Lady Falkenna, intégrale 1, Alizée Villemin, éditions Noir d’Absinthe

Envie de découvrir la plus française des Lara Croft dans un univers victorien-steampunk ? Plongez avec Evelina Falkenna dans des aventures magiques et mécaniques dont vous ne sortirez pas indemnes !

Résumé : Lady Falkenna, Eve pour les intimes, est une jeune femme au tempérament bien trempé. Chasseuse de l’occulte, elle quitte parfois son domaine niché au sein de l’Angleterre victorienne pour plonger dans un monde où l’emprise de la magie se révèle chaque jour plus importante, où les dragons griffent les ardoises parisiennes et les faëries dansent sur la Tamise…
Missionnée par son commanditaire, en quête du Torque d’Ambrosia, Lady Falkenna doit faire face à des ennemis bien plus puissants et acharnés que prévu. Les ombres, jadis ses alliées, se font menaçantes. Pourquoi la traquer ainsi ? Qu’a-t-elle réveillé ?

Mon avis :

Une Lara Croft française

Dans cette intégrale qui regroupe les deux premières aventures de l’héroïne, l’auteure nous propose une lady aventurière qui ressemble beaucoup à Lara Croft (ou à son homologue steampunk Lady Mechanika).

Comme elle, l’aristocrate vit dans un manoir accompagnée de ses serviteurs qui l’ont élevée à la mort de ses parents dans des circonstances mystérieuses. Contrainte de conserver une apparence de Lady bien sous tous rapports, elle trompe son ennui en répondant à des quêtes envoyées par un commanditaire inconnu afin de récupérer des artefacts magiques aux quatre coins du globe.

De nature solitaire, elle trouve du réconfort auprès de son cheval génétiquement modifié et de son ami Valentin, propriétaire d’une boutique d’armes et de produits magiques, qui la fournit également en gadgets pour ses missions.

Si au début de l’histoire, l’héroïne ressemble à ses homologues aventurières, elle va s’en détacher par la suite de par sa nature qui sera dévoilée, ainsi que les circonstances de sa naissance. Cela lui posera un problème d’identité qui la fera évoluer positivement.

Par ailleurs, elle semble plus sensible aux charmes masculins (donnant lieu à une micro-romance en fin d’histoire) et se soucie un peu plus des autres et des conséquences de ses actes. Enfin, malgré un tempérament de feu, elle semble plus naïve qu’elle ne le laisse paraître et se fait souvent piéger par ses adversaires. Cela peut poser problème au lecteur car le récit étant écrit à la première personne du singulier, et selon son point de vue, on se laisse facilement embarquer dans la vision qu’à Evelina de la situation.

J’ai apprécié que l’auteure fasse évoluer son personnage en fin de récit pour la rendre un peu plus mature et réfléchie, voire stratège, contrairement au début où sa tendance à se jeter dans l’action avait tendance à m’agacer.

J’ai beaucoup ri face à ses interactions avec l’esprit qui va venir l’habiter quelques temps, la mettant dans des situations cocasses (car seule elle peut l’entendre).

J’ai également noté le clin d’oeil de l’auteure au prénom de son personnage : prénommée Evelina, elle se fait appeler Eve, comme la première femme de la Bible. Un prénom qui a des connotations intéressantes quand on découvre la nature de la demoiselle.

Un univers steampunk de rouages et de magie

L’action se déroule en Angleterre pour commencer, dans une époque victorienne alternative où l’on peut trouver des créatures fantastiques comme les dragons, les fées, les chimères mais aussi des loups-garous et des vampires. En ce sens, l’histoire ressemble un peu à l’univers de Gail Carriger, auteure de la série le Protectorat de l’Ombrelle ou au Paris des Merveilles de Pierre Pevel.

Cependant, la différence réside dans le fait que ces créatures sont apparues après la découverte de plusieurs oeufs mécaniques qui auraient libéré une sorte de flux magique après leur ouverture dans des circonstances mystérieuses. Evoqués au début du récit, ils vont donner lieu à des recherches scientifiques et seront convoités par de nombreuses personnes désireuses d’utiliser son énergie et sa puissance à des fins personnelles. La difficulté de ces oeufs est que l’on ignore comment les ouvrir, et lorsque c’est le cas, ils réduisent à néant toute chose à proximité. En ce sens, ils pourraient être assimilé à une sorte de bombe atomique magico-mécanique.

Lady Falkenna va découvrir plusieurs artefacts magiques lors de ses aventures. Elle va aussi faire la connaissance d’une sorcière, d’un esprit et d’un d’un nécromancien, ainsi qu’un couple de jeunes hommes ayant ouvert une SPA pour créatures magiques. Tout à ses aventures, nous allons voyager en France et dans divers pays pour nous rapprocher de la vérité et aider Eve dans sa quête, y compris dans les limbes !

La deuxième partie de l’histoire va apporter une nouvelle manière d’aborder cet univers avec un côté plus technologique. L’héroïne comme le lecteur vont revoir leur conception initiale du monde de façon renversante, avec une interrogation sous-jacente sur ce qu’est l’humanité. Je n’en dévoilerais pas plus ici pour éviter de spoiler l’histoire mais cela apporte un côté steampunk très agréable.

De manière générale, Alizée Villemin a su créer un univers cohérent qui aborde magie et mécanique de façon cohérente et intéressante. Elle apporte même une autre dimension aux créatures magiques qui ne sont pas présentes uniquement pour la décoration mais ont une âme, une communauté et un esprit d’entraide. C’est un univers intéressant et réussi.

Une intrigue de suspense et d’action

Au delà d’un univers et d’une héroïne assez réussis, l’auteure sait manier son intrigue avec une habileté. Comme évoqué plus haut, c’est Lady Falkenna qui nous raconte son histoire. De ce fait, la plupart des réflexions sur les événements à venir nous sont rapportés de son point de vue, et si nous choisissons de la suivre, cela occasionne parfois quelques problèmes.

Car Eve a le don pour se fourrer dans de sales affaires et malgré une intelligence hors du commun, reste assez naïve sur ce qui l’entoure. Elle plongera plusieurs fois, tête baissée, dans les dangers les plus grands et ne verra son salut que grâce à l’aide de presque-inconnus. De ce fait, cela introduit de nombreux rebondissements au fil de l’histoire, qui incitent à continuer la lecture pour savoir comment Eve va se sortir de ce mauvais pas.

En dehors de cela, le roman regroupe plusieurs aventures pour introduire l’héroïne et se construit comme les histoires de Lady Mechanika de Joe Benitez : Eve part en mission et nous explique comment elle travaille. En arrière-plan, le lecteur suit l’histoire de l’oeuf mécanique et son utilisation, mais aussi enquête sur l’identité de Eve. Le côté aventure prend fin dans la deuxième partie du récit pour se concentrer sur l’identité de l’héroïne de manière plus spécifique.

J’ai beaucoup apprécié la plume d’Alizée Villemin. Son style est fluide, l’écriture agréable. Elle sait doser le suspense et nous surprendre par des rebondissements inattendus. J’ai hâte de lire la suite des aventures de Lady Falkenna car l’auteure nous laisse sur un cliffhanger insoutenable dans le dernier chapitre qu’il me tarde d’élucider.

En résumé : Lady Falkenna est un roman steampunk au style agréable et bourré de suspense. Il met en scène un univers de magie et de mécanique, avec une héroïne aux airs de Lara Croft, qui interroge notre humanité. Un joli roman d’aventures à découvrir !

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