Mini-Chroniques en pagaille # Spécial Hanami Book Challenge 2022 partie 2

Sur le principe des mini-chroniques en pagaille de Light and Smell, voici mon retour sur mes dernières lectures pour le Hanami Book Challenge. Plus étoffées qu’un simple commentaire, moins élaborées qu’une vraie chronique, parce que je n’ai pas le temps ou l’envie d’écrire une vraie chronique pour chacun des livres lus…

Ivre du Japon, Jean Paul Nishi, éditions Kana (roman graphique – récit de voyage)

Résumé : 1996, Japon… Une Française atterrit à l’aéroport de Narita… Karen a 26 ans. Elle est née en France et y a grandi. Directrice technique pour une chaîne de télévision, elle choisit une destination plutôt insolite pour passer ses cinq semaines de congés payés : le Japon !
Elle était loin de s’imaginer que ce pays, qu’elle avait choisi un peu au hasard, allait changer le cours de sa vie. Un aéroport propre, un système qui fonctionne et respecte les horaires fixés, la foule de Shibuya, les différents looks extravagants, les annonces de la ligne Yamanote, les téléphones portables et l’i-mode, le kabuki, les kimonos, les toilettes… Tout ce qui fait le charme du Japon, parfois même là où on ne l’attend pas ! Suivez Karen dans sa rencontre avec le pays du Soleil levant, son mariage avec un Japonais, ou encore l’éducation de ses deux enfants dans une société aux antipodes de la société française !

Mon avis : Lu pour le Menu Passé, Présent et Futur du Japon – Catégorie Tokyo Capitale. Après sa vie de japonais à Paris, Jean-Paul Nishi nous présente la vie de sa femme française à Tokyo. De joies en déconvenues, Karen nous est montrée comme une passionnée qui tombe par hasard sur ce pays lors de vacances bien méritées. Très intéressée par les nouvelles technologies, elle va finir par écrire un essai sociologique sur le Japon des années 1990. Le roman graphique reprend bien l’humour présent dans les autres livres de l’auteur en jouant sur les décalages culturels. Mais c’est plutôt le personnage de l’auteur qui est montré de façon humoristique, parfois lors de scènes inédites de son expérience parisienne, afin de raconter sa rencontre avec sa future femme. Cela crée un décalage avec Karen qui semble toujours très sérieuse derrière ses lunettes et sa coupe à la Chantal Goya. A travers ce récit de 10 ans, Karen découvre le Japon des années 90 avec ses moments forts : les changements technologiques, l’évolution de la place de la femme dans la société, l’immigration et surtout l’évènement tragique du 11 mars 2011 (séisme, tsunami et destruction de la centrale de Fukushima). Karen vit cette tragédie au premier plan car elle est journaliste. Passé l’horreur, elle ne comprend pas les amalgames sur la catastrophe qu’on énoncés les journalistes à cette époque, alors qu’elle-même avait bien retranscrit les bonnes informations à l’étranger. Je suis ressortie de ma lecture très instruite sur de nombreux aspects culturels de ce pays : la manière dont les femmes actives avec des enfants sont sous pression permanente pour réussir dans tous les domaines, combien il est difficile pour un étranger de conserver son visa, comment élever un enfant qui a deux cultures, comment s’intégrer dans un pays qui est raciste avec les étrangers… J’ai aussi beaucoup appris sur mon pays, en miroir du Japon, et j’ai souvent eu honte de certains de nos comportements. Ce voyage m’a donné envie de lire l’essai sociologique de Karen qui s’intitule sobrement Les japonais (par Karyn Poupée, éditions Talandier), qui même s’il date un peu à présent, m’intéresse beaucoup. En résumé, Ivre du Japon est une lecture à la fois distrayante et instructive qui nous invite à nous intéresser au Pays du Soleil Levant du point de vue journalistique et sociologique.

Entre les lignes tomes 1 et 2, Tomoko Yamashita, éditions Kana (manga adulte)

Résumé : Makio, une romancière dans la trentaine qui vient de perdre sa sœur, va s’occuper de la fille de cette dernière, une adolescente de 15 ans qui va forcément bouleverser ses habitudes.
Asa est attachante et c’est avec intérêt et espoir que nous la voyons évoluer malgré la perte de ses parents tout en découvrant la vie hors du petit concon familial et en tissant des liens avec Makio et les personnes qui l’entourent.

Mon avis : Lu pour le menu Passé, Présent et Futur du Japon – catégorie L’individu dans la société. J’ai été attirée par cette série car elle met en scène deux personnages que tout oppose, qui sont réunies par des circonstances tragiques. Makio est tout à fait fascinante. Elle est à contre-courant de tout ce qu’on attend d’une femme japonaise à notre époque : elle est indépendante financièrement, pas mariée à 30 ans, peu soucieuse de son apparence, peu aimable, dévorée par son travail, incapable d’entretenir un intérieur, nulle en cuisine et surtout, elle se préoccupe peu du regard des autres. Pour sa nièce Asa qui vient d’un foyer traditionnel où sa mère était l’exact opposé de Makio, l’adaptation n’est pas facile, mais elle va apprivoiser petit à petit cette tante assez marginale. Pour autant, Makio apprécie au fil du temps cette nièce un peu trop conventionnelle, trop perdue et dont la personnalité ne demande qu’à éclore. Ensemble, elles vont faire face au deuil de la mère de Makio, brouillée avec sa soeur dans des circonstances mystérieuses. Makio va trouver des moyens détournés pour aider Asa à s’épanouir à travers un journal. Asa va aider sa tante à trouver l’inspiration et à se socialiser. Au fond, elles se ressemblent beaucoup et vont peu à peu former une vraie famille peu conventionnelle pour la société japonaise contemporaine. Les dessins jouent un rôle crucial dans les dialogues de cette série. Par moments, le silence s’installe et seul le jeu de regard entre les personnages laisse entrevoir les émotions de chacune, d’où le titre assez éloquent. Makio reste assez mystérieuse et l’auteur laisse peu entrevoir ses pensées. Ces moments de pause contribuent à créer une ambiance particulière dans l’histoire, comme si tout ne tenait à qu’à un fil très ténu : la relation filiale, le deuil, l’adaptation… On ressent de la fragilité dans cette histoire à tous les niveaux : quand Asa découvre les amis de Makio et ne comprend pas ses choix de vie, quand Makio invite Asa à se réconcilier avec sa meilleure amie… Une très jolie série que j’ai envie de continuer malgré le thème principal peu joyeux au premier abord.

Sur ma planète Japon, Maëlle Bompas, éditions Hikari (Carnet de Voyage)

Résumé : Maëlle, jeune illustratrice de 30 ans de Saint-Etienne, décide de s’envoler au Japon avec l’objectif de réaliser un carnet de voyage. Sur ma Planète Japon est un carnet de voyage décalé, poétique et drôle dessinant la découverte du Japon par une jeune Française. Elle traverse le pays et croque son quotidien et ses aventures, en jonglant entre le couchsurfing, le workaway et l’autostop. Souvent de belles rencontres, parfois des mauvaises surprises. Maëlle raconte ses découvertes et ses aventures, loin des clichés, mêlant ses illustrations fraîches et sensibles à un sens de la narration.

Mon avis : Lu pour le Menu Passé, Présent et Futur du Japon – Catégorie La vie à la campagne. Je n’en suis pas à mon premier carnet de voyage illustré sur le Japon. Mais pour être honnête, je n’ai pas vraiment accroché à celui-ci, car je l’ai trouvé un peu trop militant à mon goût avec un regard d’occidentale qui juge la culture japonaise selon son propre prisme. Je m’attendais plutôt à un carnet de voyage classique qui me donne envie de découvrir une région du Japon avec un côté contemplatif. Le résumé aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Ici, l’autrice passe de ville en ville au fil des pages, sans vraiment prendre le temps de se poser. Le côté contemplatif est quasiment absent de la lecture (du moins c’est ce que j’ai ressenti). Et Maëlle parle de choses qui fâchent, comme le fait que les japonais mangent de la baleine ou que le couchsurfing est parfois une activité frisant la légalité ( ex : quand une propriétaire d’hôtel n’emploie que des couchsurfer au lieu de vrais employés). Le summum de ce côté militant est sa conversation avec deux chefs d’entreprise lors d’une soirée quand elle tente de leur ouvrir les yeux sur les conditions de travail de leurs employés. Alors… Je ne dis pas qu’il faut absolument mettre sous le tapis les aspects moins reluisants de la culture japonaise. C’est juste que je m’attendais à voyager un peu plus pour découvrir un pays. En réalité, Maëlle Bompas centre plutôt son propos sur les différentes rencontres qu’elle a pu réaliser lors de son voyage au Japon. C’est vraiment le coeur de cet ouvrage avec des portraits de positifs ou négatifs des personnes chez qui elle a logé, ou qui l’ont covoiturée de ville en ville. Elle dresse un portrait culturel à travers ces individualités, et nous raconte les leçons de vie qu’elle en a tiré. C’est plus une forme de voyage initiatique dans un Japon écolo pour cette travailleuse sociale et cela se ressent selon les communautés / familles dans lesquelles elle est accueillie : l’écovillage de Saihate, les chanteurs de reggae Yosshi et Shiro, les agriculteurs bio June et Kaya… On en apprend beaucoup sur le volontariat, le couchsurfing et les communautés alternatives japonaises, ce qui est un point de vue assez intéressant pour quiconque cherche des informations sur le sujet (ce qui n’était malheureusement pas mon cas). Côté dessin, l’ensemble est plutôt agréable. Les illustrations sont simples et épurées concernant les moments de visites touristiques. Elles tournent au cartoon rigolo quand l’autrice se représente, ou au véritable portrait détaillé concernant les personnes qu’elle rencontre. Les couleurs sont assez chatoyantes, à l’image de l’humour de l’autrice. Le ton est bondissant, les anecdotes partent un peu dans tous les sens au niveau graphique. J’ai quand même appris quelques détails sur la vie des Amas, ces pêcheuses particulières de coquillages. Je ressors de ce récit un peu sur ma faim, malheureusement. J’espère que d’autres lecteurs l’apprécieront mieux que moi.

Tokyo Stories, Tim Anderson, éditions Hachette (Livre de cuisine)

Résumé : Découvrez Tokyo, l’effervescence de ses rues et toutes les facettes de sa gastronomie.
De la petite échoppe de rue au grand restaurant de luxe, Tokyo est connue pour être l’un des lieux les plus fabuleux au monde pour la gastronomie.
Grâce à ce magnifique carnet de voyage et de recettes, les cuisines de la capitale nippone n’auront plus aucun secret pour vous.
Dans ce livre :
– un reportage photos pour découvrir la ville dans son quotidien
– des explications, des anecdotes et des conseils pour tout savoir sur l’histoire des ingrédients et des plats
– les ingrédients incontournables et 80 recettes pour goûter à l’extraordinaire richesse de cette gastronomie, de la streetfood aux spécialités de la ville, en passant par la cuisine du quotidien ou celle des restos branchés.

Mon avis : Lu pour le Menu Passé, Présent et Futur du Japon – Catégorie Tokyo Capitale. Quoi de mieux qu’un livre de cuisine pour découvrir la culture d’un pays comme le Japon ? A la fois guide culinaire et touristique, ce livre pourrait bien vous surprendre ! Dans cet ouvrage à la couverture chatoyante et aux illustrations appétissantes, Tim Anderson, chef amoureux de la cuisine japonaise et gagnant de l’émission MasterChef britannique en 2011, vous propose différentes recettes comme n’importe quel livre de cuisine. Cependant, la particularité de son livre tient dans sa conception :  Chaque recette est agrémentée d’anecdotes personnelles de ses voyages au Japon ou d’informations sur l’histoire de certains aliments. Mieux encore ! Le livre est structuré en fonction de votre niveau en cuisine, avec des recettes de plus en plus pointues au fil de votre lecture… qui correspondent à la visite guidée d’un immeuble consacré à la cuisine nippone !!! Ainsi, vous débuterez votre voyage culinaire par le sous-sol consacré à l’épicerie (Depachika) afin de mieux connaître les ingrédients japonais. Vous continuerez au premier niveau avec la cuisine de rue (supérette, distributeurs…) avec des recettes de snacks les plus courants à réaliser. Au deuxième étage, vous découvrirez des recettes locales tokyoïtes, pour ensuite vous ouvrir à la cuisine régionale au troisième étage, et aux mets d’inspiration mondiale au quatrième étage. Le cinquième étage permettra de réaliser une pause en cuisinant des plats quotidiens réalisés par les japonais dans leurs foyers. Enfin, le dernier étage vous permettra d’élaborer des recettes dignes des plus fins gourmets concoctées par le chef à partir de plats découverts dans les plus beaux restaurants nippons ou des cocktails audacieux. Pour vous aider dans la connaissance des noms des ingrédients japonais, le chef a pris soin de disposer en fin d’ouvrage un glossaire où il traduit l’ensemble des mots japonais utilisés dans ses recettes. Comme dans la plupart des livres de cuisine étrangers, si vous ne trouvez pas certains ingrédients pour réaliser les recettes, ce n’est pas grave. Certaines sont assez faciles à réaliser avec quelques produits de base. Je vous conseille la recette des épinards Goma-ae et celle du porc Tonkatsu. Un vrai délice ! Côté anecdotes, on sent que le chef est un vrai amoureux de l’archipel nippon. Il évoque même la cuisine Aïnous qui devient un patrimoine de plus en plus difficile à préserver. Un livre de cuisine qui ravira autant vos papilles que vos connaissances sur le Japon.

BL métamorphose tomes 1 à 5, Kaori Tsurutani, éditions Ki-oon (manga tranches de vie)

Résumé : À 75 ans, Yuki vit le quotidien bien réglé d’une grand-mère japonaise, entre mots croisés et cours de calligraphie. En flânant un jour dans une librairie pour fuir la chaleur, elle craque pour un manga, intriguée par sa couverture chatoyante… Ce n’est qu’en rentrant chez elle que Yuki se rend compte qu’elle a fait l’acquisition d’une bande dessinée d’un genre bien particulier : un boy’s love, une romance entre garçons ! L’histoire pourrait s’arrêter là, mais, contre toute attente, notre mamie tombe littéralement sous le charme de ce récit et n’a plus qu’une idée en tête… lire la suite ! C’est la jeune Urara, apprentie libraire et accro au genre, qui va devenir la conseillère de la vieille dame en la matière ! Pour l’adolescente timide et complexée, qui vit sa passion dans le secret, la rencontre avec Yuki va être un véritable déclic. Par-delà les générations, les deux fangirls vont s’ouvrir l’une à l’autre et découvrir les joies d’une amitié hors du commun !

Mon avis : Lu pour le Menu Passé, Présent et Futur du Japon – Catégorie La vie à la Campagne. C’est une jolie histoire intergénérationnelle en 5 tomes que nous propose Kaori Tsurutani autour du thème du manga Boy’s love. Entre une mamie qui s’ennuie dans son quotidien et une lycéenne mal dans sa peau, l’autrice réussit une rencontre improbable, à la fois tendre et amusante. Au fil du récit, chacune va mettre du piment dans la vie de l’autre : Urara s’ouvre aux autres et trouve sa voie professionnelle. Yuki développe de nouvelles passions et fait le point sur sa vie. L’autrice aborde également de nombreux thèmes inhérents à la culture japonaise : la retraite des seniors, l’orientation scolaire des adolescents, la difficulté des examens de fin d’année de lycée, les jobs étudiants, les relations familiales à distance. Elle évoque aussi l’envers du décor des mangakas, avec une incursion du côté de l’auteure du manga adoré par les deux héroïnes en plein processus de création ou les difficultés de Urara à créer son propre manga. Côté culturel, nous découvrons les différents évènements associés au manga professionnel et débutant à Tokyo, basés sur de vrais festivals. Pour ma part, cela a été une véritable incursion dans le genre Boy’s love mais aussi du manga Tranches de vie dont fait partie cette série : à côté de l’histoire principale, il nous est proposé de vivre le quotidien des deux héroïnes avec parfois des scènes au premier abord contemplatives ou inutiles mais qui servent à inscrire le propos dans une vie « normale ». Une jolie histoire que j’aurai plaisir à relire autant pour l’aspect intergénérationnel que sa douce ambiance.

Voilà pour cette deuxième fournée de lectures en lien avec le Hanami Book Challenge. Je me m’éloigne de plus en plus de ma PAL initiale ! J’espère que mes retours de lecture vous aurons donné envie de lire certains ouvrages. 🙂

Et vous, où en êtes-vous dans ce challenge ? Avons-nous des lectures communes ? Quels livres vous tentent le plus ? Dites-moi tout en commentaire !

Saké et Umeshu,

A.Chatterton

5 commentaires

  1. Je suis très intriguée par bl métamorphose, je ne savais pas que c’était fini en 5 tomes. C’est un gros plus ! Je vais le noter du coup merci pour la découverte 😊 si j’aimais la cuisine je me serais jetée sur le livre dont tu parles juste avant mais je préfère manger que cuisiner 🤣

    Aimé par 1 personne

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