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Miss Charity, Marie-Aude Murail, édition Ecole des Loisirs

Dernièrement, le roman Miss Charity de Marie-Aude Murail a été adapté en BD aux éditions Rue de Sèvres par les talentueux Loïc Clément et Anne Montel. Après lecture du premier tome de cette merveilleuse version, j’ai eu envie de découvrir le roman à l’origine de la BD. Voici mon retour sur ce pavé de 500 pages aux allures de biographie de Beatrix Potter…

Résumé : Charity est comme tous les enfants : débordante de curiosité. Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise des années 1880, ça doit se taire et ne pas trop se montrer, sauf à l’église, à la rigueur. Pour ne pas devenir folle d’ennui, ou folle tout court, elle élève des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope, apprend Shakespeare par coeur avec l’espoir qu’un jour quelque chose va lui arriver…

Mon avis :

De l’éducation des petites filles à l’époque victorienne

Marie-Aude Murail nous emmène à la fin du XIXème siècle en Angleterre, dans une société où les riches prennent soin de leur patrimoine et surtout ne travaillent pas.

Dans ce contexte, nous faisons la connaissance de Charity Tilder, fille de bourgeois anglais, pas très jolie, plutôt curieuse et surtout aux passions tournées vers la nature qui la font passer pour une excentrique.

Or dans une société où les filles sont destinées à réaliser un bon mariage, étudier les animaux et la flore ne font pas partie des qualités nécessaires. Mais Charity chante mal, joue encore plus mal du piano et danse comme une patate. Autant dire que c’est mal parti pour elle.

Ajoutez à cela une mère envahissante, légèrement hypocondriaque et jalouse de ses amis et vous aurez une esquisse d’une enfance solitaire jusqu’à sa vie adulte, entourée seulement d’une petite ménagerie d’animaux mal en point et de domestiques.

Sa rencontre avec une préceptrice française qui va lui faire étudier l’aquarelle va changer son rapport au monde et lui ouvrir des portes qu’elle n’aurait jamais imaginées, bravant ainsi sa classe sociale et son statut de femme potiche imposé.

Charity va dévoiler une personnalité originale pour son époque, quoique à tendance neurasthénique et trop bien consciente de ses défauts. Elle incarne une forme de féminisme dans une société non-progressiste vis à vis du droit des femmes à travailler ou à disposer de leur argent sans tutelle masculine.

Au fil des pages, derrière les interrogations de son personnage, Marie-Aude Murail se permet une critique la société telle quelle était à cette époque avec le mépris des classes aisées pour tout ce qui se situe en dehors de la bienséance, le refus d’évoluer vers une classe de travailleurs jugée méprisable, l’obligation pour les jeunes filles de se marier par souci de préservation du patrimoine (et avant une date de péremption ! ), une vie difficile pour les domestiques dans ces familles et un souci de représentation permanent.

Ce roman n’est pas seulement le récit d’une jeune fille, c’est aussi l’histoire de l’évolution progressive de cette aristocratie figée dans le temps obligée d’évoluer pour survivre. Il se rapproche en cela de la série Downtown Abbey, située un peu plus tard dans le siècle.

Une ode à la nature et à Beatrix Potter

Il apparaît comme indéniable que l’auteure s’est inspirée de la vie de l’auteure pour la jeunesse Beatrix Potter pour écrire ce libre. Les similitudes sont trop importantes : Beatrix a vécu longtemps seule et célibataire dans la nursery familiale à Londres, réalisait de fréquents séjours dans la campagne anglaise, a réalisé les mêmes études sur les animaux et les champignons que Charity et connaît un destin similaire à notre héroïne.

D’autres auteures anglaises peuvent avoir influencé Marie-Aude Murail et se ressentent dans le roman : Jane Austen pour ses descriptions amusantes et critiques de la société, les soeurs Brontë pour la mise en avant de la nature. On sent également une touche de Comtesse de Ségur dans la description de la vie familiale et les visites aux cousins pendant les fêtes.

Mais ce n’est pas la seule source d’inspiration du roman : la nature y est extrêmement présente.

A la fois du point de vue scientifique à travers les expériences de Charity sur les escargots, l’élevage des souris et des lapins, son étude sur les champignons, exacerbés par sa passion pour l’aquarelle.

Mais aussi du point de vue bucolique, avec les descriptions de longues balades dans la campagne anglaise, et des propriétés de Bertram Manor et de Dingley Bell où se rend chaque été la famille de Charity. Là, son père passe son temps à la pêche à la mouche avec ses amis, tandis que Charity récupère de nouveaux spécimens ou se promène en calèche avec son âne. Des incursions en Ecosse auront lieu également avec des personnages hauts en couleur et des paysages tout aussi beaux (quoique pluvieux). On se rendra aussi au musée d’Histoire Naturelle de Londres, peu convenable pour une jeune fille de bonne famille.

Un joli moment de lecture si vous aimez la campagne anglaise autant que moi !

Quelques mots sur l’adaptation en BD

Pour adapter ce pavé de 500 pages, les éditions Rue de Sèvres ont pris le parti de découper en plusieurs tomes les aventures de Miss Charity en commençant par un premier volume intitulé L’enfance de l’art.

Ce que nous avons imaginé dans le roman, le dessin permet de le visualiser et joliment en plus ! On découvre une coup de crayon audacieux, des couleurs dignes d’une aquarelle et surtout une faune et une flore très détaillées dans un style purement anglais.

Sans réaliser de grosses ellipses du roman, la bande-dessinée retranscrit parfaitement les scènes de la vie quotidienne de Charity, entre ses parents aux préoccupations différentes, sa nurse écossaise complètement folle, ses expériences scientifiques, ses rencontres avec des cousins éloignés, ses virées à la campagne…tout en gardant l’humour et les aspects critiques présents dans le roman.

Certains événements restent à deviner à travers les dessins, comme la raison pour laquelle le personnage de Kenneth est souvent montré avec une tête de renard. C’est une des raisons qui m’ont poussée à lire le livre, mais surtout le fait d’avoir une seule partie de l’histoire. Ce premier tome s’achève en effet aux 15 ans de Charity alors que le roman raconte aussi sa vie d’adulte. Espérons que l’adaptation de la suite dans le deuxième volume soit de qualité identique !

La seule chose que je regrette entre la bd et le roman, reste la pauvreté de la couverture du roman (qui date quand même de 2008). Quand on compare avec celle de la BD, on se demande si les éditions de l’Ecole des loisirs vont enfin se décider à proposer une couverture de roman à la hauteur ! D’autant que la version italienne est beaucoup plus jolie. A méditer…

En conclusion : Miss Charity est un petit bijou de littérature jeunesse qui s’adresse autant aux adultes qu’aux enfants. Si vous aimez la nature, la société victorienne ou les aventures d’une petite fille fantasque qui s’invente un monde, ce roman est fait pour vous.

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7 questions à Grégoire Laroque sur Zilwa, Les Trois rites

Suite à la lecture du premier tome de Zilwa, intitulé Les trois rites, j’ai tellement aimé l’intrigue que je n’ai pas pu m’empêcher d’interroger son auteur sur cette histoire qui se déroule sur une île tropicale. L’occasion d’en savoir plus sur sa réalisation et peut-être de glaner des éléments sur le tome 2…

Amélia : Bonjour Grégoire, dans le préambule de ton roman, tu le définis  comme appartenant à la Kreol Fantasy, peux-tu m’en dire plus sur le sujet ? Est-ce un terme que tu as imaginé par exemple ou cela existe-t-il déjà ?

Grégroire Laroque : J’ai inventé le terme car je trouve qu’il collait bien à ce que j’écrivais. Quand on pense à la fantasy, on s’imagine des décors écossais ou irlandais, avec d’immenses prairies vertes, de vieilles forêts, des châteaux médiévaux… Je voulais sortir de cet esprit et faire évoluer mes personnages sur une île tropicale, avec des grandes plages de sable blanc, des jungles luxuriantes, un lagon turquoise… Tout en gardant le thème de l’épopée (qui est légion dans la Fantasy).

Amélia :  Quelles ont été tes inspirations pour l’écriture de ce premier roman ? Tu évoques tes voyages en préambule, est-ce qu’il y a des auteurs qui t’ont marqués par exemple ? J’ai senti l’influence de J.K.Rowling dans ton trio de personnages principaux mais je me trompe peut-être…
Grégoire Laroque : Mes principales sources d’inspirations sont Tolkien et Zola. Les deux n’ont rien à voir, mais j’admire leur écriture. Pour le premier, j’ai clairement été frappé par l’imagination et l’univers qu’il a créé. Pour le second, la précision des mots et des descriptions qui habillaient parfaitement l’histoire. Puis, bien évidemment, beaucoup d’autres auteurs (même si je dois admettre que les deux que j’ai cités sont mes évidences).
Amélia : Les îles tropicales sont très présentes dans ton récit avec l’évocation de la faune et de la flore. T’es-tu inspiré d’une île réelle ?
Grégoire Laroque : Bien sûr ! J’ai écrit ce roman à l’Île Maurice où j’ai vécu pendant 4-5 ans. Je me suis également inspiré de l’Île de Pâques, de l’Île de la Réunion, Madagascar…Toutes les îles dans lesquelles j’ai eu l’occasion de voyager !
Amélia : Comment est né ce livre ? Tu es jeune auteur, cela était-il un projet de longue date ?
Grégoire Laroque : Je n’ai jamais songé à écrire quoi que ce soit ! Je dois cela à notre expatriation à l’Île Maurice, qui m’a tellement inspiré ! Ce n’est que plusieurs mois après notre arrivée qu’une idée à germé et que celle-ci a pris de plus en plus d’ampleur… Jusqu’à ce que l’évidence me saute aux yeux : il fallait que j’écrive cette histoire.
Amélia : Combien de tomes sont prévus ?
Grégoire Laroque : J’ai prévu une pentalogie, donc 5 tomes !
Amélia : Peux-tu me donner quelques éléments concernant les prochains tomes ? Est-ce que par exemple, Shivan va perdre un peu plus de sa naïveté ?
Grégoire Laroque : Shivan va en voir des vertes et des pas mûres, de même qu’Alynn et Bojun. Zilwa est non seulement une aventure avec des dangers et des défis, mais aussi une épopée personnelle pour se trouver. Dans la suite, des choix difficiles vont se poser, des personnages présents dans le premier tome vont être mis à nu, des machinations vont apparaître… Le tome 1 n’est qu’un préambule à tout ce que j’avais en tête !
Amélia : Pourquoi avoir choisi l’auto-édition ? Est-ce parce que ton roman innove dans un genre nouveau par exemple, et qu’il ne correspond pas aux maisons d’édition classiques ?
Grégoire Laroque : J’ai choisi l’auto-éditions car je ne pense pas que mon livre rentrait réellement dans des cases. J’ai tout de même envoyé beaucoup de manuscrits aux maisons d’édition mais n’ai jamais eu de réponse. Il faut savoir que les maisons d’édition ne prennent que 0.9% des manuscrits qu’elles reçoivent, et le chiffre diminue quand c’est le premier livre. Je ne connaissais pas l’auto-édition et, en ayant creusé, je trouve que c’est un moyen fantastique de garder une liberté sur son ouvrage, créer des projets dans lesquels on se retrouve… Pour les prochains tomes, je ne me pose même pas la question : ce sera auto-édité !
Amélia : As-tu des conseils à donner aux jeunes auteurs qui passent par l’auto-édition ?
Grégoire Laroque : L’auto-édition, c’est beaucoup de travail. Il faut bien s’organiser et ne pas avoir froid aux yeux pour communique suffisamment et correctement sur tous les réseaux (digitaux et physiques) qui sont à notre disposition, être inventif, aller à la rencontre de potentiels lecteurs… Si vous vous sentez à la hauteur de ce challenge, foncez car ce n’est que du bonheur.
Au sujet de la communication autour de son premier roman, je vous invite à lire l’excellent article de l’auteur intitulé :
Je remercie chaleureusement Grégoire qui a pris le temps de répondre à mes questions. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur son roman, vous pouvez retrouver ma chronique sur son premier tome : Zilwa, Les trois rites, rubrique Lecture.
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Zilwa tome 1 – Les Trois rites, Grégoire Laroque, Auto-édition

Rendez-vous dans une île paradisiaque pour finir l’été, avec sa religion bien ancrée et surtout un rite initiatique destiné à désigner le nouveau protecteur. Un joli roman d’apprentissage aux accents exotiques qui m’a fait voyager mais aussi trembler aux côtés des héros décidés à gagner cette course contre la montre.

Résumé : Zilwa Naboo, protecteur sacré de l’île de Welling, meurt subitement, dans d’étranges circonstances. Comme le veut la tradition, son successeur sera le vainqueur d’une série d’épreuves, les Trois Rites, regroupant les jeunes hommes et femmes entre vingt et vingt-cinq ans. Shivan, épaulé par ses amis d’enfance, Alynn et Bojun, participe à cet incroyable défi à travers mer, jungle et montagne. Ensemble, ils devront faire face aux pires trahisons, aux combats les plus spectaculaires, à la perte de proches et à une machination qui les dépasse tous.

Mon avis :

Je ne lis pas souvent de romans auto-édités car j’ai eu des expériences malheureuses dans le passé avec ces ouvrages : illustration de couverture peu flatteuse, récit criblé de fautes d’orthographe ou à la syntaxe défaillante, intrigue bancale…

Aussi, quand Grégoire m’a proposé son roman en service presse, j’ai un peu hésité. A la fois parce que j’accepte peu de service presse mais aussi à cause de ce statut d’auto-édition. Cependant, comme l’illustration de couverture était chatoyante et l’intrigue peu commune,  je me suis laissée tenter. Bien m’en a pris ! Son roman n’a rien des défauts qui peuvent apparaître en auto-édition. Au contraire, il est d’une très grande qualité et on sent qu’il prend un soin particulier autant à son récit qu’à la forme. Voici donc mon retour sur la lecture de son livre. En espérant qu’il vous plaise autant qu’à moi. 🙂

Welling, sa communauté, sa religion, ses rites ancestraux

L’histoire nous emmène sur un archipel d’îles tropicales peu communes, où une religion associée à 5 Dieux est prédominante. Ces 5 Dieux, peut-être humains (?), auraient apporté la civilisation sur l’île avec des techniques d’agriculture ou de construction afin de la faire prospérer, écrasant ainsi la religion païenne d’origine.

Un Zilwa (ou protecteur d’île) est garant du maintien de l’ordre, et d’une catastrophe mystérieuse liée à des pierres de pouvoir sur l’ensemble de l’archipel. Il  réside dans un palais, protégé par une milice dans lequel les habitants ne peuvent entrer. Il est aidé dans sa tâche d’un chaman aux pouvoirs magiques et d’un chef de sécurité.

Mais l’on sent dès les premiers chapitres que le Zilwa en place, Naboo se sent un peu prisonnier de son palais doré et surtout très seul depuis le décès de sa femme. Son chaman et son chef de la sécurité n’arrivent pas à lui remonter le moral. Son décès va engendrer une série d’épreuves pour désigner le nouveau protecteur.

Dans cette société, le Zilwa est désigné suite à une série de trois rites assez durs, souvent mortels, auxquels vont participer des concurrents venant des deux villages principaux de l’archipel : Norile (au nord) et Sudile (au Sud). Au fil de l’histoire, les rites laissent apercevoir une forme d’inégalité entre les villages avec une richesse plus marquée au Nord. Ils attisent également une rivalité marquée entre les villageois, qui pour la majorité, n’ont jamais quitté leur partie de l’île.

Nos trois héros principaux vont ainsi participer à ces rites, aux allures d’Hunger Games . Il s’agit de Shivan orphelin élevé par son grand-père, Bojun un jovial ami pas très sportif et Alynn, une piqueuse d’ourites (= une pêcheuse avec statut de célibataire imposé).

Au fil de l’histoire, ils vont devoir se serrer les coudes pour réussir les épreuves, même si un seul sera désigné Zilwa. Ils feront face à de sérieux concurrents comme Vern et sa bande, entraînés dès l’enfance à ces épreuves, et de nature impitoyable. Car oui, il y aura des morts, des blessés et des situations assez catastrophiques pour nos trois amis dans ce roman !

Un roman de Kreol Fantasy young adult

Grégoire Laroque invente un genre inédit avec son roman : le Kreol Fantasy. C’est ce qui m’a attirée le plus dans sa lecture. Sortant des sentiers battus de ce genre un peu éclusé, il apporte une touche d’originalité en proposant une aventure à mi-chemin entre un roman d’apprentissage et un voyage sur des terres tropicales.

A l’image de la couverture chaleureuse et colorée, nous nous promènerons tels des Hobbits sur une île inconnue avec Shivan qui n’a jusque là jamais quitté Sudile et ignore tout du reste de l’archipel. Il nous fera découvrir des fruits exotiques, des fleurs aux odeurs envoûtantes, des paysages paradisiaques… mais aussi les dangers de cette île à travers ses rencontres et différentes épreuves du rite.

Au fil de l’histoire, nos héros grandiront et trouveront la force nécessaire pour affronter leurs adversaires. Chacun affublé d’un pouvoir le temps de la sélection, ils évolueront de manière positive, devenant ainsi des adultes à part entière. Ainsi, Shivan perdra un peu de sa naïveté, Bojun deviendra plus courageux et sportif, Alynn plus féministe et plus déterminée que jamais à changer la condition des Piqueuses d’ourites.

Que serait un récit de fantasy sans un antagoniste ? Ici, l’auteur joue dans la subtilité en nous présentant au premier plan un concurrent assez implacable : Vern, la version grosse brute de Drago Malefoy (cf Harry Potter). Déterminé à gagner, il utilisera tous les moyens à sa disposition, même les plus affreux pour gagner le titre de Zilwa. Mais derrière cette apparente brutalité, on découvrira une forme de fragilité en fin de roman, preuve que les méchants ne naissent pas tels quels, ils se construisent. Au second plan, un autre antagoniste agira dans l’ombre, autour d’une machination qui dépasse les trois rites…

Ce premier tome initie parfaitement la série à suivre et nous donne envie de découvrir le complot sous-jacent aux trois rites, mais aussi l’origine des dieux sur l’île, ou encore le maintien de certaines traditions comme le statut de célibataire des Piqueuses. Bref, vivement le tome 2 !

Derrière l’histoire, des sujets sérieux

Derrière son récit d’aventure, Grégoire Laroque aborde en filigramme des thématiques fortes aux accents actuels.

Ainsi, il évoque une société patriarcale, où l’égalité homme-femmes est inexistante avec les Piqueuses d’ourites, et les personnages d’Alynn et de Melen. Obligées de choisir entre une vie d’épouse ou une vie de célibataire mise au ban de la société dont les enfants seront discriminés, les femmes n’ont pas vraiment leur mot à dire sur Welling. Quant à concourir pour le titre de Zilwa, il leur est possible de participer aux trois rites mais elles intégreront la garde du Palais. Aucun Zilwa ne peut être une femme. L’histoire de Melen et de la piqueuse non soignée à temps car le médecin méprise son statut est édifiante. On ne peut qu’encourager Alynn qui accompagne Shivan dans les trois épreuves et qui fait preuve de plus de volonté que lui alors qu’elle est plus souvent blessée.

Par ailleurs, les habitants qui ne se plient à la religion des 5 dieux ont aussi leur lot de discriminations de la part du Zilwa et du chaman. Vénérant les anciens dieux de l’île, ils sont considérés comme des hérétiques et sont par conséquent bannis ou punis de manière atroce. Transformés en phasmes, des créatures mi-homme, mi-arbre, ils sont condamnés à se nourrir d’être humains qu’ils capturent en dégageant des odeurs appétissantes de fruits. Quant au reste de la tribu, il  se cache pour éviter des représailles. Sur ce sujet, on se rapproche de conflits bien ancrés dans notre réalité comme les conversions forcées ou la persécution d’une religion face à l’arrivée d’une nouvelle et les génocides que cela occasionne.

Enfin, la mort est très présente dans ce premier tome et surtout le deuil. Faire face au deuil des êtres chers apparaît comme un sujet majeur qu’il n’est pas facile d’aborder dans un roman Young Adult. Pourtant, dans ce récit, cela semble être un mal nécessaire pour aborder la vie avec sérénité. Parler aux morts permet également d’apprendre de leurs erreurs et c’est ce que comprendra un des protagonistes. L’auteur est assez doué pour aborder ce sujet avec subtilité et faire de la douleur une force pour faire grandir ses personnages. Une belle leçon de vie.

En conclusion : Grégoire Laroque nous offre un premier tome prometteur de Kreol Fantasy autour d’une aventure initiatique avec des personnages forts et une intrigue aux ramifications mystérieuses. Un très bon moment de lecture qui vous fera voyager sur des îles tropicales paradisiaques, où l’éveil des sens est plus que jamais sollicité, mais où la mort vous attend à chaque tournant de cocotier. Une série à suivre de toute urgence !

 

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #16

Au sommaire de cette veille littéraire du net : un webtoon sur un cochon qui parle, une émission littéraire sur les livres cultes, un nouveau film sur Sherlock, un challenge littéraire qui fait voyager, un site qui parle de boîtes à livres, une box d’énigmes et un collectif d’artistes qui réalisent des miniatures.

Le webtoon gratuit du moment

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Cette semaine, j’ai découvert les webtoons avec mon club lecture. J’étais curieuse de découvrir ce qui se cachait derrière ce terme, donc je suis allée sur le site webtoons.com pour me faire une idée. Il s’agit de cartoon ou BD/manga publiés uniquement sur le web, par épisodes, à la manière de wattpad pour les romans.

En explorant le site, je suis tombée sur un webtoon pas ordinaire intitulé : David, le cochon qui parlait, par d-mon. Il s’agit d’un webtoon qui interroge la notion d’être humain et ce qui le caractérise. Si David, le personnage principal, a conscience d’être un cochon, il parle, lit et pense comme un être humain. Il habite dans une ferme avec son frère humain Georges et il va lui arriver de drôles d’aventures. Le webtoon est un drama en 7 épisodes qui se lisent facilement. Un nouvel épisode est publié chaque jeudi.

Si tu préfères des sujets plus légers, le site propose d’autres webtoon en catégorie humoristique, comédie voire romance. Chacun possède une patte graphique différente et c’est ce qui fait la richesse de ce site. Bien sûr, c’est gratuit et tu peux t’abonner à tes auteurs préférés afin de suivre leur travail.

L’émission littéraire de la semaine 

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De retour sur Arte TV, j’ai visionné les différentes vidéos de l’émission littéraire Culte qui en trois minutes te propose de faire le tour d’un livre culte mais par un biais détourné. Par exemple, pour évoquer Sur la route de Jack Kerouac, on commencera par parler du chanteur Bob Dylan qui a décidé de prendre la route après avoir lu le livre. Ou encore, d’un américain qui a décidé de réaliser un périple sur les endroits inconnus et non touristiques de Tokyo, sur les traces de Haruki Murakami et de ses lieux de prédilection évoqués dans L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage.  J’ai trouvé l’approche intéressante et dynamique, et en plus tu abordes un roman au sujet éclusé de manière originale. Je te recommande donc cette émission, si tu n’as pas lu un de ces romans cultes : cela pourrait te donner envie ! Actuellement, il y a 16 vidéos dont : Millenium de Stieg Larsson, Harry Potter de J.K.Rowling, Justine ou les malheurs de la vertu de Sade, Les versets sataniques de Salman Rushdie, 1984 de George Orwell ou encore le fameux ça de Stephen King…

Le film Netflix à voir absolument

Netflix adapte la série de roman jeunesse Les enquêtes d’Enola Holmes de Nancy Springer. Il s’agit d’enquêtes ayant pour héroïne la soeur cachée de Sherlock Holmes, âgée de 14 ans qui au lieu de se conduire comme une Lady, préfère résoudre des énigmes. Les romans sont géniaux, donc j’espère que la série le sera tout autant. D’après la bande-annonce, ça envoie déjà du lourd entre les décors, les costumes, un Henry Cavill qui a rangé ses muscles pour interpréter un jeune Sherlock, une Helena Bonham Carter toujours aussi déjantée et surtout l’actrice Millie Bobby Brown, le personnage principal de la série Stranger Things. Le film sort le 23 septembre sur Netflix, et se concentre sur le tome 1 de la série de livre avec pour toile de fond la disparition de maman Holmes. Vivement la rentrée !

Le challenge littéraire de la rentrée

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Vu sur le blog The Cannibal Lecteur, le mois Américain se prépare pour septembre. Après le mois anglais qui a eu lieu en juin, la blogueuse propose un challenge autour du pays de l’Oncle Sam dans ce qu’il a de plus noirs : amérindiens, western, ségrégation raciale, Guerre de Sécession, KKK, rednecks et compagnie… Belette2911 te propose une PAL de propositions de lecture comprenant des BD, des romans policiers, du Nature Writing à écluser en septembre pour vivre la rentrée façon cowboy.

Pas de règles particulières pour ce challenge, excepté qu’il a lieu tout le mois de septembre. Tu peux proposer ta PAL et échanger autour dans le groupe Facebook dévolu ou en commentaire sur le post du Challenge de Cannibal Lecteur.

Le site ressource du moment 

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Est-ce que tu fréquentes les boîtes à livres ? Tu sais, ces boîtes installées parfois par des particuliers, parfois par des bibliothèques pour échanger des livres sans passer par une bibliothèque ? ça tombe bien, cette semaine je suis tombée sur le site Boîte à Lire,  qui recense les boîtes à lires et autres bookbox de France ! L’occasion de voir s’il en existe une près de chez toi ! Le site est participatif donc tu peux ajouter la boîte à livre de ton quartier ou ta ville sur la carte. Il propose également un onglet professionnel pour acheter des boîtes à livres, en installer dans des communes et animer des projets culturels autour. Car derrière tout cela, se cache RecycLivres.com, une entreprise qui récupère et valorise les livres d’occasion en les revendant ou en les recyclant et qui reverse ses fonds à des associations en faveur de la culture et de l’environnement.

Voilà donc un bel outil qui peut s’avérer bien utile quand on ne souhaite pas passer par la case bibliothèque ou librairie, tout en faisant un geste écologique et solidaire.

La box du moment

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Au boulot, un collègue m’a fait découvrir La box Expédition mystère. Il s’agit d’une box spécialisée dans les jeux d’énigmes pour les amateurs d’escape game. Elle consiste en un envoi d’objets sous plusieurs colis qui aident à reconstituer une histoire afin de résoudre une énigme. 5 box sont disponibles, à partir de 12 ans avec un niveau de difficulté croissant. Les sujets sont variés : mystère autour d’une momie, romance dramatique en Indochine, conspiration autour d’une station polaire qui mène des recherches interdites… Les tarifs vont de 40 à 220 euros en fonction de la thématique.

L’avantage de cette box est double : les objets que tu reçois te permettent d’alimenter une collection de curiosité et une fois l’énigme résolue, tu peux réutiliser le jeu pour l’offrir à quelqu’un ou t’en servir pour créer ton escape à domicile.

Et si tu es joueur, tu peux essayer de résoudre les énigmes proposées  sur la page facebook d’Expédition mystère afin de remporter des coupons de réduction sur l’achat des box. En général, il s’agit de deviner le nom et l’utilisation d’un objet ancien dont la photo est postée sur leur page tous les 15 jours. A toi de jouer 🙂

L’artiste de la semaine 

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J’ai une passion pour les miniatures. Je trouve que c’est un moyen amusant de recréer des univers issus de livres ou d’en inventer. La semaine dernière, j’ai trouvé sur Bored Panda un article sur le collectif suédois Anonymouse et ses boutiques miniatures.

 Ce collectif crée des boutiques miniatures et les installe dans la rue, dans des murs ou des soupirails, comme si c’étaient de vraies boutiques pour les souris. Le groupe réalise des miniatures de rue depuis 2016. Leurs inspirations oscillent entre l’univers d’Astrid Lindgren ( la maman de Fifi Brindacier), les films de Disney et le réalisateur Don Bluth (le papa de Fievel). Leur idée principale derrière ces créations et d’apporter un peu de magie dans l’univers urbain et de faire appel à la part d’enfance qui est en chacun de nous.

Si leur univers t’intéresse, je t’invite à consulter leur compte instagram qui recense des photos de leurs réalisation et de lire l’article de Bored Panda à leur sujet car il contient une interview (en anglais) d’un des membres du collectif. Personnellement, j’aimerais beaucoup posséder la librairie miniature. Je suis sûre que Marmouset, ma souris de bibliothèque saurait conseiller les souris du quartier sur leurs lectures ! 🙂

Voilà, ma veille littéraire de la semaine est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Enquêtes et boutiques pour souris,

A.Chatterton

Publié dans Questions existentielles

Comment préparer son premier swap littéraire ? : mes conseils et astuces

Ce mois-ci, avec le club de lecture dont je fais partie, nous avons décidé de réaliser un swap de lecture. C’était mon premier swap et je me suis demandée ce qu’on pouvait bien y mettre. J’ai décidé d’en faire un article pour aider les neo-swappeurs comme moi à réaliser cet exercice avec brio…

Préambule : Qu’est ce qu’un swap ?

Un swap est un terme anglais signifiant « échanger ». Dans le cas d’un swap littéraire, on échange surtout des livres. Il existe une pratique sexuelle du même nom, mais ce n’est pas le sujet de cet article… 🙂

En pratique, on s’envoie un petit colis contenant un à plusieurs livres ainsi que d’autres petits cadeaux comme de la papeterie, des bonbons, des bougies ou encore des figurines. Si tu veux en savoir plus, tape « swap de livres » sur Youtube et tu verras un déballage complet des colis échangés entre deux personnes.

C’est surtout un moyen amusant de s’envoyer des propositions de lecture et de penser à une personne, en dehors de son anniversaire ou des fêtes !

J’ai réuni les étapes de réalisation d’un swap, si jamais l’aventure te tente. Les voici :

Trouver un binôme de swap

Dans mon cas, il s’agit d’un membre de mon club lecture que je ne connais que virtuellement. Le swap a été organisé par Justine, la créatrice de notre club car nous sommes 6 à participer. Elle a établi une liste et chacun se voit attribuer le nom de la personne qui suit le sien dans cette liste.

Si tu ne fais pas partie d’un club lecture comme moi, tu peux réaliser ton swap avec une amie, un membre de ta famille, quelqu’un que tu ne vois pas souvent. Cela permettra de rester en contact et de s’échanger des objets ou idées amusantes.

Définir un budget

L’argent restant le nerf de la guerre, il est important de déterminer le budget de l’ensemble des objets présents dans ton swap, livre et envoi postal compris.

Lors de mon swap, nous avons déterminé un montant de 30 euros. Il est important d’en discuter avec ton binôme pour éviter de mauvaises surprises ou de se ruiner tout simplement. On cherche toujours à faire plaisir à l’autre, mais il faut savoir se donner une limite !

Si tu n’as pas assez d’argent ou que tu trouves le montant trop petit,  tu peux ajouter des objets personnels et en bon état, mais dont tu ne te sert plus. Un joli emballage peut faire toute la différence ! Et en plus, c’est écolo. Pour ma part, j’ai souvent de jolis marque-pages en double, donc je les garde pour mes envois de colis.

Choisir un thème

Avec le club lecture, nous avons décidé d’un thème après un vote en deux temps car nous avions trop d’idées pour ce swap ! Cela nous a permis de choisir des objets et surtout des livres en lien et d’apporter une cohésion à nos swaps.

Ce n’est pas une obligation bien sûr, mais si tu ne sais pas quoi envoyer, cela peut t’aider. Si tu ne connais pas bien ton binôme de swap aussi !

Voici quelques exemples de thèmes : la Nature (qui est mon thème actuel de swap), les saisons, le féminisme, un pays, un genre littéraire, une fête annuelle…

Connaître son binôme de swap

Dans le cadre de mon swap, j’étais en binôme avec une membre du club que je connaissais peu. Justine, la créatrice de notre club lecture, nous a proposé une liste de questions à poser à notre binôme afin de mieux comprendre ce qu’elle aime. Les questions étaient bien sûr ajustables et nous pouvions en créer d’autres.

Prendre le temps de connaître son binôme est important afin d’éviter de lui envoyer des choses qui ne lui plairont pas. Il y a un côté « boîte surprise » avec cet échange de colis.

Si tu connais déjà bien la personne à qui tu envoies ton swap, tu peux passer cette étape.

Sinon, voici quelques idées de questions à poser : Quelle est ta couleur préférée ? Quelle saison apprécies-tu le plus ? As-tu un pays de prédilection ? Quel genre littéraire adore-tu lire ou détestes-tu ? Qu’aimes-tu manger ou boire ? Portes-tu des bijoux ? Si oui, quel style te définit le mieux ? quel est ton parfum préféré ? etc…

Remplir son colis

S’agissant d’un swap littéraire, il faut tout d’abord commencer par le livre, ce qui est parfois un peu complexe, d’où des questions précises sur ce qu’aime ou non la personne.

Si tu pars d’un genre littéraire, regarde quels éditeurs le proposent et surtout demande à ton binôme s’il a déjà lu l’un de leur livre et son titre si c’est le cas. Cela permet de ne pas dévoiler ce que tu as trouvé, tout en précisant ta recherche.

Dans mon cas, j’avais pour thème la Nature et  je suis partie sur le genre Nature Writing. J’ai donc demandé à ma binôme si elle avait déjà lu des livres des éditions Galmeister, précurseurs du genre en France. Et j’ai eu de la chance, elle ne connaissait pas cette maison d’édition !

Après le livre, tu peux ajouter d’autres objets en lien avec ton thème et la liste est infinie : papeterie, bonbons, accessoires de bureau, figurines, bijoux, bougies, sachets de thé,  fleurs séchées, badges, autocollants, marque-pages, cartes-postales, affiches, carnets pour écrire…

Quelques magasins ou créateurs que je connais pour t’aider un peu : Chez Hema ou Sostrene Grene tu peux trouver beaucoup de jolie papeterie et d’objets décoratifs pour pas cher. Juliette Amadis réalise de très belles affiches et des marque-pages sur des figures féminines de fantasy ou gothique dans le style Art Nouveau. Enfin, le Prince au petit pois propose de la papeterie (carnets, cartes postales, marque-pages, autocollants, badges en bois) sur le thème de l’automne, Harry Potter et les Hobbits.

Définir un mode d’envoi

Ton colis est prêt et tu n’as plus qu’à l’envoyer ? Réfléchis à ton mode de transport !

Si La Poste est fiable la plupart du temps, elle reste assez onéreuse pour l’envoi de colis. Tu peux te tourner vers des points relais comme Mondial Relay, Relais Colis ou Chronoshop afin d’économiser sur les frais. Mais fais attention à être proche d’un point relais proche pour l’envoyer… et que cela soit la même chose pour ton expéditeur.

Parfois, il vaut mieux payer un peu plus cher et se prendre moins la tête, si l’on en a la possibilité.

Echanger sur ce qu’on a reçu

Quand chacun a reçu son colis et découvert son contenu, c’est toujours bien d’échanger sur ce qu’on a aimé ou moins aimé. Certains font des vidéos en direct de leur déballage, moi je préfère les photos afin de partager mes découvertes.

C’est aussi l’occasion d’échanger sur sa lecture une fois le livre terminé et savoir si on a choisi avec justesse ou non. Et éventuellement recommencer un autre swap sur une autre thématique !

Recommencer parce que c’est trop amusant !

Dans mon club lecture, nous avons décidé de réaliser des swap environ chaque trimestre sur une thématique différente à chaque fois. Les binômes changeront certainement ce qui me permettra de découvrir d’autres personnes et d’autres envies.

Si tu as l’occasion de réaliser un swap avec une même personne à plusieurs reprises, cela peut être parfait pour affiner les goûts de chacun(e) au fil des colis.

Personnellement, j’adore le swap car il permet à la fan des cadeaux de Noël que je suis d’en réaliser toute l’année sans être frustrée par une date dans le calendrier. Car après tout, un swap, c’est une forme de boîte surprise remplie de cadeaux personnalisés, non ? 🙂

J’espère que cet article t’aura plu. N’hésite pas à partager ton expérience du swap littéraire en commentaire : utilises-tu des thèmes pour tes colis ? Qu’apprécies-tu envoyer ? Quelles boutiques ou créateurs recommandes-tu ?

Timbres et papier bulle,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Le chrysanthème noir, Feldrik Rivat, éditions de L’Homme sans nom

Après un gros coup de coeur pour La 25e heure de Feldrik Rivat, je n’ai pas pu résister à lire la suite des aventures de Bertillon et Lacassagne et en découvrir un peu plus sur la fameuse société secrète du Chrysanthème noir. Science, morts et enquête nébuleuse au rendez-vous pour un second tome qui ne m’a pas déçue…

Résumé : Paris, ville lumière, goûte en cette fin de XIXe siècle à la modernité. Réseaux à air comprimé, lignes téléphoniques, service de poste pneumatique : la capitale envisage d’aller plus loin encore et d’électrifier ses éclairages publics, de construire sa première ligne de métro, et… de révolutionner votre manière de concevoir la vie et la mort. Enfin, le projet ne faisait pas partie des cartons du président Sadi Carnot. Mais l’éclosion d’une drôle de fleur, au sortir de cet hiver de 1889, pourrait bien venir bouleverser la vie des Parisiens… Le Chrysanthème Noir. Après avoir fleuri dans les cimetières de la ville, il frappe de son logotype le nom d’une société qui offre aux gens de biens et créateurs de ce monde un bien curieux marché…

Mon avis :

L’enquête continue sans nos deux héros

Dès le début du roman, le ton est donné : Louis Bertillon et Eudes Lacassagne sont hors jeu, puis relégués au second plan de l’enquête autour du Chrysanthème Noir. Le jeune bleu est interné à la Salpêtrière, tandis que son équipier à la canne est laissé pour mort suite à une chute depuis un dirigeable. D’une manière générale, la police de Paris est dépassée par l’affaire, en l’absence de leur duo d’enquêteur et l’auteur nous en fait sentir les limites. Pas de panique ! L’agent La Rousseur et le chef de la sûreté de Paris, Marie-François Goron sont sur le coup, dans deux enquêtes parallèles. Mais, ce n’est pas sans réserver quelques surprises !

En effet, dans si l’espionne aux tâches de rousseur a toujours une longueur d’avance sur le policier, elle est très bien entourée et poursuit des ambitions toutes personnelles. Quant à Goron, il va de surprise en surprise dans cette enquête.  Au fil de l’histoire, on se rendra vite compte qu’il représente la figure du lecteur dans le roman : complètement déconcerté par les révélations qui arrivent au fur et à mesure.

Tout au long du récit, nous croiserons à nouveau des figures historiques ou littéraires dans des domaines très variés : politique, scientifique, artistiques, journalistiques… preuve que l’auteur s’amuse avec l’Histoire. Le clin d’oeil à Sherlock Holmes sur les techniques scientifiques est particulièrement bien trouvé et les étapes de construction de la Tour Eiffel assez intéressantes. J’ai particulièrement apprécié la critique des méthodes de soins en milieu psychiatrique avec le Professeur Charcot. Si vous êtes tenté de réaliser des recherches sur chaque personnage historique cité, je pense que la lecture peut s’avérer encore plus riche.

De nombreux rebondissements viendront s’ajouter à l’intrigue comme des méchants qui ne sont pas forcément ceux que l’on soupçonne, mais surtout de nombreux dénouements face aux mystères non-élucidés du premier tome. On connaîtra ainsi le rôle de l’Ophiucus dans l’enquête, les secrets d’Edison, le vrai rôle de l’agent américain Pinkerton dans l’affaire et surtout pourquoi les corps sont retrouvés avec des doigts coupés.

Les personnages principaux vont évoluer : si Bertillon s’endurcit, le Khan apprivoise ses phobies et renoue plus ou moins avec son père et son frère. Il aurait presque de l’affection pour Clémence et les femmes en général !

Enfin, côté style, le roman se lit toujours aussi bien et est dominé par un suspense haletant. La langue est riche et ciselée. Feldrik Rivat clôt très bien son histoire avec une fin soignée, même si beaucoup d’intrigues s’entremêlent.

La place aux femmes : La Rousseur vs Mileva Varasd

La duchesse de l’Abey, La Rousseur, Milena … ce deuxième tome fait la part belle aux femmes qui essaient de s’émanciper des hommes.

La duchesse maintient d’ailleurs un projet pour faire accéder la gent féminine aux études ou à des métiers réservés aux hommes comme la médecine ou l’astronomie avec une critique cinglante des scientifiques américains reléguant leurs pairs féminines au café.

L’agent La Rousseur tire son épingle du jeu jusqu’au bout du récit. C’est une jeune femme manipulatrice, au service de son commanditaire mais aussi de ses intérêts. Elle saura apprivoiser le Khan, déjouer les complots, jouer sur plusieurs tableaux… et garde malgré tout avec un attachement sincère pour son fiancé qu’elle dissimule bien.

Mileva quant à elle, se sert du sexe pour marquer les hommes qu’elle hypnotise. C’est une immigrée des pays de l’Est qui a tenté de réussir et de s’imposer dans un domaine scientifique, tout en étant au service du Chrysanthème Noir. Malgré sa soif de pouvoir et ses méthodes douteuses, on sent un réel besoin de reconnaissance de sa part vis à vis de son travail, par ses collègues masculins qu’elle ne réussit pas à obtenir.

A travers ces trois personnages féminins, l’auteur dénonce la condition de la femme à la Belle-Epoque, reléguée au rang d’épouse potiche ou d’être faible. Il propose des moyens qui auraient pu être à leur disposition pour s’en sortir. Il montre également qu’une femme peut être l’égale d’un homme en tant qu’adversaire  et c’est plutôt innovant.

Une uchronie proche du roman scientifique

Ce deuxième tome est encore plus riche en vulgarisation scientifique que le précédent et m’a fait penser aux romans scientifiques de Jules Verne, auquel l’auteur aurait ajouté une pointe de mysticisme avec la mythologie égyptienne et beaucoup d’espionnage.

Si la vulgarisation est nécessaire pour comprendre l’histoire (dont le sujet est la résurrection des morts de manière scientifique), cela m’a par moments ennuyée. Feldrik Rivat est très précis pour évoquer les méthodes d’embaumement, le miracle de l’électricité, ou la Thanatogamie (procédé de résurrection). Cela occasionne parfois des longueurs avec des descriptions assez techniques. C’est le seul petit bémol que j’évoquerai pour ce livre.

En dehors de ce point, l’uchronie développée sur ce sujet est extrêmement intéressante et bien détaillée : il s’agit de passer un contrat avec un mort pour le faire renaître temporairement dans le corps d’un vivant. Cela interroge sur le modèle de société qui se construirait autour de cette innovation. En effet, comment gérer les héritages familiaux si le mort n’est plus vraiment mort ? A l’inverse, les plus grands artistes et érudits pourraient continuer à créer et à collaborer avec ceux de notre époque ce qui ferait prospérer l’humanité. Et la limitation des naissances au profit des renaissances apporterait un aspect écologique avec l’idée de la préservation des ressources.

Cependant, dans ce récit, le procédé est réservé aux riches, la plèbe ne servant qu’à engendrer.  En cela, on retombe sur la vision de la société dans les romans de Science-Fiction avec l’Elite intellectuelle et le Bas-Peuple qui n’ont pas les mêmes possibilités, comme un reflet déformant de notre réalité. Cela m’a rappelé la trilogie Altered Carbon (ou Carbone modifié) de Richard Morgan, qui accorde une forme d’immortalité à une seule partie de la population bien nantie.

En conclusion : Ce second tome est toujours aussi riche tant la construction de son intrigue que dans son vocabulaire. Feldrik Rivat fait le pari de créer un univers original en jouant avec les codes de la Belle-Epoque tout en y apportant une vraie réflexion scientifique sur l’avenir de l’Humanité. Et c’est une pure réussite.

Publié dans Lectures

Royaume de vent et de colères, Jean-Laurent Del Socorro

Relu pendant le Bingo du Plib, Royaume de vent et de Colères m’a transportée à nouveau dans cette uchronie autour de Marseille et des guerres de religion, en 1596. Et je n’ai pas été déçue…

Résumé : A Marseille, en 1596, un complot se prépare en vue d’assassiner les leaders politiques du parti catholique, en rébellion contre le parti protestant du Roi de France, Henri de Navarre. L’action  se déroule principalement dans une auberge, celle d’Axelle, ancienne mercenaire où évoluent les acteurs, opposants et adjuvants de ce complot : le chevalier Gabriel, qui a renié sa foi protestante pour rester en vie et se bat aux côtés des catholiques, Victoire, chef de la guilde des assassins effectuant sa dernière mission, Armand, moine de l’Artbon qui a fuit son monastère pour déserter la guerre et sauver son amant. Pendant ce temps, dans les geôles du chef de la ville, Silas est soumis à la torture pour savoir ce qu’il faisait cette nuit, avec d’autres hommes et un baril de poudre au pied des remparts, alors que le Roi de France est aux portes de la ville…Comment en sont-ils arrivés là? Qu’est ce qui les a poussés à devenir ce qu’ils sont? Comment tout cela va-t-il se terminer?

Mon avis :

Un titre évocateur

Un Royaume de vent et de colères, c’est avant tout un roman qui évoque le Mistral de Marseille et la colère de ses habitants. Ou plutôt ses colères car les raisons de chacun peuvent être différentes.

A travers une galerie de personnages bien dessinés, Jean-Laurent Del Socorro nous dresse le portrait d’une ville et d’une époque marquée par les luttes de pouvoir et la religion. Ainsi, Axelle ancienne mercenaire convertie en aubergiste brûle d’une soif de combats étouffée une vie domestique par amour pour son mari. Le chevalier Gabriel, éprouve une rage honteuse envers lui-même suite à sa conversion forcée à une religion qui lui a volé sa famille. Armand hait le Roi qui l’utilise au nom d’une tradition religieuse à des fins militaires, au détriment de sa santé et de celle de ses disciples. Et de manière plus générale, les taxes sans fin des plus pauvres enrichissent les plus riches sans apporter de contrepartie font de Marseille une ville sur le point d’exploser en début de roman.

Dans une intrigue haletante, proche d’une mise en scène théâtrale ou d’une partie d’échec, l’auteur déroule son histoire en alternant les temporalités. Passé, Présent, Futur… il joue avec le temps afin d’expliquer le parcours de chaque personnage et ce qui guide leurs actions. L’écriture est incisive, proche de la nouvelle avec un chapitrage découpé selon la voix d’un personnage. Progressivement, la tension monte, jusqu’à son apogée en troisième partie de roman où l’orage politique éclate et balaye tout sur son passage.

On sent que Jean-Laurent Del Socorro a réalisé de nombreuses recherches historiques sur cet événement de l’Histoire de France. Il a su également le vulgariser et y apporter sa touche personnelle. Le complot et ses ramifications politiques sont assez faciles à comprendre pour un lecteur peu averti. La présence de l’Artbon, à la fois destructeur et addictif amène une interrogation nouvelle sur l’utilisation de la magie à des fins politiques.

Des personnages forts

A travers ce siège, Jean-Laurent Del Socorro nous dévoile des personnages aux préoccupations personnelles proches des nôtres : sacrifier sa carrière à sa famille pour Axelle, faire face à la vieillesse  pour Gabriel, accomplir un dernier exploit pour Victoire, faire preuve d’ambition pour Silas.

Les personnages ont également tous des regrets, esquissés au fil de leurs récits personnels : vivre son amour au grand jour pour les deux moines, être bien née ou rencontrer l’amour pour la cheffe des assassins, venger sa famille assassinée pour le chevalier, avoir eu une mère aimante pour Axelle. Seul Silas apparaît comme un être mystérieux dont on sait peu de choses excepté qu’il adore les pommes et qu’il est prêt à tout pour devenir chef des assassins. Il apporte une touche de légèreté dans le récit, malgré la torture dont il est l’objet, avec des scènes  à glacer le sang.

L’auteur instille comme toujours un côté égalitaire en montrant des personnages féminins forts et ambitieux, ainsi que des personnages masculins sensibles, à l’opposé de ce qui a pu exister jusque là en Fantasy. Il évoque aussi le racisme avec Silas et le gâchis  humain des guerres avec Axelle et sa troupe de mercenaires.

Quelques mots sur la nouvelle présente en fin de roman : Gabin sans « aime »

Après le roman en lui-même, une nouvelle mettant en scène Gabin, le jeune commis d’Axelle, apporte un éclairage sur le passé du garçon et quelques éléments pour mieux comprendre le mystérieux Silas.

Gabin a été élevé par un père violent, suite au décès de sa mère. Il vit avec la peur de la colère de son père, comme de la sienne. Cette colère ressort quand il joue avec ses camarades, à travers des rixes violentes alors qu’il est d’un tempérament doux. Il voit la colère comme une forme malfaisante qui prend possession de lui ou de son père lorsqu’il a bu.

Axelle voit en lui l’enfant qu’elle a été et lui fait une place dans son auberge, dévoilant un  coeur tendre derrière sa carapace de soldat. Silas le croise pendant une planque pour la guilde et s’émeut également de sa situation. Il y répondra à sa manière…

Le récit est narré par Gabin avec ses mots d’enfant, ce qui apporte une dose de légèreté à ce sujet sérieux. Comme il s’embrouille parfois et confonds des termes proches phonétiquement cela occasionne des passages hilarants. La confusion entre mort et maure est tout simplement géniale.

Avec cette nouvelle, Jean-Laurent Del Socorro décrit la situation des enfants battus et  la manière dont ils gèrent leurs émotions et leur passé afin de tenter de vivre une vie normale. Gabin pense qu’il n’est pas digne d’être aimé à cause de sa colère qu’il ne maîtrise pas. Axelle et Silas lui apprendront deux manières de s’en sortir. A lui de choisir la sienne.

En conclusion : Ce premier roman de Jean-Laurent Del Socorro est d’une justesse littéraire et d’une intelligence rare pour le tout jeune auteur qu’il était en 2015. Son style synthétique et percutant, aux thématiques actuelles nous interrogent sur le sens de l’existence tout en nous divertissant. Avec la publication de Bouddicca, on sent un prélude à ce qui éclatera dans Je suis Fille de Rage, à la manière du Mistral sur la ville de Marseille. Un Royaume de Vent et de Colères est roman historique avec une pointe de magie qui vous emmènera au coeur d’un complot dont vous ne sortirez pas indemne.

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #15

Au sommaire de cette veille littéraire du net : Un podcast sur l’écriture, un projet de tourisme lié à l’imaginaire, un événement littéraire pour l’automne, un challenge littéraire ultra-ludique, un appel à textes très floral, une artiste japonaise très excentrique…

Le podcast de la semaine

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Cela faisait un moment que je voulais me lancer et ça y est, j’ai enfin écouté un des podcasts de l’émission Procrastination. Il s’agit d’une émission littéraire de 15 minutes gratuite, menée par Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort (et Estelle Faye aussi). Donc j’ai commencé,non pas par le début, mais par un sujet qui m’intéresse : Pourquoi écrire ?

Plusieurs réponses des auteurs sur le sujet : prolonger le plaisir de lire, libérer sa parole, s’affranchir du temps de l’oralité et retrouver une maîtrise de sa pensée, acte de thérapie, gagner en notoriété, …

D’autres sujets sont disponibles qui pourront t’aider à comprendre la littérature ou à te donner des conseils d’écriture. Quelques titres alléchants :  Qu’est ce qu’une histoire ? Faire original,  où allez-vous chercher tout ça ?

L’ensemble des podcasts sont disponibles sur le blog de Lionel Davoust mais aussi sur plusieurs médias audios.

Le documentaire du moment

arte vidéo

J’ai regardé la première partie du documentaire La fantasy : toute une histoire, de valeureux héros sur Arte video et cela m’a fait réfléchir sur la place de la Fantasy dans nos vies, l’archétype du personnage, la structure du roman d’apprentissage, mais aussi comment les histoires s’inscrivent dans leur époque ou selon leur culture. Il interroge aussi l’évolution des héros féminins au fil des décennies dans cet univers.

Du GN aux séries tv, en passant par le cinéma allemand et américain d’après-guerre, ou encore la figure de la femme des années 50 dans les films de Disney et son évolution, ce documentaire m’a beaucoup appris sur la Fantasy et la construction des héros.

Le documentaire dure 52 minutes et il est disponible jusqu’au 31 août 2020. Il est en deux parties : la première sur le héros, la seconde sur les mondes magiques. Hâte toi de le regarder avant la fin de son replay ! 😉

Tourisme de l’imaginaire

princesse monono

J’ai lu un article sur le site vl-média qui évoquait la réalisation au Japon prochainement, d’un camping sur le thème de Princesse Mononoké ! Il s’agit d’un des films du Studio Ghibli, réalisé par Hayao Miyazaki et dans lequel une jeune fille qui vit avec les animaux dans la forêt, se bat contre les hommes qui dévastent faune et flore.

Le camping sera localisé dans une forêt d’après l’article et comportera tentes, chalets, et cabanes dans un esprit respectueux de l’environnement. Le projet a pour partenaire l’ambassade du Danemark, très concerné par l’écologie. Je ne sais pas toi, mais ça me donne très envie d’y aller. Vivement que ce projet soit terminé !

L’événement littéraire à venir

Virtua livres

Un nouveau Salon du livre Virtua’Livres est programmé du 23 au 25 octobre. Tu commences à connaître un peu le concept : des rencontres d’auteur, des défis, des conférences littéraires, du JDR, parfois même de la musique live, le tout sur Discord et gratuitement, sans bouger de ton canapé. Donc tiens toi au courant avec la page Facebook de l’événement pour le programme et vivement l’automne !

Le challenge littéraire de l’été

J’ai vu passer de nombreux challenges pendant mes congés sur Instagram, mais celui-ci a retenu mon attention car il est vraiment très ludique !

Sur le principe du Monopoly, voici  le Bookopoly !  Découvert sur la chaîne booktube Becca and the books,il semblerait que le jeu provienne du monde de l’enseignement. Peut-être pour rendre la lecture plus fun en classe ? Le plateau de jeu est en anglais (désolée d’avance pour les non-anglophones) et se présente ainsi :

Bookopoly

Le but est de réduire sa PAL (ou TBR en anglais) grâce au jeu. Tu peux personnaliser le plateau comme l’a fait Becca dans sa vidéo de présentation, en y associant les genres que tu apprécies.Tu peux aussi créer des cartes challenges avec les cartes community Shelf et des cartes chances où tu indiques des livres que tu veux vraiment lire et ceux qui t’intéressent moins.

Sur le principe du Monopoly, tu réalises  des jets avec deux dés pour choisir tes livres, en avançant ton pion sur les cases.  Dans la version de Becca, elle réalise 5 lancers de dés, pour 5 livres à lire dans le mois. J’ai trouvé le concept intéressant et réutilisable toute l’année pour s’aider à lire un peu plus. Becca réalise une vidéo chaque mois pour parler de ses lectures et ça fonctionne très bien. En plus, cela booste sa chaîne Booktube avec un jeu très personnel et je trouve cela super positif et amusant. Bref, un nouveau challenge à essayer !

Si tu veux un exemple d’utilisation à la française, je te conseille le blog Les douceurs d’Astrid qui revient sur la vidéo de Becca et a adapté ce challenge à sa sauce…

L’appel à textes du moment

yby éditions

Les éditions Yby, spécialisées en littérature LGBT, proposent un appel à texte autour du thème de « Histoires de fleurs ». Il s’agit d’écrire une nouvelle correspondant à la ligne éditoriale de la maison d’édition, reprenant ce thème et comprenant entre 20 000 et 60 000 caractères espaces compris. Le genre est libre et il est possible d’envoyer plusieurs textes. La date limite des envois est le 7 mars 2021. Pour plus de détails techniques, je t’invite à consulter leur site internet. 😉

A noter que la maison d’édition propose des appels à textes permanents toute l’année, donc n’hésites pas à leur envoyer ton manuscrit si tu veux promouvoir la littérature LGBT. 🙂

L’artiste du moment

téléchargement

Au boulot cette semaine, j’ai eu un coup de coeur pour un documentaire jeunesse concernant une artiste japonaise dont j’ignorais l’existence : Yayoi Kusama, L’artiste qui mettait des pois partout et s’en fichait, par Fausto Gilberti aux éditions Phaidon.

Je ne suis pas fan de documentaires généralement, aussi, quand j’ai  fait la connaissance de l’artiste Yayoi Kusama, une vieille dame un peu excentrique, atteinte de névroses, qui créé de nos jours depuis un hôpital psychiatrique, je me suis dit que j’allais creuser un peu.

Yayoi Kusama n’a pas toujours vécu internée au Japon Au contraire, elle a voyagé quand elle était jeune aux Etats-Unis, après avoir étudié l’Art contre l’avis de ses parents. Obsédée par les pois, elle a réalisé plusieurs oeuvres sur ce thème, ainsi que les premières installations recouvertes de miroirs pour une multiplication infinie des images.

Elle a percé avec difficultés aux Etats-Unis du fait de son statut de femme et d’étrangère. Heureusement, elle a bénéficié d’un coup de pouce de la peintre Georgia O’Keefe, qui l’a aidée à un peu décoller. Cependant, suite à des problèmes de santé et à sa prise de position contre la Guerre du Vietnam, elle rentre au Japon dans les années 1970. Dans son pays d’origine, personne ne souhaite connaître son art. Dépressive, elle est internée dans les années 1980 de sa propre initiative, où elle continue à peindre depuis un atelier attenant à l’hôpital. Ce n’est que récemment que plusieurs rétrospectives ont eu lieu à New-York, Paris, en Scandinavie et même au Japon, lui conférant enfin une légitimité de son vivant.

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Ce qui m’a touchée le plus dans le documentaire jeunesse, reste la simplicité avec laquelle le personnage raconte son histoire qui n’est pas très joyeuse au demeurant. Le passage où Yayoi retourne dans son pays et ne reconnait plus rien, sauf quand il neige, est particulièrement touchant.

Le dessin de Fausto Gilberti tout aussi simple que le texte, permet de se concentrer sur l’essentiel du personnage : son côté excentrique, sa vision animiste des choses, sa névrose, mais surtout sa volonté de créer envers et contre tout comme une forme de libération personnelle, la volonté de ne pas se laisser abattre par les difficultés.

Pour un documentaire jeunesse, je trouve qu’il est particulièrement bien fait : il explique les choses sans trop les édulcorer. Moi adulte, j’ai passé un très bon moment.

Si tu veux aller plus loin,  Arte a réalisé une petite vidéo qui résume sa vie et son oeuvre en deux minutes. Au programme : des pois sur des citrouilles, des gens, des chevaux, des vêtements, des pièces entières…

Je te laisse avec une photo grandeur nature, ou presque de l’artiste. Elle a du swag pour une mamie de 90 ans, non ?

images

 

Voilà, ma veille littéraire de la semaine est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Pois psychédéliques et héros bodybuildés,

A.Chatterton

Publié dans Questions existentielles

Le blog prend ses quartiers d’été

Hello à tous,

Un petit article inhabituel pour vous souhaiter de bonnes vacances d’été et de bonnes lectures, mais surtout vous informer que je prends des vacances de blog pour trois semaines.

Donc, jusqu’au 7 août, il n’y aura pas d’articles de fond sur le site, ni de critiques de livre.

Pourquoi cette absence de quinze jours ?

Quand j’ai commencé ce blog, j’avais dans l’idée que cela reste un loisir, pas une contrainte, et surtout que cela m’apporte du plaisir.

Il est important pour moi de me déconnecter pour faire le point ou du moins me sentir bien.

Ce soir, en commençant cet article, j’étais résolue à réaliser la chronique littéraire d’un Royaume de Vent et de colère de Jean-Laurent Del Socorro, mais je n’ai plus du tout d’énergie pour cela. J’atteins mon seuil critique entre le travail, les tâches ménagères, ma vie de couple, ma famille…

Plutôt que de vous proposer quelque chose de bâclé, ou de faire la morte, je préfère vous prévenir et  m’arrêter un peu pour prendre un peu de repos.

Alors, rien de grave hein ! Mais je trouve qu’il est important d’écouter son corps plutôt que de se forcer, surtout pour ses loisirs. 

Combien de blogueurs ou blogueuses font des burn out à force de trop s’investir dans leur loisir ? Peu osent en parler, mais c’est plus répandu que l’on ne pense. Pour preuve Mango and Salt, très populaire pour ses articles déco/voyage/vêtements a elle aussi craqué un jour comme elle l’explique si bien dans son article ici.

Ma ligne éditoriale pour le blog

Je ne sais pas comment font les blogueuses littéraires ou les bookstagrameuses  pour être aussi productives. Si vous avez une formule magique, je veux bien la tester.

Personnellement, je ne peux pas fournir des avis aussi détaillés ou des articles de fond sur un sujet sans un minimum de recherche, de relecture et de réflexion.

Je suis une tortue au niveau écriture, mais j’estime qu’avancer par petits pas fait gagner en qualité mes articles.

Ma ligne de conduite concernant Les tribulations de Miss Chatterton est de vous proposer des articles de qualité, pas de lire en rafale à en être dégoûtée de la lecture et de faire des retours criblés de fautes d’orthographe.

Produire un article le mercredi et le dimanche, et une veille littéraire du net un samedi sur deux, c’est du sport Msieur-dame ! 🙂

Quels projets à venir après cette pause salvatrice ?

J’allais vous détailler précisément mon planning d’articles mais… je sens que cela me met un peu la pression et ce n’est pas le but. Alors, dans les grandes lignes :

J’ai deux chroniques littéraires à réaliser, dont je vous laisse deviner les titres en commentaire… 😉 Un indice : cela a un lien avec le Bingo du Plib.

J’ai actuellement deux services presse à lire et chroniquer : Vaisseau d’Arcane d’Adrien Tomas chez Mnémos et Zilwa, Tome 1 : les trois rites de Grégoire Laroque en autoédition.

Le challenge On choisit pour toi de mon club de lecture a désigné le tome 1 de Shâhra de Charlotte Bousquet comme ma lecture de juillet afin de terminer ma PAL papier.

Et je réalise une lecture commune avec mon club lecture sur le roman La Guerre des femmes d’Alexandre Dumas sur le mois de juillet. Un classique de la littérature un peu méconnu…

Autant être réaliste, je ne pense pas lire tout en quinze jours, mais au moins deux livres (rythme de tortue, je vous dis !). A savoir lesquels… mystère !

Et surtout… je réfléchis à un projet depuis le confinement sur un format de vidéo booktube en espérant profiter de l’été pour vous le présenter en septembre. Le sujet restera secret…

Le projet de cet été : Le Tourisme littéraire

Tout le long de l’été, je posterai sur mon compte Instagram des photos de mes voyages à l’étranger et en France où j’ai, par le passé, visité un lieu de Tourisme Littéraire. Retrouvez-moi avec le Hashtag #misschattertonenvadrouille sur Instagram.

L’idée est de vous faire voyager sans quitter votre canapé si vous n’en avez pas les moyens, ou de vous donner des idées si vous partez en vacances.

Alors bonnes vacances à tous et rendez-vous le 8 août pour une Veille Littéraire du Net!

Parasol et Pina Colada,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Les secrets du Premier coffre, Fabien Cerutti, éditions Mnémos

Après avoir terminé la série du Bâtard de Kosigan de Fabien Cerutti, mon petit coeur se languissait de ne plus lire d’histoires sur mon chevalier-mercenaire préféré. O Joie ! L’auteur a publié un recueil de nouvelles avec des aventures situées dans le même univers, où l’on retrouve même Kosigan jeune chevalier ! Voici pour vous, mon retour sur ce nouvel opus : Les secrets du Premier coffre.

Résumé : Six histoires hautes en couleur dans le monde du Bâtard de Kosigan ! Avec ce coffre empli de trésors littéraires, Fabien Cerutti propose six textes qui enluminent ou permettent de découvrir l’univers de sa série à succès Le Bâtard de Kosigan. Avec un récit de la jeunesse gouailleuse du Bâtard en Italie, une pièce de théâtre truculente à la cour d’Angleterre, un drame amoureux entre un pape et une satyre, un journal de voyage aux confins du monde en quête des elfes de Chine, et bien d’autres surprises encore, l’auteur nous émeut, nous surprend, nous fait frissonner, nous dépayse et nous emporte dans son imaginaire vif et attachant.

Mon avis :

Je n’ai pas l’habitude de chroniquer des recueils de nouvelles, non pas que les textes ne soient pas de qualité, mais je ne sais jamais comment m’y prendre : faut-il traiter les nouvelles une par une ? Faut-il trouver un fil directeur ? Ici, j’ai choisi de réaliser une chronique qui mélange présente les deux formules. 😉

A noter : Il n’est pas nécessaire de connaître la série pour lire ce recueil de nouvelles. Vous n’aurez pas de spoilers non plus sur le récit du Bâtard. C’est plutôt une sorte de mise en bouche pour vous faire découvrir l’univers aux non-initiés. Pour les connaisseurs des intrigues de Kosigan, c’est l’occasion de poursuivre les aventures du chevalier-mercenaire et d’élucider encore des mystères irrésolus.

Si à l’issue de cette chronique vous souhaitez découvrir les romans du Bâtard de Kosigan, je vous invite à lire mes chroniques sur les trois premiers tomes de la série : L’ombre du pouvoir, Le fou prend le roi, et Le marteau des sorcières. Le quatrième tome n’a pas été encore chroniqué par manque de temps, mais il sera certainement.

Où l’amour et la magie ne font parfois pas bon ménage

Si l’on devait retenir une chose de ce recueil autour de l’univers du Bâtard, c’est que la magie et l’amour sont difficilement compatibles.

Dans chaque nouvelle, Fabien Cerutti nous expose un cas de figure particulier : amour passionnel entre un religieux et une satyre, amour mortel entre deux fées en voie d’extinction, amour contre-nature entre un humain et une elfe fabriquée, jeux de l’amour à la cour du roi et ses envoûtements, manigances d’une fille de seigneur badass qui se cherche un mari à la hauteur de ses attentes…

Seule la nouvelle Jehan de Mandeville, le livre des merveilles du monde échappe à la règle en nous proposant un voyage en Asie, façon Marco Polo, où Jehan est mandaté pour réaliser une alliance entre les elfes de Champagne et ceux de Chine autour d’un Grand Dessein.

D’une manière générale, le recueil propose des histoires dramatiques ou d’aventure. Il se termine cependant sur une touche plus positive et enjouée avec la pièce de théâtre en fin d’ouvrage : Les jeux de la cour et du hasard, sur le modèle des pièces de Marivaux (Le Jeu de l’amour du hasard dont il pastiche le nom) où l’on retrouve un Bâtard plus malin que jamais…

Un recueil sur les origines de l’uchronie autour de Kosigan

Mais l’amour n’est pas le seul sujet de prédilection de cet ouvrage !

Dans les 4 volumes de la série du chevalier-mercenaire, l’uchronie proposée par Fabien Cerutti reposait sur l’existence réelle de la magie, étouffée par la religion. (note : Ce n’est pas vraiment un spoiler, on le comprend assez vite dans les premiers tomes).

Dans les 6 nouvelles des Secrets du premier coffre, l’auteur aborde plus en détail quelques mystères non-élucidés dans les 4 romans, dessinant ainsi la genèse d’un univers que nous avions découvert pendant le Moyen-Age. Il semble esquisser également une critique de certains faits historiques avérés dans l’Histoire de France et du monde, au sein de chaque nouvelle.

La première nouvelle, Légende du Premier Monde, nous emmène à l’époque Minoenne, où un homme aux origines mystérieuses fait pousser les plantes par sa propre volonté, et où le roi organise une compétition de créations d’êtres magiques. On y apprendra comment sont nées certaines créatures mythologiques, mêlant subtilement magie et science imaginaire, autour d’un complot politique.

La deuxième nouvelle, Ineffabilis Amor, nous narre les prémisses d’une entente fragile entre le Christianisme et les anciennes religions paganes, au début du Moyen-Age. Sous prétexte d’agrandir les terres de la chrétienté, on missionnera un jeune prêtre pour parlementer avec les créatures magiques afin de limiter les conflits de territoire. Mais une prophétie viendra s’en mêler et cela ne tournera pas comme prévu. Sous couvert de ce récit, on sent que l’auteur pointe du doigt l’expansion barbare de la religion catholique en France et ailleurs, au Moyen-Age. Il montre également comment des différences culturelles peuvent conduire à des drames.

Dans le Crépuscule et l’aube, le troisième récit, il est question du déclin des fées au Moyen-Age, peu de temps après la nouvelle précédente. Une fée sera mandatée pour confier une relique à un humain menuisier, après le massacre du reste de ses congénères. Il en résultera une forme de survie inattendue de son espèce. En relief, on pense aux divers génocides qui ont eu lieu partout dans le monde, sous prétexte d’une différence et une petite référence subtile à un conte italien dont je tairai le nom sous peine de spoilers.

Fille de joute nous permet de retrouver notre malin Chevalier de Kosigan. Dans cette nouvelle, il va acquérir sa réputation de Chevalier badass et son titre de Bâtard de Kosigan, en participant à des joutes en Italie. Il rencontrera une fille-chevalier mystère qui lui proposera un marché auquel il ne pourra pas résister. On notera aussi la présence du poète Dante Alighieri, ici en joueur fourbe et invétéré, qui lui proposera son aide dans l’histoire. Ici, l’auteur nous emmène dans les jeux politiques de Florence et critique en exergue la valeur monétaire des jeunes filles de bonne famille dans des alliances forgées parfois dès l’enfance. Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer comment Fabien Cerutti s’était amusé avec la biographie de Dante en lui faisant rencontrer sa Béatrice, louée dans le poème Vita Nuova.

On voyagera en Asie pendant la Renaissance dans Le livre des merveilles du monde, auprès de Jehan de Mandeville à la rencontre les elfes Chinois. Sur les traces de Marco Polo, l’explorateur français et ses compagnons bourguignons affronteront des pirates arabes, parlementeront avec des tribus du désert, traverseront la Mongolie et termineront leur voyage auprès d’un descendant de Gengis Khan assoiffé de pouvoir. Dans cette nouvelle, l’origine de la disparition totale des êtres magiques sera élucidée. Car Jehan est chargé d’un message de la comtesse et elfe de Champagne (rencontrée dans le tome 1 : L’ombre du pouvoir) à destination des être magiques asiatiques… Cette aventure m’a rappelé l’exode du peuple juif sur une note plus positive, en mêlant magie et science encore une fois.

Notre dernière nouvelle est une pièce de théâtre très amusante où l’on retrouve à nouveau Cordwain de Kosigan, à la cour du Roi Edward III d’Angleterre, encore empêtré dans des affaires politiques de mariages arrangés. Cette fois-ci, le Chevalier se fait avoir par les femmes (pour changer…) !  La Baronne Rowina a décidé de mettre le grappin sur lui, mais comme il refuse ses avances, elle va lui tailler une sale réputation auprès du roi. L’affaire se compliquera avec la princesse qui joue les apprenties sorcières… Le Bâtard s’en sortira grâce à son intelligence une fois de plus et raflera la mise. Une nouvelle qui met en évidence la place des femmes à la cour et dans la société du Moyen-Age : monnaie d’échange, dépendantes des hommes, recherchant l’émancipation et l’amour véritable. La Baronne m’a émue avec sa position précaire à la cour suite à la destitution de ses biens lié à la trahison de son mari. La princesse malgré son sale caractère, m’a émue aussi car elle est forcée d’épouser un homme qu’elle déteste pour des raisons politiques.

Au niveau de la construction, les nouvelles se répondent entre elles, évoquant tantôt un personnage déjà rencontré, tantôt un événement politique. Elles forment ainsi un tout cohérent qui complète à merveille la série du Bâtard.

Les récits sont introduits à chaque fois par une lettre d’Elizabeth Hardy, personnage que nous retrouvons plus particulièrement dans le quatrième tome de la série de Kosigan : Le Testament d’Involution. Elle explique avoir reçu ce coffre contenant les récits présentés, comme un échantillon découvert par Kergaël dans la bibliothèque de son ancêtre, le Bâtard.

Je pressens la venue de deux autres recueils, car trois coffres ont été envoyés à trois personnes différentes. Vivement leur publication !

Un livre-objet de toute beauté

Outre les histoires, le recueil est un magnifique objet !

Il est présenté avec une reliure en tissu à l’ancienne et marque-page ruban, une couverture aux dorures travaillées représentant la serrure d’un coffre, et un cartonnage rigide pour les premières et quatrième de couverture.

A l’intérieur, sur les deuxième et troisième de couverture, on découvre une carte du monde présentée dans les nouvelles qui nous permet de retracer le chemin des personnages et notamment celui de Jehan de Mandeville.

Le livre ravira autant les amateurs de belles couvertures que les fans des aventures du chevalier-mercenaire, j’en suis convaincue.

En conclusion : C’est une joie de retrouver l’univers du Chevalier-Mercenaire Cordwain de Kosigan, mais aussi de lever des mystères autour de la disparition de la magie et de découvrir la genèse de cet univers. Fabien Cerutti n’a rien perdu de son talent de conteur toute en sensibilité et de créateur d’intrigues à rebondissements qu’il maîtrise à la perfection. Ce premier recueil plaira autant aux fans du chevalier désireux de retrouver l’ambiance des romans, qu’aux novices qui découvrent l’univers. J’attends la publication des secrets des deuxième et troisième coffre avec une grande impatience !

Note : Ce livre m’a été envoyé en Service Presse par les éditions Mnémos. Très grande fan de l’univers de Fabien Cerutti, je n’ai pu refuser et grand bien m’en a pris ! Je tiens sincèrement à remercier l’éditeur pour le plaisir que m’a apporté cette lecture. 😉