Publié dans Rencontre avec

Cinq questions à Jean-Laurent Del Socorro (Imaginales d’Epinal, en mai 2017)

A l’occasion du festival des Imaginales, j’ai eu le plaisir de rencontrer Jean-Laurent Del Socorro pour évoquer avec lui son roman Boudicca, paru aux éditions ActuSF.

Amélie :  On remarque dans Boudicca que vous vous exprimez à la première personne, contrairement à un Royaume de Vents et de Colères qui était un roman choral avec plusieurs personnages exprimant leur point de vue sur la même situation. Pourquoi changer de style? Un challenge d’écrivain?

JLDS : Dans mon premier roman, j’ai effectivement utilisé le montage singulier du roman choral car c’est une formule que j’affectionne et qui me correspond. Dans Boudicca, j’ai souhaité innover pour progresser, pour le challenge, mais aussi, parce que je voulais garder une ligne narrative cohérente. Le roman traite de Boudicca, par Boudicca elle-même. Il est donc normal qu’elle s’exprime à la première personne et que l’on suive son évolution à travers son propre regard.

Amélie : Vous indiquez une bibliographie de références historiques liées à Boudicca en fin de livre, avez-vous effectué beaucoup de recherches sur Boudicca avant l’écriture du livre? Comme par exemple, le quotidien des Icènes ou des détails concernant maniement des armes?

JLDS : Je ne suis pas historien de formation, plutôt un scientifique. Néanmoins, il m’a semblé important garder une cohérence historique et aussi d’éviter les préjugés sur l’Histoire. On ne peut pas s’appuyer sur les séries TV car certaines d’entre elles ne sont pas toujours fiables historiquement parlant ( pour des raisons scénaristiques souvent). J’ai fait appel à un archéologue pour relire mon histoire mais aussi à d’autres personnes pour garder cette cohérence -même si moi aussi, je m’autorise des écarts ponctuels avec la réalité.

J’écris mes romans seul, puis je me fais relire par un groupe de relecteurs choisis et ce, pour plusieurs raisons.  Tout d’abord, j’aime le travail d’équipe, cela me permet de rompre avec la solitude de l’écrivain. Ensuite, je suis dyslexique. Par conséquent, mes correcteurs corrigent mes imprécisions orthographiques. Enfin, pour ce qui concerne Boudicca, il était difficile d’écrire et de parler à la place d’un personnage féminin étant un homme. Mes relectrices m’ont permis d’apporter les modifications nécessaires pour garder un ton juste.

Amélie : Vous présentez Boudicca comme un roman historique où la fantasy est très légèrement présente. Est-ce plus facile pour vous d’écrire du roman historique que de la fantasy? A quand un roman de pure fantasy?

JLDS : J’ai besoin de matière historique forte pour écrire mes romans. Je préfère utiliser une référence historique qui a un écho dans notre époque contemporaine à travers la thématique qu’elle véhicule. Avec Boudicca, j’évoque la place de la femme dans la société mais aussi comment naît une insurrection. En ce sens, un roman de Fantasy pure me donnerait trop de travail. Il est plus facile pour moi d’introduire des éléments de fantasy dans mes romans. Je me définis plutôt cependant comme un auteur de genre (de roman historique).

Amélie : Votre style, conçis et percutant, oscille entre le roman et la nouvelle. On sent que chaque mot écrit est pesé en vous lisant. Pensez-vous réussir un jour une saga en plusieurs tomes comme d’autres auteurs fantasy?

JLDS :  Mon style me vient de ma formation de scientifique, d’où une certaine épure dans mon écriture. Je me vois plutôt comme un expert technique. Quand j’écris, je ne raisonne pas en termes de saga, je me demande plutôt quel sera le bon format adapté à mon sujet.  Si je devais écrire une trilogie par exemple, je devrais écrire les trois tomes en une fois puis les retravailler par la suite pour garder mon style épuré.

Amélie : A la fin de Boudicca, on découvre un extrait d’un autre livre qui évoque la récolte du Tea Party aux Etats-Unis. Est-ce le début d’une nouvelle aventure littéraire ou souhaitiez-vous simplement établir un lien avec l’histoire de Boudicca?

JLDS : J’ai l’impression d’avoir raté ce que je voulais faire avec cette nouvelle. Pour résumer, elle a deux buts. Tout d’abord, elle fait écho à Boudicca à travers la thématique de la révolte : des années après, dans un autre pays, les cendres de la révolte de Boudicca ne sont pas encore éteintes qu’une autre insurrection prend forme… Ensuite, j’ai souhaité terminer mon roman avec une note positive en montrant qu’une révolte initiée par de petites gens peu aboutir.

Je remercie Jean-Laurent Del Soccoro d’avoir eu la gentillesse de se prêter à mes questions.

Si vous souhaitez en savoir plus sur ses romans Boudicca et Un Royaume de Vent et de colères, je vous invite à lire mon avis sur les deux livres en cliquant sur les liens des titres.

Article auparavant publié par mes soins sur le site Portdragon.fr

Auteur :

Ex-Bibliothécaire, j’ai eu envie de partager autre chose que des chroniques littéraires à travers ce blog en invitant les lecteurs à se plonger au quotidien dans l’imaginaire pour leur apporter un peu de magie et de fantaisie. Vous trouverez matière à réflexion à travers mes projets d’écriture principalement comme mon roman dédié à Miss Chatterton, une bibliothécaire de l’extrême qui passe son temps à voyager dans les livres ou mes discussions avec mon chat. Comme on ne se refait pas, je vous propose également des coups de coeur lecture détaillés ou des interview d’auteurs. Et parfois, je me laisse aller à quelques réflexions du quotidien… Je vous souhaite une jolie lecture. Bienvenue dans mon univers !

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