Quelques idées pour un meilleur fonctionnement des services presse côté éditeurs et auto-édités

Ce mois-ci, je suis tombée par hasard sur un post instagram d’une auteure auto-éditée qui proposait son livre en service presse à des lecteurs… mais menaçait aussi de dénoncer sur les réseaux sociaux ceux qui avaient accepté son offre et ne produisait aucun contenu par la suite.

Pour commencer, ce n’est pas la première fois que je tombe sur ce type de publication et même si je peux comprendre l’énervement de l’auteure, je ne suis pas sûre qu’un lynchage public soit la meilleure solution pour obtenir des avis lectures sur son livre.

Ensuite, j’avoue que cela m’a fait réfléchir à la situation des services presse côté éditeurs et auteurs de manière assez sérieuse. Je ne pensais pas que cela était aussi complexe de récupérer des avis de lecteurs ou blogueurs pour une promotion littéraire, mais avec un peu de recul, comme l’action est souvent bénévole, cela tombe sous le sens.

J‘ai déjà abordé par le passé le sujet des services presse dans un article, mais côté lecteur, avec mes propres mésaventures. En me mettant cinq minutes à la place d’un auteur en auto-édition ou d’une jeune maison d’édition, je peux comprendre qu’il est agaçant de tomber sur des lecteurs/blogueurs peu scrupuleux qui cumulent les ouvrages sans rien rendre en échange.

L’enjeu est souvent très important s’ils n’ont pas les moyens de se payer une vraie campagne de communication et qu’ils comptent sur ces retours de lecture. Par ailleurs, l’envoi des livres coûte assez cher et celui de la version numérique ajoute un risque de piratage. Et parfois, les retours sont décevants par leur qualité.

Pour revenir au sujet principal, c’est à dire lyncher les lecteurs qui ne font pas de retour sur leurs lectures comme promis, je dirais que d’autres solutions existent et s’avèrent plus positives, sans négliger la pourcentage des lecteurs qui profitent du système (il y en a quand même, soyons honnêtes).

Par exemple, se constituer une liste de lecteurs-blogueurs sérieux, ceux qui réalisent un retour sincère et respectent leurs engagements, et les valoriser dans sa sphère professionnelle : parler d’eux à d’autres auteurs ou maisons d’éditions afin de leur proposer des service presse. Vous pouvez réaliser cette liste au fil du temps, en fonction des personnes avec qui vous collaborez ou en vous appuyant sur votre réseau d’auteurs/éditeurs.

Se renseigner sur les lectures du lecteur-blogueur avant de lui proposer un service presse en vérifiant sa ligne éditoriale s’il en a une ou s’il a lu des livres similaires au vôtre : aller sur son blog ou ses réseaux sociaux, regarder s’il a une page web où il explique ses relations partenariales… Je comprends que cela peut s’avérer chronophage mais cela évite un refus direct et cela montre que vous vous intéressez à ce qu’il fait.

Etre clair sur ses attentes auprès du lecteur-blogueur, même si le contrat est bénévole : définir le mode de publication (article long, court, post instagram, vidéo…), la durée entre la réception et la production d’un contenu (un mois c’est bien, un an c’est trop long), accepter ou non la critique négative et la manière dont elle est formulée sur la lecture. Cela permet de savoir où vous mettez les pieds et comment fonctionne la personne. Tout le monde n’agit pas de manière professionnelle quand il s’agit de bénévolat, donc il est mieux de se mettre d’accord sur ce qui est attendu.

Penser à présenter son livre de manière claire avec un résumé, visuel de couverture et éventuellement des liens intermédiaires s’il y a lieu lors de la proposition de service-presse à un lecteur-blogueur (ex : lien vers site de l’auteur/éditeur, lien vers autres avis lecture, etc…). Cela peut paraître basique, mais j’ai déjà reçu des propositions de service presse déguisées d’auteurs en auto-édition sous couvert d’un commentaire de publication de blog ou de message par mon formulaire de contact. Quand en tant que blogueuse, je dois comprendre l’intention et demander plus de détails moi-même, j’avoue que c’est assez compliqué de travailler avec la personne par la suite.

Ne pas vous cantonner à des lecteurs-blogueurs dont la communauté est peu élevée en quantité. C’est souvent ce qui est privilégié lors de la construction de partenariats car l’éditeur /l’auteur y voit une manière de toucher une plus large audience. Certes, c’est une très bonne raison en termes commerciaux. Cependant, il ne faut pas négliger la qualité de la communauté dont est entouré le blogueur. Par exemple, si vous vous adressez à un blogueur qui a pour abonnés des professionnels du livre, son avis aura peut-être plus d’impact car il sera relayé par ces professionnels à leur propre public (blogs, librairie, bibliothèque). Autre point : vérifier la qualité des post proposés par le blogueur qui en dit long sur sa ligne éditoriale. Il est plus intéressant de privilégier un contenu attractif, qualitatif et argumenté pour favoriser votre promotion de livre.

Prévoir un pourcentage d’avis non-reçus ou d’avis peu qualitatifs. Je ne vais pas vous mentir, avoir des attentes démesurées vis à vis des retours lecture sur son livre n’est pas une bonne idée tant que vous travaillez avec des gens de manière bénévole. C’est un fait, et je ne dis pas cela pour fustiger le bénévolat mais vous n’aurez pas que des avis lecture ultra-qualitatifs de la part de tous les blogueurs que vous solliciterez. Chaque blogueur bénévole a son style et n’est pas forcément familier avec la construction d’une critique littéraire professionnelle car souvent, cela n’est pas son métier et il n’a pas appris à le faire. Quant aux blogueurs qui ne remplissent pas leur part de contrat, relancez-les gentiment au moins une fois pour savoir où ils en sont, s’ils ont un problème avec le livre. Et si vous n’obtenez aucune réponse, ne travaillez plus avec eux tout simplement. Eventuellement, notez de ne plus leur envoyer de livres par la suite et faites-en part à votre réseau. Un blogueur sérieux vous indiquera s’il a eu un problème avec le livre reçu. L’important est de privilégier le dialogue.

Pour finir, vous remarquerez que je n’évoque pas la rémunération des blogueurs car cet article concerne principalement les service-presse destinés à des blogueurs bénévoles. Par ailleurs, la plupart des petites maisons d’édition et des auteurs auto-édités n’ont pas les moyens de financer cette prestation.

Si vous souhaitez travailler avec des blogueurs qui proposent une prestation liée à un avis lecture, car vous en avez les moyens, c’est tout à votre honneur et je vous y encourage.

Cependant, il me semble important d’indiquer que cela concerne une toute petite partie de la population des blogueurs qui disposent d’un numéro SIRET car ils ont une entreprise ou sont auto-entrepreneurs. Ce sont les seuls susceptibles de recevoir cette rémunération par contrat de prestation.

Ces prestations peuvent prendre plusieurs formes et il est courant que le blogueur dispose d’une grille tarifaire en fonction du service qui lui est demandé. A ce sujet, je vous renvoie à la vidéo très intéressante de la Blogueuse Le Souffle des mots sur sa vie d’influenceuse littéraire qui explique en partie en quoi consiste son métier.

J’espère que cet article vous aura donné quelques clés pour collaborer avec des blogueurs bénévoles ou non. N’hésitez pas à laisser un commentaire si vous avez d’autres conseils à prodiguer sur ces relations partenariales. Je ne suis pas certaine d’avoir fait le tour de la question.

Stylo-plume et tampon encreur,

A.Chatterton

11 commentaires

  1. Je trouve ton article plutôt intéressant ! Quand j’ai repris la gestion des partenaires presses chez livr’s au début de la crise COVID j’ai mis un peu tout ça en place en démarchent chaque blog un par un, en vérifiant leur ligne édito etc. Cela me paraissait évident en tant que blogueuse moi même, je savais ce que je pouvais me permettre… Ou pas justement. Et ça a permis de construire des liens sur la durée. Début janvier on a rouvert la soumission des partenaires pour pouvoir se développer et de base j’ai posé les conditions (qui sont peu nombreuses en réalité vu que c’est un échange bénévole on est très libre, juste qu’on donne exclusivement du sp numérique.) ça a eu un certain succès et c’est toujours en cours. Ce qui me prendra le plus de temps, c’est de trier tout ça xD
    Sinon tu parles du piratage comme frein au développement numérique mais perso j’ai toujours trouvé que c’était une fausse excuse. La personne qui pirate le fera de toute manière et avec un peu de chance elle aimera le livre et aura envie de l’acheter en papier, ou d’acheter les suivants de l’auteurice, de nos jours ça fait partie du jeu. Les grosses maisons d’édition en font un faux problème pour justifier le prix exorbitant de certains titres mais c’est un avis personnel.

    Aimé par 1 personne

    • J’ai oublié de préciser, on prend le temps de créer des communiqués de presse pour présenter les livres, au format pdf. Ça se fait assez peu. Et j’écris personnellement à chaque partenaire aussi, pareil je recevais souvent les mails génériques et je trouve ça bof. Ça a visiblement bien plu à beaucoup, ce sont des compliments qu’on nous adresse régulièrement, ça fait plaisir :3

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    • Bonne idée de démarcher directement les ME avec tes conditions de lecture. Moi je n’ai pas franchi le pas par peur d’être envahie de sp. Je préfère mon rythme actuel. J’ai parlé du piratage parce que ça existe mais je suis d’accord avec toi sur le fait qu’un pirate est souvent un gros lecteur qui va acheter le livre ensuite. Merci pour ton retour sur l’article, ça fait toujours plaisir 🥰

      J’aime

      • Non tu ne m’as pas comprise xD Je gère les partenariats presses d’une maison d’édition et j’ai démarché les blogueurs directement en me basant sur leurs conditions et leurs lectures pour voir si ça pourrait les intéresser ^^ Et ainsi constituer une bonne liste. Cette année, on a ouvert à la soumission pour voir si d’autres personnes pourraient être intéressées mais on triera quand même.

        De rien avec plaisir ^-^

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      • Effectivement, j’ai dû lire en diagonale !
        Comme tu es dans les deux « camps » j’étais restée sur ta partie blogueuse 🤣
        C’est bien en tant que maison d’édition de se constituer une liste et de démarcher avec des critères et en cherchant à viser les bonnes personnes vis à vis de leurs intérêts. On perds du temps pour en gagner au final 😁

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  2. Article intéressant 🙂
    La seule fois où j’ai osé suggérer à une autrice qui se plaignait qu’il serait peut-être avisé de se renseigner un minimum sur le blogueur ou la blogueuse avant de lui envoyer son livre, j’ai eu cette superbe réponse « ça prend trop de temps ». Pour moi, on touche le cœur du problème : actuellement, il est facile de se constituer une liste de personnes fiables, faut-il encore avoir un min de considération pour les blogueurs et son propre travail…
    Après, le risque 0 n’existe pas, d’ailleurs moi-même, je gère très mal mes SP numériques que j’ai tendance à oublie (et je vais travailler dessus cette année), mais ça limite quand même les mauvaises surprises !

    Aimé par 1 personne

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