Publié dans On joue ?

Bilan final de mon Pumpkin Autumn Challenge 2020

Ce challenge d’automne touche à sa fin, il est temps pour moi d’évaluer le nombre de mes lectures et de tirer des conclusions pour recommencer l’année prochaine…

Un bilan mitigé

Contrairement à l’an dernier où je débutais le challenge avec un livre par menu pour me faire une idée, j’ai voulu être ambitieuse cette année et m’essayer au challenge complet, soit 12 livres.

Mon ambition ne s’arrêtant pas là, j‘ai aussi voulu essayer le challenge du Mois Américain qui avait lieu en septembre, en même temps que le Pumpkin Autumn Challenge. J’ai donc commencé le PAC en novembre en me disant que j’allais rattraper mon retard.

Erreur fatale ! J’ai perdu du temps sur les deux challenges, d’autant que j’avais mal équilibré ma PAL du PAC 2020 avec un peu trop de romans et pas assez d’autres genres comme de la BD ou des Beaux-Livres.

Autre erreur : j’ai accepté un roman en service presse en Octobre qui ne rentrait pas dans le challenge, ce qui m’a retardé mes lectures également, alors que je m’étais promis de ne plus en demander.

Ajoutons à cela que la crise sanitaire m’a sapé le moral pour fêter Halloween, et je me suis retrouvée à ne pas vouloir lire les romans adultes et young adult spécial frissons, par envie de lectures légères et cocooning. Du coup, j’ai changé ma PAL pour des livres jeunesse en lien avec le Challenge.

Bref, j’en tire des leçons pour l’an prochain : pour un challenge réussi, évitons de nous surcharger d’autres challenges ou lectures imposées, diversifions notre PAL et restons à l’écoute de nos besoins en choisissant peut-être le Challenge Cocooning Automnal. L’important est de s’amuser après tout !

Les livres lus et mes préférences

Voici la PAL des livres que j’ai vraiment lus pendant ce challenge et vous constaterez, au vu de la PAL initiale, qu’il y a eu des remplacements. Pour information, chaque titre de livre souligné renvoie à mon avis dessus, sur le blog.

Automne frissonnant

Je suis Médée, vieux crocodile ! (trahison, thriller, policier, horreur, épouvante)

Félin, recueil de nouvelles, collectif, Yby éditions

Mon choix : Alors oui, je sais, c’est un peu déroutant car ce n’est pas un recueil d’épouvante à proprement parler et je l’avais déjà placé dans une autre catégorie. Mais il contient une nouvelle policière et une nouvelle qui fait un peu flipper. J’ai joué sur ces deux mots pour l’inclure ici. Pour la petite histoire, c’est un recueil collectif bien équilibré qui parle de chats, d’inclusion LGBT et qui mélange différents genres littéraires. C’est un service presse que j’avais reçu en Août et dont je souhaitais absolument parler. Un joli moment de lecture.

Les chimères de la Sylve rouge (gothique, vampire, créature de la nuit)

Série Nixi Turner contre les Croquemitaines, Tomes un, deux, trois, Fabien Clavel, éditions du Chat Noir

Mon choix : J’ai joué sur le côté créature de la nuit et vampire car dans l’une des histoires, on rencontre une Goule qui se nourrit de la vision déformée qu’ont les jeunes filles de leur corps. Une jolie découverte pour cette série jeunesse dont j’ai encore deux tomes à lire. Les trois premières histoires évoquent des problèmes de société comme le Harcèlement scolaire, l’Anorexie et les maladies incurables auprès de collégiens, avec une héroïne digne descendante de Buffy Contre les Vampires. Un beau coup de coeur jeunesse.

Les supplices de la Belladone (livre à couverture noire)

Trois contes de fantômes, Guy de Maupassant, illustré par Camille Garoche, éditions Soleil

Mon choix : Alors, je sais que la couverture n’est pas tout à fait noire mais on va dire que oui ! Ce livre est une de mes deux grosses déceptions du Challenge, évoqué dans mon bilan à mi-parcours. J’ai beaucoup accroché aux illustrations de Camille Garoche mais les nouvelles de Maupassant m’ont semblées bien fades à côté de celle du Horla du même auteur.

Esprit es-tu là ? (fantôme, fantôme du passé, famille, historique, classique)

Phantom Manor, L’attraction décryptée, Jérémie Noyer et Mathias Dugoujon, éditions Euro Disney Associés

Mon choix : Un beau-livre qui explique l’histoire et la construction d’une attraction de maison hantée, je dis oui. C’est court à lire, les illustrations sont top et j’en ai appris un peu plus sur le parc Disneyland. Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?

Automne douceur de vivre

Il fait un temps épouvantail ! (Halloween, Samhain, Automne)

C’est un flop ! Pas de livre lu pour cette sous-catégorie !

Siroter un chocolat chaud sous les saules (anthropomorphisme, Enfance, feel good, cocooning)

Feux follets, Mandragore et cadavre frais, Ariel Holzl, (Fingus Malister tome 1), Rageot jeunesse

Mon choix : Je me suis focalisée sur le terme Enfance pour cette lecture qui était sympathique mais qui m’a légèrement déçue. J’espérais retrouver le mordant d’Ariel Holzl présent dans Les soeurs Carmines, mais cela n’a pas été le cas. Un bon moment de lecture, plutôt court mais sans plus.

Fafnir ton assiette sinon pas de piécette ! (Créatures légendaires et fantastiques, petit peuple, féérie, conte, légende, Mythe)

Moi, Ligia, Sirène, Sylvie Baussier, éditions Scrineo

Mon choix : L’histoire des sirènes de la mythologie grecque par elles-mêmes, il fallait y penser ! La collection « La mythologie vue par les monstres » est une jolie découverte dans le cadre de ce challenge et j’ai hâte de lire l’histoire du Minotaure. Pour ce tome-ci, j’ai trouvé le concept intéressant mais l’histoire de Ligia assez triste. Je reste un peu mitigée dessus.

A window to the past (Sorcier, sorcière, magie, SFFF)

L’héritage du rail, La dernière Geste, Deuxième Chant, Morgan of Glencoe, éditions ActuSF

Mon choix : il s’agit du tome deux du roman Dans l’Ombre de Paris (que j’avais lu et chroniqué pour French-Steampunk.fr). C’est LE service presse qui m’a fait prendre du retard dans mes lectures du challenge car son univers est très riche, ses personnages très intéressants et il fait presque 500 pages. A ce jour, je n’ai pas encore terminé ma lecture mais cela ne devrait pas tarder. Je sais que c’est un peu de la triche, mais tant pis. Je l’ai inclus dans cette catégorie car on y parle de magie, de mécanique et de légendes celtes. Bref, ce sera certainement un coup de coeur.

Automne des enchanteresses

Les rêves d’Aurore (LGBTQI+, militantisme)

Le prince et la couturière de Jen Wang, éditions Akileos

Mon avis : Une BD qui me faisait de l’oeil depuis sa sortie, à propos d’un prince qui aime mettre des robes et d’une couturière qui adore en créer pour faire ressortir la personnalité de ses clientes. Une jolie histoire sur le paraître, le transgenre, le regard des autres. Un autre coup de coeur de ce challenge.

Sarah Bernardt, monstre sacré (Dramaturgie, pièce de théâtre, Arts)

Grimoire de sorcièresBenjamin Lacombe et Sébastien Perez

Mon choix : Ah, Benjamin Lacombe ! Que dire de plus face à ces illustrations magnifiques et à ce beau livre-objet ? Bien plus encore ! Sébastien Pérez, auquel s’est à nouveau acoquiné mon illustrateur préféré, fait encore preuve d’un grand talent en mélangeant des thèmes féministes à des histoires remaniées de sorcières célèbres. Et c’est plutôt réussi ! Le petit bonus : ce livre est un livre trouvé par une petite fille dans le grenier de sa grand-mère… qui est une autre histoire de notre duo de choc ! Je suis heureuse d’avoir lu l’histoire de ce super album qui prenait la poussière dans ma PAL depuis un peu trop longtemps.

Les écailles de mélusine (Féminisme, transformation, Métamorphose)

Peau d’Homme de Hubert et Zanzim, éditions Glénat

Mon avis : Une belle découverte BD que j’avais vu passer sur Instagram et encore un coup de coeur. L’histoire d’une jeune fille qui souhaite découvrir son futur mari avant les noces en enfilant une Peau d’Homme, transmise de mères en filles. Sous une Italie à la Renaissance où les femmes perdent peu à peu leurs droits face à la religion, c’est un beau message d’espoir LGBT et féministe derrière un objet imaginaire et fantastique. A découvrir sans tarder.

Nausicäa de la vallée du vent (nature writing, écologie, nature, Post-apocalyptique

Sauvage de Jamey Bradbury, éditions Galmeister

Mon avis : Un flop complet déjà évoqué dans mon bilan à mi-parcours du challenge. Autant j’ai accroché aux descriptions de la forêt et du travail de Musher (= entraîneur de chiens pour des courses de traineaux), autant l’histoire avec l’héroïne principale m’a semblé très étrange et la fin m’a profondément déçue. Je pense que j’ai un problème avec les auteurs de Nature Writing américains en général, donc je choisirai mieux mon livre l’année prochaine pour ce thème.

Résultats du challenge

Pour ce challenge 2020, j’ai ajouté 5 livres en cours de route et j’en ai échangé 7, soit en gardant un livre et en changeant sa catégorie, soit en en remplaçant par des nouveaux. J’ai privilégié des ouvrages courts, parfois de jeunesse ou des bande-dessinées afin de valider des catégories et lire un peu quand même !

Il me reste encore ces livres à lire, mais ce sera pour le challenge de l’an prochain :

Je termine ce challenge avec une seule sous catégorie non-validée et 12 livres lus ce qui me fait atteindre mon objectif initial. Je trouve que c’est plutôt réussi.

Et toi, as tu réalisé ce challenge ? Es-tu parvenu(e) à lire tous les livres de ta PAL cette année ? Est-ce que comme moi, tu as éprouvé des difficultés de lecture ? Dis-moi tout en commentaire. 😉

Tasse de chocolat chaud et squelettes,

A.Chatterton

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #23

Au sommaire de cette veille littéraire du net : un article détaillé sur la place des autrices dans les prix littéraires de l’imaginaire, un site de BD gratuites, un podcast sur Disney, deux concours pour gagner des livres, deux challenges littéraires d’hiver et un marché de Noël steampunk virtuel.

L’article de la semaine

L’article de la semaine provient du blog Chut maman lit ! Rédigé par la blogueuse Anne-Laure, il évoque la place des autrices dans les Prix littéraires de l’Imaginaire en France et à l’Etranger et part de ce constat : Pourquoi les femmes apparaissent en minorité parmi les nominés des Prix ? Est-ce parce qu’elles écrivent moins bien que les hommes ou existe-t-il une discrimination que l’on ignore à ce sujet ?

J’ai beaucoup apprécié la lecture de cet article car il est extrêmement bien documenté. Anne-Laure a passé du temps à étudier les principaux prix littéraires de l’imaginaire français, britanniques, belges et américains entre 2000 et 2019. Elle a établi des statistiques à partir du nombre d’auteures présentes dans chaque prix et à partir de ces constats a proposé des hypothèses. L’article est ouvert à la discussion et invite à la réflexion. S’il t’intéresse, je t’invite à aller le lire en détail. Peut-être auras-tu d’autres hypothèses à proposer ?

Un article du même genre sur la place de la littérature noire ou LGBTQI+ serait aussi intéressant à lire pour se rendre compte des disparités. Si tu en connais un, je suis preneuse !

Le site d’ebook gratuit à aller consulter

Je suis abonnée aux newsletters d’Actualitté et hier, un article évoquait un site qui met en avant les publications de bande-dessinées tout en soutenant les auteurs de bd qui ne trouvent pas de maison d’édition pour être publiés en version papier. Il s’agit de Bayday. Le site reverse 70% du prix des oeuvres présentes dans leur catalogue aux auteurs, ce qui est assez généreux comparé à une maison d’édition classique.

J’ai visité le site, et j’y ai trouvé des bande-dessinées payantes.. et des gratuites, qui sont facilement consultables sur ordinateur, tablette ou smartphone. Le site a dernièrement procédé à des ajustements techniques pour rendre la lecture plus fluide.

Les auteurs du catalogue possèdent des styles et genres très différents, mais pour lire ou télécharger les BD, il te faudra créer un compte. Pour autant, on peut regarder les trois premières pages de chaque livre pour se donner une idée du contenu, ce qui est top. Je trouve que ce concept est une initiative formidable pour soutenir les auteurs et je t’invite à aller y faire un tour si tu es en panne de lectures. 😉

Le podcast du moment

Dans mon club lecture, on parle de livres… mais aussi de Podcasts ! Il y a peu, j’évoquais mon dernier achat de Phantom Manor à la Boutique Disney avec Babitty du blog Histoire Naturelle de Bibliophile et membre du club. Elle m’a parlé d‘un podcast consacré aux fans de Disney et leur communauté et j’ai eu envie d’en savoir plus…

Ce podcast intitulé Community Manager et présenté par Guillaume Natas, propose à chaque épisode de présenter une communauté à la marge qui a un fonctionnement et des règles assez particulières. Il existe déjà plusieurs épisodes dont un sur les fans d’Indochine, de poupées Reborn, de Second Life, etc…

Pour revenir au podcast Disney Fans, un monde à parcs, j’ai appris un tas de trucs sur : la manière dont la grande firme américaine propose un marketing, des accès privilégiés et un voyage différent à sa communauté, des fans qui sont vraiment très documentés sur le parc et les films, des collections de pin’s improbables, des passages secrets dans le parc connus seuls des fans… Bref, on part d’un livre sur une attraction de manoir hanté et on se retrouve à plonger au coeur d’une communauté de passionnés… tout ça pour expliquer pourquoi ce foutu livre est souvent en rupture de stock !

Sinon, j’ai passé 28 minutes passionnantes et pour le coup, cela m’a donné envie de retourner à Disneyland, juste pour vérifier des trucs énoncés dans le podcast… 😀

Les concours instagram de la semaine

Les éditions Mnémos te proposent de gagner un exemplaire du tome 2 de la série Charlotte Bousquet Shahra intitulé Les voiles d’Azara jusqu’à dimanche 29 novembre. Le concours est en ligne sur la page Facebook, le compte Instagram et le compte Twitter de Mnémos. Il suffit de s’abonner à un de leurs compte, de liker la publication et d’inviter deux amis en commentaire pour participer. Je te conseille de réaliser l’opération sur les trois comptes, si tu en possède trois, afin d’optimiser tes chances. 🙂

Sur le compte Instagram de Les lectures de Morgane, tu peux remporter un roman de Noël format poche jusqu’au 2 décembre. Pour gagner, il faut s’abonner à son compte, inviter des amis en commentaire sur sa publication et partager son concours en story en l’identifiant. Bonne chance à toi ! 🙂

Les challenges littéraires de la saison

On arrive en Hiver et la saison des fêtes de Noël. Et en ce moment mon coeur balance entre deux challenges littéraires :

Il y a le Cold Winter Challenge repris par la blogueuse l’Enluminée pour cette année 2020, centré sur l’Hiver en général, qui aura lieu du 1er décembre au 28 février. Il comprend 5 menus dont un menu bonus. Chaque menu comprend 3 sous-catégories. Il se valide par paliers en fonction du nombre de ses lectures. Au programme : du cocooning, de l’Hiver, de la romance de Noël, de la mythologie, du féminisme, de l’écologie, du thriller, etc… Il existe un groupe Facebook de discussion pour le challenge et un salon Discord. Si tu souhaites plus de détails, je te renvoie vers la vidéo de présentation de l’Enluminée.

Si tu préfères rester dans la thématique de Noël, tu peux essayer le tout nouveau Ho Ho Ho Challenge créé par les blogueuses A book and a cup et Disorder Reef, qui aura lieu aussi du 1er décembre au 28 février. Il comprend 3 menus avec 4 sous-catégories. Au programme : de l’Hiver, du thriller, du Nature Writing, du cocooning, du folklore de Noël, du beau-livre, des couleurs de Noël, du conte de Noël, de la romance de Noël, des films de Noël, de la cuisine de Noël… Le challenge comprend des actions à réaliser en lien avec Noël en plus des lectures. Il existe un compte Instagram spécialement dédié au challenge où tu peux retrouver les menus. Un concours sera organisé pour gagner 50 euros de livres sur ce compte Insta en lien avec tes lectures. Si le challenge t’intéresse, je te renvoie vers la vidéo de A book and a cup pour les détails. 😉

Je n’ai pas encore décidé lequel de ces challenges je vais essayer. C’est la première fois que je réalise un challenge en Hiver et j’hésite vraiment entre les deux. Je proposerai une PAL quand je me serai décidée dans ma publication de mercredi. 😉

L’évènement virtuel du weekend

Je ne sais pas si tu te souviens, mais je suis fan de littérature Steampunk. Or, ce weekend aura lieu le premier salon de Noël Virtuel steampunk organisé par le site Steampunk.fr !

Pendant deux jours, un live Facebook est organisé sur la page de l’évènement avec pleins d’activités : émissions littéraires sur romans et bd steampunk, jeux steampunk en direct, présentation de créateurs steampunk, et même un concert !

J’avais déjà évoqué les jeux steampunk dans ma veille #10, si tu souhaites en apprendre un peu plus avant le live, sur la manière d’affronter quelqu’un avec une tasse de thé ou une ombrelle. Ce sera l’occasion peut-être de voir des démonstrations en vidéo.

Une bonne manière de découvrir l’univers et des créateurs pour envisager quelques cadeaux de Noël !

Voilà, ma veille est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Bonnet de Noël et tasse de thé,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Félin, Collectif, Yby éditions

Un recueil de nouvelles dont le thème principal est le chat, ça vous tente ? Moi, j’ai craqué littéralement pour la couverture très manga et les nouvelles inclusives LGBT+ de Félin. Voici mon retour sur ces histoires, très différentes les unes des autres.

Résumé : Miaou miaou miaou ! Pour ceux·elles qui ne parlent pas le chat, et n’ont donc pas compris Fripon, ceci est un recueil de nouvelles polyfélin. Cet ouvrage ne contient pas de croquettes. Vous y trouverez, en revanche, un seigneur dragon, une poisse incommensurable, des griffons guerriers, un shamisen mélodieux, des sorcières féministes, un détective en Marilyn Monroe, des souvenirs perdus, des dieux égyptiens en colère, une réincarnation inattendue, des ocelots aux yeux vairons et des croissants sur un banc. Les héros·ïnes de ces histoires, félidés ou non, vous emmèneront dans des aventures à vous hérisser le poil, qui vous feront peut-être feuler d’angoisse, mais surtout ronronner de plaisir. Miaou ! Fripon vous souhaite une bonne lecture.

Mon avis :

Mon avis général sur le recueil

Le recueil comprend 11 nouvelles, illustrées chacune par 11 illustrateurs différents dont le fil conducteur est le félin sous différentes formes. Le niveau d’écriture est de qualité et homogène. L’ensemble est agréable à lire et cohérent. On sent un travail de mise en forme réfléchi qui apporte de la fluidité à l’ensemble malgré des univers totalement éloignés. Cela a été un vrai plaisir de se plonger dans chacune de ces histoires et je ne me suis pas ennuyée à un seul instant.

Ici, le thème du félin est exploité sous toutes ses formes : un chat a un rôle important dans l’histoire ou il ne fait que passer, un humain peut se changer en chat, le chat est vénéré par les autres protagonistes, ou il sert les intérêts des humains… Les auteurs ont vraiment déployé toute leur imagination.

Les éditions Yby sont spécialisées dans l’inclusif LGBT+. Par conséquent, la plupart des nouvelles proposent une romance homosexuelle ou un personnage parfois non genré, ce qui m’a changé de mes lectures habituelles et de manière très positive. Par ailleurs, les détails concernant les scènes de sexe ne sont pas crus mais plutôt doux. On sent une pudeur dans les récits, favorisant l’évocation plus que le côté pornographique, ce que j’ai beaucoup apprécié.

Si le chat et le LGBT+ sont mis en avant, des thèmes assez intéressants le sont aussi dans toutes les nouvelles : La timidité, le terrorisme, l’espoir, l’amour, la jalousie, la solitude, le féminisme, l’affirmation de son genre ou de sa sexualité. Certains récits poussent à réfléchir, d’autres à la contemplation ou à l’amusement.

Le recueil comprend aussi 11 illustrateurs avec des styles différents. Ici encore, la cohérence dans le choix des illustrations est soignée, comme celles des récits, et elle n’est pas purement gratuite. Les illustrations enrichissent les histoires et permettent de se figurer certains personnages. Une touche de qualité supplémentaire même si, l’ayant lu en ebook sur ma Kobo, je n’ai pas pu en voir les couleurs.

Quelques détails sur mes nouvelles coup de coeur

Chaque nouvelle est différente et assez bien conçue, même si j’ai une préférence pour certaines selon les sujets. J’en évoquerai seulement trois en détail pour vous laisser découvrir le reste.

Tout d’abord, Panthère et Paillettes de Kalo, illustré par Aki m’a fait hurler de rire. On y croise une espèce de tueur à gages au genre non défini (c’est lui/elle qui le dit), qui engage un détective Drag Queen pour retrouver un chaton kidnappé. Le bagout du détective et les joutes verbales entre lui et notre tueur sont un pur délice. Et c’est le premier récit que je lis avec un personnage non genré, ce qui m’a beaucoup plu car cela déconstruit les stéréotypes que l’on associe généralement à un personnage masculin ou féminin.

J’ai également beaucoup apprécié la sérénité et le mystère du Jardin de Hayashi de Roger Raynal, illustré par Clays où le moine Hayashi se laisse gagner par l’amour au fil des pages jusqu’à un dénouement inattendu. Certaines phrases méditatives, tels des poèmes, m’ont touchée, comme :  » Sur le point de perdre conscience, j’aperçois dans son regard doré le reflet chatoyant de notre monde sensible ». La plus belle description d’un chat et de son regard sur le monde que j’ai pu lire jusqu’à présent.

Pour finir, la première nouvelle intitulée Mauvais sort, écrite par Gabyle et illustrée par Euyevair m’a marquée vis à vis de son sujet. Sous couvert de la persécution des sorcières et de ceux qui les aident dans une uchronie du XIXème siècle, il y est clairement question de la condition de la femme dans une société patriarcale et de la construction d’une cellule terroriste en réponse à cette oppression. Cela est abordé à travers deux personnages féminins forts : une sorcière recherchée par la police pour terrorisme et une gardienne de pension pour chat qui cache un passé d’oppression.

D’autres nouvelles tout aussi géniales mériteraient que l’on s’y attarde : Dans les geôles de la terreur pour son ambiance de jeu vidéo médiéval fantastique, Philae pour ses descriptions magnifiques des temples égyptiens, Timide pour son côté bizarre qui m’a fait penser au Pigeon de Suskind, Sept jours avec les ocelots pour son final complètement renversant, etc… Mais je ne peux pas vous décrire tout sous peine de spoiler une bonne partie des intrigues !

Enfin, quelques nouvelles donnent envie de découvrir la suite de l’univers développé par l’auteur comme Dans l’antre du Dragon qui laisse quelques éléments en suspens à la fin du récit. Cela laisse un peu sur sa faim, mais qui sait ? Peut-être qu’un roman du même auteur sera public aux éditions Yby et me permettra de retrouver ce personnage de changeforme-chat ainsi que tous les autres ?

En conclusion : Un recueil de nouvelles original et hétéroclite, autour de la figure du félin et des romances LGBT+, qui trouve sa cohérence grâce à un travail soigné de sélection. On ronronne de plaisir devant ces récits de qualité et leurs magnifiques illustrations et on espère une plus grande mise en lumière de cette maison d’édition qui mériterait d’être mieux connue.

Publié dans Lectures

Moi, Ligia, Sirène, Sylvie Baussier, éditions Scrineo

« La mythologie vue par les monstres », c’est la nouvelle collection lancée par Scrineo pour un public jeunesse amateur de mythologie grecque. J’ai voulu essayer ce concept innovant et original avec beaucoup d’enthousiasme et j’ai tenté ma chance avec l’histoire de Ligia la sirène, le deuxième titre de la collection après Moi, le Minotaure…

Résumé : Je m’appelle Ligia, et je donnerais tout pour redevenir celle que j’étais avant que la déesse Démeter me transforme en sirène : une jeune fille insouciante. Mais je vis désormais sur un rocher perdu en pleine mer et je guette les bateaux qui s’en approchent. Comment cela a-t-il pu arriver ? Voici mon histoire…

Mon avis :

L’Histoire des sirènes, par les sirènes

Pour peu qu’on se souvienne de nos cours de mythologie de collège, les sirènes sont des créatures à corps d’oiseau (et non de poisson) et visage de femme que croisent Ulysse lors de son retour à Ithaque, ainsi que les Argonautes pendant leur voyage. De nature cruelle, elles charment les humains par leur chant mélodieux et les attirent dans l’eau pour se noyer. Elles se repaissent ensuite de leur chair et attendent le prochain bateau pour recommencer.

Ici, il sera question de ces sirènes, mais surtout de deux en particulier : les soeurs Ligia et Leucosia. Jeunes filles insouciantes, enfants du Fleuve Acheloos et de la Muse Melpomène, elles sont transformées en sirènes par la déesse Démeter pour les punir de ne pas avoir retrouvé sa fille Coré, enlevée par Hadès. Accrochées à un repaire rocheux en mer dont elles sont plus ou moins prisonnières, elles vivent désormais leur destin cruel de monstres en se remémorant avec nostalgie leur passé.

Un monstre ou une victime ?

Dans ce court roman de 100 pages, Ligia nous raconte ses malheurs quotidiens, ses souvenirs joyeux d’autrefois et son dilemme pour se nourrir.

L’auteure fait apparaître le caractère injuste de cette transformation en sirène, un châtiment motivé plus par la colère et l’impuissance à retrouver son enfant, qu’une punition pour un crime établi. Les deux soeurs ont cherché en vain Coré, mais comment deviner qu’elle était sous terre ? Elles ne sont pas responsables de son enlèvement. On voit bien là que les Dieux font ce qu’ils veulent sur Terre et que la vie de tout humain peut basculer sous leurs caprices.

Sur leur rocher dont elles ne peuvent trop s’éloigner sans se fatiguer, les deux soeurs sont obligées de se nourrir d’humains qu’elles attirent avec leur chant. Ces repas cruels font partie de la punition et sont nécessaires à leur survie, mais leur part humaine éprouve toujours un dégoût après chaque festin.

Leurs rencontres avec les Argonautes, puis avec Ulysse vont les démoraliser complètement quant à leur capacité à charmer les hommes pour s’en nourrir, ou à être assez puissantes pour séduire le plus intelligent des mortels.

La fin du récit est un joli clin d’oeil à l’autre des versions des sirènes que l’on connaît, et popularisée par Disney : celle des femmes-poissons. Une fois de plus, Ulysse aura démontré sa ruse ou les deux soeurs auront trouvé un destin plus en adéquation avec leur part humaine. Qui sait ?

Un roman parfait pour la jeunesse

Le livre se présente en plusieurs parties : une introduction des personnages comme dans une pièce de théâtre afin de rappeler l’identité de chacun, le récit de Ligia, une partie documentaire sur le mythe des sirènes par l’auteure et ses choix d’écriture pour ce récit, et enfin quelques pages de jeux sur la compréhension sur le texte.

En cela, il est parfait pour un enfant à partir de 10 ans et répond à toutes les attentes en termes de lecture et documentation. Pour ce qui est d’un public adulte, j’ai trouvé l’idée d’adopter le point de vue du monstre très intéressante. Cependant, du point de vue du récit, j’ai noté quelques longueurs et répétitions, ainsi qu’un ton un peu déprimant. J’attends de lire les autres récits de la collection pour voir si cela est le cas pour tous afin d’adopter une opinion plus tranchée.

En conclusion : Un roman court, parfait pour la jeunesse, qui démontre que l’on peut encore être original en évoquant les récits mythologiques grecs. Sylvie Baussier nous dépeint des sirènes fatiguées de manger les humains et nostalgiques de leur vie terrestre, au lieu de monstres sanguinaires charmeurs de marins. Une vision rafraîchissante, quoique pas très joyeuse du mythe. Vivement la lecture des autres tomes de la collection !

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Le Père Fouettard, Nixi Turner contre les Croquemitaines T3, Fabien Clavel, éditions du Chat noir

De retour à Paris pour affronter un nouveau monstre associé à la dépression et à la mise en danger de soi, Nixi doit récupérer des informations sur les forces qu’elle combat. Mais retourner chez elle comporte des risques, surtout quand ses amis lui collent aux fesses…

Résumé : Ce sont les vacances de Noël. Chora vient d’apprendre qu’elle a une grave maladie de coeur. La jeune fille vit très mal la situation, ce qui attire vers elle le Père Fouettard. Heureusement, Nixi et ses amis sont là.

Un croquemitaine associé à Noël… et aux attitudes téméraires

Ce troisième tome va nous faire découvrir le personnage de Chora, une collégienne un peu casse-cou qui se met délibérément en danger car elle cache un secret : elle est atteinte d’une maladie mortelle. Et depuis qu’elle en a eu connaissance, un croquemitaine vient la hanter pour la pousser à faire des choix inconsidérés ou qu’elle se mette fin à ses jours.

Figure opposée au Père Noël, le Père Fouettard invite les enfants à faire des bêtises, et plus sérieusement à la dépression et au suicide. Chora pense être plus forte que son monstre intérieur et réussir à le combattre seule, sans l’aide de Nixi. Elle ira même jusqu’à semer le doute dans l’esprit du Scooby Gang sur les motivations de Nixi a être leur amie. Pour elle, la chasseuse n’est présente parmi eux que pour tuer les Croquemitaines, pas du tout leur porter secours.

Suite au départ précipité de Nixi de sa fête d’anniversaire pour retourner chez elle glaner des informations, Chora verra rouge et voudra en savoir plus sur la chasseuse… à ses risques et péril !

Dans cet opus, Fabien Clavel nous met à la place d’une petite fille effrayée devant sa maladie mortelle et nous interroge sur nos choix : est-ce que comme Chora, nous allons céder à une pulsion de mort et à la dépression ou au contraire profiter du temps qu’il nous reste à vivre pour réaliser des choses merveilleuses ? L’auteur développe un sujet plus sensible que dans les précédents tomes, mais sans pour autant proposer des personnages qui s’apitoient sur leur sort. On en ressort l’esprit positif, malgré le drame qui pourrait arriver un jour ou l’autre. Et c’est émouvant et fort.

Une chasseuse de croquemitaines face à des choix

Dans ce tome 3, Nixi retourne chez elle et on découvre enfin ses origines et celles des croquemitaines. Cependant, rien ne va se passer comme prévu ! Face à un événement inattendu, elle va devoir choisir entre secourir sa famille ou ses amis.

Et ce sera un dilemme complexe… car la chasseuse s’est attachée aux collégiens, malgré l’incompréhension de sa mère. Un dialogue magistral entre les deux personnages donnera sens au sentiment de solitude qui habite Nixi et dont elle souhaite désormais se débarrasser.

Elle va devoir prouver qu’elle peut concilier les deux aspects de sa vie tout en continuant sa mission. Pas si facile sans aide…

Une équipe qui se renforce

Le Scooby gang de notre tueuse miniature va profiter de cette aventure pour renforcer ses liens et faire émerger les personnalités.

Hugo va se révéler un atout (intello) très précieux dans sa compréhension orale du grec ancien et ses nombreuses connaissances sur la mythologie… surtout quand il a peur !

Imane saura agir en gardant la tête froide et de manière perspicace face aux dangers qui les entourent. Elle montrera aussi un côté geek peu avouable mais fédérateur.

Kylian va révéler un côté sensible et leur donner un coup de main dans l’ombre, rachetant par là son attitude de tortionnaire envers Hugo et Nawel dans le premier tome de la série.

Chora va faire douter le groupe…pour mieux le ressouder.

Le final sera épique et nous donnera envie de vérifier s’il existe une porte mystérieuse en forme de pyramide dans les réserves du Musée du Louvre, permettant d’accéder à la maison de Nixi…

En conclusion : Dans cet opus, Fabien Clavel manie avec habileté la mythologie avec encore plus de brio que d’habitude en remettant au goût du jour les civilisations anciennes avec son gang de collégiens digne du Scooby Gang de Buffy contre les vampires. Il traite aussi d’un sujet peu joyeux : les enfants ayant des maladies graves, mais de manière positive sans pour autant manquer d’empathie.

Envie de connaître mon avis sur les précédents tomes ?

Clique ici pour le tome 1 : Baba Yaga

Clique ici pour le tome 2 : La Goule

Publié dans Lectures

La Goule, Nixi Turner contre les Croquemitaines T2, Fabien Clavel, éditions du Chat noir

Je continue sur ma lancée de la série Nixi Turner avec la lecture du tome 2 où l’on en apprend un peu plus encore sur notre héroïne aux cheveux blancs et sur un nouveau croque-mitaine en lien avec l’anorexie…

Résumé : Après les vacances de la Toussaint, Nawel retrouve ses amis et découvre qu’Imane a perdu beaucoup de poids. Elle commence à s’inquiéter pour elle, mais Nixi ne s’y trompe pas, c’est certainement l’oeuvre d’un Croquemitaine. Armée de son épée, la chasseuse est prête à reprendre le combat !

Mon avis :

Quand un croque-mitaine cache un problème d’anorexie

Aperçue dans le tome 1 sur Baba Yaga, Imane, la déléguée de classe de Nawel et Hugo, va être le personnage mis en lumière dans ce deuxième opus de la Chasseuse de monstres. Elève brillante, très exigeante envers elle-même, on ne devine pas derrière son masque hautain qu’elle a des problèmes.

Dans cet épisode, Fabien Clavel aborde le sujet de l’anorexie avec ce personnage, représenté par la Goule qui dévore la jeune fille à chaque fois qu’elle se regarde dans un miroir. Plus grave encore, au lieu de combattre le Croque-Mitaine, Imane l’attends et sacrifie volontiers son corps aux appétits du monstre car elle a une vision d’elle-même déformée, grosse, horrible que la Goule rectifie à coups de crocs.

L’auteur décrit parfaitement les petits riens qui amènent la jeune fille à basculer : déménagement, perte des amis, départ de son frère adoré, disputes entre ses parents, et surtout régime qui n’en finit pas comme une solution à tous ses autres problèmes, et ses stratégies pour faire croire qu’elle mange. On visitera même pour l’occasion une unité de soins pour jeunes filles atteintes du même mal aux allures de cadavres.

Heureusement pour Imane, l’arrivée de Nixi va changer la donne. Mais il faudra que la jeune fille accepte de se faire aider pour que tout revienne dans l’ordre. Et ce ne sera pas évident. L’appui de ses autres camarades sera décisif pour cela.

Une chasseuse qui doute

Dans ce nouvel opus, Nixi va découvrir qu’évoluer parmi les mortels est plus complexe que prévu et qu’il faut parfois faire preuve d’empathie pour améliorer ses relations amicales.

Alors que son Scooby Gang s’élargit avec l’arrivée de Chora et d’Imane en plus d’Hugo et Nawel, Nixi commence à s’attacher aux collégiens, et ce n’est pas une bonne idée car cela la détourne de sa mission.

D’esprit pragmatique, elle va devoir faire appel à Nawel qui approche Imane pour des cours particuliers afin de débusquer le nouveau Croque-Mitaine. Mais cela tourne vite au vinaigre : entre la peur de Nixi de perdre une amie au profit d’une autre, et le fait qu’elle utilise les mortels comme des appâts, la pilule passe mal auprès de Nawel.

La tueuse de monstres va se sentir dépassée et perdre la confiance de ses amis. Elle fera appel à une aide maléfique extérieure plus ou moins efficace pour se débarrasser de la Goule…

Dans ce deuxième tome, on devine les points de fragilité du personnage qui apparaît plus humain qu’on ne le pense. Nixi reste une petite fille capable d’éprouver de la peur et surtout meurt d’envie de rentrer chez elle auprès de ses parents. On sent aussi chez elle une grande solitude, que ses amis mortels semblent combler. Et l’ambivalence de ses sentiments envers eux : la nécessité de les protéger quand ils veulent l’aider dans sa mission et… les empêcher de l’aider pour ne pas la gêner justement. C’est un point central qui risque de revenir dans les tomes suivants.

En conclusion : Un tome deux centré sur les faiblesses de la chasseuse de monstres et sur un nouveau problème d’adolescence sous couvert d’un monstre mythologique. Fabien Clavel sait trouver les mots justes pour décrire l’anorexie du point de vue d’une jeune fille malade et nous toucher par la même occasion. Il nous invite également à nous interroger sur la figure de l’héroïne qui, pour réussir sa mission, doit embrasser son côté humain, et surtout accepter l’aide qu’on lui propose.

Envie de connaître mon avis sur les autres tomes ?

Clique ici pour le tome 1 : Baba Yaga

Clique ici pour le tome 3 : Le Père Fouettard

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #22

Au sommaire de cette veille littéraire du net : une attestation de déplacement très Potterienne, 2 projets de financement participatifs sur les femmes écrivains façon pulp ou sur un grimoire abominable, un appel à texte spécial frissons, un événement live sur l’homoromance, des fonds d’écrans gratuits issus de collections patrimoniales, deux concours pour gagner des livres, une nouvelle série inspirée de l’univers de Jane Austen et une créatrice de mignonneries

Les cadeaux de la semaine spécial confinement

Marre des attestations de sortie ? Fan d’Harry Potter ? Laisse-moi te proposer une attestation de déplacement magique réalisée par Hermione Granger elle-même ! Créé sur Potterland, disponible sur Poudlard.org, à toi les sorties validées par la ministre de la Magie ! Tu pourras justifier des déplacements suivants : pour effectuer des achats de première nécessité au chemin de traverse, pour aller à Sainte Mangouste suite à des problèmes de santé, pour déposer ton enfant au Poudlard express, ou tout simplement pour aller jouer Quidditch ou promener ton Hippogriffe… Un peu d’humour fait du bien en cette période et je ne saurais remercier le créateur de cette petite merveille. Par contre, j’aimerais bien voir la tête des policiers si c’est celle-ci qu’on leur présente plutôt que l’officielle… 🙂

Peut-être travailles-tu depuis chez toi depuis le début du confinement et qu’à l’occasion, tu pratiques la réunion par visioconférence… Si jamais tu souhaites cacher ton bordel apparent situé derrière toi pendant lesdites réunions, le blog de Gallica, associé à la BNF te propose de télécharger des fonds d’écran gratuits… issu d’illustrations présentes dans les collections patrimoniales. Il suffit de faire un clic droit pour télécharger l’image. En revanche, si l’idée est bonne, je n’ai toujours pas trouvé comment l’intégrer comme fond derrière moi pendant la visio. Si jamais tu es un petit génie dans ce domaine, fais-moi signe ! :p

Pendant le premier confinement, j’ai pris 4 kilos. Et si on profitait de ce nouveau confinement pour essayer de nouvelles recettes et essayer de manger équilibré pour une fois ? La blogueuse de Salut les Confinés te propose de télécharger gratuitement son ebook de recettes de cuisine. Tu y trouveras des conseils pour réaliser des repas simples et équilibrés, des recettes de Batch Cooking, des idées de listes de courses avec des recettes sans four, pour la majorité végétariennes. Si tu souhaites le télécharger, c’est ici. 😉

L’appel à textes du moment

…provient des éditions Gulf Stream ! Profitant du confinement, certains se sont mis à écrire un roman (c’est d’ailleurs mon cas). La maison d’édition surfe sur la vague en cherchant des textes destinés aux 13 ans et +, sans contrainte de genre, pour inaugurer leur nouvelle collection jeunesse intitulée Spooky : des livres pour trembler. Le texte doit comprendre au minimum 270 000 caractères, avec les espaces, et au maximum jusqu’à 500 000 signes. La date butoir pour rendre son texte est le 31 janvier 2021. Pour envoyer ton manuscrit, rend-toi sur la page contact de la maison d’édition en renseignant « Spooky » dans la case des thèmes. Plus de renseignements ici pour les détails de l’appel à texte.

La nouvelle série à découvrir

Bande annonce VF de la Chronique des Bridgerton (Netflix)

Netflix va sortir pour le 25 décembre une nouvelle série historique intitulée La chronique des Bridgerton, basée sur les romans de Julia Quinn. Il s’agit d’une romance sur fond de saga familiale oscillant entre l’univers de Jane Austen et celui de la série Gossip Girl. Nous suivrons les aventures de Daphné Bridgerton, jeune fille de bonne famille qui se cherche un mari mais aussi l’amour. Elle va rencontrer le Duc d’Hastings, parti très convoité. Mais dans l’ombre, une certaine Lady Whistledown dévoile les secrets les plus vils de la Haute-Société anglaise, et s’acharne sur les deux jeunes gens via un journal à scandale.

Une première saison de 8 épisodes de 60 minutes pour le moment est prévue et donne déjà envie. Entre l’identité secrète de Lady Whistledown, la romance qui semble poindre entre les deux héros et une très libre adaptation de l’époque Régence, j’attends avec impatience sa sortie ! Fan de romance ? Je te donne rendez-vous le 25 décembre pour regarder avec moi sur Netflix cette nouvelle série. 😉

L’évènement de la semaine

Dimanche 22 novembre, à partir de 15h, rendez-vous sur Twitch avec l’association Event Yaoi pour parler …d’homoromance lycéennes ! Autrement dit, des romances homosexuelles dont l’action se déroule dans un lycée. En dépit de l’annulation de leur évènement IRL la Y/con , l’association te propose 3h30 de tables-rondes, d’interviews, de surprises… Deux conférences ont retenu mon attention dans leur programme : Les romances lycéennes BL et GB : reflet d’une réalité ou fantasme ? Et Ecrire une romance lycéenne quand on n’est plus au lycée. Les détails de la programmation sont disponibles sur leur page facebook, mais sache qu’ils recherchent déjà des chroniqueurs littéraires pour produire de courtes vidéos pour présenter un coup de coeur. Alors tenté(e) ? 🙂

Les concours instagram du moment

J’ai noté deux concours intéressants cette semaine pour gagner des livres :

Sur la page Instragram de Itsmylifebook, tu peux gagner le roman L’année de grace de Kim Liggett paru chez Casterman, etdont j’ai déjà entendu beaucoup de bien. Il s’agit d’une dystopie où les jeunes filles sont bannies à l’âge de 16 ans en forêt pour une année, afin d’évacuer leur « magie » et pouvoir réintégrer la communauté. Rien que le résumé est intriguant. Pour ce concours, il te faudra t’abonner à la page instagram de la blogueuse et celui de la maison d’édition, commenter la publication en invitant un à deux amis et partager le post en story en identifiant la blogueuse. Le concours est ouvert jusqu’au 22 novembre et le tirage au sort du gagnant aura lieu le lendemain en story.

Si tu préfères les romances de Noël, sur la page Instagram de Chromopixel, tu peux gagner le roman Les étoiles brillent plus fort en hiver de Sophie Jomain aux éditions Charleston… ou un roman poche de ton choix. Pour participer, il faut s’abonner à la page insta de la blogueuse, commenter en publication le lot que tu préfères. Le concours s’arrêtera le 21 novembre minuit. Bonne chance ! 🙂

Les financements participatifs de la semaine

Ils avaient déjà remporté un vif succès avec leur première campagne de publication de l’Abominable, innommable grimoire. Les illustrateurs Arsenic et Boule de Gomme reviennent avec une seconde campagne pour te permettre d’acquérir à nouveau cet affreux (et ô combien magnifique !) artbook autour des monstres sur Ulule en version augmentée. Si tu es fan de créatures de l’imaginaire effrayantes, ce financement participatif est fait pour toi ! A découvrir : un fabuleux livre de 208 pages regorgeant d’illustrations magnifiques et horrifiques. Le premier pallier est à 46 euros pour un livre relié et au-delà, tu peux acquérir une version luxe et des goodies. Le premier pallier te permet d’accéder aussi à une loterie pour gagner d’autres lots. Pour lire un extrait ou découvrir les goodies qui accompagnent ce bel objet, rends-toi sur la page Ulule du projet. Le projet est encore disponible pendant 30 jours. Et si tu ne connais pas encore l’univers d’Arsenic et Boule de Gomme, je t’invite à visiter leur site internet.

Un autre projet sur Ulule est en cours et tout aussi passionnant : L’édition d’une nouvelle Saison de l’étrange intitulée La ligue des écrivaines extraordinaires, La Relève. Inspiré des Pulp, des comics, des séries B, des récits d’aventure et d’horreur, on te propose de participer à la publication de romans mettant en scène des écrivaines ayant existé, mais sous la forme de super-héroïnes.Virginia Woolf, Renée Dunan et SelmaLagerlöff devront ainsi lutter contre différentes forces diaboliques. Les 3 romans sont écrits par des femmes : Laurianne Gourrier, Sushina Lagouje et George Spad ce qui change de ce type d’histoire et pourra apporter un nouveau point de vue littéraire sur les personnages féminins. Les paliers débutent à 20 euros pour la version numérique des trois romans puis 30 euros pour la version papier. Le projet prend fin dans 27 jours et est lancé par les éditions Les Moutons électriques qui ont déjà réalisé les campagnes précédentes : La ligue des écrivaines extraordinaires avec en vedette Jane Austen, les soeurs Brontë, Mary Shelley, mais aussi Les saisons de l’étrange, Les saisons de l’épouvante… Des projets qui sortent de l’ordinaire avec des couvertures chatoyantes et la mise en valeur d’auteures. Moi je fonce !

La créatrice de la semaine

Mandragore de bibliothèque

J’adore les objets mignons et Nelimae propose des créations qui me ravissent toujours. Depuis 2014, cette charmante créatrice réalise des bijoux, des petites figurines, des objets de décoration et des badges avec toujours un esprit kawaï et geek. C’est chez elle que j’ai trouvé ma mandragore de bibliothèque (qui tient compagnie à ma souris et ma limace de bibliothèque). A des prix très abordables, et souvent réalisés en pâte polymère ou en résine époxy de très bonne qualité, il y a toujours un cadeau à faire ou à se faire chez Nelimae. Ses influences ? Harry Potter, les films de Miyazaki, la Fantasy, l’imaginaire Geek, les mangas…

Pour découvrir un peu plus son univers, je t’invite à visiter sa page Instagram, sa page facebook et son compte sur Ungrandmarché.fr pour passer une commande. J’espère qu’elle fera des figurines spéciales pour Noël cette année. Ce serait un beau cadeau sous mon sapin !

Voilà, ma veille est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Attestation et mignonneries,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Baba Yaga, Nixi Turner contre les Croquemitaines T1, Fabien Clavel, éditions du Chat Noir

Couverture rose, petite fille au regard décidé portant une épée, titre digne d’une série d’aventurière… La lecture de ce premier tome d’une série de 5 destinée à la jeunesse m’a fait l’effet d’une bouffée d’air frais après plusieurs romans bien épais. Bienvenue dans les aventures de Nixi Turner, la tueuse de croquemitaines … au collège-lycée Gustave-Caillebotte !

Résumé : C’est la rentrée scolaire au collège Gustave-Caillebotte et Nawel angoisse à l’idée de se retrouver dans cet établissement huppé. Ses premiers jours en 6ème ne se passent pas très bien et une brume étrange et surnaturelle semble la suivre partout. Heureusement, une nouvelle élève nommée Nixi Turner arrive. Elle a l’air particulièrement féroce et les adultes ne peuvent pas la voir. Sa mission : chasser les monstres du collège !

Mon avis :

Une intrigue autour du harcèlement scolaire et de la discrimination

Dans ce premier opus, Nixi va aider la jeune Nawel à se débarrasser d’un croque-mitaine (=une créature maléfique) qui a pris possession d’elle sans qu’elle s’en aperçoive.

Il s’agit de Baba Yaga, la sorcière russe. Elle se nourrit du sentiment d’insécurité qui habite Nawel et colporte des rumeurs nuisant à la jeune fille pour y parvenir. Il faut dire que Nawel, habitant un quartier populaire à Villejuif, et surtout à peine sortie de l’enfance, intègre un collège prestigieux parisien et éprouve beaucoup de difficultés à trouver sa place.

Rejetée dès le premier jour par l’ensemble de sa classe du fait de ses origines populaires, elle va tomber dans la spirale infernale du harcèlement scolaire, refusant toute aide des adultes par souci de ne pas causer d’ennuis et par envie de se débrouiller seule. La pression et la culpabilisation de venir d’une famille qui veut un avenir meilleur pour elle joue un rôle dans l’affaire.

Avec ce roman, Fabien Clavel nous montre les étapes du harcèlement du point de vue de l’enfant et cela fait froid dans le dos ! Rejet de l’aide d’autres élèves pour éviter d’être cataloguée intello, minimisation du problème devant le principal quand elle est confrontée à son bourreau, obsession compulsive à regarder les publications relayant les moqueries dont elle est victime… sans l’aide de Nixi, Nawel serait sans-doute au bord du suicide à 12 ans !

Du côté des adultes, le problème n’est pas forcément entendu non plus : aveuglement de l’enseignant même quand l’enfant a besoin d’aide, solution-rustine d’un conseil de discipline… Il en faudra beaucoup plus pour que tout cela se résolve dans la joie et la bonne humeur.

Quant à son bourreau qui visiblement n’en est pas à son premier coup d’essai, on se pose des questions sur ses motivations. On le décrit comme un rebelle avec souvent des égratignures au visage. Serait-il lui-même victime d’un boureau à la maison ? Mystère…

J’ai pour ma part noté que ce thème harcèlement est abordé sérieusement, malgré la pointe fantastique, et qu’il pourra peut-être faire réfléchir les enfants harcelés. Après tout, la collection Chatons hantés est destinée aux 9-12 ans : un public qui sort de l’enfance pour entrer progressivement dans la pré-adolescence…

Nixi : une Buffy 2.0 ?

On ne sait pas vraiment d’où vient Nixi, mais à plusieurs reprises elle est comparée à la célèbre tueuse de vampires. Et il faut dire qu’elle lui ressemble sur certains points : armée d’une épée en os (et non d’un pieu en bois), elle est solitaire, et combat des monstres afin de protéger les (enfants) humains.

Comme l’Elue, elle possède un grimoire recensant les créatures qu’elle poursuit, et au fil de l’histoire, elle va se constituer une équipe de choc, même si ce ne sont que des collégiens. Le plus grand point commun à lui trouver avec Buffy serait l’impression qu’elle porte le poids du monde (des collégiens) sur les épaules.

Dans ce premier tome, on en apprend très peu sur ses origines. Elle ne semble pas humaine mais pourtant peut saigner. Elle a un pouvoir d’invisibilité aux yeux des adultes, mais les enfants peuvent la voir. Et surtout, on a cette impression bizarre qu’elle n’est pas ce qu’elle prétend être, et qu’elle vient d’un monde apocalyptique pour réparer une bêtise.

Au fil de l’histoire, malgré son besoin de solitude, et son visible manque d’empathie, elle va commencer à s’attacher à Nawel et aux autres enfants qu’elle rencontre, ce qui laisse entrevoir un besoin de se faire des amis. Peut-être qu’elle n’a pas d’amis, là d’où elle vient ?

J’ai particulièrement apprécié la manière dont Fabien Clavel manie l’art de distiller des indices sur ses personnages pour permettre au lecteur d’enquêter. C’est une manière de procéder plaisante qui permet d’injecter du suspens et d’émettre des hypothèses sur les péripéties, l’évolution des personnages, la suite de ce premier tome… Bref c’est très réussi !

En conclusion : Baba Yaga est un premier tome d’introduction efficace, qui marque l’entrée d’une nouvelle héroïne encore très mystérieuse, et dont on a hâte de connaître la suite des aventures. Mais c’est aussi un roman jeunesse coup de poing sur le harcèlement scolaire, sous couvert d’une histoire autour d’une créature issue des contes et des légendes et d’une jeune tueuse de monstres.

Envie de connaître mon avis sur les autres tomes de la série ?

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Publié dans Lectures

Phantom Manor, L’attraction décryptée, Jérémie Noyer et Mathias Dugoujon, éditions Euro Disney Associés

Halloween passant, associé à ma grande passion pour les parcs d’attractions, j’ai eu envie de découvrir les coulisses de la célèbre maison hantée de Disneyland Paris : Phantom House. L’occasion aussi de redécouvrir l’histoire unique crée pour cette attraction en France.

Mon avis :

Un bel ouvrage très documenté

Au premier abord, l’esthétique de ce livre est tout simplement époustouflante pour les amateurs de belles couvertures ou de livres-objets. La première et la quatrième de couverture sont soignées : reliure au fil, couverture rigide avec grains imitation cuir, couleur violette rappelant celle du manoir, titre et illustration en dorures, typographie spooky… Phantom Manor attire par son aspect extérieur avant de l’être par son contenu. Et quel contenu !

A l’intérieur, le livre se découpe en plusieurs parties richement illustrées par des photos du manoir, de ses concepteurs, des illustrations préliminaires à l’attraction, des maquettes, des portraits de personnages, des cartes… Impossible de tout décrire tellement la quantité est impressionnante ! Et malgré son épaisseur fine de 100 pages seulement, on ne peut que saluer la qualité de conception de ce livre-objet, conçu à la base pour les fans.

Comment est née l’attraction ?

La première partie du livre, intitulée « Une demeure Spectraculaire », nous plonge dans les détails de la conception initiale en 1960 pour Disneyland Resort en Floride, puis de son adaptation pour la France. On y découvre les raisons pour lesquelles l’attraction est implantée dans le quartier du Vieil Ouest, comment son nom a été choisi pour le public français. On apprend aussi quels manoirs réels et imaginaires ont influencé l’attraction et surtout… en quoi la maison hantée diffère d’un parc Disney à un autre ! J’ai été très surprise de découvrir que le manoir français de style néo-gothique ne ressemblait pas du tout à son cousin américain de style néo-classique (= maison coloniale du Sud des Etat-Unis). Quelques anecdotes de conception parsèment également cette partie : le choix de couleur extérieure du bâtiment, celui des plantes présentes autour du domaine, les tombes du cimetière, le papier peint de l’entrée du manoir…

L’histoire d’une mariée malheureuse

La deuxième partie du livre, « De l’ombre aux tableaux », est consacrée à l’histoire de Mélanie Ravenswood, crée spécialement pour l’attraction française. Il s’agit d’une histoire élaborée comme un scénario de film, narrant la vie d’une mariée abandonnée 4 fois avant ses noces par chacun de ses fiancés, tous morts dans des circonstances mystérieuses. Son fantôme et ses portraits jalonnent le circuit créé dans le manoir pour nous raconter sa vie. Dans cette partie, on nous expliquera comment est née cette histoire, ses inspirations et comment elle marque chaque détail du parcours parfois à travers des détails insignifiants : jeux de mots funestes sur les noms des fiancés, portraits en trompe-l’œil, choix de musique et de voix d’outre-tombe…

Une visite guidée de la maison hantée

Dans une troisième partie, appelée « Descente aux enfers », le livre aborde un peu plus en détail le circuit suivi par les visiteurs de l’attraction, ce que j’ai trouvé astucieux.

Pour celui qui ne s’est jamais rendu à Phantom Manor, cela donne une première idée avec des détails scénaristiques que l’on ne soupçonnerait pas au premier abord. Pour celui qui a déjà eu l’occasion de s’y rendre, cela donne envie de réaliser à nouveau le circuit (et c’est mon cas) !

Sans vous spoiler la visite, je vous indiquerais que le livre vous dévoile plus de détails sur quelques scènes marquantes : la mariée en haut des escaliers, la salle de bal fantôme, la rencontre avec la voyante, la pièce secrète… et la conception des navettes-pierre tombales utilisées pour se déplacer dans le manoir.

Les photos et illustrations de conception aident à visualiser le voyage et à mieux s’immerger. L’émotion et l’ambiance fantomatique sont présentes. Frissons garantis !

Phantom Manor : une attraction qui évolue

Le reste du livre est consacré à la rénovation de l’attraction en 2018 et aux différents acteurs français et américains qui y ont contribué à plusieurs niveaux : musique, animatronics, lumière, ingénierie. J’ai découvert à cette occasion le terme Imagineer qui désigne les « ingénieurs de l’imaginaire », ceux qui créent les attractions (du moins chez Disney). Je me rappelle avoir visité le Phantom Manor avant cette rénovation et j’avais trouvé l’attraction vieillote. Sachant tous les détails qui se cachent derrière les tableaux, les couleurs, la musique et qu’il y a eu un rafraîchissement conséquent de l’ensemble, cela m’a donné envie de retourner à Disneyland pour visiter à nouveau, et si possible à la période d’Halloween.

Quelques détails en vrac sur l’ouvrage

Le livre est bilingue français-anglais : à chaque paragraphe français correspond sa traduction en dessous du texte en anglais, sans doute pour toucher un public plus large, au vu de la notoriété de Disney.

La deuxième de couverture représente le papier-peint violet avec motifs de chauve-souris présent dans l’entrée du manoir et la quatrième de couverture est une carte ancienne du quartier du Vieil Ouest.

Le livre est disponible sur la boutique de Disneyland Paris, mais souvent en rupture de stock. Son prix est de 19.99 euros +6 euros de frais de port à ce jour. Vous pouvez aussi vous le procurer dans les boutiques Disney sur place, en visitant le parc.

En conclusion : Un très bel ouvrage, bien documenté, qui nous en apprend beaucoup sur les détails de la création de l’attraction Phantom Manor et sa rénovation. La richesse des illustrations et la visite guidée via le livre donnent envie de réaliser une vraie visite de cette demeure, hantée par le fantôme d’une mariée malheureuse… Un livre parfait pour le pumpkin autumn challenge !

Publié dans Questions existentielles

Acheter ses livres sur Amazon plutôt qu’en librairie ou choisir entre l’éthique et l’économie

Tiraillée entre l’envie d’acheter mes livres de façon éthique et celui de moins dépenser d’argent, je me suis retrouvée devant un dilemme concernant Amazon. Quel tort cause-t-il au marché du livre traditionnel ? Quels en sont ses avantages et ses inconvénients ? Les librairies devraient-elles l’affronter ou évoluer ? Quelques éléments de réponse dans cet article non exhaustif sur le sujet…

D’abord, pourquoi aime-t-on utiliser Amazon ?

Sans refaire l’histoire de la création d’Amazon, je vais surtout parler de ses atouts pour les lecteurs. Cela tient en une liste de services plutôt avantageux :

  • La livraison à 0.10 euros : contrairement aux livraisons par des éditeurs ou libraires qui gravitent autour de 5 euros, voire plus selon le livre, Amazon propose un tarif défiant toute concurrence. Et encore, avant la loi anti-Amazon (j’y reviens dans la partie 2), cette livraison était gratuite !
  • Les listes d’envies (ou favoris) : Il est possible de réaliser des wishlist sur Amazon depuis très longtemps afin de conserver des produits que l’on souhaite commander plus tard. Je n’ai pas réussi à trouver l’information mais je ne serais pas surprise qu’Amazon ait créé ce concept.
  • L’algorithme de recherche qui te conseille des lectures en lien avec tes achats : c’est le point fort d’Amazon depuis le départ. Même s’il est basé sur les préférences d’achat de ses clients, les données sont croisées avec le réseau social littéraire Goodreads, racheté par la firme en 2013
  • La vente d’occasion / le rachat : A une époque, Amazon rachetait des livres d’occasion pour les revendre en échange… de bons d’achats à utiliser sur Amazon. Je crois que ce service n’existe plus mais en tout cas, le site est une très bonne ressource quand on cherche des livres d’occasion et permet une comparaison rapide de prix avec le livre à l’état neuf.
  • La livraison rapide avec Prime : Quand on utilise le service, il est possible de se faire livrer en 24h contrairement à 2-5 jours pour un autre site internet.
  • Les ebooks pas chers : Avec Amazon Kindle, il est possible d’acheter des ebooks souvent pas chers, pour alimenter sa liseuse Amazon et dispose d’un catalogue assez important.
  • Des droits d’auteurs plus importants pour les auteurs d’ebooks auto-édités : C’est une réalité, quand un auteur est édité en Maison d’édition il gagne en moyenne 9% du prix de revient de son livre contre 30% sur Amazon (cf mon article Combattre les idées reçues autour des livres auto-édités).

Quels sont les revers de l’utilisation d’Amazon ?

Sans pour autant chercher à te culpabiliser concernant les achats que l’on peut passer sur ce site, je tenais à signaler quelques faits concernant le libraire américain et les mesures prises en France le concernant.

L’entreprise américaine préfère le profit au bien-être de ses employés. Tous les ans, un article au moins est publié à ce sujet et le confinement n’a pas arrangé les choses. Lors du premier confinement, des employés aux Etats-Unis, en France et en Italie se sont mis en grève pour protester contre l’entreprise qui ne leur donnait pas les moyens de se protéger face au virus alors que le nombre de préparation de colis et de livraison étaient dignes d’une période de fête. En dehors de la crise sanitaire, Amazon a été longtemps pointée du doigt pour la limitation des pauses des employés, la pression hiérarchique, les licenciements abusifs, utilisant même des robots pour surveiller ses employés. Pire encore, l’entreprise facilite le travail précaire en proposant des petits jobs sur le site Amazon Mechanical Turk où les employés réalisent des tâches que les robots ne peuvent pas effectuer pour parfois 5 centimes, et cela sans fiche de paie ni mutuelle.

La livraison rapide se fait au détriment du trafic urbain. Savais-tu que le géant était à l’origine de la plupart des embouteillages dans les grandes villes ? Dans un article du New-York Times qui date de 2019, on t’explique que les livraisons réalisées à New York sont responsables de la paralysie de la circulation, mais aussi parfois d’accidents car les chauffeurs se garent sur des trottoirs, des voies vélo faute de place. Et cela amplifie la pollution déjà bien présente dans les centre-ville. Sans aller jusqu’aux Etats-Unis, j’ai déjà vécu ce genre de situation en France où habitant à Lyon, le livreur se garait dans la rue en double-file au pied de mon immeuble pour pouvoir donner un colis… ou ne livrait pas du tout faute de place pour se garer.

Afin d’écraser la concurrence, Amazon a mis en place un tarif ultra-réduit pour ses frais de livraisons. En France, le gouvernement a mis en place une loi appelée officieusement la loi Anti-Amazon en 2014, afin de l’obliger à faire payer des frais de port et de rétablir une forme d’égalité de livraison. Mais le libraire américain l’a contournée en proposant une livraison à 0.10 euros symbolique, le plaçant toujours aussi avantageusement dans le domaine des frais de ports. Actuellement, une proposition gouvernementale est à l’étude pour faire baisser les frais postaux pour l’envoi de livres et soutenir les libraires indépendants.

Jeff Bezos, patron d’Amazon, a mis très longtemps avant de payer ses impôts associés à son entreprise en France. En 2019, il a indiqué dans un communiqué qu‘il avait réglé à l’Etat Français 250 millions pour ses impôts de 2018 concernant sa société. Il utilise comme siège de société le Luxembourg pour la zone Europe de ses activités afin de justement payer le moins d’impôts possible dans les pays européens. On ne peut donc pas dire qu’il contribue à l’économie de notre pays à ce sujet, même s’il apporte des emplois en créant des plateforme logistique en France.

Pour finir, concernant les ebooks vendus avec sa liseuse Amazon Kindle contiennent un DRM qui n’autorise pas leur lecture sur une autre liseuse. Les liseuses Amazon n’autorisent pas non plus l’intégration d’ebooks en dehors de ceux présents sur son catalogue. Donc, finalement tu n’es pas libre de tes achats et complètement dépendant des prix présents sur son site. A titre de contre-exemple, je citerai son concurrent la Fnac avec la liseuse Kobo, qui te permet d’intégrer des livres absents de son catalogue, s’ils sont en format epub ou pdf.

Et si on ne veut pas acheter de livres sur Amazon ?

De nombreuses initiatives existent sur internet et IRL.  J’en ai recensé quelques unes, mais ce n’est pas exhaustif.

Tout d’abord, le plus simple : Acheter directement en librairie ! Il existe de nombreuses librairies pour peu qu’on habite dans une ville moyenne. Certaines sont indépendantes, d’autres sont des chaînes (Fnac, Cultura, etc…) Personnellement, j’adore le concept de café-librairie qui me semble original. Mon seul défaut est de me croire dans une bibliothèque et de trop faire chauffer ma carte bancaire…

Si tu souhaites te faire livrer des livres neufs depuis une librairie, il existe deux sites de regroupement de librairies  : librairiesindépendantes.com et Leslibraires.fr. Ils te proposent de chercher dans les stocks de nombreux libraires, des livres que tu peux réserver en magasin ou te faire livrer à domicile. Si tu veux une liste plus complète pour trouver des romans et des comics, je te renvoie à ma veille littéraire n°21

Il existe une application appelée Amazon Killer qui cherche un livre que tu as trouvé sur Amazon dans une librairie près de chez toi afin de privilégier l’achat en librairie ou via le site d’un libraire.

Tu peux aussi acheter des livres directement auprès de ta maison d’édition préférée quand cela est possible. En littérature de l’imaginaire, les éditions du Chat Noir, les éditions Les Moutons électriques et les éditions ActuSF proposent ce service.  Le gros avantage est que cela rémunère directement la maison d’édition en question, qui ne passe pas par un distributeur pour ses ventes.

Concernant les ebooks, on trouve d’autres plateformes qui proposent du format EPUB, compatible avec de nombreuses liseuses ou tablettes, ce qui permet de regrouper sa bibliothèque numérique en un seul endroit et de fréquenter différents catalogues. Pour ma part, comme je suis friande de littérature de l’imaginaire, je vais sur le site Emaginaire.com qui regroupe de nombreuses maisons d’éditions de SFFF. Tu peux aussi utiliser le logiciel Calibre pour casser le système de DRM de ta liseuse Kindle et t’éviter les soucis évoqués plus haut. Le blog Callipédie te propose un tutoriel à ce sujet.

Si tu préfères acheter d’occasion des livres moins récents ou récents, tu peux passer par un bouquiniste ou un site spécialisé. Je te renvoie à mon article sur les plateformes qui existent pour une liste plus complète. De mon côté, je suis une grosse adepte de Vinted pour des romans récents et de Momox pour des livres plus rares. Petite anecdote :  Momox est un des revendeurs principaux sur Amazon pour les livres d’occasion. Donc quand tu achètes un livre d’occasion sur Amazon, une fois sur deux, il provient de ce site ! Si tu souhaites des conseils sur comment chercher un livre sur le catalogue de Vinted, va jeter un oeil à mon article sur le sujet. 🙂

Parce que l’algorithme d’Amazon se base sur ce que les gens ont consultés le plus fréquemment, pas forcément sur ce qui est en rapport avec le produit choisi, même avec Goodreads, tu peux aller sur un réseau social littéraire pour trouver des idées lecture (ex : Babelio ou Livraddict). Tu peux aussi demander conseil à des libraires, des bibliothécaires ou t’abonner à des blogs des booksta, des booktube ou encore lire mon article  » chais pas quoi lire » pour te faire sortir de ta zone de confort.

Vers une évolution des librairies ?

Concrètement, qu’est-ce qui me fait acheter sur Amazon ?

Je répondrais en toute franchise : la facilité. Quand je commande un livre, je l’ai rapidement, avec un système de paiement en ligne simple et sans avoir à me déplacer. Je gagne du temps en me fiant à un seul site internet au lieu de plusieurs, sans  me rendre dans une librairie où il est possible que je ne trouve pas ce que je cherche.

Que proposer pour rendre le commerce du livre traditionnel attractif ?

Les librairies n’auront jamais l’envergure logistique d’Amazon. Cependant, leur point fort réside dans le conseil personnalisé, le rapport de confiance qu’elles peuvent développer avec leur client, mais aussi grâce aux événements littéraires organisés avec des auteurs.

Mais…demain, on ne bougera pas de notre canapé pour sortir et on se fera livrer absolument tout, ne nous leurrons pas ! Le confinement nous en aura donné un aperçu avec une montée en croissance du phénomène en cas d’épidémie mondiale.

Comment dans ce cas, encourager les librairies à s’adapter ou à évoluer, afin de nous motiver à nous déplacer plutôt que de commander en ligne ?

Des initiatives existent déjà ou sont à inventer :

  • en proposant une expérience de visite originale comme un café-librairie, une péniche-librairie, une librairie-ambulante, voire une spécialisation thématique.
  • en permettant au client de lire sur place et d’emporter le livre qu’il n’a pas terminé comme dans les mangas-cafés.
  • en ayant une attitude  ouverte et pas « snob » face à des demandes de lecture dite « populaire ».
  • en s’implantant ailleurs qu’à Paris. La province a du bon aussi. Quand on sait que sur 3200 librairies en France, 935 sont en région Île de France et 700 à Paris intra-muros, cela ne permet pas une répartition égalitaire sur l’ensemble du territoire.
  • en ouvrant un commerce dans des zones où il n’y a pas accès à la lecture.
  • en proposant un tarif d’envoi postal réduit pour les libraires.
  • en devenant complètement digitale ? Qui sait, le futur est peut-être dans le virtuel finalement? Par exemple, la Librairie Jeunes Pousses spécialisée dans l’auto-édition est totalement virtuelle.

Parce qu’il faut bien conclure…

Personnellement, j’ai fait le choix de ne plus utiliser Amazon pour l’achat de mes livres. Pour autant, j’achète sur les salons auprès des maisons d’édition ou d’occasion sur Vinted… rarement en librairie. Le reste du temps, j’ai accès à des livres récents par mon travail (je suis bibliothécaire) donc j’éprouve rarement le besoin d’en acheter beaucoup.

Mon cas mis à part, posons la question qui fâche : Qui va encore acheter des livres en librairie ? Sont-elles réservées à un public particulier ? La lecture numérique ou l’auto-édition bouleverseraient-elles le mode d’acquisition plus classique des livres ?  La lecture étant un loisir toujours aussi plébiscité de nos jours, je m’interroge… et je n’ai pas la réponse à cette question.

Et toi, qu’en penses-tu ? As-tu des idées à proposer pour améliorer l’attractivité des librairies ? Connais-tu des initiatives pour contrer l’achat sur Amazon ? Dis-moi tout en commentaire 😉

Colis et click and collect,

A.Chatterton