Publié dans Ateliers d'écriture

Atelier d’écriture #5 : Ecrire une nouvelle à partir d’un titre existant

Coronavirus oblige, l’atelier d’écriture auquel je participe à l’université de Lyon mené par Chloé Dubreuil a été annulé en présentiel. Pas grave, je le ferai en ligne ! Aujourd’hui, on écrit à partir d’un titre préexistant inventé par… Baudelaire !

L’histoire de l’Atelier : 

Le critique littéraire Eugène Crepet, a eu un jour l’idée d’acquérir l’original des liasses de manuscrits ébauchés du poète Charles Baudelaire. En les dépouillant, il a réussi à dresser une liste considérable d’œuvres que Baudelaire n’a pas abouti et dont les titres, ne devaient certainement pas être définitifs.

Ces titres sont les suivants :

  • Le marquis invisible.
  • Le portrait fatal.
  • L’amour parricide.
  • L’almanach.
  • La fin du monde.
  • Pile ou face.
  • Le triomphe du jeune Boniface.
  • La Licorne.
  • La maîtresse de l’idiot.
  • Une brebis galeuse.
  • Une infâme adorée.
  • L’automate.
  • Les enseignements d’un monstre.
  • Le crime au collège.
  • Le catéchisme de la femme aimée.
  • Le mari corrupteur.
  • Les monstres.
  • Les heureux de ce monde.
  • Le monde sous-marin.
  • Une ville dans une ville.
  • Les mineurs.
  • Le rêve prophète.
  • Le prétendant malgache.
  • Le fou raisonnable et la belle aventurière.
  • Le déserteur.
  • Le boa.
  • Une rancune.

Les consignes :

L’idée est de choisir l’un des titres et de l’utiliser comme base pour écrire un texte qui correspond à ce titre.

Il peut être en vers ou en prose, en nouvelle ou en récit et doit être adapté à notre époque actuelle.

L’idée de départ :

Beaucoup trop de titres et d’idées potentielles de récits ! Il a fallu faire un choix et j’ai jeté mon dévolu sur Une brebis galeuse.

Je me suis inspirée d’un entretien d’embauche que j’ai passé pour une centrale d’appel, à mon arrivée à Lyon, et imaginé ce qu’aurait pu être le présent d’une femme qui déteste ce travail. Cela a donné la nouvelle suivante.

La nouvelle :

Une brebis galeuse

Tous les matins, je me lève à 6h et  prends le métro bondé pour aller au travail. J’enchaîne un, deux, trois cafés, puis une réunion de motivation d’équipe, censée stimuler mes performances. Ici à la centrale d’appel d’Assurance-mix, il faut être compétitif, en vouloir un max, pour faire gagner son équipe d’assureurs. L’assurance, on y croit, et les mini-défis censés nous motiver toute l’année existent pour nous faire gagner. Mais gagner quoi ? Cent euros de plus sur ma fiche de paie ? Des bénéfices pour l’entreprise ? Les jours passent et se ressemblent dans le grand open-space, sous la lumière artificielle des néons, entourée de gens qui s’agitent dans tous les sens pour des actions vaines.

Quand j’ai commencé ce travail il y a un an, je me disais que j’allais gagner rapidement de l’argent et être formée à un nouveau métier, et cela me convenait. Je débarquais alors dans la ville et cherchais désespérément un emploi. Aujourd’hui, mon intérêt pour ce boulot a disparu. J’ai l’impression de perdre du temps de vie. Du temps que je pourrais consacrer à autre chose. Autrechose… mais quoi ? Je l’ignore. Je continue donc à aller travailler, et enchaîne métro-café-coups de fil à gogo pour vendre des produits auxquels je ne crois plus, rêvant à une vie différente, sans avoir le courage d’en dessiner les contours. Et depuis peu, je prends des médicaments pour endiguer ma dépression grandissante, me raccroche à mon horoscope journalier, espérant un signe du destin.

Ce matin, le chef d’équipe m’a convoquée dans son bureau. Il paraît que mes résultats mensuels plombent ceux de l’équipe.

“Sandrine, il va falloir te ressaisir ! Je compte sur toi ! » Me lance-t-il avec un clin d’oeil se voulant rassurant.

Je rejoins mon open-space où m’attendent mes collègues. Ils me regardent de travers en passant. Comme si j’étais une intruse dont ils souhaiteraient se débarrasser. 

Je m’assois à mon poste et constate que ma souris a disparu. Je cherche tout autour du poste de travail, avant d’entendre un ricanement et de comprendre. On m’a enlevé sciemment ma souris pour m’empêcher de travailler.

Pas grave, je vais continuer sans et faire bonne figure – je connais les raccourcis claviers – et du reste, il est hors de question que leurs actions m’atteignent. 

Je prends une communication, imperturbable. Un client m’appelle pour une question sur son assurance habitation. Je lui réponds aussi professionnellement que je possible, jusqu’à ce que mon ordinateur se coupe, m’empêchant d’accéder au dossier. J’entends à nouveau un ricanement de l’autre côté de l’open-space, qui me fait lever un sourcil. Je m’excuse auprès de mon interlocuteur et lui propose de le rappeler. Ce n’est pas le protocole, mais je n’ai pas le choix si je veux continuer à l’aider.

Enervée, je redémarre mon ordinateur, tout en essayant de repérer le petit salopard qui s’amuse à mes dépends. L’écran ne s’allume même pas.

Je passe sous le bureau pour me rendre compte qu’il est tout simplement débranché. Je remets la prise au mur, rallume la machine et rappelle le client en contenant la colère qui commence à poindre en moi. On cherche à se débarrasser de moi, mais je ne sais pas encore qui. Je ne me laisserai pas faire. J’ai beau ne pas aimer ce job, je n’en reste pas moins professionnelle.

A peine ai-je terminé mon coup de fil que le boss m’appelle pour m’inviter à le rejoindre à nouveau dans son bureau. Bon, deuxième avertissement de la journée en perspective…

Je vais aux toilettes avaler discrètement un cachet de Lexomil pour me calmer, puis entre, bien lasse, dans son bureau.

Il me demande de fermer la porte, avant de me lancer sèchement :

“ Sandrine, je peux savoir qui t’a autorisée à raccrocher au nez de Monsieur Landru ? Tu n’es pas censée terminer une communication. C’est le client qui est censé le faire !”

– Mais j’ai eu un problème avec…

Pas le temps de terminer ma phrase qu’il m’interrompt déjà :

– Je ne veux pas le savoir, tu respectes le règlement intérieur de la compagnie. Tu as fait perdre des points à ton équipe aujourd’hui avec ça ! Je t’avais demandé de te ressaisir ce matin. Ce n’est pas de cette manière que ça va s’arranger. Maintenant, retourne à ton bureau. »

Le ton est sans appel. Je me dirige vers l’open-space, encore plus abattue, pour découvrir que… ma chaise a disparu.

Décidément, mes collègues veulent ma peau. Je jette un coup d’oeil furibard aux alentours pour voir où  elle a été reléguée, mais ne la trouve pas. Le temps file et je devrais déjà être à mon poste. Nicolas, mon chef d’équipe s’énerve et m’invective :

– “Bon Sandrine, tu reprends tes appels ? T’as déjà perdu quinze minutes, là.”

– “ Mais je n’ai pas de chaise.”

– “ Bah reste debout, alors.”

J’en reste bouche bée. Si même lui s’y met… Je remets mon casque et prends un nouvel appel, debout devant mon bureau. Mais la manoeuvre n’est pas adaptée, et très vite, j’ai mal aux cervicales.

Je me masse la nuque quand j’entends pouffer de l’autre côté du bureau. C’est Marina, le modèle parfait de la commerciale de Assurance-mix. Elle me toise avec arrogance depuis son poste. Je suis sûre que c’est elle qui m’a pris ma chaise. Et ça la fait rire en plus !

L’exaspération commence à poindre, mais je refuse d’y céder. A la place, je prends discrètement un cachet et bois une gorgée d’eau entre deux coups de fils.

A 16h30, je prends une pause bien méritée et vais m’asseoir en “salle de convivialité”, l’espace soit disant chaleureux mis en place par l’entreprise pour renforcer les liens. Pour résumer, une salle de réunion avec un distributeur de café payant, un distributeur d’eau et deux plantes en train de crever.

Je bois rapidement mon café, sans parler à personne, avant de détourner une chaise et de l’emmener jusqu’à l’open-space. Hors de question de passer deux heures de plus debout à me péter le dos. J’ai le cou endolori et des crampes aux mollets. 

Quand j’arrive, tout le monde est encore en pause. L’endroit est désert. A mon poste, rien n’a bougé, mais mon siège n’est pas réapparu. Je place la chaise sous le bureau et vérifie quelques dossiers avant de voir les lieux se repeupler progressivement.

Les appels reprennent à 16h45. J’essaie de me concentrer sur les questions des clients tandis qu’une mouche vole au-dessus de mon bureau. Je la chasse de la main. Elle revient me narguer, se pose sur ma tasse de café. J’essaie de l’écraser tout en continuant ma conversation, quand soudain la tasse se renverse et je laisse échapper un juron, m’excuse tout de suite auprès du client, qui ne comprend pas ce qui se passe, et propose de le rappeler dans les cinq minutes. Il coupe de lui-même la conversation. J’ai échappé à une nouvelle remarque sur le protocole, par contre, je sens venir une autre sur mon langage car nos conversations sont toutes enregistrées et vérifiées par la direction.

Je cours aux toilettes ramasser du papier hygiénique et reviens vite essuyer le café répandu sur le bureau. Heureusement, le clavier n’est pas touché. Je vais m’asseoir quand je remarque qu’on m’a derechef dérobé ma chaise. J’entends à nouveau un rire provenant du poste de Marina. Elle me regarde, hilare.

Je la foudroie du regard, pendant que mon téléphone se remet à sonner. Mais je n’écoute plus. Quelque chose a cédé en moi, et je sens la rage me submerger.

La sonnerie continue dans mon dos tandis que je me dirige vers Marina, mon mug à la main. Elle me regarde arriver vers elle, un air carnassier sur le visage.

“  – Bonjour Marina.

– Bonjour, Sandrine. 

– Je peux savoir ce qui t’amuse autant ? 

– Ton équipe. Vous êtes vraiment à la traîne comparé à nous. En même temps, il n’y a qu’à te regarder pour comprendre.

– Ah ?Tu peux m’expliquer ?

– Moi je n’ai pas de brebis galeuse dans mes rangs.

– Pardon?

– ça va Sandrine, tout le monde sait que tu es sous cachetons. Tu ne te caches même pas pour les prendre. T’es à la ramasse. T’en es à deux avertissements aujourd’hui par le chef.  Je me demande comment on peut encore embaucher des gens comme toi. Je suppose qu’on doit avoir un quota handicapé, ça coûte moins cher à l’entreprise…

Elle s’enfonce dans son siège, fière de sa répartie, un sourire narquois aux lèvres.

Ma main qui tient le mug tremble. Je vois rouge et soudain, lui jette mon restant de café au visage.

Elle se recule, maculée de café, la bouche ouverte. Mais je ne me contrôle plus. Je sais ce qu’il reste à faire maintenant.  Mon bras se lève et je la frappe à la tête avec ma tasse. Le sang coule et, je continue de frapper. Frapper, tel un robot. Le mug se casse, le sang m’éclabousse le visage. J’entends une plainte continue hurler à mes oreilles. Des mains  essaient de me retenir, mais l’adrénaline me procure une force surhumaine et je me débats comme une tigresse. En continuant à frapper, le visage de Marina devient peu à peu une bouillie sanguinolante. Mon bras est toujours en train de lacérer dans le vide quand on réussit enfin à me dégager. Je ne tiens que l’anse de mon mug qui a éclaté sous l’impact. 

Et c’est le trou noir.

“- Didier, c’est quoi ce nouveau test psychologique pour le recrutement des commerciaux ? On n’en n’a pas déjà assez comme ça ?

– Je sais, mais c’est à cause de l’incident de l’autre jour. Ils veulent vérifier les risques d’agressivité chez nos employés.

– Tu veux qu’on se tape des équipes de losers à la vente ?

– Non, j’ai pas dit ça. Cela concerne les passifs-agressifs et ceux qui encaissent mal le stress. Le boss a dit qu’il n’en voulait pas, vu ce qui s’est passé avec la tarée.

– Ah oui, je vois. Celle qui a fini à l’hôpital psychiatrique ? Comment va Marina, au fait ?

– Bah, toujours en arrêt maladie. Elle va se faire refaire la tronche. En même temps, quand on l’a sortie de là, impossible de la reconnaître. Dommage, elle était canon comme nana.

– Ouais, un joli petit cul aussi… Il paraît que l’autre folle marmonnait un truc quand ils l’ont embarquée?

– Oui, attends ça me revient…elle disait en boucle : “Brebis galeuse, brebis galeuse…”

FIN

Envie de vous lancer ?

Rien de plus simple ! Choisis un titre qui  t’inspire et lance-toi ! Tu peux aussi tenter l’expérience avec le titre de ton roman préféré pour détourner son histoire.

N’hésite pas à me laisser en commentaire ton avis sur ma nouvelle, l’exercice, voire ton essai d’écriture, cela me fera plaisir.

A bientôt !

Publié dans Lectures

Mers mortes, Aurélie Wellenstein, éditions Scrinéo

Roman moitié post-apocalyptique, moitié fantastique, Mers Mortes nous fait réfléchir sur des notions d’écologie et de survie humaine autour d’une belle utopie : faire revenir les océans. C’est aussi l’un des cinq finalistes du PLIB 2020. Petit tour d’horizon d’un roman à portée philosophique…

Résumé : Mers et océans ont disparu. L’eau s’est évaporée, tous les animaux marins sont morts. Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines…, arrachent l’âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l’humanité, peuvent les détruire. Oural est l’un d’eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu’il protège depuis la catastrophe. Jusqu’au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme. Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes… De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple. Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?

Mon avis :

Un univers entre Post-apocalyptique et Fantastique

Ce qui frappe au premier abord dans les premiers chapitres de Mers Mortes, c’est l’omniprésence de la chaleur, de la désertification terrestre. Tout est installé pour nous rappeler la catastrophe écologique qui a fait disparaître les océans. Au milieu de ce cimetière marin, quelques bastions d’humains résistent encore et tentent de survivre sous ces conditions climatiques dévastatrices, mais pour combien de temps ?

Passé le climat aride, une autre menace gronde : celle des fantômes des poissons disparus. Tous les jours, ils reviennent se venger des humains sous forme de marées imaginaires, afin d’aspirer leurs âmes. Pour se protéger, un seul remède : les exorcistes. Humains doués d’un talent pour tuer ces monstres marins, ils sont tantôt vénérés, tantôt traités en esclaves. Leur but premier est de protéger les autres vies, comme Oural, le héros de notre histoire, grâce à leur magie qui permet de détruire les fantômes des poissons morts.

Si vous pensiez être tranquille une fois à l’abri de la chaleur et aux fantômes, détrompez-vous ! Ce seront peut-être les hommes qui auront raison de vous, ou encore des zombies, ces hommes dont les poissons ont aspiré l’âme ! Post-Apo oblige, au fil du roman, nous serons confrontés à des profils et des modes de survie divers : société hiérarchisée où les exorcistes sont considérés comme le haut de la caste, équipage de pirates qui pille les ressources des autres, réfugiés parqués en un bidonville en première ligne pour protéger les aisés, … Ce qui compte, ce n’est pas le côté juste de ses actions, mais de rester vivant malgré tout, voire au détriment des autres.

Une ambiance angoissante vous accompagnera dans ce roman au rythme haletant et au style fluide. Aurélie Wellenstein joue la carte de l’originalité, en dehors du sujet abordé, en alliant deux genres différents : le post-apocalyptique et le fantastique, et c’est plutôt réussi.

Un roman d’apprentissage 

Le roman est tourné comme une quête d’apprentissage pour Oural, jeune exorciste puéril et orgueilleux, qui n’a jamais quitté son bastion où il vivait avec sa garde du corps/compagne et d’autres réfugiés. En rejoignant l’équipage de Bengale bien malgré lui, il va remettre en cause tout ce qu’on lui a appris sur son statut d’exorciste vénéré et découvrir d’autres exorcistes et surtout des modes de survie beaucoup moins recommandables. Il apprendra aussi à développer ses pouvoirs et se retrouvera confronté à des choix importants qui l’aideront à grandir.

Le lecteur est invité à découvrir cet univers avec lui et à prendre part à la quête de Bengale et de son équipage : retrouver des âmes puissantes pour les offrir en sacrifice au Léviathan, seul cachalot vivant restant réfugié dans le Grand Nord, aux allures de Chtulhu. En échange, le cétacé à promis de rendre les océans. Mais va-t-il tenir parole ? En attendant, le temps presse car sans eau, l’air se raréfie sur terre, et ce n’est qu’une question de temps avant que l’humanité soit condamnée. Le suspens va tout tenir en haleine jusqu’au bout du récit…

Pour moi, Bengale est le vrai héros de cette histoire. S’il est abordé dès le départ comme quelqu’un d’abject, parce qu’il tue des innocents pour aspirer leur âme, et capture des exorcistes afin de protéger son vaisseau, peu à peu, on découvre un personnage plus nuancé. C’est un homme torturé par ses démons intérieurs, vénéré comme un prophète par ses hommes, mais surtout terriblement seul à porter cette quête. Pour Oural, il sera un geôlier, un chef, un ami, un père, voire plus…

Leur duo complémentaire mène le récit et éclipse les autres protagonistes. Cela est un peu dommage, car les personnages secondaires, tous avec un passé de survivant différent, sont très intéressants.

J’ai personnellement été déçue par l’achèvement de cette quête, qui, sans vouloir en dévoiler plus, m’a semblé plus fantastique que post-apocalyptique. Ceci dit, sa conclusion est logique, malgré un retournement de situation de dernière minute, et elle est soignée.

Mon personnage préféré reste Trellia, la delphine fantôme d’Oural, qui l’aide à exorciser les autres animaux marins. Elle est la note d’espoir du récit, qui se veut sombre et très réaliste.

Une réflexion écologique

Au delà de cette fiction, Aurélie Wellenstein nous offre une réflexion plausible pour notre avenir en 2050. Elle aborde des sujets qui sont déjà présents de nos jours, dans les actualités concernant l’écologie marine : la surpêche, le réchauffement climatique, les rejets d’engrais et d’hydrocarbures, la fonte des glaciers, le destin des réfugiés climatiques… Et essaie d’imaginer une vie sans océans. Et ce n’est pas très joli !

Par ailleurs, on sent que l’auteure est engagée concernant la préservation des océans, notamment à travers ses descriptions très réalistes de morts d’animaux marins. Car Oural fait des cauchemars d’animaux qu’il a tué, mais en étant à leur place : suffocation d’un Phoque avec des sacs plastiques, engluement des oiseaux dans une nappe de pétrole, harponnage de dauphins pour le plaisir ou leurs nageoires, pêche des requins pour leurs nageoires.  Les images et sensations décrites de la souffrance de ces animaux ne laissent pas le lecteur indifférent. Ils sont présents de manière sous-jacente pour sensibiliser à la cause écologique… et je dois dire que c’est assez efficace.

La conclusion que l’on peut tirer de ce roman est que même dans un univers ou les hommes n’ont plus rien, il ne leur reste que deux possibilités : survivre en gardant une note d’espoir ou devenir le prédateur des autres. Oural nous proposera une troisième alternative…

En conclusion : Un récit noir et palpitant sur la survie sans les océans, mené par un  exorciste adolescent et un capitaine aux allures de Barbarossa. Une belle leçon sur la nécessite de protéger l’écologie marine, sur fonds de roman post-apocalyptique.

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #6

Au sommaire de ma veille littéraire du net cette semaine : encore des ebooks, des audiolivres aussi, un festival littéraire virtuel avec Pierre Dubois, un escape game virtuel, un jeu de société à télécharger, un concours d’écriture, un reportage sur le château de Downtown Abbey et une expo idéale à réaliser avec Hervé Tullet.

Ebooks et audiolivres gratuits du jour

Voici les ebooks que j’ai glanés sur la toile cette semaine :

Le Festival des Imaginales met en ligne une anthologie du confinement, comprenant des nouvelles issues des anthologies précédentes, en accès gratuit. On peut s’abonner à l’aide du formulaire situé à la fin du livre, sur la dernière page. Les livres ne sont pas téléchargeables mais en lecture seule avec Calameo. Que du beau monde dans ces nouvelles : Charlotte Bousquet, Estelle Faye, Silène Edgar, Lionel Davoust…

La e-bibliothèque de la SNCF te propose polars, mais aussi documentaires, bd et littérature générale sur son site internet. Pour les mamies, des romans du terroir sont disponibles et classés par région. C’est la première fois que je vois ça ailleurs qu’en bibliothèque ! L’inscription est gratuite, mais les livres ne sont pas téléchargeables, tu peux juste les lire en ligne.

L’application Rocambole, des romans présentés sous formes d’épisodes courts, idéal pour lire dans le train ou quand on a 5 minutes à tuer. Tous les genres sont dispos. Tu trouveras des textes originaux d’auteurs inconnus, un classement sympa (mention spéciale aux « filles badass ») et des couvertures de jolies couvertures de livres. Pour le moment, le catalogue est peu fourni mais c’est un début prometteur.

Et sinon, je me suis dit que les ebooks, c’était bien, mais que je passais beaucoup trop de temps sur les écrans, alors je me suis orientée vers les audiolivres. J’ai trouvé un article de Les outils Tice, qui recense cinq sites d’audiolivres gratuits. Et j’ai essayé d’écouter Orgueils et préjugés de Jane Austen sur Audiocité. Et bien, ça change ! Par contre, impossible d’écouter sans faire autre chose à côté, alors je me suis mise à la peinture…

Evénements littéraires virtuels à venir

Les blogueuses de Recto-Verso organisent depuis 4 semaines des rencontres avec des maisons d’éditions dans le but de soutenir la chaîne du livre, dans le cadre d’une opération baptisée « Une semaine, une maison d’édition, une mobilisation ». Des live vidéo ont lieu chaque semaine sur la page Instagram de la maison d’édition mise à l’honneur. Il y a quelques temps, c’étaient les éditions du Chat noir. La semaine prochaine (du 20 au 26 avril 2020), ce sera le tour des éditions du Héron d’argent, où est publié le roman L’apprentie Faucheuse de Justine Robin . C’est l’occasion de découvrir une maison d’édition ou de poser des questions à des auteurs que tu connais déjà. En parallèle, les blogueuses proposent des interviews d’auteurs autoédités et de petites maisons d’éditions, en live facebook ou instagram. La prochaine est prévu samedi 18 avril à 20h30 avec les éditions L’alsacienne indépendante. Les informations relatives aux programmes des lives sont sur la page facebook de Recto-Verso.

Le festival Florilège des imaginaires, organisé par L’Office de l’imaginaire ardennais sera en live sur Facebook du 17 au 19 avril 2020. Au Programme : des contes et contes musicaux, des tables-rondes littéraires, une soirée jeu de rôle en ligne, des conférences et la clôture avec du chant par Luc Arbogast. Personnellement, je suis impatiente d’assister au Conte de Paddington lu par Pierre Dubois (samedi 18/04 à 15h) et la conférence de Claudine Glot intitulée De Merlin à Daenerys qui me semble bien mystérieuse. Attention, pour la soirée jeu de rôle du dimanche soir, il faut s’inscrire au préalable ici.

Deux jeux pour s’amuser sans sortir de chez toi

Un escape game en ligne par les créateurs d’Escape Yourself Le Mans, est disponible en accès libre depuis peu. On te propose une enquête immersive sur les traces de Sherlock Holmes, intitulée L’alliance du Docteur Watson. Enigmes, casse-têtes sont au rendez-vous, dans une escape où le temps n’est pas compté, mais où, pour gagner il te faudra demander le moins d’indices possibles. Les créateurs organisent un concours autour de ce jeu. Si tu veux y participer, prend une copie d’écran de ta victoire et envoie-leur en message sur leur page facebook. Le gagnant pourra gagner des places pour venir essayer de vraies escape game, au Mans.

J’avais déjà parlé des packs de jeux à télécharger chez Asmodee dans ma watch #4 avec le jeu Sherlock Holmes Détective conseil…Et bien, tu seras content(e) d’apprendre qu’ils ont ajouté le jeu Dixit ! C’est un de mes jeux favoris. Il s’agit de faire deviner sa carte aux autres joueurs en faisant référence à un livre, film, etc… Cela peut vite partir en sucette si les sujets dérapent. Dans la version proposée en ligne, tu trouveras des cartes à découper et un livret de règle. Pour les jetons et le plateau, à toi de l’inventer ! Si tu veux plus de détails sur le jeu, clique ici. Et si tu n’as pas d’imprimante, pourquoi ne pas inventer tes propres cartes ? 😉

Un concours d’écriture 

Suite à un vote de leurs lecteurs sur Instagram, les éditions Scrineo organisent un concours d’écriture dont le principe est d‘écrire la suite de ton roman Scrineo préféré. Moi je trouve l’idée sympa, parce qu’elle change du sempiternel concours d’écriture spécial confinement (qui te ramène inlassablement au coronavirus). En plus, dans le catalogue Scrinéo, il y a pas mal de livres supers comme Rouille et Les noces de la renarde de Floriane Soulas, ou Mers Mortes de Aurélie Wellenstein, ou encore La voie des oracles de Estelle Faye… Le concours se termine le 11 mai 2020. Si tu veux plus de détails, c’est ici. 😉

Le documentaire de la semaine

Si tu es fan de la série historique Downtown Abbey, tu seras ravie de découvrir ce reportage Arte sur le château de Highclere. Au-delà de servir de décor à la célèbre famille Crawley, tu en apprendras un peu plus sur l’histoire du château, rénové par l’architecte de Westminster, et surtout sur son propriétaire frappé d’une malédiction égyptienne. Le reportage dure 10 minutes, à partir de la 30ème minute. (si tu veux t’éviter le reportage sur l’Acadie et la Croatie). Il est disponible jusqu’au 13/06/2020 en replay sur le site d’Arte.

L’artiste de la semaine 

Connais-tu Hervé Tullet ? Connais-tu l’album jeunesse Un livre ? Si ce n’est pas le cas, tu passes à côté d’un truc ! Je sors un peu des sentiers battus pour l’artiste de la semaine, mais cela en vaut la peine.

Hervé Tullet est un artiste-illustrateur-plasticien français qui vit à New-York. Il est célèbre pour sa série de livres jeunesse, dont le fameux Un livre. Ses albums sont comme des mini-oeuvres d’art modernes sans pour autant être prétentieuses… vu qu’ils sont destinés aux enfants.

L’artiste indique lui-même qu’il dessine très mal. Il essaie de désacraliser la notion d’oeuvre d’art par ses dessins en la mettant à la portée de tout le monde. J’avais écouté le podcast du Salon de la littérature jeunesse consacré à Hervé Tullet, la semaine dernière (cf my watch #5), et j’ai découvert son projet en ligne L’expo idéale.

Il s’agit d’un projet de création collaboratif mené par l’artiste dont le but est de libérer sa créativité. Il est basé sur une websérie qu’à réalisée Hervé Tullet pour apprendre aux enfants à réaliser ses dessins. On peut participer au projet en envoyant ses propres créations via un formulaire. Tout est rediffusé ensuite sur les différents réseaux sociaux de l’artiste.

Personnellement, je trouve que c’est une manière originale d’aborder les illustrations, l’art… et de créer sa propre expo à la maison ! Et toi, qu’en penses-tu ? Envie d’essayer ?

Voilà, ma veille littéraire de la semaine est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Boule de gomme et sucre d’orge,

A.Chatterton

 

Publié dans Ateliers d'écriture, Lectures

Les conseils d’écriture… de Haruki Murakami

Dans son essai  autobiographique sur l’écriture intitulé Profession romancier, Haruki Murakami développe sa vision de l’écrivain, de la littérature et surtout sa manière de travailler. Bienvenue dans le bureau de l’auteur japonais le plus connu au monde…

Extrait : « Écrire un roman n’est pas très difficile. Écrire un roman magnifique n’est pas non plus si difficile. Je ne prétends pas que c’est simple, mais ce n’est pas non plus impossible. Ce qui est particulièrement ardu, en revanche, c’est d’écrire des romans encore et encore. Tout le monde n’en est pas capable. Comme je l’ai déjà dit, il faut disposer d’une capacité particulière, qui est certainement un peu différente du simple « talent ». Bon, mais comment savoir si l’on possède cette aptitude ? Voici la réponse : plongez dans l’eau et voyez si vous nagez ou si vous coulez. Bienvenue sur le ring ! »

Mon avis :

Plutôt qu’une énième critique littéraire sur l’autobiographie de l’auteur, j’ai souhaité ici extraire sa pensée et vous la restituer sous forme de manuel de conseils à destination des jeunes écrivains.

La méthode Murakami pour écrire des romans

La réécriture façon traduction

Dans le chapitre 6 de son essai, Profession romancier, Haruki Murakami raconte que pour écrire son premier roman, il a utilisé une méthode inédite : il a d’abord écrit son texte d’une traite, à la main sur du papier. Puis, il l’a traduit en anglais en le retapant à la machine à écrire (c’était il y a 30 ans…). Enfin, il l’a traduit à nouveau dans sa langue d’origine. De là, il a réussi à dégager un texte fluide et épuré, différent de ce qui était publié jusqu’alors au Japon.

Envisager sérieusement le métier d’écrivain

Au fil du temps, l’auteur japonais a affiné sa technique et s’est mis à envisager l’écriture comme un travail au long cours, et surtout un vrai métier. Il l’exprime par la métaphore du ring : s’il est facile d’y entrer, il est plus compliqué d’y rester. Il faut surtout faire preuve de persévérance.

Toujours dans le chapitre 6 de Profession romancier, Murakami explique qu’il mène une vie plutôt solitaire et bien organisée pour écrire ses romans longs. Il consacre 5 heures par jour à écrire tous les matins et se donne un objectif de 10 pages manuscrites par jour. L’après-midi, il lit, écoute de la musique et fait une heure de sport quotidienne pour entretenir son corps. Il a compris que le mythe de l’écrivain torturé avait fait son temps et que pour être endurant en écriture, il fallait également ménager son corps.

De nombreuses relectures et réécritures

Passé l’étape d’écriture, sa méthode de travail consiste en plusieurs relectures successives du manuscrit, entrecoupées de pauses d’une semaine. A chaque relecture, il se concentre sur un aspect différent : par chapitre ou partie pour les allonger ou les rétrécir, sur les détails pour la cohérence, dans sa globalité pour fluidifier la lecture.

Une fois cela terminé, il enferme le manuscrit un mois dans son bureau et « l’oublie » comme s’il le laissait décanter, et s’octroie des vacances. A la fin de cette période, il relit de façon minutieuse son roman pour le corriger à nouveau, puis le fait lire à sa femme pour avoir un avis extérieur, et à son éditeur.

Il insiste sur le facteur temps, à la fois pour faire germer ses idées pendant la phase d’écriture mais aussi pour les faire décanter une fois le premier jet achevé.

Trouver l’inspiration

Dans le chapitre 5 de son essai, Haruki Muramaki explique qu’il est devenu écrivain d’abord en étant un grand lecteur. Ce qui lui a permis d’absorber toutes sortes de constructions littéraires pour écrire un roman. Mais il est surtout très observateur dans son quotidien. Sa méthode est de retenir des données liées à son environnement ou son entourage, sans jugement, puis de les stocker dans son tiroir mental. Quand il écrit, il a eu le temps de maturer ses idées et les réutilise, comme une ressource inépuisable. Fait amusant, il n’écrit rien dans des carnets mais garde vraiment tout dans sa tête.

Comment se faire connaître ?

Gagner un prix littéraire

Haruki Murakami a gagné le Prix des Nouveaux Auteurs de la revue Gunzo pour son premier roman Ecoute le chant du vent, en 1979. Il explique qu’il ne s’attendait pas à être reconnu comme auteur et que ce premier roman était né d’une envie d’écrire sans aller plus loin. Il avait envoyé son manuscrit à la revue sans trop y croire et l’avait oublié jusqu’à ce qu’il apprenne sa victoire.

La leçon a en tirer est que parfois, concourir à un prix peut ouvrir les portes du métier d’écrivain. En France par exemple, la plupart des romanciers qui ont gagné le Prix Goncourt ont vu leur carrière décoller par la suite. De façon plus modeste, vous pouvez aussi concourir pour des appels à textes thématiques ou encore des concours littéraires afin de vous exercer, avant d’envoyer votre manuscrit à une maison d’édition.

Multiplier les genres, les formats d’écriture

L’écrivain japonais a écrit des romans, des essais, et même des nouvelles publiées dans un journal. Il écrit au fil de ses humeurs, même s’il se considère avant tout comme romancier.  Le fait d’écrire dans des formats différents lui apporte de l’expérience : La nouvelle lui permet de tester des exercices de style. S’il s’agit d’une commande pour un journal, les contraintes imposées corseront l’exercice. Le roman nécessite une préparation différente, proche d’un marathon. Enfin, l’essai reste pour lui une manière de coucher ses pensées sur une thématique particulière.

Une chose à retenir cependant, est qu’il se consacre à un projet littéraire à la fois pour rester concentré.

Ne pas se limiter à son pays

Se faire connaître dans son pays… puis à l’étranger a été un objectif pour Murakami. Déjà bien connu au Japon, il vivait à l’étranger quand l’idée lui est venue de publier ses livres aux Etats-Unis. Il a ainsi commencé par écrire des nouvelles pour le journal The New Yorker, pour se faire connaître des américains, avant de trouver un agent, et surtout des traducteurs japonais-anglais pour publier ses livres en Amérique. Dès le départ, il a su bien s’entourer et tisser un réseau très fort au niveau éditorial. Et cela s’est avéré payant : il est maintenant connu et traduit dans de nombreux pays.

Haruki Murakami : Sa vie, son oeuvre

Haruki Murakami est un auteur japonais contemporain. Il a écrit environ une cinquantaine de romans, nouvelles et essais autobiographiques. Tous ne sont pas traduits en français, mais les plus célèbres sont la trilogie 1Q84, Kafka sur le rivage, Autoportrait de l’auteur en coureur de fond. Son dernier roman est Le meurtre du commandeur. Tous sont publiés chez les éditions Belfond.

Il est difficile de décrire le style de Murakami. Sur Wikipédia, il est indiqué qu’il pratique le réalisme magique, la quête picaresque. Il mêle science-fiction, fantastique, enquête policière…et quotidien teinté de mélancolie. Pour ma part, je décrirais ses romans comme des récits avec une temporalité plutôt lente, où il ne se passe pas grand chose, où l’on peut rencontrer des personnalités ou des objets fantastiques. Il a l’art et la manière de raconter des histoires où l’on se sent bien. Et quand le livre est terminé, même si de nombreuses questions liées à l’intrigue restent en suspens, on n’a qu’une envie, c’est de le relire !

Le romancier a gagné plusieurs prix mais aucun Nobel, et dans Profession Romancier, il ne s’en offusque pas. Ce qui le caractérise particulièrement, c’est une forme d’indolence latente. Rien n’est important. Ce qui peut paraître bizarre du point de vue occidental !

Pour conclure sur Profession Romancier, outre des anecdotes sur l’écrivain et ses méthodes d’écriture, vous en apprendrez un peu plus sur le système d’édition japonais et la vision de Murakami concernant ses lecteurs et les écrivains contemporains japonais.

J’espère vous avoir donné envie de découvrir l’univers d’Haruki Murakami et aussi apporté quelques conseils d’écriture si vous débutez.

Sushis et Onigiris,

A.Chatterton

Publié dans Dialogues avec mon chat

Changement d’heure et confinement

Ou quand Amélia essaie d’expliquer à son chat des notions bien humaines…

4h30 du matin. Le chat Gimli gratte la porte de la chambre d’Amélia en miaulant à s’en faire péter les cordes vocales :

« Esclave ! Réveille toi ! J’ai faim ! Et puis, ton réveil n’a pas sonné. »

Amélia dans le coaltar, grogne du fond de son lit :  » Va te recoucher, c’est pas l’heure. »

Gimli, énervé : « Comment ça, c’est pas l’heure ! C’est comme ça que tu me remercies ? De te réveiller alors que tu as oublié de mettre ta machine musicale pour le faire ? Tu vas être en retard au travail, je te signale ! Et moi, j’ai faim. »

Le chat reste planté sur ses pattes et fixe le lit d’un air résolu.

Amélia râle :  » Non, il est 4h30. Je ne vais pas être en retard, j’ai encore une heure devant moi. C’est normal si mon réveil n’a pas sonné »

Le chat, déterminé à avoir raison, continue, sûr de son fait : « Mais non, il est 5h30. C’est l’heure des croquettes. M’embrouille pas. »

Amélia répond d’un ton agacé : « Gimli, cette nuit c’était le changement d’heure, on a reculé d’une heure. »

Gimli en reste la bouche ouverte, choqué : « C’est quoi ce délire ? Sous prétexte d’une invention d’esclave, je mange une heure plus tard ? Je m’en fous, pour moi il est 5h30. C’est l’heure des croquettes. J’attends humaine, que tu me serves en bon esclave que tu es. Si on a une heure de plus, ça te fait du temps en plus pour t’occuper de moi… »

Amélia soupire : « Et tu peux pas faire comme tout le monde ? Profiter d’une heure de sommeil en plus ? »

Gimli répond d’un air catégorique: « Non, je suis un chat, je dors quand ça me chante.”

Puis, plissant les yeux, il ajoute : “ Mais comme je vois que tu n’es pas réceptive à ma demande, je te laisse dormir exceptionnellement une heure de plus. Tu vois, je suis un Maître magnanime. »

Amélia  :  » Fort aimable ». Elle se retourne dans sa couette.

Il s’éloigne de la porte à pas feutrés.

2 minutes plus tard, le réveil sonne.

Le chat est de retour à l’entrée de la chambre : « Humaine, j’ai faim ! Donne moi des croquettes. C’est l’heure maintenant ».

Amélia le toise, d’un air circonspect : « Avoue, tu matais l’heure pendant qu’on discutait. « 

Gimli entreprend de se nettoyer les oreilles. Il prend un air indifférent avant de lui répondre :  » Je suis un chat, je ne sais pas lire l’heure, je te signale… ».

 Il continue plus bas : « Par contre, je sais l’estimer avec le soleil »

Amélia la tête dans mon oreiller, se redresse d’un bond : « Tu as dit quoi ? »

Gimli, retient un sourire : « J’ai dit qu’aujourd’hui, on allait avoir du soleil… Bon tu te lèves ? »

Amélia, le toise d’un oeil noir :  » Mouais, je me lève, tu ne perds rien pour attendre. »

Gimli, d’un air narquois se dirige vers sa gamelle : « Je préfère… »

La jeune fille sort péniblement de son lit, va servir une large ration au chat, puis retourne me recoucher.

Gimli dévore sa ration, puis se plante à nouveau à l’entrée de la chambre : « Esclave !? »

Amélia, très agacée d’être réveillée à nouveau, essaie de le rembarrer : « Quoi encore ? C’est bon t’as eu à manger. Tu veux quoi de plus ? »

Gimli, interrogatif : « Pourquoi tu vas te recoucher ? Tu ne dois pas aller travailler ? »

Amélia, d’un ton docte : « Non, c’est le Confinement Gimli, je fais du télétravail. Et à partir de 8h. Donc, je peux encore dormir un peu, si tu me laisses tranquille. »

Gimli, perplexe :  » C’est quoi le confinement et le télétravail ? Je ne comprends rien. »

Amélia reprend :  » Cela veut dire que je ne dois pas sortir dehors parce qu’il y a une maladie en ce moment et que je peux utiliser mon ordinateur pour travailler à la maison »

Gimli, soulagé : « Ah d’accord, c’est comme un weekend alors ? »

Amélia, hésitante, lève un sourcil :  » Comment ça, c’est comme un weekend ? »

Gimli, d’un air suffisant : « Bah tu restes au lit, tu vas sur l’ordinateur et tu ne sors pas. »

Amélia, gênée : « Euh…oui, si on veut »

Gimli, blasé : « Vous humains, vous avez vraiment des mots compliqués pour expliquer les choses… Bon bah à dans une heure, alors ! »

Amélia, interrogative : « Comment ça, à dans une heure ? »

Gimli, pédant : « Bah oui, si c’est comme le weekend, notre accord tacite tient toujours : je viens réclamer de l’attention toutes les heures. »

Amélia, se massant les tempes : « Je sens que le confinement ne va pas être facile… »

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #5

Au sommaire de cette nouvelle veille littéraire du net : encore des ebooks gratuits, une réflexion sur le sexisme en Fantasy, un salon du livre virtuel dédié à la jeunesse, une murder party virtuelle, un documentaire sur Donjon et Dragons, la visite virtuelle des lieux emblématiques de Jane Austen, et des Bd pour bien se marrer.

Les Ebooks gratuits de la semaine 

Image par <a href="https://pixabay.com/fr/users/janeb13-725943/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=1176150">Welcome to all and thank you for your visit ! ツ</a> de <a href="https://pixabay.com/fr/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=1176150">Pixabay</a>

J’ai encore dégoté quelques ebooks gratuits ou peu onéreux cette semaine que j’avais envie de te partager.

  • Dans un article de ActuSF, la Ligue de l’imaginaire te propose des nouvelles à prix libre par 40 auteurs pendant le confinement. Dans le lot, plusieurs noms connus : Jean-Luc Bizien, Bernard Werber…
  • La Bibliothèque du Sillon Lorrain ouvre ses abonnements numériques gratuitement à des nouveaux adhérents. Il suffit de s’inscrire sur leur site internet. Magazines, romans récents, documentaires, et livres jeunesse sont disponibles dessus.
  • Envie de bd et de mangas ? Je suis tombée sur un article de IdBoox.com qui recense des ressources numériques gratuites. Je te laisse piocher, il y a pas mal de titres dont des mangas récents comme The promised Neverland ou Black Clover

Si tu n’as pas envie de fouiller parmi ces ressources foisonnantes, je te conseille trois livres :

  • Dans le même univers que La crécerelle de Patrick Moran, tu apprécieras de découvrir une nouvelle intitulée L’assassin du Praximarque en accès libre sur le blog de l’auteur.
  • Plutôt Dark Fantasy ? Essaie Nuit tatouée, le premier tome de la série de la Peau des rêves par Charlotte Bousquet, est disponible en wetransfer gratuit ici. Un roman Young adult dans un Paris Post-apocalyptique avec des chimères et une jeune héroïne à la recherche de ses origines, sur fond de lutte pour sa survie.
  • Enfin, si tu es d’humeur philosophe, Histoires de chambres de Michelle Perrot pourra te convenir. Il s’agit d’une réflexion sur l’histoire culturelle de la chambre, ses usages et occupations au fil des époques, mais aussi à travers la vision des auteurs et artistes qui écrivent confinés.

La réflexion de la semaine

prieuré orangé samantha shannon

La fantasy est-elle sexiste ?  A la lecture de cet article du blog Planète diversité qui met en exergue le roman Le Prieuré de l’oranger de Samantha Shannon et les autres romans de fantasy que l’on connaît tous, je me suis rendue compte que 1) j’avais une vision réduite des romans de Fantasy, et plutôt sexiste, 2) on pouvait mettre en valeur les personnages féminins en Fantasy sans qu’elles soient des mères, des épouses, des femmes fatales ou des guerrières badass, 3) je peux à mon niveau favoriser cette mise en valeur en lisant des romancières, ou des intrigues qui les valorisent.

En bref, un article qui m’a interpellée sur des attentes de lecture et des clichés qui me sont habituels, alors que je devrais les questionner, sans pour autant tomber dans un féminisme forcené. En bonus, cela me donne encore plus envie de lire Le Prieuré de l’oranger !

Les événements littéraires du moment 

Le salon du livre jeunesse ne peut avoir lieu cette année à Paris. Ce n’est que partie remise ! Il sera virtuel ! Sur le site du Salon, depuis le 8 mars, tu peux visiter quelques expos, t’amuser avec des jeux concoctés par les auteurs, réaliser des ateliers créatifs depuis chez toi, écouter des podcasts associés à des illustrateurs. Mon coup de coeur est le podcast sur Hervé Tullet, auteur de Un livre, un super album un peu interactif, idéal pour les enfants. En 50 minutes, l’auteur évoque ses influences littéraires, musicales, et artistique en général, ainsi que son processus de création.

Les Imaginales sont annulées ? Ce n’est pas grave ! Tu peux quand même participer à la fameuse murder party organisée chaque année par la Bibliothèque d’Epinal. Elle aura lieu pour la première fois en virtuel sur Facebook du 10 au 17 avril. Prêt à découvrir le coupable ? A vos loupes et carnets !

Les comic-strip qui me font rire en ce moment

Si tu apprécies l’humour noir un peu limite, je te conseille Les Patates de David Berry. Comme son titre l’indique, il s’agit de patates mises en scène sur quelques cases de bd autour de sujets un peu crades. La chute est toujours ignoble mais je trouve ça hilarant. David Berry a un site internet, mais il publie régulièrement des planche de 6 cases ou moins sur sa page facebook.

Sinon, Poulop, un dessinateur bordelais à l’origine d’un site sur l’éducation au dessin, propose depuis le début du confinement et chaque jour sur sa page facebook, un strip de deux cases intitulé Dédé le confiné. Sur la deuxième case, il demande aux lecteurs de choisir l’action du personnage pour le lendemain. Dédé le confiné, c’est un peu nous, mais version rat de laboratoire. Une bd interactive et amusante que je te conseille.

La mini-web-série youtube pour se poiler :

J’ai découvert cette semaine la web-série Le syndic du Donjon, par Davy Mourier qui joue sur les codes des romans de Fantasy. L’intrigue tourne autour d’une réunion de syndic des membres d’un Donjon avec pas mal de caricatures et de l’humour bien potache. On y trouve un magicien, un bourreau et sa victime, Jeanne d’Arc, un nain, un dragon, une princesse… autour des joies de la vie en communauté. Les décors extérieurs envoient du lourd, et ont été tournés en Ardèche je pense,  mais les costumes sont bien cheap . Si ça t’intéresse, il y a 9 épisodes de 5 minutes chacun sur la chaîne youtube de Davy Mourier. Cela m’a bien amusée pendant 30 minutes, même si je dois avouer qu’il y a plus de générique que de scènes jouées à proprement dit.

Le jeu de société du moment 

Les-Loups-Garous-de-Thiercelieux-Asmodee FNAC

Tu es seul(e) chez toi, et tu voudrais jouer à un jeu collectif ? Si tu connaissais Le loup garou de Thiercelleux, je t’annonce qu’il est disponible en application par Wolfy et gratuitement !

Si tu ne connais pas ce jeu, c’est simple : il s’agit d’un genre de cluedo où chaque nuit, dans un village, attaquent des loups-garous. Le but est de les débusquer quand il reprennent forme humaine, car ils font partie des villageois.  Pour jouer, il suffit de te connecter via ton compte facebook, gmail, twitter ou Discord.

La visite virtuelle littéraire

Jane Austen

Fan de Jane Austen ? Tu apprécieras la visite des 10 lieux des romans de ta romancière favorite grâce à Google Art et culture. De Basildon Park, à Belton House en passant par Bath ou encore Lyme House, tu pourras te promener dans les jardins et extérieurs de magnifiques châteaux anglais mais aussi dans Lacock, un village du XIIIème siècle où ont été tournées les scènes du film Emma de 1996.

Pour avoir visité Lacock en vrai,  je peux te dire que c’est un charmant village peuplé de boutiques à l’ancienne. C’est aussi un des lieux de tournage de Harry Potter. On y trouve  la maison des parents du sorcier ! (Près de l’église, si tu te ballades en virtuel dans le village). Si tu as l’occasion de t’y rendre en vrai un jour et que tu n’as pas de voiture, tu peux t’y rendre en bus. Attention, c’est un vrai coin paumé !

Le documentaire de la semaine 

dungeons and dragons roleplaying game

Arte propose un documentaire sur la success story du jeu de rôle Donjons et Dragons en rediffusion jusqu’au 30 septembre 2024. En cinq minutes, tu apprends comment est né ce jeu, son fonctionnement et son influence sur la culture pop actuelle (littérature, Séries TV, films, BD). Un docu super intéressant, notamment sur des notions de construction littéraire comme « donner de l’espace au lecteur pour jouer… » Au passage, on retrouve une interview de Joann Sfar, l’auteur des BD Le chat du rabbin et Donjons qui explique comment le jeu a influencé sa création littéraire.

Voilà, ma veille littéraire de la semaine est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Tasse de thé et jeux de société,

A.Chatterton

 

 

Publié dans Ateliers d'écriture

Les conseils d’écriture de…Emmanuelle Nuncq

Quelques astuces d’écriture par la romancière Emmanuelle Nuncq suite à la conférence de Virtualivres du 29 mars 2020 sur les Bases de l’écriture.

Au lieu de retranscrire mot à mot cette conférence fort intéressante, je me suis dit que j’allais vous en faire un résumé synthétique, avec quelques informations supplémentaires sur Emmanuelle Nuncq.  😉

La méthode d’écriture d’Emmanuelle Nuncq

Se connaître et s’organiser

Avant tout travail d’écriture, Emmanuelle Nuncq préconise de déterminer la méthode de travail qui vous convient et par extension, de se connaître.

Posez-vous les bonnes questions : Etes-vous à l’aise dans un environnement calme (chambre, bureau), ou bruyant (cafés, parcs) ? Combien de temps voulez-vous y consacrer chaque jour ? Allez-vous écrire à la main ou sur un ordinateur ?

Le but est de déterminer vos conditions idéales de travail afin d’éviter d’être confronté à des obstacles à l’écriture. Emmanuelle a écrit son premier roman en se levant très tôt tous les jours se donner du temps, avant d’aller au travail. Cela lui a pris 6 mois, mais comme elle avait organisé son travail d’écriture, cela a été plus facile.

Une fois ce cadre posé,  réfléchissez à votre méthode d’écriture : Etes-vous plutôt architecte ou plutôt jardinier ? Pour préciser, l’architecte est celui qui élabore un plan détaillé de son roman, chapitre par chapitre. Il peut aussi, comme Emile Zola ou J.K Rowling, créer des fiches associées à ses personnages avant de commencer à écrire son premier jet. Le jardinier, à l’inverse, se jette directement dans l’écriture, au feeling, sans savoir où il va. Il reviendra par la suite sur son premier jet pour y effectuer des corrections. Les deux méthodes ne sont pas incompatibles, et il est possible au fil de l’expérience, de passer de l’une à l’autre. Pour l’anecdote, Emmanuelle a d’abord été jardinière avant de devenir architecte.

Ecrire de façon non-linéaire

Contrairement à d’autres écrivains, Emmanuelle Nuncq a pour particularité d’utiliser une méthode d’écriture non-linéaire. Après avoir formalisé le plan de son histoire, voire écrit un synopsis,  elle rédige d’abord les scènes clés, puis les textes de liaison et assemble ensuite le tout en écrivant les parties manquantes. De cette manière, elle imagine les scènes importantes quand elle est dans l’humeur adéquate et cela balise le plan de son roman. Elle évite aussi de manquer d’inspiration. Son principal problème avoue-t-elle, n’est pas le manque d’idées mais plutôt le manque de temps pour écrire et les organiser !

S’exercer régulièrement

Le troisième conseil de la romancière pour écrire… c’est de se lancer, d’écrire justement, et régulièrement. Comme dans tout métier, c’est en s’exerçant que l’on acquiert de l’expérience. Emmanuelle propose, si l’on manque d’imagination, de commencer comme elle, par des fan fictions, c’est-à-dire, des nouvelles évoluant dans un univers déjà existant comme Harry Potter ou Le Seigneur des Anneaux par exemple. Plusieurs sites existent pour publier sa fan fiction : Wattpad, fanfictions.fr ou encore fanfic-fr.net. Cela permet d’avoir des retours sur son travail mais aussi de rencontrer d’autres jeunes auteurs. Attention, toutefois de ne pas rester cantonné à ce jeu d’écriture. Il faut savoir voler de ses propres ailes et essayer de créer son propre univers.

Parler de ce que l’on connaît

Concernant le manque d’inspiration, Emmanuelle a remarqué que lorsque l’on parlait d’un sujet que l’on ne maîtrise pas, le roman était moins réussi. Elle préconise donc d’imaginer des histoires à partir de son expérience ou de réaliser des recherches sur le sujet, le cas échéant. Cela permet d’avoir des intrigues crédibles et de se sentir impliqué dans son travail d’écriture.

Ne pas se mettre la pression

Ecrire dans le but d’être lu peut parfois conduire à un état de stress important et des blocage. Emmanuelle indique que ses premiers manuscrits ont été désastreux. Le principe, expose-t-elle, est de réaliser le premier jet de son roman sans se préoccuper du reste. Il faut le terminer. Ensuite viendront de multiples corrections qui pourront l’améliorer. Ne partez pas dans l’idée que vous allez écrire un chef d’oeuvre avec votre premier livre. Pensez plutôt qu’à force d’exercice vous allez améliorer votre style et donc, vous écrirez de meilleurs livres.

Dernière astuce d’écriture : écrire à la main

Emmanuelle Nuncq écrit certains de ses romans à la main, avant de les retaper à l’ordinateur. Cela lui permet de mieux réfléchir à la tournure de ses phrases. 😉

La publication de son premier roman

Peaufiner son oeuvre 

Emmanuelle évoque le fait que souvent, les premiers romans de jeunes auteurs sont fantastiques, mais qu’ensuite, le deuxième livre est moins bien. Cela est dû au fait que les écrivains ont eu parfois plusieurs années pour écrire leur premier livre, et beaucoup moins de temps pour le suivant, une fois un contrat signé avec une maison d’édition. Donc, pour chaque roman, n’hésitez pas à passer du temps à réécrire certains passages s’ils ne vous conviennent pas. L’important est de donner le meilleur de soi.

Prévoir plusieurs relecteurs

Quand elle veut faire relire son texte avant l’envoi à un éditeur, la romancière demande d’abord leur avis à des proches qui sont dans le milieu éditorial ou littéraire, puis à d’autres personnes moins proches pour avoir une vision plus objective.  Même si vous n’avez pas d’amis éditeurs ou auteurs, un avis extérieur et franc peut vous aider à avoir du recul sur votre manuscrit avant d’y apposer de nouvelles corrections.

Ne pas prendre les critiques de l’éditeur pour soi mais comme un moyen de progresser

Sur ses premiers romans, Emmanuelle avoue avoir éprouvé des difficultés à ne pas prendre trop à coeur les critiques énoncées par son éditeur pour améliorer ses textes. Puis, avec l’expériences, elle a compris qu’il s’agissait d’un moyen de progresser afin de rendre son manuscrit éditable. Maintenant, elle s’efforce de mieux peaufiner son texte avant de le proposer à un éditeur, même si elle sait qu’il y aura certainement de nouvelles corrections à lui apporter.

Cibler la maison d’édition à laquelle on destine son livre

Selon le sujet de votre livre et son public, il vous faudra déterminer la maison d’édition à qui vous le destinez. Pour cela, un tour d’horizon et une petite recherche sont nécessaires. Pensez à étudier la ligne éditoriale de chaque éditeur : quels genres de livres propose-t-il ? Est-ce qu’il ressemble au vôtre ?

Emmanuelle précise qu’il est important de vérifier aussi les règles des maisons d’édition concernant l’envoi de votre manuscrit : faut-il écrire un synopsis du livre ? Une lettre de motivation pour l’accompagner ? Cela vous permet d’avoir une chance de voir votre manuscrit étudié, sinon lu.

Elle préconise également de cibler d’abord les petites et moyennes maisons d’édition au lieu des plus importantes, afin d’optimiser vos chances. Pour cela, démarchez auprès des stands des éditeurs sur les Salons et conventions littéraires, et laissez votre carte de visite. En revanche, n’emmenez pas votre manuscrit, car c’est très mal vu.

Pour chacun de ses romans, Emmanuelle a dû démarcher de la sorte les maisons d’édition, et cela s’est avéré payant : elle est actuellement publiée chez cinq éditeurs différents dont Bragelonne.

Emmanuelle Nuncq : Sa vie, son oeuvre

Emmanuelle est une romancière française, auteure de pas moins de 11 romans de genre fantastique, fantasy ou historique. Elle est également costumière pour le fun sous le pseudonyme de Mademoiselle Mars.

Après des études à Nancy, et quatre ans comme bibliothécaire, elle travaille maintenant auprès d’adolescents dans une association de quartier à Bruxelles. Son premier roman Porcelaines, aux éditions Le Manuscrit a gagné le Prix du Premier roman en ligne, en 2011. La plupart de ses romans abordent le thème du voyage dans le temps. C’est le cas encore de son dernier roman, Beveridge Manor, qui évoque une jeune restauratrice de tableaux confrontée à un manoir lui permettant de retourner à l’époque de la Régence anglaise et de Jane Austen…

Emmanuelle est publiée chez Milady/Bragelonne, Les éditions le Chat Noir, Arkuiris éditionsSéma éditions et Melle Mars éditions.

Vous pouvez suivre ses aventures sur son blog personnel où elle évoque son quotidien, mets des photos de ses costumes et parle de ses romans.