Mini-chroniques en pagaille #10 Spécial Pumpkin Autumn Challenge partie 4

Sur le principe des mini-chroniques en pagaille de Light and smell, voici mon retour sur mes lectures automnales associées à ma PAL du Pumpkin Autumn Challenge 2021. Plus étoffées qu’un simple commentaire, moins élaborées qu’une vraie chronique, parce que je n’ai pas le temps ou l’envie d’écrire une vraie chronique pour chacun des livres lus…

Thornhill, Pam Smy, Rouergue jeunesse (Roman fantastique jeunesse)

Résumé : Mary a habité là pendant des années. Entre ses murs, elle a vécu les pires moments de sa vie. Ella, elle, ne peut s’empêcher d’observer cet étrange endroit depuis sa chambre. La nuit, elle se demande ce qu’il cache. Certains ne voient en lui qu’un vieil orphelinat. D’autres sont au courant de son secret… Mais tout le monde connaît son nom. Thornhill.

Mon avis : Lu pour le menu Automne douceur de vivre – Il suffit de se souvenir de rallumer la lumière pour le thème de la santé mentale et du harcèlement. J’ai beaucoup apprécié l’originalité de construction de ce roman jeunesse lors de ma lecture : il nous plonge dans deux temporalités différentes avec deux types de récits qui finiront par s’entremêler. D’un côté, il y a Mary qui raconte sa vie de préado dans son journal intime dans les années 1980. Elle explique le harcèlement dont elle est victime par l’une des pensionnaire de Thornhill, l’orphelinat où elle réside. De l’autre, il y a Ella, orpheline de mère, qui emménage en face des ruines de Thornhill en 2017. Son récit à elle sera purement illustré et sans texte ou peu : le lecteur voit la jeune fille découvrir une autre fille de son âge dans le jardin de l’ancien orphelinat et à la fenêtre. Elle va essayer de s’en faire une amie en restaurant les poupées qu’elle retrouve tour à tour dans le jardin et la vieille bâtisse, comme des cadeaux de bienvenue. Entre ces deux jeunes filles, 40 ans d’écart et pourtant une solitude commune : Mary est seule face à sa tortionnaire et surtout mutique suite à un handicap. Ella est seule car son père est souvent en voyage ou au travail. Le lecteur va assister à leurs échanges et leurs histoires mutuelles, s’interrogeant au fur et à mesure sur la nature de Mary en 2017, jusqu’à l’effroyable vérité…Pam Smy est particulièrement douée pour évoquer le harcèlement entre enfants : entre les tortures qui sont infligées à Mary, l’effet de groupe qu’induit sa tortionnaire auprès des autres orphelins, le handicap qui joue en la défaveur de Mary, le fait que les éducateurs ferment les yeux ou soient impuissants à agir, le côté de manipulateur de sa tortionnaire… tout conduit au point de rupture chez Mary qui passera alors de victime à bourreau. Une vraie leçon de vie où la cruauté des enfants est de mise. En résumé, un roman jeunesse construit de manière originale avec une fin qui fait froid dans le dos.

Country Girl, Vol. 1, Ryukishi07 et Tanaka Romeo, éditions Chatto Chatto (manga shonen ado)

Résumé : Mikihiko Inaba est un jeune garçon particulièrement doué dans ses études et au sport. Il a trois grandes amies, Keiko Futatsumori, Miya Natsuki et Iyo Hikawa. Il prévoit de rentrer dans un lycée privé de Tokyo, mais échoue aux examens. Depuis, il ne vient plus en classe et ne contacte plus personne. Le temps passe, et toute la bande d’amis finit par se perdre de vue. Lorsque Keiko retrouve Iyo et Miya, bien plus tard, elle décide alors de tout faire pour rétablir les liens que les quatre camarades avaient à l’époque du collège et pour faire sortir Mikihiko de chez lui…

Mon avis : Lu pour le menu Automne douceur de vivre – Eh Jiji […] pour son côté parcours initiatique avec l’exploration des bouleversements de l’adolescence. Ce manga est un de mes coups de coeur de l’année ! Il aborde à travers 4 personnages aux caractères bien distincts, les affres de l’adolescence, la déliquescence de l’amitié, et la réalisation de ses rêves. Mikihiko est au centre de l’histoire, même s’il ne la raconte pas entièrement. C’est son rêve brisé qui l’a fait tomber en dépression, puis a dispersé la bande des 4 inséparables. De son côté, Keiko qui sort d’une longue maladie, découvre le lycée où elle aurait dû retrouver Mikihiko. Elle a des difficultés à s’adapter à son nouvel environnement et ne comprend pas comment leur bande s’est perdue de vue, ni pourquoi Iyo ne souhaite plus lui parler alors qu’elle est dans la classe voisine. En plus des difficultés de l’adolescence, l’auteur aborde avec justesse certains thème liés à la culture nippone : la dépression qui accompagne l’échec scolaire chez les ados les poussant parfois à devenir des hikikomori à vie, vivant aux crochets de leurs parents ; le passage au lycée vu comme une vraie épreuve pour ceux qui n’arrivent pas à s’adapter au groupe dans une société où l’acceptation par les autres est plus important que soi ; la découverte de soi et le masque que l’on offre aux autres à un moment de son existence où seule l’apparence est importante. Et surtout, qu’est-ce qui nous lie aux autres ? Quel est le sens de l’amitié ? Doit-on accepter de perdre ses amis parce que l’on grandit et que cela fait partie du cours naturel des choses ? Un premier tome très convaincant sur ce groupe d’amis qui a su me toucher et me questionner. J’ai hâte de lire la suite.

Celle qui marche la nuit, Delphine Bertholon, éditions Albin Michel jeunesse (Roman ado policier fantastique)

Résumé : Malo, 15 ans, déménage, et doit quitter à regret son quotidien parisien. Aussitôt installé dans le sud de la France, il est gagné par l’angoisse. La Maison des Pins, isolée au milieu des bois, semble tout métamorphoser. Les parents de Malo sont absorbés par les travaux de rénovation, Jeanne, sa petite sœur, se réveille en hurlant, parle aux murs et s’est liée d’amitié avec une jeune fille… qu’elle est la seule à voir. Lorsque Malo découvre une vieille cassette audio, vestige d’un passé qui exige de refaire surface, l’adolescent décide de percer, coûte que coûte, le terrible secret qui hante la demeure.

Mon avis : Lu pour le menu Automne des mystères – Le destin perdu pour l’énigme qui entoure le fantôme de la Maison des Pins. Au vu du résumé, j’avais dans l’idée que ce livre était un roman d’horreur jeunesse. La couverture laisse à penser à un monde caché à travers la maison hantée par le fantôme. Après lecture, je me suis rendue compte que j’avais mal interprété la couverture. S’il est bien question de fantôme, il s’agit plutôt d’une enquête policière menée par un ado sur fond fantastique. On y suit Malo qui déménage dans un trou perdu dans le sud avec ses parents et sa demi-soeur mais d’emblée, la maison dégage un sentiment de malaise chez l’adolescent. Au fil de ses rencontres, il va découvrir qu’un drame a eu lieu vingt ans plus tôt dans ce petit village : la disparition d’une jeune fille dans des circonstances mystérieuses. Pauline habitait la maison où il réside désormais. Comme c’est l’été et qu’il est livré à lui-même entre ses amis restés à Paris et ses parents occupés par les travaux, Malo mène l’enquête d’autant qu’il veut aider sa petite-soeur qui voit et parle au fantôme… J’ai un peu frissonné face à certaines scènes de manifestation du fantôme pendant ma lecture mais on sent que ce roman est destiné à un public adolescent car la dimension fantastique restait infime. Le thème de l’adolescence en revanche est beaucoup développé avec Malo, petit parisien timide venu habiter en province contre son gré, qui vit mal sa solitude et éprouve des difficultés à se faire des amis. Mais l’auteure aborde aussi l’adolescence de Pauline dans les années 80, jolie fille qui aime se comporter en garçon, n’a que des amis garçons et surtout pas sa langue dans sa poche. Pauline malgré son absence et ses manifestations fantomatiques apparaît comme un personnage à part entière que l’on découvre au fil de ses confessions sur cassettes audio, rappelant le livre 13 reasons why dans la construction. En cela la couverture du roman montre bien l’opposition des deux personnages mais aussi leur complémentarité. L’auteure est assez douée pour retranscrire ce qui se passe dans la tête d’un ado : l’opposition aux parents, le sentiment d’injustice que l’ont éprouve face à un déménagement, les amitiés, les premiers émois. Ici, les ados sont plus malins que les adultes un peu comme un film des années 80. Je n’aurais qu’un reproche à faire sur l’histoire : les références culturelles de Malo qui sont censées être celles d’un ado mais qui m’ont plutôt semblées être celles d’un adulte, me poussant à me demander si l’auteure ne racontait pas sa propre adolescence. En résumé, un roman policier fantastique pour ados plutôt sympathique où le fantôme est aussi présent que le héros de l’histoire.

Cette fois-ci peut-être, Kasie West, Hugo (New Way) (Romance young adult)

Résumé : Une année, neuf événements, neuf chances de… tomber amoureuse ? Mariages, enterrements, fêtes de fin d’année, quelle que soit l’occasion, Sophie Evans est là pour vous servir ! De toute manière, elle n’a pas trop le choix depuis qu’elle travaille pour le fleuriste local de sa petite ville natale. Et croyez bien qu’elle arrange les bouquets et gère les drames familiaux comme personne. Mais voilà qu’Andrew Hart arrive comme une cerise sur le gâteau, avec son arrogance et ses faux airs BCBG. Le fils chéri du nouveau chef en vue de la région accompagne son père sur tous les événements du coin. Traduction : Sophie l’a dans les pattes en permanence. Pourtant, elle ne désire qu’une chose : faire son travail correctement pour pouvoir se payer son école de design l’année prochaine. Mais dès qu’elle tourne le dos, Andrew se débrouille pour lui rendre la vie infernale. Jusqu’au jour où elle se demande si les complications ne rendent finalement pas la vie plus épicée…

Mon avis : Lu pour le menu Automne Douceur de vivre – Il suffit de se souvenir de rallumer la lumière pour son côté feel good et romance. J’ai peu l’habitude des romances, mais j’avoue avoir beaucoup apprécié l’ambiance de la petite ville américaine dans laquelle se déroule l’action. Elle m’a rappelée d’autres romans de type Romance Small town (cf article de A Livre Ouvert sur le sujet) comme Virgin River avec les gens qui se connaissent tous (et les bons ou moins bons côtés qui vont avec), la solidarité entre habitants, le côté paisible de la campagne. On découvre la ville à travers les célébrations qui y sont organisées et qui ponctuent l’année : Saint valentin, fête des mères, fête de l’automne, Thanksgiving, Nouvel an, mais aussi des évènements plus personnels comme le mariage ou l’enterrement. Chaque fête rythme le récit en étant présentée autour d’une fleur particulière et surtout en réunissant les deux personnages principaux : Sophie et Andrew. En cela, j’ai trouvé la construction originale pour implanter le décor et son ambiance : on voit les deux côtés de la fête avec la préparation et aussi les gens qui s’amusent, tout en dévoilant le fonctionnement de la ville.

En revanche, j’ai été assez déçue par la romance que je n’ai trouvée pas assez aboutie. Les deux héros se tournent autour et se chamaillent pendant 98% du récit et l’on devine aisément la fin de cette histoire. L’accent est mis sur la découverte de l’autre plutôt que le couple. Les blessures familiales et le fait de devenir adulte sont au centre du roman, poussant les héros à composer avec leur propre personne pour pouvoir avancer vers l’autre. Mieux encore : ils s’ouvriront mutuellement les yeux sur leurs défauts respectifs pour évoluer.

Leur gros point commun : ils se font des illusions sur leurs parents et particulièrement sur celui qui les élève. Sophie vit avec sa mère et son petit frère depuis que son père a fait sa crise de la quarantaine pour aller ouvrir une boutique de surf en Californie. Sa mère se repose sur elle pour garder son frère et lui fait honte à chaque événement en flirtant avec des jeunes hommes. Quant à Andrew, il vit avec son père chef cuisinier célèbre suite au départ de sa mère. Son père est d’un tempérament irascible qu’Andrew met sur le compte du stress, et il contrôle toute son existence sans que le jeune homme s’en rende compte. Le thème de la monoparentalité et du divorce seront ainsi beaucoup abordés dans le roman, du point de vue de l’enfant et des parents, ainsi que la différence ville/village.

Sophie ne pense qu’à partir étudier à New-York alors que sa meilleure amie souhaite rester dans leur petite ville et qu’Andrew ne fait que voyager. Trouver sa place et son lieu d’appartenance va s’avérer un challenge pour chacun des personnages principaux, avec la crainte pour Sophie de ne pas être à la hauteur. Elle résume bien la petite provinciale qui se croit originale et méprise son village parce qu’elle a des envies de grande ville.

Pour résumer, une romance à lire pour son ambiance et les thèmes qu’elle aborde plus que pour la romance entre ses personnages.

Yellow Jessamine – Secrets empoisonnés, Caitling Starling, éditions du Chat Noir (Roman fantastique adulte)

Résumé : Lady Evelyn Perdanu, magnat des transports maritimes, contrôle la ville de Delphinium grâce à son sens des affaires et aux informations qu’elle récolte à propos de ses habitants. Un jour, une maladie inconnue frappe la population provoquant une étrange obsession qui conduit inéluctablement à la mort. Convaincue d’être impliquée dans l’épidémie, Evelyn se retire dans sa demeure, entre paranoïa et secrets empoisonnés, résolue à déraciner ce fléau avant qu’il ne détruise tout ce qu’elle a construit.

Mon avis : Lu pour le menu Automne frissonnant – Double double toil and trouble pour l’aura de sorcière dégagée par Evelyn mais aussi sa tragédie personnelle. Je m’attendais à un roman historico-gothique qui parle de poisons. Ce n’était pas tout à fait ça, mais ça y ressemble quand même un peu. L’auteure introduit une ville imaginaire qui se meurt à cause d’une dissension politique et d’un blocus militaire. Dans ce contexte particulier, l’héroïne de l’histoire, aux allures gothiques se bat pour maintenir sa position dans une société masculine ou la femme est essentiellement une épouse (exception faite de l’impératrice qui les dirige).

L’auteure nous propose un personnage féminin ultra intéressant à défaut d’attirer la sympathie. Une femme à la santé fragile, terriblement calculatrice, obsédée par le contrôle des autres et d’elle-même, luttant pour survivre et conserver titres et richesses, et qui s’est créé un personnage de veuve pour mieux agir en secret. Rongée par son passé, très solitaire, elle fait preuve d’autant de générosité que d’un pragmatisme impitoyable face à l’épidémie qui se déclenche.

Le roman est court, mais l’intrigue pleine de suspense : la maladie se déclare d’emblée, transformant les malades en zombies possédés, semant le trouble et rythmant le récit jusqu’à prendre notre héroïne dans sa toile de secrets et de poisons. Et surtout faisant bien trembler le lecteur qui s’interroge sur l’origine et la nature de la maladie.

Au fil des pages, on alterne entre le présent et le passé de l’héroïne, découvrant ses effroyables secrets : comment elle est devenue seule maîtresse de ses biens, comment elle a formé sa gouvernante, comment elle s’adonne à sa passion, la botanique.

Car la botanique est un élément central du récit : il apparaît même dans le titre et la couverture du roman. Evelyn maîtrise les plantes et les poisons comme jamais, tantôt soignant, tantôt tuant, toujours à son profit plus que par générosité.

Au niveau atmosphère, outre le laboratoire et le jardin de l’héroïne, l’auteure nous décrit un environnement en vase clos, étouffant, pourrissant, à l’image de la ville de Delphinium qui se meurt lentement à cause du blocus dont elle est victime.

J’ai adoré découvrir un à un les secrets de l’héroïne qui a su me surprendre et me marquer jusqu’à la fin. Et quelle fin ! Passant du récit semi-historique à un final totalement fantastique, on ne peut qu’applaudir l’auteure qui donne enfin un visage humain à son héroïne tout en révélant un terrible secret. En résumé, un roman gothique fort réussi autour d’une héroïne au destin tragique.

Voilà pour cette nouvelle salve de découvertes, avec une nette orientation sur le thème de l’adolescence et de l’horreur qui finalement n’en est pas. A nouveau, j’ai encore dérivé de ma PAL initiale pour le challenge, mais je ne désespère pas de lire les reliques qui s’y trouve avant fin novembre.

N’hésite pas à laisser un commentaire si tu as aimé l’une de mes lectures pour me donner ton avis. 😉

Plante vénéneuse et ado torturé,

A.Chatterton

4 commentaires

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