Publié dans On joue ?

Challenge lecture Spécial Sherlock Holmes sur toute l’année

Depuis toujours, je suis une grande fan du célèbre détective anglais. Quoi de mieux que de participer à un challenge le concernant ? De son vrai nom « Les irréguliers de Baker street »,  créé sur le blog de Rhapsody in Books, et repris ensuite par Cannibal Lecteur, ce challenge n’a pas de limite de temps, ce qui enchante particulièrement la tortue de lecture que je suis. Envie d’en savoir plus ? Suivez le guide !

J’aurais dû dans l’idéal commencer ce challenge en janvier, car il est parfait pour se fixer des objectifs de lecture pour l’année. Mais il est toujours possible de le prendre en cours de route et d’y incorporer certaines lectures déjà réalisées. En décembre, il me permettra de dresser un bilan annuel.

Les règles du jeu 

Le challenge a une durée illimitée et peut se cumuler avec d’autres challenges.

Chaque catégorie validée vaut un point. Seul les romans sont acceptés.

Pour valider une catégorie, le roman doit correspondre à la consigne donnée. Il n’est pas nécessaire qu’il soit un roman policier.

5 jokers existent si l’on sèche sur une catégorie :

  • lire une aventure de Sherlock Holmes des livres originaux de Arthur Conan Doyle
  • lire un livre issu de la paralittérature holmésienne
  • lire un livre dont l’action se déroule à l’époque victorienne
  • visionner une adaptation télévisée/cinématographique de Sherlock Holmes

Il n’est pas possible de cumuler les jokers du même type.

Pour valider les menus, il faut se connecter au forum dédié à ce challenge sur Livraddict.

Les menus et mes choix de livres pour ce challenge 

J’ai indiqué en bleu les catégories que je compte remplir avec ma PAL actuelle. Si vous voyez que le livre correspondant est coloré également, cela signifie que j’ai déjà réalisé une chronique à son sujet. Je mettrai à jour régulièrement ce tableau jusqu’en décembre et qui sait ? Peut-être que je remplirai l’ensemble des 60 catégories. Les titres des items sont issus des romans d’Arthur Conan Doyle. Cannibal Lecteur les a détaillés par la suite pour simplifier le challenge. On se rend compte qu’il ne s’agit pas d’un challenge uniquement centré sur le roman policier mais sur les romans en général.

  1. Une Étude en Rouge : lire un livre dont la couverture est à dominante rouge – La trilogie de la lune de Johan Heliot.
  2. Le Signe des Quatre : lire le quatrième tome d’une saga – Miss Peregrine et les enfants particuliers, la carte des jours, de Ransom Riggs.
  3. Le Chien des Baskerville : lire un livre dans lequel un chien est mis en avant Soul of London de Gaëlle Perrin-Guillet.
  4. La Vallée de la Peur : lire un livre du genre « Horreur »
  5. Un Scandale en Bohème : lire un livre dont l’intrigue se déroule en Allemagne
  6. La Ligue des Rouquins : lire un livre dans lequel un personnage est roux – Contes et récits du Paris des Merveilles de Pierre Pevel
  7. Une Affaire d’Identité : lire un livre dont le personnage principal est amnésique – The Rook, au service surnaturel de sa majesté, de Daniel O’Malley.
  8. Le Mystère du Val Boscombe : lire un livre se passant à la campagne
  9. Les Cinq Pépins d’Orange : lire le cinquième tome d’une saga
  10. L’Homme à la Lèvre Tordue : lire un livre dans lequel le personnage principal a une déformation physique – La 25e heure de Feldrik Rivat.
  11. L’Escarboucle Bleue : lire un livre se passant à la période de Noël – Le passageur 2, le Journal et le Serpent, de Andoryss
  12. Le Ruban Moucheté : lire un livre dont le titre comporte un mot se référant à la mode
  13. Le Pouce de l’Ingénieur : lire un livre du genre « Steampunk » – Le baron noir d’Olivier Gechter
  14. Un Aristocrate Célibataire : lire un livre se passant dans l’aristocratie – Emma de Jane Austen
  15. Le Diadème de Béryls : lire un livre comportant un vol de bijoux
  16. Les Hêtres Rouges : lire un livre avec un ou des arbre(s) sur la couverture – Walden ou la vie dans les bois de Henry David Thoreau
  17. Flamme d’Argent : lire un livre se déroulant dans le monde hippique
  18. La Boîte en Carton : lire un livre dans lequel tout commence par une lettre/un colis – Cendres de Johanna Marines
  19. La Figure Jaune : lire un livre dont la couverture est à dominante jaune – L’empire du Léopard de Emmanuel Chastellière.
  20. L’Employé de l’Agent de Change : lire un livre dans lequel de grosses sommes d’argent sont brassées
  21. Le Gloria Scott : lire un livre se déroulant en partie sur un bateau – Des horizons rouge sang de Scott Lynch
  22. Le Rituel des Musgrave : lire un livre comportant une chasse au trésor/une énigme à résoudre
  23. Les Propriétaires de Reigate : lire un livre dans lequel les personnages sont en vacances
  24. Le Tordu : lire un livre débutant par un assassinat – Le quadrille des assassins de Hervé Jubert
  25. Le Pensionnaire en Traitement : lire un livre dans lequel les personnages vivent en colocation
  26. L’Interprète Grec : lire une histoire se déroulant en Grèce
  27. Le Traité Naval : lire un livre dont l’intrigue est en partie politique – Dead zone de Stephen King
  28. Le Dernier Problème : lire un livre qui est le dernier tome d’une saga – Sénéchal 3, de Grégory Da Rosa
  29. La Maison Vide : lire un livre dans lequel une demeure abandonnée est au centre de l’intrigue – Le phare au corbeau de Rozenn Illiano
  30. L’Entrepreneur de Norwood : lire un livre se passant dans une grande ville, avec beaucoup d’immeubles
  31. Les Hommes Dansants : lire un livre appartenant au genre « Jeunesse » – L’imparfé de Johan Heliot.
  32. La Cycliste Solitaire : lire un livre dans lequel l’héroïne pratique le vélo
  33. L’Ecole du Prieuré : lire un livre se déroulant dans un pensionnat – Dolorine à l’école de Ariel Holtz
  34. Peter le Noir : lire un livre avec de la piraterie
  35. Charles August Milverton : lire un livre dont le titre comporte un nom et un prénom
  36. Les Six Napoléons : lire un livre du genre « Historique » – Les larmes de Brunehilde, de Jean-Louis Fetjaine.
  37. Les Trois Étudiants : lire un livre se passant à l’université
  38. Le Pince-Nez en Or : lire un livre comportant un objet en or sur sa couverture – L’étrange cas de l’homme mécanique, Mark Hodder
  39. Le Trois-quart Manquant : lire un livre se déroulant dans le monde du sport
  40. Le Manoir de l’Abbaye : lire un livre dans lequel la religion est un sujet important – Royaume de vent et de colères de Jean-Laurent Del Socorro.
  41. La Deuxième Tache : lire le deuxième tome d’une saga – Sénéchal 2 de Grégory Da Rosa
  42. L’Aventure de Wisteria Lodge : lire un livre dont l’intrigue se passe majoritairement la nuit – Les nocturnes de Tess Corsac
  43. Les Plans du Bruce-Partington : lire un livre se passant en temps de guerre – Je suis fille de rage de Jean-Laurent Del Socorro.
  44. L’Aventure du Pied du Diable : lire un livre comportant des démons – Le testament d’Involution, le Bâtard de Kosigan 4, Fabien Cerutti
  45. L’Aventure du Cercle Rouge : lire un livre avec un cercle sur la couverture ou avec le mot « cercle » dans le titre
  46. La disparition de Lady Frances Carfax : lire un livre traitant de la disparition d’une personne – Lyon des cendres de H.Laymore
  47. Le Détective Agonisant : lire un livre dans lequel un personnage est gravement malade/meurt au début du livre – La fille qui tressait les nuages de Céline Chevet.
  48. Son Dernier Coup d’Archet : lire un livre dans lequel la musique a une place importante
  49. La Pierre de Mazarin : lire un livre se déroulant à l’époque du Cardinal Mazarin (XVIIe siècle) – Les lames du Cardinal de Pierre Pevel.
  50. Le Problème du Pont de Thor : lire un livre en rapport avec la mythologie nordique
  51. L’Homme qui Grimpait : lire un livre se déroulant dans un environnement montagneux
  52. Le Vampire du Sussex : lire un livre du genre « bit-lit » – Sans âme de Gail Carriger.
  53. Les Trois Garrideb : lire le troisième tome d’une saga
  54. L’Illustre Client : lire un livre dont le titre contient le nom d’un personnage célèbre
  55. Les Trois Pignons : lire un livre dont la couverture comporte trois objets identiques – Les mystères de Larispem de Lucie Pierrat-Pajot
  56. Le Soldat Blanchi : lire un livre dont la couverture est à dominante blanche – Opération Sabines de Nicolas Texier (épreuves non corrigées).
  57. La Crinière du Lion : lire un livre se passant en Afrique
  58. Le Marchand de Couleurs Retiré des Affaires : lire un livre dont le titre comporte le nom d’une couleur – Le Chrysanthème noir de Feldrik Rivat
  59. La Pensionnaire Voilée : lire un livre se déroulant dans le monde du cirque – Tragic Circus de Cécile Guillot.
  60. L’Aventure de Shoscombe Old Place : lire un livre du genre « Policier » – La fille du train, de Paula Hawkins

Vous l’aurez remarqué, certains titres de mon précédent challenge (L’épreuve des Alliés) sont à nouveau présents. C’est parce que je n’ai pas eu l’occasion de les lire au vu de la durée impartie. J’espère être au moins terminer ma PAL d’ici le mois de Mai avant d’acheter de nouveaux livres.

Si vous êtes intéressés par ce challenge, n’hésitez pas à me faire vos retours en commentaires ou à vous inscrire sur le forum de Livraddict pour compter vos points et discuter de vos livres avec les lecteurs y participant.

Je vous laisse avec Benedict Cumberbatch pour clore ce long article…

Marque-page et tampon-encreur,

A.Chatterton.

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Le bâtard de Kosigan (T2), Le fou prend le roi, Fabien Cerutti, éditions Mnémos

Pour ce tome 2 du Bâtard, j’ai envie de dire qu’il se résume en une phrase : « Quand les femmes prennent le pouvoir et sauvent les fesses des hommes… » 😉

Résumé : 1340, au cœur du comté de Flandre. Alors que les premiers feux de la guerre de Cent Ans s’allument, le Bâtard de Kosigan et ses Loups se voient confier, par le sénéchal d’Angleterre, la délicate mission de découvrir les tenants et aboutissants d’un complot qui se trame… autour du roi de France.

Cinq siècles et demi plus tard, à la fin de l’année 1899, l’enquête engagée par le lointain descendant du chevalier tente de faire la lumière sur l’inexplicable disparition des puissances magiques. Entre Bruges et Lens, peut-être mettra-t-elle à jour la nature des ombres qui se dissimulent derrière les échos cachés de l’Histoire.

Mon avis : 

Un complot dans le complot

C’est l’histoire de Pierre qui prend un contrat auprès du sénéchal d’Angleterre… mais aussi auprès du roi de France (on ne se refait pas !). Finalement, Pierre se fait avoir parce que, non on ne peut pas TOUT prévoir.

Pendant ce temps, au XIXème siècle, Kergaël est dans le coma suite à un accident (ou une tentative de meurtre) provoqué par une secte secrète pour l’empêcher de découvrir la vérité sur son ancêtre mais aussi des éléments liés à la magie. Comme pour son ancêtre, ses amis vont lui sauver la mise en continuant l’enquête et en le protégeant d’autres tentatives d’assassinat.

Dans ce deuxième tome,  Fabien Cerruti réussit à nous rendre humain Pierre de Kosigan en nous montrant ses failles, mais aussi en mettant en avant les compétences de son équipe, qui vient rattraper la mise.  Comme quoi, on peut foirer sa mission et s’en sortir quand même grâce à ses facultés de recrutement !

L’auteur sait aussi habilement entremêler les deux histoires  et établir des liens entre Kergaël et Pierre à des siècles d’intervalle. Les deux hommes sont intelligents, rusés, mais pêchent parfois par excès d’orgueil ou par des situations qui les dépassent. A voir s’ils apprendront de leurs erreurs dans les tomes suivants…

Un côté historien assumé dans le récit

Un peu plus que dans le tome précédent, Fabien Cerutti nous dévoile ses talents d’historien avec les personnages du Professeur Lavisse et du professeur Delisle partis à Bruges sur les traces de l’ancêtre de Kergaël. Ce dernier étant dans le coma suite aux événements de la fin du tome 1, nous avançons dans l’enquête sur Pierre à travers les deux professeurs et Charles Deighton.

Les découvertes effectuées par les historiens sur la présence effective de la magie à une époque où elle semble allégorique et est montrée comme telle.

Par exemple, la découverte d’une vierge aux pieds nus et aux oreilles pointues à Bruges, identique à celle trouvée en France par Kergaël, avec des matériaux et des systèmes d’engrenages inconnus de l’époque les poussent à se poser des questions et à croire peu à peu à la véracité des manuscrits de Pierre de Kosigan.

Le fait de faire mener l’enquête par des scientifiques et des enseignants ajoute un degré d’authenticité aux découvertes et interroge le lecteur sur l’Histoire : Et si la magie avait existé ? Et si l’Histoire avait été réécrite pour mieux cacher certaines vérités ?

Tout cela tend à étayer l’existence d’une conspiration européenne historique, pour notre plus grand plaisir.

Quand les femmes sont à l’honneur

Les femmes sont plus présentes dans ce second tome, et sous un bon jour. On sait que Pierre se fait facilement avoir, même s’il a du mal à le reconnaître, au vu de ses penchants pour le sexe faible. Voir les femmes tirer leur épingle du jeu change la donne.

Dùnevia monte en grade après une mission d’infiltration auprès du Prince Noir qui manque de tourner à la catastrophe. Elle sauve aussi les fesses de certains membres de la compagnie dans un traquenard, prouvant ainsi que la compagnie sait se serrer les coudes et que même une femme a sa place dans cette « famille » reconstituée.

Adelys de Quieret, image emblématique de ce deuxième tome, nous apparaît d’abord comme une jeune femme innocente et  à sauver en début de tome. Par la suite, elle devient rédemptrice auprès de Pierre (malgré lui) en fin d’ouvrage et montre des facultés de manipulation hors pair. Une jeune fille pas si innocente que ça en fin de compte, malgré ses intentions louables.

Quant à Isabelle de France, la reine d’Angleterre, personnage sous-jacent dans le complot qui est mené contre le roi d’Angleterre, elle permet de découvrir la face cachée et affreuse des lits royaux et nous montre que la fonction de reine n’est pas à envier. Ce qui rend plus compréhensible le complot orchestré contre le Roi et aussi plus humaine la reine.

Cependant, on notera que malgré toutes ces femmes autour de lui, Pierre ne s’attache à personne. Comment alors expliquer sa descendance ? Ce deuxième tome fait avancer un peu plus l’enquête sur ses origines avec la présence du Druwides mais cela reste par petites touches, l’essentiel étant à venir dans un troisième tome.

En conclusion : Un deuxième tome des aventures du Bâtard qui continue avec panache à nous surprendre et donne un côté plus humain à son personnage principal. L’auteur n’est pas tombé dans l’écueil d’un tome 2 passable comme c’est souvent le cas dans les séries mais relève le niveau d’un cran. 

Si vous souhaitez retrouver la chronique du premier tome, n’hésitez pas à cliquer ici. Si vous voulez découvrir une interview de l’auteur concernant le tome 4, Le testament d’involution, cliquez là. 😉

Cet article a été originellement publié par mes soins sur le site Portdragon.fr

 

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Le bâtard de Kosigan, l’ombre du pouvoir (T1), Fabien Cerutti, éditions Mnémos

Ou les chroniques d’un mystérieux chevalier-mercenaire dans une Histoire de France réinventée…

Résumé : Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe. En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis. À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel…

En parallèle, au XIXème siècle, Kergaël de Kosigan reçoit un curieux héritage : celui de son ancêtre, le fameux Pierre Cordwain de Kosigan. Croyant tout d’abord à un canular, Kergäel se rend à Paris pour récupérer un mystérieux coffre transmis de génération en génération par des notaires. Lui qui n’a jamais connu sa famille se retrouve à la tête d’une petite fortune, mais aussi d’énigmes et de dangers.

Mon avis :

Une uchronie de l’Histoire de France

Et si la magie avait existé …mais qu’elle avait disparu au fil des ans ? Telle est la théorie que propose Fabien Cerutti avec ce premier tome du Bâtard de Kosigan.

Dans le récit de Pierre, la magie existe mais elle se meurt lentement.

On comprend peu à peu que le christianisme aurait contribué à éradiquer certaines races magiques mais aussi certaines pratiques. Mais comment ? Mystère…

Ainsi, la princesse de Champagne, de sang elfique, est surveillée par l’Inquisition pour éviter qu’elle n’utilise sa magie d’elfe.

Et Dunevil, membre de la troupe de mercenaires du bâtard, est une des dernières de sa race. Le reste ayant été décimé par l’Inquisition. C’est une changeforme, un atout très utile pour des missions d’infiltrations car elle peut prendre l’apparence de n’importe qui, mais dangereuse  quand ce genre de personne ne sert pas vos intérêts. Torturée pendant un temps par l’Eglise, elle a été défigurée au vitriol. Elle doit vivre dans l’ombre, d’autant que son apparence physique réelle trahit sa nature.

Pierre de Kosigan quant à lui, est familier de la magie car il utilise une pierre de mémoire pour recueillir les pensées des membres de sa troupe quand il ne peut pas être à deux endroits en même temps. Il utilise aussi cette pierre pour consigner son journal de bord de chef mercenaire. Mais la pierre a besoin de sang pour être utilisée, revers dangereux, à l’inverse  du christianisme qui se contente de prières plus ou moins entendues.

Pendant  ce temps, à l’époque de Kergaël, la magie a disparu. Cependant, avec l’héritage laissé par son aïeul, il va découvrir des traces de cette magie et semer le doute dans l’esprit de ses amis historiens. Ainsi, la découverte d’une bibliothèque secrète remplie de livres magiques, une statue de la vierge Marie mais avec des oreilles pointues, des incohérences de technologies par rapport au Moyen-Age… vont contribuer à rendre cet héritage encore plus mystérieux et interroger le lecteur, comme Kergaël sur les circonstances de la disparition de cette magie.

Fabien Cerutti a le don de nous raconter l’Histoire de France et d’Angleterre en y distillant ça et là des éléments fantastiques qui prennent tout leur sens dans l’intrigue. La magie n’est pas décorative. Elle sert un objectif précis. Et c’est très bien joué.

Un personnage principal rusé et mystérieux

L’auteur a élaboré un personnage charismatique, qui déroute et suscite l’admiration. On sait de lui le peu qu’il laisse transparaître dans ses récits ou le mépris qu’il suscite chez les autres.

Pierre de Kosigan est le bâtard d’un seigneur bourguignon qui l’a pourtant reconnu. Très jeune, il a été confié à la garde du château pour parfaire son éducation des armes. Mais cela ne s’est pas passé sans heurts…

Une fois adulte, il est tombé en disgrâce après avoir assassiné son oncle, un seigneur bourguignon. Chose qui a déclenché la colère et le mépris de l’ensemble des bourguignons à son égard.

Affranchi de ses origines, il est devenu un chevalier-mercenaire fin stratège, n’hésitant pas à servir plusieurs maîtres pour s’enrichir et à tuer quand cela est nécessaire. Cependant, il n’en reste pas moins humain, en prenant soin de sa Compagnie comme si ses hommes étaient sa propre famille.

Ajoutez à cela une constitution peu commune lui permettant de guérir très rapidement de ses blessures, une ouïe très développée (mais que d’une oreille !), un talent pour le combat et une capacité à se sortir des pires situations et vous aurez un tableau complet du bâtard.

Dans ce premier tome, on découvre le personnage qui s’interroge sur ses capacités et n’a toujours pas fait la lumière sur ses origines. Il sait manipuler certains objets magiques grâce aux enseignements d’un maître versé dans cet art, et pense que sa résistance physique est dûe à un élément magique. Ses missions pour le compte de la princesse de Champagne, et de l’Angleterre ne seront que des prétextes pour tenter de trouver des réponses à ses propres problèmes. Mais de nombreuses questions resteront en suspens…

De son côté Kergaël aura des difficultés à trouver des traces de son ancêtre dans l’Histoire de France, comme si le chevalier avait été volontairement effacé.

Une double intrigue à des siècles d’intervalle

Un autre des points fort de ce roman est sa construction.

En effet, Fabien Cerutti choisit une structure mêlant deux histoires qui se recoupent plus ou moins, à quelques siècles d’écart.

Pendant que Pierre de Kosigan participe à la joute organisée par la princesse de Champagne et s’efforce d’honorer les contrats qu’il a engagé auprès de ses différents commanditaires, Kergaël de Kosigan essaie de comprendre son héritage.

Là où Pierre s’exprime à la première personne comme pour narrer la chronique de cette aventure, que son héritier retrouvera des siècles plus tard, Kergaël évoque ses aventures et découvertes à travers des lettres adressées à son meilleur ami Charles mais aussi à son ancien professeur et sa petite-amie.

Ce mélange des points de vue permet au lecteur de procéder à ses propres déductions en suivant les deux récits.  Le récit de Kergaël sur ses origines et son héritage, le récit de Pierre sur ses missions et ses origines également. Cependant, des mystères subsistent encore en fin d’ouvrage.

Par exemple, l’histoire du coffre mystérieux trouve sa résolution en fin de livre , quand on sait comment le bâtard l’a obtenu, mais on ignore comment il l’a transmis à ses héritiers et comment il a eu des héritiers.

Autre exemple, le chevalier humal (mi-humain, mi-lion) présent lors des joutes à l’époque de Pierre, devenu son ami par la suite, est retrouvé mort (du moins son squelette), dans le passage secret d’un château dont hérite Kergaël des siècles après. Mais on ignore dans quelles circonstances l’humal a été enseveli dans l’éboulement du passage, ni ce qu’il fuyait ou combattait.

Tous ces mystères poussent le lecteur à élaborer des théories et à attendre impatiemment la suite des aventures du bâtard pour confirmer ou non ses hypothèses.

En conclusion : Une formidable uchronie de l’Histoire de France qui interroge notre rapport à la magie auprès d’un chevalier-mercenaire aux belles manières.

NB : Pour la petite histoire, l’univers du Bâtard a commencé par l’élaboration d’un jeu-vidéo  de type jeu de rôle, par l’auteur lui-même et la volonté d’une adaptation en BD. Le projet de BD abandonné par la suite, l’auteur s’est tourné vers le format du Roman. Pour notre plus grand bonheur !

Si vous souhaitez lire mon interview de l’auteur concernant le tome 4 des aventures du Bâtard, rendez-vous ici.

Cet article a été publié originellement par mes soins sur Portdragon.fr

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Les revenants de WhiteChapel, George Mann, éditions Panini Books Eclipse

Vous aimez les automates possédés, les zombies et les meurtres en série , le tout dans un Londres brumeux à souhaits ? Ce roman est fait pour vous !

Résumé : Bienvenue dans un Londres étrange et merveilleux. Ses habitants, quotidiennement éblouis par un déluge d’inventions , inaugurent une ère technologique nouvelle. Les aéronefs traversent le ciel tandis que des automates mettent leurs engrenages au service d’avocats ou de policiers. Mais le vernis du progrès dissimule une face sombre, car cet univers voit aussi des policiers fantômes hanter les ruelles de Whitechapel. Sir Maurice Newbury, investigateur de la Couronne, oeuvre donc sans répit à protéger l’Empire de ses ennemis. Le jour où un dirigeable s’écrase dans des circonstances suspectes, Sir Newbury et miss Veronica Hobbes, sa jeune assistante, sont amenés à enquêter tandis qu’une série d’effroyables meurtres met en échec les efforts de Scotland Yard. Ainsi débute, en une aventure qui ne ressemble à aucune autre, le premier volume des enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes.

Mon avis :

Une intrigue mêlant plusieurs faits étranges… mais qui se recoupent parfaitement.

Les premiers chapitres embrouillent un peu le lecteur par les différents éléments qu’on lui soumet, en plus de lui présenter les personnages principaux.

On apprend qu’un quartier pauvre de Londres est la proie d’une maladie qui transforme les habitants en zombies-vampires.

Puis l’on suit une enquête que mène Miss Hobbes et Sir Newbury portant sur un accident d’aéronef qui transportait un membre de la famille royale, et conduit par un automate, absent des décombres.

En parallèle, des accidents provenant d’automates fous se produisent un peu partout en Angleterre et des meurtres sont perpétrés par un tueur en série fou.

Pour finir, le frère de la secrétaire de Sir Newbury a disparu.

Tous ces éléments trouvent leur résolution dans un enchaînement logique mais cela prend un certain temps aux enquêteurs et au lecteur pour trouver la solution. Néanmoins, l’histoire est assez réussie et le rythme ni trop lent, ni trop rapide. Un parfait roman policier en somme.

Une Angleterre mécanisée

Ce volume de George Mann fait apparaître une Angleterre Victorienne dans l’esprit Steampunk, assez soigné : les automates remplacent peu à peu les ouvriers et le personnel, on se déplace dans des aéronefs, tramways mécaniques et trains à vapeurs…

La science est partout et le progrès est de mise. Même la Reine Victoria a un traitement spécial : elle survit grâce à un appareil mécanique qui lui permet de respirer, assise dans un fauteuil roulant.

Le brouillard anglais et l’atmosphère londonienne sont bien retranscrits, mêlant subtilement le côté historique (fiacres, habitations, vie quotidienne) et l’uchronie (aéronefs, automates…) de l’histoire.

D’autres aspects, moins reluisants sont aussi présents : l’internement dans les hôpitaux psychiatriques pour les femmes dites « hystériques », et surtout des crimes toujours très sanglants.

Des personnages pittoresques bien développés

Malgré son air distingué et ses belles manières, Sir Newbury cache quelques vices : une passion dévorante pour l’ésotérisme, très en vogue à l’époque Victorienne, ainsi qu’un goût prononcé pour le laudanum, drogue puissante connu aussi sous le nom d’opium. Mais c’est un enquêteur hors pair, doté d’une constitution d’acier.

Miss Hobbes cache bien son jeu sous ses airs de jeune fille bien élevée : au-delà de ses talents d’enquêtrice peu communs pour une femme de l’époque, elle cache un lourd secret de famille. En effet, sa soeur a été internée par ses parents dans un hôpital psychiatrique car elle a des crises, considérées par tous comme de la démence. En vérité, elle arrive à voir l’avenir mais cela n’est pas bien vu dans la bonne société. Miss Hobbes va chercher à faire sortir sa soeur, tout en utilisant son don de divination pour les besoins de l’enquête.

Le duo fonctionne assez bien, à la manière d’un duo traditionnel Sherlock-Watson, sans pour autant apporter une touche d’originalité au genre. L’auteur a le bon goût de ne pas tomber dans les clichés en laissant la relation entre les personnages strictement professionnelle, sans la transformer en intrigue amoureuse.

En bref : Une lecture efficace et rafraîchissante pour les amateurs d’intrigues policières Steampunk à la sauce holmésienne. A noter que d’autres tomes du duo existent mais ils n’ont pas été encore traduits en français à ce jour.

Article originellement publié par mes soins sur le site Portdragon.fr

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The Rook, Au service surnaturel de sa majesté, Daniel O’Malley, éditions Super 8

Retour à Londres à notre époque, pour un roman mêlant espionnage, surnaturel et jeu d’échecs…

Résumé : Victime d’une agression, Myfanwy Thomas reprend conscience dans un parc de Londres. Autour d’elle, des hommes en costume portant des gants de latex. Tous sont morts. Situation peu réjouissante, certes, mais il y a pire : Myfanwy ne se souvient plus de rien. Le plus surprenant, c’est qu’elle semble avoir prévu cette amnésie. Elle a sur elle une lettre écrite de sa main lui expliquant qui elle est et ce qu’elle doit faire pour découvrir qui veut l’éliminer. C’est ainsi que Myfawny rejoint le siège de l’Échiquier, une organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne. Au sein de cette version paranormale du MI5 anglais où elle occupe un poste élevé, entourée de surdoués aux pouvoirs plus que spéciaux, la jeune femme va rapidement se retrouver seule, cherchant son chemin dans un univers d’ombres et de menaces. À présent, il va lui falloir lever le voile sur une conspiration aux proportions inimaginables.

Mon avis : 

Un suspense haletant

Dès le départ, le roman nous plonge dans une double enquête : qui veut tuer l’héroïne principale? et que lui est-il arrivé?

On apprend des détails de l’ancienne vie de l’héroïne via ses lettres à elle-même (ou à une autre occupant son corps, on ne sait pas trop…) et en dehors des rouages de la société secrète, ce n’est pas très reluisant.

L’ancienne occupante était une obsédée de travail, sans famille, n’osant utiliser ses pouvoirs et effrayée par ses pairs. Partant de là, la nouvelle Myfanwy va essayer de faire bonne figure au travail pour comprendre qui elle est et enquêter sur son agresseur.

Mais le danger rôde à chaque chapitre et plus on essaie de chercher le coupable, plus on découvre des sacs de noeuds et d’autres secrets que l’Echiquier cherche à cacher.

Des personnages avec des pouvoirs atypiques.

Le point fort de cette organisation secrète réside en ses membres et sa hiérarchie qui reprend celle d’un jeu d’échec.

Pour être admis comme membre à part entière de la plus haute hiérarchie, vous devez avoir des pouvoirs surnaturels et avoir réalisé des exploits.

Il y a donc deux tours (dont Myfanwy) chargés de la logistique et de l’administration, deux fous chargés d’opérations commandos et de hautes finances, deux cavaliers, un roi et une reine. Le reste est composé de pions, des soldats pour la plupart,  et de serviteurs de l’organisation qui n’ont pas de pouvoirs et s’habillent en violet.

L’échiquier a pour politique de repérer les enfants aux pouvoirs surnaturels dès leur naissance et de les enlever à leur famille par la force ou l’argent. Ces enfants sont ensuite entraînés dans des camps spéciaux et vivent entre eux jusqu’à leur majorité où on leur attribue un poste dans l’organisation plus ou moins grand selon leurs capacités.

Il arrive également que certains membres développent sur le tard leurs pouvoirs comme le personnage du Fou GrantChester, capable de convaincre n’importe qui ou de l’empoisonner grâce aux effluves hormonales ou toxique qu’il dégage de son corps. Dans ce cas l’organisation les recrute via finance ou sentiment de patriotisme. D’autres sont recrutés suite à un arrangement contraint, comme le Fou Alrich.

L’originalité de ce roman réside principalement dans cette organisation, qui rappelle un peu celle des XMen pour le côté pensionnat de surdoués. Mais c’est aussi dans les pouvoirs attribués aux personnages que Daniel O’Malley frappe fort.

Myfanwy peut contrôler les gens en pénétrant leur organisme par la pensée ou en les touchant. Elle ressent chaque cellule, chaque pensée de celui qu’elle touche. Ce qui peut être perturbant quand cela n’est pas un être humain mais une créature.

La Tour Gesalt possède quatre corps et un seul esprit. Ce qui est très dérangeant car on ne sait pas où se trouve son esprit. Sa particularité fait qu’il peut se trouver dans plusieurs endroits différents dans le monde et donc être au courant de plusieurs choses en même temps. Cela lui confère une longueur d’avance sur certains dans le domaine des secrets.

Le docteur Crisp peut découvrir ce que les particularités des autres en lisant les lignes de leur main par contact et en forçant leurs barrières mentales.

La Reine peut visiter les rêves de n’importe quelle personne sur terre pour le convaincre de réaliser certaines choses.

D’autres personnages évoqués brièvement : une femme indestructible, un homme élastique, des devins…

Et surtout l’organisation adverse, les Greffeurs, peuvent modifier les corps en y intégrant des éléments électroniques comme une caméra à la place des yeux, des micros aux niveau des oreilles…

Une véritable transformation de l’héroïne.

Tout le roman est un échange entre la Myfanwy passée et la nouvelle à travers les lettres que l’a première avait préparé à son intention.

Intégrée à 7 ans dans le pensionnat sans qu’on lui ai vraiment expliqué pourquoi elle était là, elle n’a jamais vraiment accepté son pouvoir. Ce dernier l’empêchait d’avoir le moindre contact avec les autres. De ce fait, elle a très vite appris à vivre seule. N’ayant jamais réussi à revoir sa famille ou à se créer d’amis, elle s’est enfoncée dans le travail  de gestion et de logistique, seule chose pour laquelle elle était douée. Mais elle est toujours restée peu appréciée de ses collègues, et très craintive des autres et de son pouvoir.

Le roman met l’accent sur la transformation de cette héroïne, ou du moins de son corps, car la nouvelle occupante aura plus d’audace, saura mieux utiliser ses pouvoirs et faire sa place au sein de l’organisation contrairement à l’ancienne Myfanwy.

On peut penser que l’auteur donne une leçon : peu importe ce que l’on a vécu, on peut toujours rebondir et avoir une seconde chance. Ici, l’amnésie aide quand même un peu à voir les choses d’un autre angle.

En résumé : On vous recommande chaudement la lecture de ce livre, surtout si vous êtes fan de sociétés secrètes, de complots et de Londres.

Cet article a été publié originellement par mes soins sur le site portdragon.fr