Publié dans On joue ?

Hanami Book Challenge : ma PAL de séries tv, films et anime pour ce challenge

Pour faire suite à la PAL de livres et au mode d’emploi du Hanami Book Challenge, voici ma PAL spécial écrans pour ce challenge !

Préambule

Les écrans étant moins ma tasse de thé, j’ai quand même épluché les catalogues Netflix, Amazon Prime vidéo et Arte vidéo afin de vous trouver des propositions accessibles. A chaque fois, j’indique en fin de résumé où vous pouvez trouver le film ou la série et si vous cliquez sur le lien du titre, vous trouverez la bande annonce en vidéo. Si je n’ai pas indiqué de plateforme pour regarder le film, c’est que j’ai fait appel aux DVD empruntés à ma médiathèque. Cela reste une solution économique et accessible si vous souhaitez rester dans la légalité.

Je précise que je suis pas partenaire des plateformes de vidéos mentionnées pour éviter toute confusion. Si vous voyez par exemple beaucoup de propositions Netflix, c’est tout simplement parce que j’ai trouvé plus de films ou séries en lien avec le challenge dessus.

N’hésitez pas à m’indiquer en commentaire vos trouvailles, surtout si vous avez eu un coup de coeur ! 🙂

Bon challenge spécial écrans à tous et toutes !

Voici mes menus écrans pour ce challenge :

Au temps des traditions

Pour la gloire de l’Empereur (intrigue politique, samouraïs, arts-martiaux)

Les 7 samouraïs, Akira Kurosawa, 1954

Résumé : Las des incursions répétées des brigands qui s’emparent de leurs récoltes et de leurs femmes, les paysans d’un petit village décident, sur les conseils de l’ancien Gisaku, de faire appel à des samouraïs… Il leur faudra trouver des samouraïs suffisamment pauvres pour accepter de combattre pour de la nourriture. Quatre villageois sont chargés de les rechercher. Ils réussissent à convaincre le samouraï Kambei de les aider : celui-ci va recruter ses compagnons en leur faisant passer des épreuves. C’est finalement six samouraïs et Kikuchiyo, un jeune paysan qui veut se faire passer pour tel, qui arrivent dans le village. Là, lis vont apprendre aux villageois à se battre, à fortifier leur village…

Mon choix : Un film de de 1954 par un des grands maîtres du cinéma japonais. Il a l’air vieux et un peu kitch au premier abord, mais il ne faut pas oublier qu’il a inspiré un western très connu : Les sept mercenaires de John Sturge (1960).

Autres propositions :

  • Zatoichi, de Takeshi Kitano, 2003 : XIXè siècle, un voyageur aveugle, joueur pro et masseur s’engage dans un combat avec un gang qui tient sous sa coupe un village de paysans.
  • Le temps des samouraïs, les origines sanglantes du Japon : Documentaire historique en 6 épisodes qui raconte les luttes de pouvoir dans le Japon féodal du XVIème siècle (Netflix)
  • Yasuke, le samouraï noir, 2021 : Série animée sur l’histoire d’un samouraï noir dans le Japon du XVIème siècle.(Netflix)

Le temple abandonné (Religion, esprits, moine, fantastique)

Le Voyage de Chihiro, Hayao Miyazaki, 2002 (Netflix)

Résumé : Chihiro, dix ans, a tout d’une petite fille capricieuse. Elle s’apprête à emménager avec ses parents dans une nouvelle demeure. Sur la route, la petite famille se retrouve face à un immense bâtiment rouge au centre duquel s’ouvre un long tunnel. De l’autre côté du passage se dresse une ville fantôme. Les parents découvrent dans un restaurant désert de nombreux mets succulents et ne tardent pas à se jeter dessus. Ils se retrouvent alors transformés en cochons. Prise de panique, Chihiro s’enfuit et se dématérialise progressivement. L’énigmatique Haku se charge de lui expliquer le fonctionnement de l’univers dans lequel elle vient de pénétrer. Pour sauver ses parents, la fillette va devoir faire face à la terrible sorcière Yubaba, qui arbore les traits d’une harpie méphistophélique. (Disponible sur Netflix)

Mon choix : Un des films de Hayao Miyazaki que je préfère ! On y trouve une petite fille capricieuse, des amis étranges et surtout ce gigantesque village dédié à la purification et aux loisirs des esprits, aux airs de parc d’attraction, sur lequel règne en maître la terrible sorcière Yubaba. Au-delà d’un simple film sur les esprits, on y croise des valeurs écologiques, familiales et surtout une réflexion sur l’acceptation du passé pour se projeter vers l’avenir. Car, rappelons-le, au début de son aventure, Chihiro vient de déménager et s’accommode mal de cette situation. La beauté des décors et du dessin ajoutent à la magie du film.

Autres propositions :

  • Ju-on, origins, 2021 : une série d’horreur en 6 épisodes autour d’une maison hantée à notre époque contemporaine. Inspirée du film The grudge.(Netflix)
  • Bleach : Version anime du manga du même nom où un jeune homme investi des pouvoirs d’un Shinigami doit récupérer des âmes errantes. Série en 63 épisodes. Un film est également disponible (Netflix).
  • Mon voisin Totoro, Hayao Miyazaki : Film animé où une famille déménage à la campagne parce que leur mère est malade. Dans les bois, les deux petites filles vont rencontrer le gentil Totoro, l’esprit de la forêt.(Netflix)
  • Inunaki, le village oublié, 2020 : Film d’horreur autour du village d’Inunaki surnommé le « village hurlant ». Lors d’une expédition nocturne Yuma et Akina réveillent la malédiction qui frappe le village. Film payant (Amazon prime Vidéo)

Le sourire de la Geisha (Erotique, Art, écrit par une femme)

Mémoires d’une Geisha, Rob Marshall, 2006

Résumé : Quelques années avant la Seconde Guerre mondiale, Chiyo, une petite fille japonaise, est arrachée à sa famille pauvre pour aller travailler comme servante dans une maison de geishas.
En grandissant, elle se plie avec docilité à l’initiation difficile qui fera d’elle une vraie geisha. Elle triomphe des pièges que lui tend sa rivale, la fourbe Hatsumomo et devient, après des années de travail, la légendaire geisha Sayuri. Très belle, épanouie dans son art, Sayuri fascine les hommes les plus puissants. Mais celle qui n’a plus le droit d’aimer reste hantée par l’amour qu’elle porte, en secret, au seul homme qu’elle ne peut atteindre…

Mon choix : Ce film est l’adaptation du roman éponyme par Arthur Golden. Même s’il est basé approximativement sur la vie d’une geisha célèbre et qu’il comprend des inexactitudes historiques (comme la prostitution et le Mizuage, don de virginité), il n’en reste pas moins très magnifique et montre bien l’éducation des Geishas, leur quotidien et leur évolution suite à la deuxième guerre mondiale. Un beau film porté par des actrices chinoises et malaisiennes dont Michelle Yeoh (vue dans Tigre et Dragon et The Lady, le biopic de Aung San Suu Kyi.

Autres propositions :

  • The Naked Director, Yoshitatsu Yamada, 2019 : série biopic en 16 épisodes sur l’évolution du cinéma porno japonais dans les années 80 par Toru Muranishi qui a révolutionné le genre et remis en question la morale japonaise au sujet du sexe.(Netflix)
  • 37 seconds, Mitsuo Miyazaki, 2020 : Aux prises avec ses obligations sociales et familiales, une jeune artiste de manga handicapée s’engage contre toute attente sur la voie de l’émancipation et de la liberté sexuelle. Film dramatique (Netflix)
  • Little Miss Sumo, 2021 : Dans ce documentaire biographique, une jeune championne de sumo interdite de compétition professionnelle se bat pour faire évoluer les traditions et redéfinir les règles de son sport. (Netflix)
  • Japon, les reines de la mer, Geo Reportage, 2009 : Documentaire autour des pêcheuses traditionnelles de mollusques appelée Ama. Le film met l’accent sur neuf femmes de la presqu’île japonaise de Shima qui se partagent le même bateau, ce qui fait d’elles une famille très soudée. Kazu Yamamoto, 80 ans bientôt, est la doyenne, une Ama de cinquième génération qui n’envisage pas une seconde de raccrocher. (Amazon Prime Vidéo, Youtube)

Quand les cerisiers sont en fleurs (Fêtes traditionnelles, nature, écologie)

Japanese Style originator, 2021, Netflix

Résumé : une série en 54 épisodes qui vous fera découvrir la culture japonaise traditionnelle (cuisine, objets traditionnels, cérémonies, lieux incontournables).

Mon choix : J’ai éprouvé beaucoup de difficultés à trouver un film ou une série pour cette catégorie. Ce documentaire permet d’approfondir l’aspect traditionnel du Japon et c’est que j’ai voulu faire ressortir dans ce choix. Mais il peut aussi entrer dans la catégorie Tokyo By Night pour l’aspect culinaire abordé à de nombreuses reprises au fil des épisodes.

Autres propositions :

  • Princesse Mononoké, Hayao Miyazaki, 2000 : La plupart des films animés de Hayao Miyazaki traitent d’écologie, mais celui-ci tout particulièrement avec des humains qui détruisent la forêt et les animaux pour s’enrichir. Seule Mononoké, fille élevée par des animaux, se dresse contre eux et c’est le début d’un long combat. (Netflix)
  • Pompoko, Isao Takahata, 2006 : Un film animé des studio Ghibli sur l’adaptation des Tanukis, (esprits de la forêt à l’apparence de chiens-ratons laveurs), face à la destruction de leur habitat par les humains. Une réflexion sur la destruction des ressources naturelles et des croyances populaires. (Netflix)
  • Your Name, Makoto Shinkai, 2016 : Deux adolescents, que tout oppose échangent de corps pendant leur sommeil sans d’explication logique. Entre la ville et la campagne, au gré des saisons, une relation s’instaure entre eux, jusqu’à se qu’ils décident de se rencontrer en vrai Peut aussi entrer dans le menu Fly me to Saitama. Film animé (Netflix)
  • Japon, la voie du thé, Geo reportages, 2019 : Au printemps, le Japon tout entier attend le first Flush, la première cueillette du noble Sencha, thé vert cultivé dans l’île de Kyushu. Kazuo Watanabe lui a consacré toute sa vie et caresse le rêve de produire le meilleur thé du Japon. Documentaire payant. (Amazon Prime vidéo)

Japan Pop

Monter sur scène avec les idols (musique, amitié, Otaku)

Carole et Tuesday, Shin’ichirô Watanabe, 2020 (Netflix)

Résumé : Adaptation du manga éponyme en série animée de 24 épisodes. Dans un monde futuriste où la population a émigré vers la planète Mars, Carole rencontre la riche Tuesday. Les deux jeunes filles que tout oppose réalisent qu’elles forment le duo ..

Mon avis : Je n’ai pas lu le manga, mais j’ai été séduite par ce duo musical. Même si je sens que cela ne va pas être très joyeux, j’ai envie de les suivre dans leur route vers le succès.

Autres propositions :

  • Back Street Girls Gokudolls, 2019 : Série animée de 10 épisodes. En punition d’une grosse erreur, trois Yakuzas sont contraints de se transformer physiquement pour former un girls band et investir la scène J-Pop underground. Mais s’ils ont changé de corps, ils n’en restent pas moins des yakuzas, et des hommes, ce qui occasionne des scènes hilarantes. (Netflix)
  • Reframe, Theater experience with you, 2019 : retransmission du concert du groupe de J-Pop Perfume au Line Cube Shibuya, recrée sous forme de film. (Netflix)

Sangoku, Cat’s eyes et les autres ( Rétro, adapté en anime, manga des années 80)

Cobra Kai, Josh Heald, 2018 (Netflix)

Résumé : Dans le retour très anticipé de deux personnages emblématiques, les rivaux de la saga légendaire Karate Kid sont réunis 30 ans après les événements du Tournoi de Karaté All Valley de 1984. Habitant à présent dans le quartier aisé d’Encino, Daniel LaRusso (Ralph Macchio) mène une vie enviable avec sa superbe famille, tout en étant à la tête d’une chaîne de concessions automobiles à succès dans la vallée. De son côté, son adversaire du lycée, Johnny Lawrence (William Zabka), dont la vie a basculé dans la précarité, cherche à se racheter en rouvrant le célèbre dojo de karaté Cobra Kai. Leurs vies se croisent inévitablement et la rivalité est relancée, mettant en place la nouvelle génération de “karate kids”

Mon choix : Certes, c’est nanardesque et ça touche de loin le Japon avec le Karaté. Mais cela joue à fond sur les années 80 et le culte d’un film, et cela interroge la pseudo-spiritualité du karaté pour les occidentaux. Rien que pour ça, je vais regarder cette série en 30 épisodes. 🙂

Autres propositions :

  • City Hunter, La mort de City Hunter : Un film animé sur la série Niki Larson, je dis Oui. Netflix en propose 6 à son catalogue. Dans celui-ci, Niki et Laura héritent d’une grosse affaire concernant une célébrité locale, mais les apparences vont s’avérer trompeuses… (Netflix)
  • Niki Larson, la série animée, 1987 : Nicky Larson est un détective privé qui se charge de résoudre les affaires les plus impossibles et dangereuses qui soient : protection, filatures… de préférence si la commanditaire est une femme. Ce redresseur de tort obsédé mais néanmoins efficace, est assisté de Laura, la petite soeur de son défunt partenaire. Série animée (Amazon prime vidéo)
  • Olive et Tom le retour, 2001 : Série animée issue du manga Captain Tsubasa. Olivier, qui est devenu joueur professionnel de football au Brésil, se remémore sa jeunesse. Il se souvient comment, lorsque sa passion dévorante pour le football a commencé, il a intégré l’équipe de Nankatsu. (Amazon Prime Vidéo)

C’est l’heure du duel ( affrontement, jeux-vidéos, robots)

Ghost in the Shell, Rupert Sanders, 2017 (Amazon Prime)

Résumé : Dans un futur proche, le Major est unique en son genre: humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.

Mon choix : Basé sur le manga et l’anime éponyme, le film de Rupert Sanders a fait scandale parmi les fans à sa sortie car il propose une actrice occidentale pour jouer une héroïne japonaise. Ayant vu l’anime, je suis curieuse de découvrir cette version avec Scarlett Johansson dans le rôle titre.

Autres propositions :

  • Violet Evergarden, Kana Akatsuki, 2017 : Série animée en 13 épisodes sur une héroïne amnésique et dont on a remplacé les bras par des prothèses mécaniques, qui cherche à retrouver un sens à sa vie après la guerre en devenant rédactrices de lettres. (Netflix)
  • Final Fantasy XIV Dad of Light, 2017 : Série en 8 épisodes sur un père et son fils qui tentent de renouer des liens en jouant ensemble à Final Fantasy XIV. Basée sur une histoire vraie. (Netflix)
  • Gambling School, 2017 : Série animée en 24 épisodes où une nouvelle élève ambitieuse arrive dans une école spécialisée dans les jeux d’argent. Son objectif : faire sauter la banque ! Une pure comédie japonaise. Et si vous voulez en voir plus, il y a même un film tourné en mode réel. (Netflix)
  • Food Wars, Yuuto Tsukuda, 2015 : Série animée en 86 épisodes tirée du manga éponyme, où un ado cuisinier intègre une école de chefs prestigieuses. De combats de chefs en recettes de cuisine, une série comique à savourer aux petits oignons (Netflix). Peut aussi entrer dans le menu Tokyo By Night pour la partie culinaire.

Cosplay à Harajuku

Atelier, 2015 (Netflix)

Résumé : Tokita Mayuko se prépare à entrer dans la vie active. C’est un travail dans le monde de la lingerie qui l’attend et lors de son premier jour de travail, un magnifique défilé est organisé par la direction. Elle s’aperçoit rapidement qu’elle ne pourra pas tenir longtemps dans ce nouveau travail si elle ne reçoit pas d’aide de ses collègues de bureau, d’autant que la patronne Mayumi Nanjō est très exigeante…

Mon choix : Drama japonais en 13 épisodes, Atelier est une forme de Diable s’habille en Prada version japonaise dans l’univers de la lingerie artisanale de luxe. On y suit une jeune stagiaire, obsédée par les tissus, qui doit s’intégrer dans la petite entreprise familiale et tout apprendre d’une patronne digne d’Anna Wintour. La série montre également combien il est difficile pour les femmes japonaises de monter sa propre entreprise dans une société très patriarcale. Peut aussi convenir pour le menu Gambate ! sur le monde du travail.

Autres propositions :

  • Queer Eye, Bienvenue au Japon, 2019 : La Dream Team se rend au Japon afin de relooker des Japonais un peu perdus dans leur style et leur vie. Série en 4 épisodes à ne pas regarder avec sérieux (Netflix) 😉

Le Japon d’Aujourd’hui

Fly me to Saitama (Vie à la campagne, village, vieillesse)

Fly me to the Saitama, Hideki Takeuchi, 2019

Résumé : Dans un Japon alternatif, les personnes originaires de Saitama sont persécutées et cachent leur origine. Tous espèrent l’abolition des visas pour parvenir à la métropole sans être arrêtés. À Tokyo, Momomi Hakuhodo (Fumi Nikaidō) est un lycéen très populaire, fils du gouverneur de la ville et président du conseil des élèves de la prestigieuse académie Hokuhodo. Il rencontre un jour Rei Asami (Gackt Camui), de retour de ses études aux États-Unis. Ils sont attirés l’un envers l’autre mais Asami est originaire de Saitama.

Mon choix : Je ne pouvais pas aborder ce sous-menu sans expliquer son titre ! Ce film est une comédie nanardesque japonaise autour de la préfecture de Saitama, autrement dit, la campagne située après Tokyo, où il n’y a absolument rien à faire. Forçant sur les clichés plouc de la région, on suivra deux histoires en parallèle : celle du Japon alternatif indiquée dans le résumé et celle d’une famille arrivée à Saitama qui écoutent ladite histoire à la radio. Un film jubilatoire.

Autres propositions :

  • Souvenirs de Marnie, HirosamaYonebayashi, 2015 : Anna, jeune fille solitaire, vit en ville avec ses parents adoptifs. Un été, elle est envoyée dans un petit village au nord d’Hokkaïdo. Dans une vieille demeure inhabitée, au coeur des marais, elle va se lier d’amitié avec l’étrange Marnie…Film animé du Studio Ghibli (Netflix)
  • Souvenirs goutte à goutte, Isao Takahata, 2007 : Taeko, une jeune femme de 27 ans, critique littéraire dans un journal à Tokyo décide de prendre un congé sabbatique en retournant dans sa campagne natale afin d’aller à la recherche des souvenirs de son enfance. Film animé (Netflix)
  • L’été de Kikujiro, Takeshi Kitano, 1999 : Masao a 9 ans et s’ennuie. Ce sont les grandes vacances et tous ses copains sont partis. Même le club de foot a fermé ses portes. Dans la maison vide de sa grand-mère qui l’élève, Masao trouve une photo de sa mère, qu’il ne connaît pas. Il se met alors en tête de partir à sa recherche. Son sac sur le dos, il prend la route et rencontre Kikujiro, quinquagénaire cabotin et roublard. Commence alors un voyage peu ordinaire, émaillé de rencontres insolites (Arte vidéo, Film disponible jusqu’au 29/04)
  • I wish (Nos voeux secrets), Hirokazu Kore-Eda, 2012 : Sur l’île de Kyushu, deux frères sont séparés après le divorce de leurs parents. L’aîné, Koichi, âgé de 12 ans, part vivre avec sa mère chez ses grands-parents au sud de l’île. Son petit frère, Ryunosuke, est resté avec son père, guitariste rock, au nord de l’île. Lorsqu’un nouveau TGV relie enfin les 2 régions, Koichi et son jeune frère organisent clandestinement un voyage avec quelques amis jusqu’au point de croisement des trains, où un miracle pourrait, dit-on, se produire… Film payant (Amazon prime vidéo)

Gambatte ! (vie d’entreprise, harcèlement, racisme)

Aggretsuko, Rarecho, 2017 (Netflix)

Résumé : Insatisfaite de son travail de bureau ingrat, Retsuko la petite Panda rousse surmonte les tracas du quotidien en chantant du death metal à tue-tête dans un bar karaoké

Mon choix : Série animée en 30 épisodes, Aggretsuko nous montre l’envers du décor de l’entreprise japonaise pour les femmes : patrons sexiste, heures supplémentaires à n’en plus finir. Alors quand elle commence à péter un plomb, Aggretsuko se rend discrètement dans un karaoké et chante du heavy métal, ce qui lui permet de relâcher la pression. Au fil des jours, son travail de comptable va lui peser et elle va s’efforcer de trouver une sortie de secours, ce qui ne va pas aller sans heurts… Ce dessin animé tout mignon soulève avec justesse de nombreux problèmes des employés japonais et invite à la réflexion sur ce qu’est la définition du bonheur, tout en restant drôle.

Autres propositions :

  • Kantaro, the sweet tooth salaryman, 2019 : Commercial dans une maison d’édition haut de gamme, Kantaro ne s’attarde jamais chez ses clients. Sa seule passion : la quête secrète de sucreries exquises…Série en 12 épisodes. (Netflix)

Souvenirs de lycée (Univers scolaire, adolescence, romance, light novel)

Loin de moi, près de toi, Junichi Sato, 2020 (Netflix)

Résumé : Une collégienne se transforme en chat pour attirer l’attention d’un garçon, sans se rendre compte que la frontière entre l’humain et l’animal s’estompe peu à peu.

Mon choix : Dans le même esprit que Le Royaume des chats, une romance toute douce entre deux collégiens avec une pointe de fantastique.

Autres propositions :

  • Je veux manger ton pancréas, Shin’ichirô Ushijima, 2018 : Sakura est une lycéenne populaire et pleine de vie. Tout l’opposé d’un de ses camarades solitaires qui, tombant par mégarde sur son journal intime, découvre qu’elle n’a plus que quelques mois à vivre… Unis par ce secret, ils se rapprochent et s’apprivoisent. Adaptation du manga éponyme, film animé.(Netflix)
  • Good morning call, 2016 : Une lycéenne s’installe enfin dans son appartement, mais elle a pour colocataire le garçon le plus populaire du lycée, et personne ne doit savoir qu’ils vivent ensemble. Série comique en 27 épisodes. (Netflix)
  • Great Teacher Onizuka, Nishizono Satoru, 1999 : Un jeune enseignant de lycée, ancien voyou, se retrouve responsable d’une classe particulièrement difficile dont les élèves ne respectent plus aucun professeur. Parce qu’il parvient à les comprendre et à se mettre à leur niveau, il arrivera non seulement à leur tenir tête, mais aussi à les aider…Série animée en 43 épisodes, tirée du manga éponyme.
  • One step, Michael williams, 2020 : Tadashi, voyant une fille de son école assise seule sur la plage tout les jours devient déterminé à savoir pourquoi. Un drama japonais très réaliste, portrait de la vie de millers de jeunes écolières au Japon. Film drame (Amazon prime vidéo)

Tokyo by night (Mafia, gastronomie, prostitution, LGBTQIA+)

Tokyo Girl, Yuki Tanada, 2016 (Amazon Prime)

Résumé : La vie d’Aya, de son arrivée à Tokyo, à l’âge de 23 ans, jusqu’à ses 40 ans. Entre sa carrière professionnelle et ses amours, la jeune femme a sans cesse dû s’adapter au fil des années aux multiples situations difficiles auxquelles elle a été confrontée.

Mon choix : Je suis tombée par hasard sur cette série en 11 épisodes et malgré les sous-titres en anglais, je l’ai dévorée en deux soirées. C’est en toute connaissance de cause que je vous conseille ce petit bijou. A travers l’histoire d’Aya, on retrouve le rêve de toutes les femmes de province de monter à la capitale pour trouver une vie parfaite : job de rêve, appartement luxueux, petit-ami puis mari et surtout la vie effrénée et dynamique de Tokyo, bien différente de la campagne. Aya, va vouloir toutes ces choses, en obtenir certaines mais s’interrogera surtout sur ce qui la rend heureuse. La série propose une réflexion universelle sur ce qui fait notre bonheur, tout en nous montrant les différents quartiers de Tokyo et les difficultés éprouvées par les femmes japonaises à allier vie de famille et vie professionnelle dans une société fortement patriarcale.

Autres propositions :

  • Midnight dinner, Tokyo stories, 2016 : adaptation en série du manga La cantine de Minuit. On suit le quotidien du chef d’un restaurant de quartier ouvert la nuit et la vie de ses différents clients dans une ruelle de Tokyo. Outre les recettes de cuisine, l’ambiance est douce et amusante. Série en 20 épisodes (Netflix).
  • Samurai gourmet, 2017 : Jeune retraité, Takeshi retrouve son appétit de vivre et sa passion pour la nourriture en se connectant à son guerrier intérieur et en écoutant ses désirs. Mais son guerrier intérieur va aussi sortir lui donner un coup de main quand cela est nécessaire. Série comique en 12 épisodes (Netflix)
  • Sonatine, mélodie mortelle, Takeshi Kitano, 1996 : Bras droit du chef yakuza Kitajima, Murakawa est un homme brutal, éliminant froidement ceux qui se dressent en travers de sa route. Sans pitié, mais aussi sans passion, il aspire à une nouvelle vie. Appelé sur l’île d’Okinawa, il part avec ses hommes pour venir en aide au clan Nakamatsu en guerre contre le gang rival Anan. Film dramatique.
  • Tokyo Godfathers, Satoshi Kon, 2003 : A Tokyo, pendant les fêtes de Noël, trois amis sans abri trouvent un bébé abandonné et une mystérieuse clé annonciatrice de folles aventures. Un film anime très humain dans la ville capitale tentaculaire japonaise.
  • Big in Japan Tokyo edition, Lachlan McLeod, 2018 : Trois cinéastes australiens se lancent dans une mission visant à se faire connaître à Tokyo. En chemin, ils rencontrent plusieurs personnes excentriques qui sont devenues célèbres au Japon en tant qu’étrangers. Un film documentaire qui décrypte le principe de popularité et d’originalité au Japon. (Amazon Prime video)

Publié dans Lectures

Un reflet de lune, Estelle Faye, éditions ActuSF

Dans le même univers qu’un Eclat de givre, nous voyagerons dans un Paris post-apocalyptique où la pluie ne s’arrête jamais, avec un personnage principal, moitié chanteur-moitié détective qui arpente la capitale en talons à paillettes pour se produire dans des cabarets et résoudre une enquête. Un jolie balade sur fond de questionnement d’identité, dans une atmosphère hallucinogène et cotonneuse, comme un morceau de jazz

Résumé : Paris, un siècle après l’apocalypse. La capitale est plongée dans les pluies de printemps et Chet, dans une affaire qui le dépasse. Des sosies apparaissent pour lui faire porter le chapeau de crimes dont il est innocent. Du lagon du Trocadéro au repaire lacustre des pirates de la Villette, Chet arpente les bords de la Seine en crue à la recherche de ces mystérieux doubles, autant que de lui-même.

Mon avis :

Un reflet de Lune est une aventure qui a lieu après Un éclat de Givre. Néanmoins, il peut se lire comme une aventure indépendante.

Personnellement, je n’ai pas lu Un éclat de Givre et malgré quelques événements cités qui ont eu lieu dans celui-ci, je n’ai pas eu l’impression de manquer d’éléments pour comprendre l’histoire.

En revanche, certains éléments d’Un Eclat de Givre m’ont été dévoilés et peut-être aurais-je plus de facilités à démêler son enquête.

Voilà ce que je peux en dire après lecture. Ceux qui ont lu les deux livres dans le bon ordre auront peut-être un avis différent du mien… 😉

Je tiens à remercier les éditions ActuSF pour l’envoi de ce service presse qui m’a permis de découvrir cet univers si poétique et m’a donné envie de lire Un éclat de givre. 😉

Chet, un personnage emblématique

Ce qui frappe en premier dans ce roman est son personnage principal : Chet.

Chet est un jeune homme complexe, au physique androgyne et sensible, et qui possède un don pour s’attirer des ennuis.

Dès le début de l’intrigue, on comprend qu’il essaie de soigner son coeur brisé suite à une rupture amoureuse. Et pour cela, il va éprouver le besoin de devenir femme, devenir… l’envoûtante Thaïs. Un moyen de se fuir à travers une autre identité que tous admirent. Car Thaïs chante de sa voix rauque dans les cabarets le soir, étincelante de strass et de paillettes, accompagnée de son fidèle pianiste Damien, mais reste inaccessible au commun des mortels.

Loin d’être un déguisement, sa métamorphose embrasse sa partie féminine de manière assumée. En ce sens, Estelle Faye nous laisse à voir un roman inclusif concernant la bisexualité et le transformisme qui semble naturel et positif, sans forcer le trait, ce qui est assez rare pour être souligné.

Dans son périple, Chet va multiplier les histoires de coeur avec des hommes, des femmes aussi, et souvent les mauvaises personnes au mauvais moment. Nous aurons l’occasion de nous en rendre compte à plusieurs reprises avec la rencontre d’ex rancuniers ou de nouveaux amants. La fascination que son personnage de Thaïs exerce sur le public lui causera aussi quelques ennuis.

Car si le point de départ du roman est une enquête policière, l’aventure que nous propose Chet va aussi s’avérer une manière de guérir de son histoire d’amour et d’évoluer pour devenir plus posé et stable dans ses relations, moins fuyant et égoïste.

C’est aussi une forme d’adieu à son passé, car nous rencontrerons différents personnages qui l’ont aidé à devenir ce qu’il est aujourd’hui : premiers émois bisexuels, premiers travestissements, l’éclosion de sa sensibilité, son amour pour le jazz.

Avec cette enquête marquée par la pluie continue et la crue surnaturelle, il va nous raconter son spleen et nous envelopper dans une atmosphère douce et cotonneuse qu’il sera difficile de quitter.

Paris en mode post-apocalyptique

A quelle époque sommes-nous ? Difficile à dire. Dans tous les cas, nous allons évoluer dans un Paris Post-apocalyptique, rongé par des effondrements, la végétation grandissante et surtout une pluie torrentielle continue qui va rendre fous les habitants.

Après l’Apocalypse, chaque quartier s’est trouvé dominé par une faction qui indique sa loi. La seule chose qui importe est la nourriture. Pour autant, on ne sent pas un danger permanent à y vivre, comme si les gens s’étaient accommodés de la situation. Par ailleurs, nous évoluerons à travers le Paris de Chet, sa vision de la ville : celle des artistes, où malgré les conditions déplorables, la chanson comme l’art permettent de supporter un peu mieux le quotidien. En dépit de certains passages un peu glauques, Estelle Faye nous proposera des descriptions magnifiques et très poétiques qui nous donneront envie d’y faire un tour. Et quelle visite !

L’enquête de Chet sera propice à une promenade en règle de cette ville étrange qu’il connaît comme sa poche. Chaque étape marquera sa rencontre avec un personnage emblématique : La Sorbonne et le discret enquêteur Paul, l’opéra Garnier et l’infâme François-Alexandre, les bordels/clubs sur les péniches du Lagon du Trocadéro, la Zone Humide autour de Paris et le mystérieux Galaad, le Marché aux plantes d’Evangile et le prêtre Azal, Silver et le quartier des mareyeurs à la Lune Envasée, Enguerrand le commissaire-priseur de Néo-Louvre, Janosh et les bohémiens de Notre-Dame, ou encore le Jardin Botanique avec le scientifique Gabriel.

Malgré un calme relatif face à une vie quotidienne dramatique, on notera deux formes dangereuses de folie qui se développeront chez les habitants au fil du roman: celle liée à la crue qui pousse à chercher des boucs émissaires chez ceux qui n’y sont pour rien, et celle des riches oisifs qui ne savent plus quoi inventer pour ce divertir. Cela donnera lieu à deux scènes marquantes : un procès absurde pour calmer la foule et le visionnage d’un horrible snuff movie.

Une enquête façon hallucinogène

Qui sont les doubles de Chet ? D’où viennent-ils ? Qui les a créé et dans quel but ? C’est ce que Chet va tenter de découvrir tout au long du roman, car mine de rien… ils lui causent de sérieux ennuis ! Et comme le musicien traînait avec lui une mauvaise réputation, il va lui être difficile de se discréditer de leurs méfaits.

Bien que l’enquête passe un peu au second plan, elle est bien présente et complexe. Nous évoluerons comme Chet dans un flou digne d’une drogue puissante. Chet va être plusieurs fois malmené dans sa recherche d’indices : plongée dans la seine toxique, tabassage, enlèvement,… et y perdre de nombreux vêtements, pour son plus grand désespoir, ce qui apportera une note humoristique.

Il pourra compter sur divers alliés qui l’aideront parfois à contrecoeur, soit par dette envers lui, soit par admiration pour son art, soit par respect pour son père. On note qu’il compte peu d’amis fidèles à part son pianiste, Silver et Paul, peut-être parce qu’il ne sait pas s’attacher aux gens ou qu’il leur fait mal sans le faire exprès.

Grâce à notre détective-musicien, et à travers son périple dans la ville, nous essaierons de récupérer des indices et de résoudre ce mystère. Mais malgré un dénouement inattendu, des questions resteront encore en suspens, propices à une nouvelle aventure…

En conclusion : Avec Un reflet de lune, Estelle Faye nous propose une enquête psychédélique dans un Paris post-apocalyptique marqué par le Jazz, la pluie, et un personnage principal en quête de reconstruction. Si son enquête passe parfois au second plan, on est très vite subjugué par l’ambiance très poétique qui se dégage du récit, très difficile à quitter. Un roman à conseiller pour les amateurs de spleen et d’histoires de coeurs brisés.

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #28

Au sommaire de cette veille littéraire du net : un challenge pour vider ta PAL, un documentaire sur une peintre féministe, une série sur le Préfet Lépine, deux challenges littéraires sur le Japon, un appel à textes gourmand, un financement participatif à poils et plumes, des ressources gratuites pour Instagram…

L’évènement du Weekend

Le site Fantastiqueer, spécialisé en lectures LGBTQIA+, te propose un weekend de Pâques spécial : Vide ta PAL ! A l’occasion de ces trois jours, tu pourras en profiter pour lire une partie des livres qui traînent dans ta PAL, terminer cette série que tu as commencée ou attaquer ta relique suprême de PAL, tout en croquant du chocolat ! Un évènement facebook a été créé pour partager tes lectures prévisionnelles et tu peux aussi retrouver le mode d’emploi sur leur page facebook ci-dessous :

Les challenges littéraires de la saison

C’est le printemps, et deux nouveaux challenges sur le thème et le Japon ont vu le jour :

J’ai lancé le 1er avril mon challenge consacré au Japon et à la littérature japonaise: Le Hanami Book Challenge. Si tu es curieux, tu pourras aller voir son fonctionnement sur l’article qui y est consacré, et glaner des idées de livres dans ma PAL personnelle ou sur la page Instagram que j’ai ouverte pour l’occasion.

A côté, j’ai découvert un autre challenge sur le même thème : Un mois au Japon, organisé par les blogueuses Hilde de lelivroblog, et Lou de Myloubook. Le challenge dure un mois, du 1er au 30 avril et est plutôt libre : pas de menus imposés, mais des thèmes généraux chaque semaine et des rendez-vous thématiques. Pour participer, il suffit de s’inscrire sur l’un des deux articles présentant le challenge sur leurs blogs, ou sur leur compte instagram. Elles ont créé également un groupe facebook privé pour échanger entre participants.

Le documentaire du mois

J’ai regardé le documentaire : Le Montmartre libéré de Suzanne Valadon, sur Arte car je ne connaissais pas cette peintre complètement punk vis à vis de l’époque et j’ai été très étonnée d’une telle modernité au début du XXème siècle. Comment une femme, partie de rien et qui jouait dans un cirque en plein Paris a pu s’imposer dans le monde de la peinture ?

Le documentaire retrace sa vie et son style de peinture : habitante de Montmartre à une époque où la campagne existait encore sur la butte et les cabarets étaient récents, elle a su réinventer le nu féminin mais sans fioritures, dans sa réalité la plus crue. Elle a aussi osé représenter les nus masculins, alors qu’elle était une femme, transgression ultime !

Le film te propose une visite historique de la Butte de Montmartre, et tu en apprendras beaucoup sur l’évolution du quartier. Tu visiteras également l’atelier de la peintre qui est devenu maintenant un musée accessible au public. Personnellement, cela m’a donné envie de retourner à Paris faire une visite guidée de la Butte sur le thème des peintres !

Si cela t’intéresse, le documentaire dure 15 minutes et est visible gratuitement jusqu’au 17/02/2023 sur le site d’Arte Vidéo.

La série du moment

Paris Police 1900 sur Canal + est la série française sortie le mois dernier. Elle a pour principal personnage le Préfet Lépine, confronté à une série de meurtres et à l’affaire Dreyfus. Tout en cherchant à moderniser la Police avec des inventions et de nouvelles techniques, dans une ambiance parisienne assez noire. Il y sera aussi question de féminisme dans une époque assez patriarcale.

La série propose actuellement une saison de 8 épisodes de 52 minutes chacun. Elle a déjà de bonnes critiques en ligne sur Allociné et le Youtubeur spécialisé en Histoire Nota Bene a réalisé une vidéo sur l’Histoire de Paris et une critique intéressante sans spoilers. De mon côté, je trouve que l’ambiance se rapproche de la série en deux tomes La 25e heure de FeldriK Rivat qui évoque aussi les méthodes d’identification des criminels et la même époque.

Hâte de pouvoir la visionner ailleurs que sur Canal+ (seul réseau sur lequel je ne suis pas abonnée !).

Le financement participatif du mois

Férocités est un projet des éditions Sillex afin de publier en financement participatif un recueil de 10 nouvelles de fantasy animalière pour adultes. Il est en cours de réalisation jusqu’au 7 mai prochain et le dernier palier est presque atteint. Pour participer, c’est ici, et le premier palier est à 8 euros pour la version numérique du recueil.

La maison d’édition a la particularité de proposer un circuit court du livre et une juste rémunération des auteurs. Ici, pas d’intermédiaires mais le lecteur qui choisit d’intervenir directement par financement participatif pour obtenir son livre. Et une augmentation de la rémunération des auteurs : de 8% dans le système classique, on passe à 30% chez Sillex, en ayant supprimé les intermédiaires. Les fondateurs de la maison d’édition l‘expliquent bien sous forme de BD ici.

L’appel à textes du mois

Les éditions Yby, proposent un appel à textes de nouvelles sur Le plaisir gustatif jusqu’au 19 décembre 2021. Le texte devra comporter entre 20 000 et 60 000 caractères, espaces compris et suivre la ligne éditoriale de la maison d’édition : l’un des personnages principaux doit être queer et l’histoire doit comporter des personnages favorisant la diversité.

Pour plus de détails sur cet appel à textes, je t’invite à consulter le site internet de la maison d’édition.

Les ressources gratuites du moment

Si tu cherches des templates pour réaliser des story ou des post instagram qui soient jolis et gratuits, je t’invite à t’abonner à la newsletter de Jennifer Daïna. En plus d’être une auteure de livres d’Urban Fantasy et jeunesse, c’est une illustratrice talentueuse qui propose des ressources gratuites qu’elles a créées. De jolies créations pour une jolie créatrice ! Moi je suis fan de ses créations sur le Japon ! 🙂

Voilà, ma veille est terminée. Elle est plus courte que d’habitude car la création de mon challenge littéraire m’a pas mal accaparée ce mois-ci… N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Fleurs de prunier et tasse de thé,

A. Chatterton

Publié dans On joue ?

Hanami Book Challenge : Ma PAL de livres pour ce challenge

Pour faire suite à mon article de présentation du Hanami Book Challenge, un challenge sur le Japon et le printemps que j’ai créé, voici ma Pile à Lire afin de vous donner quelques idées de lecture. En espérant que vous y trouviez votre bonheur !

Au temps des traditions

Pour la gloire de l’empereur (Intrigue politique, samouraïs, arts-martiaux)

Le jeu de la trame, Sylviane Corgiat et Bruno Lecigne, éditions Mnémos (intégrale)

Résumé : Trente-neuf, c’est le nombre de cartes du Jeu de la Trame que Keido, fils du seigneur du Roseau, doit réunir afin de ressusciter sa soeur, morte de l’avoir trop aimé. Et il ne laissera rien ni personne le distraire de son but. Des guerres sauvages du pays des Mille Nuages aux combats contre les pirates sans merci du fleuve Salé en passant par la bataille contre le terrible Ordre des Ananke, Keido ira même jusqu’à franchir la gigantesque Muraille de Pierre qui sépare le monde en deux pour se livrer aux brûlures inconnues des Terres de Cendre et affronter les légendaires créatures du feu. Mais que trouvera-t-il au bout du chemin ?

Mon choix : J’ai reçu cette intégrale dans le cadre d’un service presse par l’éditeur. C’est une série ancienne qui vient d’être rééditée chez Mnémos en intégrale. Il y a en plus quelques scènes érotiques…

Autres propositions :

  • Kenshin le vagabond, de Natsuki Nobuhiro, éditions Egmon manga (manga sur un samouraï vagabond)
  • La Pierre et le sabre, de Eiji Yoshikawa, éditions J’ai lu (Roman historique en deux tomes sur un samouraï)
  • Le clan des Otori, Lian Hearn, éditions Gallimard (série de romans de fantasy historique en 5 tomes, où un jeune garçon ignorant de ses origines est recueilli par une communauté qui condamne la violence. Mais leur assassinat va déclencher une guerre sanglante).
  • Le masque de Nô, tome 1 des Chroniques de l’érable et du cerisier, Camille Monceaux, éditions Gallimard jeunesse (roman jeunesse sur un enfant abandonné élevé par un samouraï qui voit soudain sa vie basculer…)

Le temple abandonné (Religion, esprits, moine, fantastique)

Histoires de fantômes du Japon, Benjamin Lacombe et Lafcadio Hearn, éditions Soleil

Résumé : Fasciné par le Japon – son art, sa culture et ses paysages – depuis ses plus tendres années, Benjamin Lacombe a souhaité illustrer Fantômes du Japon, un recueil d’histoires imprégnées du folklore japonais, recueillies par Lafcadio Hearn. Cet écrivain irlandais a été l’un des premiers occidentaux à obtenir la nationalité japonaise. Il est connu pour avoir sillonné les provinces de ce pays, recueilli et mis par écrit les contes et légendes de fantômes japonais. Pour cet ouvrage, Benjamin a choisi d’illustrer un panel de bestiaire large et diversifié ; une diversité qu’il était essentiel pour lui de laisser transparaître dans un traitement graphique différent pour chaque histoire. En fin de livre, la création de jeux, inspirés de jeux anciens, offre la possibilité de raconter sa propre légende de yôkai.

Mon choix : Dans ma PAL depuis Noël, j’attendais le prochain Pumpkin Autumn Challenge pour me plonger dans le fascinant monde des Yokais, Bakemono et autres esprits, mais finalement, je n’ai pas pu résister à la tentation.

Autres propositions :

  • Esprits et créatures du Japon, Benjamin Lacombe, éditions soleil (le tome 2 de celui que je vous propose)
  • Les héritiers d’Higashi, Clémence Godefroy, éditions du Chat noir (série de romans fantasy en deux tomes ayant pour thème les bakemono, ces esprits à figure animale).
  • Death Note, de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, éditions Kana (Manga façon thriller avec un dieu de la mort qui prête son outil de travail à un mortel).
  • Les noces de la renarde, de Floriane Soulas, éditions Scrineo (Roman de fantasy historique sur le destin de deux femmes à deux époques différentes autour des Yokaïs, des esprits japonais).

Le sourire de la Geisha ( Erotique, Art, écrit par une femme)

Les neiges de l’éternel, Claire Krust, éditions ActuSF

Résumé : Dans un Japon féodal fantasmé, cinq personnages racontent à leur manière la déchéance d’une famille noble. Cinq récits brutaux qui voient éclore le désespoir d’une jeune fille, la folie d’un fantôme centenaire, les rêves d’une jolie courtisane, l’intrépidité d’un garçon inconscient et le désir de liberté d’un guérisseur. Le tout sous l’égide de l’hiver qui s’en revient encore.

Mon choix : J’ai déjà pas mal lu de livres autour des geisha et un livre d’Art ne me tente pas. Ce livre est un cadeau qui est dans ma PAL depuis peu, et écrit par une femme. En plus, il a eu de bons retours, donc j’ai décidé de tenter ma chance.

Autres propositions :

  • Le miroir des courtisanes, Sawako Ariyoshi, éditions Philippe Picquier (Roman historique autour des quartiers des courtisanes de Tokyo avant-Guerre, qui retrace le destin de trois femmes d’une même famille).
  • Geisha, Arthur Golden, éditions Le livre de Poche (Fiction historique sur l’histoire d’une Geisha et de son apprentissage).
  • Ma vie de Geisha, de Mineko Iwasaki, éditions Le Livre de Poche (Autobiographie d’une geisha japonaise très connue)
  • 24 vues du Mont Fuji par Hokusai, Roger Zelazny, éditions Le Bélial (Nouvelle autour du deuil et du célèbre peintre)
  • Yayoi Kusama, l’artiste qui mettait des pois partout et s’en fichait, Gilberti Fausto, éditions Phaidon (Documentaire jeunesse sur l’artiste Yayoi Kusama façon biographie et découverte de son art).

Quand les cerisiers sont en fleurs ( Fêtes traditionnelles, Nature, écologie)

Your name, Makoto Shinkai, éditions Pika

Résumé : Taki est Mitsuha, et Mitsuha est Taki. Le lycéen tokyoïte et la jeune fille de la montagne échangent mystérieusement, à plusieurs reprises, leurs corps durant leur sommeil, et vivent chacun la vie de l’autre. Voici l’histoire de deux destins entremêlés qui défient l’espace et le temps, dans laquelle la tragédie se mêle à la romance… Reprenant la trame de son film d’animation éponyme, Makoto Shinkai, réalisateur et écrivain, nous invite à explorer plus en profondeur l’univers poétique et touchant de Your Name.

Mon choix : Après avoir été émerveillée par le film d’animation, j’ai décidé de lire l’adaptation en roman. Mitsuha est une jeune prêtresse qui perpétue la tradition familiale et vit en province dans la nature. Taki est un citadin qui vit à Tokyo. Ensemble, ils vont vivre un échange de corps pendant de brèves périodes pendant leur sommeil… Une vraie ode à l’adolescence, la nature et le temps qui passe. Peut aussi rentrer dans le menu Japon d’aujourd’hui/Souvenirs de lycée ou Fly me to Saitama.

Autres propositions :

  • Hayao Miyazaki : Cartographie d’un univers, de Raphaël Colson et Gaël Régner, éditions Les Moutons électiques (Documentaire sur l’univers du réalisateur Miyazaki, qui s’inspire de la nature et de thèmes du Japon contemporain dans ses créations).
  • Aokigahara, la forêt des suicidés, Gabriel Hernandez et El Torres, éditions Atlantic Comics (roman graphique d’horreur sur la forêt célèbre pour le nombre de suicidés qui y est retrouvé tous les ans. Peut aussi entrer dans la catégorie Le temple Abandonné).
  • Maneki-Neko et autres histoires d’objets japonais, de Jorane, éditions Sully (Documentaire sur les objets de culte du quotidien japonais)
  • La péninsule aux 24 saisons, Mayumi Inaba, éditions Philippe Picquier (roman contemporain contemplatif autour d’une femme qui se redécouvre au fil des saisons).
  • Japon, 365 us et coutumes, David Michaud, éditions le Chêne (Documentaire sur les particularités culturelles japonaises et les traditions).

Japan Pop

Monter sur scène avec les idols (musique, amitié, Otaku)

Nana, Ai Yazawa, éditions Delcourt

Résumé : Deux jeunes filles portant un prénom synonyme de bonheur vont, par leur propre volonté, mettre leur destin en marche. Voici deux histoires d’amours et d’émotions vécues en parallèle par ces deux jeunes filles portant le même prénom « Nana » !!

Mon choix : J’avais beaucoup aimé l’anime éponyme ainsi que les chansons rock qui l’accompagnaient. C’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers le manga, même s’il date un peu. C’est l’histoire de deux groupes de musique qui s’affrontent, mais aussi les coulisses des chanteurs, et surtout une solide histoire d’amitié entre filles.

Autres propositions :

  • Beck, de Harold Sakuichi, éditions Akata (Manga qui retrace de nos jours, le parcours réaliste d’un jeune bien décidé à percer dans le monde de la musique).
  • Blue Giant de Shinichi Ishizuka (Manga sur un lycéen passionné par le saxophone et le jazz).
  • Back Street Girls, de Jasmine Gyuh, éditions soleil (Manga sur un groupe d’idols pas banal : ce sont des anciens yakuza transformés en filles par punition de leur chef !)
  • Otaku otaku, Fujita, éditions Kana (Manga sur deux otakus qui travaillent ensemble et partagent leurs passions aussi mutuelles qu’hétéroclites).

Sangoku, Cat’s eyes et les autres ( Rétro, adapté en anime, manga des années 80)

Orange road, Izumi Matsumoto, éditions Tonkam

Résumé : Kyosuke Kasuga vient de déménager. Avec son père et ses deux soeurs, ils démarrent une nouvelle vie discrète. En effet, ces trois adolescents cachent un secret : ils sont télépathes et télékynésistes et personne ne doit l’apprendre. Mais à l’heure de la rentrée, Kyosuke a d’autres soucis en tête, il vient de tomber amoureux de Madoka Ayukawa, une jeune lycéenne rebelle, envoûtante mais terriblement capricieuse !

Mon choix : L’adaptation de mon anime « Club Dorothée » préféré : Max et compagnie. Même si le héros est pas très doué, et que son crush a un sale caractère, ça fait toujours plaisir de se replonger dans leurs histoires.

Autres propositions :

  • Japanime, de Clément Cusseau, Les éditions culinaires (Documentaire sur l’histoire des anime japonais les plus connus, avec fiches détaillées et anecdotes de création).
  • City Hunter de Tsukasa Hojo, éditions Pannini (Manga à l’origine de l’anime Nicky Larson, le côté chaud lapin non censuré).
  • Dragon Ball, de Akira Toriyama, éditions Glénat (Manga à l’origine de l’anime Dragon Ball Z)

C’est l’heure du duel ( affrontement, jeux-vidéos, robots)

One-Punch Man, Yusuke Murata, éditions Kurokawa

Résumé : Saitama est un jeune homme sans emploi et sans réelle perspective d’avenir, jusqu’au jour où il décide de prendre sa vie en main. Son nouvel objectif : devenir un super-héros. Il s’entraîne alors sans relâche pendant trois ans et devient si puissant qu’il est capable d’éliminer ses adversaires d’un seul coup de poing. On le surnomme désormais One-Punch Man. Mais rapidement, l’euphorie du succès cède place à l’ennui, car lorsqu’on est si fort, les victoires perdent de leur saveur… 

Mon choix : Encore un manga que je lis après avoir vu la version anime. Ce qui m’intéresse dans celui-ci est la figure d’anti-héros : le personnage principal ne se voit pas comme un Maître dans sa discipline ni comme un héros au départ. Il a juste décidé d’être super badass pour se prouver des choses à lui-même. A côté de ça, la société des héros laisse entrevoir les dérives d’un tel système. Bref, un manga sur l’affrontement mais pas que.

Autres propositions :

  • Food Wars, Yuto Tsukuda, éditions Delcourt (manga autour de duels de chefs assez humoristique, dans une école de Haute-Cuisine)
  • Pluto, Naoki Urasawa, éditions Dargaud (manga policier dans un monde où les robots côtoient les humains. Un robot aura tué un humain…)
  • Chobits, Reyda Seddiki, éditions Clamp (manga où un jeune étudiant retrouve un robot fille qui a perdu la mémoire)
  • Konosuba, Soit béni monde merveilleux, Masahito Watari (manga où un joueur de jeux-vidéos meurt et se réincarne en fille dans son jeu préféré).

Cosplay à Harajuku (Kawaï, look particulier, complexes)

Sexy Cosplay Dolls, Shinichi Fukuda, éditions Kana

Résumé : Wakana Gojo est un lycéen solitaire. Son rêve est de devenir artisan et de fabriquer les poupées traditionnelles pour le Hina Matsuri. Mais comme cette passion n’est pas très virile, il la cache et ne se fait pas remarquer. Jusqu’au jour ou Marine Kitagawa, la fille la plus populaire du lycée, le voit se servir d’une machine à coudre ! Contre toute attente elle lui demande de devenir son couturier pour réaliser… des tenues de cosplay !

Mon choix : Le résumé m’a pas mal intrigué et je m’attends à une série humoristique, ainsi qu’à des costumes très sympas.

Autres propositions :

  • Lovely Complex, Aya Nakahara, éditions Akata (manga sur deux amis lycéens au physique peu commun décident de s’allier pour trouver l’amour)
  • Blue Spring Ride, Io Sakisaka, éditions Kana (manga sur une jeune lycéenne qui décide de changer de look pour mieux se faire accepter par ses camarades de classe)
  • Artelier Collection, Yen Hioka (manga sur un univers où les vêtements fabriqués par des artisans de génie, ont le pouvoir d’exaucer des voeux…)
  • L’atelier des sorciers, Kamome Shirahama, éditions Pika (manga autour d’une jeune apprentie magicienne avec des costumes à couper le souffle.)

Le Japon d’aujourd’hui

Fly me to Saitama (Vie à la campagne, village, vieillesse)

Quartier lointain, Jirô Taniguchi, éditions Casterman

Résumé : Ce jour d’avril 1998, un homme s’apprête à prendre le train pour rentrer chez lui, à Tôkyô. Il s’appelle Hiroshi. C’est un cadre d’entreprise comme le Japon en produit des milliers. La bouche légèrement pâteuse et la tête lourde – il a encore trop bu la veille lors d’un repas d’affaires –, cet homme de 48 ans a rendez-vous avec son destin. Car le train qu’il prend n’est pas le bon : sans l’avoir fait exprès, il se retrouve à bord d’un express qui se dirige tout droit vers sa ville natale. À l’arrivée, avant de repartir à destination de Tôkyô, Hiroshi décide de faire un tour dans les rues où il a grandi, devenues méconnaissables. Dans le petit cimetière où est enterrée sa mère, il s’assoupit quelques minutes. Mais à son réveil, il constate avec une surprise mêlée d’effroi qu’il vient d’effectuer un bond dans le passé. Il se trouve en effet projeté à l’époque de son adolescence, et doit désormais vivre dans l’enveloppe corporelle qui était la sienne à l’âge de 14 ans. ! Mais ses souvenirs, sa mémoire et ses capacités intellectuelles sont restés ceux d’un homme de 48 ans… Hiroshi va alors revoir ses parents et ses amis d’école. Et bien qu’il craigne de bousculer sa propre histoire d’homme adulte et de « fausser l’avenir », il décide de comprendre enfin pourquoi son père est parti un jour loin de chez lui, abandonnant sa femme et ses deux enfants. En revivant ses quatorze ans, il ne va pas seulement épater ses copains en leur prédisant les événements à venir. Plus fondamentalement, il va tenter d’infléchir le cours de son histoire familiale et découvrir que « l’enfant que nous avons été est toujours là, bien vivant tout au fond de nous… ».

Mon choix : J’ai peu l’occasion de lire des romans graphiques/mangas de grands mangakas. Celui-ci a attiré mon attention car il est seulement en deux tomes et parle de voyage dans le temps.

Autres propositions :

  • L’amour dans un coin de campagne, Noriko Hakuto, éditions IDP boy’s love (Yaoi sur un jeune garçon qui retourne habiter dans son village natal et retrouve un ami d’enfance qui lui avait autrefois déclaré ses sentiments)
  • Je suis née dans un village communautaire, Kaya Takada, éditions rue de l’échiquier (Manga/roman graphique autobiographique de l’auteure qui raconte son enfance dans un village rural communautaire proche d’une secte, dans les années 70 au Japon)
  • La fille du temple aux chats, Makoto Ojiro, éditions Soleil (manga où un jeune étudiant décide de retourner vivre à la campagne auprès de sa grand-mère et de sa cousine, qui vivent dans un temple).
  • Nanja Monja, Shizuka Ito, éditions Glénat ( manga sur un village bucolique qui vit à côté d’une forêt envahie d’un petit peuple magique)

Gambate ! (vie d’entreprise, harcèlement, racisme)

Love Fragrance, Kintetsu Yamada, éditions Kana

Résumé : Asako, une jeune femme complexée par son hyperhidrose – le fait d’avoir une transpiration excessive – est un jour interpellée par Kôtarô Natori. C’est le concepteur star des nouveaux produits de soins corporels de la société où elle travaille. Ce dernier lui déclare de but en blanc : « Votre odeur est magnifique, laissez-moi la sentir pour développer notre nouveau produit ! »

Mon choix : Le résumé m’a fait hurler de rire, et j’ai bien l’impression que cette nouvelle série de manga va être hilarante, tout en montrant quelques aspects critiques de la société japonaise.

Autres propositions :

  • Stupeurs et tremblements, Amélie Nothomb, éditions Albin Michel (Roman sur la vie de l’auteur au Japon, quand elle travaillait dans une entreprise japonaise)
  • Tchikan, Emmanuel Arnaud et Kumi Sasaki, éditions Thierry Marchaise (Roman sur le harcèlement des jeunes filles et des femmes dans les transports en commun japonais)
  • Hana l’inaccessible, Koji Murata, éditions Meian (manga sur une romance au travail avec une héroïne encore vierge).
  • Relife, Yayoiso, éditions Ki-hoon (manga sur un chômeur qui décide de retourner au lycée pour recommencer sa vie)
  • Le jour de la gratitude au travail, Akiko Itoyama, éditions Philippe Picquier (Recueil de deux nouvelles autour sur le monde du travail au Japon, vu par un personnage féminin)
  • Bucket List of the dead, Kotaro Kataka, éditions Kana (manga à paraître en avril-mai 2021 sur un employé de bureau exploité en burn out qui découvre la délivrance grâce à une attaque de zombies. Il va alors décider de réaliser la liste de ses rêves avant de mourir).

Souvenirs de lycée (Univers scolaire, adolescence, romance, light novel)

Je veux manger ton pancréas, Idumi Kirihara et Yoru Sumino, éditions Pika

Résumé : Sakura est une lycéenne à la personnalité solaire, toujours entourée d’amis et au centre de l’attention de la classe. Elle est aux antipodes de Haruki, un simple élève banal et transparent. Celui-ci préfère fuir son prochain pour se réfugier dans ses livres de fiction jusqu’au jour où il trouve un journal intime, celui de Sakura. Il découvre alors que cette camarade si pleine de vie souffre d’une infection du pancréas et que ses jours sont comptés… Unis à Haruki par ce secret, Sakura demande une faveur au garçon : vivre avec elle une vie entière le temps d’un printemps…

Mon choix : un diptyque court qui semble pas très joyeux au premier abord mais dont les critiques évoquent un dessin délicat et une histoire empreinte de sensibilité.

Autres propositions :

  • La fille qui tressait les nuages, Céline Chevet, éditions du Chat noir (Roman YA fantastique où un jeune lycéen a dû mal à se remettre du deuil de la jeune fille dont il était amoureux. Ses pertes de mémoire cachent un terrible secret)
  • 5 cm per second, Makoto Shinkai, éditions Pika (Roman YA où deux amis d’enfance se souviennent de leur rencontre et de leurs retrouvailles des années plus tard, après une relation longue distance).
  • Assassination Classroom, Yusei Matsui, éditions Kana (Manga où dans un collègue élitiste, un poulpe enseignant décide de transformer la classe des cancres en classe d’assassins. Chaque leçon sera l’occasion de le tuer. Une critique déguisée du système scolaire japonais).
  • Switch Girl, Natsumi Aida, éditions Delcourt (Manga où une jeune fille modèle voit son secret dévoilé auprès d’un autre élève, ce qui donnera lieu à une amitié improbable)
  • GTO (Great Teacher Onizuka), Toro Fujisawa, éditions Pika (Manga où un ancien voyou décide de devenir enseignant en lycée, mais hérite d’une classe de cancres et s’efforce de leur redonner confiance en eux par des méthodes peu conventionnelles).

Tokyo by night (Mafia, gastronomie, prostitution, LGBTQIA+)

La cantine de minuit, Abe Yaro, éditions Le lézard noir

Résumé : Dans ce petit restaurant situé au fond d’une ruelle du quartier de Shinjuku, le patron vous accueille de minuit à sept heures du matin. La carte ne propose que du tonjiru, soupe de miso au porc, ainsi que du saké, mais selon vos envies, on vous préparera à la demande tout ce qu’on est en mesure de vous servir. Saucisses en forme de poulpe, curry qui a reposé toute une nuit, concombres marinés dans du son de riz… Des petits plats typiques du Japon qui réveilleront les papilles et les souvenirs du temps passé. Car ici, chaque plat est lié aux souvenirs d’un personnage : yakuza, stripteaseuse, boxer… Les habitués et clients d’un soir qui se rassemblent ici ont chacun leurs raisons, et le patron bienveillant est toujours à leur écoute, derrière son comptoir.

Mon choix : J’ai beaucoup apprécié l’adaptation en série de ce roman graphique intitulée Midnight Diner : Tokyo stories. Je vais donc essayer la version illustrée en espérant réaliser les recettes proposées par le chef.

Autres propositions :

  • Mauvaise herbe, Keigo Shinzo, éditions Le lézard noir (manga autour de la prostitution infantile au Japon avec une fugueuse et un policier qui essaie de la réhabiliter).
  • La voie du tablier, Kousuke Oono, éditions Kana (manga sur un ancien yakuza devenu homme au foyer)
  • Mémoires d’un yakuza, Junichi Saga et Eiji Ijichi, éditions Philippe Picquier (Autobiographie d’un Yakuza qui explique son ascension et sa chute à la fin des années 70)
  • Le passage de la nuit, Haruki Murakami, édition 10-18 (Roman sur plusieurs histoires ayant toutes lieu à Tokyo, la même nuit)
  • Les délices de Tokyo, Durian Sugekawa, éditions Le livre de poche (Roman autour d’une jeune fille et d’une vieille femme qui réalise des pâtisseries et cache un lourd secret).
  • Confessions d’un masque, Yukio Mishima, éditions Folio (Roman sur l’homosexualité vécue par un homme dans le Japon des années 30 et son acceptation dans une société ultra-conformiste)

Voilà pour mes propositions de livres associées à ce challenge littéraire. N’hésitez pas à m’indiquer les vôtres sur Instagram avec le Hashtag #HanamiBookchallenge ou en commentaire à cet article.

A venir, un nouvel article de PAL mais cette fois télévisuelle, pour ceux qui souhaiteraient réaliser ce challenge avec des écrans plutôt que des livres.

D’ici là, amusez-vous bien et si vous n’arrivez pas à faire entrer un livre dans une catégorie, vous pouvez toujours utiliser la carte joker !

Mochi et feuilles de thé,

A.Chatterton

Publié dans On joue ?

Hanami Book Challenge 2021 : le challenge littéraire dédié au Japon et au printemps

En dehors de mon engouement pour la littérature steampunk, j’ai une passion dévorante pour la culture japonaise. L’idée de créer mon propre challenge m’est venue depuis un an à force de participer à ceux des autres. Et comme je ne trouvais pas de challenge littéraire qui englobait l’ensemble de la culture du soleil levant, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de commencer par ce sujet. Bienvenue dans le Hanami Book Challenge, ou encore le challenge des Cerisiers en fleurs !

Hanami Book Challenge : mode d’emploi

Ce challenge s’adresse à tous ceux qui souhaitent découvrir la culture japonaise, où qui souhaitent faire descendre leur Pile A Lire de livres en lien avec ce thème.

Je l’ai pensé pour un public adulte, mais il est possible de le réaliser avec des plus jeunes, en fonction des intitulés de menus, avec des mangas ou des light novels par exemple.

Il se déroule du 1er avril au 30 juin, le temps d’une floraison de cerisiers, pour marquer le printemps et l’arrivée de l’été et à pour principal sujet le Japon. Les livres doivent évoquer le Japon ou être écrit par un auteur Japonais.

Ce challenge plébiscite les documents suivants. : Romans, nouvelles, mangas, Bande-dessinée, romans graphiques ou documentaires sur le Japon. Vous pouvez aussi le réaliser avec des films, séries TV et animes.

Il n’est pas orienté vers un genre littéraire particulier, sauf indication dans les menus. Libre à vous d’y inclure des romans contemporains, comme de la littérature de l’imaginaire par exemple.

Pour ma part, je vais réaliser deux PAL : une avec des livres et l’autres avec des films et séries pour vous donner des idées. Elles feront l’objet d’un article qui suivra la publication de celui-ci.

Hanami Book Challenge : les menus

Afin de créer ces menus, je me suis inspirée de plusieurs thèmes relatifs à la culture japonaise. J’ai essayé de vous proposer un panorama assez vaste et qui par moments peut correspondre à des clichés sur ce pays. Je m’en excuse d’avance, mais je souhaite que ce challenge soit ouvert le plus possible à tous et ne pas le réduire à un public de connaisseurs.

Pour faire rentrer un livre ou un film dans une catégorie, libre à vous d’utiliser un élément du titre, ou les petits détails que j’ai indiqués entre parenthèses. L’important est de s’amuser ! A vous de vous approprier ce challenge !

Il y a donc 3 menus comportant chacun 4 sous-menus :

Hanami Book Challenge : Comment valider son challenge ?

Sur le modèle du Pumpkin Autumn Challenge, je vous propose de valider votre challenge par paliers car je trouve le système de points trop compliqué :

  • Niveau Disciple : Vous avez lu un livre de chaque menu, soit 3 livres au total
  • Niveau 6ème Dan : Vous avez lu deux livres par menu, soit 6 livres au total
  • Niveau 9ème Dan : Vous avez lu trois livres par menu, soit 9 livres au total
  • Niveau Sensei : Vous avez lu un livre de chaque sous-menu, soit 12 livres au total
  • Niveau Trésor Vivant : Vous avez lu un livre de chaque sous-menu, soit 12 livres au total, sans utiliser de Joker.
  • Etoile d’honneur : pour chaque livre entrant dans un sous menu, lu après avoir validé le niveau Trésor Vivant.

Il est possible d’abandonner un livre/ film en cours de route, et ce n’est pas grave ! Si toutefois vous souhaitez le faire valider dans votre challenge, il faudra en avoir lu/vu au moins 50%.

Vous avez aussi la possibilité d’utiliser une fleur de Sakura (un joker) pour vous éviter une lecture.

Hanami Book Challenge : où trouver des livres adaptés au challenge ?

Pour vous aider, en plus de ma PAL associée au challenge, voici quelques maisons d’éditions où trouver des livres traitant du Japon :

  • Editions Philippe Picquier : spécialisé dans la littérature japonaise et asiatique. Il propose des romans contemporains, historiques, policiers, érotiques. Mais aussi des mangas, romans graphiques, beauc-livres et recueils de poésie.
  • Editions Actes Sud : La collection Exofictions peut être intéressante pour des romans fantastiques par des auteurs japonais, mais il faut trier un peu parmi les documents. A l’inverse, la collection Lettres japonaises propose un panel de romans japonais contemporains de qualité, portant sur de nombreux thèmes actuels.
  • Planète BD : Site spécialisé dans les dernières actualités manga, bd et roman graphique avec des critiques sur les parutions. Utile pour vous éviter de chercher l’ensemble des éditeurs de mangas en France. Vous pouvez aussi y feuilleter les premières pages des dernières parutions.
  • Manga news : Site identique au précédent mais qui propose un classement par thème des mangas japonais, ce qui est pratique pour le challenge. Il y a également la liste complète des éditeurs de mangas japonais rubrique manga/éditeurs mangas.
  • La Rainbowthèque : Site participatif qui recense les parutions LGBTQIA+ en littérature. Si vous tapez Japon en recherche, vous trouverez quelques références.
  • Editions du Lézard noir : un de mes éditeurs chouchou. Vous y trouverez des mangas plutôt drame social ou historique, des artbooks, des livres sur l’architecture japonaise, …
  • Editions du Chat noir : la collection Neko comporte peu de titres, mais ce sont des entrées Young adult intéressante en terme de romans, fantastiques ou contemporaines.
  • Editions du chêne : éditeurs de documentaires pour les adultes avec de nombreux beaux-livres illustrés sur le Japon dans sa rubrique Tourisme.

Ce ne sont que quelques exemples, vous pouvez bien sûr compléter cette liste en commentaire de cet article si vous souhaitez partager vos trouvailles. 😉

Hanami Book Challenge : Communication

Le challenge sera diffusé sous le Hashtag #Hanamibookchallenge sur Instagram et Facebook. Je vous invite à l’utiliser quand vous réalisez une publication afin de pouvoir la relayer.

Pour cette première édition, je ne souhaite pas créer de groupe Facebook car cela supposerait de réaliser de la modération. Or, je travaille seule et je n’ai pas beaucoup de temps pour cela. Je l’envisagerai peut-être les années suivantes selon la manière dont ce challenge est accueilli sur la blogosphère.

En revanche, j’ai réalisé un compte Instagram qui vous permettra de découvrir les PALS des autres participants via le Hastag #Hanamibookchallenge, et de découvrir mes propres publications, ainsi que quelques jeux que je vous proposerai tout au long du challenge.

Enfin, parce que je suis généreuse de nature, je vous propose quelques visuels que vous pouvez réutiliser sur vos blogs, et réseaux sociaux que vous trouverez en fin d’article.

J’espère que ce challenge vous plaira autant que j’ai eu plaisir à le réaliser. Je reste à votre écoute par messagerie sur les réseaux sociaux et en commentaire à cet article si vous avez des questions à me poser. Bon challenge à tous !

Fleur de cerisier et matcha,

A.Chatterton

Pour retrouver mes chroniques associées à ce challenge :

Publié dans Lectures

Parlons Steampunk #3 : L’automate

Quelle est la place de l’automate dans la littérature steampunk ? Sous quelle forme apparaît-il ? Possède-t-il des qualités humaines ? Quelle est son origine ? Telles sont les questions auxquelles j’ai essayé de répondre lors de mon live Instagram du 28/03/2021. Dans ce troisième épisode de Parlons Steampunk, je vous présente 4 romans steampunk qui abordent de manière différente la figure de l’automate pour vous en montrer les différentes facettes.

L’origine de la figure de l’automate en littérature steampunk

Note : je précise que je ne suis pas spécialiste en science-fiction et que pour réaliser cette première partie, j’ai dû réaliser des recherches sur le sujet. Les hypothèses que je dégage sur l’automate n’engagent que moi.

Avant le steampunk, le cyberpunk

Pour revenir à mon introduction à la définition du Steampunk (cf Parlons Steampunk #1), le steampunk littéraire a été créé comme une blague en réaction au cyberpunk par trois auteurs américains. Ces derniers ont imaginé transposer des thématiques du cyberpunk à l’époque victorienne.

Or, dans le cyberpunk, il est souvent question de robots : des robots avec des pensées humaines, des humains dans des robots, des robots dont on se demande s’ils sont humains…

C’est donc tout naturellement que l’on retrouve cette thématique dans la littérature steampunk avec la figure plus archaïque et moins moderne du robot : l’automate.

Mais pour retrouver l’origine des questionnements qui existent vis à vis des robots ou des automates, il faut creuser aux bases de la littérature de Science-Fiction, avec Isaac Asimov.

Avant le cyberpunk, Isaac Asimov et les lois de la robotique

Isaac Asimov est un écrivain américain d’origine russe, et un professeur en Biochimie à l’Université de Boston qui a vécu de 1920 à 1992. Auteur prolifique, il a écrit une œuvre composée d’environ 500 livres de Science-Fiction ainsi que d’ouvrages de vulgarisation scientifique dans plusieurs domaines (astronomie, biochimie, etc…).

Avec son Cycle des robots publié entre 1967 et 1988, il a posé les bases des romans ayant pour sujet les robots avec les trois lois de la robotiques :

  •  Première loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. » 
  • Deuxième loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. »
  • Troisième loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »

Une loi zéro viendra s’ajouter par la suite dans ses écrits : « Un robot ne peut ni nuire à l’humanité ni, restant passif, permettre que l’humanité souffre d’un mal ».

Tout l’objet de la littérature d’Asimov est de se faire confronter ces lois dans ses fictions, ainsi que leurs contradictions. Elle constitue également une base de réflexion qui a fait évoluer par la suite la Science de la Robotique que nous connaissons aujourd’hui, preuve que la littérature peut être à la base d’innovations dans notre réalité.

C’est cette base que l’on retrouve dans le cyberpunk, puis par la suite dans le steampunk. On peut y noter en filigramme une critique du racisme si l’on considère le robot comme une figure de l’étranger.

L’évolution dans la littérature steampunk contemporaine

Si la notion de création est déjà présente dans les romans fondateurs du steampunk comme Homonculus de James Blaylock avec la figure de l’homoncule (=un petit être issu du végétal et éveillé grâce à un procédé alchimique), son éclosion a lieu plus tard avec des récits plus contemporains mettant en scène des automates.

Dans l’imaginaire rétro-futuriste, l’automate est présent pour son côté esthétique (rouages apparents, rouille), et les questions qu’il soulève vis à vis de sa création.

La plupart des romans steampunk interrogent la figure de l’automate sous plusieurs niveaux :

  • la nature de l’automate : est-il vivant ? se considère-t-il comme humain ? comment est-il construit ? est-il immortel ?
  • les conséquences de l’existence de l’automate pour les humains : Est-il un danger ou une aide ? Remplace-t-il un humain pour ses tâches ingrates (= question de la lutte des classes) ou dans ses relations amoureuses (= question des relations humaines) ?, comment est-il accepté dans la société ? comment les hommes l’utilisent ?

Il est intéressant de constater que les lois de la robotique sous-tendent l’ensemble de ces questions, tout en ajoutant d’autres thèmes propres aux romans steampunk : la lutte contre les inégalités sociales, l’intérêt pour l’évolution scientifique et le progrès, le féminisme, l’esthétique rétro-futuriste, le voyage imaginaire.

Afin d’illustrer mon propos, je vous propose d’étudier plusieurs cas d’automates dans quatre romans steampunk. Je précise que cette liste n’est pas exhaustive car elle est issue de mes lectures personnelles.

Si vous connaissez d’autres romans évoquant des cas différents d’automates, je vous invite à les indiquer en commentaire de cet article pour les faire découvrir. 😉

L’homme-automate et les automates vivants : La trilogie des Récits des mondes mécaniques de Marianne Stern, éditions du Chat noir

Un roman où l’action se situe dans une Allemagne uchronique où la construction des automates est réalisée par des orfèvres, ceux qui naissent avec ce don de créer en insufflant une partie de leur âme dans leurs créations. On y abordera trois thèmes en lien avec l’automatie : l’homme mécanisé qui a perdu son humanité, la mécanique qui rend vie aux morts et les créations quasi vivantes grâce à la magie et l’âme de celui qui les a construites.

L’intrigue du tome 1, Smog of Germania : Germania, début des années 1900, capitale du Reich.
À sa tête, le Kaiser Wilhem, qui se préoccupe davantage de transformer sa cité en quelque chose de grandiose plutôt que de se pencher sur la guerre grondant le long de la frontière française – et pour cause : on dit qu’il n’a plus tous ses esprits. Un smog noir a envahi les rues suite à une industrialisation massive, au sein duquel les assassins sont à l’oeuvre. Une poursuite infernale s’engage dans les rues et les cieux de Germania le jour où la fille du Kaiser échappe de peu à une tentative de meurtre. Objectif : retrouver les commanditaires. La chose serait bien plus aisée s’il ne s’agissait pas en réalité d’un gigantesque complot, qui se développe dans l’ombre depuis trop longtemps.

Ce qu’on en retient :

La trilogie des Récits du monde mécanique raconte trois histoires mettant en scène des personnages récurrents, mais dont les tomes peuvent se lire indépendamment. Le personnage central s’avère être Maxwell, un créateur de génie et aussi pirate de l’air, à la solde de l’empereur Wilhem. Au fil des tomes, il sera pourchassé pour son art à des fins militaires car l’Europe est en guerre : le Reich, la France et l’Angleterre essaient de conserver leurs territoires à n’importe quel prix et en cela les orfèvres sont très recherchés.

Le premier tome situé en Allemagne tourne autour d’un complot politique visant à détruire l’Empereur. Sa fille Viktoria, aidée de son garde du corps Jérémiah, va enquêter et découvrir des choses qu’elle n’aurait pas soupçonnées concernant sa famille.

Le roman fait la part belle aux personnages masculins plus travaillés que les féminins et à une atmosphère crasseuse de pollution.

L’auteure nous présente Viktoria comme une jeune fille capricieuse et naïve en opposition à Maxwell charmeur et mortel ou Jéremiah d’aspect repoussant mais au coeur tendre.

L’univers n’est pas rose et intègre un questionnement sur les classes sociales : en haut les riches disposant de l’air pur, en bas les pauvres noyés dans la pollution des usines. On s’interroge également sur les capacités mentales de l’empereur et son aptitude à gouverner du fait de ses lubies de construction démesurées qui ne prennent pas en compte le bien-être de son peuple.

A côté de son intrigue pleine de suspens, Marianne Stern développe une réflexion sur les automates et leur créateur sur plusieurs niveaux.

Dans son univers, créer des automates est tout d’abord un don, qui s’acquiert en naissant et se perfectionne avec le temps. Mawxell en a hérité et quand il réalise un automate : fleur, oiseau, vaisseau… il met une partie de son âme littéralement dans sa création, lui conférant à la fois un aspect magique, mais surtout un réalisme vivant. Le revers est que si son âme est noire, corrompue, les automates le seront tout autant. Pire, ils seront reliés à lui. On s’en rendra vite compte dans le troisième tome Realm of Broken Faces.

Les automates servent exclusivement les intérêts de la guerre, en tant qu’armes ou améliorations techniques pour s’entretuer. Cette utilisation atteindra son paroxysme dans le troisième tome avec des automates créés à partir de déchets de métal qui n’ont même plus l’apparence humaine mais tout juste une parodie grotesque.

L’autre utilisation des automates proposée par l’auteur est celle de ramener les morts à la vie par le biais de la nécromancie. Comme la création est liée à la magie des orfèvres, cela était prévisible. Mais dans quel but vouloir ressusciter les morts ? Ici, il sera question d’un amour perdu qu’on ne veut pas laisser partir. Si derrière l’intention de création, il y a l’impossibilité de réaliser son deuil, le résultat sera désastreux : un automate vidé de son humanité, parodie de l’être humain qu’il était.

Le dernier aspect que nous fait étudier l’auteure dans sa trilogie est la reconstruction d’un être vivant avec des parties mécaniques à travers le personnage de Jérémiah. L’homme de main de Viktoria n’a pas toujours été à moitié automate, il était de chair et de sang. Suite à des circonstances particulières que j’éviterai de vous dévoiler, Maxwell l’a réparé avec des éléments mécanique pour lui permettre de vivre. Mais son humanité s’en est trouvée affectée. Amélioré avec un oeil mécanique qui lui permet de voir l’invisible, et un coeur mécanique qui l’enchaine au Reich, il est devenu un exécuteur froid et très efficace. Cependant, il souffre de son aspect repoussant qui l’empêche de mener une vie normale d’homme. Il lui faudra l’amour d’une jeune femme pour enfin s’humaniser.

Avec ce personnage, on s’interroge sur les limites de l’humain : où la partie automate commence ? où celle humaine s’arrête ? Loin d’un automate complet, on est face à un hybride avec une base humaine assez complexe, beaucoup plus qu’un simple homme doté d’une prothèse. On se demande aussi s’il n’aurait pas atteint une forme d’immortalité avec ses améliorations profondes.

Pour faire un parallèle avec d’autres romans qui traitent des mêmes thèmes :

On retrouve cette thématique des automates vivants dans Une étude en Soie d’Emma Jane Holloway, déjà évoquée dans Parlons Steampunk #1, où l’héroïne insuffle la vie à ses créations mécaniques avec de la magie.

Quant à l’homme modifié mécaniquement, il trouve un écho dans le roman steampunk Rouille, de Floriane Soulas, avec un tueur en série modifié et une mode des greffes d’implants mécaniques parmi les riches. J’évoquerai plus en détail ce roman dans un article consacré au steampunk au féminin.

Si vous souhaitez un retour complet sur la trilogie, je vous invite à lire mes chroniques complètes de Smog of Germania, Scents of Orient et Realm of Broken Faces dans ma rubrique Lecture et sur le site de French-Steampunk.fr.

L’automate qui cherchait son identité : Le club des érudits hallucinés de Marie-Lucie Bougon, éditions du Chat noir

Ce roman se présente comme la suite directe de L’Eve future de Auguste de Villiers de l’Isle-Adam, un classique de la littérature française qui évoque la création de la femme parfaite mais mécanique. On y retrouve l’automate/andréïde Eugénia qui a perdu la mémoire et qui, découvrant sa nature, part à la recherche de son créateur. Elle sera aidée dans sa quête par un cercle d’érudits et d’aventuriers.

L’intrigue : Quand la jeune Eugénia trouve refuge dans la maison du professeur Brussière, physicien en retraite dirigeant un petit cercle d’érudits, elle ne révèle pas immédiatement son extraordinaire nature : elle n’est pourtant autre que l’andréïde, la première femme artificielle, prodige d’une mystérieuse technologie décrite par Villiers de l’Isle-Adam dans L’Ève future. Avec l’aide du professeur et des membres du cénacle, un étudiant passionné, un dandy mélomane, un aventurier aguerri et une voyante excentrique, Eugénia part en quête des secrets de sa conception, car une question obsessionnelle occupe son esprit : une machine peut-elle posséder une âme ?

Ce qu’on en retient :

Dans cette intrigue aux allures de roman scientifique à la Jules Verne, on abordera deux thèmes associés à l’automate : la création de l’automate et les questions associées à son humanité, mais aussi le phénomène de biomutation qui accompagne Eugénia.

Le roman est construit autour du personnage d’Eugénia et de la résolution de son mystère avec plusieurs histoires qui nous emmènent dans différents lieux du globe par le biais des membres du cénacle : Paris, Londres, Ceylan, Héraclite (une ville imaginaire scientifique). Il alterne les passages de fiction, et les correspondances entre les différents personnages, le journal intime d’Eugénia ou encore les notes scientifiques du Professeur Brussière.

La création d’Eugénia trouve son origine première dans celle de la femme parfaite : belle et intelligente. C’est celle qui est racontée dans l’Eve future, où un riche aristocrate amoureux d’une cantatrice belle mais stupide demande à Thomas Edison de lui construire une automate qui lui ressemblera en comblant ses lacunes.

On y voit donc une forme de peine de coeur masculine devant une imperfection décelée chez l’être aimé mais cela va plus loin chez Marie-Lucie Bougon. La cantatrice mourra par la suite transformant l’histoire initiale en envie de ressusciter les morts. L’automate sera là pour combler une absence, un vide et l’impossibilité de faire son deuil (comme chez Marianne Stern). Mais aussi plus trivialement pour combler un besoin sexuel, transformant l’automate en prostituée mécanique.

Cependant, afin de déterminer si Eugénia est humaine, il lui faudra réaliser des recherches scientifiques sérieuses : interrogation des esprits avec la voyante Barberine, capacité à aimer un humain avec Eusèbe d’Orlille, capacité à réfléchir par elle-même, à être acceptée de tous comme un être humain. En se remémorant son passé, on comprend qu’elle est capable de prendre des décisions pour s’assurer de sa survie et surtout de refuser des actions pour lesquelles elle a été créé.

A côté du personnage d’Eugénia, le professeur Brussière étudie le procédé de Biomutation qui serait un phénomène selon lequel les objets mécaniques prendrait vie. Eugénia serait aussi capable de donner vie à des objets mécanique en transposant son propre flux dans ces derniers. Cependant, je n’ai personnellement pas compris l’origine de cette énergie et la manière dont elle fonctionne. Elle m’a fait penser aux objets japonais qui prennent vie après 100 ans sans qu’on sache pourquoi.

Mais ce phénomène apporte un nouvel attrait au personnage de l’automate : il est capable lui aussi de donner vie à d’autres automates, le transformant ainsi en créateur.

Enfin, le roman aborde le thème de l’industrialisation et de la lutte contre les inégalités sociales avec le personnage de Honoré de Froimont qui souhaite remplacer les humains domestiques par des automates parfaits. Mais pour lui la perfection réside dans le fait que l’automate ne prend pas vie et réalise les tâches qui lui sont demandées. En ce sens, il souhaite libérer l’humanité du travail pour réfléchir au fonctionnement de l’humanité. Reste à savoir si l’humanité est prête pour cette évolution et si l’on est à l’aise avec des robots sans âme programmés pour des plaisirs sexuels.

Si vous souhaitez un retour plus complet sur ce roman, je vous invite à lire ma chronique complète rubrique Lecture.

L’humain qui était amoureux d’un automate : Eros Automaton, Clémence Godefroy, éditions du Chat noir

A la fois roman policier et romance, Eros automaton aborde plusieurs thèmes autour de l’automate dont comment les hommes réagissent à son intégration dans la société : objet d’utilité, symbole de richesse, voleur d’emplois, être digne d’amour. Nous suivrons deux intrigues qui finiront par se rejoindre : l’enquête de l’inspecteur Bouquet face à un attentat pro-humain et l’histoire d’amour entre un humain et un robot.

L’intrigue : Quand le Palais des Expositions de Parisore accueille le Salon Galien d’Automatie, c’est toute la capitale qui vit à l’heure des automates, quitte à chambouler quelques destins au passage. Un attentat en plein concours de modélisation met l’inspecteur Balthazar Bouquet sur la piste d’une mystérieuse organisation pro-humaine alors même que sa sœur Adélaïde devient une célébrité dans le monde de l’automatie. Quant à Agathe Lepique, couturière timide et amie de toujours des Bouquet, elle voit sa vie transformée lorsqu’elle est embauchée dans l’atelier d’Edgar Weyland, un ingénieur de génie aussi énigmatique que séduisant. Son projet: créer la femme parfaite pour jouer le premier rôle dans un opéra romantique… Des salles de bal étincelantes aux bas-fonds de la ville, Balthazar et Agathe vont découvrir à leurs dépens que l’amour, la vengeance et la haine ne sont pas réservés qu’aux êtres de chair et de sang.

Ce qu’on en retient :

Dans l’univers de Clémence Godefroy, les automates sont présents comme domestiques dans les maisons les plus riches. Ils sont facilement reconnaissables malgré leur apparence presque humaine car ils possèdent deux yeux de couleurs différentes. Leur création et évolutions technologiques font l’objet d’un concours entre les étudiants de l’Institut Supérieur d’Automatie, permettant au gagnant de trouver du prestige à sa sortie d’études.

Dans ce roman, nous suivrons trois personnages : Adélaïde Bouquet, seule étudiante féminine de l’Institut, son frère Balthazar Bouquet qui va enquêter sur l’attentat du Salon, et Agathe Lepique l’amie discrète d’Adélaïde, couturière de talent embauchée chez un créateur d’automate.

Outre les questions autour des automates, il sera ici question de romance, de condition féminine dans une société patriarcale et d’enquête policière.

Pour revenir à la question des automates, Clémence Godefroy aborde deux sujets principaux évoqués en introduction de cet article : la nature de l’automate et les conséquences de sa création.

Nous ferons face à plusieurs couples composés d’un humain et d’un automate qui s’aiment et souhaitent se marier en dépit des convenances, ce qui amènera à s’interroger sur le côté humain de l’automate : ressent-il des émotions ? sa sophistication est-elle étendue au point de le faire devenir humain ou ses actions sont-elles programmées par une mémoire qui se répète ? Son humanité a-t-elle des limites ?

Le fait d’aimer un automate pourra sembler une hérésie aux yeux de certains humains, y compris remplacer des ouvriers par des machines ce qui engendrera une montée de violence et la constitution d’une cellule terroriste pro-humain cherchant à nuire aux automates.

A terme, le danger évoqué est de ne plus savoir reconnaître un humain d’un automate, au fil des avancées technologiques, surtout si les yeux des automates deviennent de la même couleur. De manière triviale, c’est l’extinction de la population qui est soulignée car impossible de se reproduire avec un automate. Il est intéressant de constater que finalement, les pro-humains prôneront quelques arguments religieux dans leurs revendications fanatiques.

En dernier lieu, on touche du doigt à la fin du roman à des questions d’immortalité humaine grâce à la technologie. Sans vouloir trop en dévoiler, le niveau de sophistication des automates sera tel qu’un transfert d’identité sera possible dans un automate. Mais l’immortalité a-t-elle du bon pour les humains?

Si vous souhaitez un retour plus détaillé, je vous invite à lire ma chronique complète sur le roman dans ma rubrique lecture.

L’automate qui était humain : Confessions d’un automate mangeur d’opium, Fabrice Colin et Matthieu Gaborit, éditions Bragelonne [ATTENTION SPOILERS]

Difficile d’aborder ce roman sans vous dévoiler son dénouement en lien avec l’automate. Donc si vous ne l’avez pas déjà lu et que vous ne souhaitez pas vous faire spoiler la fin, je vous invite à vous arrêter ici et de passer directement au paragraphe de conclusion de cet article.

Ici, il sera question d’enquête policière, sur fonds d’expériences scientifiques avec des ramifications politiques et militaires. Le rapport avec l’automate sera lié à sa conception : mi-homme, mi- mécanique, grâce à un procédé associant l’énergie de l’éther. Un cyborg avant l’heure en somme…

L’intrigue : Paris, 1889…L’industrie, portée par la force de l’Éther, a révolutionné le monde. Le ciel bourdonne de machines volantes, les automates sont partout qui agissent au service des hommes, hommes qui communiquent entre eux par téléchromos d’un continent à un autre. Dans cette ville moderne où s’ouvre une éblouissante Exposition Universelle, une jeune comédienne, Margo, aidée de son frère psychiatre, enquête sur la mort mystérieuse de sa meilleure amie et d’un singulier personnage créateur de robots…

Ce qu’on en retient :

Ce roman est l’un des premiers romans steampunk français qui a importé le genre en France dans les années 2000. Il s’agit d’une enquête policière écrite à quatre mains, mettant en scène un duo de détectives improvisé : Théo un docteur aliéniste de l’hôpital Saint-Anne à Paris et de son agaçante soeur Margo, comédienne.

Sans être très subtil dans ses rebondissements, il propose une intrigue ayant pour point de départ le meurtre d’une jeune femme par un automate « pensant ». Or, les automates ne sont pas censés faire de mal aux humains, ce qui remet en cause toute leur société où les automates remplacent les humains pour les tâches ingrates.

L’affaire les fera rencontrer Villiers de l’Isle l’Adam, auteur du roman l’Eve Future, ainsi qu’un créateur d’automates fou. A eux deux, ils auront l’utopie de créer un être immortel, éliminant vieillesse et souffrance, pour permettre aux artistes de continuer à créer éternellement et à l’ensemble de l’humanité de vivre à pied d’égalité.

Or, la réalité de cette utopie sera moins glamour et surtout peu éthique. La méthode utilisée pour devenir immortel sera de transposer son cerveau dans un corps d’automate, grâce à un procédé utilisant comme énergie l’éther. L’éther étant censé effacer la mémoire et la souffrance des individus.

La question des propriétés de l’éther sera abordée à plusieurs reprises, marquant le roman comme steampunk à travers l’utilisation de cette nouvelle énergie : à des fins militaires, à des fins d’utilité publique, et surtout comme danger potentiel pour la population. Théo en a fait son sujet d’étude et soigne des patients qui ont été mis en contact avec l’énergie, similaire à un élément radioactif.

Loin de ces préoccupations, le créateur fou profitera de ses découvertes pour vendre des armées d’automates pensants à plusieurs pays en guerre, induisant l’idée d’une armée éternelle composée des cerveaux de soldats morts au combat, transposé dans des corps de métal. On sent ici l’influence des Cybermen de la série britannique Docteur Who.

Mais il y aura bien sûr un hic ! L’opium empêche l’effacement de mémoire du patient, et utiliser le cerveau d’un ancien soldat toxicomane échappé d’un massacre pour créer un automate pensant aura de graves conséquences. Un homme fou le reste même si son corps est devenu de métal.

Notons au passage qu’il n’a pas été demandé au soldat son consentement pour vivre éternellement dans un corps d’automate, ce qui pose des problèmes éthiques au niveau scientifique, et émotionnellement compliqués pour le soldat en question à son réveil.

Enfin, le roman abordera aussi un amour impossible et non-réciproque entre l’automate et son aimée. Aurélie sera attirée par l’être de métal capable d’écrire de magnifiques poèmes, mais ne souhaitera pas aller plus loin dans son exploration, rendant encore plus fou l’automate.

A travers cette histoire, c’est plutôt un film d’horreur qui nous est montré avec la figure de l’automate, et les limites des avancées technologiques sous couvert d’une utopie.

Que retenir concernant la figure de l’automate par rapport au roman steampunk ?

L’automate des romans steampunk trouve son origine dans la figure du robot, présente dans le cyberpunk. Il interroge les lois de la robotique énoncées par Asimov dans son Cycle des robots tout en mélangeant des thèmes propres au steampunk.

C’est une figure récurrente qui peut apparaître en arrière plan dans le décor pour apporter une touche rétro-futuriste, ou être le sujet principal des romans steampunk.

Les thématiques qu’il véhicule touchent à sa nature ou aux raisons/conséquences de sa création. Il met l’accent sur des thèmes déjà présents dans le steampunk comme l’inégalité sociale, l’industrialisation massive, les dérives des expériences scientifiques. Il peut aussi aborder la question de l’immortalité ou interroger ce qui nous rend humain.

Dans les romans steampunk, son humanité relève souvent de la magie ou d’une énergie nouvelle qui le transforme pour le rendre égal à l’homme. Ou être le résultat d’une expérience scientifique défiant toute éthique. On trouvera ainsi différents types d’automates ou d’humains modifiés selon les histoires mais avec des thèmes récurrents.

Comme je ne peux pas aborder tous les romans steampunk qui abordent le thème de l’automate dans cet article, je vous invite à consulter ma liste de suggestions de lecture associée sur Babelio.

Si vous souhaitez en savoir plus sur Parlons Steampunk et les sujets que je vais aborder dans les live à venir, je vous invite à consulter ma programmation dans l’article qui y est consacré.

N’hésitez pas à laisser un commentaire pour proposer un titre de roman steampunk mettant en scène un automate, pour poser une question, ou simplement donner votre avis sur cet article.

Rouages et humanité,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Ex Dei, Damien Snyers, éditions ActuSF

Après la Stratégie des As, j’ai retrouvé avec plaisir James, l’elfe voleur et Marion, l’Historienne immortelle. Loin d’une nouvelle histoire de braquage, l’auteur nous embarque pour une autre aventure où le danger sera omniprésent et où les personnages renoueront avec leur passé. Un service presse que j’ai beaucoup apprécié et pour lequel je remercie les éditions ActuSF.

Résumé : Dans un monde où se mêlent machines à vapeur, magie et trolls, une humaine et un elfe tentent de sauver leur peau. Elle, membre d’une organisation secrète en possession d’un artefact convoité, lui, gentleman cambrioleur aux yeux plus gros que le ventre. Mais que peut-on faire face à un homme qui ne veut pas mourir ?

Mon avis :

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu La Stratégie des As ou la nouvelle gratuite Les Cambrioleurs rêvent-ils de dinosaures mécaniques pour apprécier cette nouvelle aventure. De nombreux rappels sont réalisés par l’auteur tout au long du récit qui vous permettent de ne pas être perdus.

Néanmoins, je vous préconise de lire La Stratégie des As avant Ex Dei, car Ex Dei est une suite directe (même si ce n’est pas présenté comme tel) et vous risquez de vous spoiler une bonne partie de la première aventure. 😉

Vous pouvez retrouver mon avis sur le premier opus et la nouvelle en cliquant sur les liens des titres ci-dessus.

Une double intrigue à deux voix

Damien Snyers nous propose un roman basé sur deux personnages qui vivent deux aventures séparées pour mieux se retrouver.

Après La Stratégie des As, où James avait réalisé un braquage audacieux qui l’avait rendu riche à millions, le voleur a décidé de se ranger en Afrique avec Mila, un membre de sa bande afin de profiter du bon temps. Mais les vieilles habitudes ayant la vie dure, il va tenter un casse pour le plaisir… qui va très mal se terminer et l’obliger à fuir. Car James est recherché, mais il ne sait pas par qui, et c’est ce qui va nous tenir en haleine pendant la première moitié du récit.

Pendant ce temps, Marion, immortelle, télépathe et appartenant au Cercle des Historiens (organisation secrète oeuvrant pour la collecte de l’Histoire du monde de façon objective), a décidé de divorcer de son mari après 10 ans de mariage. Retrouvant son indépendance, elle est victime d’une tentative de vol sur l’artefact qui permet au Cercle de rester immortel, puis constate que quelqu’un cherche à les infiltrer et à les détruire. Elle va alors demander l’aide de James, sans se douter que de son côté, il est aussi en danger.

L’intrigue, pleine de suspense, est proposée du point de vue de chacun des deux personnages principaux. Cela apporte du dynamisme au récit, nous faisant naviguer d’une histoire à une autre.

On découvre le fonctionnement de la société des Historiens, ce que sont devenus les membres de la bande de James (occasionnant des sous-intrigues), et une partie de l’univers jusque là inconnu : une version revisitée de l’Afrique à la sauce magico-steampunk, qui change de l’atmosphère glauque de Nowy Krakow d’où viennent la plupart des personnages.

L’auteur nous plonge dans un univers magique avec des mages qui apportent la technologie au peuple et régulent la météo. Il y ajoute quelques éléments steampunk comme des moyens de transports incongrus : Calèches automatisées à vapeur, Araignées géante de course… Ici la magie est l’énergie qui permet aussi à certaines inventions de fonctionner comme la machine à glaçons ou le coffre-fort avec dimension temporelle.

Cependant, malgré un récit riche et dynamique, j’ai trouvé trois bémols à cette intrigue :

Tout d’abord, le commanditaire qui cherche à tuer James est vite trouvé et son histoire réglée en milieu de roman. J’aurais aimé plus de développement ou de rebondissements, et cela m’a laissé sur ma faim, même si je comprend la logique de l’auteur : c’est en fait un retour de bâton que subit James pour ses actions passées.

Ensuite, en deuxième partie de roman, quand les deux personnages se retrouvent, j’ai trouvé ennuyeux le fait de relire la même scène du point de vue de chacun. Cela apportait parfois des éléments supplémentaires, mais rallongeait considérablement la durée de l’histoire. De plus, parfois il m’a fallu un petit temps d’adaptation selon les paragraphes pour comprendre quel point de vue était abordé.

Enfin, la résolution finale très abrupte m’a laissée pantoise. L’auteur utilise le procédé du Deus Ex Machina (au sens propre) que j’ai trouvé maladroit. J’ose espérer un troisième volume afin de laisser les nombreuses questions en suspens car c’est impossible de laisser cette histoire se terminer ainsi.

L’approfondissement de deux personnages

Dans ce deuxième opus, on sent une volonté de l’auteur de développer davantage ses deux principaux protagonistes, contrairement au premier où il était question d’une esquisse pour mieux se concentrer sur l’action.

Ici, Damien Snyers nous propose le portrait d’un elfe voleur qui est devenu plus mature, plus soucieux des autres, depuis qu’il est devenu riche. De crève-la-faim, il est devenu Robin des Bois mais le manque d’activité physique l’a rendu moins alerte, malgré la subsistance de ses principes de voleurs.

Avec l’opulence, James prend le temps de l’introspection et cela se ressent dans le récit : il repassera au village de son enfance se renseigner sur ses parents, réalisera un pèlerinage sur la tombe de son ancien mentor, retrouvera ses anciens amis, ne s’engagera plus dans une vie de débauche…

Le fait d’être recherché va le faire sortir d’une zone de confort qu’il avait du mal à assumer, et il sera presque content de fuir, même si le besoin de souffler se fait ressentir par moments, preuve que finalement, il s’était peut-être habitué à la vie de riche.

Ses actions seront plus réfléchies à cause de son âge et il se rendra compte que l’argent peut aider à se sortir de situations compliquées avec moins d’efforts.

A côté de James, Marion réalise également une introspection, mais sur sa vie d’immortelle. En se séparant de son mari, elle se rend compte qu’elle ne peut rester avec le même homme plus de 10 ans et espère trouver un compagnon qui renversera cette tendance. Avec son exemple, l’auteur interroge aussi la manière de vivre quand on a plusieurs siècles, et de pouvoir encore évoluer malgré tout, pour soi, et au contact de l’autre.

Par ailleurs, le don de télépathie de Marion sera abondamment abordé pendant le récit et de façon très intéressante : les cerveaux des gens sont comparés à des maisons mentales avec des pièces à souvenirs, des salles de commandes, des éléments effrayants. Et en fonction de la personnalité de chacun, la maison sera différente : délabrée, luxuriante, labyrinthique… ce qui donnera un aperçu de personnages avant même qu’ils n’agissent dans l’histoire.

Mais ce don ne va pas sans heurts : migraines, fatigue sont les maux qui accompagnent l’utilisation de son pouvoir par Marion. On questionnera aussi son don à des fins lucratives en lui demandant de devenir un outil pour connaître les secrets des autres Historiens afin de se prémunir de toute menace (ce qui va à l’encontre de son éthique, de la vie privée des autres et de ses relations avec eux).

Un univers magique qui interroge notre réalité

Avec Ex Dei, et sous couvert d’un univers magico-steampunk, l’auteur distille quelques éléments de réflexion à l’intention du lecteur, qui interroge sa réalité.

La question du racisme envers les êtres magiques et les métisses déjà présente dans La stratégie des As, est à nouveau rappelée à travers le personnage de James, mais aussi de Jorg, le troll, et Elise, une demi-elfe qui a ouvert un club réservé aux métisses. Dans cet univers, à moins d’être riche, les elfes sont méprisés et invisibles aux yeux des humains, les trolls ont le statut de meubles et peuvent être exécutés ou rien, et les métisses, êtres stériles sont à peine tolérés. L’existence du Club d’Elise reste fragile, et une demi-elfe enceinte peut se voir privée de ses droits si les mages estiment qu’elle peut être un bon sujet d’expérience.

Les mages sont présentés d’ailleurs comme des scientifiques dangereux, imbus de leur personne, obsédés par les plaisirs, et au-dessus des lois car ils apportent la technologie à l’univers. On sent une critique universelle des puissants intouchables derrière leur exemple et la visite que leur rendra James sera assez éclairante à ce sujet.

Si l’action se déroule en majorité à Nowy Krakow, sorte de Cracovie imaginaire et dangereuse, l’auteur nous emmènera au début du récit dans une Afrique utopique où les ressources sont exploitées par les habitants, avec un fonctionnement plus développé et efficace qu’en Europe. Les cantines collectives, les immeubles de diamant et la météo non capricieuse en sont de bons exemples et nous interrogent sur notre Afrique contemporaine.

L’homosexualité et la transidentité seront aussi abordés mais avec toujours des histoires douloureuses : Mila est lesbienne mais s’est fait chasser de chez elle par ses parents à cause de ses penchants, tandis que le Lord Commandeur Obel n’a jamais pu afficher son homosexualité au grand jour à cause de son métier, forçant son compagnon Neige à se transformer en femme pour rester « conforme » à la notion de couple en vigueur à Nowy Krakow.

Enfin, le Cercle des Historiens interroge plusieurs sujets dans cette aventure. Déjà évoqué avec Marion concernant les partenaires amoureux, l’auteur parle de la solitude de ces immortels qui ne peuvent finalement vivre qu’entre eux, en groupe. L’amitié est rare et précieuse pour Marion, tout comme le fait de faire part de ses découvertes aux autres. Et le fait de rajeunir ou non peut s’avérer un choix assumé vis à vis de son identité.

Par ailleurs, Marion se pose des questions sur la manière dont son Cercle fonctionne : Est-ce que l’objectivité est réellement présente pour relater l’Histoire ou passe-t-elle par le vécu de chacun ? Est-ce le manque d’inclusion d’êtres magiques parmi les membres du Cercle leur permet d’englober l’Histoire dans sa totalité? Ce sont des questionnements que l’on retrouve concernant l’élaboration des manuels d’Histoire dans notre réalité.

En conclusion : Damien Snyers signe ici une suite réussie de son roman de braquage en mettant l’accent sur la maturité des personnages, la manière dont ils tirent des leçons de leur passé et comment ils se projettent dans l’avenir. Une intrigue où le danger est présent à tout instant, qui interroge de nombreux sujet actuels contemporains, avec une ouverture vers un troisième opus, qui je l’espère, permettra de résoudre de nombreuses questions laissées en suspens.

Publié dans Lectures

Anergique, Célia Flaux, éditions ActuSF

Avec ce roman, j’ai voyagé en Inde pour pourchasser une tueuse insaisissable, bravé les conventions sociales victoriennes et surtout découvert un univers magique particulier où les personnages dépendent les uns des autres par un lien mystérieux. Tenté par l’aventure ? Suivez le guide 😉

Résumé : Angleterre XIXe siècle. Lady Liliana Mayfair est une garde royale, mais aussi une lyne capable de manipuler la magie. Elle et son compagnon Clement partent en Inde sur les traces d’une voleuse d’énergie. Leur unique piste : Amiya, la seule victime à avoir survécu à la tueuse. De Surat à Londres, la traque commence. Mais qui sont véritablement les proies ?

Mon avis :

Une enquête haletante

Célia Flaux nous emporte avec elle dans une enquête pleine de suspense et de mystère entre la moiteur d’une Inde luxuriante au temps des colonies et la capitale anglaise glaciale et polluée. Nous ferons la connaissance de colons anglais, grand propriétaires, installés en Inde, mais aussi de personnages locaux indiens comme la famille d’Amiya, et la police indienne dépassée par les évènements. Nous aurons affaire à des aristocrates anglais à Londres via la famille de Liliana, ainsi que le club très fermé des gardes royaux et leurs entraînements particuliers.

De nombreux rebondissements sont à prévoir avec une tueuse imprévisible, insaisissable qui amène une sensation d’impuissance et le sentiment d’un danger permanent. Même la présence des gardes royaux pour assister la police dans son enquête ne la dissuadera pas d’agir et les victimes se feront de plus en plus nombreuses au fil des pages.

Il faudra toute l’intelligence et la persévérance de Amiya et Lilianna pour en venir à bout, ce qui ne sera pas sans occasionner quelques surprises inattendues comme le fait que la tueuse est mystérieusement reliée à sa victime…

Une réflexion sur le statut de victime

Un viol d’énergie. C’est de là que part toute notre enquête autour du personnage d’Amiya, la victime, et de Lady Liliana Mayfair, la garde royale chargée de l’affaire. Mais qu’est-ce qu’un viol d’énergie ? Et en quoi est-il si grave ?

Le mot viol vous aura mis la puce à l’oreille, indiquant l’absence de consentement de la victime. Il s’agit dans cet univers particulier, d’aspirer toute l’énergie d’une personne jusqu’à la faire mourir. Heureusement pour le dena Amiya, son agresseure a été surprise et n’a pas eu le temps de le tuer, mais elle l’a laissé pour mort et surtout marqué à vie, déséquilibré dans son flux et méfiant vis à vis des lynes. Et cela ne l’aidera pas à se construire sainement de ses 10 ans à l’âge adulte. Il va devenir Anergique, avec un trop plein d’énergie qu’il préfère destiner aux plantes qu’aux humains, mais lui causant de foudroyantes migraines.

On aurait pu penser que ce personnage allait rester dans son statut de victime jusqu’à la fin de sa vie, décalé par rapport à la société, et surtout peu désireux de fournir en énergie des Lynes sans avoir peur d’en mourir, au grand désespoir de sa mère guérisseuse. Mais l’auteure n’a pas souhaité en rester là.

Amiya va évoluer, combattre ses démons de manière pacifiste, reprendre confiance en lui. Il faudra que la Lyne meurtrière refasse surface et qu’il rencontre la lyne Liliana pour peu à peur sortir de sa coquille, guérir et rééquilibrer son énergie et son état mental. Ici pas de grands éclats de bravoure, seulement un homme qui sort de son état dépressif après un acte traumatisant.

En ce sens, il offre une leçon de courage à toutes les victimes de traumatismes et un beau message d’espoir, ainsi qu’aux familles de personnes ayant été violentées.

Un univers envoûtant

J’avoue avoir eu quelques réticences au début à rentrer dans l’histoire à cause de son aspect magique. J’avais l’impression de lire un roman de vampires énergétiques ! Mais il s’est avéré que l’univers créé par Célia Flaux était plus complexe que cela.

Elle nous propose un monde oscillant entre roman policier victorien et magie. En ce sens, elle se rapproche de la gaslamp fantasy et non pas du steampunk comme j’ai pu le penser au premier abord. Ici, pas de d’inventions mécaniques anachroniques, mais plutôt un monde où deux espèces agissent en complémentarité pour réguler la magie omniprésente.

Tout d’abord, les Lynes qui naissent avec moins d’énergie et doivent par la suite se nourrir des Denas pour vivre. Ils sont plutôt représentés comme des personnes au caractère fort et à la magie destructrice. Ils régentent l’univers à des postes clés et sont censés protéger les Denas.

Les Denas à l’inverse sont remplis d’énergie magique, ce qui peut leur occasionner des migraines s’ils n’évacuent pas ce trop plein en le proposant aux Lynes. Ils sont représentés comme faibles, en retrait, et occupent des positions inférieures comme si être un « garde-manger » énergétique était compliqué à vivre.

Les points de circulation d’énergie sont régis par les chakras, ce qui donne un petit côté mystique à l’histoire et l’ancre un peu plus dans la tradition indienne. Pour donner de l’énergie, un Dena dévoilera un de ces points sur son corps, en fonction de son degré d’intimité avec la personne. Il y a des points dédiés à la famille, aux amants, etc… Les Lynes aspirent avec les doigts ou la bouche, avec le consentement du Dena.

L’auteure a introduit quelques subtilités dans ce mode de vie comme rendre sacrilège le don d’énergie aux plantes par un Dena car il apparaît comme égoïste vis à vis des Lynes, ou encore faire en sorte que les chats soient des passeurs d’énergie entre lyne et Dena. La mère d’Amiya qui est une guérisseuse, nous apprendra ce genre de détails associés à cet univers fort créatif.

Une réflexion sur les classes sociales

Si les relations entre les Lynes et les Denas semblent figées et fortement hiérarchisées, cela n’a pas d’incidence sur leur classe sociale. N’importe qui peut être Dena ou Lyne. Et les Dena ne sont pas toujours des femmes, l’auteure a su sortir de cet écueil d’objet féminin à protéger.

Cependant, on sent qu’il est complexe pour Liliana et Amiya de s’intégrer avec leurs problèmes d’énergie, mais aussi pour des Dena d’accepter un autre rôle que celui d’être soumis envers des Lynes. Il sera question de la possibilité d’inverser les rôles, et de ce que cela implique. J’avoue que cela m’a fait un peu penser aux relations Sado-Masochistes sur un certain plan…

Par ailleurs, derrière le côté magique, une autre hiérarchie est présente : celle des classes sociales de la société victorienne.

Le ton est donné dès le départ avec le personnage du père de Liliana. Lord Mayfair ne supporte pas la mésalliance de sa fille avec Clément qu’elle souhaite épouser car ce Dena n’est pas membre de l’aristocratie. Par la suite, il appuie même l’idée que cette mésalliance de classe souillerait l’énergie de sa lignée, ce qui revient à une forme de racisme.

Le poids de l’héritage du nom familial et des conventions sociales pèse à Liliana qui souhaite s’en affranchir, comme de son père autoritaire et colérique. Le fait de devenir Garde Royale lui apporte des privilèges qui lui permettent de sortir de son statut de Lady et de femme. Cependant, cela ne sera pas toujours suffisant.

On sent que la famille Mayfair, malgré les apparences, cache plus d’un secret et qu’elle n’est pas heureuse à l’inverse de celle d’Amiya : Entre un père intransigeant, une mère effacée et un frère homosexuel caché, Liliana a fort à faire pour préserver sa vie personnelle tout en essayant d’aider ceux qu’elle aime.

Le fait qu’elle soit devenue anergique en se privant d’énergie auprès de sa mère Dena afin de la préserver de son père a créé une blessure irréversible dans ses relations familiales.

A côté de la famille de Liliana, Célia Flaux pointe également du doigt le racisme des anglais envers les indiens à travers le personnage d’Amiya, qui va évoluer dans la société londonienne tant bien que mal, toujours avec le sourire, subissant des humiliations qu’il n’avait pas prévues.

En conclusion : Célia Flaux signe ici un roman d’enquête haletant qui nous fera voyager dans des lieux exotiques, baignés de mysticisme où chacun essaie de trouver sa place malgré les conventions. Un joli roman sur la liberté, le courage d’affronter ses peurs, et surtout de guérir de ses blessures intérieures.

Je remercie les éditions ActuSF pour l’envoi de ce service presse qui m’a bien fait plaisir. Même si au final il ne s’agit pas d’un roman steampunk, j’ai passé un bon moment de lecture. 🙂

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #27

Au sommaire de cette veille littéraire du net : un challenge littéraire sur les auteures, une chaîne youtube qui décrypte le cinéma, un genre de romance méconnu autour de la cuisine, un documentaire sur les maisons miniatures hollandaises, une nouvelle série autour de Sherlock Holmes, un appel à textes sur la Commune de Paris, du coloriage à partir d’oeuvres patrimoniales, une artiste inspirante amoureuse de la peinture et de la littérature.

L’article découverte du mois

J’ai découvert il y a peu l’existence du genre littéraire suivant : la romance culinaire sur le blog d’A Livre Ouvert avec son article assez détaillé sur le sujet. Ce type de romance nous vient des anglo-saxons et se traduit par Cooking ou Culinary romance. Il évoque des intrigues qui conjuguent rencontre amoureuse et cuisine, avec l’un des personnages qui est mordu de pâtisserie, vin, bons petits plats… Ce n’est pas très connu et normé en France alors que ça cartonne dans les pays de la langue de Shakespeare !

L’article d’A livre ouvert est très intéressant car elle évoque des hypothèses sur les origines de ce genre et propose des exemples de romans, en plus de t’expliquer ce que c’est. En gros, ce serait l’opposé des romans Chick litt avec des héroïnes centrées sur la mode et le fait de garder la ligne. Dans la romance culinaire, l’héroïne est plutôt épicurienne, se focalise sur ce qui lui fait plaisir et est plutôt bien dans sa peau. Un exemple de roman est la trilogie de La petite boulangerie du bout du monde de Jenny Colgan dont je t’ai déjà parlé dans mon bilan du HO HO HO challenge.

Pour en savoir plus sur ce genre et découvrir aussi d’autres types de livres méconnus comme le Slow Burn ou la Romance paranormale, je t’invite à consulter l’article d’A livre ouvert ainsi que sa rubrique Histoire des genres littéraires.

Le challenge instagram du moment

En mars, nous célébrons la journée de la femme. Quoi de plus naturel que de proposer un challenge mettant en valeur la production des auteures ? Il en était déjà question dans certaines catégories du challenge Le Printemps de l’Imaginaire Francophone mentionné dans ma veille du mois dernier, mais si tu préfères un challenge plus court, tu aimeras peut-être celui-ci car il dure seulement un mois. Créé par la blogueuse Florence de Floandbooks en 2018, il s’intitule Mars au féminin et comprend un seul menu avec des propositions de genres littéraires différents pour lire et découvrir des auteures. Tous les genres sont acceptés y compris les documentaires, et tu peux échanger et réaliser des lectures communes sur le Discord de Florence, ainsi que son groupe Facebook consacré au challenge. Tu trouveras les détails sur son compte intagram ci-dessous:

La chaîne youtube du mois

Je t’ai déjà parlé de la chaîne Et tout le monde s’en fout dans ma veille littéraire du net #3 qui est une chaîne de vulgarisation autour de pleins de concepts abstraits réalisée de manière rigolote par une équipe fort talentueuse et un personnage principal parano. Et bien, je vais recommencer à t’en parler car ils ont produit récemment une série de vidéo pour parler de l’envers du cinéma intitulée Une séance presque parfaite, en partenariat avec le CNC (Centre National du Cinéma) et le magazine Premiere.

En environ 4 minutes, l’ouvreur un peu fou de la salle de ciné t’explique un concept de cinéma de manière simple et amusante. Par exemple : le sexisme au cinéma, ce qui fait un bon film, le mensonge au cinéma, l’exception française, les films maudits… C’est toujours aussi drôle, bien rythmé, intéressant et en plus cela soutient l’industrie du cinéma qui est actuellement en crise.

Donc en attendant d’entrer à nouveau dans une salle de cinéma, tu auras l’occasion de te cultiver sur le 7e art depuis chez toi. Merci Et tout le monde s’en fout !

La ressource gratuite du moment

Début février a eu lieu une opération intitulée #Coloryourcollections à destination des établissements dédiés à la conservation patrimoniale. Le principe était de proposer des copies de leurs oeuvres dénuées de couleurs en libre-accès afin que le public puisse réaliser des coloriages qui sortent de l’ordinaire.

De nombreux établissements ont relevé le défi et l’ensemble des ressources a été rassemblées sur le site mis en place par l’Académie New Yorkaise de Médecine et sont totalement utilisables en libre-accès. On y trouve des coloriages assez hétéroclites : dessins d’horticulture, gravures d’animaux, caricatures humoristiques, peintures de châteaux, enluminures…

Les époques, styles, sujets et pays se mélangent dans un joyeux bazar. Une parfaite ressource pour du coloriage anti-stress en écoutant un podcast audio !

La nouvelle série à découvrir absolument

Si comme moi tu es fan de Sherlock Holmes, tu seras plus que ravi(e) d’apprendre qu’une série est en préparation sur Netflix autour des Irréguliers de Baker Street, ces gamins des rues qui servent d’indics au Détective. La série sort le 26 mars 2021 sur la plateforme et comprendra XXX épisodes. Je note déjà quelques changements vis à vis de l’histoire originale : les « gamins des rues » sont plutôt des ados voire des adultes, et que la série glisse subtilement vers le fantastique et l’horreur d’après la bande-annonce. J’espère que la qualité sera au rendez-vous. Je te ferai un retour dessus dans ma veille du mois prochain. 😉

L’appel à textes du moment

Je t’ai déjà parlé de l’Histoire de la Commune de Paris à travers la série de romans jeunesse Les Filles du Siècle de Marie Despechin et ce n’est pas par hasard. Cette année a lieu l’anniversaire de l’événement ! A cette occasion, la maison d’édition La Clé d’Argent lance un appel à textes pour nouvelles sur ce thème. Il s’agit de proposer une histoire mêlant cette période historique à la littérature de l’imaginaire. Science-fiction, Fantasy, Fantastique, Steampunk (qui sait ?) sont les genres plébiscités. Tu peux retrouver les détails des contraintes d’écriture sur le site internet de la maison d’édition. L’appel à textes est valable jusqu’au 28 mai 2021. A vos plumes ! 😉

Le documentaire du mois

J’ai une passion bizarre pour les maisons miniatures. Du coup, à chaque fois que je rencontre un documentaire sur le sujet, j’ai envie de le partager. Rappelle-toi celui sur la maison de poupée de la Reine Mary dans ma veille littéraire #19.

Dernièrement, j’ai visionné un documentaire associé au film The miniaturist. Le film évoque une jeune épouse hollandaise incarnée par l’actrice Anya Taylor-Joy, qui découvre des secrets sur son mari et son entourage, à travers une maison miniature reçue en cadeau le jour de ses noces. La maison représente sa vraie maison à petite échelle avec tous les éléments qui la compose. Il s’agit de l’élément central du film et le sujet du documentaire. A noter que ce film est l’adaptation d’un roman historico-policier de Jessie Burton : Miniaturiste.

Pour revenir au documentaire centré sur la maison miniature, on nous explique qu’il était commun pour les jeunes épouses hollandaises de recevoir des maisons de poupées, dans les familles riches au XVIIème siècle. Qu’ont de particulier ces maisons de poupées ? C’étaient des cadeaux pour des femmes adultes, qu’elles agrémentaient selon leur bon vouloir, parfois de façon plus riche que leur propre intérieur car c’était la seule chose sur laquelle elles avaient un contrôle au quotidien.

Dans une société protestante où l’austérité était de mise, avec des intérieurs fonctionnels et des tenues très épurées, la maison de poupée était un trésor familial souvent caché dans un meuble avec des portes, et comprenant des objets très coûteux et d’une extrême finesse. Elle pouvait servir d’objet éducatif pour apprendre à tenir sa maison, le foyer étant objet central de la religion protestante (à l’inverse de la religion catholique centrée sur l’Eglise.) C’était aussi une mode pour les femmes mariées de riches commerçants qui leur permettait de dépenser de l’argent, et aussi un symbole de statut social.

Il ne reste que 5 maisons de poupées intactes de cette époque dans le monde. Celle évoquée dans le film et le documentaire appartenait à Petronella Oortman et se trouve au Rijksmuseum à Amsterdam.

Le documentaire t’explique l’histoire de cette maison, sa composition en mêlant des extraits du film en 7 minutes. Il est en anglais donc si tu n’es pas à l’aise avec cette langue, je t’invite à lire l’article wikipedia consacré à la maison de poupée de Petronella qui te donnera beaucoup de détails dessus. 😉

L’artiste du moment

Je lis depuis quelques années déjà les articles du blog de Miss Pandora alias Louise Ebel et je me suis abonnée depuis peu à son compte Instagram car j’adore son travail. Louise est modèle photo. Elle propose des photos d’elle essentiellement, qui mettent en valeur une esthétique particulière à travers la mode, l’art, l’architecture, la littérature, les intérieurs anciens. Elle nous emmène en voyage, nous fait découvrir des pays ou des musées oubliés, nous dévoile un peu de son intimité à travers sa vie parisienne et normande. Elle a même pendant un temps travaillé au Japon pour présenter des émissions.

Fervente adoratrice des jolies étoffes, de l’ancien et du beau, c’est un univers hors du temps qu’elle dessine pour nous, au gré de ses inspirations. Que dire de plus ? La belle a aussi écrit un livre sur des femmes inspirantes comme elle. Il s’intitule Excessives ! Destins de femmes incroyables au XIXème siècle publié chez Favre éditions.

Dernièrement, face à la fermeture des musées, Louise a lancé un appel à la nostalgie de ces lieux sacrés du beau… pour mieux nous faire découvrir ensuite deux petits bijoux situés à Moulins : le musée Anne de Beaujeu et de la Maison Mantin, une demeure bourgeoise restée dans son jus depuis le début XXème siècle. Un joli moment qui nous fait oublier un temps cette crise sanitaire qui s’éternise…

Difficile de vous donner un aperçu de l’étendue de son univers, alors j’ai opté pour cette photo qui représente pour moi l’essence même de la parisienne. Mais Louise ne se limite pas à cela, aussi je t’invite fortement à aller jeter un coup d’oeil à son Instagram qui offre une vue plus complète de ses inspirations.

Voilà, ma veille est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Cerisiers en fleurs et mimosas,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Parlons Steampunk #2 : Roman policier et Steampunk

Qu’est-ce qui définit le roman policier steampunk ? Telle est la question à laquelle j’ai essayé de répondre lors de mon live Instagram du 28/02/2021. Dans ce deuxième épisode de Parlons Steampunk, je vous présente 4 romans policiers steampunk aux styles différents pour tenter d’en définir les grandes lignes .

Comment définir le roman policier steampunk ?

Commencez par une intrigue historique ou uchronique

La majorité des romans steampunk ont pour cadre l’Epoque Victorienne (1837-1901), ou pour la France, la période qui s’étend de la Belle-Epoque au Second Empire jusqu’au début de la Troisième République. En ce sens, la base de ces histoires ne diffère pas beaucoup d’un roman historique qui se déroulerait dans ce laps de temps, et l’on pourrait croire qu’il ne s’agit que de romans policiers victoriens.

Or, ce serait oublier la dimension uchronique du steampunk, à savoir imaginer une réalité alternative en se basant sur celle que l’on connaît. Pour cela, l’auteur introduira des éléments qui nous interpellerons sur cette réalité historique : des éléments steampunk.

Mettez quelques éléments steampunk

Dans l’épisode 1 de Parlons Steampunk, j’ai énuméré une brève définition des éléments que l’on retrouve dans les romans steampunk en partant des livres fondateurs de cette esthétique. Pour le roman policier steampunk, ces éléments ne diffèrent pas beaucoup. En voici quelques uns en lien avec les romans présentés aujourd’hui :

  • Une histoire farfelue (pour le côté « punk » de steampunk)
  • des automates, des dirigeables, des machines scientifiques improbables ou en avance sur leur temps, qui fonctionnent à la vapeur (=steam veut dire vapeur) ou à l’aide d’une autre énergie imaginaire.
  • des personnages historiques ou fictionnels en clin d’oeil ou comme héros de l’histoire
  • parfois des scientifiques fous, des créatures imaginaires (= loup-garou, vampire)
  • L’influence de Jules Verne (=les voyages imaginaires) ou de H.G Wells (la machine à remonter le temps, la lutte des classes).

Ajoutez l’influence de Sherlock Holmes

On ne peut pas nier que le personnage de Sherlock Holmes joue un grand rôle dans la plupart des intrigues policières à plusieurs niveaux. Le roman policier steampunk ne déroge pas à la règle.

Tout d’abord, il nous propose un personnage principal très intelligent, aux méthodes peu conventionnelles, affublé d’une addiction et d’un acolyte qui le rend un peu plus humain. L’enquêteur, qu’il soit détective privé, Lord mandaté par la Reine Victoria, justicier masqué ou Officier de police, montre des talents pour le déguisement, et apprécie les expériences scientifiques et/ou les avancées de son temps afin de faire progresser son enquête.

Parmi les duos d’enquêteurs régulièrement rencontrés dans les romans steampunk, il est souvent proposé une association de deux hommes, ou d’un homme et d’une femme. Si ce sont deux hommes, les personnalités seront complémentaires, voire diamétralement opposées. Si une femme est présente, elle sera rabaissée au rôle d’assistante dans ces intrigues, mais elle apparaîtra régulièrement aussi intelligente que l’homme : peut-être une volonté progressiste des intrigues steampunk vis à vis de l’époque Victorienne ?

Une question se pose souvent quant au personnage de Sherlock Holmes lui-même : l’enquêteur de Baker Street serait-il Steampunk ? Dans ses dernières représentations dont le film Sherlock Holmes : Jeux d’ombres de Guy Ritchie avec Robert Downey Junior dans le rôle titre, une version plus déjantée du Détective apparaît, conduisant un véhicule à vapeur. Le réalisateur s’est inspiré de l’esthétique steampunk pour son film, cela est indéniable.

Cependant, si l’on s’en tient au Canon, qui désigne les romans écrits par Arthur Conan Doyle, les intrigues de Sherlock Holmes se situent plutôt dans une esthétique de roman historique se déroulant à l’époque victorienne. A aucun moment il ne nous est proposé un élément uchronique, et même les aspects fantastiques sont gommés par la logique implacable du détective (ex : Le chien des Baskerville).

Pour résumer, s’il inspire le steampunk comme Jules Verne et H.G. Wells, notre ami Sherlock n’en fait malheureusement pas partie. C’est du moins mon avis.

La côté protéiforme et caméléon du steampunk

Qu’il s’agisse d’un véritable roman policier ou d’une intrigue doublée d’une enquête, le steampunk a le don de se mélanger à plusieurs genres. Et c’est ce qu’il faudra retenir ici. A l’image des aspects magiques évoquée dans Parlons Steampunk #1 ou d’autres genres et styles que nous évoquerons au fil de ce programme.

Pour cette session sur le roman policier, je me suis concentrée sur des cas différents afin de montrer des types récurrents de romans policiers steampunk qui existent actuellement en France et dans les pays anglophones.

Je ne peux pas énoncer tous les romans policiers publiés à ce jour, ce n’est pas le but de cet article, mais si vous en connaissez n’hésitez pas à les indiquer en commentaire. 😉

Un roman policier steampunk classique : Les revenants de Whitechapel de George Mann, éditions Eclipse

Les Revenants de Whitechapel est un très bon exemple de roman policier steampunk de type « classique ». On y retrouve un duo d’inspecteurs mandatés par la Reine Victoria pour élucider un mystère dans une version uchronique de Londres à l’époque Victorienne, dominée par la mécanique et une épidémie de zombies.

L’intrigue : Bienvenue dans un Londres étrange et merveilleux. Ses habitants, quotidiennement éblouis par un déluge d’inventions , inaugurent une ère technologique nouvelle. Les aéronefs traversent le ciel tandis que des automates mettent leurs engrenages au service d’avocats ou de policiers. Mais le vernis du progrès dissimule une face sombre, car cet univers voit aussi des policiers fantômes hanter les ruelles de Whitechapel. Sir Maurice Newbury, investigateur de la Couronne, oeuvre donc sans répit à protéger l’Empire de ses ennemis. Le jour où un dirigeable s’écrase dans des circonstances suspectes, Sir Newbury et miss Veronica Hobbes, sa jeune assistante, sont amenés à enquêter tandis qu’une série d’effroyables meurtres met en échec les efforts de Scotland Yard. Ainsi débute, en une aventure qui ne ressemble à aucune autre, le premier volume des enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes.

Ce qu’on en retient :

Il s’agit du premier tome d’une série de 8 tomes dont la suite n’a jamais été traduite, alors que le roman est pourtant prometteur. Originellement publié aux éditions Eclipse, les droits ont été rachetés par les éditions Panini France. Cependant, il n’est plus réédité non plus à ce jour aux éditions Panini. Appelez ça la poisse… S’il vous intéresse, vous pouvez le retrouver dans le marché de l’occasion.

Le duo d’inspecteurs est assez complémentaire : D’un côté Lord aux allures de dandy, passionné par le laudanum et l’ésotérisme, à la constitution robuste et au flair infaillible. De l’autre, une jeune assistante plus intelligente qu’elle ne le laisse penser, au passé trouble et qui cache un secret de famille. L’auteur a le bon goût de ne pas proposer une romance entre les deux personnages, mais plutôt un rapport d’estime réciproque, chose rare dans l’univers où la société tend plutôt à discriminer les femmes.

L’intrigue est très prenante et aux ramifications multiples : une épidémie de peste rapportée d’Inde se déclare dans les quartiers pauvres de Londres et ressemble étrangement à une infestation de zombies, un crash d’aeronef conduit par un automate a lieu dans Londres alors que l’engin transportait un membre de la famille royale, des automates deviennent fou un peu partout dans la capitale et le fantôme d’un Bobby sévit dans les bas quartiers pour assassiner des criminels. Le lecteur n’aura pas le temps de s’ennuyer une seconde !

Le côté steampunk est mis en avant avec les nombreuses inventions mécaniques : aéronefs, tramway, trains à vapeur, automates. La reine Victoria survit et se déplace grâce à un fauteuil roulant qui l’aide aussi à respirer.

Mais aussi dans certains thèmes qui sont abordés dans le livre : le remplacement des ouvriers par des automates qui remet en question la valeur du travail, des automates presque vivants dont on interroge l’humanité, et surtout le traitement de femmes « hystériques » internées à tort dans les hôpitaux psychiatriques. Lutte des classes, sexisme et humanité sont donc au programme !

Le seul bémol de ce livre est qu’il est au départ compliqué d’entrer dans l’histoire car l’auteur nous présente de nombreux personnages et faits avant de faire débuter l’enquête. Tout se décante à partir du troisième chapitre quand nous faisons la connaissance des deux personnages principaux.

Pour lire ma chronique détaillée du livre, rendez-vous rubrique lecture.

Un Sherlock Holmes à la Française : La 25e heure de Feldrik Rivat, éditions de l’Homme sans nom.

Cette série en deux tomes fait partie de mes livres coup de coeur. C’est une version de Sherlock Holmes à la française, mais qui transcende même le Détective de Baker Street. L’intrigue se déroule à Paris à la Belle Epoque et mêle un duo d’agents de la sûreté complètement opposés dans leurs méthodes, face à des disparitions inexpliquées de cadavres. L’enquête leur fera affronter une société secrète mystérieuse dont l’objectif est de changer la face de l’humanité grâce à une invention scientifique révolutionnaire.

L’intrigue : Décembre 1888. Alors que le bon peuple de Paris s’interroge sur cette tour que l’impérieux Gustave Eiffel fait édifier à grands frais, d’étranges rumeurs circulent dans les faubourgs de la capitale : les morts parlent ! Interpellé par la presse à ce sujet, le préfet de police M. Henry Lozé tourne en ridicule « les plaisanteries de quelques coquins ». Ainsi parle-t-il devant le beau monde, sous les feux électriques du parvis de l’Opéra Garnier. Mais, depuis l’ombre de ses cabinets, l’homme lance sur cette affaire les plus fins limiers de la République. Pendant ce temps, l’Académie des sciences en appelle à ses éminents savants pour que la pensée rationnelle, une fois pour toutes, triomphe des ténèbres de l’obscurantisme.

Ce qu’on en retient :

Feldrik Rivat possède une plume riche et un ton particulièrement saisissant et incisif. En peu de mots, il est capable de vous planter un décor, une atmosphère, un personnage. Et quel personnage !

Notre héros, le Grand Khan, Eudes Lacassagne, est le meilleur enquêteur de Paris, mais il est détesté de ses collègues, mystérieux, dangereux, muet, insaisissable. Justicier dans l’ombre, il arpente à pied la ville nuit et jour, a pour animal de compagnie un moineau, entretient son allure avec soin, et possède des habitudes étranges comme prendre son dîner dans un bordel en jouant les voyeurs invisibles. Mais voilà que le chef de la sûreté lui attribue un partenaire, un bleu : Louis Bertillon, à l’opposé total d’Eudes. Bavard, soucieux de son confort, passionné de sciences, il va s’avérer un allié précieux… mais après avoir subi un apprentissage sévère de son partenaire.

L’intrigue commence par la disparition de cadavres, ou de pouces d’êtres bien-vivants ! Puis, plusieurs faits viennent se mélanger à l’affaire sans lien apparent : des chrysanthèmes noirs sont retrouvés sur des tombes de personnes célèbres, un spectacle étrange a lieu dans le cabaret d’illusions de George Méliès, un individu un peu fou appartenant à une société secrète contacte le duo pour demander protection…

L’enquête est dense, et surtout en deux tomes, faisant apparaître un troisième personnage dans le tome 2 : une espionne agent double au service du gouvernement français et d’une autre société secrète. Si on début on ne comprend pas comment tous ces faits peuvent se rejoindre, on finit par y voir plus clair à un moment donné.

Le côté steampunk se veut discret dans cette série et n’est pas évident au départ. Outre l’époque choisie, on notera des références à des personnages historiques comme Gustave Eiffel, le Docteur Charcot, Georges Méliès. Certaines thématiques steampunk récurrentes sont présentes : la place des femmes dans une société patriarcale, l’ésotérisme, la lutte des classes, les sociétés secrètes. Enfin deux éléments scientifiques imaginaires nous ancrent dans cette esthétique rétrofuturiste : le cabaret des illusions de Monsieur Méliès, rempli d’automates féminins; ainsi que la machine créée par la société secrète du Chrysanthème noir qui sera à l’origine d’un bouleversement de la société telle qu’on la connaît.

L’auteur fait beaucoup évoluer ses personnages au fil des deux tomes : Louis va s’endurcir, Eudes va s’adoucir. On découvrira également les secrets que cache Eude sur lui et sa famille et qui définissent son identité.

Il propose aussi une critique des méthodes de police un peu douteuses de cette époque imaginaire et surtout le manque de moyens et de bons agents : le service d’empreintes digitales est balbutiant, les locaux insalubres, les collègues peu compétents et le chef de la sureté subit une pression politique pour résoudre l’affaire le plus vite possible au détriment de la vérité.

A noter qu’un tome intitulé Paris Capitale a été écrit par l’auteur pour raconter des années après, le bouleversement occasionné dans la société française à l’issue du tome 2. De plus, une bande-dessinée autour du personnage du Khan a été publiée il y a peu aux éditions Les Humanoïdes associés, intitulée La naissance du Tigre.

Pour lire mes chroniques détaillées de La 25e heure et du Chrysanthème noir, cliquez sur les titres des livres ou rendez-vous dans ma rubrique Lecture. 😉

Le justicier masqué : Le Baron noir d’Olivier Gechter, Mnémos

A côté des enquêteurs et des détectives, il existe aussi des justiciers steampunk. Le Baron Noir est un croisement entre Batman et le steampunk, mais sous la forme d’un recueil de nouvelles et non pas de Bande-Dessinée. A travers trois nouvelles, Olivier Getcher nous livre le portrait d’un justicier plutôt réaliste sous un Second Empire imaginaire où Louis-Napoléon Bonaparte serait Président de la République.

L’intrigue : Paris, 1864, la France domine l’Europe, le progrès semble sans limites. Portés par la puissance de la vapeur, la capitale et le pays tout entier se sont développés. Dans cette France dirigée par le président Bonaparte, Antoine Lefort est un jeune magnat influent de l’industrie florissante. Il est aussi le mystérieux Baron noir, justicier et protecteur de la nation. Dans la nuit rôde un héros en armure… Accompagné du dévoué Albert, de son ami ingénieur Clément Ader et de l’inventeur fou Louis-Guillaume Perreaux, Antoine Lefort devra déjouer les nombreuses machinations qui se trament dans l’ombre s’il veut empêcher la destruction de son pays et de tout ce en quoi il croit. Anarchistes, maître-espion et tueuse féline au fouet d’acier, tous oeuvrent à l’anéantissement du héros en armure.

Ce qu’on en retient :

L’univers steampunk est ancré dès le départ avec l’armure du Baron Noir : une merveille de technologie qui trouve son origine dans l’imagination d’Antoine Lefort, le personnage principal, et l’inventeur Louis-Guillaume Perreaux. D’autres créations imaginaires ou réinventées parsèment le récit : un système de courrier par pneumatiques dans l’ensemble de la capitale, d’autres créations farfelues de Perreaux comme le sous-marin ou une moto améliorée, le premier vol avec de fausses ailes avec Clément Ader, ainsi que des oiseaux mécaniques presque vivants du méchant de l’histoire.

C’est un des rares récit steampunk qui propose un justicier qui se déclare comme tel, et situe son histoire non pas à la Belle-Epoque mais dans un Second Empire uchronique. Par ailleurs, le héros agit seul, même s’il a des adjuvants pour l’aider au niveau technique, ce qui change du roman policier habituel.

On y retrouve à nouveau le thème de la lutte des classes avec des personnages anarchistes et la volonté de libération féminine face à une époque patriarcale avec le personnage de Bel Ange. Mais aussi des clins d’oeil à l’Histoire avec des figures historiques comme Victor Hugo, Clément Ader, Louis-Napoléon Bonaparte (enfin, une version imaginaire), ainsi que les divers ministres auxquels est confronté Antoine Lefort.

Le récit s’inscrit également dans la lignée du roman populaire du XIXème siècle (ou roman-feuilleton) dans son style d’écriture, et ses intrigues à grosses ficelles. Il emprunte aussi au roman d’espionnage.

Niveau intrigue policière, nous en aurons trois : La première nouvelle intitulée L’ombre du maître espion nous dévoile le personnage principal qui teste son identité secrète la nuit. Le jour, le riche magnat industriel doit faire face à des vols de plans d’un nouveau dirigeable, ce qui va l’obliger à utiliser son nouveau costume pour débusquer un méchant un peu potache. Dans la seconde nouvelle intitulée Bel Ange, Laurent rencontre sa Catwoman qui a embrassé la cause anarchiste et souhaite libérer les travailleurs du joug du capitalisme par un attentat. Enfin, dans La bataille de Cherbourg, notre héros voit son identité secrète menacée par un espion anglais, tandis qu’il doit participer à une enquête autour de la destruction de bateaux français et britanniques, lors d’un sommet de paix auquelle la Reine d’Angleterre et Louis-Napoléon Bonaparte sont conviés, sur une île anglo-normande.

Pour résumer, les trois histoires restent un peu simplistes, avec un suspens modéré, beaucoup d’action et des méchants en carton-pâte. Mais elles auront le mérite d’être divertissantes et drôles, soit par un comique de situation, soit par des personnages bizarres comme Perreaux très intelligent mais avec des manies bizarres, ou encore Phileas Fix, un espion anglais possédant un humour décapant.

Par ailleurs, notre personnage principal se démarque de Batman par une personnalité propre et beaucoup moins névrosée que son homologue américain, avec une capacité à se remettre en question. Il est plus proche d’Iron Man dans sa recherche de nouvelles idées prometteuses et d’Arsène Lupin pour le côté gentleman. Il saura vous charmer par ses inventions et son habileté à se sortir de toutes les situations.

Un livre qui plaira aux amoureux des uchronies centrées sur l’Histoire de France et des sciences, ainsi qu’aux amateurs du héros masqué. J’ai personnellement eu beaucoup de mal à terminer le recueil car je ne suis amatrice ni de l’un, ni de l’autre. Cependant, je dois avouer que l’on se prend au jeu à partir de la dernière histoire où l’on sent que le style de l’auteur s’affine. Par ailleurs, lors de ma lecture des deux premières histoires, j’étais plus concentrée à deviner si l’auteur allait vraiment proposer toute la panoplie de Batman version steampunk, plutôt à suivre l’intrigue.

Le Punk de steampunk, entre loups-garous et voyage dans le temps : L’étrange affaire de Spring Heeled Jack de Mark Hodder, édition Bragelonne.

Pour finir, j’ai souhaité évoquer L’étrange affaire de Spring Heeled Jack de Mark Hodder, la première enquête du duo Burton et Swinburne et surtout vainqueur du Prix Philip K. Dick en 2010.

Pourquoi ce roman ? Parce que selon moi, il reprend l’essence du steampunk que l’on peut retrouver dans les premiers romans steampunk comme Les voies d’Anubis de Tim Powers : Londres victorien, un côté farfelu, des monstres, des savants fous et une intrigue qui part dans tous les sens. En somme, le côté Punk du roman policier steampunk.

L’intrigue : Londres, XIXème siècle, époque Victorienne. La Reine Victoria a été assassinée et depuis, les technomages règnent en maîtres avec des machines les plus délirantes et des animaux génétiquement modifiés. Dans ce chaos technologique, Sir Richard Francis Burton dit « Dick la brute », grand explorateur, se confronte à son ancien ami John Hanning Speke pour déterminer la source du Nil lors d’une conférence. Mais ce dernier est victime d’un accident puis d’un enlèvement. En rentrant d’un pub, Burton est agressé par un étrange individu monté sur des échasses qui lui raconte son avenir. Quelques temps plus tard, le premier ministre demande à Burton de devenir un agent pour la Couronne. Burton hésite : la prédiction de son étrange agresseur s’avère juste. Il décide alors d’enquêter pour le Roi, sur la disparition de son ami Speke, mais aussi sur d’étranges agressions par un individu sur échasses et sur une meute de loups-garous qui enlève des enfants dans les bas-fonds de Londres. Il est aidé pour cela de son ami Swinburne, un jeune poète adepte des drogues les plus élaborées. Son enquête l’emmènera plus loin que ce qu’il avait imaginé.

Ce qu’on en retient :

Nous nous retrouvons ici face à un duo improbable composé de deux personnages historiques : Richard Burton, un explorateur plutôt brute et sexiste mais au coeur sensible, et Algernon Swinburne, un poète drogué de constitution fragile, un peu fou et masochiste. Le mariage va s’avérer fructueux car ils viendront à bout de deux enquêtes : un individu sur échasses qui terrorise la population et des loups-garous kidnappeurs d’enfants.

Le côté steampunk se retrouve à plusieurs niveaux dans ce livre : une Angleterre uchronique et victorienne où la Reine a été assassinée, un monopole du pouvoir par des technologistes (ingénieurs et eugénistes), des scientifiques fous, des loup-garous, la mode de l’égyptologie, de nombreux personnages historiques cités en clin d’oeil ( Oscar Wilde, John Hanning Speke, Charles Darwin, Florence Nightingale), une grosse inspiration des récits H.G Wells, et des créations technologiques surprenantes associées à la modification génétique comme des perroquets coursiers et des crabes éboueurs, ou à une évolution mécanique comme les Grands Bi à vapeur et des chaises volantes.

Des thématiques intéressantes, en lien avec le steampunk sont soulevées. La principale concerne les dangers de la science avec les eugénistes et technologistes : à quel moment cesse-t-on d’expérimenter au nom de l’évolution de l’humanité ? Quelle éthique doit-on respecter ? Quelles limites s’imposer ?

L’intrigue se divise en trois parties : la première est consacrée à l’enquête de Burton, la seconde est narrée par le personnage mystère aux échasses qui nous donne son point de vue sur les faits, et la troisième revient sur l’enquête du duo d’inspecteur pour trouver sa résolution. De ce fait, on s’éloigne d’une histoire manichéenne car le point de vue de Spring Heeled Jack nous montre qu’il n’est pas forcément le méchant dans cette histoire.

Beaucoup d’actions et de suspense rythment cette enquête, et surtout un humour décapant dans les dialogues entre les deux personnages principaux ce qui rend la lecture assez plaisante. L’univers assez fou, part un peu dans tous les sens et malgré des longueurs au début (ex : les conversations existentielles dans le club de gentlemen de Burton), et quelques passages glauques, on ne s’ennuie pas.

Le seul bémol que j’avancerai concernant ce roman est qu’il s’agit d’une histoire d’hommes : les femmes sont soit représentées comme hystériques quand elles ont un peu de caractère, soit des êtres fragiles et donc de parfaites victimes. Elles n’aident pas à faire progresser l’histoire contrairement à d’autres intrigues steampunk. La compagne de Burton et sa servante/logeuse en sont de parfaits exemples. En ce sens, Mark Hodder reste assez classique dans sa conception du roman policier.

Si le côté historique de l’histoire vous intéresse, un index est présent en fin d’ouvrage, recensant la vraie biographie des personnages historiques qui ont parsèment le récit. Mais je vous déconseille de le lire en premier sous peine de vous spoiler certains éléments de l’histoire.

Un deuxième tome des aventures de Burton et Swinburne intitulé L’étrange cas de l’Homme mécanique est également publié aux éditions Bragelonne si vous souhaitez rester plus longtemps dans cet univers.

Que retenir concernant le roman policier steampunk ?

Je vous ai proposé quatre exemples de romans policiers steampunk, mais il en existe bien d’autres comme Une étude en Soie de Emma Jane Holloway aux éditions Bragelonne, déjà évoqué dans Parlons Steampunk#1 avec la nièce de Sherlock Holmes en enquêtrice ou encore Confessions d’un automate mangeur d’opium de Fabrice Colin et Matthieu Gaborit centré sur un duo d’enquêteur et d’un automate fou, abordé dans mon article consacré à la Figure de l’automate dans la littérature steampunk.

Ce qu’il faut retenir concernant le roman policier steampunk aujourd’hui se résume en quelques points :

  • La norme tourne autour d’un duo d’inspecteur, de détectives, d’espions, souvent composé d’hommes qui rappellent Sherlock Holmes et Watson. Mais on a vu qu’un homme et une femme pouvaient travailler ensemble également, ainsi qu’un justicier ou un enquêteur solitaire.
  • L’histoire se déroule dans un univers uchronique situé à l’époque victorienne à Londres ou son équivalent temporel dans un autre pays.
  • Une grande importance est accordée à la technologie qui sert l’enquête ou bouleverse l’univers établi.
  • L’intrigue comporte souvent de l’humour ou un côté déjanté.
  • Le roman aborde des thématiques qui font réfléchir et inspirées de H.G Wells comme la lutte des classes, la liberté de la femme, les limites de la science.
  • Le grand méchant fait souvent partie d’une société secrète qui agit dans l’ombre.

Ce sont bien sûr de grandes lignes qui peuvent légèrement différer selon l’imagination de l’auteur, l’univers qu’il souhaite nous proposer.

Notez que je n’ai pas abordé en profondeur deux types de romans associés au roman policier steampunk : le roman d’espionnage et le roman comprenant une quête d’identité pour le personnage principal en plus de la résolution d’une enquête policière.

Pour le premier type, c’est par méconnaissance du sujet même si je pourrais citer sans les avoir lu : Opération Sabines de Nicolas Texier aux éditions Les Moutons électriques et Le Grand Jeu de Benjamin Lupu aux éditions Bragelonne. Je modifierai peut-être cet article dans l’avenir après avoir comblé mes lacunes sur le roman d’espionnage steampunk.

Concernant les romans comprenant une quête d’identité pour le personnage principal en plus de l’enquête policière, j’aborderai Rouille de Floriane Soulas en Juin dans mon futur article sur le Steampunk au féminin. Pour le roman Le club des érudits Hallucinés de Marie-Lucie Bougon aux éditions du Chat noir, vous pouvez en retrouver une étude dans mon article consacré à la figure de l’automate dans la littérature steampunk.

Comme je ne peux pas évoquer tous les romans steampunk dans cet article, je vous invite à consulter la liste que j’ai créée sur Babelio à ce sujet. Libre à vous de me faire vos propres suggestions, je ne les connais pas tous !

Si vous souhaitez en savoir plus sur Parlons Steampunk et les sujets que je vais aborder dans les live à venir, je vous invite à consulter ma programmation dans l’article qui y est consacré.

N’hésitez pas à laisser un commentaire pour proposer un titre de roman policier steampunk, poser une question, ou simplement donner votre avis sur cet article.

Loupe mécanique et tasse de thé,

A. Chatterton