Publié dans Ateliers d'écriture

Les conseils d’écriture de … Elisabeth Gilbert

Plutôt que de réaliser une énième critique du roman/manuel d’écriture d’Elizabeth Gilbert intitulé Comme par magie, je vous propose de découvrir directement ses conseils à travers cet article.
Elizabeth Gilbert possède une personnalité particulière et même si ce n’est pas l’auteure de nombreux best-sellers, elle a le don de poser les bonnes questions face à l’écriture et d’en proposer une approche créative, décomplexée et joyeuse.

Avoir le courage de faire naître les trésors qui dorment en soi

La base de ce livre réside dans les deux chapitres intitulés Courage et Permission. Elizabeth aborde les peurs qui nous empêchent d’être créatifs pour mieux en prendre conscience et surtout apprendre à vivre avec.

C’est là, selon elle, la première étape de toute envie créative : se donner la permission et le courage de faire preuve de créativité.
Elle soulève l’idée que tout processus créatif est entravé par soi-même, et qu’il ne tient qu’à nous de nous en libérer.

Cela peut être lié à la peur du regard des autres, ou de voir ses attentes déçues, ou de se sentir ridicule, etc…
Par divers exemples, Elizabeth dédramatise, encourage, invite à se lancer et surtout propose d’avancer même si tout n’est pas parfait, vers le chemin de sa créativité.
Avec humour, elle aborde la peur comme une sensation barbante et pas très utile dans toute existence créative, mais dont il faut prendre conscience. En revanche, on n’est pas obligés de l’écouter !

Une vision hippie de l’univers créatif

Dans la partie intitulée Enchantement, Elizabeth explique qu’elle considère les idées comme des entités vivantes qui vont de personne en personne, attendant à l’affût que quelqu’un leur soit réceptif pour les investir et les faire naître.

L’idée peut paraître saugrenue, mais cela rejoint le côté magique que l’auteure attribue à l’écriture. Cela lui permet d’expliquer également pourquoi il nous est impossible de revenir sur une vieille idée avec le sentiment d’avoir trop attendu pour la développer. Ou encore, pourquoi parfois plusieurs personnes peuvent avoir la même idée : celle-ci visite l’une puis l’autre en étant attentive à qui pourrait au mieux la faire naître !

Une approche décomplexée de l’écriture

Partant du postulat précédent, Elizabeth nous invite à nous investir dans ce qui nous intéresse vraiment sur le moment au lieu de conserver des boîtes d’idées en espérant un jour revenir dessus. L’idée ne nous attendra pas et trouvera bien une autre personne à visiter pour naître…

La formule peut prêter à sourire si l’on n’adhère pas au côté magique proposé par l’auteure, mais elle a au moins le mérite de décomplexer vis à vis d’un travail impossible à terminer comme ces vieux manuscrits au fond d’un tiroir dont on espère venir à bout un jour.

Ainsi, vous évitez de culpabiliser ou de regretter cette oeuvre tuée dans l’oeuf et vous vous tournez plutôt vers quelque chose que vous êtes certain de faire aboutir.

En partant de ce principe, vous pouvez ainsi vous y consacrer pleinement et de manière positive, sans perdre courage. Le travail est de longue haleine et la récompense sera surtout d’avoir réussi à le terminer.

Ses conseils inhabituels à un jeune écrivain

Le chapitre Persistance du livre est une vraie mine de conseils pour les écrivains même si la portée du livre reste cependant l’idée de mener une vie créative, peu importe l’art choisi.

Toutefois, les conseils d’Elizabeth ne sont pas ceux que l’on a l’habitude de rencontrer habituellement dans des manuels pour devenir écrivain. Mais ils ont au moins le mérite d’être honnêtes et associés à son expérience personnelle.

Eviter de vivre de sa passion pour rester créatif

A l’instar de Haruki Murakami qui a décidé de se lancer totalement dans l’écriture (cf mon article sur sa biographie d’écrivain), Elizabeth invite le jeune auteur à ne pas vivre de son métier d’écrivain. Pourquoi un tel choix qui va à l’encontre de beaucoup d’autres auteurs ?

Elle indique avec justesse que vivre de sa passion peut nuire à créativité. Or, dans un métier où la créativité est le moteur de tout travail, cela peut s’avérer compliqué de réussir à être productif sans devenir anxieux des conséquences d’un manque de travail dans son quotidien (ex: payer ses factures, manger, garder un toit sur sa tête, etc…).
Elle-même a eu de nombreux métiers à côté de celui d’écrivain et n’a vraiment consacré sa carrière à l’écriture qu’après la sortie de son best-seller Mange Prie Aime, car elle était sûre d’y parvenir après ce succès.

Choisir une vie créative dans sa globalité

A la place d’une carrière créative, elle propose d’en faire une vocation afin de garder une santé mentale saine et de ne pas paniquer face à l’incertitude de l’avenir.

Mais qu’est-ce qu’une vie créative ? C’est une vie où la curiosité à sa place, contrairement à la peur. Une vie où l’on s’autorise aussi à faire les choses que l’on aime. Où l’on prend soin de soi. Et où parfois, il faut prendre des chemins de traverse pour résoudre des problèmes.

Vivre ses idées pour soi et non pour les autres

Avec humour, Elizabeth met en garde le jeune auteur sur sa volonté de vouloir changer le monde grâce à son oeuvre. Il est préférable selon elle de vivre ses idées pour soi car à vouloir vivre pour autrui, vous n’aiderez personne.

Elle prend pour exemple son propre best-seller qu’elle a écrit d’abord pour elle, mais dans lequel de nombreux lecteurs et lectrices se sont reconnus par la force des choses.

De la même manière, elle invite le jeune écrivain à terminer d’écrire un roman pour lui-même, sans chercher à le publier. On peut écrire pour le plaisir, sans être dans l’obligation de montrer son travail aux autres ou dans le but de devenir célèbre.

La meilleur école pour devenir écrivain…

…reste la lecture d’autres écrivains et ses expériences de vies. Elizabeth nous mets en garde contre les études très chères pour apprendre à écrire. Un maître n’a jamais mieux appris qu’en pratiquant seul son art et en le perfectionnant jour après jour.

L’écriture ne s’apprend pas à l’école : elle se vit, et se nourrit d’expériences personnelles. Ainsi, l’auteure a vécu mille vies en essayant des métiers différents et en voyageant, avec toujours son carnet de notes. Elle a écrit sans relâche jusqu’à réussir à être publiée un jour.

Choisir l’authenticité

L’important est de ne pas être original mais authentique. Votre version d’une idée déjà éclusée sera différente car elle sera la vôtre, et c’est cela le plus important : c’est de faire entendre votre voix. Car les thèmes que l’on retrouve dans les livres sont une inlassable répétition. Si cela vous bloque car vous avez peur de répéter ce qui a été fait, dites-vous que votre manière de l’aborder sera différente de celle des autres.

Se donner rendez-vous avec l’écriture

Plutôt que de se plaindre de ne pas avoir assez de temps pour écrire, Elizabeth propose deux choses : soit grapiller le moindre moment pour s’y consacrer, soit considérer l’écriture comme une maîtresse avec qui l’on entretient une liaison.

Dans le deuxième cas, on peut se parer pour la circonstance de ses plus beaux atours afin de se donner rendez-vous avec l’écriture. Se rendre beau permet aussi de se donner confiance en soi et d’appeler le processus créatif sous la forme d’un rituel.

L’écriture ne doit pas être source de souffrance

Elizabeth prône la joie obstinée dans la créativité et ne croit pas en la figure de l’artiste tourmenté. Il est possible de créer sans que cela soit un calvaire, en ayant confiance en son inspiration et attentif à ce qui se passe en soi et autour de soi.

Par ailleurs, tout processus créatif qui se veut destructeur pour soi-même n’est jamais bon pour la santé. Et se considérer comme un martyr ne fera pas avancer son travail.

Se connaître pour piéger sa créativité

Si l’on se connaît bien, on peut se piéger soi-même pour réaliser un travail créatif quand la voie
normale assis derrière un bureau, ne fonctionne pas.

Elizabeth évoque une amie très douée en conférence, mais assez médiocre quand elle devait écrire son livre sur son sujet de prédilection. Elle a pris conscience que son potentiel créatif était mieux développé lors de ses prises de paroles publiques et à décidé d’expliquer son livre à des amies en s’enregistrant. Cette prise de note inhabituelle l’a aidée à terminer son livre et elle passé un bon moment avec ses amies.

Le mieux est l’ennemi du bien

Elizabeth s’est parfois retrouvée avec un détail dans une histoire qui lui semblait bancal, mais qui s’il devait être corrigé, nécessitait qu’elle remanie son récit dans leur intégralité. Sauf qu’elle n’avait pas envie de les reprendre. L’accouchement avait été difficile et l’histoire aurait aussi pu être publiée telle quelle, sans développer davantage ce personnage bancal. Elle n’a donc pas changé son texte, et il a été publié ainsi. Curieusement elle n’a eu que peu de remarques sur son « imperfection ». Moralité : ce que l’on voit parfois comme quelque chose à corriger du fait de son perfectionnisme n’est pas forcément très important.

Ne pas écouter son ego

A l’inverse, un éditeur lui a demandé de retoucher une nouvelle pour la raccourcir en vue d’une publication alors que pour elle, la nouvelle était parfaite. Plutôt que d’écouter son ego et de refuser l’offre, elle a revu sa copie et cette publication lui a apporté sa rencontre avec son futur agent littéraire. Toute oeuvre peut être modifiée, selon l’objectif que l’on se fixe en la réécrivant.

Accepter l’échec

Un des derniers conseils d’Elizabeth qui m’a le plus étonnée car il n’est jamais évoqué dans les manuels d’écrivains est la notion d’échec.

Elle explique qu’il arrive à tout écrivain de mener un roman jusqu’au bout et qu’il ne fonctionne pas. Dans ce cas, plutôt que de s’apitoyer ou de s’acharner, il est nécessaire de passer à autre chose, ou un autre travail créatif. Mais surtout accepter que la notion de réussite est relative, selon le sens que l’on y met. L’important est de s’amuser à créer, pas de savoir si cela est un échec ou une réussite.

Elizabeth Gilbert : sa vie, son oeuvre

Elizabeth Gilbert est une auteure américaine contemporaine. Elle a écrit le best-seller Mange, Prie, Aime, adapté au cinéma et dont l’intrigue est autobiographique, et sa suite Mes alliances : Histoires d’amour et de mariages, tous deux édités chez les éditions Calman-Lévy.

Elle a aussi écrit six autres romans moins connus avec des thèmes différents tels que la nature (L’empreinte de toute chose), la danse (Au bonheur des filles), la pêche (La tentation du homard),la vie sauvage du dernier survivaliste américain (Le dernier américain), un portrait des Etats-Unis (Désirs de pèlerinages).

Ses romans se déroulent à des époques différentes, et comportent souvent une romance, mais surtout une portée philosophique et l’humour qui la caractérisent.

J’espère vous avoir donné envie de découvrir l’univers de Elizabeth Gilbert et aussi que ses conseils en écriture vous apporteront le courage de venir à bout de vos projets.

Plume et encrier,

A.Chatterton

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #29

Au sommaire de cette veille littéraire du net : Un documentaire sur les maisons traditionnelles japonaises, un couple américano-japonais qui te fait découvrir la culture japonaise de l’intérieur, les challenges littéraires de mai, des appels à textes sur des nouvelles, un projet de photographie pour voyager sans bouger de chez soi, un événement pour mettre en avant l’auto-édition.

Les challenges littéraires du moment

Avril et mai ont été prolifiques en challenges car en plus des Challenges consacrés au Japon (Un mois au Japon et le Hanami Book Challenge évoqués dans ma veille précédente), j’ai noté aussi les défis suivants :

Le mois de la fantasy organisé par la booktubeuse Pikiti Bouquine, qui propose 3 menus avec 4 catégories chacun pour dégarnir ta PAL de tous ses livres de fantasy. En vidéo, sa présentation du challenge :

Et si tu préfères un challenge avec des défis en plus, le bingo du Plib revient, organisé par le Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktubers. Pour y avoir participé l’an dernier, j’ai trouvé ça très chouette car il associe lectures et actions autour du livre, sur le principe du bingo. Par contre, malgré mes recherches, je n’ai pas réussi à trouver beaucoup plus d’infos que ce qui est publié que le compte de Chrisbookine. Je suppose que pour y participer et avoir les détails, il faut s’inscrire sur le site du PLIB. Mais rien qu’avec ce visuel, il y a de quoi s’amuser. 🙂

Le documentaire du mois

Sur Arte, l’émission Invitation au voyage m’a emmenée à Kyoto pour découvrir les maisons traditionnelles : les Machiyas et l’art de vivre qui y est associé.

Construites en bois et papier depuis l’ère Edo, elles sont majoritaires à Kyoto, l’ancienne capitale japonaise et une des rares villes qui a su résister à la modernité.

Le reportage insiste sur les éléments qui la composent et comment on y vit : les parois de papier qui absorbent l’humidité l’été, une ventilation naturelle adaptée aux saisons, la fonction des pièces qui change en fonction de la température ou les transformations liées à leur usage.

Traditionnellement, ce sont des maisons en longueur à cause de taxes sur la largeur des habitations. Elles disposent d’un puit de lumière au centre, un commerce à l’avant et un petit jardin à l’arrière. Elles ne sont pas construites pour durer et doivent être fréquemment rénovées ce qui permet souvent de modifier leur structure intérieure, faite en grande partie de bois (plutôt que de pierre comme en occident).

Le reportage te fait visiter une maison habitée dans Kyoto et une maison avec commerce ancien totalement rénovée qui comporte aussi une partie habitation.

Il t’emmène aussi visiter la maison de l’écrivain Junichirô Tanizaki, une maison secondaire dans le style traditionnel des maisons en bois située à l’écart de la ville de Kyoto et datant de 1911. La maison est nichée au coeur d’un jardin extraordinaire, parfaite symbiose entre humain et nature où tout est pensé pour profiter du jardin depuis l’intérieur de l’habitation.

Le documentaire est disponible gratuitement sur arte vidéo jusqu’au 26/06/2021. La partie sur les machiyas se situe de la minute 18.29 à 32.22, si tu ne souhaites pas regarder l’ensemble de l’émission. 😉

La chaîne youtube du moment

Il existe de nombreux blogueurs/youtubeurs étrangers qui vivent au japon et/ou mariés avec un japonais. J’en connais peu qui cuisinent pour leurs chats et qui ont autant d’énergie que Rachel et Jun !

Rachel est américaine et Jun et japonais. Ils proposent plusieurs vidéos sur leur quotidien, leurs visites de l’archipel nippon, la cuisine et ont quatre chaînes youtube : Jun’s kitchen où Jun cuisine et bricole pour ses chats, Rachel and Jun sur leur quotidien et la culture japonaise, Rachel and Jun’s aventures quand ils voyagent et Jun Yoshizuki où cette fois Jun cuisine pour eux.

Le ton est sympa et dynamique. J’adore le côté loufoque de Rachel, et je ne peux que baver devant les plats préparés par Jun. En plus, ils sous-titrent la plupart de leurs vidéos en français (à moins que cela soit Youtube ?) ce qui est sympa quand on n’est pas familier avec l’anglais. Et ai-je parlé de leurs chats trop choupis !?

J’ai choisi de te montrer la vidéo où Jun cuisine des sushis pour chats, mais j’adore aussi celle où Rachel découvre les appareils à tirettes (= Gashapons en japonais) où on peut acheter des chapeaux pour chats en forme de fruits et légumes ! Bref, un bon moyen de découvrir la culture nippone de l’intérieur, vues par une occidentale. 🙂

Appel à textes du mois

Ce mois-ci, je suis tombée sur pas moins de trois appels à textes qui m’ont beaucoup intéressée, mais qui ne tournent pas forcément autour du Japon.

Tout d’abord, les éditions Projet Sillex connue pour ses publications en financement participatif, propose un nouvel appel à textes pour des nouvelles autour du thème de l’Isekai. L’Isekai est selon leur définition « un sous-genre dans lequel un ou plusieurs personnages de notre monde se trouvent plongés dans un autre univers, qu’il s’agisse d’un véritable monde parallèle (à la manière de la saga Ewilan, de Pierre Bottero) ou d’un monde alternatif, tel qu’un jeu-vidéo, rendu réel ou se superposant à la réalité ». La nouvelle doit comporter entre 40 000 et 80 000 signes espaces comprises. Elle est destinée aux adultes, et doit être envoyée avant le 15 octobre 2021. Si tu souhaites plus de détails, je te renvoie à la page facebook de l’éditeur.

Les éditions Oneiroi spécialisés dans la littérature Steampunk recherchent des nouvelles sur le thème de « Inventions et jeux de pouvoirs » d’ici le 31 décembre 2021. L’objectif est de publier un quatrième recueil de 4 nouvelles steampunk tout aussi qualitatif que les précédents. La nouvelle doit comporter entre 30 000 et 60 000 signes espaces comprises et est destinée à un public adulte. Pour soumettre ta nouvelle ou obtenir plus d’informations, je te renvoie vers le site de la maison d’édition. Je ferai prochainement un focus sur leurs livres dans le cadre de mon projet Parlons Steampunk.

Enfin, les éditions Rageot organisent un concours d’écriture de nouvelles du 10 mai au 30 juin 2021 autour du thème de nos identités « celles qu’on nous impose et celle qu’on cache », à destination d’un public jeunesse de 12 ans et +. La nouvelle doit comporter 25 000 signes maximum et sera choisie par un public composé de trois auteurs-ambassadeurs de la maison d’édition. Pour plus d’informations, je t’invite à consulter le site internet de l’éditeur.

Personnellement, je suis assez intéressée par l’écriture des nouvelles. Je trouve que cela reste un bon exercice si l’on souhaite s’entraîner car c’est du format court. Par contre, cela n’est pas toujours facile si l’on a tendance comme moi à écrire des pavés ! 🙂

L’évènement littéraire à venir

Samedi 29 mai prochain, Lucie Bernard du blog Recto-Verso termine son programme 1 weekend, 1 mise en avant, 1 mobilisation visant à mettre en valeur de petits maisons d’éditions. A cette occasion, elle propose une série de conférences sur l’auto-édition en partenariat avec l’auteure et blogueuse Audrey Weisseldinger (du blog La tasse ébréchée) dont tu trouveras le programme détaillé ci-dessous.

C’est l’occasion de découvrir les rouages de l’auto-édition ainsi que des auteurs présents ! Si tu souhaites plus de détails, je t’invite à consulter la page instagram de Audrey Weisseldinger. 😉

L’artiste du mois

A cause de la pandémie, le photographe français Jonathan Bertin n’a pas pu aller au Japon. Il lui est alors venu une idée : pourquoi ne pas envoyer des appareils photos au pays du soleil levant pour que d’autres le fassent voyager ?

Sur les 30 appareils envoyés, seulement 4 lui sont revenus avec des photos prises par des japonais de leur quotidien pendant le covid. Il en a fait une exposition virtuelle en ligne et un documentaire qui sont accessibles sur son compte Instagram, en partenariat avec Flying Blue.

Un documentaire émouvant de trois minutes sur une manière de réaliser son rêve grâce à des inconnus et de découvrir un pays à travers leurs yeux. Et l’histoire n’est pas finie, car d’autres appareils continuent d’arriver…

J’ai trouvé la démarche de cet artiste très culottée et aussi un poil désespérée devant son impossibilité de voyager. Néanmoins, je comprend sa frustration. Moi aussi je n’ai pas pu voyager depuis un an et cela me manque !

Quant au résultat, il se dégage des clichés un Japon différent, un quotidien que l’on n’a pas l’habitude de voir, presque mélancolique ou issu d’un autre temps.

Je t’invite à regarder l’exposition qui ne cesse de grandir sur le site internet qui lui est dédié, histoire de voyager un peu toi aussi, en attendant que cela soit à nouveau possible pour tous. 🙂

Voilà, ma veille est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Thé au macha et gyozas,

A.Chatterton

Publié dans On joue ?, Questions existentielles

La littérature steampunk est-elle has been ? / interlude au programme Parlons Steampunk

Vous l’aurez noté, les parutions de mes articles sur la littérature de mon projet Parlons Steampunk sont en pause depuis le mois d’avril. Il y a plusieurs raisons à cela et j’ai éprouvé le besoin de réaliser cet article pour vous expliquer ce qui se passe en coulisses et l’évolution du projet.

Un projet chronophage

Depuis le départ, j’ai sous-estimé le temps de préparation de mes articles concernant ce projet. Après deux ans passés à réfléchir à la manière dont je voulais présenter les choses, j’ai encore été trop ambitieuse en m’imposant un article par mois.

Cela peut sembler dérisoire, un article par mois sur le steampunk. Sauf que mon blog n’est pas centré uniquement sur le steampunk. J’ai d’autres idées d’articles, je lis des romans d’autres genres et surtout je réalise tout cela sur mon temps libre. A côté, j’ai une vie et un travail à plein temps.

Par ailleurs, je n’avais pas prévu tous les petits détails du quotidien qui allaient retarder la publication comme le fait de recevoir des amis à la maison qui m’empêche d’écrire, ou ne pas réussir à récupérer un livre nécessaire à un article à la bibliothèque, ou encore le temps que m’a pris la création de mon challenge littéraire sur le Japon en avril.

Quant à l’écriture de mes articles steampunk, elle est vraiment très chronophage. Pour vous donner une idée, j’y passe a minima 8 heures.

Pourquoi autant de temps ? Il faut d’abord lire les 4 livres en rapport avec le thème présenté, tout en prenant des notes. Puis rédiger une introduction, une conclusion pour expliquer les liens avec la littérature steampunk. Enfin, il faut que je rédige un paragraphe pour chaque livre en expliquant le rapport avec le thème choisi.

Lorsque j’ai terminé l’écriture, je réalise aussi des photos des couvertures pour mettre en scène les livres sur Instagram et dans mon article. Et je crée une vignette/logo sur Canva avec le thème en cours pour présenter l’article.

L’écriture répétée tous les mois de ce type d’article, cela m’a mise sur les rotules. Ajoutez à cela les autres articles à réaliser comme ma veille littéraire du net une fois par mois et j’étais vraiment dans les choux.

Une overdose de Steampunk

4 livres par mois sur le steampunk dans les faits, avec un rythme de lecture de 1 roman par semaine, je pensais sincèrement y arriver. Pour les premiers articles, j’avais même déjà lu par le passé certains livres donc je n’avais qu’à lire un ou deux livres.

Je m’étais organisée de telle manière que je lisais ce que je voulais en début de mois, puis les romans steampunk la dernière quinzaine pour commencer à préparer mon article. Cela a bien fonctionné jusqu’à mars, d’autant que cela me faisait baisser ma PAL de livres steampunk dans ma bibliothèque.

Quand est arrivé avril, j’ai eu deux romans pour le thème Energies et mécaniques qui ne me plaisaient pas du tout, mais que j’avais prévu de lire dans le cadre de l’écriture de mon article. Et là, j’ai fait un blocage. Donc j’ai décidé de changer le thème et de parler des BD steampunk en pensant que des lectures courtes allaient me changer des pavés de romans habituels.

Sauf que j’ai sous-estimé l’ampleur de la tâche ! Comme je suis d’une nature scrupuleuse, je souhaitais lire des séries complètes de BD et pas seulement le premier tome pour parler des thématiques abordées. Or, en l’espace de 15 jours, j’ai lu environ 18 BD…au lieu de 30 prévues.

En plus, je me suis rendue compte qu’il me manquait des tomes (j’ai tout emprunté à la bibliothèque où je travaille), ce qui a retardé l’écriture de mon article d’Avril, et commencé à me mettre sérieusement la pression vis à vis du projet.

A ce moment là, j’ai commencé à faire une overdose de lectures steampunk.

En plus, créer le Hanami Book Challenge en parallèle n’a pas arrangé les choses car je me suis plutôt penchée sur la littérature japonaise, plus facile à lire et avec des intrigues pas forcément répétitives.

Peu de retour de la communauté littéraire ou steampunk

Mon objectif de départ avec ce projet était de faire découvrir la littérature steampunk à la blogosphère littéraire peu familière de ce genre. Mais aussi de montrer à la communauté steampunk qu’il existe une littérature associée à leurs costumes et décors, tout aussi intéressante.

Mais je n’ai eu que très peu de retours concernant mes articles et surtout les live Instagram. A croire que cela n’intéresse que peu de gens au final, à part mon cercle restreint d’amis blogueurs.

Cela m’a beaucoup découragée, et ne m’a pas aidée à maintenir le rythme des publications. Non pas que j’accorde beaucoup d’importance a être lue. Je ne suis pas très connue sur la blogosphère contrairement à d’autres booktubeuses. Mais ce projet me tenait quand même à coeur.

Avec le recul, j’aurais peut-être dû informer les maisons d’édition citées dans chaque article que je réalisais ce type de projet pour qu’elles mettent en avant mes publications. Ou j’aurais pu ouvrir une chaîne booktube afin de réaliser des vidéos ou des lives sur le sujet, avec plus d’impact qu’une publication blog et Instagram. Qui sait ? J’apprends de mes échecs sur ce blog, ce n’est pas la première fois que ce genre de choses arrive.

A côté de cela, je me suis interrogée sur la pertinence de ces articles : Le steampunk est-il une littérature encore d’actualité ? Vaut-il encore la peine qu’on s’y intéresse ?

La littérature steampunk est-elle dépassée ? (et le steampunk par extension ?)

Dans un épisode de la série 2 Broke Girls, le personnage de Max rabroue un client costumé steampunk qui demande du café alors qu’il tape à la machine à écrire sur sa table. Elle lui dit un truc du genre : « Le steampunk c’était à la mode dans les années 2000. Arrête de te prendre au sérieux avec ce costume ridicule ».

Sur le moment, j’ai trouvé la référence amusante, car je suis moi-même membre du mouvement steampunk. J’ai un costume et je me suis inventée un personnage steampunk.

Mais par la suite, je me suis demandée si elle n’avait pas raison. Après tout, le steampunk n’a jamais vraiment percé en France. Personne n’arrive à le définir correctement car personne n’est d’accord sur une définition. Et tout vaporiste (=gens qui font du steampunk) préfère s’investir dans la création de son costume plutôt que de s’intéresser à la littérature steampunk.

Par ailleurs, à l’inverse de la Fantasy qui prend ses racines dans la légende Arthurienne, il est difficile de définir une base cohérente pour le steampunk. Comme je l’ai indiqué, sa définition est mouvante

Pourtant, paradoxalement, la littérature steampunk française (et américaine) existe et a pris son essor ces dernières années, surtout en jeunesse, Artbook et BD, avec un renouvellement intéressant mais qui brouille encore plus les pistes sur sa définition.

Les auteurs s’y intéressent beaucoup vis à vis de son esthétique, facile à placer dans une intrigue, quitte à se demander si cela n’est pas devenu mainstream.

Il y a même des couvertures de romans qui utilisent des références au steampunk alors que l’histoire ne l’est pas, pour booster les ventes.

On mélange le steampunk avec de la magie, du policier et d’autres trucs parce que c’est « à la mode ». Mais cela peut être aussi une occasion pour le genre de se renouveler.

Quant à la littérature steampunk pour adulte, elle se veut plutôt sérieuse avec des intrigues portées sur des des réflexions politiques, scientifique ou de l’uchronie que je qualifierais de masculine (guerre, futurisme, descriptions techniques).

Trop sérieuse peut-être ? Trop intello et élitiste ? Cela pourrait expliquer le peu d’intérêt de la communauté pour ces romans aidant pourtant à développer leur imaginaire.

De plus, l’autre écueil que l’on pourrait reprocher aux intrigues steampunk est leur côté répétitif si l’auteur ne cherche pas à créer son propre univers. En effet, l’archétype du roman steampunk est souvent du roman policier steampunk avec un duo d’inspecteur dans un Londres Victorien uchronique.

Je peux comprendre que cela agace un lecteur qui n’aime pas ce genre d’intrigues, et qui ne connaissant pas l’étendue du genre, pourrait penser que le steampunk se réduit à cela.

Or, la littérature steampunk est plus vaste, pour peu qu’on s’y intéresse un peu. C’est ce que j’ai essayé de démontrer avec Parlons Steampunk. Et c’est surtout ce qui m’a motivée à écrire dessus.

Enfin, au niveau éditorial, les éditions Bragelonne, qui avaient lancé l’opération Le mois du Cuivre avec des publications plus ou moins steampunk, commence à sérieusement délaisser son projet. On compte une seule publication originale pour l’année 2021 au lieu de 4 à 6 les années précédentes. Est-ce que le steampunk est encore rentable pour la littérature adulte ? Je sais bien que la crise et le covid 19 sont passés par là, mais on peut se poser la question.

Has been ou pas, on oscille entre un fort engouement esthétique en jeunesse et un partiel désintérêt chez les adultes. Peut-être faut-il tourner la page ou, comme Adrien Tomas et Pierre Pevel, réinventer le genre pour susciter l’intérêt du lectorat ? La question reste ouverte…

Vers une nouvelle programmation ?

Parce que je déteste rester sur un échec, j’ai tout de même décidé de maintenir mon projet, peu importe si je suis lue ou non. Qu’il soit dépassé ou pas, le steampunk est un sujet qui m’intéresse et il m’importe de le faire découvrir à d’autres.

Par contre, j’ai décidé d’alléger ma programmation prévue sur l’année et de la réduire à 6 articles au total au lieu de 12, afin de souffler un peu. Cela me semble un bon compromis vis à vis de mon objectif initial.

Jusqu’à présent, j’ai publié les articles suivants :

J’aimerais proposer les thèmes suivants qui restent à écrire :

  • Les BD et comics steampunk : Septembre
  • Le steampunk au féminin : Octobre
  • Les livres fondateurs du steampunk : Novembre

Programmer le reste des articles de septembre à novembre va me permettre de me recentrer sur le Hanami Book Challenge et m’aider à avoir envie de relire du steampunk.

Je réfléchis à aborder les autres thèmes sur l’année 2022, pour 6 articles supplémentaires et à créer des listes thématiques sur Babelio associées au projet pour agrandir mes propositions de lecture en dehors des articles.

Comme je participe au challenge Projet Ombre sur les nouvelles, je pense lire les anthologies steampunk que j’avais prévues pour un article de Parlons Steampunk et vous faire à la place des avis lectures plus détaillés.

J’abandonne totalement les live Instagram qui me mettent trop la pression pour très peu de vues.

Voilà pour le projet et les coulisses de mon blog. Il m’a semblé important de vous parler de mes interrogations et de la manière dont je travaille mes articles.

J’espère que la lecture de cet article ne vous a pas semblée trop longue.

A bientôt dans une nouvelle publication !

A.Chatterton

Publié dans Questions existentielles

La panne de lecture : Quelle en est l’origine ?Comment y remédier ?

Il y a quelques temps, j’ai expérimenté la « panne de lecture », ce moment où il est impossible d’ouvrir un livre, ou de regarder sa PAL sans un haut le coeur. Ce phénomène est de plus en plus courant dans la blogosphère littéraire, comme chez les simples lecteurs. Aussi je me suis demandée quelles pouvaient en être les causes et comment y remédier. Voici ce que j’ai trouvé...

Que l’on soit blogueur ou simple lecteur, il peut nous arriver d’être fatigué de lire. Cela peut être associé à un seul facteur, comme la lecture régulière d’un flux Instagram qui nous sursollicite de nouvelles découvertes littéraires. Mais cela peut aussi résulter de plusieurs raisons qui, mises bout à bout, saturent notre envie en l’assimilant à une tâche impossible à accomplir ou un travail au lieu d’une activité plaisante.

Voici un petit classement non exhaustif de ces raisons, qui pour certaines me sont propres. Vous pouvez ajouter les vôtres en commentaire. 🙂

L’arrivée du printemps

Nous arrivons au printemps et à la fin de cette année de confinement, et si vous êtes comme moi, vous avez passé presque tout votre temps à lire parce qu’il n’y avait que ça à faire. Mais voilà, les beaux jours sont là et les livres, plaisant compagnons de solitude, sont devenus des éléments moins attractifs, associés peut-être à cette période d’enfermement. Vous avez envie de sortir voir l’extérieur, profiter du soleil et de vos amis. Donc, il est normal de laisser tomber ses livres pour d’autres activités.

Ce genre de panne est souvent temporaire. En tant que bibliothécaire, je l’assimile souvent au retour du jardinage chez les lecteurs qui sont lassé des activités d’intérieur. Pour cette panne, pas de panique, ce n’est pas si grave. Vous reviendrez à la lecture en hiver peut-être, quand il fera froid…

Des lectures successives décevantes

En février, j’ai enchaîné trois lectures qui semblaient prometteuses mais se sont avérées très décevantes. D’habitude, j’ai du flair pour repérer les livres qui vont m’intéresser, mais à ce moment là, la magie n’a pas opéré. Un sentiment d’abattement m’a envahi : à quoi bon lire si c’est pour être déçu ? Heureusement, j’ai pris un peu de recul et trouvé une nouvelle perle rare par la suite.

Je pense qu’il faut être attentif à son état d’esprit vis à vis de l’importance que l’on accorde à ses lectures. Au fond, pourquoi lit-on ? Si c’est pour se distraire, n’importe quel livre fera l’affaire. Mais si on est un peu déprimé, mieux vaut privilégier des lectures amusantes. Enfin, si l’on a trop d’attentes vis à vis d’une lecture, mieux vaut tempérer ses ardeurs et envisager la possibilité que ce sera moins bien que prévu. Cela évitera d’être déçu et d’y accorder trop d’importance…

Un roman excessivement long

On a tous un livre que l’on n’a pas terminé dans sa bibliothèque. Dans la mienne, il s’agit des Piliers de la Terre de Ken Follett. Pourquoi n’ai-je pas terminé ce livre ?

Non pas qu’il était inintéressant, j’ai beaucoup appris sur la construction des cathédrales et les personnages m’étaient sympathiques. Mais je me suis assez vite découragée devant son rythme lent et le nombre impressionnant de pages (d’autant que j’ai la version poche, écrite en tout petits caractères). J’ai donc abandonné, ne me sentant pas le courage d’en venir à bout. Ce qui a occasionné une période de panne de lecture dont j’ai réussi à venir à bout grâce à des lectures courtes, puis des plus importantes.

Le fait de terminer un livre a un enjeu psychologiquement plus ou moins important, peu importe sa longueur, que l’on sous-estime assez souvent. Il correspond à un sentiment d’accomplissement personnel, une sorte de petit défi avec soi-même, qui s’il n’est pas atteint, peut nous déprimer.

Il ne faut pas culpabiliser d’abandonner un livre à cause de la longueur du récit, surtout si vous ne pensez pas avoir le courage de le finir. S’il vous intéresse toujours, vous pouvez y revenir plus tard, le lire de manière fractionnée, ou acheter les tomes séparés s’il s’agit d’une intégrale. Et s’il ne vous plaît plus, mais que vous ne souhaitez pas avoir un sentiment d’inachevé, lisez la fin ! Cela me semble un bon compromis entre l’abandon total et partiel. 🙂

Une Pile A Lire trop importante

Tout le monde a également dans sa bibliothèque des livres qu’il a amassé mais pas pris le temps de lire. Chez moi, cela représente deux rayonnages de ma bibliothèque.

Ma technique consiste à réaliser une PAL tous les mois que je dispose sur ma table de chevet afin de penser à lire ces livres, vu qu’ils sont sous mon nez. Sauf que… je l’ignore complètement pour emprunter d’autres livres à la bibliothèque. Ou je me retrouve désemparée devant la pile, ne sachant pas pas quel livre commencer. Et il m’arrive d’en commencer plusieurs sans réussir à en finir un seul.

Ma technique n’est donc pas infaillible car elle me met la pression pour lire cette fichue Pile à Lire. Or, la lecture doit rester un plaisir et ce n’est pas en me forçant à lire des ouvrages mis de côté à un instant donné que je vais avoir envie de les commencer.

Je pense que l’idéal est de trier de temps en temps sa Pile à Lire et de n’avoir qu’un livre à lire sur sa table de chevet. Car qu’est-ce qu’une PAL ? Un amas de lectures dont vous aviez envie à un moment, mais peut-être que ce moment est passé ? Par ailleurs, un seul livre en cours reste la garantie de ne pas se mettre la pression pour le terminer afin d’enchaîner par un autre. Et surtout, suivez votre envie de lecture du moment, c’est plus facile pour choisir son livre !

Un challenge littéraire

L’année dernière, j’ai participé à 5 challenges littéraires dont le but est justement de venir à bout de sa PAL. Je n’ai pas lu tout ce que j’avais prévu et j’ai même rajouté des lectures !

Mais je me suis surtout rendue compte pour le dernier challenge, que le défi était trop difficile pour moi : impossible de lire ce que j’avais prévu dans le temps imparti. Je n’étais plus intéressée par certains livres et j’ai jugé que je me mettais une pression inutile. J’ai échappé à la panne de lecture cette fois là en prenant du recul, mais je pense que cela arrive à de nombreux lecteurs qui participent aux challenges.

Cela rejoint ma réflexion vis à vis des romans inachevés : on cherche à s’imposer des défis qui nous sont parfois insurmontables par excès de confiance. Et on se déçoit de ne pas réussir. Donc la lecture devient associée à quelque chose de décevant et frustrant.

Pour y remédier, il est nécessaire de participer à des challenges de manière moins engagée, et de connaître ses propres limites.

Ainsi, lors de ma participation à des challenges littéraires cette année, j’ai préféré lire du format court (BD, roman graphique, récits de voyage, romans courts) ou carrément des nouvelles. Cela me permet de valider mon challenge en ne m’imposant pas des lectures trop longues qui vont saper ma confiance en moi et retarder la lectures d’autres livres.

Et surtout, quand la fin du challenge approche, je regarde la liste des livres que j’ai lu avec bienveillance et satisfaction, plutôt que de me concentrer sur celle des livres pas ouverts. Je me félicite de ce que j’ai accompli au lieu de me focaliser sur mes échecs.

Une autre solution si l’on ne souhaite pas se mettre la pression dans ses lectures est de ne pas participer à des challenges tout simplement. Après tout, ce n’est pas obligatoire !

Des lectures obligatoires

Que cela soit pour ses études, ou dans le cadre d’un projet personnel, on peut être amené à lire des livres par obligation. Lorsque j’étais étudiante en lettres, j’ai lu des livres « de travail » dans le cadre de mes cours mais ce n’était pas avec la même attention que des lectures « loisir ». C’étaient des lectures en diagonale avec pour objectif l’étude du texte, sans plaisir.

Dernièrement, dans le cadre de mon projet Parlons Steampunk pour le blog, je me suis imposée deux à trois romans steampunk les deux dernières semaines de chaque mois. L’objectif était d’écrire à chaque fois un article sur les différents aspects de la littérature steampunk. Les trois premiers mois, j’ai réussi à tenir le rythme, mais depuis avril, je n’y arrive plus. Pourquoi ? Parce que je suis arrivée à un moment où ce que je devais lire pour écrire mon article ne m’intéressait pas.

S’en est ensuivi une longue semaine sans lire, et quelques interrogations. Que faire face à ces lectures obligatoires ? Comment venir à bout de ma panne ? Comment écrire ce fichu article ?

J’ai finalement décidé de modifier mon programme steampunk pour un sujet plus intéressant et des lectures plus courtes. Car je suis seule maîtresse de mon blog. Qui va me juger pour cela à part moi-même ?

Je me suis aussi octroyée un break de lectures plaisir, parce que j’en avais besoin. Il faut savoir souffler de temps en temps.

Mon cas de blogueuse ne parlera peut-être pas à étudiant qui a des lectures obligatoires. Aussi, je lui conseille d’avoir sous la main des lectures plaisir pour s’octroyer des pauses quand étudier la littérature devient trop difficile.

Il est également nécessaire de faire des pauses sans lecture pour supporter des livres que l’on n’apprécie pas. Se promener, pratiquer une autre activité, voir ses amis est important sinon on s’enferme dans une sphère négative difficile à surmonter.

Un problème médical

Lire peut s’avérer problématique quand on souffre d’un problème médical particulier.

La position que l’on prend le plus souvent dans le cadre de la lecture est allongée avec la tête relevée vers son livre, ou assise, la tête penchée. Ce n’est pas non plus une position favorisant l’exercice physique.

J’ai expérimenté depuis le début du confinement des soucis médicaux liés à une position assise trop prolongée pour mon travail : douleurs aux cervicales et jambes lourdes à cause d’un manque d’exercice.

La lecture est devenue difficile à un moment donné car peu importe la position que je prenais, cela devenait inconfortable. J’ai donc dû arrêter de lire quelques temps et m’efforcer de réaliser une promenade quotidienne pour aller mieux.

Cela était très frustrant car lire est un de mes hobbys préférés. J’ai donc développé un second hobby à cause de ces problèmes : le jardinage, plus physique et meilleur pour ma santé. Et j’ai essayé de lire à des plages régulières plus courtes, et en faisant des pauses pour me dégourdir les jambes.

J’ai évoqué mon cas personnel, mais il existe d’autres troubles comme l’arthrose ou les tendinites qui empêchent de tenir un livre trop gros, les troubles de la vue nécessitant une loupe ou l’utilisation de livres audios…etc…

Je ne dis pas que lire est mauvais pour la santé, mais il ne faut pas la négliger pour autant, et surtout la préserver quand l’activité de lecture provoque un inconfort physique.

Des solutions de lecture existent pour presque tous les cas et les éditeurs réfléchissent de plus en plus à inclure certaines troubles comme la dyslexie afin de répondre à la demande. Ceci dans le but de pouvoir continuer à lire malgré des problèmes de santé…

Pour les blogueurs #1 : Un nombre trop important de services presse

Par le passé, j’ai été trop gourmande en demande de services presse auprès d’éditeurs dans le cadre de mon blog. Attirée par la perspective de nouveaux livres, j’avais accepté à un moment donné 6 romans dont la chronique était à rendre pour les mêmes délais.

Autant dire que cela s’est avéré compliqué et que j’ai dû faire beaucoup d’efforts pour tout rendre en temps et heure. La lecture n’a pas été une partie de plaisir non plus.

Depuis, j’ai appris de mes erreurs, et j’accepte peu de services presse pour cette raison (entre autres).

Ce type d’erreur est courant quand l’on débute un blog ou que l’on ignore son rythme de lecture. Et cela peut mener à la panne de lecture assez facilement : on se met la pression pour rendre un avis et ne pas décevoir l’éditeur. On veut paraître sérieux auprès de ses partenaires, même si on n’a pas anticipé le temps de lecture ou qu’on survole le livre.

Mon conseil est de connaître son rythme de lecture (= le temps qu’on met à lire un livre en moyenne), et surtout de limiter ses services presse, en choisissant des livres qui nous intéressent vraiment. Sinon, on a vite l’impression de « travailler » pour l’éditeur et on se met la pression.

Et si le livre ne vous convient pas mais que vous devez quand même rendre un avis, vous pouvez en parler à l’éditeur et envisager avec son accord de ne rien rendre. Cela m’est déjà arrivé, et ce n’est pas si dramatique.

Pour les blogueurs #2 : La pression du blog

A mes débuts de blog, j’étais très ambitieuse et je voulais être innovante en matière d’articles sur les livres. Avec le temps et l’expérience, je me suis rendue compte qu’il fallait surtout trouver son style et ne pas se mettre trop de pression. Sauf si vous souhaitez en vivre, mais ce n’est pas mon cas.

Par exemple, je souhaitais chroniquer chaque livre lu. Or, pour certains je n’avais rien à dire ou ils ne valaient pas la peine qu’on parle d’eux. Et la liste des articles à écrire à commencer à s’allonger au fil des lectures, rendant impossible leur rédaction à moins de faire du blog à temps plein !

J’ai voulu quand même essayer en proposant trois articles par semaine, parce que je suis plutôt obstinée. Mais je me suis vite épuisée à la tâche, et surtout, je ne vivais que pour le blog, négligeant ma famille, mes amis et mes autres loisirs. Cela m’a dégoûtée de la lecture pendant plusieurs semaines.

Pour résoudre ce problème, j’ai donc décidé de ne pas parler de livres qui ne m’avaient pas plu, à moins qu’ils ne soient des services presse. Pour les autres livres, j’ai commencé des articles sous forme de mini-chroniques, pour proposer des avis courts sur des romans dont je n’aurai pas parlé dans un article de 2000 signes.

Tout ça pour dire que lorsque vous tenez un blog littéraire, il est important de trouver un moyen pour faire coïncider vos envies et leur réalisation. Tenir compte du temps que vous souhaitez investir dans votre blog, trouver votre rythme, réfléchir à des solutions créatives…

Car un loisir qui devient un travail peut parfois vous dégoûter de ce loisir. 🙂

Je n’ai peut-être pas réuni toutes les raisons qui peuvent vous pousser à la panne de lecture, mais j’espère vous en avoir fourni les essentielles et que mes conseils vous seront profitables.

N’hésitez pas à m’indiquer en commentaire vos anecdotes de panne de lecture et vos techniques pour reprendre goût à la lecture. 🙂

Pile A Lire et livre entamé,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Mini-Chroniques en pagaille, spécial Hanami Book Challenge #2

Sur le principe des mini-chroniques en pagaille de Light and Smell, voici mon retour sur mes dernières lectures pour le Hanami Book Challenge. Plus étoffées qu’un simple commentaire, moins élaborées qu’une vraie chronique, parce que je n’ai pas le temps ou l’envie d’écrire une vraie chronique pour chacun des livres lus…

La pêche au Toc dans le Tôhoku, Shinsuke Numata, éditions Picquier

Menu Japon contemporain – catégorie Fly me to Saitama

Résumé : Imano a la trentaine, lui qui ne connaît que la capitale a été muté dans une région de rivières et de forêts où il se sent un étranger. Mais voilà qu’une simple occupation pour meubler son temps libre prend de plus en plus de place dans sa vie. La pêche. Remonter un torrent dans la pénombre de la végétation dense, appâter avec quelques oeufs de saumon, d’un balancement précis du poignet poser la ligne juste là où il faut dans un trou sur l’autre rive. Et même si l’on prend plus facilement des vandoises communes que les savoureuses truites yamame, quel plaisir de pêcher en compagnie d’un ami toujours prêt à ouvrir une bouteille de saké ! Mais comment avoir un ami masculin sans que l’attirance vienne brouiller les plaisirs les plus simples ?
C’est une histoire de pêche et d’amitié dans une nature pailletée de lumière et d’ombre, traversée en sourdine par la difficulté d’être au monde quand on se sent différent des autres. Ce premier roman impressionniste et désenchanté a obtenu le prix Akutagawa, le Goncourt japonais.

Mon avis : Ce court roman est présenté dans son résumé comme un livre portant sur l’homosexualité et la campagne japonaise.

On y retrouve bien de très belles descriptions de la nature et de la pêche dans cette région très rurale, ce qui a certainement valu son prix à l’auteur. J’ai beaucoup apprécié l’endroit, même si pour le personnage principal, il tranche beaucoup avec la vie effrénée citadine de Tokyo, avant qu’il ne s’habitue au calme et la sérénité bucolique du Tôhoku. On ressent sa solitude dans cette région qu’il connaît peu et sa difficulté à se faire des amis qui allient ses deux passions : pêche et saké. Il semblerait d’ailleurs que cette mutation soit un rite de passage pour l’entreprise avant de réintégrer la filiale de la capitale.

Sa rencontre avec Hiasa va lui donner envie de rester car il se découvre un ami un peu fantasque avec les mêmes centres d’intérêt. Quand ce dernier quitte l’entreprise pour un nouveau travail de représentant, Imano va le trouver changé, comme s’il essayait d’épater tout le monde et leur amitié va en pâtir. On peut y voir un inversion des rôles : Hiasa devient ambitieux dans son travail, à l’inverse de Imano qui n’aspire qu’à une vie tranquille et ne souhaite pas revenir à Tokyo. Mais qui est vraiment Hiasa ? C’est ce qu’Imano va tenter de découvrir.En filigramme, l’auteur fait référence au Tsunami de Kamaishi en 2011 dans la région qui secoue pas mal les habitants et précipite la fin du roman.

Je pense être passée totalement à côté du thème de l’homosexualité dans ce roman. Est-ce dû à la différence culturelle ? Est-ce sous-entendu ? Hiasa semble un être étrange que son père ne porte pas dans son coeur, mais est-ce parce qu’il serait peut-être gay ? Je n’ai pas tout compris, d’autant qu’Imano n’a a aucun moment des idées romantiques ou érotiques vis à vis de Hiasa. Il éprouve une amitié profonde renforcée par sa solitude de citadin aux hobby particuliers dans une région très rurale. Pour résumer, cette lecture reste pour moi un peu incompréhensible, peut-être à cause de sens cachés que je n’ai pas su décrypter, mais elle n’a pas été pour autant déplaisante.

Maïmaï, Aki Shimazaki, éditions Actes Sud

Menu Au temps des traditions – catégorie le sourire de la Geisha

Résumé : La mort subite de la séduisante Mitsuko prend tout le monde par surprise, y compris les clients de sa librairie. Alors que des visiteurs se présentent pour rendre un dernier hommage à sa mère, Tarô, son fils sourd et muet, est préoccupé par certains détails de son histoire familiale. Mais qu’importe. Il est charmé par la beauté naturelle d’une jeune femme venue lui présenter ses condoléances. Tous deux éprouvent rapidement des sentiments si vifs qu’ils désirent s’épouser. Ce bonheur semble complet, rien ne pourrait le compromettre.

Mon avis : Ce court roman est la suite directe du roman Hozuki du même auteur, évoqué dans mon précédent article de mini-chroniques spécial challenge. Il fait partie d’une série de 5 romans ayant pour nom L’ombre du chardon, mettant en scène les mêmes personnages qui se croisent.

Nous retrouvons Tarô, vingt ans après Hozuki, qui doit réaliser la succession de sa mère, décédée subitement. Devenu mannequin et peintre, il décide d’ouvrir sa galerie à la place de la librairie de sa mère. Côté coeur, il peine à trouver chaussure à son pied du fait de son handicap et qu’il ne soit pas japonais pur souche (=il est métis espagnol). Sa rencontre avec Hanako, une amie d’enfance va tout changer et lui redonner espoir et amour. Malheureusement, les secrets de Mitsuko et de sa grand-mère vont peu à peu ternir l’histoire d’amour de Tarô et sa vie tout entière.

Avec ce deuxième opus, l’auteure nous met en garde contre les secrets de famille et des conséquences de les cacher, par amour pour ses enfants. Au fil des pages, tout tourne peu à peu au drame, malgré les efforts du personnage principal pour s’en sortir dans sa vie, mais il ne peut rien y faire. On y retrouve également des réflexions sur la vie des femmes japonaises : d’un côté Mitsuko indépendante, élevant seule son enfant et prenant soin de sa mère, refusant le mariage et devenant entraîneuse un soir par semaine pour l’argent et par intérêt intellectuel. De l’autre la mère d’Hanako, femme de diplomate et femme potiche, trompée par son mari, consultant un psychiatre, empêchée de divorcer pour sauver les apparences, sombrant peu à peu dans la folie. Ici, les femmes ne doivent pas entacher leur morale sous réserve de trouver un bon parti, le mariage étant la seule voie honorable. Seule Hanako, de la jeune génération s’efforce de ne pas prendre en compte l’avis de ses parents et de se marier comme elle l’entend.

L’auteure évoque aussi le racisme et la discrimination ordinaire dont est victime Tarô du fait de son infirmité et de ses origines. On lui demande souvent de quel pays il vient, alors qu’il est japonais. Et son handicap effraie parfois les gens, alors qu’il s’efforce de rester digne en toutes circonstances. On sent également que le fait de se marier est une pression sociétale assez forte et ancrée dans la culture japonaise et que trouver un bon parti n’est pas facile, même pour les jeunes hommes, obligés de démontrer aux beaux-parents qu’ils sont des gens sérieux et pourront entretenir leur femme.

Ce petit roman est court mais très fort en émotions et en thèmes intéressants concernant la culture japonaise. Par contre, il n’est pas très joyeux et on sent venir le dénouement assez rapidement. Il peut se lire de manière indépendante, mais si vous n’avez pas lu Hozuki, vous découvrirez les secrets de Mitsuko en même temps que son fils. Je pense lire les autres tomes de la série, même si je m’attends à nouveau à des drames…

Touiller le miso, Florent Chavouet, éditions Picquier

Menu Japon contemporain – Catégorie Tokyo by night

Résumé : Au Japon, Florent est autant dessinateur que poète. Toujours prêt à nous surprendre. Il est sensible à l’inattendu et goûte avec gourmandise un simple rien pris sur le vif. Il vole des pierres dans un jardin, considère un compteur électrique et une fenêtre à contre jour, caresse un petit chien qui boit, encourage un filet de maquereau…
Ce qu’il aime, ce sont des instants de vie fugaces ; et ce qu’il préfère, c’est donner vie à une étiquette de fruit ou une carte de géographie. Ces petites choses ordinaires et souvent incongrues qui nous émeuvent le temps d’un regard sont pour lui autant de détails révélateurs qu’il sait amplifier au point de pouvoir tirer parti de l’éternité d’un kaki. Tout est déjà là, il faut simplement le voir.

Mon avis : Ce livre se situe entre le roman graphique et le récit de voyage, mais un voyage particulier car l’auteur nous fait visiter plusieurs bars à saké/ supérettes d’alcool japonais : les Kaku Uchi. Le périple se découpe en plusieurs étapes : à chaque fois, Florent Chavouet nous raconte en dessin des anecdotes associées au Kaku Uchi visité, où il se situe avec une carte de son cru, quelques éléments du quotidien dans le même quartier (fenêtres vues de nuit, publicités détournées, panneaux de signalisation, bâtiments…) agrémentés d’un haïku souvent humoristique.

Le dessin prend plusieurs formes : photographie au crayon de couleur ultra-réaliste de bâtiments, fenêtres vues de nuit ou de nourriture ; caricature de personnes avec un trait très simple, carte ultra-détaillée et personnelle sous forme de petits carrés, paysages urbains ou ruraux façon panorama. L’ambiance est franchement nocturne et pleine de poésie.

La cartographie des Kaku Uchi est très instructive avec des détails sur les procédés de fabrication du Saké, la manière de s’asseoir dans le bar en fonction du nombre de clients, comment le magasin est organisé, une sociologie des clients, ce qu’on y trouve à chaque fois… La lecture est souvent interactive pour le lecteur car les dialogues et textes sont organisés à la manière d’un jeu de l’oie et il alors faut tourner le livre dans tous les sens. Il y a même des pages qui se déplient laissant voir l’intérieur du magasin comme si on y était…

Il y en a pour tous les goûts dans ce petit carnet de voyage particulier, proche du quotidien des japonais. J’y ai apprécié cette vision personnelle et humoristique propre à Florent Chavouet, et très éloignée d’une visite très touristique. A défaut de me faire aimer le saké, il a su m’y intéresser et me faire voyager le temps d’un livre.

Petites coupures à Shioguni, Florent Chavouet, éditions Picquier

Menu Japon contemporain – Catégorie Tokyo by night

Résumé : Kenji avait emprunté de l’argent à des gens qui n’étaient pas une banque pour ouvrir un restaurant qui n’avait pas de clients. Forcément, quand les prêteurs sont revenus, c’était pas pour goûter les plats.

Mon avis : Entre roman graphique et roman policier, Petites Coupures à Shioguni nous entraîne dans une histoire de Yakuzas qui pourchassent un cuistot…ou une jeune fille qui a piqué un blouson… ou un employé de fournisseurs en distributeurs automatiques qui veut se venger… mais est-ce que les yakuzas en sont vraiment ? Bref, vous l’aurez compris, l’intrigue est complexe !

Car le livre est organisé comme si le lecteur était le policier chargé de l’enquête : il interroge les suspects et témoins et l’histoire évolue en fonction de leurs versions. L’intrigue est donc non linéaire, entrecoupée de notes de polices au stylo sur des supports parfois étranges, et avec des retours en arrière fréquent en fonction de qui raconte sa version de l’histoire.

L’auteur nous propose une chevauchée nocturne dans un quartier ordinaire avec des sujets qu’il affectionne : les petits restaurants bon marchés, les postes de police de proximité, les rues encombrées de câbles électriques et de divers objets, les véhicules japonais…

J’ai trouvé que l’histoire était pleine de suspense et de rebondissements, même si je n’ai pas saisi un élément dans le dénouement au sujet de la jeune fille au blouson. Le dénouement est totalement inattendu et invite à relire une deuxième fois l’album, non pas vis à vis d’une incompréhension, mais pour mieux saisir les réels enjeux de l’ensemble des personnages. Car tout le monde ne dit pas la vérité…

Quant au dessin, on retrouve tout le style de Florent Chavouet évoqué plus haut avec Touiller le miso : des plans larges sur le quartier, des gros plans sur des personnages, des descriptions détaillées de lieux comme la cuisine du restaurant, des scènes en deux ou quatre cases avec des dialogues posés ça et là comme écrits au stylo. L’ambiance est sombre dans le ton, mais aussi dans les couleurs car toute l’histoire a lieu de nuit. Les teintes sont tantôt criardes comme passées au néon, tantôt vertes ou bleues comme si on voyait les personnages faiblement éclairés tout droit sortis de l’obscurité.

Un roman graphique qui sort de l’ordinaire et donne envie de lire d’autres histoires du même auteur !

Tokyo Sanpo, Florent Chavouet, éditions Picquier

Menu Japon contemporain – Catégorie Tokyo by night

Résumé :  » Il paraît que Tokyo est la plus belle des villes moches du monde. Plus qu’un guide, voici un livre d’aventures au cœur des quartiers de Tokyo. Pendant ces six mois passés à tenter de comprendre un peu ce qui m’entourait, je suis resté malgré tout un touriste. Avec cette impression persistante d’essayer de rattraper tout ce que je ne sais pas et cette manie de coller des étiquettes de fruits partout, parce que je ne comprends pas ce qui est écrit dessus. A mon retour en France, on m’a demandé si c’était bien, la Chine. Ce à quoi j’ai répondu que les Japonais, en tout cas, y étaient très accueillants. « 

Mon avis : Tokyo Sanpo est un guide de voyage très personnel réalisé entièrement au crayon de couleur et nous faisant visiter le quotidien de son auteur pendant ses 6 mois passés à Tokyo, à pied et en vélo.

Il se découpe en plusieurs chapitres, commençant à chaque fois par un plan très détaillé du quartier visité et des lieux dessinés par Florent signalé par des numéros qui correspondent aux pages du guide. Chaque quartier a ses particularités et son poste de police de proximité, représenté à chaque fois de façon humoristique. On apprendra d’ailleurs qu’en tant qu’étranger il a souvent été arrêté par « racisme » japonais ou pour des histoires de vélo « volé ». Il se venge gentiment sur une page dédiée à une petite « sociologie facile » des policiers japonais, avec des représentations à mourir de rire.

Que dire sur ce guide ? Je l’ai trouvé tout simplement extraordinaire, car contrairement aux autres guides dits « touristiques », il nous propose des éléments du quotidien aussi simples que la représentation des immeubles, des publicités, des étiquettes de fruit ou une sociologue des gens qui habitent le quartier. On plonge littéralement dans le quotidien des japonais, du point de vue d’un expatrié, avec ses questions sur la culture.

Au niveau dessin, le style de Florent Chavouet évolue selon le sujet : tantôt des représentations détaillées d’un élément architectural similaire à de la photographie au crayon de couleur, tantôt des pages d’anecdotes dessinées de façon plus simple et humoristique, voire caricaturales pour nous raconter une histoire de son quotidien. On retrouve aussi des intérieurs complets de maisons qu’il a habité avec des détails amusants. Les plans de quartiers vus de haut sont époustouflants de détails, même s’ils sont parfois fantaisistes.

C’est un guide à feuilleter pour picorer quelques éléments graphiques ou anecdotes du quotidien de l’auteur, ou à lire d’une traite pour vivre avec lui ces 6 mois passés au pays du Soleil Levant.

Le guide date de 2009, donc pas sûr de retrouver l’intégralité de certains lieux représentés si jamais vous allez au Japon et que vous souhaitez marcher sur les pas de Florent Chavouet, même si cela serait intéressant à réaliser.

J’ai personnellement beaucoup apprécié la ballade, surtout à une période où il ne m’est pas possible de voyager.

Et vous ? Où en êtes-vous dans ce challenge ?

Est-ce que nous avons des livres en commun? Avez-vous lu l’un des livres que je viens de vous présenter ?

Dites-moi tout en commentaire. 🙂

Saké et matcha,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Elle est le vent furieux, collectif, éditions Flammarion

Lu dans le cadre du #ProjetOmbre visant à mettre en avant le genre de la nouvelle, ce recueil de 8 nouvelles, toutes écrites par des autrices met en scène des catastrophes naturelles sur Terre, suite à une punition de Dame Nature. Un joli recueil young adult qui interroge notre rapport à l’écologie.

Mon avis général sur le recueil :

Ce recueil a été écrit par 6 auteures spécialisée jeunesse ou young adult : Marie Pavlenko, Sophie Adriansen, Coline Pierré, Cindy Van Wilder, Marie Alhinho, Flore Vesco. C’est donc un recueil 100% féminin, chose rare. Personnellement, je n’ai lu que les récits de Marie Pavlenko, j’ai donc découvert complètement les autres.

L’ouvrage est très cohérent dans sa construction : Il est composé d’un récit d’introduction et de conclusion mettant en scène Dame Nature affligée par le comportement des hommes et qui a décidé de les punir. Chaque nouvelle présente une punition de la déesse et par là, un sujet écologique différent qui est d’actualité : déforestation, montée des eaux, catastrophes naturelles, dérèglement climatique. Certains récits touchent au fantastique, d’autres sont plus réalistes.

Par ailleurs, même si chaque auteure utilise un style propre, toutes réussissent à s’homogénéiser de façon cohérente. Il n’y a que Flore Vesco et Marie Alhinho qui se démarquent un peu, mais cela n’enlève rien au reste.

Mon avis sur chaque nouvelle :

Comme il s’agit d’un recueil de nouvelles, j’ai pris le parti donner mon avis sur chaque histoire de façon individuelle et d’en rédiger chaque résumé en évitant les spoilers.

Qui sème le vent – Colère, Marie Pavlenko

Résumé : Dame nature décide d’aller incognito sur Terre voir ce que font les hommes et s’ils respectent un peu plus les cadeaux qu’elle leur a fait.

Mon avis : Cette nouvelle est le préambule de l’ensemble du recueil. Elle introduit le personnage de Dame Nature, représentée par Marie Pavlenko sous les traits d’une petite vieille mi-hippie mi-sdf constamment en train de ruminer. Et pour cause ! Les humains ne la respectent plus ! Son périple à travers la ville semble une épreuve, les gens vraiment indifférents à son égard ou totalement horrifiés face à son allure misérable. Son regard extérieur nous éclaire sur nos pratiques : manque de considération pour la nature au sens général avec une bétonisation importante, l’extension des villes au mépris du bon sens, massacre des animaux. De retour dans son Eden, elle décide de donner une leçon aux humains : ce seront les nouvelles suivantes. Marie Pavlenko a pris plaisir à écrire cette nouvelle, cela se sent. Malgré le thème dramatique, elle a su y ajouter des touches d’humour comme le personnage du majordome de Dame Nature ou certains personnages qui jalonnent le voyage de la petite vieille. Le repaire de la mamie promet des descriptions enchanteresses et contraste totalement avec la ville visitée plus tôt. En dehors du personnage personnifié, on pourrait tout aussi bien être face à l’histoire d’une mamie retirée du monde qui essaie de retourner en ville pour se distraire et voir si le monde à changé. C’est du moins l’impression que j’ai eu au début, avant d’arriver à la chute. Une jolie introduction aux nouvelles suivantes qui pousse déjà à la réflexion.

Monkey Palace, la revanche des singes, Sophie Adriansen

Résumé : Une famille avec deux adolescents est en vacances dans un complexe touristique sur l’île de Bornéo, en Indonésie quand des singes expulsés de leur forêt décident de faire de même avec les touristes du complexe en s’installant dans leurs résidences…

Mon avis : Des vacances qui tournent au cauchemar, tel est le sujet de cette nouvelle qui m’a fait frémir jusqu’à sa chute et m’a interrogée sur ma propre réaction face à cette invasion de singes. On suit la fuite de cette famille qui croit d’abord à une blague avant de se rendre compte que toute l’île est envahie et qu’aucune échappatoire n’est possible. Cette histoire m’a également interpellée sur la déforestation et sur la légèreté avec laquelle nous traitons ce sujet au quotidien. L’héroïne ado qui nous raconte son histoire, évoque le Nutella, le bois tropical utilisé pour faire du mobilier de jardin et acheté partout dans le monde. Cela prive les singes de maison et les force à se rapprocher de zones habitées pour trouver de la nourriture. Si les rôles sont inversés, si les singes décident de nous prendre nos maisons, on se retrouverait dans le livre de Pierre Boule : La Planète des singes. Sophie Adriansen a su marquer avec ce récit en imaginant un scénario réaliste qui permet de se mettre à la place des animaux, et c’est assez efficace.

Nos corps végétaux, Coline Pierré

Résumé : Assia et Solveig sont colocataires. L’une est étudiante en économie sociale, l’autre en médecine. Un jour, elles découvrent sur leur peau les marques d’une forme d’allergie : les végétaux en elles ont décidé de germer et de sortir de leurs corps…

Mon avis : Voici venir une épidémie mondiale avec des végétaux pas ordinaires. Coline Pierré nous propose une revanche des végétaux sur les humains, en poussant sur leur corps. Les arracher équivaut à s’épiler ou se couper des membres, avec la douleur qui l’accompagne. L’auteure montre bien l’attitude différente des deux jeunes filles face à la propagation de la « maladie » et les incertitudes qu’elle occasionne. Si Solveig accepte avec philosophie les végétaux qui sortent peu à peu de son corps, il n’en est pas de même pour Assia, hypocondriaque et soucieuse de son apparence. Les végétaux vont bouleverser le quotidien de tous, les rapports entre les gens, la manière d’envisager sa vie. Une jolie lueur d’espoir clôt la nouvelle, bienvenue parmi l’ensemble de ces micro-dystopies composant ce recueil. Pour l’anecdote, la maladie des plantes m’a fait penser au rapport que nous entretenons avec nos poils, et de manière plus large avec notre corps. Si nous l’acceptons et avons un rapport plus sain avec lui, nous serions plus heureux. Cela éclipse un peu la question des plantes qu’il est dommage d’éradiquer pour des raisons esthétiques également alors qu’elles sont nécessaires à notre planète de manière générale.

Extinction games, Cindy Van Wilder

Résumé : Dame Nature peu convaincue par les efforts des humains envers elle décide de lancer des jeux d’éradication de l’espèce humaine : les extinction games.

Mon avis : Cette nouvelle propose le point de vue de deux duos situés à deux endroits différents de la planète face à des catastrophes provoquées par une Dame Nature/ Gaïa en colère. D’abord perplexes face au message de la mystérieuse déesse, les humains vont devoir prendre au sérieux ses avertissements et redoubler d’efforts pour la convaincre qu’ils peuvent changer. Cindy Van Wilder s’inspire un peu des jeux de survie comme Battle Royale pour cette nouvelle, tout en glissant quelques faits d’actualité : les confinements dûs au Covid-19 qui ont permis à la nature de reprendre ses droits notamment à Venise, les avertissements des scientifiques peu écoutés face à une catastrophe écologique imminente, la pollution des îles provoquée par l’afflux massif de touristes (comme à Majorque où vit Soledad, une des héroïnes), la décharge géante de Costa Brava à côté de Beyrouth… Au fil des épisodes de jeu, la tension monte entre Gaïa et les terriens. Elle va de plus en plus loin dans ses frappes punitives, utilisant même le chaos provoqué par les humains pour le retourner contre eux de manière ironique. Il faudra toute l’intelligence d’un personnage et sa force de persuasion pour apaiser la déesse et trouver un terrain d’entente. Cette fois aussi, malgré les catastrophes et massacres, la nouvelle se termine sur une touche d’espoir. J’ai beaucoup aimé le fait que l’auteure relève des faits du quotidien face aux problèmes écologique, qui sont assez réalistes comme le fait que le facteur économique est toujours plus important que le reste. C’est un sujet assez éclairant qui fait réfléchir sur nos pratiques et sur la nécessité d’avoir le courage de faire changer les choses, comme le fait Soledad.

Naître avec le printemps, mourir avec les roses, Marie Pavlenko

Résumé : Maxine, Roman et Lucille sont lycéens à Paris. Cette année, ils passent leur bac. Cette année aussi, quelque chose cloche : le printemps tarde à arriver…

Mon avis : Marie Pavlenko nous plonge dans le quotidien d’ados ordinaires confrontés à une catastrophe qui les dépasse. Cela commence par une inquiétude devant l’arrivée tardive du printemps, et cela se termine en émeute face à une crise alimentaire sans précédent. On ne se rend pas compte à quel point cette saison nous manque avant d’en être privée ! Et combien elle est importante pour nous nourrir ! Face à la situation, chacun réagit comme il peut : dévalisage des magasins, migrations à la campagne, confinement forcé, état d’urgence, rationnement alimentaire. Certains auront le courage de protester et de monter des barricades pour subir une répression policière féroce qui m’a rappelée celle des gilets jaunes. Cette nouvelle, toute en tension, alerte sur le dérèglement climatique et ce qu’il pourrait occasionner au niveau des saisons. Le fait de montrer le point de vue de lycéens apporte une proximité avec le lecteur mais aussi un message d’espoir : si les plus jeunes y croient encore et réagissent contrairement aux adultes, nous avons peut-être une chance de réussir à changer les choses.

Sauvée des eaux, Marie Alhinho

Résumé : Trois générations de femmes de la même famille ont fui la Havane submergée par les eaux pour La Louisiane. Réfugiée climatiques, elles trouvent asile chez un homme qui a profité de la situation pour diriger la ville et l’approvisionnement en eau potable. Mais toute faveur nécessite une faveur en retour…

Mon avis : Marie Alhinho s’attaque à un sujet d’actualité et a su imaginer l’ensemble des conséquences possibles : le dérèglement climatique et la montée des océans. A travers ces trois femmes, toutes victimes de plusieurs manières de cette catastrophe se dessine un avenir bien sombre. Celui où l’eau potable devient un luxe, ainsi qu’un endroit habitable au sec, une vie sans maladie. Bien sûr, certains en profitent, et d’horribles façons. On voit se dessiner avec horreur ce qui a pu arriver à la plus jeune au fur et à mesure de son récit. Mais comment de simples femmes peuvent-elles se protéger ? Au niveau du style, l’histoire est racontée à travers des dialogues entre mère et fille et des monologues intérieurs de la plus jeune ce qui tranche avec les récits précédents. La fin du récit tourne au fantastique avec une note d’espoir : et si cette montée des eaux s’accompagnait d’une évolution du genre humain ? Une nouvelle un peu différente des autres, avec un ton plus sombre et aux idées plus réalistes.

Le récit recyclé, Flore Vesco

Résumé : Les arbres ont disparu, rongés de l’intérieur par un insecte. Avec eux disparaît aussi le papier et l’impression de nouveaux livres. On commence à faire le trafic de papier, à le conserver sous clé. Arrive le moment fatal : il n’existe qu’un nombre fini d’histoires dans le monde, et l’héroïne à l’identité inconnue a pratiquement tout lu. Un collectionneur de papier crée alors un comité ayant pour mission de créer du nouveau papier, puis d’écrire de nouveaux récits à partir des textes déjà existant avec un procédé d’écritissage…

Mon avis : La plume de Flore Vesco est particulière dans ce récit, et pour cause ! L’ensemble de cette nouvelle a été créé à partir de morceaux des autres nouvelles ainsi que d’autres récits existants comme le réalise l’héroïne de son histoire. Mieux ! L’auteure nous propose de créer notre propre histoire en fin de récit à partir de morceaux de textes du recueil ! Au-delà du procédé de création très original, Flore nous interpelle de son côté sur la déforestation et l’industrie du livre grosse consommatrice de papier. Une manière de faire réfléchir le lecteur sur l’impression en masse de livres tous les ans et peut-être d’y inclure une notion de publication raisonnée actuellement inexistante. Si le procédé d’écriture et la thématique m’ont paru très intéressants, j’ai moins accroché au récit qui m’a semblé manquer de rythme, et l’héroïne de profondeur. Néanmoins, cette nouvelle reste une de mes favorites du recueil, peut-être parce qu’elle me touche en tant que lectrice ou qu’elle met en avant la puissance de l’imagination malgré les difficultés à trouver un support d’écriture.

Qui sème le vent- Espoir, Marie Pavlenko

Résumé : Depuis son Eden, Dame Nature a terminé de punir les hommes pour leur ouvrir les yeux sur le mal qu’ils font à la planète. Elle espère qu’ils auront compris la leçon.

Mon avis : Une jolie conclusion pour ce recueil, à nouveau avec Marie Pavlenko qui l’a introduit. On sent que Dame Nature est apaisée, mais chagrinée d’avoir été aussi dure avec les humains. A nouveau, on retrouve son refuge apaisant, symbole de la nature dans toutes ses formes, avec une description éveillant tous nos sens. Ce récit de fin apporte une note d’espoir vis à vis de l’être humain, mais semble bien fragile. Une conclusion en demi-teinte, à l’image de notre engagement actuel vis à vis de l’écologie.

En conclusion : Un recueil de nouvelles young adult engagé qui met l’accent sur l’écologie et le féminisme en développant plusieurs scénarios catastrophes déclenchés par une Dame Nature en colère. Malgré plusieurs récits dystopiques assez sombres, le recueil lance plusieurs pistes de réflexions vis à vis du réchauffement climatique qu’il serait intéressant d’exploiter. Une lueur d’espoir termine le recueil, preuve qu’il est toujours possible au lecteur de faire le premier pas du changement.

Publié dans Lectures

Mini-chroniques en pagaille spécial Hanami Book Challenge #1

Sur le principe des mini-chroniques en pagaille de Light and Smell, voici mon retour sur mes dernières lectures pour le Hanami Book Challenge. Plus étoffées qu’un simple commentaire, moins élaborées qu’une vraie chronique, parce que je n’ai pas le temps ou l’envie d’écrire une vraie chronique pour chacun des livres lus…

Hôzuki, Aki Shimazaki, éditions Actes-Sud

Menu Japon d’aujourd’hui – catégorie Gambate !

Résumé : Propriétaire d’une petite librairie d’occasion spécialisée en ouvrages philosophiques, Mitsuko partage ses journées avec sa mère, une ex-détenue qui confectionne de jolis signets de fleurs séchées, et son jeune fils Tarô, un métis sourd et muet. Plutôt revêche et ne cherchant aucune amitié, elle se contente d’amants occasionnels et de discussions intellectuelles avec les riches clients du bar où elle pratique encore le métier d’entraîneuse une fois par semaine.
Un jour pourtant, une femme distinguée se présente à la bouquinerie et, devant la complicité évidente qui s’établit entre son enfant et celui de Mitsuko, elle insiste pour provoquer des visites et des sorties communes. Pour faire plaisir à son fils, Mitsuko surmonte son agacement et accepte ces rencontres. Bien vite, afin de préserver l’équilibre de sa famille, elle devra cependant refaire le choix du mensonge.

Mon avis : Je suis tombée par hasard sur ce livre en bibliothèque et par envie de formats courts, je l’ai emprunté alors que ma PAL était déjà constituée. J’ai appris par la suite qu’il faisait partie d’une pentalogie avec 4 autres romans du même auteur, où évoluent les mêmes personnages. Cela m’a donné envie de lire les autres ! Pour en revenir à l’intrigue, c’est un roman très court (141p) plein de suspense où l’on se glisse dans le quotidien de l’héroïne Mitsuko, de ses difficultés en tant que mère-célibataire et en tant que femme-entrepreneuse, et surtout du mensonge qu’elle cache depuis plusieurs années : Tarô n’est pas son fils biologique. L’arrivée de Mme Sato dans sa vie va bouleverser son quotidien : qui est cette femme bien comme il faut ? que lui veut-elle ? Malgré une fin attendue, j’ai beaucoup aimé l’opposition entre les deux personnages féminins : d’un côté Mitsuko, revêche qui collectionne les amants, joue les entraîneuses ou se prostitue pour de l’argent sciemment, et adopte un enfant abandonné tout en gardant son indépendance. De l’autre Mme Sato, femme de diplomate, distinguée et conformiste, parfaite représentante de l’épouse japonaise comme il faut. Le thème de l’instinct maternel sera très bien abordé dans tout le roman par ces deux personnages ainsi que la mère de Mitsuko. J’ai également beaucoup apprécié le jeu sur le sens de l’écriture japonaise de certains mots, assez bien expliqué dans le roman. Ainsi, le nom de la librairie Kitô peut signifier Prière, mensonge, arbre de glycine ou Hozuki (fleur japonaise) selon la manière dont il est écrit. Enfin, ce qui m’a intéressée est que l’auteur ne dépeint pas un Japon lisse et parfait : Mitsuko et sa famille sont particuliers avec une grand-mère qui a été en prison, un fils discriminé car il est métis et sourd-muet, et Mitsuko qui fait des choses peu reluisantes pour survivre et ne cherche pas à s’intégrer socialement. Même Mme Sato aura elle aussi des secrets honteux qui cassent son image de femme docile. Le seul défaut que je regrette est sa traduction approximative, parfois proche de l’anglais qui peut déranger la lecture par moments.

Les miracles du bazar Namiya, Keigo Higashino, éditions Actes Sud

Menu Japon d’aujourd’hui – catégorie Tokyo by night

Résumé : En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes hommes se réfugient dans une vieille boutique abandonnée dans l’intention d’y rester jusqu’au lendemain. Mais tard dans la nuit, l’un d’eux découvre une lettre, écrite 32 ans plus tôt et adressée à l’ancien propriétaire. La boîte aux lettres semble étrangement connectée aux années 1980. Les trois garçons décident d’écrire une réponse à cette mystérieuse demande de conseil. Bientôt, d’autres lettres arrivent du passé. L’espace d’une nuit, d’un voyage dans le temps, les trois garçons vont changer le destin de plusieurs personnes, et peut-être aussi bouleverser le leur.

Mon avis : Je suis tombée sur ce roman japonais fantastique après avoir la critique d’un ami blogueur qui en faisait l’éloge. Le voyage dans le temps est une thématique que j’apprécie habituellement dans les romans steampunk, aussi j’étais curieuse de découvrir comment elle était exploitée dans une intrigue contemporaine japonaise. Je n’ai pas été déçue ! L’auteur nous embarque dans deux temporalités différentes : celle des années 80 où vivent les gens qui demandent au conseil au propriétaire du bazar, et celle des années 2012 où les trois voyous sont entrés dans le bazar abandonné. L’alternance entre les deux époques est facile à suivre et le roman est très bien construit et dynamique vis à vis de ces bonds temporels. Il nous est présenté toute une galerie de personnages qui se croisent ou évoluent dans le même quartier que le bazar : un musicien qui souhaite être connu, une sportive qui veut renoncer au sport par amour, une femme enceinte de son amant marié, une future carriériste qui veut gagner de l’argent, un ado qui fugue pour survivre à sa famille, un vieux propriétaire de bazar qui retrouve un sens à sa vie en donnant des conseils aux gens, son fils qui s’inquiète pour lui, trois voyous qui viennent de commettre un vol. On y trouve une forme d’entraide communautaire, le besoin de guérir de blessures du passé, la nécessité de trouver quelqu’un sur qui s’appuyer face à un choix complexe, des envies difficiles à concrétiser, des choix compliqués à assumer. C’est un roman qui questionne sur ses choix de vie et qui montre l’évolution de la société japonaise face à des individus qui sortent de la norme. Au final, bon gré mal gré, chacun trouvera sa résolution, même les voyous qui auront joué leur rôle dans l’histoire. Un petit bijou rythmé comme un roman policier et construit comme des nouvelles liées entre elles. A ne pas manquer !

L’étrange bibliothèque, Haruki Murakami, éditions Belfond

Menu Au temps des traditions – catégorie Le temple abandonné

Résumé : Japon, de nos jours. Un jeune garçon se rend à la bibliothèque municipale. Jusqu’ici, rien que de très banal, le garçon est scrupuleux, il rend toujours ses livres à l’heure. Cette fois, pourtant, c’est d’abord l’employée qui l’envoie dans une salle qu’il ne connaissait pas. C’est un vieil homme, ensuite, qui le mène par les méandres d’un labyrinthe dans ce qui semble bien être une prison. C’est un homme-mouton qui l’y attend, qui aimerait bien l’aider mais qui redoute le pouvoir du gardien des livres.

Mon avis : Dans mon envie de continuer à lire des formats courts, et dans le cadre d’un autre challenge, le Projet Ombre, qui met en valeur les nouvelles, j’ai décidé de lire cette histoire fantastique de Murakami autour d’une étrange bibliothèque. J’avais déjà lu auparavant l’autobiographie de cet auteur Profession Romancier, ainsi que la trilogie 1Q84 et je m’attendais à retrouver cette atmosphère cotonneuse et incompréhensible qui le caractérise. Cela a été le cas mais pas seulement. J’ai eu l’impression d’être dans un rêve inquiétant et grinçant dont la chute, déconcertante, m’a laissée songeuse… au point d’avoir envie de relire la nouvelle pour être sûre de l’avoir bien comprise. Ce jeune garçon enfermé jusqu’à ce qu’il sache par coeur les livres qu’il souhaitait emprunter et qui souhaite s’échapper en oubliant ses chaussures neuves m’a un peu déboussolée. Y avait-il seulement un message derrière cette histoire ? La chute brutale, comme un retour à la réalité m’a fait penser à un rêve qu’aurait pu faire le personnage principal pour échapper à son quotidien trop douloureux. La perte de ses chaussures symboliserait-elle celle de son enfance ? Je me suis inventée bien des histoires à force de voir des significations partout. Toujours est-il que l’auteur m’a bien retournée le cerveau. Peut-être faut-il apprécier le texte juste tel qu’il est ? A côté du texte justement, l’édition Belfond propose les illustrations magnifiques et angoissantes de Kat Menschik qui ajoutent un petit plus à l’histoire. Un joli ouvrage qui interroge…

Birthday girl, Haruki Murakami, éditions Belfond

Résumé : « Je ne vais pas vous offrir quelque chose de matériel. Mon cadeau n’aura rien à voir avec un objet de valeur. En fait, voilà ce que j’aimerais offrir à la merveilleuse fée que vous êtes, mademoiselle. Vous allez faire un voeu. Et je l’exaucerai. Quel qu’il soit. À condition que vous ayez un voeu à formuler. »

Mon avis : Originellement publié dans le recueil Saules aveugles, femmes endormies, cette nouvelle de Murakami mets en scène une ancienne serveuse qui raconte l’histoire de son vingtième anniversaire à un tiers anonyme. Pour cette réédition de Belfond, le texte est accompagné d’illustrations magnifiques et oniriques de Kat Menschik, comme pour l‘Etrange bibliothèque du même auteur. Cette histoire étrange laisse place à l’imagination du lecteur puis le laisse en plan une fois racontée. Quel était donc le voeu formulé par la jeune fille lors de son vingtième anniversaire auprès de ce vieillard étrange qui a réussi à bouleverser sa vie ? Qui était ce vieillard, à part le patron du restaurant pour lequel elle travaillait ? Un récit à la Murakami où une fois de plus, le fantastique fait irruption sans crier gare, vous laissant interrogatif. C’est du moins mon ressenti. Mon imagination s’est en effet emballée : j’ai cherché le voeu de la jeune fille et je me suis même demandée si l’auteur se jouait des gens qui croient au pouvoir des voeux. Car après tout, si l’on y croit assez fort, peut-être que nous ferons inconsciemment en sorte qu’ils se réalisent (du moins, pour ceux où nous avons prise). A méditer.

Quartier lointain, Jirô Taniguchi, éditions Casterman (deux tomes)

Menu Japon d’aujourd’hui – Fly me to Saitama

Résumé : Homme mûr de 40 ans, transporté dans la peau de l’adolescent qu’il était à 14 ans, Hiroshi continue la redécouverte de son passé. Questionnant sa grand-mère, ses parents, ses amis, il réalise tout ce qui lui avait échappé lorsqu’il était jeune. Et petit à petit, l’année scolaire avançant, il voit se rapprocher la date fatidique où son père disparaîtra, pour toujours, sans aucune explication. Peut-il changer son passé ou est-il condamné à le revivre, impuissant ? Et retrouvera-t-il son existence normale, sa femme et ses enfants ?

Mon avis : Avec ce roman graphique en deux tomes, j’ai réalisé un bond dans le passé de Hiroshi qui se situe dans le Japon des années 1960, où les évènements de l’Après Deuxième Guerre Mondiale sont encore présents dans l’esprit des japonais. Malheureusement pour lui, c’est l’année où son père a abandonné sa famille. D’abord ravi de revoir sa mère vivante (dans son futur, elle venait de décéder), il va se donner pour mission de découvrir les raisons du départ de son père et s’efforcer de le retenir. Marqué par la perte de son père dans son enfance, il a reproduit adulte inconsciemment son schéma en étant très peu présent pour sa propre famille, préférant fréquenter les bars après le travail plutôt que de rentrer chez lui. Hiroshi va revivre une nouvelle fois son enfance, s’essayer à d’autres choix, saisir des opportunités pour lui et ses camarades proches, guérir de ses blessures. Il se créera une nouvelle adolescence avec des bêtises liées à ses habitudes de quarantenaire. Ses découvertes l’amèneront à se poser des questions sur lui-même, face à la crise de la quarantaine et à tracer sa propre voie de manière plus sereine. Le roman graphique apporte aussi des éléments sur le Japon d’après-guerre et la reconstruction du pays, les drames familiaux, les choix de vie des japonais. Il montre également l’opposition entre la ville et la campagne. C’est l’histoire d’un temps passé mis en valeur par les dessins réalistes de Jirô Taniguchi, parfois proches du documentaire.

A nous deux Paris ! Jean Paul Nishi, éditions Philippe Picquier

Hors Challenge

Résumé : Quand un jeune Japonais découvre dans ses pérégrinations humoristiques et ironiques les travers de la vie parisienne. Il scrute et déchiffre en images notre quotidien dans ses moindres détails, comme le ferait un Florent Chavouet à Tokyo, et apprend à ses risques et périls les charmes de la France que nous découvrons dans ce livre comme dans un miroir.

Mon avis : Je n’avais pas prévu de lire cette BD car elle se situe hors challenge, mais je n’ai pas pu m’en empêcher. A nous deux Paris, ce sont des petites scènes du quotidien de l’auteur, alors mangaka japonais débutant, lors de son année en France. Venu à l’origine pour travailler dans sa branche et découvrir le format franco-belge, il va finir dans une épicerie asiatique alors qu’il ne parle pas français. Autant dire que cela commence mal ! Parfois drôles, parfois curieuses, ses réflexions sur les différences culturelles entre notre pays et le sien font souvent réfléchir. Quelques histoires se démarquent comme le fait qu’il n’a pas les bons codes pour draguer des filles françaises, ce qui se traduit par des bides complets. Sa visite d’une convention française sur le Japon est aussi intéressante quand il est confronté à des français habillés en cosplay ou en écolières, ou à l’inverse quand des français sont éberlués que ce japonais ne connaissent pas le jeu de go. On apprend que la sauce soja est une invention pour les occidentaux car elle n’existe pas au Japon, tout comme l’absence d’assistants mangakas en France alors qu’ils sont légion au pays du soleil levant. On rit devant les français amoureux du Japon qui le stalkent et essaient de lui parler japonais, ou quand Jean-Paul essaie de comprendre comment fonctionne la bise française. Le pompon restera pour moi l’attitude des japonaises quand elles viennent à Paris : émerveillées ou déçue par la capitale, prenant l’appartement de Jean-Paul pour un hôtel avant de repartir chargées de cadeaux pour leurs amis. Une petite pépite à découvrir pour porter un autre regard sur notre pays, par un japonais malgré tout curieux de notre culture.

Et vous ? Où en êtes-vous dans ce challenge ?

Avez-vous lu un des livres dont je vous ai parlé dans cet article ?

Dites-moi tout en commentaire ! 🙂

Sauce soja et Onigiri,

A.Chatterton

Publié dans On joue ?

Hanami Book Challenge : ma PAL de séries tv, films et anime pour ce challenge

Pour faire suite à la PAL de livres et au mode d’emploi du Hanami Book Challenge, voici ma PAL spécial écrans pour ce challenge !

Préambule

Les écrans étant moins ma tasse de thé, j’ai quand même épluché les catalogues Netflix, Amazon Prime vidéo et Arte vidéo afin de vous trouver des propositions accessibles. A chaque fois, j’indique en fin de résumé où vous pouvez trouver le film ou la série et si vous cliquez sur le lien du titre, vous trouverez la bande annonce en vidéo. Si je n’ai pas indiqué de plateforme pour regarder le film, c’est que j’ai fait appel aux DVD empruntés à ma médiathèque. Cela reste une solution économique et accessible si vous souhaitez rester dans la légalité.

Je précise que je suis pas partenaire des plateformes de vidéos mentionnées pour éviter toute confusion. Si vous voyez par exemple beaucoup de propositions Netflix, c’est tout simplement parce que j’ai trouvé plus de films ou séries en lien avec le challenge dessus.

N’hésitez pas à m’indiquer en commentaire vos trouvailles, surtout si vous avez eu un coup de coeur ! 🙂

Bon challenge spécial écrans à tous et toutes !

Voici mes menus écrans pour ce challenge :

Au temps des traditions

Pour la gloire de l’Empereur (intrigue politique, samouraïs, arts-martiaux)

Les 7 samouraïs, Akira Kurosawa, 1954

Résumé : Las des incursions répétées des brigands qui s’emparent de leurs récoltes et de leurs femmes, les paysans d’un petit village décident, sur les conseils de l’ancien Gisaku, de faire appel à des samouraïs… Il leur faudra trouver des samouraïs suffisamment pauvres pour accepter de combattre pour de la nourriture. Quatre villageois sont chargés de les rechercher. Ils réussissent à convaincre le samouraï Kambei de les aider : celui-ci va recruter ses compagnons en leur faisant passer des épreuves. C’est finalement six samouraïs et Kikuchiyo, un jeune paysan qui veut se faire passer pour tel, qui arrivent dans le village. Là, lis vont apprendre aux villageois à se battre, à fortifier leur village…

Mon choix : Un film de de 1954 par un des grands maîtres du cinéma japonais. Il a l’air vieux et un peu kitch au premier abord, mais il ne faut pas oublier qu’il a inspiré un western très connu : Les sept mercenaires de John Sturge (1960).

Autres propositions :

  • Zatoichi, de Takeshi Kitano, 2003 : XIXè siècle, un voyageur aveugle, joueur pro et masseur s’engage dans un combat avec un gang qui tient sous sa coupe un village de paysans.
  • Le temps des samouraïs, les origines sanglantes du Japon : Documentaire historique en 6 épisodes qui raconte les luttes de pouvoir dans le Japon féodal du XVIème siècle (Netflix)
  • Yasuke, le samouraï noir, 2021 : Série animée sur l’histoire d’un samouraï noir dans le Japon du XVIème siècle.(Netflix)

Le temple abandonné (Religion, esprits, moine, fantastique)

Le Voyage de Chihiro, Hayao Miyazaki, 2002 (Netflix)

Résumé : Chihiro, dix ans, a tout d’une petite fille capricieuse. Elle s’apprête à emménager avec ses parents dans une nouvelle demeure. Sur la route, la petite famille se retrouve face à un immense bâtiment rouge au centre duquel s’ouvre un long tunnel. De l’autre côté du passage se dresse une ville fantôme. Les parents découvrent dans un restaurant désert de nombreux mets succulents et ne tardent pas à se jeter dessus. Ils se retrouvent alors transformés en cochons. Prise de panique, Chihiro s’enfuit et se dématérialise progressivement. L’énigmatique Haku se charge de lui expliquer le fonctionnement de l’univers dans lequel elle vient de pénétrer. Pour sauver ses parents, la fillette va devoir faire face à la terrible sorcière Yubaba, qui arbore les traits d’une harpie méphistophélique. (Disponible sur Netflix)

Mon choix : Un des films de Hayao Miyazaki que je préfère ! On y trouve une petite fille capricieuse, des amis étranges et surtout ce gigantesque village dédié à la purification et aux loisirs des esprits, aux airs de parc d’attraction, sur lequel règne en maître la terrible sorcière Yubaba. Au-delà d’un simple film sur les esprits, on y croise des valeurs écologiques, familiales et surtout une réflexion sur l’acceptation du passé pour se projeter vers l’avenir. Car, rappelons-le, au début de son aventure, Chihiro vient de déménager et s’accommode mal de cette situation. La beauté des décors et du dessin ajoutent à la magie du film.

Autres propositions :

  • Ju-on, origins, 2021 : une série d’horreur en 6 épisodes autour d’une maison hantée à notre époque contemporaine. Inspirée du film The grudge.(Netflix)
  • Bleach : Version anime du manga du même nom où un jeune homme investi des pouvoirs d’un Shinigami doit récupérer des âmes errantes. Série en 63 épisodes. Un film est également disponible (Netflix).
  • Mon voisin Totoro, Hayao Miyazaki : Film animé où une famille déménage à la campagne parce que leur mère est malade. Dans les bois, les deux petites filles vont rencontrer le gentil Totoro, l’esprit de la forêt.(Netflix)
  • Inunaki, le village oublié, 2020 : Film d’horreur autour du village d’Inunaki surnommé le « village hurlant ». Lors d’une expédition nocturne Yuma et Akina réveillent la malédiction qui frappe le village. Film payant (Amazon prime Vidéo)

Le sourire de la Geisha (Erotique, Art, écrit par une femme)

Mémoires d’une Geisha, Rob Marshall, 2006

Résumé : Quelques années avant la Seconde Guerre mondiale, Chiyo, une petite fille japonaise, est arrachée à sa famille pauvre pour aller travailler comme servante dans une maison de geishas.
En grandissant, elle se plie avec docilité à l’initiation difficile qui fera d’elle une vraie geisha. Elle triomphe des pièges que lui tend sa rivale, la fourbe Hatsumomo et devient, après des années de travail, la légendaire geisha Sayuri. Très belle, épanouie dans son art, Sayuri fascine les hommes les plus puissants. Mais celle qui n’a plus le droit d’aimer reste hantée par l’amour qu’elle porte, en secret, au seul homme qu’elle ne peut atteindre…

Mon choix : Ce film est l’adaptation du roman éponyme par Arthur Golden. Même s’il est basé approximativement sur la vie d’une geisha célèbre et qu’il comprend des inexactitudes historiques (comme la prostitution et le Mizuage, don de virginité), il n’en reste pas moins très magnifique et montre bien l’éducation des Geishas, leur quotidien et leur évolution suite à la deuxième guerre mondiale. Un beau film porté par des actrices chinoises et malaisiennes dont Michelle Yeoh (vue dans Tigre et Dragon et The Lady, le biopic de Aung San Suu Kyi.

Autres propositions :

  • The Naked Director, Yoshitatsu Yamada, 2019 : série biopic en 16 épisodes sur l’évolution du cinéma porno japonais dans les années 80 par Toru Muranishi qui a révolutionné le genre et remis en question la morale japonaise au sujet du sexe.(Netflix)
  • 37 seconds, Mitsuo Miyazaki, 2020 : Aux prises avec ses obligations sociales et familiales, une jeune artiste de manga handicapée s’engage contre toute attente sur la voie de l’émancipation et de la liberté sexuelle. Film dramatique (Netflix)
  • Little Miss Sumo, 2021 : Dans ce documentaire biographique, une jeune championne de sumo interdite de compétition professionnelle se bat pour faire évoluer les traditions et redéfinir les règles de son sport. (Netflix)
  • Japon, les reines de la mer, Geo Reportage, 2009 : Documentaire autour des pêcheuses traditionnelles de mollusques appelée Ama. Le film met l’accent sur neuf femmes de la presqu’île japonaise de Shima qui se partagent le même bateau, ce qui fait d’elles une famille très soudée. Kazu Yamamoto, 80 ans bientôt, est la doyenne, une Ama de cinquième génération qui n’envisage pas une seconde de raccrocher. (Amazon Prime Vidéo, Youtube)

Quand les cerisiers sont en fleurs (Fêtes traditionnelles, nature, écologie)

Japanese Style originator, 2021, Netflix

Résumé : une série en 54 épisodes qui vous fera découvrir la culture japonaise traditionnelle (cuisine, objets traditionnels, cérémonies, lieux incontournables).

Mon choix : J’ai éprouvé beaucoup de difficultés à trouver un film ou une série pour cette catégorie. Ce documentaire permet d’approfondir l’aspect traditionnel du Japon et c’est que j’ai voulu faire ressortir dans ce choix. Mais il peut aussi entrer dans la catégorie Tokyo By Night pour l’aspect culinaire abordé à de nombreuses reprises au fil des épisodes.

Autres propositions :

  • Princesse Mononoké, Hayao Miyazaki, 2000 : La plupart des films animés de Hayao Miyazaki traitent d’écologie, mais celui-ci tout particulièrement avec des humains qui détruisent la forêt et les animaux pour s’enrichir. Seule Mononoké, fille élevée par des animaux, se dresse contre eux et c’est le début d’un long combat. (Netflix)
  • Pompoko, Isao Takahata, 2006 : Un film animé des studio Ghibli sur l’adaptation des Tanukis, (esprits de la forêt à l’apparence de chiens-ratons laveurs), face à la destruction de leur habitat par les humains. Une réflexion sur la destruction des ressources naturelles et des croyances populaires. (Netflix)
  • Your Name, Makoto Shinkai, 2016 : Deux adolescents, que tout oppose échangent de corps pendant leur sommeil sans d’explication logique. Entre la ville et la campagne, au gré des saisons, une relation s’instaure entre eux, jusqu’à se qu’ils décident de se rencontrer en vrai Peut aussi entrer dans le menu Fly me to Saitama. Film animé (Netflix)
  • Japon, la voie du thé, Geo reportages, 2019 : Au printemps, le Japon tout entier attend le first Flush, la première cueillette du noble Sencha, thé vert cultivé dans l’île de Kyushu. Kazuo Watanabe lui a consacré toute sa vie et caresse le rêve de produire le meilleur thé du Japon. Documentaire payant. (Amazon Prime vidéo)

Japan Pop

Monter sur scène avec les idols (musique, amitié, Otaku)

Carole et Tuesday, Shin’ichirô Watanabe, 2020 (Netflix)

Résumé : Adaptation du manga éponyme en série animée de 24 épisodes. Dans un monde futuriste où la population a émigré vers la planète Mars, Carole rencontre la riche Tuesday. Les deux jeunes filles que tout oppose réalisent qu’elles forment le duo ..

Mon avis : Je n’ai pas lu le manga, mais j’ai été séduite par ce duo musical. Même si je sens que cela ne va pas être très joyeux, j’ai envie de les suivre dans leur route vers le succès.

Autres propositions :

  • Back Street Girls Gokudolls, 2019 : Série animée de 10 épisodes. En punition d’une grosse erreur, trois Yakuzas sont contraints de se transformer physiquement pour former un girls band et investir la scène J-Pop underground. Mais s’ils ont changé de corps, ils n’en restent pas moins des yakuzas, et des hommes, ce qui occasionne des scènes hilarantes. (Netflix)
  • Reframe, Theater experience with you, 2019 : retransmission du concert du groupe de J-Pop Perfume au Line Cube Shibuya, recrée sous forme de film. (Netflix)

Sangoku, Cat’s eyes et les autres ( Rétro, adapté en anime, manga des années 80)

Cobra Kai, Josh Heald, 2018 (Netflix)

Résumé : Dans le retour très anticipé de deux personnages emblématiques, les rivaux de la saga légendaire Karate Kid sont réunis 30 ans après les événements du Tournoi de Karaté All Valley de 1984. Habitant à présent dans le quartier aisé d’Encino, Daniel LaRusso (Ralph Macchio) mène une vie enviable avec sa superbe famille, tout en étant à la tête d’une chaîne de concessions automobiles à succès dans la vallée. De son côté, son adversaire du lycée, Johnny Lawrence (William Zabka), dont la vie a basculé dans la précarité, cherche à se racheter en rouvrant le célèbre dojo de karaté Cobra Kai. Leurs vies se croisent inévitablement et la rivalité est relancée, mettant en place la nouvelle génération de “karate kids”

Mon choix : Certes, c’est nanardesque et ça touche de loin le Japon avec le Karaté. Mais cela joue à fond sur les années 80 et le culte d’un film, et cela interroge la pseudo-spiritualité du karaté pour les occidentaux. Rien que pour ça, je vais regarder cette série en 30 épisodes. 🙂

Autres propositions :

  • City Hunter, La mort de City Hunter : Un film animé sur la série Niki Larson, je dis Oui. Netflix en propose 6 à son catalogue. Dans celui-ci, Niki et Laura héritent d’une grosse affaire concernant une célébrité locale, mais les apparences vont s’avérer trompeuses… (Netflix)
  • Niki Larson, la série animée, 1987 : Nicky Larson est un détective privé qui se charge de résoudre les affaires les plus impossibles et dangereuses qui soient : protection, filatures… de préférence si la commanditaire est une femme. Ce redresseur de tort obsédé mais néanmoins efficace, est assisté de Laura, la petite soeur de son défunt partenaire. Série animée (Amazon prime vidéo)
  • Olive et Tom le retour, 2001 : Série animée issue du manga Captain Tsubasa. Olivier, qui est devenu joueur professionnel de football au Brésil, se remémore sa jeunesse. Il se souvient comment, lorsque sa passion dévorante pour le football a commencé, il a intégré l’équipe de Nankatsu. (Amazon Prime Vidéo)

C’est l’heure du duel ( affrontement, jeux-vidéos, robots)

Ghost in the Shell, Rupert Sanders, 2017 (Amazon Prime)

Résumé : Dans un futur proche, le Major est unique en son genre: humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.

Mon choix : Basé sur le manga et l’anime éponyme, le film de Rupert Sanders a fait scandale parmi les fans à sa sortie car il propose une actrice occidentale pour jouer une héroïne japonaise. Ayant vu l’anime, je suis curieuse de découvrir cette version avec Scarlett Johansson dans le rôle titre.

Autres propositions :

  • Violet Evergarden, Kana Akatsuki, 2017 : Série animée en 13 épisodes sur une héroïne amnésique et dont on a remplacé les bras par des prothèses mécaniques, qui cherche à retrouver un sens à sa vie après la guerre en devenant rédactrices de lettres. (Netflix)
  • Final Fantasy XIV Dad of Light, 2017 : Série en 8 épisodes sur un père et son fils qui tentent de renouer des liens en jouant ensemble à Final Fantasy XIV. Basée sur une histoire vraie. (Netflix)
  • Gambling School, 2017 : Série animée en 24 épisodes où une nouvelle élève ambitieuse arrive dans une école spécialisée dans les jeux d’argent. Son objectif : faire sauter la banque ! Une pure comédie japonaise. Et si vous voulez en voir plus, il y a même un film tourné en mode réel. (Netflix)
  • Food Wars, Yuuto Tsukuda, 2015 : Série animée en 86 épisodes tirée du manga éponyme, où un ado cuisinier intègre une école de chefs prestigieuses. De combats de chefs en recettes de cuisine, une série comique à savourer aux petits oignons (Netflix). Peut aussi entrer dans le menu Tokyo By Night pour la partie culinaire.

Cosplay à Harajuku

Atelier, 2015 (Netflix)

Résumé : Tokita Mayuko se prépare à entrer dans la vie active. C’est un travail dans le monde de la lingerie qui l’attend et lors de son premier jour de travail, un magnifique défilé est organisé par la direction. Elle s’aperçoit rapidement qu’elle ne pourra pas tenir longtemps dans ce nouveau travail si elle ne reçoit pas d’aide de ses collègues de bureau, d’autant que la patronne Mayumi Nanjō est très exigeante…

Mon choix : Drama japonais en 13 épisodes, Atelier est une forme de Diable s’habille en Prada version japonaise dans l’univers de la lingerie artisanale de luxe. On y suit une jeune stagiaire, obsédée par les tissus, qui doit s’intégrer dans la petite entreprise familiale et tout apprendre d’une patronne digne d’Anna Wintour. La série montre également combien il est difficile pour les femmes japonaises de monter sa propre entreprise dans une société très patriarcale. Peut aussi convenir pour le menu Gambate ! sur le monde du travail.

Autres propositions :

  • Queer Eye, Bienvenue au Japon, 2019 : La Dream Team se rend au Japon afin de relooker des Japonais un peu perdus dans leur style et leur vie. Série en 4 épisodes à ne pas regarder avec sérieux (Netflix) 😉

Le Japon d’Aujourd’hui

Fly me to Saitama (Vie à la campagne, village, vieillesse)

Fly me to the Saitama, Hideki Takeuchi, 2019

Résumé : Dans un Japon alternatif, les personnes originaires de Saitama sont persécutées et cachent leur origine. Tous espèrent l’abolition des visas pour parvenir à la métropole sans être arrêtés. À Tokyo, Momomi Hakuhodo (Fumi Nikaidō) est un lycéen très populaire, fils du gouverneur de la ville et président du conseil des élèves de la prestigieuse académie Hokuhodo. Il rencontre un jour Rei Asami (Gackt Camui), de retour de ses études aux États-Unis. Ils sont attirés l’un envers l’autre mais Asami est originaire de Saitama.

Mon choix : Je ne pouvais pas aborder ce sous-menu sans expliquer son titre ! Ce film est une comédie nanardesque japonaise autour de la préfecture de Saitama, autrement dit, la campagne située après Tokyo, où il n’y a absolument rien à faire. Forçant sur les clichés plouc de la région, on suivra deux histoires en parallèle : celle du Japon alternatif indiquée dans le résumé et celle d’une famille arrivée à Saitama qui écoutent ladite histoire à la radio. Un film jubilatoire.

Autres propositions :

  • Souvenirs de Marnie, HirosamaYonebayashi, 2015 : Anna, jeune fille solitaire, vit en ville avec ses parents adoptifs. Un été, elle est envoyée dans un petit village au nord d’Hokkaïdo. Dans une vieille demeure inhabitée, au coeur des marais, elle va se lier d’amitié avec l’étrange Marnie…Film animé du Studio Ghibli (Netflix)
  • Souvenirs goutte à goutte, Isao Takahata, 2007 : Taeko, une jeune femme de 27 ans, critique littéraire dans un journal à Tokyo décide de prendre un congé sabbatique en retournant dans sa campagne natale afin d’aller à la recherche des souvenirs de son enfance. Film animé (Netflix)
  • L’été de Kikujiro, Takeshi Kitano, 1999 : Masao a 9 ans et s’ennuie. Ce sont les grandes vacances et tous ses copains sont partis. Même le club de foot a fermé ses portes. Dans la maison vide de sa grand-mère qui l’élève, Masao trouve une photo de sa mère, qu’il ne connaît pas. Il se met alors en tête de partir à sa recherche. Son sac sur le dos, il prend la route et rencontre Kikujiro, quinquagénaire cabotin et roublard. Commence alors un voyage peu ordinaire, émaillé de rencontres insolites (Arte vidéo, Film disponible jusqu’au 29/04)
  • I wish (Nos voeux secrets), Hirokazu Kore-Eda, 2012 : Sur l’île de Kyushu, deux frères sont séparés après le divorce de leurs parents. L’aîné, Koichi, âgé de 12 ans, part vivre avec sa mère chez ses grands-parents au sud de l’île. Son petit frère, Ryunosuke, est resté avec son père, guitariste rock, au nord de l’île. Lorsqu’un nouveau TGV relie enfin les 2 régions, Koichi et son jeune frère organisent clandestinement un voyage avec quelques amis jusqu’au point de croisement des trains, où un miracle pourrait, dit-on, se produire… Film payant (Amazon prime vidéo)

Gambatte ! (vie d’entreprise, harcèlement, racisme)

Aggretsuko, Rarecho, 2017 (Netflix)

Résumé : Insatisfaite de son travail de bureau ingrat, Retsuko la petite Panda rousse surmonte les tracas du quotidien en chantant du death metal à tue-tête dans un bar karaoké

Mon choix : Série animée en 30 épisodes, Aggretsuko nous montre l’envers du décor de l’entreprise japonaise pour les femmes : patrons sexiste, heures supplémentaires à n’en plus finir. Alors quand elle commence à péter un plomb, Aggretsuko se rend discrètement dans un karaoké et chante du heavy métal, ce qui lui permet de relâcher la pression. Au fil des jours, son travail de comptable va lui peser et elle va s’efforcer de trouver une sortie de secours, ce qui ne va pas aller sans heurts… Ce dessin animé tout mignon soulève avec justesse de nombreux problèmes des employés japonais et invite à la réflexion sur ce qu’est la définition du bonheur, tout en restant drôle.

Autres propositions :

  • Kantaro, the sweet tooth salaryman, 2019 : Commercial dans une maison d’édition haut de gamme, Kantaro ne s’attarde jamais chez ses clients. Sa seule passion : la quête secrète de sucreries exquises…Série en 12 épisodes. (Netflix)

Souvenirs de lycée (Univers scolaire, adolescence, romance, light novel)

Loin de moi, près de toi, Junichi Sato, 2020 (Netflix)

Résumé : Une collégienne se transforme en chat pour attirer l’attention d’un garçon, sans se rendre compte que la frontière entre l’humain et l’animal s’estompe peu à peu.

Mon choix : Dans le même esprit que Le Royaume des chats, une romance toute douce entre deux collégiens avec une pointe de fantastique.

Autres propositions :

  • Je veux manger ton pancréas, Shin’ichirô Ushijima, 2018 : Sakura est une lycéenne populaire et pleine de vie. Tout l’opposé d’un de ses camarades solitaires qui, tombant par mégarde sur son journal intime, découvre qu’elle n’a plus que quelques mois à vivre… Unis par ce secret, ils se rapprochent et s’apprivoisent. Adaptation du manga éponyme, film animé.(Netflix)
  • Good morning call, 2016 : Une lycéenne s’installe enfin dans son appartement, mais elle a pour colocataire le garçon le plus populaire du lycée, et personne ne doit savoir qu’ils vivent ensemble. Série comique en 27 épisodes. (Netflix)
  • Great Teacher Onizuka, Nishizono Satoru, 1999 : Un jeune enseignant de lycée, ancien voyou, se retrouve responsable d’une classe particulièrement difficile dont les élèves ne respectent plus aucun professeur. Parce qu’il parvient à les comprendre et à se mettre à leur niveau, il arrivera non seulement à leur tenir tête, mais aussi à les aider…Série animée en 43 épisodes, tirée du manga éponyme.
  • One step, Michael williams, 2020 : Tadashi, voyant une fille de son école assise seule sur la plage tout les jours devient déterminé à savoir pourquoi. Un drama japonais très réaliste, portrait de la vie de millers de jeunes écolières au Japon. Film drame (Amazon prime vidéo)

Tokyo by night (Mafia, gastronomie, prostitution, LGBTQIA+)

Tokyo Girl, Yuki Tanada, 2016 (Amazon Prime)

Résumé : La vie d’Aya, de son arrivée à Tokyo, à l’âge de 23 ans, jusqu’à ses 40 ans. Entre sa carrière professionnelle et ses amours, la jeune femme a sans cesse dû s’adapter au fil des années aux multiples situations difficiles auxquelles elle a été confrontée.

Mon choix : Je suis tombée par hasard sur cette série en 11 épisodes et malgré les sous-titres en anglais, je l’ai dévorée en deux soirées. C’est en toute connaissance de cause que je vous conseille ce petit bijou. A travers l’histoire d’Aya, on retrouve le rêve de toutes les femmes de province de monter à la capitale pour trouver une vie parfaite : job de rêve, appartement luxueux, petit-ami puis mari et surtout la vie effrénée et dynamique de Tokyo, bien différente de la campagne. Aya, va vouloir toutes ces choses, en obtenir certaines mais s’interrogera surtout sur ce qui la rend heureuse. La série propose une réflexion universelle sur ce qui fait notre bonheur, tout en nous montrant les différents quartiers de Tokyo et les difficultés éprouvées par les femmes japonaises à allier vie de famille et vie professionnelle dans une société fortement patriarcale.

Autres propositions :

  • Midnight dinner, Tokyo stories, 2016 : adaptation en série du manga La cantine de Minuit. On suit le quotidien du chef d’un restaurant de quartier ouvert la nuit et la vie de ses différents clients dans une ruelle de Tokyo. Outre les recettes de cuisine, l’ambiance est douce et amusante. Série en 20 épisodes (Netflix).
  • Samurai gourmet, 2017 : Jeune retraité, Takeshi retrouve son appétit de vivre et sa passion pour la nourriture en se connectant à son guerrier intérieur et en écoutant ses désirs. Mais son guerrier intérieur va aussi sortir lui donner un coup de main quand cela est nécessaire. Série comique en 12 épisodes (Netflix)
  • Sonatine, mélodie mortelle, Takeshi Kitano, 1996 : Bras droit du chef yakuza Kitajima, Murakawa est un homme brutal, éliminant froidement ceux qui se dressent en travers de sa route. Sans pitié, mais aussi sans passion, il aspire à une nouvelle vie. Appelé sur l’île d’Okinawa, il part avec ses hommes pour venir en aide au clan Nakamatsu en guerre contre le gang rival Anan. Film dramatique.
  • Tokyo Godfathers, Satoshi Kon, 2003 : A Tokyo, pendant les fêtes de Noël, trois amis sans abri trouvent un bébé abandonné et une mystérieuse clé annonciatrice de folles aventures. Un film anime très humain dans la ville capitale tentaculaire japonaise.
  • Big in Japan Tokyo edition, Lachlan McLeod, 2018 : Trois cinéastes australiens se lancent dans une mission visant à se faire connaître à Tokyo. En chemin, ils rencontrent plusieurs personnes excentriques qui sont devenues célèbres au Japon en tant qu’étrangers. Un film documentaire qui décrypte le principe de popularité et d’originalité au Japon. (Amazon Prime video)

Publié dans Lectures

Un reflet de lune, Estelle Faye, éditions ActuSF

Dans le même univers qu’un Eclat de givre, nous voyagerons dans un Paris post-apocalyptique où la pluie ne s’arrête jamais, avec un personnage principal, moitié chanteur-moitié détective qui arpente la capitale en talons à paillettes pour se produire dans des cabarets et résoudre une enquête. Un jolie balade sur fond de questionnement d’identité, dans une atmosphère hallucinogène et cotonneuse, comme un morceau de jazz

Résumé : Paris, un siècle après l’apocalypse. La capitale est plongée dans les pluies de printemps et Chet, dans une affaire qui le dépasse. Des sosies apparaissent pour lui faire porter le chapeau de crimes dont il est innocent. Du lagon du Trocadéro au repaire lacustre des pirates de la Villette, Chet arpente les bords de la Seine en crue à la recherche de ces mystérieux doubles, autant que de lui-même.

Mon avis :

Un reflet de Lune est une aventure qui a lieu après Un éclat de Givre. Néanmoins, il peut se lire comme une aventure indépendante.

Personnellement, je n’ai pas lu Un éclat de Givre et malgré quelques événements cités qui ont eu lieu dans celui-ci, je n’ai pas eu l’impression de manquer d’éléments pour comprendre l’histoire.

En revanche, certains éléments d’Un Eclat de Givre m’ont été dévoilés et peut-être aurais-je plus de facilités à démêler son enquête.

Voilà ce que je peux en dire après lecture. Ceux qui ont lu les deux livres dans le bon ordre auront peut-être un avis différent du mien… 😉

Je tiens à remercier les éditions ActuSF pour l’envoi de ce service presse qui m’a permis de découvrir cet univers si poétique et m’a donné envie de lire Un éclat de givre. 😉

Chet, un personnage emblématique

Ce qui frappe en premier dans ce roman est son personnage principal : Chet.

Chet est un jeune homme complexe, au physique androgyne et sensible, et qui possède un don pour s’attirer des ennuis.

Dès le début de l’intrigue, on comprend qu’il essaie de soigner son coeur brisé suite à une rupture amoureuse. Et pour cela, il va éprouver le besoin de devenir femme, devenir… l’envoûtante Thaïs. Un moyen de se fuir à travers une autre identité que tous admirent. Car Thaïs chante de sa voix rauque dans les cabarets le soir, étincelante de strass et de paillettes, accompagnée de son fidèle pianiste Damien, mais reste inaccessible au commun des mortels.

Loin d’être un déguisement, sa métamorphose embrasse sa partie féminine de manière assumée. En ce sens, Estelle Faye nous laisse à voir un roman inclusif concernant la bisexualité et le transformisme qui semble naturel et positif, sans forcer le trait, ce qui est assez rare pour être souligné.

Dans son périple, Chet va multiplier les histoires de coeur avec des hommes, des femmes aussi, et souvent les mauvaises personnes au mauvais moment. Nous aurons l’occasion de nous en rendre compte à plusieurs reprises avec la rencontre d’ex rancuniers ou de nouveaux amants. La fascination que son personnage de Thaïs exerce sur le public lui causera aussi quelques ennuis.

Car si le point de départ du roman est une enquête policière, l’aventure que nous propose Chet va aussi s’avérer une manière de guérir de son histoire d’amour et d’évoluer pour devenir plus posé et stable dans ses relations, moins fuyant et égoïste.

C’est aussi une forme d’adieu à son passé, car nous rencontrerons différents personnages qui l’ont aidé à devenir ce qu’il est aujourd’hui : premiers émois bisexuels, premiers travestissements, l’éclosion de sa sensibilité, son amour pour le jazz.

Avec cette enquête marquée par la pluie continue et la crue surnaturelle, il va nous raconter son spleen et nous envelopper dans une atmosphère douce et cotonneuse qu’il sera difficile de quitter.

Paris en mode post-apocalyptique

A quelle époque sommes-nous ? Difficile à dire. Dans tous les cas, nous allons évoluer dans un Paris Post-apocalyptique, rongé par des effondrements, la végétation grandissante et surtout une pluie torrentielle continue qui va rendre fous les habitants.

Après l’Apocalypse, chaque quartier s’est trouvé dominé par une faction qui indique sa loi. La seule chose qui importe est la nourriture. Pour autant, on ne sent pas un danger permanent à y vivre, comme si les gens s’étaient accommodés de la situation. Par ailleurs, nous évoluerons à travers le Paris de Chet, sa vision de la ville : celle des artistes, où malgré les conditions déplorables, la chanson comme l’art permettent de supporter un peu mieux le quotidien. En dépit de certains passages un peu glauques, Estelle Faye nous proposera des descriptions magnifiques et très poétiques qui nous donneront envie d’y faire un tour. Et quelle visite !

L’enquête de Chet sera propice à une promenade en règle de cette ville étrange qu’il connaît comme sa poche. Chaque étape marquera sa rencontre avec un personnage emblématique : La Sorbonne et le discret enquêteur Paul, l’opéra Garnier et l’infâme François-Alexandre, les bordels/clubs sur les péniches du Lagon du Trocadéro, la Zone Humide autour de Paris et le mystérieux Galaad, le Marché aux plantes d’Evangile et le prêtre Azal, Silver et le quartier des mareyeurs à la Lune Envasée, Enguerrand le commissaire-priseur de Néo-Louvre, Janosh et les bohémiens de Notre-Dame, ou encore le Jardin Botanique avec le scientifique Gabriel.

Malgré un calme relatif face à une vie quotidienne dramatique, on notera deux formes dangereuses de folie qui se développeront chez les habitants au fil du roman: celle liée à la crue qui pousse à chercher des boucs émissaires chez ceux qui n’y sont pour rien, et celle des riches oisifs qui ne savent plus quoi inventer pour ce divertir. Cela donnera lieu à deux scènes marquantes : un procès absurde pour calmer la foule et le visionnage d’un horrible snuff movie.

Une enquête façon hallucinogène

Qui sont les doubles de Chet ? D’où viennent-ils ? Qui les a créé et dans quel but ? C’est ce que Chet va tenter de découvrir tout au long du roman, car mine de rien… ils lui causent de sérieux ennuis ! Et comme le musicien traînait avec lui une mauvaise réputation, il va lui être difficile de se discréditer de leurs méfaits.

Bien que l’enquête passe un peu au second plan, elle est bien présente et complexe. Nous évoluerons comme Chet dans un flou digne d’une drogue puissante. Chet va être plusieurs fois malmené dans sa recherche d’indices : plongée dans la seine toxique, tabassage, enlèvement,… et y perdre de nombreux vêtements, pour son plus grand désespoir, ce qui apportera une note humoristique.

Il pourra compter sur divers alliés qui l’aideront parfois à contrecoeur, soit par dette envers lui, soit par admiration pour son art, soit par respect pour son père. On note qu’il compte peu d’amis fidèles à part son pianiste, Silver et Paul, peut-être parce qu’il ne sait pas s’attacher aux gens ou qu’il leur fait mal sans le faire exprès.

Grâce à notre détective-musicien, et à travers son périple dans la ville, nous essaierons de récupérer des indices et de résoudre ce mystère. Mais malgré un dénouement inattendu, des questions resteront encore en suspens, propices à une nouvelle aventure…

En conclusion : Avec Un reflet de lune, Estelle Faye nous propose une enquête psychédélique dans un Paris post-apocalyptique marqué par le Jazz, la pluie, et un personnage principal en quête de reconstruction. Si son enquête passe parfois au second plan, on est très vite subjugué par l’ambiance très poétique qui se dégage du récit, très difficile à quitter. Un roman à conseiller pour les amateurs de spleen et d’histoires de coeurs brisés.

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #28

Au sommaire de cette veille littéraire du net : un challenge pour vider ta PAL, un documentaire sur une peintre féministe, une série sur le Préfet Lépine, deux challenges littéraires sur le Japon, un appel à textes gourmand, un financement participatif à poils et plumes, des ressources gratuites pour Instagram…

L’évènement du Weekend

Le site Fantastiqueer, spécialisé en lectures LGBTQIA+, te propose un weekend de Pâques spécial : Vide ta PAL ! A l’occasion de ces trois jours, tu pourras en profiter pour lire une partie des livres qui traînent dans ta PAL, terminer cette série que tu as commencée ou attaquer ta relique suprême de PAL, tout en croquant du chocolat ! Un évènement facebook a été créé pour partager tes lectures prévisionnelles et tu peux aussi retrouver le mode d’emploi sur leur page facebook ci-dessous :

Les challenges littéraires de la saison

C’est le printemps, et deux nouveaux challenges sur le thème et le Japon ont vu le jour :

J’ai lancé le 1er avril mon challenge consacré au Japon et à la littérature japonaise: Le Hanami Book Challenge. Si tu es curieux, tu pourras aller voir son fonctionnement sur l’article qui y est consacré, et glaner des idées de livres dans ma PAL personnelle ou sur la page Instagram que j’ai ouverte pour l’occasion.

A côté, j’ai découvert un autre challenge sur le même thème : Un mois au Japon, organisé par les blogueuses Hilde de lelivroblog, et Lou de Myloubook. Le challenge dure un mois, du 1er au 30 avril et est plutôt libre : pas de menus imposés, mais des thèmes généraux chaque semaine et des rendez-vous thématiques. Pour participer, il suffit de s’inscrire sur l’un des deux articles présentant le challenge sur leurs blogs, ou sur leur compte instagram. Elles ont créé également un groupe facebook privé pour échanger entre participants.

Le documentaire du mois

J’ai regardé le documentaire : Le Montmartre libéré de Suzanne Valadon, sur Arte car je ne connaissais pas cette peintre complètement punk vis à vis de l’époque et j’ai été très étonnée d’une telle modernité au début du XXème siècle. Comment une femme, partie de rien et qui jouait dans un cirque en plein Paris a pu s’imposer dans le monde de la peinture ?

Le documentaire retrace sa vie et son style de peinture : habitante de Montmartre à une époque où la campagne existait encore sur la butte et les cabarets étaient récents, elle a su réinventer le nu féminin mais sans fioritures, dans sa réalité la plus crue. Elle a aussi osé représenter les nus masculins, alors qu’elle était une femme, transgression ultime !

Le film te propose une visite historique de la Butte de Montmartre, et tu en apprendras beaucoup sur l’évolution du quartier. Tu visiteras également l’atelier de la peintre qui est devenu maintenant un musée accessible au public. Personnellement, cela m’a donné envie de retourner à Paris faire une visite guidée de la Butte sur le thème des peintres !

Si cela t’intéresse, le documentaire dure 15 minutes et est visible gratuitement jusqu’au 17/02/2023 sur le site d’Arte Vidéo.

La série du moment

Paris Police 1900 sur Canal + est la série française sortie le mois dernier. Elle a pour principal personnage le Préfet Lépine, confronté à une série de meurtres et à l’affaire Dreyfus. Tout en cherchant à moderniser la Police avec des inventions et de nouvelles techniques, dans une ambiance parisienne assez noire. Il y sera aussi question de féminisme dans une époque assez patriarcale.

La série propose actuellement une saison de 8 épisodes de 52 minutes chacun. Elle a déjà de bonnes critiques en ligne sur Allociné et le Youtubeur spécialisé en Histoire Nota Bene a réalisé une vidéo sur l’Histoire de Paris et une critique intéressante sans spoilers. De mon côté, je trouve que l’ambiance se rapproche de la série en deux tomes La 25e heure de FeldriK Rivat qui évoque aussi les méthodes d’identification des criminels et la même époque.

Hâte de pouvoir la visionner ailleurs que sur Canal+ (seul réseau sur lequel je ne suis pas abonnée !).

Le financement participatif du mois

Férocités est un projet des éditions Sillex afin de publier en financement participatif un recueil de 10 nouvelles de fantasy animalière pour adultes. Il est en cours de réalisation jusqu’au 7 mai prochain et le dernier palier est presque atteint. Pour participer, c’est ici, et le premier palier est à 8 euros pour la version numérique du recueil.

La maison d’édition a la particularité de proposer un circuit court du livre et une juste rémunération des auteurs. Ici, pas d’intermédiaires mais le lecteur qui choisit d’intervenir directement par financement participatif pour obtenir son livre. Et une augmentation de la rémunération des auteurs : de 8% dans le système classique, on passe à 30% chez Sillex, en ayant supprimé les intermédiaires. Les fondateurs de la maison d’édition l‘expliquent bien sous forme de BD ici.

L’appel à textes du mois

Les éditions Yby, proposent un appel à textes de nouvelles sur Le plaisir gustatif jusqu’au 19 décembre 2021. Le texte devra comporter entre 20 000 et 60 000 caractères, espaces compris et suivre la ligne éditoriale de la maison d’édition : l’un des personnages principaux doit être queer et l’histoire doit comporter des personnages favorisant la diversité.

Pour plus de détails sur cet appel à textes, je t’invite à consulter le site internet de la maison d’édition.

Les ressources gratuites du moment

Si tu cherches des templates pour réaliser des story ou des post instagram qui soient jolis et gratuits, je t’invite à t’abonner à la newsletter de Jennifer Daïna. En plus d’être une auteure de livres d’Urban Fantasy et jeunesse, c’est une illustratrice talentueuse qui propose des ressources gratuites qu’elles a créées. De jolies créations pour une jolie créatrice ! Moi je suis fan de ses créations sur le Japon ! 🙂

Voilà, ma veille est terminée. Elle est plus courte que d’habitude car la création de mon challenge littéraire m’a pas mal accaparée ce mois-ci… N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Fleurs de prunier et tasse de thé,

A. Chatterton