro D, que je prend tous les jours pour aller travailler. J’y ai déniché un roman que j’avais envie de lire : La fille du train de Paula Hawkins et un recueil de contes japonais. La boîte est souvent pleine et je pense qu’elle est gérée par les médiathèques de Lyon. Le fait est, pour avoir moi-même installé ce genre de dispositif quand j’étais bibliothécaire, qu’il s’agit d’un bon moyen pour faire bénéficier gratuitement de livres les gens qui n’en ont pas les moyens, et de faciliter les échanges. Peut-être qu’il y en a une dans votre ville ? Si ce n’est pas le cas, parlez-en avec la bibliothécaire du secteur ou montez la vôtre ! Le mieux étant de l’installer dans un endroit sec, à l’abri du vent et de la pluie, et dans un lieu de passage.

9. Récupérer des livres avec l’application Geev

Geev est une application pour smarphone et un site internet qui permet de donner, entre particuliers, des objets ou des meubles, voire…des livres. Le principe est simple : vous donnez un objet à quelqu’un, vous récupérez des bananes virtuelles. Ces bananes vous permettent d’échanger avec quelqu’un concernant un objet que vous souhaitez acquérir. Je n’ai pas encore eu personnellement à utiliser Geev pour récupérer des livres, mais je l’ai fait pour me débarrasser de vaisselle et de petits meubles. L’inconvénient concernant les livres proposés, est qu’ils sont souvent vieux ou dans un sac sans que l’on puisse voir les titres.

Négocier que l’on est la personne la plus appropriée pour l’échange (plus flexible, plus sympa…), fait aussi partie du jeu. Et si on récupère un sac, un tri s’impose. Mais je souhaitais quand même en parler car c’est un bon moyen de récupérer des livres gratuits, ou d’en donner.

10. Bénéficier de services presse.

Alors oui, j’avais bien dit que je ne demanderai plus de service presse (cf mon article sur le sujet), mais il se trouve qu’un nouveau roman steampunk vient de sortir et que de toute façon, j’allais acheter ce livre. Disons que j’ai pris de l’avance…

Dans tous les cas, quand vous êtes bloggueur littéraire et que vous souhaitez parler d’un livre qui vient ou va sortir en librairie, le plus facile pour ne pas avoir à l’acheter est de demander un service presse à l’éditeur qui vous fournit gratuitement ledit livre soit en version papier mais de plus en plus en version numérique. La seule contrainte reste de parler du livre une fois lu. Sans revenir à ce que j’ai déjà évoqué sur le sujet, cela peut mettre la pression sur votre lecture. Donc, astuce à manier avec précautions.

Bien évidemment, si vous êtes lecteur lambda, il ne vous sera pas possible de demander un service presse. Sinon les éditeurs ne vendraient jamais rien. Restons logiques.

11. Faire une liste des livres que l’on souhaite acheter dans une PAL virtuelle

Pour éviter de craquer pendant l’année, j’ai réalisé une liste de ma future PAL à acheter, une fois écoulée celle que j’ai en stock. Pour cela, j’ai utilisé google drive, en configurant mon smartphone pour y accéder autant de fois dont j’ai besoin en journée ou pendant ma veille littéraire matinale sur les réseaux sociaux. Cela marche aussi avec votre liste d’envies Amazon, de Babelio ou de tout site proposant un catalogue de références à mettre en favoris.

Chaque mois, je regarde la liste à nouveau depuis mon ordinateur et parfois j’élimine des titres car ils ne m’intéressent plus. Cela me permet d’affiner mes achats plus tard et de mieux choisir mes lectures.

12. Se limiter à un salon littéraire par an ET se donner un budget

Armée de ma fameuse liste d’envies évoquée plus haut, ma PAL de l’année entièrement lue (nous sommes dans un monde idéal, si, si !), je me rends tous les ans au Festival des Imaginales dans les Vosges, pour lequel je me fixe un budget d’achat annuel. Comme je me suis retenue toute l’année, la frénésie est à son comble. C’est à la fois un moment d’échange avec les auteurs, de découverte de nouveaux, de conférences sur des sujets passionnants et de retrouvailles avec des amis lecteurs. Je dépasse toujours mon budget et je rapporte toujours 15 à 20 livres minimum, mais je n’en fais qu’un par an et cela me suffit. J’ai assez d’opportunités comme ça dans l’année pour me procurer des livres, il ne faut pas exagérer. Par ailleurs, Les Imaginales est l’un des rares festival littéraires encore gratuit, et rassemble 150 auteurs tous les ans. Je dis ça, je dis rien… 😉

13.  Acheter d’occasion

Entre Emmaüs, les bouquinistes (Gibert et autres), et les marchés de bouquinistes IRL, j’ai du choix pour dénicher les livres de ma fameuse liste. Mais bon, cela prend parfois du temps et de l’énergie d’aller sur place. Alors, quand j’ai la flemme, je regarde sur internet les sites qui proposent des livres d’occasion. J’ai recensé jusqu’ici Amazon, Fnac, Decitre, Momox, Gibert, Recyclivre, Kiwibook, abebooks, Leboncoin. Même Vinted dispose d’une section Livres pour revendre ses livres ! De quoi trouver la pépite pour compléter votre collection ou une sortie plus ou moins récente du dernier roman qui vous fait envie.

14. Attendre la sortie d’un livre grand format en poche ou en ebook

Vous avez vu un livre qui vous intéresse, mais il coûte 20 à 25 euros ? Attendez qu’il soit publié en format poche et vous gagnerez entre 10 et 15 euros sur l’achat. Pour rester à l’affût, Amazon est votre meilleure arme car le site fait apparaître pour une même notice de livre, ses différents formats…et donc prix !

Cependant, deux inconvénients sont à prendre en compte : cela ne fonctionne pas si le livre n’a pas de succès. Il ne sera pas édité en poche. Et surtout, il faut aimer le livre poche, qui s’il est léger, est parfois très fragile et publié avec une police de caractère assez petite.

15. Etre en couple avec un lecteur ou une lectrice

Comme je l’évoquais en préambule, j’ai déménagé sur Lyon… pour rejoindre mon conjoint qui est lui aussi lecteur. Je préfère la fantasy, l’uchronie historique, le steampunk et les thrillers. Lui est plutôt romans historiques, Science-Fiction et…fantasy ! Du coup, je vais piocher de temps en temps dans sa bibliothèque, ce qui m’évite de mettre la main au porte-monnaie, et j’ouvre mon horizon littéraire. Bien sûr, si vous êtes célibataire, cette astuce n’est pas utile. Mais vous pouvez revenir au point 2 (emprunter à des amis, collègues…) 😉

Voilà pour mes astuces radines en matière d’achats de livres. J’espère que vous en aurez bien profité. N’hésitez pas à me laisser vos propres astuces en commentaires pour alimenter cet article. Et n’oubliez pas : votre PAL vous regardera toujours avec d’un air accusateur si vous ramenez un nouveau roman à la maison ! 😀

Paillettes et chocolats,

A.Chatterton

Publié dans Questions existentielles

Ma bibliothèque d’enfance et son impact sur ma vie adulte

Plus jeune, certains livres m’ont plus marqués que d’autres. Mon regard d’enfant est resté rivé sur certains détails ou leçons de vie. Avec le recul, j’ai l’impression qu’ils ont façonné ma manière d’être, eu un impact sur ma vision de la littérature. J’ai voulu te les faire découvrir. Peut-être avons-nous les mêmes ? A toi de me le dire…

 

Quatorze livres, quatorze manière d’appréhender le monde au fil du temps :

babar

Babar à la maison, de Cécile et Jean de Brunhoff, éditions Larousse : J’ai eu cette version un peu encyclopédique qui regroupe plusieurs histoires de l’éléphant couronné. Ce qui m’a frappé dans l’histoire générale de Babar, outre que ce sont des éléphants habillés, est que Arthur, le frère de Céleste habite avec le couple. Un frère qui habite avec sa soeur mariée était pour moi inconcevable dans ma vision d’enfant.  La vieille dame était aussi une énigme : pourquoi inclure une humaine dans une histoire d’éléphants ? Mais la leçon générale que j’ai retenue de cet album, après visionnage des dessins animés associés reste une phrase prononcée par le vieux Cornélius : « On ne juge pas un livre à sa couverture ». Cela m’a aidé par la suite à mieux choisir mes livres, même si la couverture peut être très attirante !

pique nique souris Kazuo Iwamura

Le pique-nique de la famille souris de Kazuo Iwamura, édition école des loisirs  : Dans cet album japonais, la nombreuse famille souris réalise un pique-nique en extérieur.  J’ai toujours bloqué sur la page des oeufs de grenouilles car pour moi ils ressemblaient à des tuyaux contenant du kiwi (je sais, j’ai l’esprit tordu). Par ailleurs, habiter dans une maison creusée sous un arbre, c’est trop la classe. Cet album a influencé ma passion pour les décors miniatures et par la suite le minimalisme. La famille souris vivait en effet de peu, et de choses qu’ils fabriquaient tous ensemble. La plupart des albums de l’école des Loisirs comprenant des auteurs japonais, je pense que cela a aussi influencé mon attirance pour leur pays. Dans cet album en particulier, ils préparent des Onigiri, boulettes de riz avec des algues, plat typique japonais.

Frisolo pef

Les amours de Frisolo, de Pef, éditions sociales : Cet album raconte, de façon humoristique, comment un taureau du Charolais s’est transformé (habits, chaussures, manière d’être) pour séduire la vache du pré voisin. Spoiler : Ladite vache va finalement préférer l’ancien Frisolo au nouveau. La morale est que devenir quelqu’un d’autre pour séduire n’est pas forcément la meilleure chose qui soit, leçon qui m’a suivie dans toute ma vie amoureuse.

juju bébé terrible

Juju le bébé terrible de Barbro Lindgren, éditions La Farandole : Acheté pour mon frère Julien à la base, aussi doué pour faire les bêtises que Juju, le héros de cette histoire, cet album m’a appris enfant, que l’on peut faire beaucoup de bêtises et être quand même aimé de ses parents. La meilleure histoire est celle du loup qui essaie de bouffer le gamin puis se sauve, tellement Juju est affreux avec lui.

la légende du sapin

La légende du sapin de Thierry Chapeau, éditions Callicéphale (d’après un conte traditionnel alsacien) : L’histoire en lien avec Noël raconte pourquoi le sapin est le seul arbre à garder ses épines/ feuilles en hiver. Ce serait un cadeau du vent lié à la générosité de l’arbre. Ce conte m’avait bouleversée plus jeune, car je m’étais beaucoup identifiée à l’oiseau, le deuxième personnage principal. La leçon que j’en ai tirée tourne autour d’une générosité et bienveillance réciproque : si tu es bon avec les autres, ils le seront avec toi.

Andersen 5 contes

5 contes d’Andersen, Une semaine du petit Elfe ferme l’oeil, éditions Hatier : La nouvelle du vendredi sur le mariage des poupées a bouleversé mon regard sur mes propres jouets. Dans ma tête d’enfant, ils prenaient vie la nuit, une fois que j’étais endormie et vivaient des aventures extraordinaires pour revenir à leur place au petit matin. Je pense que cela a développé mon côté animiste vis à vis des objets, partagée notamment avec Marie Kondo… Je crois aussi aux lutins qui viennent réparer les souliers la nuit, et en ceux qui te piquent provisoirement tes affaires pour fabriquer des meubles… 😉

blondine

Histoire de Blondine, La Comtesse de Ségur, éditions Hatier : cette fable raconte l’histoire de la princesse Blondine, égarée dans la forêt par sa méchante belle-mère, qui se fait adopter par une cour d’animaux parlants. A l’époque, je me suis demandée  comment cette andouille avait réussi à se perdre. Et j’avais fait une fixation sur les lilas, plante récurrente du récit (!).  Blondine, c’est un mélange de Cendrillon, La Belle et la bête, Blanche-Neige et surtout un voyage initiatique. Ce conte évoque le passage de l’enfance à l’adolescence et il reste pour moi plus fort que le récit du Petit Chaperon Rouge. Peut-être un côté princesse inassouvi, allez savoir !

jojo-lapin.jpg

Jojo Lapin d’Enid Blyton, collection bibliothèque mini-rose, éditions Hachette : Du même auteur que Le club des cinq, Le clan des sept et Oui-Oui, j’ai possédé l’intégralité des aventures de ce lapin malin qui s’amuse à ridiculiser les autres animaux. C’était un réel plaisir de deviner les ruses du mangeur de carottes dans chaque histoire. Sa lecture a intégralement changé ma vision des loups et des renards dans les autres récits, à tel point que lorsque je rencontrais un loup, je savais qu’il serait stupide… et le renard plutôt malin. Plus tard, j’ai mis en parallèle les aventures de Jojo Lapin avec les Fables de La Fontaine, et je me suis dit que l’on ne s’en éloignait pas tant que ça.

malheurs de sophie

Les malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur, collection Bibliothèque rose, éditions Casterman Jeunesse : Des bêtises de la pauvre Sophie, puis de ses aventures avec ses cousins et du remariage de son père avec son effroyable belle-mère, j’ai surtout été marquée par des détails curieux. A quel moment on se marie entre cousins ? Sophie se fait martyriser par sa belle-mère et tout le monde trouve ça normal ? Et aussi, faire la charité, c’est bon pour le karma… Très fan de la Comtesse de Ségur, j’ai beaucoup développé un côté vieille France à cause de Sophie et des frangines De Fleurville.

les caprices de gisele

Les caprices de Gisèle, (toujours) de la Comtesse de Ségur, édition Casterman Jeunesse : Gisèle est une enfant capricieuse au grand désespoir de ses parents. Dans la suite, Quel amour d’enfant ! elle gagne en intelligence après s’être mariée. Sa morale : c’est pas bien les caprices,  il faut être gentil dans la vie. Un bel exemple de livre sur les parents dépassés par leur enfant qui a fait écho en moi car… j’étais assez capricieuse petite, et je le suis restée… Mais, j’ai quand même un peu mûri et ce n’est pas avec le mariage, cela s’appelle grandir tout simplement…

L.May_Alcott_les_quatre_filles_du_DR_March

Les quatre filles du Dr March, de Louisa May Alcott, Collection livre-club jeunesse, édition Hemma : La vie de quatre soeurs très différentes pendant la guerre de Sécession aux Etats-Unis en l’absence de leur père, docteur sur le front. C’est le livre qui m’a donné envie d’écrire. J’étais très fan de Jo alias Joséphine, la soeur têtue, casse-cou et écrivain en herbe. J’ai été beaucoup choquée de lire qu’on puisse mourir d’une maladie censée avoir disparu à mon époque. Par la suite, j’ai appris que j’avais une version édulcorée pour enfant et que dans celle pour adultes, la fin est différente (pas ledit décès évoqué plus haut malheureusement). C’est le livre qui m’a aussi appris que la mode est quelque chose de superficiel, et que l’on peut être pauvre et vivre heureux malgré tout.

petiteprincesse

La petite princesse de Francess Burnett, édition Hemma : L’histoire très connue a été adaptée en manga et en BD. Il s’agit d’une petite fille riche éduquée dans un pensionnat anglais dont le père meurt aux Indes. La directrice du pensionnat va par la suite l’utiliser comme domestique pour lui faire rembourser ses dettes. Fan de Francess Burnett dont j’avais aussi lu Le Jardin Secret, ce roman jeunesse m’a appris que l’on peut tout perdre du jour au lendemain, et qu’il faut croire en sa bonne étoile.

ailes noires nuit

Les ailes noires de la nuit, de Jean-Marc Ligny, Collection fantastique, édition Rageot : Mon premier frisson avec une aventure étrange mêlant un garçon qui fait des rêves éveillés très réalistes sur fond de destruction écologique d’un marais. Une dame blanche le guidera dans sa quête, et bon sang, ce que ce fantôme m’a  fait flipper ! Depuis, je crois aux fantômes et le moindre film sur le sujet me provoque des crises d’angoisses !

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Le pantin maléfique, R.L. Stine, collection Chair de Poule, édition Bayard Jeunesse : L’histoire d’un garçon qui apprend la ventriloquie avec une poupée possédée. Je n’ai jamais pu regarder des pantins de la même façon ni regarder les films d’horreur en lien avec des poupées possédées après avoir lu ce livre. D’une manière générale, la collection Chair de Poule a été pour moi une manière de me faire peur, de me tester, quitte à en faire des cauchemars. Je dirais que au vu de ma vie d’adulte, c’est aussi un moyen de se tester face à des situations terrifiantes. Il m’a donné le goût du fantastique et les romans de Stephen King.

Quelles leçons tirer de ma bibliothèque ?

J’ai encore d’autres livres dans ma bibliothèque d’enfance, mais ce serait difficile de tous les nommer et cet article est suffisamment long. Voici ce que je retire de tout ça :

Les histoires nous façonnent

A travers les leçons qu’elles nous proposent, ou celles que l’on perçoit, les récits de notre enfance nous permettent de grandir et de nous interroger sur le monde qui nous entoure.

Mes questionnements d’enfant semblent amusants ou anodins au premier abord, mais ils étaient profondément liés à ma vision personnelle de l’univers. Lire a également été une forme d’apprentissage de la vie avec des exemples sur la manière de se comporter ou des idées saugrenues comme le fait que si c’est possible dans un livre, alors c’est possible en réalité.

Ces histoires ont trouvé écho en moi. Elles ne l’ont peut-être pas été de la même manière pour tous. Nous vivons les récits à travers notre prisme personnel, qui évolue au fil du temps. Nous grandissons, nous relisons ces histoires et nous les comprenons parfois différemment au vu de nos expériences passées.

Les récits d’enfant influent nos choix littéraires d’adultes

Si je n’avais pas lu de classiques britanniques enfant, aurais-je la même passion pour les auteurs anglais aujourd’hui ? Idem pour le fantastique, la littérature japonaise et les intrigues comportant une héroïne courageuse et non un héros.

Si aujourd’hui je lis Haruki Murakami, Stephen King, Jean-Laurent Del Socorro ou encore Jane Austen, c’est grâce aux récits de mon enfance. Y compris sur la forme : Albums, contes, mini-romans m’ont conduit aux romans et nouvelles. Cela aurait peut-être été différent si je m’étais concentrée sur les Bande-dessinées, mais ce n’était pas le type de livre que je pouvais trouver facilement à la maison.

Le raccourci semble rapide, et peut-être que je me trompe, mais quand je vois certaines similitudes de récits entre ce que je lisais enfant et ce que je lis adulte, j’ai de quoi m’interroger.

Il est important de bien choisir ce qu’on va lire à son enfant

Choisir ce qu’on va proposer à ses enfants, ou les laisser aller vers ce qui les intéresse, je n’ai pas la méthode parfaite.

Tout ce que je sais, maintenant adulte, c’est qu‘il est important de discuter avec ses enfants sur ce qu’ils ont compris d’une histoire. Pour des détails anodins comme des oeufs de grenouilles tuyaux de kiwi, ou plus important avec le mariage entre cousins pour préserver l’héritage familial, il me semble fondamental d’expliquer ces détails pour recontextualiser ces romans d’une autre époque.

Par ailleurs, même si certains romans dit « jeunesse » sont synthétisés pour ce public, je trouve dommage de les tronquer. C’est mentir au lecteur que de lui servir une version édulcorée d’un récit déjà existant (poke disney). Mon enfant intérieur, trompé par cette manoeuvre, a depuis envie de relire mais en version intégrale certains classiques comme Les filles du Docteur March se marient ou, La petite princesse. La question a se poser concerne alors plutôt l’âge requis pour certaines histoires qui n’est parfois pas celui indiqué par les éditeurs, mais plus élevé.

Enfin, nous ne sommes pas obligés d’imposer nos lectures d’enfance à nos enfants. Elles relèvent souvent d’un autre temps. Autant les garder pour soi, par nostalgie.

Et toi ? Quelle est la bibliothèque de ton enfance ? Que t’as-t-elle apprise sur toi ou l’univers ? A-t-elle influencé des choix littéraires ? Dis-moi tout en commentaire 😉 

Boîte à musique et doudous,

A.Chatterton