Publié dans On joue ?

Bilan anticipé du Ho Ho Ho Challenge 2020-2021

A un mois et une semaine avant la fin du Hohoho Challenge, j’ai décidé de l’arrêter pour me consacrer à mes projets 2021. Voici un petit bilan sur ce challenge atypique avec mes tops et mes flops, en espérant le recommencer l’an prochain.

Comment j’ai vécu le challenge

J’avais besoin d’évacuer une grosse pression entre le boulot et le blog pendant les fêtes de Noël. Réaliser une pause blog pendant 15 jours m’a redonné l’envie de lire sans avoir besoin de chroniquer chaque livre. Et j’ai vraiment beaucoup lu pendant ces 15 jours ! Dont des romances de Noël, un type de livre jusque là absent de ma PAL car je jugeais les histoires peu digne d’intérêt car pas assez sérieuses. J’ai revu ma copie par la suite (comme quoi, les préjugés…). En y réfléchissant, je pense que j’ai aussi le droit de m’accorder des lectures de divertissement au lieu de chercher des intrigues parfois lourdes. Et les romances de Noël, ce sont un peu comme des bonbons : parfois on a besoin de sucreries pour se remonter le moral !

Le mois de Décembre a été une course entre le boulot, les cadeaux de Noël et le blog. Je n’ai donc pas eu l’occasion de faire d’autres activités à part lire. De ce fait, je regrette de ne pas avoir participé aux missions associées au challenge, même si elles avaient l’air assez amusantes. Et puis, passé Noël, les réaliser n’avait plus de sens car elles tournaient beaucoup autour de cette fête. Pourtant, j’aurais beaucoup apprécié m’impliquer plus dans le challenge si j’avais eu plus de temps et d’énergie. Je pense recommencer l’aventure l’an prochain, au moins pour cela.

Passé janvier, comme j’avais des préparations à réaliser pour mon projet sur le Steampunk et que de nouveaux challenges pointaient le bout de leur nez, je me suis dépêchée de finir de lire ma PAL, afin de passer à autre chose, mais cela n’a pas été possible. Je n’étais plus motivée pour lire les livres restants et beaucoup plus encline à me lancer dans de nouvelles lectures hors PAL.

Avec le recul, je dirais que cela a été un très bon challenge, malgré quelques flops lecture. Je pense qu’il gagnerait en efficacité en se cantonnant au mois de décembre, car passé les fêtes, on n’est plus vraiment dans l’esprit de Noël, à l’inverse du Cold Winter Challenge (qui a l’Hiver comme connotation dans son titre). S’il était seulement engagé sur Décembre, la PAL serait plus réduite mais on s’amuserait plus autour des missions. Mais cet avis n’engage que moi…

Mes lectures favorites du challenge

Pour une fois, je n’ai pas souhaité faire un retour détaillé avec des articles très longs sur chacune de mes lectures car ce sont des lectures plaisir. Toutefois, c’est le cas pour certains livres dont le titre est souligné. Pour les autres, j’indique à chaque fois ce qui m’a plu dans le roman pour te donner un aperçu. 😉

L’année de Grâce, de Kim Liggett, éditions Casterman : un vrai coup de coeur et une lecture coup de poing ! A l’inverse de Félines de Stéphane Servant qui m’avait agacée par son côté fourre-tout d’idées diverses (génocide, féminisme, discriminations, épidémie, LGBTQI+, adolescence…), le roman de Kim Liggett aborde pratiquement les mêmes thèmes, épidémie en moins, mais de manière plus subtile, sur fond de dystopie. J’ai vraiment adoré ce livre pour les réflexions développe. Tu pourras retrouver mon avis complet en cliquant sur le titre.

La petite boulangerie du bout du monde de Jenny Colgan, éditions Prisma : Le tome 3 était dans ma PAL pour ce challenge, mais je n’avais pas lu les deux premiers tomes. J’ai donc lu l’ensemble de la trilogie et je n’ai pas été déçue. Jenny Colgan est une vraie amoureuse de la pâtisserie et de la Cornouailles. Elle met tout son cœur à nous faire aimer ses deux passions à travers l’histoire de Polly, une jeune anglaise qui cherche à se reconstruire après une déception amoureuse et qui décide d’habiter sur une île des Cornouailles. J’ai beaucoup apprécié le cheminement du personnage principal qui s’efforce de se trouver un nouveau travail, de nouveaux amis, une nouvelle maison, et qui ne baisse jamais les bras devant les difficultés. J’ai aimé l’accompagner dans son intégration dans la communauté atypique de l’île, découvrir des recettes qui donnent l’eau à la bouche, visiter sa maison balayée par les vents marins. J’ai adoré l’île de Mount Polbearne, son charme d’antan, ses habitants réfractaires à la modernité qui viendrait bouleverser la quiétude de leur quotidien. Au fil des trois tomes, l’entreprise de Polly grossit et s’étoffe et cela fait du bien au moral. Derrière son histoire, l’auteure introduit la recette du bonheur : faire ce que l’on aime, même si cela ne nous rend pas très riche. L’important étant de trouver sa place. Même si j’ai aimé les intrigues des trois tomes, je trouve celle du premier plus aboutie. Une lecture doudou que je recommande fortement en cas de blues et plus réussie que d’autres romans dans la veine Feel Good. 😉

Brexit Romance, Clémentine Beauvais, éditions J’ai lu : Je ne connaissais pas l’univers de Clémentine Beauvais mais j’en avais l’image d’une auteure pétillante dont j’admirais la vie : l’auteure est traductrice et enseignante-chercheuse à l’université de York en Angleterre, une ville que j’ai eu l’occasion de visiter par le passé. Elle tient également un blog sur l’écriture. Commencer l’œuvre littéraire de Clémentine avec Brexit Romance m’a semblé une évidence : on y parle de la France, de l’Angleterre et des clichés sur les différences culturelles. Sa plume mordante et son ton bourré d’humour et de fantaisie m’a particulièrement séduite. Les quiproquos associés aux différences linguistiques m’ont fait hurler de rire. Les réflexions sur le Brexit et ses conséquences, du point de vue anglais m’ont ouvert les yeux sur l’avenir de nos voisins d’Outre-Manche et surtout la jeune génération. On sent que l’auteure s’est efforcée de proposer un panel complet des réactions britanniques sur le sujet qui est très intéressant à lire. Si l’intrigue semble digne d’un marivaudage sur fond politique (une agence de mariages blancs franco-britanniques mené par une jeune britannique très orientée gauche), elle ne m’a pas tout à fait convaincue. La remise en question du mariage comme un arrangement entre pairs était intéressante, mais sa mise en œuvre dans l’histoire reste assez fantaisiste. J’ai détesté Justine, l’anglaise à l’origine du projet, pour sa tendance à la manipulation, Marguerite pour son côté jeune ingénue en crise d’ado, Pierre pour son penchant communiste exacerbé. La fin m’a semblée un peu convenue. Mais j’ai tout de même passé un bon moment de lecture car j’adore les romans qui parlent des différences culturelles et l’histoire reste assez drôle.

Noël et préjugés, la TeamRomCom, éditions Charleston : Il s’agit d’un recueil de 6 nouvelles- Romances de Noël par 6 auteures différentes, avec pour point commun le roman de Jane Austen dans chacune des histoires. L’ensemble a été très distrayant sans être pour autant un coup de coeur absolu. J’ai apprécié les cinq premières nouvelles, beaucoup moins la dernière intitulée Amour, tempête et Best-Seller, pour son style assez spécial et son personnage principal ultra-stressé qui m’a donné envie de faire une séance de méditation. Plusieurs sujets intéressants sont abordés et de manière positive : la grossophobie, la romance du point de vue masculin, le premier amour, le manque d’amour maternel, les apparences trompeuses, le manque de confiance en soi, l’agoraphobie. Je ferai un retour plus détaillé dans un prochain article car ce livre fait également partie de ma PAL spécial nouvelles pour le Projet Ombre.

Les flops du challenge

L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de Pèlerinage, Haruki Murakami : J’admire beaucoup Haruki Murakami en tant qu’écrivain car c’est un coureur au long court, au sens propre comme au figuré : il met beaucoup de temps à écrire un livre et il pratique la course à pied. Son autobiographie, Profession Romancier, est une mine de conseils pour les écrivains débutants. J’avais lu auparavant la trilogie 1Q84 qui m’avait laissé une impression mitigée : l’envie de continuer à s’imprégner de l’atmosphère qui se dégage du livre après l’avoir terminé, mais aussi d’obtenir des réponses face à l’irruption d’évènements fantastiques sans queue ni tête. Avec L’incolore Tsukuru, j’ai retrouvé la même atmosphère cotonneuse, jonchée de descriptions parfois inutiles sur ce que font ou pas les personnages, des passages fantastiques dont on ne sait que faire, et surtout une fin ouverte où c’est au lecteur d’imaginer la suite. Quel était le message derrière ce livre ? A travers les péripéties du personnage principal qui cherche à retrouver ses amis d’enfance pour comprendre pourquoi ils l’ont rejeté il y a des années, j’ai cru discerner une sorte de morale : parfois on se fait de fausses idées sur l’opinion des autres envers soi. Avec Tsukuru, j’ai revu le personnage de Tengo de 1Q84, qui ne sait pas bien ce qu’il veut dans la vie à part quelques satisfactions matérielles simples, et qui essaie de se trouver une identité (mais bloque face à ce rejet d’adolescence). J’avoue que les différences culturelles entre la France et le Japon m’ont peut-être empêchée de comprendre le livre. J’ai l’impression que le rejet est une chose très exacerbée au Japon et que la difficulté d’intégration dans un système où faire comme les autres est la norme, doit être compliqué. Le sujet n’est donc pas très joyeux, il y a beaucoup de longueurs, mais ce sont les passages fantastiques qui m’ont le plus dérouté : parfois le personnage ne sait plus qui il est, et il lui semble plausible qu’il ait pu faire certaines choses dont il ne se souvient pas. Il y a également une scène de sexe issue d’un rêve du personnage principal, complètement ubuesque et dont j’ai eu du mal à trouver la place dans l’histoire. Bref, j’ai mené ma lecture jusqu’au bout, mais j’en suis ressortie abasourdie. Je ne suis pas sûre de retenter l’expérience…

Le diable danse à Bleeding Heart Square, Andrew Taylor : J’ai lâché ce livre au bout de 50-100 pages ! J’ai été attirée par la couverture et le résumé mystérieux, mais je me suis pas mal ennuyée. L’intrigue met beaucoup trop de temps à se mettre en place avec de nombreux personnages dont il faut retenir les noms. Le rythme est lent et on a envie parfois de réaliser des coupures tellement certains passages sont inutiles. L’enquête policière menée en même temps que la nouvelle vie de Lydia chez les pauvres, est plutôt lente à se mettre en place aussi. Et je n’ai pas accroché du tout au personnage principal malgré un début prometteur : une jeune épouse des beaux quartiers qui se fait battre part son mari et qui essaie de gagner son autonomie en habitant chez son père dans les bas quartiers, alors qu’elle n’a jamais travaillé. J’ai quand même lu les dernières pages pour connaître le meurtrier de la vieille dame disparue en début d’histoire et je pense que je n’aurais jamais deviné, tellement peu d’indices laissaient deviner son identité. Mise à part ces points négatifs, les seuls aspects positifs que j’en retiens sont une description assez précise et prenante de la vie des gens pauvres fin 1930 dans Londres et la montée du fascisme dont j’avais déjà eu un aperçu à travers la série TV Peaky Blinders. Mais cela ne m’a pas pour autant donné envie d’aller plus loin. Une très grosse déception.

Ceux que je n’ai pas lus

Comme je l’ai expliqué plus haut, je n’étais plus très motivée par la lecture de ces livres mais je compte les recaser dans d’autres challenges à venir. Par exemple, Y aura-t-il trop de neige à Noël ? sera parfait pour le Projet Ombre ou le prochain Hohoho challenge car c’est un recueil de nouvelles de Noël. Le tome 2 du Passageur d’Andoryss pourra coller au prochain Pumpkin Autumn Challenge car il évoque des fantômes. Je vais aussi parler du Manuel du Steampunk lors de ma Session de Mai de mon projet Steampunk consacrée aux guides et livres fondateurs du Steampunk. Bref, j’aurai l’occasion de les lire à un autre moment de l’année, tout n’est pas perdu 🙂

Mes résultats pour ce challenge

Sur les 12 livres que comprenait ce challenge, j’ai lu 5 livres + 2 livres hors PAL et j’ai abandonné une lecture. Je m’en tire avec une moyenne de 7 livres et demi ! Je pense faire mieux l’année prochaine avec plus de lectures doudous comme des romans feel Good ou des romances qui me semblent assez adaptées à ce challenge et la période qui l’accompagne. Je remercie les créatrices du projet, A book and a cup et Disorder Reef pour le mal qu’elles se sont données et j’espère qu’elles continueront l’année prochaine !

Auteur :

Bibliothécaire IRL, j’ai eu envie de partager mes lectures avec d’autres amoureux de la littérature, mais aussi jouer avec les livres à travers des challenges ou encore désacraliser l’écriture avec des ateliers pour les écrivains en herbe. Je vous invite également à développer votre imaginaire avec mes projets d’écriture autour d’une bibliothécaire de l’extrême qui voyage à travers les livres mais a du fil à retordre avec son chat… Bienvenue dans mon univers et surtout bonnes découvertes littéraires ! Amélie

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