Mini-chroniques en pagaille #5 Pal estivale 1/2

Sur le principe des mini-chroniques en pagaille de Light and smell, voici mon retour sur mes lectures estivales associée à ma PAL du même nom. Plus étoffées qu’un simple commentaire, moins élaborées qu’une vraie chronique, parce que je n’ai pas le temps ou l’envie d’écrire une vraie chronique pour chacun des livres lus…

My broken Mariko, de Waka Iraki, aux éditions Kioon (Roman graphique)

Résumé : Quand Tomoyo apprend aux informations la mort de son amie Mariko, elle n’en croit pas ses oreilles. Elles s’étaient pourtant vues la semaine précédente, sans que rien ne laisse présager un tel drame. Mariko, à la jeunesse brisée, qui lui vouait une admiration sans bornes et qui s’est vraisemblablement suicidée…

Mon avis : Ce roman graphique assez émouvant évoque un thème assez présent au Japon : le suicide et comment il touche les proches des défunts. Ici, il s’agit de celui d’une jeune fille amochée par la vie, qui a grandi entre un père violent et une mère absente, et dont le seul réconfort est son amitié pour Tomoyo. En un seul tome, l’auteure nous fait revivre la vie de la défunte Mariko à travers les souvenirs de son amie : comment elles ont noué des liens, l’enfance malheureuse de la jeune fille, puis son passage à l’âge adulte tout aussi malheureux. Tomoyo, brisée par l’incompréhension du passage à l’acte de Mariko vole l’urne funéraire et lâche tout pour se lancer dans un road-trip en hommage à son amie. Au fil des pages, on découvre une Tomoyo forte face aux aléas de la vie et à l’opposé d’une jeune fille bien sous tous rapports : Elle fume, boit trop et jure sans vergogne. La mort de Mariko bouleverse sa vie et la rend aussi fragile que la morte au point de tout abandonner, pour trouver en bout de course une rédemption. A travers cette histoire, l’auteure touche du doigt le thème du suicide mais aussi la violence familiale, et l’impossibilité pour les victimes de se construire une identité normale quand elles grandissent. Si Tomoyo aide Mariko, elle reste une petite fille quand cette dernière se fait frapper, et une lycéenne quand elle se fait abuser sexuellement. Au niveau des adultes, personne ne vient en aide à Mariko, comme si cela était tabou, détruisant totalement son estime d’elle-même. Tomoyo, dans sa quête de réponses va sombrer elle-même. Au point qu’il lui faudra de l’aide pour s’en sortir elle-même. On se demande si leur relation tenait autant d’un amour platonique que celui d’une mère et sa fille, même si cela n’est que suggéré. La vraie raison du suicide de Mariko ne sera pas évoquée, ce sera au lecteur de la deviner. Pour résumer, c’est une lecture pleine d’émotion sur le deuil et la nécessité de se faire aider afin de se reconstruire après une épreuve douloureuse. A noter qu’une autre nouvelle graphique est située en fin d’ouvrage, ayant pour univers l’Amérique contemporaine. Elle centrée autour d’un jeune indien pauvre qui essaie de s’en sortir dans un monde inhospitalier, et qui rencontre un membre de gang désireux de passer la frontière mexicaine pour fuir le gang qu’il a trahi. Cette histoire est pleine d’espoir mais aussi critique vis à vis de la société américaine, et tranche avec le récit de My Broken Mariko.

L’île entre deux mondes de Asuka Ichi, aux éditions Pika  (Roman graphique)

Résumé : Aoshima, petite île éloignée des îles principales du Japon. Caressée par le vent, bercée par les vagues, cette “île bleue” baigne dans la lumière. Dans ces paysages hors du commun, d’étranges phénomènes happent Tatsumi, jeune professeur nouvellement muté à l’école locale, et le plongent dans un monde à la lisière de la nature et du surnaturel…

Mon avis : Un professeur doté d’une drôle d’amulette fait son retour dans son village d’enfance coincé sur une île. Ici, il n’est pas question d’un récit sur les grandes villes nippones mais sur une île qui vous fait apprécier la nature ainsi que les légendes associées aux éléments. Au fil de sa « réintégration » ponctuée d’épisodes humoristiques, Tatsumi redécouvre son île et les étranges phénomènes qui y sont associés. D’abord très rationnel du fait de son statut de professeur de sciences (ce qui rend les scènes très amusantes), il va se laisser peu à peu convaincre que son amulette est pour quelque chose dans les dérèglements climatiques de l’île. L’auteur nous dépeint à travers cette histoire plusieurs légendes ou célébrations japonaises associées à l’eau, le brouillard, les insectes mais surtout les bruits de la nature qui font le quotidien des japonais. Le voyage est dépaysant, agréable à lire en période estivale et doté d’une note fantastique très plaisante. A noter au passage que les illustrations sont magnifiquement travaillées et que le thème se rapproche un peu du film Your name de Makoto Shinkai, pour son côté fantastique. Un premier tome qui pose toutes les bases d’une bonne histoire dont la suite est très attendue pour ma part. Pour information, c’est un diptyque, donc la série s’arrêtera après le tome 2.

Echange loft londonien contre cottage bucolique, Beth O’Leary, éditions Belfond (Roman Feel-good)

Résumé : Leena Cotton est épuisée. Ce n’est pas elle qui le pense, c’est son corps qui le lui dit. Son burn-out explosif en plein milieu d’une réunion capitale parle à sa place. Pour la peine, son employeur lui impose deux mois de congés qu’elle ira passer – en traînant les pieds – dans le cottage de sa grand-mère, à la campagne. Elle aurait encore préféré mourir de surmenage que d’ennui…Eileen Cotton a pris une décision : puisque son époux de toute une vie l’a quittée du jour au lendemain, elle a désormais le droit de vivre pour elle-même. Et pourquoi pas même… vivre
Une relation charnelle passionnée, à 80 ans ? Mais dans son petit village du Yorkshire, les candidats au poste d’amant ne sont pas légion… Un problème ? Une solution ! La grand-mère et la petite-fille n’ont qu’à échanger leurs vies. Eileen ira habiter dans la colocation de Leena à Londres, où les beaux messieurs pullulent, tandis que Leena a pour mission de se reposer à la campagne et… de régler tous les problèmes qu’elle avait tenté jusqu’ici de mettre sous le tapis.

Mon avis : Ce roman est une belle surprise estivale, réconfortante comme un doudou, avec des thèmes peu abordés habituellement dans un roman feel-good, comme la sexualité des seniors ou la résilience suite à un deuil familial. On y suit sous forme de récit à deux voix, les pérégrinations d’une grand-mère et de sa petite-fille qui ont chacune besoin de renouveau dans leur vie : Leena doit se reposer et faire le deuil de sa soeur décédée des suites d’un cancer. Eileen souhaite retrouver un nouveau compagnon et réaliser son rêve de vie londonienne jamais concrétisé suite à un mariage jeune et une vie d’épouse à la campagne. Elles se donnent deux mois pour échanger leurs vies, leur domicile et leurs cercles respectifs, ce qui va nécessiter quelques ajustements… Leena va devoir prouver qu’elle peut apporter sa contribution au village de sa grand-mère bourré de seniors suspicieux tout en faisant une pause numérique. Et Eileen devra s’adapter à un immeuble de jeunes où personne ne se parle ni se connaît, ainsi qu’aux nouvelles technologies. Bourré d’humour, teinté de réflexions sur les relations de couple, la vie des seniors, le burn out, la maltraitance conjugale ou encore la sexualité des seniors, ce livre est un petit bijou qui vous donnera du baume au coeur tout en vous faisant rire aux éclats. Mon coup de coeur estival !

Meurtres et pépites de chocolat, Joanne Flucke, éditions le Cherche Midi (Cosy Mystery Culinaire)

Résumé : Hannah Swensen est de retour dans sa ville natale d’Eden Lake. Entre sa mère, plutôt envahissante, et l’ouverture de sa boutique, le Cookie Jar, elle a fort à faire. Son quotidien devient plus passionnant encore quand son livreur, Ron LaSalle, est retrouvé assassiné juste derrière son magasin. Le beau-frère d’Hannah, shérif adjoint du comté, fait appel à elle pour l’aider à trouver le coupable. Un nombre surprenant de suspects et de mobiles émergent alors. Très vite Hannah va réaliser qu’elle n’est pas seulement douée pour les cookies, mais qu’elle est aussi une enquêtrice hors-pair.

Mon avis : J’ai voulu essayer ce cosy mystery à cause de sa couverture attractive et de sa forte présence sur la blogosphère accompagnée d’avis positifs. Il fait partie de cette nouvelle vague de cosy mystery culinaires, mélangeant roman policier avec romance culinaire où l’enquêtrice est cuisinière ou pâtissière. L’idée de base est originale et aurait pu marcher. J’avais en tête la romance culinaire La petite boulangerie du bout du monde de Jenny Colgan et le cosy mystery Agatha Raisin de MC Beaton. Sauf que… je n’ai pas du tout apprécié ce roman et j’ai même failli arrêter la lecture. Plusieurs raisons à cela : l’intrigue s’étire en longueur et n’est pas crédible. Qui pourrait croire qu’une pâtissière peut obtenir des informations des gens juste en s’invitant chez eux avec un paquet de cookies ? Le beau-frère policier apparaît comme beaucoup moins compétent dans son job. On aurait envie de demander à l’héroïne de s’engager dans la police. Par ailleurs, je n’ai pas adhéré à l’humour présente dans le livre (mais l’humour est-elle présente d’ailleurs ?). Au niveau des codes du roman policier, aucun indice ne permettait de deviner qui était le tueur (ce qui est un comble !). Côté forme, on sent que l’auteure hésite entre la romance culinaire et le policier avec une héroïne présentée comme célibataire endurcie, limite caricature d’enquêtrice blessée par la vie, que sa mère veut à tout prix caser. D’ailleurs, elle se retrouve en fin d’ouvrage dans un triangle amoureux non désiré qui tombe du ciel. Par ailleurs, le roman est entrecoupé de recettes de cookies entre chaque chapitre, qui auraient pu être intéressantes à réaliser si l’éditeur avait pris le temps de convertir les unités de mesure en français, plutôt que de laisser les mesures américaines. Même si j’ai apprécié l’ambiance de la petite ville où a lieu l’action, avec les gens qui se connaissent et s’entraident (un peu comme dans Virgin River), j’ai moins aimé le fait que cela ait lieu aux Etats-Unis vis à vis du Cosy mystery (plus savoureux en Angleterre). J’ai trouvé aussi le roman désuet au niveau technologique avec l’absence de smartphones et la présence d’appareils photo argentiques. J’ai appris en lisant d’autres critiques sur Babelio que sa publication originale en anglais datait de l’an 2000 et qu’il vient juste d’être traduit. Une mise à jour n’aurait pas été de trop…En résumé, la lecture a été longue et je l’ai terminé uniquement par envie de connaître l’assassin. Un flop total.

L’ordre de Prométhée, F Ropars, Autoédition (Roman Fantastique)

Résumé : De la violence des champs de bataille du Moyen Âge, aux fêtes somptueuses d’une élite Vénitienne membre d’une société secrète, jusqu’au château hanté d’Écosse et aux landes mystérieuses de Bretagne, le lecteur est entraîné dans les aventures d’une héroïne à la forte personnalité retrouvant son amour perdu. Ces amants romantiques sont pris dans le flot de l’Histoire, des intrigues et des intérêts de sociétés secrètes se vouant une lutte sans merci depuis la nuit des temps.

Mon avis : J’ai lu ce livre suite à une sollicitation de son auteure pour un service presse. Cela a été une très bonne expérience qui m’a fait sortir un peu de mes lectures habituelles. Ce premier tome nous présente une héroïne plongée dans un univers qui la dépasse mais dans lequel elle va vite apprendre à évoluer, à l’image de tout roman d’apprentissage. Il y sera mêlé une intrigue politique et une romance, avec une pointe de fantastique. On ne peut pas vraiment parler de roman de Fantasy étant donné que la majorité de l’action se déroule à notre époque. J’opterais donc pour du Fantastique au vu du thème des vies antérieures. Dans ce premier tome, l’auteure nous fait découvrir une organisation secrète basée sur la hiérarchie royale (Duc, comte, chevalier…) avec ses règles et un fonctionnement dédié à la protection du peuple avec un ordre antagoniste qui oeuvre pour la destruction et le pouvoir. La structure de l’ordre de Prométhée m’a fait un peu penser à celle du roman The Rook, au service surnaturel de sa majesté, basé sur celui du jeu d’échecs. Il est aussi question de ne pas entretenir de relations entre les membres ni même avec les « sous-fifres », détail que l’on retrouve dans l’Ordre de Prométhée.
J’ai éprouvé des difficultés à entrer dans le roman, du fait d’un récit précipité vis à vis de l’héroïne à qui l’on explique rapidement sa réelle identité pour entrer dans le vif du sujet,. J’aurais apprécié un peu plus de développement sur les premiers chapitres. En revanche, j’ai beaucoup accroché au système des vies antérieures du personnage et à l’intrigue politique qui se met en place en milieu de roman , qui me semblent être les deux points forts du récit. L’auteure nous propose un récit qui alterne le présent moderne, le Moyen-Age et la Renaissance grâce aux souvenirs de l’héroïne, ce qui permet de créer une enquête suivie par le lecteur concernant son identité et celui qui l’a tuée au Moyen-Age. L’enjeu de ce tome sera de comprendre comment fonctionne l’Ordre de Prométhée en le découvrant avec l’héroïne et la raison pour laquelle les difficultés s’accumulent autour d’elle. Il sera également question d’une prophétie amenant par là un second tome et de quelques rebondissement finaux bien amenés par l’auteure. Le roman se lit facilement grâce à ses chapitres courts avec à chaque fois un final plein de suspense et un rythme soutenu tout au long du récit. Personnellement, je l’ai dévoré en deux après-midi. Les personnages secondaires adjuvants à l’héroïne sont assez attachants. J’ai apprécié l’appétit d’ogre et le franc-parler de Pierre, ainsi que la finesse d’esprit et la folie du shopping de la suivante d’Aliénor. La grand-mère de l’héroïne semble avoir un sacré tempérament et savoir se faire respecter. Même le grand méchant de l’histoire semble plus complexe qu’il n’y paraît. de manière globale, la psychologie de l’ensemble des personnages est assez travaillée et on ne tombe pas dans les clichés, ce qui est très appréciable. La description des différents lieux fréquentés par Aliénor fait aussi beaucoup rêver. L’auteure nous emmènera en Italie, dans de vieux châteaux écossais, en Bretagne… où à chaque fois le raffinement est de mise. Seul point noir à ma lecture : J’ai peu accroché à l’histoire d’amour entre Aliénor et le comte Matthieu, qui m’a semblé un peu mièvre et précipitée, mais j’avoue lire peu de romances donc mon avis est purement subjectif. En conclusion : Malgré un début précipité, l’Ordre de Prométhée est un roman addictif qui se dévore avec appétit. Si vous aimez les intrigues politiques, les récits mêlant plusieurs époques et la romance, je vous invite à découvrir cet univers riche et intéressant. J’ai personnellement hâte de découvrir la suite ! Le tome 1 est disponible sur Amazon et Librinova si vous êtes intéressés.

Le petit défaut de Lady Rotherham, Mary Ballogh, édition J’ai lu Régency

Résumé : Célibataire endurci et fieffé libertin, le marquis de Kenwood enchaîne les conquêtes dans la plus grande insouciance. Lors d’une soirée un peu trop arrosée au White’s, ses amis parient cinq cents guinées qu’il ne pourra pas séduire Diana Ingram, jeune veuve ravissante mais aussi froide qu’un glaçon. Jack relève le défi avec l’arrogance qui le caractérise. Nulle femme ne saurait lui résister. Et si la belle est prude, la victoire n’en sera que plus délectable. Pourtant, dans l’ombre, quelqu’un s’amuse à tirer les ficelles, et le don Juan pourrait bien être pris à son propre piège…

Mon avis : Ce roman fait partie de la série des romances de type Régence publiées par les éditions J’ai lu, et mettant en scène des couples en devenir au terme d’une intrigue à rebondissements multiples. Si j’ai beaucoup apprécié le style d’écriture qui rappelle effectivement les romans de Jane Austen, j’ai beaucoup moins aimé l’intrigue. Je l’ai trouvée très convenue et cliché, avec un dénouement attendu au bout de 20 lignes. Je sais bien que cette collection n’est pas proposée pour la qualité de ses histoires mais je m’attendais à mieux au vu de la publicité qui en a été faite. Il y a bien quelques tentatives de notes d’humour dans le récit avec le personnage de Lady Rotherham qui joue les marieuses pas très subtiles ou encore des passages légèrement érotiques qui pimentent l’action. Mais de manière générale, j’ai l’impression d’avoir déjà lu ce type d’histoire : un bad boy se range après être tombé amoureux d’une ingénue revêche. En résumé, malgré un style plaisant, j’ai trouvé la lecture longue et décevante.

Voilà pour une partie de mes lectures estivales, en espérant vous avoir donné envie (ou pas) de lire certains. N’hésitez pas à m’indiquer s’ils sont dans votre pal ou s’ils vous tentent en commentaire. 😉

Parasol et Mojito,

A.Chatterton

4 commentaires

  1. A force de voir le roman de O’Leary passer, et d’en lire de bons retours, je pense que je vais finir par me laisser tenter un de ces jours.
    J’espère que tu auras moins de flops par la suite… Pour « Meurtres et pépites de chocolat », j’avais lu de super retours, puis de mauvais ont pointé le bout de leur nez – il semble que ça passe ou ça casse.

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  2. Toutes tes lectures me tentent même celles qui t’ont moins convaincue, mais de par leur thématique, c’est probablement My broken Mariko et Échange qui me tentent le plus. La thématique du suicide est toujours délicate à aborder, alors quand une œuvre le fait bien, ça peut valoir le coup de s’y pencher. Quant à la sexualité des seniors, c’est clairement un sujet inhabituel dans un feel-good, voire dans la vraie vie, un peu comme si c’était tabou.

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