Publié dans Questions existentielles

Comment allier sa passion pour la littérature sans assassiner son compte en banque : mes astuces radines

Cette année, j’ai décidé de limiter mes achats de livres pour plusieurs raisons. Par conséquent, il m’a fallu déployer des trésors d’imagination pour continuer à assouvir ma passion tout en évitant une confrontation avec mon banquier. En voici le résultat…

1. Lire les livres qu’on a déjà

Quand j’ai déménagé sur Lyon en Juin, j’ai constaté que sur mes 10 cartons de livres, je n’en avais pas lu au moins 3. Ce qui représente environ 45 livres ! J’ai donc commencé par lire ces derniers avant d’en accueillir de nouveaux. Et ce n’est pas désagréable car après tout, si je les ai acheté un jour, c’est qu’ils me plaisaient, non ?

2. Emprunter à des amis, collègues de bureau, voisins, famille…

Le problème quand on aime lire et partager ses lectures, c’est qu’il arrive que l’on rencontre des gens qui aiment partager les leurs. J’ai ainsi pu emprunter et échanger des livres avec mes nouveaux collègues et à mes nouveaux amis à partir de septembre. Donc ma PAL à la maison à commencé à faire la tronche, mais je gardais mon objectif en tête : pas d’achat !

3. Devenir Jurée pour un prix littéraire… et bénéficier de livres gratuits

A la base, je me suis inscrite au Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktuber App par curiosité car j’adore la littérature de l’imaginaire et l’idée de participer à l’élaboration d’un prix littéraire me semblait intéressante. Le premier avantage, est qu’en matière de livres sélectionnés, j’en avais certains dans ma PAL, ce qui m’a poussé à les lire. Le second avantage est que j’ai eu accès à de nouveaux livres en format numérique…ce qui a agrandi ma PAL à nouveau ! En revanche, l’inconvénient principal est que je ne possède pas l’ensemble des livres sélectionnés pour le prix. Par conséquent, pour m’éviter des achats, j’ai dû trouver d’autres astuces.

4. Profiter d’ebook gratuits

Avec le PLIB, j’ai découvert les ebooks et je me suis penchée sur les plateformes de distribution de livres gratuits. Ainsi, j’ai lu les 8 premiers tomes du manga The Promised Neverland sur une application pour smartphone sous android gratuite appelée Manga Master. Cependant, même si le manga était topissime, j’ai moins apprécié de scroller en continu sur mon écran pour lire les bulles de texte. Sur papier, c’est plus facile je trouve.

Il existe de multitudes de plateformes d’ebooks gratuits sur ordinateur, tablette ou smartphone. Personnellement, comme je débute dans ce format, je ne connais que le site de la Bibliothèque Nationale de France qui recense et mets en accès des livres tombés dans le domaine public, autrement dit de la littérature classique. Mais vous pouvez en trouver un sacré paquet juste en tapant dans google « Ebook gratuit ». Par ailleurs, certains éditeurs comme Bragelonne proposent des opérations flash d’ebook pas chers. Il faut juste se tenir au courant sur leurs pages facebook.

5. Emprunter à la bibliothèque

Comme je n’avais pas en stock l’ensemble des livres pour le PLIB, et que je ne comptais pas les acheter, j’ai décidé de me réinscrire à la bibliothèque. Cela m’a permis d’emprunter aussi d’autres livres qui m’intéressaient, mais que je ne comptais pas garder. L’abonnement m’a coûté 18 euros pour l’année et je peux emprunter dans les 16 médiathèques de Lyon. Le top ! Il y a des bibliothèques dans pratiquement toutes les villes, mais si vous ne disposez que d’une toute petite bibliothèque là où vous habitez,  et que vous n’y trouvez pas votre bonheur, n’hésitez pas à faire des suggestions d’achat (ou à réserver des documents si elle est approvisionnée par la Bibliothèque Départementale de votre secteur.) 😉

7. Se faire offrir des livres

La période de Noël approchant, en bonne radine, j’ai demandé des livres en cadeaux (liste à l’appui, hein !), ce qui m’a permis de compléter ceux du PLIB qui n’étaient pas en bibliothèque ou même d’assouvir une envie irrésistible concernant certaines nouveautés. J’en ai donc récupéré deux de plus. Ma PAL a continué de me regarder d’un air de reproche, mais mon stock est resté assuré pour l’année.

8. Profiter des boîtes à livres / du Bookcrossing

En me promenant dans le premier arrondissement de Lyon, j’ai vu place Satonnay qu’une boîte à livres était installée. Elle est souvent vide, aussi, il m’est arrivé d’y mettre deux ou trois romans dont je ne voulais plus pour la remplir. Une autre est installée à la station Bellecour en direction du métro D, que je prend tous les jours pour aller travailler. J’y ai déniché un roman que j’avais envie de lire : La fille du train de Paula Hawkins et un recueil de contes japonais. La boîte est souvent pleine et je pense qu’elle est gérée par les médiathèques de Lyon. Le fait est, pour avoir moi-même installé ce genre de dispositif quand j’étais bibliothécaire, qu’il s’agit d’un bon moyen pour faire bénéficier gratuitement de livres les gens qui n’en ont pas les moyens, et de faciliter les échanges. Peut-être qu’il y en a une dans votre ville ? Si ce n’est pas le cas, parlez-en avec la bibliothécaire du secteur ou montez la vôtre ! Le mieux étant de l’installer dans un endroit sec, à l’abri du vent et de la pluie, et dans un lieu de passage.

9. Récupérer des livres avec l’application Geev

Geev est une application pour smarphone et un site internet qui permet de donner, entre particuliers, des objets ou des meubles, voire…des livres. Le principe est simple : vous donnez un objet à quelqu’un, vous récupérez des bananes virtuelles. Ces bananes vous permettent d’échanger avec quelqu’un concernant un objet que vous souhaitez acquérir. Je n’ai pas encore eu personnellement à utiliser Geev pour récupérer des livres, mais je l’ai fait pour me débarrasser de vaisselle et de petits meubles. L’inconvénient concernant les livres proposés, est qu’ils sont souvent vieux ou dans un sac sans que l’on puisse voir les titres.

Négocier que l’on est la personne la plus appropriée pour l’échange (plus flexible, plus sympa…), fait aussi partie du jeu. Et si on récupère un sac, un tri s’impose. Mais je souhaitais quand même en parler car c’est un bon moyen de récupérer des livres gratuits, ou d’en donner.

10. Bénéficier de services presse.

Alors oui, j’avais bien dit que je ne demanderai plus de service presse (cf mon article sur le sujet), mais il se trouve qu’un nouveau roman steampunk vient de sortir et que de toute façon, j’allais acheter ce livre. Disons que j’ai pris de l’avance…

Dans tous les cas, quand vous êtes bloggueur littéraire et que vous souhaitez parler d’un livre qui vient ou va sortir en librairie, le plus facile pour ne pas avoir à l’acheter est de demander un service presse à l’éditeur qui vous fournit gratuitement ledit livre soit en version papier mais de plus en plus en version numérique. La seule contrainte reste de parler du livre une fois lu. Sans revenir à ce que j’ai déjà évoqué sur le sujet, cela peut s’avérer une contrainte. Donc, astuce à manier avec précautions.

Bien évidemment, si vous êtes lecteur lambda, il ne vous sera pas possible de demander un service presse. Sinon les éditeurs ne vendraient jamais rien. Restons logiques.

11. Faire une liste des livres que l’on souhaite acheter dans une PAL virtuelle

Pour éviter de craquer pendant l’année, j’ai réalisé une liste de ma future PAL à acheter, une fois écoulée celle que j’ai en stock. Pour cela, j’ai utilisé google drive, en configurant mon smartphone pour y accéder autant de fois dont j’ai besoin en journée ou pendant ma veille littéraire matinale sur les réseaux sociaux. Cela marche aussi avec votre liste d’envies Amazon, de Babelio ou de tout site proposant un catalogue de références à mettre en favoris.

Chaque mois, je regarde la liste à nouveau depuis mon ordinateur et parfois j’élimine des titres car ils ne m’intéressent plus. Cela me permet d’affiner mes achats plus tard et de mieux choisir mes lectures.

12. Se limiter à un salon littéraire par an ET se donner un budget

Armée de ma fameuse liste d’envies évoquée plus haut, ma PAL de l’année entièrement lue (nous sommes dans un monde idéal, si, si !), je me rends tous les ans au Festival des Imaginales dans les Vosges, pour lequel je me fixe un budget d’achat annuel. Comme je me suis retenue toute l’année, la frénésie est à son comble. C’est à la fois un moment d’échange avec les auteurs, de découverte de nouveaux, de conférences sur des sujets passionnants et de retrouvailles avec des amis lecteurs. Je dépasse toujours mon budget et je rapporte toujours 15 à 20 livres minimum, mais je n’en fais qu’un par an et cela me suffit. J’ai assez d’opportunités comme ça dans l’année pour me procurer des livres, il ne faut pas exagérer. Par ailleurs, Les Imaginales est l’un des rares festival littéraires encore gratuit, et rassemble 150 auteurs tous les ans. Je dis ça, je dis rien… 😉

13.  Acheter d’occasion

Entre Emmaüs, les bouquinistes (Gibert et autres), et les marchés de bouquinistes IRL, j’ai du choix pour dénicher les livres de ma fameuse liste. Mais bon, cela prend parfois du temps et de l’énergie d’aller sur place. Alors, quand j’ai la flemme, je regarde sur internet les sites qui proposent des livres d’occasion. J’ai recensé jusqu’ici Amazon, Fnac, Decitre, Momox, Gibert, Recyclivre, Kiwibook, abebooks, Leboncoin. Même Vinted dispose d’une section Livres pour revendre ses livres ! De quoi trouver la pépite pour compléter votre collection ou une sortie plus ou moins récente du dernier roman qui vous fait envie.

14. Attendre la sortie d’un livre grand format en poche ou en ebook

Vous avez vu un livre qui vous intéresse, mais il coûte 20 à 25 euros ? Attendez qu’il soit publié en format poche et vous gagnerez entre 10 et 15 euros sur l’achat. Pour rester à l’affût, Amazon est votre meilleure arme car le site fait apparaître pour une même notice de livre, ses différents formats…et donc prix !

Cependant, deux inconvénients sont à prendre en compte : cela ne fonctionne pas si le livre n’a pas de succès. Il ne sera pas édité en poche. Et surtout, il faut aimer le livre poche, qui s’il est léger, est parfois très fragile et publié avec une police de caractère assez petite.

15. Etre en couple avec un lecteur ou une lectrice

Comme je l’évoquais en préambule, j’ai déménagé sur Lyon… pour rejoindre mon conjoint qui est lui aussi lecteur. Je préfère la fantasy, l’uchronie historique, le steampunk et les thrillers. Lui est plutôt romans historiques, Science-Fiction et…fantasy ! Du coup, je vais piocher de temps en temps dans sa bibliothèque, ce qui m’évite de mettre la main au porte-monnaie, et j’ouvre mon horizon littéraire. Bien sûr, si vous êtes célibataire, cette astuce n’est pas utile. Mais vous pouvez revenir au point 2 (emprunter à des amis, collègues…) 😉

Voilà pour mes astuces radines en matière d’achats de livres. J’espère que vous en aurez bien profité. N’hésitez pas à me laisser vos propres astuces en commentaires pour alimenter cet article. Et n’oubliez pas : votre PAL vous regardera toujours avec d’un air accusateur si vous ramenez un nouveau roman à la maison ! 😀

Paillettes et chocolats,

A.Chatterton

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Pourquoi je me sens frustrée après avoir regardé un épisode de la Maison France 5 ?

Auparavant, chaque dimanche, je m’installais devant l’émission de décoration La Maison France 5 pour regarder de beaux intérieurs de région de France où je n’habiterai jamais, mais dans l’espoir de me donner des idées déco pour ma propre maison. Après chaque épisode, un goût amer, une étrange frustration m’envahissait. J’ai creusé un peu et j’en suis venue à plusieurs conclusions…

Comment se compose l’émission ?

Nous visitons à chaque fois une région avec un à deux propriétaires de supers maisons.

L’émission est entrecoupée par trois séquences différentes : la rencontre avec un artisan-créateur, un coup de projecteur sur un objet déco ou du mobilier tendance, et un avant-après de rénovation réalisé par un des architectes d’intérieur de la Maison France 5.

Dans les dernières émissions, il arrive que le propriétaire dont nous visitons la maison principale, propose ses coups de cœur de boutiques locales, pour nous montrer ce qui existe dans sa ville et alentours.

Qui sont ces gens qui ouvrent leurs portes à la télévision ?

Un sketch hilarant de Marina Rollman sur les magazines déco résume très bien les propriétaires que l’on découvre dans La Maison France 5. En voici un petit florilège :

La maison « tellement nous » : les propriétaires mettent l’accent sur la personnalité atypique de la maison qui leur ressemble en tous points : un côté bohème, romantique, brocante, etc… L’espace de vie est mis en valeur ainsi que les objets de déco.

La maison « on n’aurait pas pu faire autrement » : Pour eux c’était une évidence, vivre dans (au choix) : un cabane dans un arbre / une villa avec piscine dans le sud de la France / une vieille ferme rénovée en Normandie… c’était ça ou rien.

La maison « dont on s’émerveille qu’elle existe » : Avant, il n’y avait rien sur ce terrain, puis on a fait appel à un architecte et 2 millions plus tard, on avait une hacienda avec vitres teintées vue sur le pacifique sud. J’exagère, mais tu vois bien le genre…

En dehors de ces stéréotypes de propriétaires, j’ai toujours l’impression de regarder la classe élevée de la population étaler ses richesses (ou faire appel à son architecte d’intérieur instigateur de la rénovation pour montrer combien c’est beau, parce que le montrer soi-même, c’est un peu vulgaire). A croire que pour l’émission, il faut épater le téléspectateur et pour le propriétaire, montrer combien sa baraque est géniale.

Et surtout, surtout… suivre des parisiens (ou parfois des lyonnais), qui en avaient marre de la grande ville, et qui, en revendant leur petit T2 à 500 000 euros à Paris, se sont payés une méga-baraque en province (= comprendre le reste de la France) ! Et changer de métier, pour un truc d’artisan-passionné, ou de décoratrice d’intérieur à destination d’autres parisiens qui viennent s’installer dans la région, parce qu’au vu des tarifs proposés, le gars du coin pourra pas se le payer à moins de donner un rein.

Quel est mon ressenti vis à vis de l’émission ?

Tout d’abord, je passe une heure d’émerveillement entre les lieux, le type de décoration ou les idées d’aménagements proposés et je vais même jusqu’à noter le nom des boutiques évoquées pour aller y faire un tour (dans le cas hypothétique où je serais de passage dans la ville du jour).

Je découvre aussi des métiers d’artisans qui sont parfois rares et je trouve cela super intéressant.

Puis, je me rends compte que je n’ai pas les moyens. Mais que j’aime les belles choses. Et là, la frustration prend le dessus. Car à moins d’épouser un bon parti (en laissant s’exprimer mon côté femme vénale) ou de gagner au loto (encore faut-il jouer !), ce n’est pas avec ma paye de fonctionnaire que je pourrais accéder à ce qu’on me propose dans ce programme de déco.

Je peux déjà même pas acheter un bien, alors redécorer ma location…

Là, où les propriétaires vont faire appel à des architectes d’intérieur pour concevoir leurs cuisines, moi j’irai voir le vendeur Ikea. Quand ils voudront changer leurs meubles chez un styliste ou acheter vintage (grâce à des bonnes adresses bien onéreuses), moi j’irai au mieux à Maison du Monde (qui je trouve, a un mauvais rapport qualité-prix), au pire chez Emmaüs dénicher un truc vintage, si j’ai de la chance.

Et puis, je ne suis pas parisienne, alors troquer ma vie de province pour une autre vie de province sans les moyens qui vont avec (parce qu’on parle de cadres sup qui ont changé de vie, pas de smicards), ce n’est pas possible.

Pourquoi je continue à regarder l’émission ?

A défaut de pouvoir me payer les choses que l’on me montre, je prends des idées et je les adapte en plus cheap. Il m’arrive de réaliser des tableaux pinterest basés sur des idées de l’émission. Et cela me fait rêver pendant un temps.

Néanmoins, je rêve d’un autre concept de Maison France 5, un peu moins élitiste, proposant des choses insolites et abordables. La simplicité et le minimalisme sont au goût du jour. Pourquoi continuer encore à nous montrer des maisons de riches ? Pourquoi ne pas nous faire rêver avec des maisons confortables adaptées aux budgets de 90% de la population ? Moins vendeur ? Moins accrocheur ? Je m’interroge…

Stéphane Thebaut, si tu m’écoutes, cet article est pour toi. Peut-être qu’il t’inspirera, peut-être pas. Mais après 16 ans d’existence, il serait temps de se renouveler un peu, non ?

Si vous aussi, vous regardez la Maison France 5, indiquez-moi en commentaires ce que vous en pensez, et si comme moi, vous rêvez d’un autre concept d’émission. 😉

Osier et fleurs séchées,

A.Chatterton

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Service presse or not service presse : pourquoi j’ai arrêté d’en demander.

Quand j’étais chroniqueuse pour French-Steampunk.fr ou Portdragon.fr, il m’est arrivé de recevoir ce qu’on appelle des Services Presse, autrement dit, des livres gratuits envoyés par des maisons d’édition soucieuses d’assurer leur promotion auprès des lecteurs. Depuis que j’ai commencé Les tribulations de Miss Chatterton, j’ai arrêté d’en demander. En voici les raisons…

Un service presse peut être une contrainte

Entre le moment où vous recevez le livre et le moment où vous publiez votre avis dessus, il faut maximum un mois.

Pourquoi un mois ? Parce que chaque jour, d’autres livres sortent en librairie, faisant oublier ceux de la veille. Le seul moyen pour un éditeur de mettre en avant sa publication est d’avoir pas mal de critiques dessus sitôt le livre en rayon. Sinon, pour lui, cela n’en vaut pas la peine.

Or, même s’il m’arrive de dévorer du livre pendant la semaine et pire, pendant mes vacances, je suis plutôt lente à l’écriture. J’aime réfléchir à ma lecture, livrer l’essence du livre, ma compréhension de l’histoire, mon interprétation, créer des liens avec d’autres lectures… et cela prend du temps.

Un mois, c’est tenable, mais peut-être que je n’aurai pas envie de lire le service presse au moment où je le reçois, parce qu’un autre roman m’attire.

La lecture et l’écriture pour ce blog restent un plaisir, et m’imposer des « devoirs » ne m’intéresse pas.

Alors, certes cela ne fait pas de moi une blogueuse tendance qui propose des livres récents toutes les semaines, mais cela m’est égal. Mon but est de vous faire part de mes découvertes, pas de suivre les dernières parutions littéraires.

Une forme de travail déguisée 

J’esquisse ici une théorie selon laquelle les blogueurs assument le rôle de commerciaux littéraires… rémunérés en livres par les éditeurs. (oui, je cherche à le faire taper sur les doigts).

Il est difficile pour certaines maisons d’édition de réaliser de la publicité autour de leurs dernières sorties, ou de posséder un budget suffisant pour le faire. Les blogueurs littéraires et autres booktubeurs apparaissent souvent comme un bon moyen pour réaliser cette publicité sans que cela leur coûte beaucoup.

Un livre gratuit, ce n’est parfois pas cher payé en échange de visibilité.

J’ai souvenir d’un concours des éditions Bragelonne une année, pour devenir « ambassadeur Bragelonne ». En gros, le gagnant avait accès pendant an a des livres gratuits, des rencontres avec des auteurs de la maison d’édition en vue d’interviews, et surtout la possibilité de voir ses avis de lecture mis en avant. J’appelle cela un stage non rémunéré déguisé.

Alors, certes dans le service presse, l’avis du blogueur lui apporte autant que à l’éditeur au niveau visibilité : en plus de gagner un livre gratuit, il accède à un livre récent, et parfois il est le premier à en parler. Et toutes les maisons d’édition ne sont pas des monstres, elles sont là pour vendre, c’est tout.

Je soulève juste l’idée qu’il s’agit d’une forme de travail, même si cela relève du hobby, que d’écrire des avis sur des livres, surtout s’ils sont lus et influent sur l’achat d’un ouvrage. Rappelons que le métier de critique littéraire existe encore.

J’ai les moyens de me payer des livres

J’ai parlé à plusieurs reprises du coût des livres et de ma radinerie.  Mais je tiens à préciser que j’ai les moyens, en tant qu’adulte disposant d’un salaire, d’acheter mes livres.

Et de choisir ceux dont je vais parler, en sortant du panel des services presse auquel je pourrais avoir accès.

Par ailleurs, quand j’étais bibliothécaire, j’avais le gros avantage d’avoir à ma disposition plus de livres qu’un lecteur lambda. Donc, pourquoi se cantonner seulement aux services presse?

J’ai envie de rémunérer les auteurs

La culpabilité de posséder un livre qui n’a pas été payé me donne presque envie de le rendre à l’auteur quand je vais à un salon. (si, si, j’y pense encore quand je vais aux Imaginales).

Déjà qu’ils ne gagnent qu’entre 6% et 14% du prix TTC d’un livre, si en plus ils donnent leur oeuvre gratuitement en échange de pub, je trouve ça exagéré.

En général, je donne mon service presse à la bibliothèque. La bibliothèque est censée reverser une sorte de taxe en lien avec ses droits de prêts, à une caisse des auteurs, pour les livres qu’elle achète tous les ans. Les données sont croisées avec celles des libraires à qui elle commande ses livres. L’Etat reverse aussi un montant lié aux inscrits en bibliothèque toujours en lien avec cette caisses des auteurs. (Je mets l’explicatif barbant ici, si cela vous intéresse).

Alors, techniquement mon service presse n’est pas acheté par la bibliothèque, mais j’ai bon espoir, quand c’est une série, que la suite soit demandée par un lecteur, et qu’elle soit achetée. Et puis, les collègues ne crachent pas sur des livres récents et neufs en littérature de l’imaginaire. Cette dernière est très peu développée en bibliothèque parfois par manque de professionnels connaisseurs ou tout simplement motivés, ou ce n’est pas une priorité budgétaire. Alors, si je peux aider à rafraîchir une collection de SF ou Fantasy vieillissante et faire venir des lecteurs, pour moi c’est bingo !

Le danger du côté gratuit

Quand tous les mois, on vous envoie un email pour vous indiquer les livres à paraître, vous êtes forcément tenté, comme dans toute bonne société de consommation, de prendre ce qu’on vous propose.

Quitte à avoir les yeux plus gros que le ventre et ne pas pouvoir tenir vos délais de publication et de lecture.

Cela m’est arrivé une seule fois, avec L’échiquier de Jade d’Alex Evans. J’en ai honte, mais cela fait au moins un an que je l’ai reçu pour le site Portdragon.fr, et je l’ai chroniqué seulement il y a deux semaines. Pire ! Trois mois en amont, j’avais donné mon avis sur le livre suivant de cet auteur, paru en 2019 (la méga honte !). Bref, je me suis dit que ce n’était pas correct du tout envers l’éditeur d’avoir reçu le livre gratuitement, donc, malgré le retard, j’ai fait le boulot.

Les éditeurs qui finalement ne publient pas ta critique

Cest rare, mais il arrive que je rédige un avis sur un livre qui n’est pas republié ensuite par l’éditeur à l’origine du service presse. Jusqu’à présent, j’ai mis cela sur le compte de mon faible niveau d’écriture et cela m’a poussé à progresser.

Après, tout éditeur a le droit de publier ou non ce que je propose.

Je ne lui en tient pas rigueur vu qu’il m’envoie un livre gratuit (faut pas exagérer ! ), mais cela peut faire mal au coeur pour un blogueur espérant une retombée positive sur ses statistiques de fréquentation de blog.

La pression sous-jacente pour réaliser une critique positive

Je n’aime pas critiquer négativement un auteur juste pour le plaisir de d’indiquer que son livre est nul. D’une part c’est mon avis personnel…et subjectif.

D’autre part, j’estime qu’il y a toujours quelque chose de positif à dire sur un livre, même s’il ne m’a pas plu.

Par ailleurs, s’il est publié, c’est qu’un éditeur a dû déceler son potentiel.

 Donc, j’ai pour principe, si je ne trouve pas un livre très bon, soit de ne PAS en parler, soit de relever quand même les quelques qualités que j’ai pu lui trouver dans mon avis. Mais dans tous les cas, je reste honnête quoi qu’il arrive.

Parfois, je ne trouve pas de choses positives à dire, car le livre fait écho à mon vécu ou à une autre lecture.  Le premier roman ne sera pas à la hauteur du second ou il lui ressemblera trop.

Pour revenir au service presse, même si cela n’est pas formulé de manière explicite, l’éditeur espère toujours une critique positive. Je préfère éviter l’embarras de cette situation ou de trop édulcorer mon avis par souci de plaire. Je ne veux pas faire de fausse publicité.

J’aime choisir les maisons d’édition dont je parle

Vous avez peut-être dû le constater, mais je suis très fan de deux maisons d’édition de l’imaginaire : Les éditions du Chat Noir et Les éditions ActuSF.

Cela est dû au fait que j’apprécie leurs publications et que j’aime promouvoir des petites structures. Les importants éditeurs ont déjà bien assez de ventes comme ça et les moyens de se faire de la publicité. C’est un parti pris de ma part, et j’espère continuer à le faire avec d’autres maisons d’éditions.

Je ne reçois rien en échange, si ce n’est des commentaires des auteurs sur mes publications qui me font bien plaisir.

Admettons que vous recevez une proposition de service presse sur un livre qui ne vous intéresse pas ? Allez-vous l’accepter quand même ? Moi non, je préfère éviter le malaise.

Pour conclure sur le sujet, je dirais que je reste ouverte aux services presse, mais avec circonspection. Si j’ai une demande d’une maison d’édition, j’indique toujours que je resterai honnête vis à vis du livre, par respect pour mes lecteurs, et que je publierai de mon côté ma critique qu’elle convienne ou non.

J’estime que le blog reste une activité de loisir et non une course à la notoriété. Si vous êtes blogueur débutant, posez-vous les bonnes questions avant de demander des services presse, et avisez en conséquence…

Cet article m’a été inspiré d’un autre sur le même sujet écrit par Hailey et Brooke de Abookafterbook. Si cela t’intéresse, n’hésite pas à aller visiter leur blog 😉

Papier et crayon,

A.Chatterton

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Ma bibliothèque d’enfance et son impact sur ma vie adulte

Plus jeune, certains livres m’ont plus marqués que d’autres. Mon regard d’enfant est resté rivé sur certains détails ou leçons de vie. Avec le recul, j’ai l’impression qu’ils ont façonné ma manière d’être, eu un impact sur ma vision de la littérature. J’ai voulu te les faire découvrir. Peut-être avons-nous les mêmes ? A toi de me le dire…

 

Quatorze livres, quatorze manière d’appréhender le monde au fil du temps :

babar

Babar à la maison, de Cécile et Jean de Brunhoff, éditions Larousse : J’ai eu cette version un peu encyclopédique qui regroupe plusieurs histoires de l’éléphant couronné. Ce qui m’a frappé dans l’histoire générale de Babar, outre que ce sont des éléphants habillés, est que Arthur, le frère de Céleste habite avec le couple. Un frère qui habite avec sa soeur mariée était pour moi inconcevable dans ma vision d’enfant.  La vieille dame était aussi une énigme : pourquoi inclure une humaine dans une histoire d’éléphants ? Mais la leçon générale que j’ai retenue de cet album, après visionnage des dessins animés associés reste une phrase prononcée par le vieux Cornélius : « On ne juge pas un livre à sa couverture ». Cela m’a aidé par la suite à mieux choisir mes livres, même si la couverture peut être très attirante !

pique nique souris Kazuo Iwamura

Le pique-nique de la famille souris de Kazuo Iwamura, édition école des loisirs  : Dans cet album japonais, la nombreuse famille souris réalise un pique-nique en extérieur.  J’ai toujours bloqué sur la page des oeufs de grenouilles car pour moi ils ressemblaient à des tuyaux contenant du kiwi (je sais, j’ai l’esprit tordu). Par ailleurs, habiter dans une maison creusée sous un arbre, c’est trop la classe. Cet album a influencé ma passion pour les décors miniatures et par la suite le minimalisme. La famille souris vivait en effet de peu, et de choses qu’ils fabriquaient tous ensemble. La plupart des albums de l’école des Loisirs comprenant des auteurs japonais, je pense que cela a aussi influencé mon attirance pour leur pays. Dans cet album en particulier, ils préparent des Onigiri, boulettes de riz avec des algues, plat typique japonais.

Frisolo pef

Les amours de Frisolo, de Pef, éditions sociales : Cet album raconte, de façon humoristique, comment un taureau du Charolais s’est transformé (habits, chaussures, manière d’être) pour séduire la vache du pré voisin. Spoiler : Ladite vache va finalement préférer l’ancien Frisolo au nouveau. La morale est que devenir quelqu’un d’autre pour séduire n’est pas forcément la meilleure chose qui soit, leçon qui m’a suivie dans toute ma vie amoureuse.

juju bébé terrible

Juju le bébé terrible de Barbro Lindgren, éditions La Farandole : Acheté pour mon frère Julien à la base, aussi doué pour faire les bêtises que Juju, le héros de cette histoire, cet album m’a appris enfant, que l’on peut faire beaucoup de bêtises et être quand même aimé de ses parents. La meilleure histoire est celle du loup qui essaie de bouffer le gamin puis se sauve, tellement Juju est affreux avec lui.

la légende du sapin

La légende du sapin de Thierry Chapeau, éditions Callicéphale (d’après un conte traditionnel alsacien) : L’histoire en lien avec Noël raconte pourquoi le sapin est le seul arbre à garder ses épines/ feuilles en hiver. Ce serait un cadeau du vent lié à la générosité de l’arbre. Ce conte m’avait bouleversée plus jeune, car je m’étais beaucoup identifiée à l’oiseau, le deuxième personnage principal. La leçon que j’en ai tirée tourne autour d’une générosité et bienveillance réciproque : si tu es bon avec les autres, ils le seront avec toi.

Andersen 5 contes

5 contes d’Andersen, Une semaine du petit Elfe ferme l’oeil, éditions Hatier : La nouvelle du vendredi sur le mariage des poupées a bouleversé mon regard sur mes propres jouets. Dans ma tête d’enfant, ils prenaient vie la nuit, une fois que j’étais endormie et vivaient des aventures extraordinaires pour revenir à leur place au petit matin. Je pense que cela a développé mon côté animiste vis à vis des objets, partagée notamment avec Marie Kondo… Je crois aussi aux lutins qui viennent réparer les souliers la nuit, et en ceux qui te piquent provisoirement tes affaires pour fabriquer des meubles… 😉

blondine

Histoire de Blondine, La Comtesse de Ségur, éditions Hatier : cette fable raconte l’histoire de la princesse Blondine, égarée dans la forêt par sa méchante belle-mère, qui se fait adopter par une cour d’animaux parlants. A l’époque, je me suis demandée  comment cette andouille avait réussi à se perdre. Et j’avais fait une fixation sur les lilas, plante récurrente du récit (!).  Blondine, c’est un mélange de Cendrillon, La Belle et la bête, Blanche-Neige et surtout un voyage initiatique. Ce conte évoque le passage de l’enfance à l’adolescence et il reste pour moi plus fort que le récit du Petit Chaperon Rouge. Peut-être un côté princesse inassouvi, allez savoir !

jojo-lapin.jpg

Jojo Lapin d’Enid Blyton, collection bibliothèque mini-rose, éditions Hachette : Du même auteur que Le club des cinq, Le clan des sept et Oui-Oui, j’ai possédé l’intégralité des aventures de ce lapin malin qui s’amuse à ridiculiser les autres animaux. C’était un réel plaisir de deviner les ruses du mangeur de carottes dans chaque histoire. Sa lecture a intégralement changé ma vision des loups et des renards dans les autres récits, à tel point que lorsque je rencontrais un loup, je savais qu’il serait stupide… et le renard plutôt malin. Plus tard, j’ai mis en parallèle les aventures de Jojo Lapin avec les Fables de La Fontaine, et je me suis dit que l’on ne s’en éloignait pas tant que ça.

malheurs de sophie

Les malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur, collection Bibliothèque rose, éditions Casterman Jeunesse : Des bêtises de la pauvre Sophie, puis de ses aventures avec ses cousins et du remariage de son père avec son effroyable belle-mère, j’ai surtout été marquée par des détails curieux. A quel moment on se marie entre cousins ? Sophie se fait martyriser par sa belle-mère et tout le monde trouve ça normal ? Et aussi, faire la charité, c’est bon pour le karma… Très fan de la Comtesse de Ségur, j’ai beaucoup développé un côté vieille France à cause de Sophie et des frangines De Fleurville.

les caprices de gisele

Les caprices de Gisèle, (toujours) de la Comtesse de Ségur, édition Casterman Jeunesse : Gisèle est une enfant capricieuse au grand désespoir de ses parents. Dans la suite, Quel amour d’enfant ! elle gagne en intelligence après s’être mariée. Sa morale : c’est pas bien les caprices,  il faut être gentil dans la vie. Un bel exemple de livre sur les parents dépassés par leur enfant qui a fait écho en moi car… j’étais assez capricieuse petite, et je le suis restée… Mais, j’ai quand même un peu mûri et ce n’est pas avec le mariage, cela s’appelle grandir tout simplement…

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Les quatre filles du Dr March, de Louisa May Alcott, Collection livre-club jeunesse, édition Hemma : La vie de quatre soeurs très différentes pendant la guerre de Sécession aux Etats-Unis en l’absence de leur père, docteur sur le front. C’est le livre qui m’a donné envie d’écrire. J’étais très fan de Jo alias Joséphine, la soeur têtue, casse-cou et écrivain en herbe. J’ai été beaucoup choquée de lire qu’on puisse mourir d’une maladie censée avoir disparu à mon époque. Par la suite, j’ai appris que j’avais une version édulcorée pour enfant et que dans celle pour adultes, la fin est différente (pas ledit décès évoqué plus haut malheureusement). C’est le livre qui m’a aussi appris que la mode est quelque chose de superficiel, et que l’on peut être pauvre et vivre heureux malgré tout.

petiteprincesse

La petite princesse de Francess Burnett, édition Hemma : L’histoire très connue a été adaptée en manga et en BD. Il s’agit d’une petite fille riche éduquée dans un pensionnat anglais dont le père meurt aux Indes. La directrice du pensionnat va par la suite l’utiliser comme domestique pour lui faire rembourser ses dettes. Fan de Francess Burnett dont j’avais aussi lu Le Jardin Secret, ce roman jeunesse m’a appris que l’on peut tout perdre du jour au lendemain, et qu’il faut croire en sa bonne étoile.

ailes noires nuit

Les ailes noires de la nuit, de Jean-Marc Ligny, Collection fantastique, édition Rageot : Mon premier frisson avec une aventure étrange mêlant un garçon qui fait des rêves éveillés très réalistes sur fond de destruction écologique d’un marais. Une dame blanche le guidera dans sa quête, et bon sang, ce que ce fantôme m’a  fait flipper ! Depuis, je crois aux fantômes et le moindre film sur le sujet me provoque des crises d’angoisses !

pantin maléfique_

Le pantin maléfique, R.L. Stine, collection Chair de Poule, édition Bayard Jeunesse : L’histoire d’un garçon qui apprend la ventriloquie avec une poupée possédée. Je n’ai jamais pu regarder des pantins de la même façon ni regarder les films d’horreur en lien avec des poupées possédées après avoir lu ce livre. D’une manière générale, la collection Chair de Poule a été pour moi une manière de me faire peur, de me tester, quitte à en faire des cauchemars. Je dirais que au vu de ma vie d’adulte, c’est aussi un moyen de se tester face à des situations terrifiantes. Il m’a donné le goût du fantastique et les romans de Stephen King.

Quelles leçons tirer de ma bibliothèque ?

J’ai encore d’autres livres dans ma bibliothèque d’enfance, mais ce serait difficile de tous les nommer et cet article est suffisamment long. Voici ce que je retire de tout ça :

Les histoires nous façonnent

A travers les leçons qu’elles nous proposent, ou celles que l’on perçoit, les récits de notre enfance nous permettent de grandir et de nous interroger sur le monde qui nous entoure.

Mes questionnements d’enfant semblent amusants ou anodins au premier abord, mais ils étaient profondément liés à ma vision personnelle de l’univers. Lire a également été une forme d’apprentissage de la vie avec des exemples sur la manière de se comporter ou des idées saugrenues comme le fait que si c’est possible dans un livre, alors c’est possible en réalité.

Ces histoires ont trouvé écho en moi. Elles ne l’ont peut-être pas été de la même manière pour tous. Nous vivons les récits à travers notre prisme personnel, qui évolue au fil du temps. Nous grandissons, nous relisons ces histoires et nous les comprenons parfois différemment au vu de nos expériences passées.

Les récits d’enfant influent nos choix littéraires d’adultes

Si je n’avais pas lu de classiques britanniques enfant, aurais-je la même passion pour les auteurs anglais aujourd’hui ? Idem pour le fantastique, la littérature japonaise et les intrigues comportant une héroïne courageuse et non un héros.

Si aujourd’hui je lis Haruki Murakami, Stephen King, Jean-Laurent Del Socorro ou encore Jane Austen, c’est grâce aux récits de mon enfance. Y compris sur la forme : Albums, contes, mini-romans m’ont conduit aux romans et nouvelles. Cela aurait peut-être été différent si je m’étais concentrée sur les Bande-dessinées, mais ce n’était pas le type de livre que je pouvais trouver facilement à la maison.

Le raccourci semble rapide, et peut-être que je me trompe, mais quand je vois certaines similitudes de récits entre ce que je lisais enfant et ce que je lis adulte, j’ai de quoi m’interroger.

Il est important de bien choisir ce qu’on va lire à son enfant

Choisir ce qu’on va proposer à ses enfants, ou les laisser aller vers ce qui les intéresse, je n’ai pas la méthode parfaite.

Tout ce que je sais, maintenant adulte, c’est qu‘il est important de discuter avec ses enfants sur ce qu’ils ont compris d’une histoire. Pour des détails anodins comme des oeufs de grenouilles tuyaux de kiwi, ou plus important avec le mariage entre cousins pour préserver l’héritage familial, il me semble fondamental d’expliquer ces détails pour recontextualiser ces romans d’une autre époque.

Par ailleurs, même si certains romans dit « jeunesse » sont synthétisés pour ce public, je trouve dommage de les tronquer. C’est mentir au lecteur que de lui servir une version édulcorée d’un récit déjà existant (poke disney). Mon enfant intérieur, trompé par cette manoeuvre, a depuis envie de relire mais en version intégrale certains classiques comme Les filles du Docteur March se marient ou, La petite princesse. La question a se poser concerne alors plutôt l’âge requis pour certaines histoires qui n’est parfois pas celui indiqué par les éditeurs, mais plus élevé.

Enfin, nous ne sommes pas obligés d’imposer nos lectures d’enfance à nos enfants. Elles relèvent souvent d’un autre temps. Autant les garder pour soi, par nostalgie.

Et toi ? Quelle est la bibliothèque de ton enfance ? Que t’as-t-elle apprise sur toi ou l’univers ? A-t-elle influencé des choix littéraires ? Dis-moi tout en commentaire 😉 

Boîte à musique et doudous,

A.Chatterton

Publié dans Questions existentielles

Mini-bilan 2019 et projets 2020 pour le blog

A l’aube de 2019, je me suis dit qu’un petit bilan s’imposait sur les trois mois d’existence de ce blog, mais aussi mes envies et perspectives à son sujet pour l’année 2020. C’est parti mon kiki !

Trois mois d’existence…6 ans d’expérience !

Certes, Lestribulationsdemisschatterton est récent mais il est l’aboutissement de 6 ans « d’errances bloggesques ».

Je n’ai pas trop l’habitude de m’épancher sur internet car je pense que cela ne passionne personne. Cependant, il m’a semblé intéressant de  vous expliquer comment est né ce projet.

Il y a 6 ans, je venais de décrocher un travail dans une bibliothèque jurassienne et j’avais envie d’avoir un hobby littéraire. J’ai créé le site Portdragon.fr avec mon compagnon de l’époque. Il s’agit d’un site sur le médiéval-fantastique regroupant des articles sur la littérature, la cuisine, les jeux de société, des interviews d’artistes. Je gérais les articles et lui s’occupait de la partie graphique et technique du site. Ce projet m’a permis de mettre un doigt dans l’univers du blog, mais aussi de m’ouvrir des portes et de découvrir des communautés, des gens sympas… et surtout de sortir de ma timidité. Il est toujours plus facile d’aller voir un artiste ou un auteur pour lui dire que tu aimes son travail et que tu aimerais bien en savoir plus sur comment il procède, si tu lui proposes d’écrire un article pour en faire sa promo. Du moins, cela a été mon moteur.

Puis, j’ai découvert la communauté steampunk au hasard des rencontres et je suis devenue chroniqueuse pour le site French-Steampunk.fr. J’ai écrit pas mal d’articles sur les costumes et quelques chroniques littéraires. L’ambiance était différente : d’écrire seule dans mon coin, j’ai découvert le travail en équipe. Dans le comité de rédaction, il y avait une entraide sur l’écriture, la programmation des articles pour améliorer la fréquentation du site, une concertation. A un moment donné, j’ai même assuré l’interim de la rédac-chef et accédé à une autre forme de travail : réaliser une programmation d’articles pour l’équipe, assurer une veille sur les événements liés au steampunk, motiver les troupes, réaliser une charte de rédaction, réfléchir à une ligne éditoriale…

En parallèle, j’ai commencé à développer mon personnage steampunk : Miss Chatterton la bibliothécaire de l’extrême. J’ai créé une page facebook, où j’ai commencé à écrire ses aventures pour lui donner de la consistance. J’ai fait aussi réaliser un costume que je porte encore aux conventions auxquelles j’assiste, afin de l’incarner.

Ma vie a changé brutalement quand j’ai fait un burn out à cause de mon travail. A trop s’investir professionnellement, surtout dans un domaine qui est aussi un hobby, on en oublie de prendre soin de soi. J’ai donc demandé un congé sabbatique et j’ai déménagé à Lyon où je ne voulais plus entendre parler de livres, de bibliothèques et ce qui va avec.

Pendant deux mois, je me suis demandée ce que j’allais faire de ma vie. Et petit à petit, l’idée m’est venue de donner de retourner vers Miss Chatterton.

Facebook a beau être un réseau social efficace, je voulais un site à moi, pour parler d’elle et apprendre à gérer le côté technique de wordpress. J’avais accumulé assez d’expérience en blogging. Je me suis dit qu’il était temps de faire entendre ma voix, plutôt que de me cacher derrière la ligne éditoriale d’autres sites et de me recentrer uniquement sur les sujets que j’apprécie.

Ainsi est né Les tribulations de Miss Chatterton. C’est plus qu’un complément à l’histoire de mon personnage imaginaire. J’y ai ajouté ce qui me passionne depuis toujours (et qui restait caché des mes cartons à projets) : les ateliers d’écriture, mes propres essais d’écriture, des chroniques littéraires détaillées, des jeux autour de l’écriture, des rencontres d’auteurs, etc…

Ce site est une manière d’exprimer mon amour pour la littérature, un guide pour ceux qui aimerait découvrir l’univers littéraire tout en sortant des sentiers battus, et une forme de reconstruction personnelle.

Pour le moment nous en sommes à 6 abonnés wordpress et 145 abonnés facebook pour seulement 3 mois d’existence ! Je ne cours personnellement pas après le succès vu que ce n’est pas le but de ce blog, mais je trouve cela encourageant pour un premier démarrage.

Jusqu’à présent, je me suis beaucoup concentrée sur les chroniques de livres et challenges de lecture mais j’espère faire évoluer favorablement le blog en 2020 pour au moins remplir un peu plus les autres rubriques !

Quoi de neuf en 2020 pour le blog ?

Comme j’ai tendance à partir dans tous les sens (Il n’y a qu’à voir mon implication sur Portdragon.fr pour s’en rendre compte…), je me suis dit que j’allais apprendre de mes erreurs et proposer peu d’éléments nouveaux, mais les faire bien.

Au niveau des contenus 

J’ai pour projet de remplir la rubrique « Questions existentielles » avec des réflexions moins littéraires, parfois liées à l’actualité sans pour autant tomber dans le politique. Cette rubrique est une forme de fourre-tout, où j’ai envie de vous faire part de mes interrogations face au monde et de vous inviter à vous interroger également, sans être pour autant juge.

La rubrique « Le roman de Miss Chatterton«  a été délaissée un peu depuis le début du blog. J’ai un projet d’écriture avec Pedro de la Vega, un ami qui fait du steampunk lui aussi, pour croiser les aventures d’Amélia Chatterton avec celles de son personnage. Ce sera lié à Cthulhu mais je n’en dirai pas plus…

J’ai envie de créer mon propre challenge lecture. J’étudie ceux existant pour le moment afin d’en comprendre les mécanismes et j’ai déjà quelques idées de thèmes qui n’ont pas été abordés jusqu’à présent. 😉

Je vais tenir un journal de mes lectures de l’année 2020 pour vous proposer un bilan l’année prochaine de mes tops niveau lecture. Je n’ai pas eu l’occasion de le faire cette année et il ne m’a pas semblé intéressant d’en faire un juste pour 3 mois.

Au niveau de la communication du blog

Je vais acheter un nom de domaine chez un hébergeur qui n’est pas wordpress. Pour ceux qui viennent consulter mon blog depuis facebook, c’est assez compliqué car la plateforme n’accepte pas que je mette directement les liens URL de mes articles dans des post, ni même renseigner l’URL de mon site internet. Je suis considérée comme un spam qui ne « respecte pas les standards de la communauté ». Après recherches sur des forums, questions à des amis informaticiens et dialogues infructueux avec Facebook, il s’est avéré que les algorithmes de Facebook me considéraient comme un spam car j’utilise un compte wordpress gratuit sans hébergeur. Ainsi, il me sera plus facile de communiquer sur mon blog et d’envoyer les informations à l’ensemble de mes abonnés.

Au niveau de ma vie de lectrice

J’ai envie de rejoindre une communauté littéraire pour discuter en live de mes lectures. Je suis déjà membre de Babelio, et du PLIB (et de son Discord), et j’échange parfois avec le peu d’abonnés que j’ai. J’aimerais à terme rencontrer des blogueuses ou des lectrices tout simplement, dans ma ville autour d’un apéro ou d’une tasse de thé pour parler bouquins. Ceci est un appel du pied !

Je souhaite remplacer ma veille facebook par une veille littéraire. J’ai remarqué que j’étais devenue accro à facebook depuis mon burn out et que ce n’était pas ce qui m’enrichissait le plus dans la vie, d’autant que je ne supporte plus les publicités ciblées qu’il propose. J’aimerais trouver quelque chose de similaire qui en même temps, me propose des lectures ou des articles de blog intéressants. Pour le moment, je suis les fils d’actus de wordpress liés à mon blog, mais si vous avez des idées, je suis preneuse !

Je veux lire plus et terminer ma PAL avant le festival des Imaginales de 2020. Pari lancé avec une amie en mai dernier, j’ai bien entamé mes livres. Il me reste une étagère et demi pleine et je me suis interdite d’acheter de nouveaux livres d’ici là. Mais c’est compliqué quand vous êtes juré du PLIB et que vous avez accès à des livres numériques gratuits…

Voilà pour les projets de l’année. J’espère tous les tenir et continuer à progresser dans ma manière d’écrire mes articles. Si vous avez des envies sur ce blog, n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire ! 😉

Je vous souhaite en tout cas, une très belle année 2020, pleine de lectures et de projets intéressants.

A. Chatterton

Publié dans Questions existentielles

J’aime regarder la série « Good Witch » et j’en ai honte…

Dimanche, fin d’après-midi, moi vautrée dans le canapé les yeux rivés à l’écran en pyjama pilou pilou, une tasse de chocolat chaud à la main, en train de regarder passionnément Good Witch (ou « Un soupçon de magie » pour les frenchies) sur Netflix. 

Mon cher et tendre qui passe dans le salon : « ça va chérie ? Tu regardes quoi ? »

Moi candide : « Good Witch« 

Lui navré : « Quoi ? Cette série où il se passe rien avec Catherine Bell ? »

Moi désarçonnée : « Oui, précisément… »

A ce moment là, je réalise que j’en suis à la saison 3, que ce soir je me suis enfilé quatre épisodes à la suite, et que j’ai poussé le bouchon à lui demander de retrouver pour moi les téléfilms canadiens d’avant la série, sur internet.

Et je me demande, pourquoi, moi, Bac + 3 en Lettres Modernes, ayant banni la télévision depuis 6 ans de chez moi parce que je ne supporte plus le niveau relativement bas des programmes télévisuels, et qui se désole des sujets putaclics d’internet plus nombreux que les sujets mobilisant l’intellect… je suis devenue accro à une série télé canadienne pleine de bons sentiments où il ne se passe absolument rien.

Mais d’abord, reprenons depuis le début pour que vous compreniez mon malaise : ça parle de quoi Good Witch ?

L’intrigue des huit téléfilms diffusés à partir de 2008, aborde l’arrivée de Cassandra Nightingale dans la ville de Middleton, Canada. Celle-ci, un peu sorcière (mais pas trop) hérite d’une vieille maison de famille dans la ville. Les habitants de la ville ne veulent pas de cette étrangère, qui ose en plus ouvrir une boutique de produits ressemblant à des trucs magiques comme des herbes médicinales ou des pierres de lithothérapie.

La femme du maire, Martha Thinsdale, essaie de la virer de la ville, mais finalement, Cassy (aka Cassandra) va se faire une place et épouser le chef de la police de la ville, Jake Russell, veuf avec enfants, et tout finit bien. D’autres personnages viendront compléter le tableau comme la méchante cousine de Cassy, Abigail, ou encore le beau-père de Cassy, Georges, qui va l’aider à transformer sa maison en chambre d’hôtes : Grey House.

Dans la série à partir de 2015,  on retrouvera d’autres personnages récurrents comme Stéphanie, la meilleure amie de Cassy, les enfants de Jake devenus grands : Brandon et Lory;  la fille de Cassy, Grace devenue ado et surtout le voisin de Cassy, le docteur Sam Radford et son fils Nick débarqués de New York…. parce que SPOIL :  Jake Russell est mort ! Et… il faut bien une nouvelle romance avec le personnage principal !

Si vous voulez plus de détails sur la réalisation, je vous invite à consulter la page wikipédia des téléfilms. Il y a un lien direct avec la série dedans.

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Catherine Bell Alias Cassy Nightingale via HallMark Channel

Pourquoi cette série fonctionne autant ?

Le personnage principal ne s’énerve jamais et aide les autres

Cassy Nightingale, jouée par Catherine Bell (ex actrice de la série JAG, à la cinquantaine bien conservée), est douée pour résoudre les problèmes des gens. Soit elle leur conseille des bougies/ tisanes/ objets à la con qui ont une « histoire »;  soit elle les invite à lui rendre un service en allant porter un truc chez quelqu’un qui pourra résoudre ledit problème.

Les gens viennent donc dans sa boutique ou à sa chambre d’hôtes pour ça et repartent super contents, comme la mairesse Martha Thinsdale (SPOIL : elle est élue maire dans la série) qui vient la faire chier tous les matins dans la boutique pour trouver l’inspiration ou résoudre un problème de la ville. Et Cassy l’accueille toujours avec le sourire… et ne lui fait jamais payer ce qu’elle prend ! On se demande d’ailleurs comment elle peut vivre de son commerce…

Ajoutez à ça que l’héroïne est un peu sorcière (mais pas trop, hein, série puritaine toussa…) et a des intuitions qui peuvent s’avérer utiles (comme sa fille et sa cousine parce que « c’est de famille ») mais pas de pouvoir magique, hein ! On n’est pas dans Charmed. Par contre, elle boit tout le temps du thé et elle connaît les vertus des plantes médicinales et de la relaxation… Une baba-cool, en somme.

Pour un spectateur lambda qui regarde cette série, je dirais que ça semble cool qu’une personne aussi bienveillante existe, tout comme le fait de régler ses problèmes personnels  avec des objets à la con. Si c’était réel, je dirais : Prends l’argent !

En plus, mon côté amoureux des vieux objets en prend plein les mirettes avec sa vieille maison digne d’un petit manoir et les nombreux trucs qu’elle présente aux clients.

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La boutique de Cassy via le wiki de la série

 

Il y a toujours une fête à organiser à Middleton

Quand ce n’est pas Martha Thinsdale qui, pour promouvoir sa ville, organise un festival (au choix) : des lumières, de l’automne, de la sortie d’un livre, de Halloween, de LA fleur de la ville,  ou le salon de la santé et de la nutrition… ce sont des événements plus personnels qui sont célébrés : mariage, anniversaire de mariage de la mairesse, arrivée du Docteur Radford dans la ville, etc…

Du coup, à chaque fois, on a droit à la tournée des commerces avec les personnages récurrents comme Stéphanie la patronne du café, ou Abigail et son magasin de fleurs, et surtout Cassy qui est de l’organisation car elle a toujours de supers idées.

Ce qui fait apparaître la ville comme un lieu où il fait bon vivre et où la communauté est soudée pour l’organisation de gros événements.

Dans ma tête résonne la nostalgie qu’un tel lieu existe avec des gens qui s’entendent bien et savent mettre leurs différents ou ego de côté pour le bien commun. Et la ménagère de moins de 50 ans qui sommeille en moi est titillée par les aspects de la fête avec les bonnes idées trouvées pour la déco, les costumes, les fleurs, etc…

Ajoutez à cela les plans sur la ville réguliers où l’on voit les arbres changer de couleur au fil des saisons et vous aurez une parfaite petite ville de province utopique.

Middleton
Middleton d’après le Wiki de la série

C’est une série américaine… donc puritaine et pleine de bons sentiments

Jamais au grand jamais, vous ne verrez de scène de sexe dans cette série. C’est tout juste si les couples s’embrassent sur la bouche, et encore, sans la langue !

Du coup, on favorise la romance (comptez le nombre de bouquets de fleurs offerts, si, si, j’insiste !), et surtout les bonnes relations humaines en famille, entre amis, entre étrangers. De là à parler de puritanisme américain, on n’est pas loin…

Même quand quelqu’un est méchant, il finit toujours par retourner sa veste ou on lui donne des excuses au vu de son passé en le poussant à devenir meilleur. L’amélioration et le développement personnel sont les maîtres mots de la série qui propose une petite morale sous-jacente à chaque épisode.

Alors vu comme ça, c’est complètement irréaliste, nous sommes d’accord. Mais j’avoue me prêter au jeu en imaginant cette réalité alternative qui fait du bien.

La dérive serait un épisode de Black Mirror où l’on est obligé de sourire et d’être gentil pour mieux avancer en société (cf épisode 1 de la saison 3 de Black Mirror) mais sous The Good Witch, ça passe crème.

Ajoutez à cela que dans toute bonne série américaine, les filles sont toujours apprêtées comme vous ne le serez JAMAIS dans votre quotidien. J’avoue, je suis un peu jalouse de leurs coiffures parfaites… mais ça donne envie.

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Casting de The Good Witch via Hallmarkchannel

Il y a un poil de féminisme à travers l’entrepreneuriat de la ville

Outre la mairesse (sacrée Martha !), la plupart des commerces présentés sont tenus par des femmes : Abigail est la fleuriste, Stéphanie la patronne du café et d’un service de traiteur, Cassy a sa boutique de souvenirs/remèdes naturels et son Bed and Breakfast…

A part le docteur et son cabinet médical, le cinéma tenu par Ben, et la brasserie Liam, Middleton favorise ses femmes entrepreneurs. Il existe un  conseil féminin des entreprises de la ville et un épisode est consacré dans la saison 4 à leur valorisation en vue des générations futures.

Vision progressiste ? Volonté de montrer qu’une femme peut entreprendre aussi bien qu’un homme ? Je ne sais pas. Toujours est-il que cela m’interpelle de manière positive, malgré certaines incohérences scénaristiques.

Parce que vous n’allez pas me dire que Cassy, même aidée de son beau-père pour faire tourner Grey House (son Bed and Breakfast) et de sa belle-fille Tara pour sa boutique, arrive à gagner assez d’argent pour entretenir sa famille au vu des cadeaux qu’elle fait à longueur de temps. Ni qu’elle a assez de temps pour TOUT gérer, même l’entretien de son jardin, quand on l’invite à organiser une fête dans la ville ? Soyons réalistes deux secondes.

Grey House dans Good Witch
Grey House via le wiki de la série

Bon alors, pourquoi j’ai honte de regarder Good Witch ? 

Cela fait bien 5 minutes que je vous dresse un portrait pas édulcoré, mais plus ou moins flatteur de la série, et des raisons pour lesquelles j’aime la regarder, et vous vous demandez pourquoi je continue à mater ce truc ?

Pour résumer, cette série résume un monde idéal très différent de celui dans lequel nous vivons, mais où j’aimerais bien vivre. Cela m’aide à déconnecter du quotidien.

Ce qui explique pourquoi d’autres gens regardent tel ou tel programme de télévision. Nous avons tous besoin de rêver d’une certaine manière, et chacun à notre façon, pour nous évader d’un métier sans intérêt ou juste par plaisir.

Alors oui, j’ai un peu honte de regarder cette série parce qu’elle n’élève pas mon niveau intellectuel et ne m’aide pas à progresser. Je procrastine sérieusement devant, au lieu de me consacrer à des tâches plus enrichissantes nécessitant plus de réflexion. Mais après tout, n’avons nous pas tous besoin d’un petit plaisir coupable pour nous aider à nous sentir bien ?

Même si je ne vous cache pas que parfois,  j’ai envie de donner des claques à Catherine Bell quand elle sourit, parce que ses lèvres siliconées forment une bouche en cul de poule, ou qu’un personnage fait une pause dramatique en partant à la fin d’une conversation « houleuse ». Malgré tout, je regarde et avec passion.

Et vous savez le pire ? J’attends la nouvelle saison avec impatience ! On ne se refait pas…

Chacun d’entre nous a son propre plaisir coupable. Et au fond, ce n’est pas très grave. Du moment qu’il ne vous dévore pas tout cru et que vous savez en rire.

Et vous, c’est quoi votre péché mignon ?

the good witch générique
Image du générique de Good Witch via Wikipédia