Mini chroniques en pagaille #19, Pal estivale 2022

Sur le principe des mini-chroniques en pagaille de Light and Smell, voici mon retour sur mes dernières lectures estivales. Plus étoffées qu’un simple commentaire, moins élaborées qu’une vraie chronique, parce que je n’ai pas le temps ou l’envie d’écrire une vraie chronique pour chacun des livres

L’incroyable équipage du poisson-globe, Le club du calmar géant tome 1, Alex Bell, éditions Gallimard jeunesse.

Résumé : Apprentie mécanicienne au club du Calmar Géant, Ursula a un secret : elle est moitié sirène. Or les sirènes sont les pires ennemis de son propre club ! Pourtant, quand la terrible Scarlett Sauvage passe à l’attaque, le sort de nombreuses personnes repose sur Ursula. Bien décidée à aider Stella Flocus Pearl dans son combat contre la Collectionneuse, la jeune mécanicienne embarque à bord d’un sous-marin avec une drôle de bande et se lance dans la grande aventure qu’elle attendait tant !

Mon avis : J’ai décidé de lire ce roman jeunesse après l’avoir vu passer sur le compte instagram de S.Book.Library qui mettait en avant son côté aventure et des personnages féminins forts et bien construits. Cela a été une très bonne surprise même si j’aurais préféré sans doute lire bien avant la trilogie Le Club de l’Ours Polaire du même univers car Le Club du Calmar se situe après et spoile quelques éléments des livres précédents. Ceci dit, ne pas avoir lu la trilogie de l’Ours Polaire n’est pas utile pour comprendre l’histoire, il faut juste commencer par ces livres si vous souhaitiez découvrir l’univers d’Alex Bell. Côté intrigue, il s’agit donc d’un récit d’aventure se déroulant sur mer et dans les fonds marins avec un petit côté Jules Verne pas déplaisant. Il s’agit aussi d’un roman d’apprentissage car l’héroïne de 12 ans va évoluer au fil de l’histoire, ainsi que ses camarades. Mécanicienne dans un club d’hommes, elle cherche à acquérir le statut d’aventurière pour partir dans des explorations maritimes comme tout membre du club. Mais le Club du Calmar Géant n’admet aucune femme, ce qui la frustre beaucoup, ainsi que Jay, la star du Club, qui souhaiterait faire admettre sa soeur tout aussi douée que lui. Les circonstances vont faire que Ursula va participer à une exploration cruciale pour le Club, et en lien avec son identité. J’ai beaucoup apprécié l’univers d’Alex Bell qui mêle une ambiance de pensionnat, avec des créatures magiques maritimes et où les adultes n’ont pas toujours raison. Les descriptions des fonds sous-marins et l’inventivité dont il fait preuve pour créer des créatures imaginaires est assez impressionnante. J’ai apprécié les rebondissements nombreux et les retournements de situation qui parsèment le récit où les personnages apparaissent toujours en demi-teinte : ni bons, ni méchants. Même les méchants ont des valeurs et un fonctionnement logique. Le personnage de Jay m’a fait beaucoup penser à Hermione Granger qui aurait pris la grosse tête : obsédé par le règlement, ses exploits et le fait d’astiquer ses médailles, il s’avère très efficace dans sa manière de participer à l’aventure. Le secret d’Ursula est dévoilé dans les premières pages et m’a quelque peu surprise : je m’attendais à quelque chose de moins cliché, mais pourtant cela s’accorde bien avec l’univers. J’ai aussi beaucoup apprécié les différents types de clubs d’aventuriers qui existent dans cet univers et je pense qu’il y aura d’autres séries en lien. J’attends de lire la suite avec impatience et je pense lire la trilogie précédente. Il me semble que l’auteur introduit de éléments de récits dans le Club du Calmar, qui ont été des ellipses dans le Club de l’Ours. J’ai envie de mener l’enquête…

Moi Charybde piégée avec Scylla, de Sylvie Baussier, éditions Scrineo.

Résumé : Je suis Charybde, fille du dieu Poséidon et de Gaïa, la Terre. J’étais une jeune fille sauvage et impétueuse, libre comme l’air. Mais ma faim impérieuse m’a perdue. Sans le vouloir, j’ai mis Zeus en colère ! Il m’a transformée en tourbillon et placée en pleine mer. Désormais, je suis condamnée à avaler tout ce qui passe à ma portée. En face de moi est piégée Scylla, une nymphe métamorphosée par la magicienne Circé. Comment cela-a-t-il pu arriver ? Voici mon histoire…

Mon avis : Pour ce tome, Sylvie Baussier nous propose deux personnages aux histoires différentes : Charybde la gloutonne et Scylla à la beauté malchanceuse. Les deux monstresses sont liées dans un même lieu et expliquent l’expression « Aller de Charybde en Scylla » (= aller de mal en pis). Charybde est présentée comme une jeune fille toujours affamée et peu respectueuse des règles : elle vole un voleur dans le but de manger du boeuf. Malheureusement, elle a volé la mauvaise personne et Zeux la punira : le fumet de sacrifice n’était visiblement par suffisant pour atténuer sa faute. Quant à Scylla, elle a été aimée de manière non réciproque par la mauvaise personne, à la manière de Méduse. Ici, pas de viol, mais un empoisonnement maléfique qui l’a transformée en monstre suite à de la jalousie. Si l’une a totalement mérité son sort (malgré une punition exagérée en lien avec son défaut), l’autre n’a rien demandé et s’est retrouvée face plus forte qu’elle. L’autrice illustre encore ici l’injustice des êtres face aux pouvoirs des dieux, mais surtout leur désespoir et leur solitude : les deux jeunes filles sont condamnées à tuer des marins en les engloutissant lorsqu’ils passent à proximité ou en les dévorant. Une action allant contre leur nature humaine mais qui leur est nécessaire pour survivre. La fin apporte un rebondissement sur leur destin tragique. Une manière d’expliquer notre quotidien par les mythes… Dans cette histoire, nous croiserons Ulysse, perfide et misogyne, qui se vantera d’être venu à bout du Cyclope Polyphème, mais aussi Jason et Médée dans leur fuite après le vol de la Toison d’Or. Une jolie manière de remettre les mythes dans leur contexte et du point de vue des monstres…

Moi Cerbère, gardien des enfers, de Sylvie Baussier, éditions Scrineo.

Résumé : Je suis Cerbère, un chien à trois têtes. J’aime mes parents, mes frères et sœurs, mais je rêve aussi de découvrir le vaste monde. Hélas, j’ai rencontré le dieu Hadès, et aujourd’hui, attaché à une chaîne impossible à briser, je dois garder l’entrée des Enfers. Comment cela a-t-il pu arriver ? Voici mon histoire…Vous connaissiez le récit du héros Héraclès, découvrez la version de Cerbère…

Mon avis : Sylvie Baussier réalise ici une jolie reconstitution de la vie de Cerbère, entre sa vie de famille et ses rencontres avec les héros de la mythologie grecque. On découvre ses liens de parenté avec le Lion de Némée et l’Hydre de Lerne, mais aussi qu’avoir trois têtes peut poser problème pour s’entendre avec soi-même ! Cerbère possède une tête qui le pousse à agir avec prudence, une deuxième qui le rend violent, et une troisième vulnérable. Malheureusement pour lui, il est aussi très curieux de nature et c’est ce qui le rendra prisonnier des Enfers. Au passage, Sylvie Baussier nous raconte la constitution des Enfers par Hadès, avec les différents gardiens qu’il nomme pour des missions précises. Cerbère, quant à lui, sera trompé par Hadès, puis humilié par Hercule, et constamment affamé. Il essaiera par tous les moyens de s’enfuir , notamment avec l’aide d’Orphée, mais sans succès. L’autrice rend compte avec justesse du sentiment de révolte et d’abattement qui anime la créature, lui qui n’aurait jamais fait de mal à personne. Un destin très déprimant mais qu’il est intéressant de lire pour se rendre compte du point de vue du monstre. Cet opus reste mon préféré avec Moi, le Minotaure de la même collection.

Maudite poupée, Amélie Antoine, collection Hanté, éditions Casterman

Résumé : Thaïs (12 ans) et Margot (11 ans) sont très proches depuis toujours, elles ont toujours joué aux mêmes jeux. Mais alors qu’elles sont en vacances, Margot tombe en amour pour une vieille poupée vêtue de dentelle et aux anglaises brillantes, qu’elle achète immédiatement et prénomme Rosemonde. Dès lors, elle ne s’en sépare plus une seconde, se met à lui parler comme si c’était une vraie personne. Thaïs, elle, ne peut s’empêcher d’être mal à l’aise en présence de la poupée au regard intense et au sourire figé… qui semble la surveiller !

Mon avis : Après avoir lu le très sympa Camping de la mort, de Thibaut Vermot dans la même collection, j’ai tenté Maudite poupée en espérant retrouver la même sensation que les livres de la collection Chair de Poule. Le début de l’histoire se prête aux vacances estivales car c’est lors de ces vacances que les deux soeurs acquièrent la poupée. Elles habitent une location qui n’est pas leur maison, ce qui peut entraîner un sentiment de malaise quand la nuit, Thaïs entend des bruits étranges dans la chambre ou le couloir. Le malaise continue lorsqu’on découvre à qui appartenait la poupée auparavant, puis quand la poupée se met à émettre des sons la nuit alors que son mécanisme est cassé… On est ici dans une histoire classique de poupée hantée avec un rebondissement quelque peu attendu sur la fin qui m’a quand même laissé un petit malaise en refermant le livre, mais moins qu’un livre de la collection Chair de Poule. Je dirais que l’autrice n’est pas allée assez loin à mon goût dans le fantastique et le suspense pour cette histoire. Mais cela est sans doute dû au fait que les romans de cette collection sont destinés à des enfants de 10 ans. Peut-être que les Chair de Poule allaient trop loin ? Comparé au Camping de la Mort, je reste un peu sur ma faim concernant cette histoire de poupée. Je verrai si cela se confirme en lisant d’autres livres de la collection Hanté.

Octavia, Le tribut des Dieux tome 1, Bleuenn Guillou, éditions Hachette

Résumé : Neuf panthéons pour neuf types de magie. Dans ce monde où les magiciens sont choisis par les dieux, on croit ces derniers immortels. il n’en est rien : tous les cent ans, chaque dieu choisit l’héritier qui prendra sa place. Une lutte intestine oppose les dieux qui ambitionnent l’immortalité et ceux qui la proscrivent. Loin de ce combat, Octavia a perdu toute sa famille dans un incendie auquel elle a réchappé par miracle. Incapable de faire son deuil, elle est prête à tout pour les ressusciter. Y compris à passer un pacte avec le dieu maya du sacrifice humain et de la guerre. Elle accepte de tuer un inconnu, mais le dissimule à ses amis auxquels elle ment sans hésiter pour les convaincre de la suivre. Enfermée dans sa souffrance et obsédée par sa quête, multipliant les mensonges, Octavia ne réfléchit pas aux véritables desseins du dieu. Car les enjeux vont bien au-delà de sa famille et l’amèneront à découvrir de douloureuses vérités. Sur ceux qu’elle croyait connaître et sur ce monde qu’elle pensait familier. Un dieu n’a pas toujours de bonnes intentions…

Mon avis : J’ai lu ce roman après l’avoir vu passer plusieurs fois sur bookstagram, bourré de commentaires élogieux sur l’utilisation des panthéons mythologiques. Après lecture, je dirais qu’il est vrai que la manière dont sont présentés les Dieux est assez originale. Cependant, j’ai trouvé de nombreux défauts à l’histoire qui m’ont déplu. Sur la structure, l’autrice introduit une ellipse au début du roman qui zappe tellement de choses que l’on se demande si on n’a pas oublié de lire un chapitre : les personnages réalisent une cérémonie pour choisir leur magie… puis atterrissent sur une île quelques pages plus tard afin de sauver des enfants d’une secte en essayant de l’intégrer (?). Je n’ai pas compris à quel moment l’héroïne avait convaincu ses camarades de l’accompagner pour cette mission qui ne semblait engager qu’elle. Par ailleurs, au niveau du récit, j’ai eu l’impression de lire deux intrigues de deux romans qui s’entremêlent, mais avec des tons différents. Si le récit concernant Octavia penche vers le Young adult avec des aventures liées à un groupe de jeunes, celui concernant les dieux semble plus mature avec des intrigues politiques intéressantes. J’ai pour ma part préféré les intrigues des dieux, car le personnage d’Octavia m’a très vite agacée. Certes, elle traduit les sentiments d’une jeune fille en travail de deuil suite à la perte de sa famille avec tout ce que cela implique (colère, tristesse, impossibilité de tourner la page), mais ses décisions sont toujours irréfléchies et entraînent de graves conséquences pour le groupe. Elle va même jusqu’à tromper et mentir pour parvenir à ses fins. C’est une approche assez originale pour une héroïne, mais ses actions m’ont très vite lassée. J’ai beaucoup apprécié les rebondissements en fin de roman sur les deux intrigues, qui apportent une nouvelle vision de l’univers. Je n’ai pas tout compris aux Panthéons, qui semblent mélanger beaucoup de mythologies différentes, ni au fonctionnement des dieux qui semblent redevenir humains après 100 ans (?). Bref, une lecture qui ne m’a convaincue qu’à moitié, en espérant que le tome 2 soit plus explicite et moins centré sur un personnage agaçant.

La crue, Blackwater tome 1, Mickael McDowell, éditions Monsieur Toussaint L’ouverture

Résumé : Alors que les flots sombres et menaçants de la rivière submergent Perdido, une petite ville du sud de l’Alabama, les Caskey, une riche famille de propriétaires, doivent faire face aux innombrables dégâts provoqués par la crue. Mené par Mary-Love, la puissante matriarche, et par Oscar, son fils dévoué, le clan s’apprête à se relever. Mais c’est compter sans l’apparition , aussi soudaine que mystérieuse, d’Elinor Dammert, jeune femme séduisante au passé trouble, dont le seul dessein semble être de s’immiscer au cœur de la famille Caskey.

Mon avis : Devant la publicité monumentale pour cette saga en six tomes sur les réseaux sociaux, j’ai eu la curiosité de lire le tome 1 pour savoir si le syndrome de la belle couverture avait encore frappé. Alors… il y a un peu de ça. Il faut l’avouer, la couverture en jette et le prix est assez modique. Je m’attendais à un roman fantastique, et j’ai été assez déçue sur ce point. Ce roman n’est pas un roman fantastique traditionnel, mais plutôt une sorte de saga familiale sur fond historique s’étalant de 1919 à 1970, où on trouve quelques passages fantastiques. L’accent est plutôt mis sur la personnalité des femmes Caskey qui dominent la ville et les hommes (et les hommes sont plutôt au courant). Le personnage d’Elinor va venir bouleverser cette suprématie en s’invitant dans la communauté, comme sortie de nulle part, suite à la crue qui ravage la ville. Elinor est un mystère, et je me suis demandée à plusieurs reprises si elle n’était pas une sirène ou un esprit de l’eau : elle est décrite à un moment donné de façon monstrueuse et semble très concernée par la rivière. Dans ce tome 1, on comprend assez vite que tout va tourner autour de l’affrontement psychologique entre Elinor et Mary Dove. La fin aux multiples rebondissements m’a totalement bluffée et à fait que j’ai eu envie de lire le tome 2. Mais s’agissant d’un roman feuilleton avec une construction faite pour pousser le lecteur à en savoir plus, j’ai trouvé cela normal. Je n’ai pas trouvé cela particulièrement bien écrit. A vrai dire, j’ai noté quelques longueurs sur le début de l’histoire. Mais le style est efficace à défaut d’être de la grande littérature. L’ambiance est poisseuse et humide, voire malsaine dans tout le récit. Cela m’a fait penser à des chroniques de pionniers à une époque donnée, un peu à la manière de Anne de Green Gables, paru chez le même éditeur (plus joyeuse) ou encore à la série TV Twin Peaks (tout aussi fantasque). J’ai envie de continuer ma lecture avec les tomes suivants pour savoir si mes prédictions sont justes au sujet d’Elinor. Cependant, je ne dirais pas qu’il s’agit d’un coup de coeur en me basant sur la lecture du premier tome.

Voilà pour mes lectures estivales, et je me rends compte que je n’ai pas respecté vraiment ma Pal initiale (mais le ferais-je un jour ?). D’autres livres estivaux m’intéressaient mais nous arrivons bientôt à l’automne et j’ai envie de changer de thème.

Si vous avez lu l’un des livres présentés dans cet article, n’hésitez pas à mettre un commentaire pour que nous en discutions.

Crème solaire et cartables,

A.Chatterton

2 réflexions sur « Mini chroniques en pagaille #19, Pal estivale 2022 »

  1. J’ai le tome 1 de Blackwater dans ma PAL, j’ai fini par céder à la frénésie après avoir tenté de la fuir ! On verra bien ce qu’il a dans le ventre !

    Aimé par 1 personne

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