Publié dans Lectures

Feux follets, mandragore et cadavre frais, Fingus Malister Tome 1, Ariel Holzl, Rageot

Quand le jeune Fingus a décidé d’intégrer une prestigieuse école de sorcellerie pour devenir le plus grand nécromancien de tous les temps, cela ne va pas sans catastrophes. Car après tout, même s’il est un Malister, il n’y connaît rien en magie !

Résumé : « Préparez une soupe de mandragore avec 120 g de sève de mandragore et 80 g d’or des fous. Mélangez les ingrédients dans un bocal à élixir et faites mijoter une journée à feu follet. Une fois la soupe terminée, il suffit de la répandre sur tout cadavre frais pour qu’il revienne à la vie en quelques minutes. Et le rituel de zombification est accompli ! » Apprenti seigneur maléfique, Fingus Malister sait comment il va éblouir les jurés de sa future académie de magie. Mais il a besoin de l’aide d’une sorcière plus têtue que lui…

Mon avis :

Vie d’un sorcier discriminé

Le ton est donné dès le départ, Fingus n’a pas la vie facile. Discriminé par tout le village parce qu’il est le descendant des sorciers qui ont persécuté les habitants pendant des siècles, il vit seul dans une vieille cabane adossée au château familial en ruines. Heureusement pour lui, il peut compter sur son amie sorcière Polly. Sauf… qu’elle ne souhaite pas utiliser ses pouvoirs, parce que selon elle, la magie est néfaste ! Le duo va tant bien que mal essayer de réaliser une potion pour briller auprès des recruteurs de l’Académie de magie. Mais les ingrédients ne sont pas faciles à trouver, et disons que Fingus est beaucoup plus motivé que Polly à y parvenir.

A travers cette histoire aux multiples rebondissements, Ariel Holzl aborde la discrimination d’un orphelin due à son histoire familiale. Rejeté par le village, ses camarades de classe et semble-t-il la terre entière, pour les actions de ses parents, il fait quand même bonne figure en se débrouillant seul et en gardant un objectif (plus ou moins positif en tête) : devenir un sorcier puissant pour redorer l’image familiale. Car Fingus ne manque ni de créativité ni de débrouillardise. Juste un peu de discernement entre ce qui est bien ou mal. Heureusement, son amie Polly, aux airs de Ron Weasley, veille, l’air de rien, à ce qu’il fasse les bons choix. On se demande d’ailleurs comme il pourrait se nourrir correctement ou arrêter de faire des bêtises si elle n’était pas là.

D’autant que si Fingus a un bon fond, ce n’est pas le cas d’autres habitants du village, comme Ammonia, la fille du maire. Mais curieusement, si un malheur arrive, il devient le bouc émissaire même s’il n’est pas impliqué (ce qui arrive une fois sur deux !).

Il y a un côté tragédie grecque derrière cette histoire jeunesse mais curieusement, Fingus ne se laisse jamais abattre et reste toujours de bonne humeur. On peut penser que le crâne de son grand-père défunt et son grimoire l’aident à tenir même s’ils sont à l’origine de toutes ses bêtises.

De l’humour noir façon jeunesse

Entre le crâne du grand-père Malister, la visite au cimetière, le village maudit, la forêt habitée d’étranges créatures et les quelques fantômes que nous rencontrerons en chemin, Ariel Holzl ne fait pas les choses à moitié pour nous faire entrer dans son univers gothique aux multiples dangers, mais fort amusant.

L’humour est très présent dans tout le récit. On rit des inventions de Fingus aux noms improbables, d’Ammonia qui souhaite créer des parfums alors qu’elle n’a pas d’odorat, des malentendus sur la recette de la potion de Fingus, du décalage entre la joie de Fingus et la haine des habitants à son égard, du monstre du donjon…

L’auteur a le don de rendre les situations cocasses amusantes alors qu’elles sont parfois tristes à pleurer et c’est particulièrement réussi. Et on se demande jusqu’au le jeune sorcier est prêt à aller dans la bêtise pour assouvir ses ambitions.

Quelques bémols

Cette première aventure, malgré une fin quelque peu inattendue, m’a laissée un peu sur ma faim. J’avais en tête l’excellente trilogie des Soeurs Carmine, du même auteur en commençant le récit. Même si j’ai retrouvé l’humour noir d’Ariel que j’adore, je trouve que cela n’a pas été assez loin dans l’intrigue. Pas assez gore, grinçant, gothique… Cela est sans doute dû au public destinataire de ce roman qui n’est pas young adult mais plutôt jeunesse. Avec une intrigue dont on devine facilement les rebondissements, ce sont les deux seuls bémols que j’ai noté pour cette lecture et qui font que cela n’a pas été un coup de coeur.

En conclusion : Une jolie histoire jeunesse conçue comme une potion anti-morosité : Prenez une grosse louche de discrimination, une cuillère à soupe d’amitié et une pluie d’actions aux conséquences désastreuses. Faites mariner dans un univers gothique mais joyeux. Saupoudrez d’un soupçon d’humour noir et d’un peu de magie et vous serez servi !

Auteur :

Bibliothécaire IRL, j’ai eu envie de partager mes lectures avec d’autres amoureux de la littérature, mais aussi jouer avec les livres à travers des challenges ou encore désacraliser l’écriture avec des ateliers pour les écrivains en herbe. Je vous invite également à développer votre imaginaire avec mes projets d’écriture autour d’une bibliothécaire de l’extrême qui voyage à travers les livres mais a du fil à retordre avec son chat… Bienvenue dans mon univers et surtout bonnes découvertes littéraires ! Amélie

5 commentaires sur « Feux follets, mandragore et cadavre frais, Fingus Malister Tome 1, Ariel Holzl, Rageot »

  1. Comme toi j’en attendais beaucoup suite aux sœurs carmines mais j’ai décidé de le lire en tant que jeunesse, finalement bien consciente sur cette trilogie ne sera jamais égalée. Et du coup j’ai acheté la suite parce sur c’était plutôt cool :3

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