Parlons Steampunk #5 : les maisons d’éditions steampunk

Vous souhaitez lire de la littérature steampunk mais vous ignorez où en trouver ? Cela tombe bien, j’en connais un rayon sur le sujet. Voici une présentation des principaux éditeurs labellisés (ou non) steampunk pour éclairer votre lanterne à vapeur.

Les maisons d’éditions spécialisées steampunk

A vrai dire, il n’en existe qu’une seule à ma connaissance : Les éditions Oneiroi. Et je pense que cela est dû au fait que la littérature steampunk touche plutôt un public restreint. Entre ceux qui s’y intéressent et ceux qui ignorent de quoi il s’agit, cela n’aide pas à son développement.

Cette maison d’édition a pour objectif de populariser la littérature steampunk justement avec une collection principale intitulée Vapeur et mécanique qui comprend pour le moment 3 anthologies de quatre nouvelles chacune issues d’auteurs français.

En hors collection, l’éditrice Camille Ragot propose aussi un ouvrage hors-normes : le Traité de chronoportation de Ostramus qui donne toutes les clés pour un voyage dans le temps réussi. Car le steampunk consiste également à explorer l’imaginaire scientifique de manière farfelue…

Si vous souhaitez avoir un aperçu d’un de leurs ouvrages, j’ai réalisé une critique de la première anthologie Ecologie et folie technologique disponible dans ma rubrique lecture.

Les maisons d’édition avec une collection steampunk

Un peu plus connus dans le paysage des littératures de l’imaginaire, les éditions Bragelonne disposent d’une collection steampunk, même si tous les romans proposés n’appartiennent pas à ce genre littéraire (ex : Tim Powers, Sur des mers plus ignorées).

Ce sont principalement tous de beaux objets-livres aux couvertures et tranches dorées. Certains des titres sont aussi disponibles en format poche ou numérique. La collection mélange traductions d’ouvrages anglo-saxons et oeuvres originales francophones. On y trouve également deux livres de référence : Le manuel du steampunk et La Bible du steampunk de Jeff Vandermeer (NB : la Bible n’est plus rééditée mais se retrouve en occasion).

Dans la collection Pop culture, on note également la présence d’un beau-livre sur l’esthétique steampunk intitulé Effluvium réalisé par Xavier Mauméjean et Didier Graffet.

L’éditeur propose tous les ans en février une opération spéciale pour mettre en avant la littérature steampunk : le Mois du Cuivre. A cette occasion, il publie une à trois nouveautés dans la collection qui en comprend déjà une trentaine.

Si vous souhaitez avoir un aperçu des livres de cette collection, j’en ai déjà chroniqué plusieurs dont La trilogie du Paris des Merveilles de Pierre Pevel, Une étude en soie de Emma Jane Holloway, Confessions d’un automate mangeur d’opium de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit, ainsi que L’étrange affaire de Spring Heeled Jack de Mark Hodder.

A côté du mastodonte Bragelonne, les Editions du Chat noir proposent une collection steampunk appelée Black Steam. Moins clinquante mais peut-être plus qualitative, elle met en avant des romans d’auteurs principalement francophones, mélangeant pour certains steampunk et gothique, « comme si Jules Verne avait rencontré Poe ou Lovecraft. »

La collection comprend environ 13 titres dont deux recueils de nouvelles. Je vous recommande les romans suivants que j’ai lus et chroniqués : La trilogie des Récits du monde mécanique de Marianne Stern, Eros Automaton de Clémence Godefroy et Le club des érudits hallucinés de Marie-Lucie Bougon.

Les maisons d’édition avec quelques titres steampunk

En dehors des trois éditeurs précédemment cités, les romans steampunk n’apparaissent pas vraiment dans des collections spécialisées ailleurs. Toutefois, on note l’intérêt des éditeurs pour le sujet avec quelques titres qui apparaissent ponctuellement chaque année. Voici ceux que j’ai remarqués jusqu’à présent, mais il en existe bien d’autres :

En jeunesse

Chez Gulf stream éditeur, dans la collection étincelles destinée aux 9-12 ans, j’ai noté deux titres : Skye et le vieux solitaire de Régine Joséphine et L’îlot mécanique de Elie Darco. La collection destinée aux 15 ans et + présente aussi l’excellent roman young adult de Johan Heliot : Le fer au coeur. Enfin, dans la collection destinée aux 13 ans et +, il y a la trilogie Steam Sailors de E.S Green qui vient de remporter le PLIB 2021. Au vu du succès littéraire de cette trilogie de pirates steampunk, il est possible que l’éditeur développe plus de romans steampunk dans ses collections.

Chez Rageot, seulement deux titres jeunesse dans la collection 12 ans et + sont disponibles et du même auteur : Engrenages et Sortilèges, et Dragons et mécanismes d’Adrien Tomas. J’ai déjà évoqué Engrenages et Sortilèges dans mon premier article de Parlons Steampunk sur la magie et le steampunk. Adrien Tomas est l’un des auteurs français qui tend à renouveler le genre steampunk en mélangeant certaines de ses thématiques à d’autres genres comme la Fantasy, ce qui est fort louable. A noter que ces deux histoires se situent dans le même univers que Vaisseau d’Arcane paru aux éditions Mnémos.

En Young Adult

Aux éditions 404, il n’y a que deux titres du même auteur catégorisés steampunk : Presque Minuit et Au crépuscule de Anthony Combrexelle. Il s’agit d’une série young adult en deux titres autour d’orphelins voleurs lors de l’exposition universelle de Paris qui vont dérober un objet interdit…

Aux éditions Scrineo, un seul titre steampunk est proposé au catalogue, et quel titre ! Il s’agit de Rouille de Floriane Soulas. Un roman young adult autour d’une prostituée en quête de son passé dans un Paris uchronique où rôde un tueur en série. Ce roman a remporté le Prix imaginale des Lycéens 2019.

Les éditions Gallimard jeunesse n’ont qu’un titre steampunk au catalogue à ma connaissance : la trilogie Les mystères de Larispem de Lucie Pierrat-Pajot qui pose une uchronie parisienne où les bouchers constituent la caste dominante. Dans cet un univers, les communards n’ont pas été massacrés, changeant ainsi l’intégralité de la société parisienne et française. A noter que le premier tome a remporté le prix Galimard jeunesse.

Quant aux éditions Lumen, j’ai noté une trilogie young adult et un roman jeunesse seulement au catalogue. Il s’agit de la trilogie d’Andrea Cremer Le secret de l’inventeur, une histoire d’uchronie où les Etats-Unis n’auraient jamais existé et où la rébellion américaine fait rage contre l’Empire Britannique pour gagner leur indépendance. A côté, le roman jeunesse Les orphelins de métal de Kenny Padraig évoque ‘une quête d’identité dans un monde où les robots sont vos amis mais pas vraiment humains…

En adulte

La maison d’édition ActuSF comprend plusieurs titres steampunk, même s’il n’y a pas de réelle collection attitrée. Elle a notamment contribué à la diffusion du steampunk en France avec le Guide steampunk d’Etienne Barillier et Arthur Morgan, qui explique les origines du steampunk dans la littérature ainsi que de nombreux conseils lecture. Parmi les titres présents dans leur catalogue, je vous invite à lire Sorcières associées, L’échiquier de Jade et La machine de Léandre d’Alex Evans où le steampunk se mêle à la magie. Notez également les romans policiers steampunk Feuillets de cuivre de Fabien Clavel, et Les brigades du Steam de Cécile Duquenne et Etienne Barillier. Le catalogue comprend par ailleurs des romans de fantasy victorienne qui se confondent facilement avec du steampunk, la technologie en moins. C’est le cas d’Anergique de Célia Flaux ou de Cuits à point d’Elodie Serrano.

Les éditions Mnémos sont spécialisées dans la Fantasy francophone, mais elles ont quelques titres steampunk à leur catalogue, notamment quelques ouvrages majeurs : La trilogie de la Lune de Johan Heliot qui a contribué à poser les bases du steampunk en France, l’intégrale du Baron Noir d’Olivier Gechter avec un batman steampunk dans des histoires façon feuilleton du XIXème siècle, l’intégrale de Lord Darcy de Randall Garrett avec un héros espion britannique, et surtout le roman de Mathieu Gaborit : Bohème. A noter également, qu’à côté des romans l’éditeur a publié un beau-livre pour lequel de nombreux vaporistes de la communauté steampunk ont contribué avec des photos et une histoire façon carnet de voyage : La France Steampunk par Arthur Morgan et Etienne Barillier.

Aux éditions Les moutons électriques, peu de titres au final sont présents au catalogue. J’en ai retenu 4 : Le diptyque Pax Germanica de Nicolas Le Breton dont l’action a le mérite de se dérouler à Lyon au lieu de Paris. Il y a également l’ouvrage de référence Tout le Steampunk ! d’Etienne Barillier et Raphaël Colson qui aborde l’esthétique steampunk sous divers supports : films, bd, jeux, romans et en explique les origines. Enfin, le recueil de nouvelles de Johan Heliot aborde plusieurs héros connus sous forme uchronique avec une pointe de steampunk dans Johan Heliot vous présente ses hommages. En dehors de ces titres, vous trouverez également quelques enquêtes policières se situant à la Belle-Epoque mais pas du tout steampunk comme Les fantômes du nouveau siècle de Jean-Philippe Depotte, ou la trilogie de Nicolas Texier Monts et Merveilles.

Les éditions Orbit, rachetées par la suite par l’éditeur Calman-Levy, ont contribué à une féminisation du Steampunk avec la traduction des deux principales séries de l’auteure américaine Gail Carriger : Le protectorat de l’ombrelle et Le pensionnat de Melle Géraldine. On y rencontre un univers alliant steampunk et Bit-lit où la reine Victoria gouverne avec un triumvirat composé d’un vampire, d’un loup-garou et d’un sans-âme immunisé contre les pouvoirs des autres. Le catalogue comprend également un roman vaguement steampunk et tirant plutôt sur le Victorien Bit-lit : God Save the Queen de Kate Locke avec une uchronie londonienne comprenant également des loup-garous.

Pour terminer, Les éditions de l’Homme sans nom proposent quatre titres steampunk dans leur catalogue : dans la collection Fantastic, l’excellente série policière de Feldrik Rivat La 25e heure, suivie de Paris Capitale dont j’ai déjà évoqué la qualité dans mon article sur le roman policier steampunk. Ensuite, dans la collection Sci-Fi, le recueil de nouvelles Celestopol 1922 de Emmanuel Chastellière évoque une colonisation de la Lune fin XIXème siècle. Ce recueil est la continuité du roman Celestopol du même auteur paru chez les éditions Libretto.

Le mot de la fin

Je n’évoque la bande-dessinée vous l’aurez sans-doute remarqué car cet article est assez long et j’ai moins de connaissances sur le sujet. Toutefois, si vous souhaitez en apprendre un peu plus sur les bandes-dessinées steampunk je vous renvoie à mon article sur le sujet.

Je n’ai pas non plus mentionné les auteurs auto-édités qui écrivent du roman steampunk. J’y ai bien pensé, mais cela nécessiterait une recherche assez poussée. Cela fera peut-être l’objet d’un autre article.

Pour conclure sur la production éditoriale steampunk, je dirais qu’au vu du peu de titres parus par an, les éditeurs oscillent entre deux positions :

Soit ils sont frileux et ont peur de toucher un public de niche. Donc ils publient peu et si possible en essayant de proposer des titres par des auteurs reconnus.

Soit ils s’essaient par effet de mode à publier des romans steampunk, et on constate qu’ils proposent des histoires parfois de moindre qualité ou des ouvrages à la limite du genre, frôlant la fantasy victorienne.

Dans les deux cas, excepté la maison d’édition Oneiroi, on ne peut pas dire que la littérature steampunk soit beaucoup mise en avant de nos jours si on la compare avec ses consoeurs Fantasy ou Science-Fiction pure. D’où mes interrogations personnelles : la littétarture steampunk serait-elle has been, dépassée de nos jours ?

Si toutefois la littérature steampunk vous intéresse et que vous souhaitez découvrir des titres intéressants, je vous invite à suivre ma série d’articles intitulée Parlons Steampunk dont le programme se trouve ici. Cela vous donnera une idée de la diversité de ce qu’on peut trouver dans la production éditoriale et qui sait, vous y trouverez peut-être quelques pépites ?

N’hésitez pas à m’indiquer en commentaire d’autres maisons d’éditions qui m’auraient échappées. J’ai beau en connaître un rayon, je ne suis pas infaillible et cela me fait toujours plaisir d’échanger avec vous sur le sujet.

Tasse de thé et stylo plume à vapeur,

A.Chatterton.

6 commentaires

  1. Très chouette annuaire des maisons qui proposent du steampunk ! Pour apporter à ta réflexion finale, le chat noir m’a dit un jour qu’ils aimeraient bien publier davantage de steampunk mais ils ne reçoivent tout simplement aucun roman de qualité écrit dans ce genre.. et ils attendent donc que ça reprenne. Je pense qu’il y a un effet de mode autour du genre et qu’on est actuellement dans un creux de vague. À voir si / quand ça repartira.

    Aimé par 1 personne

  2. Super article. Comme d’habitude.
    Sino. Je te propose d’aller jeter un œil aussi à la ME Hydralune avec les séries de Catherine Loiseau : Kerys et la brigade des ténèbres (si je ne me trompe pas pour ce 2e). Elle a aussi écrit dû jeunesse dans l’univers Steampunk chez Au Loup éditions avec Aiden Jones.
    Il y a aussi eu L’ivre-book hélas fermée depuis avec la série Le Rédempteur que son auteur vend sur son propre site maintenant.
    Bon dimanche et bonne lecture.

    Aimé par 1 personne

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