Publié dans Le roman de Miss Chatterton

Romul Mul, le mignon lumignon #1

Marmouset, ma souris de bibliothèque, n’est pas le seul être magique présent chez moi.

Comme lui, j’ai un jour rapporté par erreur une autre créature dans mon porte-monde après un voyage livresque.

Je venais tout juste de rentrer de Arthur et les Minimoys de Luc Besson, peuplé par ailleurs de forts gentils minimoys qui sortent parfois de leurs livres pour rendre visite à leurs cousins les leprechauns  (si jamais vous vous baladez en Irlande…), bref mon regard fut attiré par une lueur étrange venant de mon sac-artefact. 

C’était la première fois que je le voyais s’allumer de l’intérieur sans que j’y sois pour quelque chose. D’habitude, cela se produit lorsque quelqu’un m’envoie un objet alors que je suis à l’INTERIEUR du livre, mais là, je venais d’en sortir. 

Pensant à un dysfonctionnement, j’ai ouvert le sac-livre et une boule de poils lumineuse en est sortie en vrombissant, renversant tout dans mon appartement : vases, lampe à pétrole, cadres, tout y est passé.

J’entrepris alors d’attraper ladite bête avec un filet à papillons pour qu’elle cesse de tout saccager et surtout pour l’identifier. 

(En effet, la première règle avec une créature livresque que l’on vous apprend en cas d’urgence à l’Académie et d’identifier avant tout prise de décision ce qui peut sortir de votre sac-artefact.)

Donc me voilà à courir partout avec mon filet à papillons pour attraper ce truc poilu avec des ailes, sous les encouragements de Marmouset. Après une bataille de 15 minutes, je réussis à immobiliser la bête, pour me rendre compte qu’il s’agissait d’un Mul Mul. 

Les Mul Mul sont chez les Minimoys des créatures domestiques qui leur servent de lanterne. Totalement inoffensives, elles se nourrissent de fruits et aiment dormir près de sources de lumière ce qui leur permet de se recharger. Chaque Minimoy possède son propre Mul Mul.

Comme je ne connais pas le langage Mul Mul, j’ai demandé à Marmouset de me prêter main-forte pour demander à la lanterne à poils ce qu’elle faisait dans mon sac, non sans l’avoir libéré.

Quelques couinements plus tard, Marmouset me raconta que le Mul Mul cherchait une nouvelle maison, après avoir subi de mauvais traitements de son ancien maître Minimoy.

Attendrie par l’histoire, je lui ai proposé de devenir mon Mul Mul particulier et de m’accompagner dans mes missions nécessitant de la lumière comme les romans noirs ou ceux de Dark Fantasy.

Je l’ai baptisé Romul Mul et il est visiblement fier de son prénom.

Très serviable, il a même accepté de se faufiler dans une lanterne pour passer inaperçu lors de mes voyages.

Quoi de plus anachronique de rencontrer une créature d’un autre livre quand vous visitez un livre qui n’en contient pas ! Déjà que je dois rester moi-même discrète lors de mes déplacements…

Ma passion pour les êtres magiques me perdra un jour… ou pire ! me fera virer de l’Académie…

Lumignons et poils de ratons,

A.Chatterton

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Clichés par Anaïs Nannini / Costume : Juliette Flambard

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Voyage livresque (fin) : J’ai réussi à m’en sortir !

Après des efforts soutenus de jeunes lecteurs de la médiathèque de Dole, j’ai enfin réussi à sortir de mon livre.

Bon, Marmouset les a aidés un peu avec la boîte aux lettres temporelle (qui est en fait mon sac Porte-Monde) mais il ne faut pas leur dévoiler des secrets de l’Académie.

Déjà que je n’étais pas autorisée à aller dans ce livre à la base…

La sortie du livre m’a un peu secouée et j’ai l’impression d’avoir pris des champignons hallucinogènes, mais l’essentielle est d’être sortie.

Du coup, je leur ai laissé un petit message en vidéo pour les remercier.

Arc en ciel et paillettes,

A. Chatterton

Costume : Juliette Flambard / Vidéo et montage : Nicolas Blondeau / Musique : Marc PetitGuyot

Publié dans Le roman de Miss Chatterton

Voyage livresque (suite): Le SOS vidéo

Toujours coincée dans l’Horloge des siècles d’Albert Robida, j’ai décidé de lancer un message aux lecteurs de la médiathèque de Dole, en espérant qu’ils réussissent à me délivrer…

Ma performance est pitoyable, mais j’espère au moins que quelqu’un a eu mon appel, si ce n’est Marmouset…

Costume : Juliette Flambard / Montage et vidéo : Nicolas Blondeau / Paysage sonore : Marc Petitguyot.

 

Publié dans Le roman de Miss Chatterton

Voyage livresque (suite) : En panne chez Robida !

En visitant le laboratoire du Professeur Robida, je suis tombée sur une lampe rigolote qui lance des éclairs. Comme je suis curieuse de nature, j’ai voulu toucher… et depuis, mon artefact temporel ne fonctionne plus !

Je suis coincée dans l’Horloge des Siècles de Albert Robida ! C’est bien la première fois qu’une telle chose m’arrive. 

Après avoir fait une petite crise de panique moyennant un sac en papier et un peu de ventoline, je me suis creusée les méninges pour sortir de ce guêpier.

Heureusement, j’ai laissé dans ma réalité le plan de ma machine dans un coffre-fort. 

Mais je pense que je vais avoir besoin d’aide de l’extérieur cette fois. Je ne peux rien faire à l’intérieur du livre !

Je n’ai pas la possibilité d’entrer en contact avec Marmouset, ma souris de bibliothèque, donc je vais attendre qu’un lecteur ou un bibliothécaire de la médiathèque de Dole comprenne que quelque chose ne va pas.

Pour vous dépeindre le tableau, je suis en train de lire un livre passionnant dans le monde réel, bien installée dans un fauteuil de la médiathèque. Mon état, vu de l’extérieur ressemble à une crise de somnambulisme éveillée.

Peut-être qu’un bibliothécaire va me réveiller en mettant à la porte à la fin de la journée ? ça risquerait de me faire rester définitivement dans ce livre… Pourvu que je trouve une solution !

En attendant, bah j’explore le livre…vu que je n’ai que ça à faire !

Ampoules et artefacts,

A.Chatterton

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Costume : Juliette Flambard/ Bracelet steampunk : L’atelier de Maître Hobbit/ Exposition organisée par les élèves du DNMADE Lycée Duhamel, Dole en 2019

Publié dans Le roman de Miss Chatterton

Voyage livresque : L’horloge des Siècles de Albert Robida

Lors de mes dernières pérégrinations, j’ai posé mes valises à la médiathèque de Dole où m’attendait le roman d’Albert Robida : L’Horloge des Siècles.

Une visite s’impose dans ce livre qui, bien que datant de l’ère Proto-Steampunk, mérite un réel intérêt. 

Au vu de son ancienneté cependant, j’espère que mon artefact temporel tiendra le coup.

La suite dans un prochain épisode !

Vapeur et aiguilles de montre à gousset,

A.Chatterton

Publié dans Le roman de Miss Chatterton

Oubli ou lutin farceur ?

Parfois, à ma grande honte, il m’arrive de perdre mes objets de voyage ou pire mes artefacts.

Je les retrouve alors dans des endroits complètement insolites : dans le réfrigérateur, dans une boîte d’allumettes, au fond d’un sac que je n’utilise jamais. 

La dernière fois, j’ai retrouvé ma loupe dans ma chaussure !

Je sais que je suis étourdie, mais je me demande si Marmouset ne s’amuse pas à me jouer des tours…

Il me jure que non pourtant. Peut-être alors que ma maison est envahie de minimoys, de gremlins ou autres lutins… Il est vrai que j’ai récemment voyagé dans L’inventaire mondial des Lutins de Pierre Dubois. Hum ! Affaire à suivre…

Lutin et Gremlins,

A.Chatterton

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Cliché par Anaïs Nannini / Costume par Juliette Flambard

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Histoire de l’Académie des Bibliothécaires de l’Extrême, Rubrique Les bibliothécaires disparus : Le cas Mary Poppins #1

Lors des premières expéditions des bibliothécaires dans les livres, il est arrivé que certains voyageurs restent coincés dans les mondes imaginaires à cause d’un artefact défectueux. En ce temps là, la BSL (Brigade de Secours Livresque) n’existait pas encore et les malheureux étaient obligés de se créer une place dans l’histoire du livre.

Tel est le cas de Mary Husborne, une jeune bibliothécaire anglaise de l’Académie de Londres, spécialiste de littérature jeunesse. 

En 1934, allant explorer le premier roman de l’écrivaine australienne Pamela Lyndon Travers, intitulé Mary Poppins, elle avait cassé par mégarde ses binocles de voyage. L’artefact devenu inutilisable pour revenir à la réalité, elle alla donc négocier avec l’auteur, en fin de livre pour devenir un des personnages de son histoire. Elle en devint le personnage principal.

Plusieurs facteurs jouèrent en sa faveur : Mary avait une forte personnalité dont pouvait s’inspirer l’écrivain, elle aimait les enfants (indispensable pour l’histoire) et surtout, le récit  était encore sous forme de manuscrit donc l’auteure pouvait réaliser quelques modifications.

Avec le temps s’était-elle dit, l’Académie trouverait sans doute une solution pour la faire sortir. Elle n’avait pas tort. 

Quelques années plus tard, l’Académie réussit à reproduire des binocles de voyage imaginaires pour les bibliothécaires dans le même cas qu’elle : des binocles utilisables uniquement à l’intérieur d’un livre. 

Restait à faire parvenir l’objet dans le roman via un artefact réalisant la liaison entre les deux mondes.

Heureusement pour Mary, elle était une des premières à utiliser le Porte-Monde et l’avait avec elle dans le livre. Le sien était sous la forme d’un sac de voyage en tapisserie anglaise. Vous savez, celui que transporte toujours Mary Poppins et d’où elle sort un monticule d’objets pour redécorer sa chambre ?

L’Académie lui envoya donc l’objet via le Porte-Monde pour la ramener au monde réel.

Mais entretemps, Mary Husborne, devenue Mary Poppins rencontrait un grand succès auprès des lecteurs. Difficile de faire partir le personnage principal d’une histoire connue par des millions de gens, surtout quand il est adapté en film puis en comédie musicale.

Il fallut la mort de l’auteur pour que Mary regagne enfin le monde réel en 1996.

Mais l’histoire se termine mal. 

L’avantage d’être resté coincé dans un livre, est que sa projection mentale résiste au temps. Vous êtes toujours jeune et belle dans le livre. 

L’inconvénient est que votre corps, resté en dehors du livre continue de vieillir de son côté.

L’Académie avait rapatrié le corps de Mary dans une section spéciale, en position de lecture, auprès d’autres bibliothécaires dans le même cas afin d’éviter les fuites sur l’origine de cet état auprès de leurs familles. 

L’idée était de faire croire qu’ils étaient dans le coma suite à une attaque cérébrale, alors qu’en fait leur esprit était dans un livre. (L’Académie prend toujours ses précautions pour garder secret son existence.)

Quand Mary réintégra son corps qu’elle avait quitté 60 ans auparavant, elle était devenu une vieillarde. Ne supportant pas son image qu’elle ne reconnaissait plus, elle demanda à retourner dans le livre.

Au vu des circonstances exceptionnelles, et pour éviter un scandale autour des artefacts défectueux, l’Académie répondit favorablement à sa requête.

Mary contribua à des échanges fructueux avec l’Académie pendant son voyage, avec des essais d’utilisation d’artefacts différents notamment, qui firent avancer la science des voyages.

Mais tout corps vivant est appelé à disparaître un jour.

Mary mourut en état de lecture, son esprit toujours dans le livre. 

Néanmoins, elle devint éternelle grâce au personnage qu’elle incarnait et qui était devenu sa nouvelle vie.

Ce qu’il reste d’elle désormais est le souvenir d’une bibliothécaire courageuse, pourvue d’un grand sens de l’humour, d’une élégance agrémentée d’un brin de folie et de beaucoup de pédagogie, encore lu et regardée aujourd’hui.

En décembre prochain sort une nouvelle adaptation de son univers au cinéma.

Bel hommage à une grande dame qui nous a quitté il y a dix ans ainsi qu’à son écrivain, la fameuse Pamela Lyndon Travers.

 

Sac en tapisserie et parapluie qui parle,

A.Chatterton