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7 questions à Grégoire Laroque sur Zilwa, Les Trois rites

Suite à la lecture du premier tome de Zilwa, intitulé Les trois rites, j’ai tellement aimé l’intrigue que je n’ai pas pu m’empêcher d’interroger son auteur sur cette histoire qui se déroule sur une île tropicale. L’occasion d’en savoir plus sur sa réalisation et peut-être de glaner des éléments sur le tome 2…

Amélia : Bonjour Grégoire, dans le préambule de ton roman, tu le définis  comme appartenant à la Kreol Fantasy, peux-tu m’en dire plus sur le sujet ? Est-ce un terme que tu as imaginé par exemple ou cela existe-t-il déjà ?

Grégroire Laroque : J’ai inventé le terme car je trouve qu’il collait bien à ce que j’écrivais. Quand on pense à la fantasy, on s’imagine des décors écossais ou irlandais, avec d’immenses prairies vertes, de vieilles forêts, des châteaux médiévaux… Je voulais sortir de cet esprit et faire évoluer mes personnages sur une île tropicale, avec des grandes plages de sable blanc, des jungles luxuriantes, un lagon turquoise… Tout en gardant le thème de l’épopée (qui est légion dans la Fantasy).

Amélia :  Quelles ont été tes inspirations pour l’écriture de ce premier roman ? Tu évoques tes voyages en préambule, est-ce qu’il y a des auteurs qui t’ont marqués par exemple ? J’ai senti l’influence de J.K.Rowling dans ton trio de personnages principaux mais je me trompe peut-être…
Grégoire Laroque : Mes principales sources d’inspirations sont Tolkien et Zola. Les deux n’ont rien à voir, mais j’admire leur écriture. Pour le premier, j’ai clairement été frappé par l’imagination et l’univers qu’il a créé. Pour le second, la précision des mots et des descriptions qui habillaient parfaitement l’histoire. Puis, bien évidemment, beaucoup d’autres auteurs (même si je dois admettre que les deux que j’ai cités sont mes évidences).
Amélia : Les îles tropicales sont très présentes dans ton récit avec l’évocation de la faune et de la flore. T’es-tu inspiré d’une île réelle ?
Grégoire Laroque : Bien sûr ! J’ai écrit ce roman à l’Île Maurice où j’ai vécu pendant 4-5 ans. Je me suis également inspiré de l’Île de Pâques, de l’Île de la Réunion, Madagascar…Toutes les îles dans lesquelles j’ai eu l’occasion de voyager !
Amélia : Comment est né ce livre ? Tu es jeune auteur, cela était-il un projet de longue date ?
Grégoire Laroque : Je n’ai jamais songé à écrire quoi que ce soit ! Je dois cela à notre expatriation à l’Île Maurice, qui m’a tellement inspiré ! Ce n’est que plusieurs mois après notre arrivée qu’une idée à germé et que celle-ci a pris de plus en plus d’ampleur… Jusqu’à ce que l’évidence me saute aux yeux : il fallait que j’écrive cette histoire.
Amélia : Combien de tomes sont prévus ?
Grégoire Laroque : J’ai prévu une pentalogie, donc 5 tomes !
Amélia : Peux-tu me donner quelques éléments concernant les prochains tomes ? Est-ce que par exemple, Shivan va perdre un peu plus de sa naïveté ?
Grégoire Laroque : Shivan va en voir des vertes et des pas mûres, de même qu’Alynn et Bojun. Zilwa est non seulement une aventure avec des dangers et des défis, mais aussi une épopée personnelle pour se trouver. Dans la suite, des choix difficiles vont se poser, des personnages présents dans le premier tome vont être mis à nu, des machinations vont apparaître… Le tome 1 n’est qu’un préambule à tout ce que j’avais en tête !
Amélia : Pourquoi avoir choisi l’auto-édition ? Est-ce parce que ton roman innove dans un genre nouveau par exemple, et qu’il ne correspond pas aux maisons d’édition classiques ?
Grégoire Laroque : J’ai choisi l’auto-éditions car je ne pense pas que mon livre rentrait réellement dans des cases. J’ai tout de même envoyé beaucoup de manuscrits aux maisons d’édition mais n’ai jamais eu de réponse. Il faut savoir que les maisons d’édition ne prennent que 0.9% des manuscrits qu’elles reçoivent, et le chiffre diminue quand c’est le premier livre. Je ne connaissais pas l’auto-édition et, en ayant creusé, je trouve que c’est un moyen fantastique de garder une liberté sur son ouvrage, créer des projets dans lesquels on se retrouve… Pour les prochains tomes, je ne me pose même pas la question : ce sera auto-édité !
Amélia : As-tu des conseils à donner aux jeunes auteurs qui passent par l’auto-édition ?
Grégoire Laroque : L’auto-édition, c’est beaucoup de travail. Il faut bien s’organiser et ne pas avoir froid aux yeux pour communique suffisamment et correctement sur tous les réseaux (digitaux et physiques) qui sont à notre disposition, être inventif, aller à la rencontre de potentiels lecteurs… Si vous vous sentez à la hauteur de ce challenge, foncez car ce n’est que du bonheur.
Au sujet de la communication autour de son premier roman, je vous invite à lire l’excellent article de l’auteur intitulé :
Je remercie chaleureusement Grégoire qui a pris le temps de répondre à mes questions. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur son roman, vous pouvez retrouver ma chronique sur son premier tome : Zilwa, Les trois rites, rubrique Lecture.
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7 questions à Jean-Luc Bizien, sur L’appel du Dragon, éditions ActuSF

Suite à la sortie de son dernier roman Young adult pour la collection Naos des éditions ActuSF, j’ai eu le plaisir d’interroger (ou plutôt de cuisiner !), le grand Jean-Luc Bizien sur la réédition de ce roman qui date de 2000. L’occasion aussi de l’interroger sur la suite de cette série prometteuse…

Amélia : « Avec l’Appel du dragon, vous rééditez en 2017 et en un volume deux tomes de la série des Empereurs Mages, une série de trois romans pour adolescents que vous aviez publiée en 2000. Pourquoi maintenant ? Pensez-vous écrire une suite? ( NB : le volume réédité comprend les tomes 1 et 2 de la série, il reste un troisième tome non-réédité). »

Jean-Luc Bizien :  » J’ai repris il y a quelque temps ces romans. Je les ai feuilletés avec un certain plaisir, avant de jeter des notes sur mon clavier. L’envie d’écrire une suite à la trilogie m’est venue, comme une évidence. Ne me manquait qu’un éditeur. J’ai soumis le projet à Jérôme Vincent d’ActuSF, qui s’est montré enthousiaste. Je suis ravi de pouvoir travailler avec lui. J’aime sa rigueur, sa passion, sa vision de l’édition. Il est extrêmement créatif et réactif (à mille lieues de certains petits marquis du livre, qui hésitent pendant des mois en exécutant une danse grotesque avant de se lancer à reculons dans un projet qu’ils ne défendront pas, au final). Jérôme dit « oui » ou « non », mais il agit en conséquence. C’est lui qui a eu l’idée de réunir les deux premiers romans en un seul tome. Je lui fais totalement confiance. Le troisième titre sortira effectivement accompagné d’un quatrième, inédit celui-là. »

Amélia : « Vous êtes plus connu comme auteur de romans policiers pour adultes que d’Héroïc Fantasy pour adolescent. Comment passe-t-on d’un genre à un autre? Un challenge ? Une envie d’évoluer? Ou pensez-vous que c’est complémentaire ? »

Jean-Luc Bizien :  » C’est amusant de constater qu’aujourd’hui une majorité de lecteurs pensent que je me tourne vers l’écriture pour la jeunesse, après avoir longtemps publié pour les adultes. La vérité, c’est que j’ai COMMENCÉ par le jeu de rôle en 1988, puis la jeunesse. J’ai publié des livres-jeux dès 1995, aux éditions Gründ (près de 70 titres parus, pour un total de vente de deux millions et demie d’exemplaires). Je suis ensuite passé à la fantasy pour adolescents et enfin au thriller, grâce aux conseils avisés et au soutien de Serge Brussolo (un fabuleux auteur, doublé d’un immense bonhomme).Il se trouve qu’en France on ne retient pas les noms des écrivains, surtout en jeunesse. Les lecteurs de thrillers sont un peu plus sensibles au patronyme des auteurs, c’est sans doute pour cela que je suis aujourd’hui identifié comme un auteur de thrillers. Ils sont rares, parmi les libraires ou les éditeurs les plus jeunes, à savoir que j’ai publié de la jeunesse pendant plus de 20 ans. Reprendre la série des Empereurs-Mages n’est pas un challenge, mais une véritable envie : j’aime raconter des histoires et je veux aller au bout de celle-ci. L’Envol du dragon, le tome 3, s’achevait de manière abrupte et j’étais depuis lors  curieux de découvrir la suite. De plus, changer de public, de rythme, de style est pour moi un véritable bonheur. J’ai ainsi la chance d’exercer ce métier sans jamais tomber dans un « train-train » qui serait étouffant à la longue. »

Amélia : « Dans chaque tome de cette série, vous choisissez d’introduire un retournement de situation à un moment du récit. Est-ce une méthode d’écriture qui vous convient le mieux? Un moyen de bousculer le lecteur ? »

Jean-Luc Bizien : « C’est, je crois, l’un des incontournables du genre : la surprise, le rythme, les rebondissements successifs sont nécessaires – en tous cas, c’est ma vision de la fantasy. Je reste persuadé que ce genre se prête à tous les excès, jusqu’à offrir un jeu entre l’auteur et le lecteur. Mon travail consiste à vous garder en éveil, en alerte. Vous faire oublier l’effort de la lecture est pour moi la plus belle des récompenses – surtout chez les ados. Quand je commence un roman, je ne connais que la scène d’ouverture et la scène de fin. Je sais beaucoup de choses de mes personnages. Je n’ai plus qu’à les regarder faire et le récit découle de leurs choix et de leurs actions. Ces « retournements » participent probablement de ma musique personnelle, de mon tempo. J’éprouve le besoin de surprendre le lecteur… mais aussi de ME SURPRENDRE, ce qui se produit assez souvent. »

(ATTENTION ZONE SPOILERS)

Amélia : « Le premier tome de cette série décrit un triangle amoureux entre Kaylan, Shaarlun et Sheelba. Que se serait-il passé si Sheelba avait choisi Shaarlun ? Aviez-vous prévu une histoire différente avec Shaarlun comme époux ? »

Jean-Luc Bizien : « Je suis au regret de l’avouer : je n’en ai aucune idée. La question me fait sourire et, au vrai, m’intrigue aussi parce que je ne me la suis jamais posée. En commençant ce livre, j’avais une vision très précise de ce que les héros étaient, d’où ils venaient et de ce qu’ils avaient vécu avant d’arriver là. Ce qui se passe au fil de l’aventure me semble donc naturel – je jure n’en être pas totalement responsable ! »

Amélia : « Dans le deuxième tome, Kaylan subit des épreuves abominables au coeur des souterrains pour atteindre Shaarlun. Où trouvez vous l’inspiration pour décrire ces obstacles dignes de la torture? Est-ce que vous aimez torturer vos personnages? »

Jean-Luc Bizien : « Pas du tout. Je suis plutôt doux et calme dans la vie – au moins, jusqu’à un certain point. Même si j’écris des histoires de psychopathes, de meurtres en série, de sorciers défiant les forces du Mal et basculant dans les ténèbres… mon psy va bien, merci pour lui ! Je vais chercher ces idées dans l’espoir de faire peur au lecteur, de le faire frissonner, de créer une forme d’empathie avec les héros. Pour ce faire, rien n’est plus simple : ce qui me fait peur, si je ne triche pas, doit faire peur au lecteur. Je joue donc à me faire peur, à évoquer ce qui m’inquiète, ce qui me fait rire ou me pose question. Mon travail consiste ensuite à trouver les mots justes, pour partager au mieux les divers sentiments avec ceux qui me lisent. (Et je jure solennellement n’avoir pas de dragon dans mon grenier, ni m’adonner à l’élevage de monstres.) »

Amélia : « Toujours dans le deuxième tome, Kaylan se pose des questions sur son rôle de souverain et sur son évolution avec l’âge. Est-ce un clin d’oeil que vous  faites au lecteur (ou à vous-même) sur le fait de mûrir? »

Jean-Luc Bizien : « Bien sûr. J’ai écrit ce livre il y a presque 20 ans, j’étais alors un trentenaire qui commençait à publier, dans l’espoir de vivre de sa plume. J’avais déjà exercé plusieurs métiers, vécu des vies différentes ici ou là. Je découvrais ce territoire inconnu .C’est à la fois un clin d’œil, et une forme d’avertissement aux lecteurs adolescents : on n’a qu’un vie, qu’il convient de vivre pleinement tout en mesurant les conséquences de ces actes. Je n’ai pas pour autant peur du temps qui passe. Je crois qu’on choisit mon métier (il faudra un jour faire reconnaître « auteurs de thrillers et de fantasy » comme un véritable métier) non pas parce qu’on refuse de grandir… mais parce qu’on a décidé, une fois pour toutes, de BIEN VIEILLIR. »

Amélia: « Tournons-nous vers l’avenir de cette série. Quelques mystères subsistent autour du passé de Sheelba et de Shaarlun. Pensez-vous écrire une préquelle à ce récit un jour? »

Jean-Luc Bizien : « J’aime laisser planer quelques doutes. La fantasy est un genre dans lequel on a trop tendance à vouloir tout expliquer, tout justifier. En laissant le lecteur s’approprier mes personnages, je lui accorde ma confiance et je ne bride son imaginaire d’aucune manière. Ce livre, une fois entrouvert, ne m’appartient plus. C’est celui de chaque lecteur, qui en fera ce que bon lui semble. Je ne formule qu’un souhait : que le récit fasse passer un bon moment à tous ceux qui choisissent de s’y plonger. Quant à écrire une préquelle… l’idée est séduisante. Il me faudra juste trouver le temps, parce que j’ai de nombreux projets, tant en direction des adultes que des adolescents. Une chose est sure : je sais EXACTEMENT quels thèmes aborder pour l’occasion. Le titre de travail est déjà trouvé. Ce sera « le Sang du Dragon », mais je n’en dirai pas plus. Pour l’heure, l’important est d’achever le tome 4… et peut-être, en écrivant le mot « FIN », de laisser entrevoir la possibilité d’une nouvelle saga. Qui sait ? »

Si vous n’avez pas encore lu L’appel du Dragon, je vous invite à lire ma chronique dans la rubrique Lectures, pour vous donner une idée. 😉

Clochettes et paillettes,

A.Chatterton

Cette interview a été préalablement réalisée et publiée par mes soins sur Portdragon.fr

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Sept questions à Cendrine Nougué sur La Guilde des Merlins

Les tomes 1 et 2 de la Guilde des Merlins ayant été publiés depuis un petit moment, Cendrine Nougué a eu la gentillesse de m’accorder une interview pour évoquer la suite de sa série aux mille et une références littéraires…

Amélie : Dans les prochains tomes, va-t-on en apprendre plus sur le père d’Arthur ?

Cendrine Nougué : « Arthur va découvrir peu à peu ses origines esfaeriennes, mais aussi le mystère de sa naissance lié à cette fameuse prophétie d’enfant au double sang. En effet dans le tome II on découvre les machinations d’Arkadius qui est allé jusqu’à séduire une Fae pour concevoir Egregor, qu’il présente comme l’Héritier annoncé, mi Fae mi Wampyr.

Qu’en est-il alors d’Arthur ? Est-il un héritier légitime ? qui est vraiment son père ?  Dans le tome III cette question sera centrale et amènera notre héro à reconsidérer tout son univers et ce qu’il prenait pour acquis. Il devra revisiter sa propre histoire mais aura bien des aventures à vivre avant cela !  «

Amélie: Est-ce qu’au niveau de l’écriture, mêler mythologie et contes n’a pas été trop difficile ?

CN: « En réalité le mélange se fait tellement facilement qu’il m’arrive de douter de la réalité des choses lorsque je me relis, je me demande parfois ce qui appartient à la légende et ce que j’y ai ajouté, et je dois même vérifier en cas de gros doute ! Je me prends à mon propre jeu.

La guilde des Merlins est basée sur cette hypothèse que toute la littérature part d’un même point, un socle commun. Il est donc très facile ensuite de voir les points de convergence entre certains personnages, comme Morgane et Viviane qui pourraient ne faire qu’une… ou Peter Pan et les légendes de l’homme vert celtique…

Le plus difficile est de m’arrêter à temps, ne pas franchir une limite qui rendrait l’édifice trop lourd et nuirait à la crédibilité des légendes. Toucher aux mythes, oui, mais surtout, les respecter : les personnages de contes et légendes m’invitent chez eux, je fais très attention à ne pas les trahir. »

Amélie : Envisager une confrérie d’auteurs ayant marqué l’histoire de la littérature et donner aux fées comme origine les muses, il fallait oser. Qu’est ce qui t’as inspiré pour cela ?

CN : « Les fées et les muses ont beaucoup en commun. Ce sont des femmes mystérieuses, libres et fortes, qui ont le pouvoir d’agir sur les hommes et leur imaginaire, les inspirant ou les punissant par des sorts. Elles ont des attributs très spécifiques, ou des pouvoirs très spéciaux, sont liées à la nature, surtout pour les nymphes… le lien se fait tout seul non ? »

Amélie : Est-ce que tu visites tous les lieux que tu évoques dans tes livres pour mieux t’en imprégner au niveau de l’écriture ?

CN : « Si j’en ai la possibilité c’est en effet plus facile pour décrire les ambiances, même si je « brode » ensuite et arrange parfois la topographie pour coller à la réalité de mon univers. Je procède d’abord à des repérages sur google earth puis l’imagination s’envole. Et parfois j’ai de belles surprises, comme à l’hôpital Grace de Monaco de Londres. Je ne savais pas comment faire entrer Arthur car j’ai moi-même été refoulée à l’accueil de cet établissement très select (vécu !) et j’ai vu un interne qui fumait à l’arrière et laissait la porte ouverte…

Je garde un souvenir ému de la maison de James Barry et du pub attenant le Hereford Arms où il allait vraiment. C’est vrai que c’est une chance de pouvoir visiter ces lieux et de transmettre leur ambiance, je n’ai pas le droit à l’erreur dès que cela touche des monuments littéraires tels que James Barry ou Merlin !

Je vais très souvent en Esfaeria me ressourcer aussi, découvrir de nouveaux paysages et de nouveaux habitants. Je m’installe un moment chez eux pour m’inspirer de leur vie, tout comme le faisaient les Merlins d’antan afin d’en ramener de belles histoires. Le tome III va marquer un tournant puisque cette magnifique contrée sera enfin à l’honneur… »

Amélie : Combien de tomes sont prévus dans la série des merlins ?

CN : « J’espère en faire 5 ou 6, selon le développement de l’histoire. »

Amélie: Est-ce que tu peux nous dévoiler quelques mystères concernant le tome III ?

CN : « Je peux dire que ce tome sera particulier car Arthur va évoluer et entrer véritablement dans l’âge des conflits intérieurs propres à l’adolescence. Son personnage va s’étoffer, grandir, mûrir et se rebeller, il devra se battre pour sa survie et cela se sentira dans le ton de la série qui va évoluer avec lui.

Il va rencontrer de nouveaux personnages, notamment un pirate contrebandier et génie fou, mélange d’Albator et de Prométhée, avec un soupçon de capitaine Hook, qui sera d’une importance capitale pour la suite, ainsi que de nouveaux personnages qui vont l’accompagner jusqu’à la fin. Parmi eux des héros de contes bien sûr, toujours sur le même principe des mélanges, comme Aelyss la reine du palais des miroirs d’Envers, Ozma… mais je t’en dis trop !

Les tomes I et II ont semé des indices comme autant de petits cailloux sur le chemin, le lecteur attentif les retrouvera et comprendra alors leur importance : pourquoi Archibald donne-t-il le livre de Peter Pan à Arthur ? ou sa canne ? Quels démons hantent Yasmine ? sans compter tous les petits secrets d’Archibald… »

Amélie: Est-ce que tu envisages d’écrire une série pour adultes une fois les merlins terminés ?

CN : « J’écris une série pour grands ados en ce moment, totalement steampunk, avec un univers uchronique moitié victorien et moitié actuel. J’espère qu’elle sortira en 2018. Dans les cartons il y a aussi des romans plus réalistes et plus adultes, avec une touche fantastique, dans un genre très différent. Et puis une collaboration avec Anthelme Hauchecorne autour de la suite de son roman « Le journal d’un marchand de rêve » qui est en cours.

Ce ne sont pas les projets qui manquent mais le temps… je vais demander exil en Esfaeria, le temps n’y existe pas ! »

Je tiens à remercier l’auteur, Cendrine Nougué d’avoir eu l’amabilité de répondre à ses questions. Je ne manquerai par de chroniquer le troisième tome dès sa parution. Restez à l’affût ! Et si vous n’avez toujours pas lu cette série, venez vous faire votre idée en lisant ma chronique dans la rubrique Lectures.

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Cinq questions à Fabien Cerutti

Suite à la sortie du tome 3 de la série du Bâtard de Kosigan dont il est l’auteur, j’ai eu la chance de pouvoir poser quelques questions à Fabien Cerutti à propos de son fameux bâtard bourguignon.

Amélie : D’où vous est venue l’idée de cette uchronie ? L’envie de jouer avec l’Histoire peut-être ? On sent l’Historien qui maîtrise son sujet derrière vos récits.

FC : « Oui, jongler avec l’histoire est extrêmement agréable. C’est venu naturellement en rapprochant deux de mes passions : la littérature imaginaire et mes études d’histoire. J’apprécie particulièrement d’unir le vrai et le faux, et d’imaginer des intrigues dans lesquelles certaines personnes, à divers moments au cours des siècles, ont eu la tentation de faire de même. Réellement. «

Amélie : Le Bâtard est un homme à femmes et plutôt volage. Va-t-il trouver chaussure à son pied dans les tomes suivants ?

FC : « Peut-être à Cologne, il faudra lire le tome 4 pour le découvrir. Ou peut-être plus tard, lorsque le Bâtard rentrera dans sa Bourgogne natale. Il est de toute manière très délicat de mêler romance et aventure dans un des romans du Bâtard, car l’action et le côté thriller exigent un rythme différent de celui des jeux du cœur. Ou alors, on reste dans des construction à la James Bond, avec des romances artificielles et purement physiques. C’est délicat à gérer, mais j’ai essayé de m’y frotter un peu dans le tome 4. »

Amélie :  Qu’un coup, Dunevia, Edric… les personnages secondaires faisant partie de la compagnie du Bâtard ont quand même une histoire personnelle assez développée. Pensez-vous que les personnages secondaires sont aussi importants que les principaux dans une intrigue ?

FC : »Cela dépend de l’intrigue. J’essaie d’équilibrer les choses car changer de point de vue permet de varier les écritures, ménager les tensions et aérer l’ensemble du roman. Mais j’aime aussi me focaliser sur le ou les personnages principaux parce qu’en tant que lecteur, il m’arrive d’être frustré de rester trop longtemps sans lire la suite de leurs péripéties. »

Amélie : Après les chroniques de Kosigan, avez-vous un autre projet en tête ? Peut-être l’adaptation de vos romans sur écran (petits ou grands)?

FC : « J’aimerais beaucoup voir le Bâtard de Kosigan adapté au cinéma ou mieux en série. Les histoires que je construis s’y prêtent tout particulièrement et il y a là un potentiel gigantesque. Mais, je ne connais personne dans ce milieu par conséquent il est peu probable que cela aboutisse. Pour le moment en tout cas … Quant à mes autres projets, ils sont nombreux : un recueil de nouvelles dans l’univers de Kosigan, un second cycle du Bâtard, une éventuelle adaptation en bande dessinée, une traduction en anglais, et pourquoi pas une de mes envies annexes, de la poésie d’aventure pour enfants. Il y a de quoi faire. »

Amélie : Comment conciliez-vous votre travail d’écrivain et celui d’enseignant ?

FC : « C’est compliqué car l’écriture est une activité extrêmement prenante et le métier d’enseignant, quoi qu’on en dise, présente de nombreux impératifs et engendre beaucoup de pression. Le moins que l’on puisse dire c’est que les deux mis bout à bout dévorent la quasi-totalité du temps dont je dispose et une bonne partie de celui dont je ne dispose pas. »

Article auparavant publié par mes soins sur le site Portdragon.fr

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Cinq questions à Jean-Laurent Del Socorro sur Boudicca (Imaginales d’Epinal, en mai 2017)

A l’occasion du festival des Imaginales, j’ai eu le plaisir de rencontrer Jean-Laurent Del Socorro pour évoquer avec lui son roman Boudicca, paru aux éditions ActuSF.

Amélie :  On remarque dans Boudicca que vous vous exprimez à la première personne, contrairement à un Royaume de Vent et de Colères qui était un roman choral avec plusieurs personnages exprimant leur point de vue sur la même situation. Pourquoi changer de style? Un challenge d’écrivain?

JLDS : Dans mon premier roman, j’ai effectivement utilisé le montage singulier du roman choral car c’est une formule que j’affectionne et qui me correspond. Dans Boudicca, j’ai souhaité innover pour progresser, pour le challenge, mais aussi, parce que je voulais garder une ligne narrative cohérente. Le roman traite de Boudicca, par Boudicca elle-même. Il est donc normal qu’elle s’exprime à la première personne et que l’on suive son évolution à travers son propre regard.

Amélie : Vous indiquez une bibliographie de références historiques liées à Boudicca en fin de livre, avez-vous effectué beaucoup de recherches sur Boudicca avant l’écriture du livre? Comme par exemple, le quotidien des Icènes ou des détails concernant maniement des armes?

JLDS : Je ne suis pas historien de formation, plutôt un scientifique. Néanmoins, il m’a semblé important garder une cohérence historique et aussi d’éviter les préjugés sur l’Histoire. On ne peut pas s’appuyer sur les séries TV car certaines d’entre elles ne sont pas toujours fiables historiquement parlant ( pour des raisons scénaristiques souvent). J’ai fait appel à un archéologue pour relire mon histoire mais aussi à d’autres personnes pour garder cette cohérence -même si moi aussi, je m’autorise des écarts ponctuels avec la réalité.

J’écris mes romans seul, puis je me fais relire par un groupe de relecteurs choisis et ce, pour plusieurs raisons.  Tout d’abord, j’aime le travail d’équipe, cela me permet de rompre avec la solitude de l’écrivain. Ensuite, je suis dyslexique. Par conséquent, mes correcteurs corrigent mes imprécisions orthographiques. Enfin, pour ce qui concerne Boudicca, il était difficile d’écrire et de parler à la place d’un personnage féminin étant un homme. Mes relectrices m’ont permis d’apporter les modifications nécessaires pour garder un ton juste.

Amélie : Vous présentez Boudicca comme un roman historique où la fantasy est très légèrement présente. Est-ce plus facile pour vous d’écrire du roman historique que de la fantasy? A quand un roman de pure fantasy?

JLDS : J’ai besoin de matière historique forte pour écrire mes romans. Je préfère utiliser une référence historique qui a un écho dans notre époque contemporaine à travers la thématique qu’elle véhicule. Avec Boudicca, j’évoque la place de la femme dans la société mais aussi comment naît une insurrection. En ce sens, un roman de Fantasy pure me donnerait trop de travail. Il est plus facile pour moi d’introduire des éléments de fantasy dans mes romans. Je me définis plutôt cependant comme un auteur de genre (de roman historique).

Amélie : Votre style, conçis et percutant, oscille entre le roman et la nouvelle. On sent que chaque mot écrit est pesé en vous lisant. Pensez-vous réussir un jour une saga en plusieurs tomes comme d’autres auteurs fantasy?

JLDS :  Mon style me vient de ma formation de scientifique, d’où une certaine épure dans mon écriture. Je me vois plutôt comme un expert technique. Quand j’écris, je ne raisonne pas en termes de saga, je me demande plutôt quel sera le bon format adapté à mon sujet.  Si je devais écrire une trilogie par exemple, je devrais écrire les trois tomes en une fois puis les retravailler par la suite pour garder mon style épuré.

Amélie : A la fin de Boudicca, on découvre un extrait d’un autre livre qui évoque la récolte du Tea Party aux Etats-Unis. Est-ce le début d’une nouvelle aventure littéraire ou souhaitiez-vous simplement établir un lien avec l’histoire de Boudicca?

JLDS : J’ai l’impression d’avoir raté ce que je voulais faire avec cette nouvelle. Pour résumer, elle a deux buts. Tout d’abord, elle fait écho à Boudicca à travers la thématique de la révolte : des années après, dans un autre pays, les cendres de la révolte de Boudicca ne sont pas encore éteintes qu’une autre insurrection prend forme… Ensuite, j’ai souhaité terminer mon roman avec une note positive en montrant qu’une révolte initiée par de petites gens peu aboutir.

Je remercie Jean-Laurent Del Soccoro d’avoir eu la gentillesse de se prêter à mes questions.

Si vous souhaitez en savoir plus sur ses romans Boudicca, Un Royaume de Vent et de colères, et Je suis fille de rage, je vous invite à lire mon avis sur les deux livres dans la rubrique Lecture.

Article auparavant publié par mes soins sur le site Portdragon.fr