Mini-chroniques en pagaille #9 Spécial Pumpkin Autumn Challenge partie 3

Sur le principe des mini-chroniques en pagaille de Light and smell, voici mon retour sur mes lectures automnales associées à ma PAL du Pumpkin Autumn Challenge 2021. Plus étoffées qu’un simple commentaire, moins élaborées qu’une vraie chronique, parce que je n’ai pas le temps ou l’envie d’écrire une vraie chronique pour chacun des livres lus…

Winterhouse Hôtel Tome 1, Ben Guterson, éditions Albin Michel (Roman jeunesse)

Résumé : Envoyée à l’hôtel Winterhouse pour les vacances de Noël, Elizabeth n’en croit pas ses yeux. Loin du lieu sordide qu’elle avait imaginé, Winterhouse est un hôtel fabuleux niché au beau milieu des montagnes. Et la surprise ne s’arrête pas là, car l’hôtel cache bien des mystères sous sa surface dorée. Au programme des vacances : un secret de famille enfoui, un livre magique et une chasse au trésor. Bienvenue à Winterhouse !

Mon avis : Lu pour le menu Automne des mystères – Le destin perdu. C’est un vrai coup de coeur lecture pour ce premier tome d’une trilogie qui met en avant une « cousine » d’Harry Potter, face à un hôtel mystérieux. Véritable lecture doudou, je me suis retrouvée dans Elizabeth, bibliophile et fan d’anagrammes, orpheline suite à un accident, qui vit malgré elle avec son oncle et sa tante très radins. Pour Noël, elle est envoyée dans des conditions de voyage déplorables, passer les vacances dans un hôtel de luxe à la montagne. Un premier mystère est à élucider : comment son oncle et sa tante ont eu l’argent nécessaire pour l’y envoyer ? La suite n’est qu’une succession d’énigmes à résoudre autour de la famille de Norbridge, (= le gérant de l’hôtel), et d’un couple ténébreux de libraires qui l’accuse d’avoir volé des livres présents dans la bibliothèque de l’hôtel. Aidée de son ami inventeur Freddy, Elizabeth va devoir mener l’enquête tout en profitant d’un hôtel fantastique avec une multitude de loisirs à portée de main. Le surnaturel et la magie seront aussi présents par petites touches dans cette histoire, à travers des phénomènes étranges se déroulant dans l’hôtel mais aussi avec le personnage principal qui a des intuitions annonciatrices de catastrophes… Le roman aborde également le thème du deuil et de la famille avec Elizabeth, Freddy et Norbridge qui ont des relations assez conflictuelles avec la leur et ressentent une grande solitude. Bien que ce roman soit jeunesse, je ne me suis pas du tout ennuyée : le suspense est très présent, l’enquête assez difficile et l’atmosphère assez intimiste. Ben Guterson signe ici un premier tome de qualité qui installe bien le décor de sa trilogie tout en proposant une aventure intéressante et palpitante avec une héroïne proche du lecteur. Un roman à lire au coin du feu en rêvant à cet hôtel de rêve perdu au pied d’un lac de montagne…

L’ombre de l’Ankou, Jean Vigne, éditions du Chat noir (Roman jeunesse)

Résumé : Lotie, petite Parisienne de 11 ans, déménage pour la Bretagne. Une terre de légendes, lui disait-on. En guise de légende, la voilà dans un vieux manoir perché tout au bout du monde. Une bâtisse poussiéreuse, perdue sur une lande désertique. Pas de quoi enchanter la jeune fille. Elle va s’ennuyer ferme ici, sans ses amies, c’est certain. S’ennuyer ? C’est sans compter sur l’arrivée d’une étrange créature. Une silhouette encapuchonnée, armée de son immense faux, dressée sur ce bateau illuminé par cette seule lanterne. Qui est ce redoutable inconnu ? Pourquoi revient-il chaque nuit sur cette plage de galets ?

Mon avis : Lu pour le menu Automne Douceur de vivre – Eh Jiji, tu ne trouves pas que ça sent […]. Cette lecture a été un flop pour moi, pour plusieurs raisons : déjà je ne suis pas le public cible, un lecteur de 10 ans et + donc j’ai deviné très rapidement une partie de l’intrigue autour de Robin, un personnage secondaire dans le récit. Ensuite, j’ai peu apprécié le personnage principal de Lottie, tout le temps grincheuse (mais quel ado ne le serait pas après qu’on l’ai forcé à habiter dans un trou perdu?) et qui a un langage trop soutenu pour une petite fille de son âge (l’auteur sait-il comment les préados s’exprime ?). Néanmoins, j’ai quand même apprécié l’ambiance qu’a su créer l’auteur dans ce récit : manoir lugubre semblant hanté au bord d’une falaise, plages bretonnes désertes, l’Ankou qui attend son heure dans barque… La thématique de la maladie et de la manière dont elle touche une famille s’est aussi avérée très intéressante et bien amenée à travers le regard de l’enfant et ses croyances. L’histoire des secrets de famille m’a bien plu également, avec les mensonges déployés pour cacher sa culpabilité face à un événement dramatique. En résumé, le livre n’est pas le meilleur de la collection chatons hantés des éditions du Chat noir (j’ai préféré Nixi Turner), mais je pense qu’il saura toucher son public jeunesse par les thèmes qu’il aborde.

Scary Stories, Histoires effrayantes à raconter dans le noir, Alvin Schwartz, éditions Castelmore (Recueil d’histoires courtes – Young adult)

Résumé : Scary Stories to Tell in the Dark (Récits d’épouvantes à se raconter dans le noir) : un grand classique du fantastique, qui revisite le folklore américain et ses légendes urbaines les plus effrayantes, recueillies et adaptées par Alvin Schwartz à destination des jeunes lecteurs, et illustrées par le légendaire Stephen Gammell. Des histoires à partager le soir entre amis, pour se faire peur. Ou à lire seul, en tremblant sous sa couette ! (Si vous l’osez…) Manifestations surnaturelles, histoires de vengeance, revenants, os dansants, épouvantails hantés et psychopathes en tout genre… Vos pires cauchemars vous attendent tous dans cet incroyable ouvrage à vous glacer le sang.

Mon avis : Lu dans le cadre d’une Lecture Commune et idéal pour le menu Automne Frissonnant – Gare gare à la main de gloire. J’avoue que je m’attendais à un roman jeunesse ou à un recueil de nouvelles, mais ce n’est pas le cas. La couverture est trompeuse et le recueil de qualité ! Il s’agit d’un recueil d’histoires courtes issues du folklore américain adaptée pour la jeunesse par Alvin Schwartz. Dans cette nouvelle traduction française, l’éditeur a choisi de compiler les trois volumes initiaux parus entre 1981 et 1991 aux Etats-Unis en un seul, en l’agrémentant d’illustrations horrifiques en noir et blanc par Stephen Gammell. Au niveau de sa composition, l’ouvrage est scindé en plusieurs parties qui se rapportent chacune à une série d’histoires. Certaines font vraiment peur, d’autres sont amusantes, d’autres encore font réfléchir et se présentent sous forme d’énigmes. La longueur des récits varie de 1 à 5 pages. En fin d’ouvrage, l’auteur présente l’origine de certaines histoires et vers qui il les a collectées : légendes urbaines, faits avérés, histoires qu’on se raconte au coin du feu pour s’effrayer, histoires de fantômes, de vampires, de zombies… un vrai condensé du folklore américain.

J’ai beaucoup apprécié ce recueil pour plusieurs raisons. Le fait que les histoires soient courtes permet de passer d’un récit à un autre et de lire assez rapidement l’ensemble. La variété des histoires permet de maintenir notre attention et certaines nous interpellent car nous les connaissons (ex : la dame blanche, le fou évadé au crochet…). Certaines histoires peuvent se lire à voix haute au cours d’une veillée et l’auteur ajoute quelques notes destinées au lecteur dans son récit pour rendre sa lecture effrayante. Pour finir, j’ai adoré lire le glossaire (oui, je suis bizarre), afin de découvrir l’origine de ces histoires et d’en apprendre un peu plus sur la tradition orale américaine. J’ai particulièrement apprécié l’histoire La mémoire vous reviendra qui est tirée d’un fait divers et force à se creuser les méninges. Heureusement que l’auteur donne la solution en fin d’ouvrage ! Le petit bémol : J’avais espéré frissonner à la lecture, or je me suis plutôt amusée. L’intérêt réside plutôt dans la connaissance du folklore et des légendes américaines, pour lesquels on ne trouve que de trop rares ouvrages de référence. A noter que le recueil a été adaptée en film en 2019 par Guillermo Del Toro, intitulé Scary stories to tell in the dark

La fête des ombres vol.1, Atelier Sentô (Cécile Brun et Olivier Pichard), éditions Issekinicho (BD-Roman graphique Young Adult)

Résumé : Naoko, jeune Japonaise un peu rêveuse, vit parmi les ombres. Chaque été, dans son village, on célèbre une fête ancienne très particulière pendant laquelle les âmes errantes des disparus reviennent. Naoko aura pour mission de guider l’âme d’un homme privée de souvenirs, hantée par un terrible secret. Si elle échoue, au bout d’un an, l’âme sera perdue à tout jamais. Au fil des saisons, naissent entre Naoko et cette âme des sentiments qui brouillent la frontière entre le monde des vivants et des morts. À force de côtoyer un fantôme et de comprendre son passé, Naoko ne risque-t-elle pas de passer à côté de sa propre vie ?

Mon avis : Lu pour le menu Automne Enchanteur – La lunette de pierre c’est extra […]. Un village particulier reculé dans une partie du Japon inconnu, une fête locale et des âmes errantes, tous les ingrédients sont réunis pour proposer une bande-dessinée pleine de mystères et de suspense. Outre un style de dessin réaliste, détaillé et coloré, les deux auteurs nous entraînent dans un récit ayant pour thème le destin et le libre-arbitre, la vie et la mort, à travers le personnage de Naoko qui aimerait partir du village mais reste finalement pour aider cette âme mystérieuse. Derrière cette responsabilité, c’est tout le passé de la jeune fille qui est en jeu : son échec avec la dernière âme qu’elle a accompagnée, le décès de sa mère, l’absence de son père, la vie bloquée au village autour des passeurs d’âmes, la plupart vieillissants. Avec ce premier opus, c’est l’âme des villages ruraux japonais qui nous est décrit où le spirituel est quotidien et normal, où chacun se connaît et s’entraide, où les jeunes souhaitent partir pour la grande ville, où les saisons s’enchaînent en étant connecté à la nature. Un premier tome réussi qui m’a transporté dans un autre pays, en touchant à des thèmes très contemporains malgré la touche fantastique apportée par les fantômes. J’ai hâte de lire le deuxième tome de cette duologie qui m’emportera vers Tokyo. A noter que la chanteuse Cécile Corbel a réalisé une chanson à partir de cette bande dessinée intitulée La poussière de l’air sur son nouvel album 2021. Le clip a été réalisé avec des extraits de la BD.

Radium Girls, Cy, éditions Glénat (Roman graphique adulte)

Résumé: New Jersey, 1918. Edna Bolz entre comme ouvrière à l’United State Radium Corporation, une usine qui fournit l’armée en montres. Aux côtés de Katherine, Mollie, Albina, Quinta et les autres, elle va apprendre le métier qui consiste à peindre des cadrans à l’aide de la peinture Undark (une substance luminescente très précieuse et très chère) à un rythme constant. Mais bien que la charge de travail soit soutenue, l’ambiance à l’usine est assez bonne. Les filles s’entendent bien et sortent même ensemble le soir. Elles se surnomment les « Ghost Girls » : par jeu, elles se peignent les ongles, les dents ou le visage afin d’éblouir (littéralement) les autres une fois la nuit tombée. Mais elles ignorent que, derrière ses propriétés étonnantes, le Radium, cette substance qu’elles manipulent toute la journée et avec laquelle elles jouent, est en réalité mortelle. Et alors que certaines d’entre elles commencent à souffrir d’anémie, de fractures voire de tumeur, des voix s’élèvent pour comprendre. D’autres, pour étouffer l’affaire…

Mon avis : Lu pour le menu Automne Enchanteur – Princesse Princesse. Basé sur un fait historique qui aura changé par la suite des lois du travail aux Etats-Unis ainsi que des avancées scientifiques sur le radium et l’impact des radiations, ce roman graphique retrace la vie d’une poignée d’ouvrières d’une usine spécialisé en peinture de montres au radium dans les années 1920. Empoisonnées sans le savoir par une méthode consistant à mouiller le pinceau avec sa bouche, elles tentèrent d’intenter un procès contre leur entreprise afin de payer leurs frais médicaux et de rétablir la justice. Mais trop malades, face à un procès que la compagnie faisait traîner en longueur, elles durent trouver un accord à l’amiable.

J’avais vu passer cette BD plusieurs fois dans la blogosphère et elle m’avait interpellée vis à vis du sujet à la fois féministe et militant. Elle fait partie de la collection Karma chez Glénat dont le slogan est : « Des destins uniques qui ont eu une portée collective. » Tout un programme ! J’avais peur de tomber sur un ouvrage surcoté et…cela a été malheureusement le cas pour moi. Il m’a semblé être une introduction au fait historique, et j’aurai apprécié que l’auteur aille plus loin dans son histoire (dont il annonce le dénouement dans un encart textuel en fin d’ouvrage). Par ailleurs, j’ai éprouvé par moments des difficultés à identifier certains personnages car les soeurs maggia se ressemblent un peu toutes.

Cependant, j’ai apprécié quand même cette lecture pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le style graphique est particulier et joyeux. Il colle parfaitement à l’ambiance qu’a voulu proposer l’auteur dans son récit : les années folles, une bande d’amies insouciantes qui aiment danser et s’amuser dans une période qui se remet de la guerre, bravent les interdits et surtout sont indépendantes financièrement grâce à leur travail. Cela se traduit par une alternance de violet et de vert, avec un trait au crayon de couleur qui se voit vraiment à la lecture. Il y a aussi une petite espièglerie sur la couverture pour ceux qui l’auraient remarqué : les visages des personnages brillent dans le noir, comme ils pouvaient briller autrefois à cause du radium. Ensuite, l’histoire m’a touchée et remué mon âme militante. A notre époque, ce type de scandale aurait une portée médiatique considérable, mais dans les années 1920, ce petit groupe de femmes étaient démunies face au géant industriel qui cache par tous les moyens ses erreurs. On sent que l’auteur a réalisé une sacrée recherche documentaire pour raconter son histoire mais aussi pour introduire objets et costumes dans son récit, même si le dessin reste assez sobre. La description des maladies professionnelles qui touchent les jeunes femmes fait froid dans le dos malgré le ton qui se veut léger : perte de dents, fausse-couche, douleurs articulaires. Le fait de raconter cette histoire par l’un des personnages qui découvre l’usine au début du récit renforce aussi l’émotion que l’on peut ressentir pour elles. En résumé, même si j’aurais aimé que l’auteure aille plus loin dans le récit historique, j’ai apprécié cette histoire. J’aurais bien aimé une suite avec les conséquences du procès avorté envers la compagnie, mais je ne pense pas que cela soit à l’ordre du jour…

Quelques flops, des coups de coeur, cette troisième fournée de lecture dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge 2021 qui introduit cette fois-ci des romans graphiques.

N’hésite pas à m’indiquer en commentaire si tu as lu l’un de ses titres ou s’il figure dans ta PAL.

Feu de cheminée et tarte pomme-cannelle,

A.Chatterton

6 commentaires

  1. Je n’en ai lu aucun mais ils sont tous dans ma wish list et pour certains dans ma PAL..
    Ton avis nuancé sur Radium Girls permet de revoir ses attentes à la baisse, ce roman graphique ayant l’air d’avoir, à un moment donné, enflammé les esprits. Pour éviter les déceptions, j’apprécie de lire des avis qui viennent apporter quelques nuances…

    Aimé par 1 personne

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