Publié dans On joue ?

Bilan anticipé du Ho Ho Ho Challenge 2020-2021

A un mois et une semaine avant la fin du Hohoho Challenge, j’ai décidé de l’arrêter pour me consacrer à mes projets 2021. Voici un petit bilan sur ce challenge atypique avec mes tops et mes flops, en espérant le recommencer l’an prochain.

Comment j’ai vécu le challenge

J’avais besoin d’évacuer une grosse pression entre le boulot et le blog pendant les fêtes de Noël. Réaliser une pause blog pendant 15 jours m’a redonné l’envie de lire sans avoir besoin de chroniquer chaque livre. Et j’ai vraiment beaucoup lu pendant ces 15 jours ! Dont des romances de Noël, un type de livre jusque là absent de ma PAL car je jugeais les histoires peu digne d’intérêt car pas assez sérieuses. J’ai revu ma copie par la suite (comme quoi, les préjugés…). En y réfléchissant, je pense que j’ai aussi le droit de m’accorder des lectures de divertissement au lieu de chercher des intrigues parfois lourdes. Et les romances de Noël, ce sont un peu comme des bonbons : parfois on a besoin de sucreries pour se remonter le moral !

Le mois de Décembre a été une course entre le boulot, les cadeaux de Noël et le blog. Je n’ai donc pas eu l’occasion de faire d’autres activités à part lire. De ce fait, je regrette de ne pas avoir participé aux missions associées au challenge, même si elles avaient l’air assez amusantes. Et puis, passé Noël, les réaliser n’avait plus de sens car elles tournaient beaucoup autour de cette fête. Pourtant, j’aurais beaucoup apprécié m’impliquer plus dans le challenge si j’avais eu plus de temps et d’énergie. Je pense recommencer l’aventure l’an prochain, au moins pour cela.

Passé janvier, comme j’avais des préparations à réaliser pour mon projet sur le Steampunk et que de nouveaux challenges pointaient le bout de leur nez, je me suis dépêchée de finir de lire ma PAL, afin de passer à autre chose, mais cela n’a pas été possible. Je n’étais plus motivée pour lire les livres restants et beaucoup plus encline à me lancer dans de nouvelles lectures hors PAL.

Avec le recul, je dirais que cela a été un très bon challenge, malgré quelques flops lecture. Je pense qu’il gagnerait en efficacité en se cantonnant au mois de décembre, car passé les fêtes, on n’est plus vraiment dans l’esprit de Noël, à l’inverse du Cold Winter Challenge (qui a l’Hiver comme connotation dans son titre). S’il était seulement engagé sur Décembre, la PAL serait plus réduite mais on s’amuserait plus autour des missions. Mais cet avis n’engage que moi…

Mes lectures favorites du challenge

Pour une fois, je n’ai pas souhaité faire un retour détaillé avec des articles très longs sur chacune de mes lectures car ce sont des lectures plaisir. Toutefois, c’est le cas pour certains livres dont le titre est souligné. Pour les autres, j’indique à chaque fois ce qui m’a plu dans le roman pour te donner un aperçu. 😉

L’année de Grâce, de Kim Liggett, éditions Casterman : un vrai coup de coeur et une lecture coup de poing ! A l’inverse de Félines de Stéphane Servant qui m’avait agacée par son côté fourre-tout d’idées diverses (génocide, féminisme, discriminations, épidémie, LGBTQI+, adolescence…), le roman de Kim Liggett aborde pratiquement les mêmes thèmes, épidémie en moins, mais de manière plus subtile, sur fond de dystopie. J’ai vraiment adoré ce livre pour les réflexions développe. Tu pourras retrouver mon avis complet en cliquant sur le titre.

La petite boulangerie du bout du monde de Jenny Colgan, éditions Prisma : Le tome 3 était dans ma PAL pour ce challenge, mais je n’avais pas lu les deux premiers tomes. J’ai donc lu l’ensemble de la trilogie et je n’ai pas été déçue. Jenny Colgan est une vraie amoureuse de la pâtisserie et de la Cornouailles. Elle met tout son cœur à nous faire aimer ses deux passions à travers l’histoire de Polly, une jeune anglaise qui cherche à se reconstruire après une déception amoureuse et qui décide d’habiter sur une île des Cornouailles. J’ai beaucoup apprécié le cheminement du personnage principal qui s’efforce de se trouver un nouveau travail, de nouveaux amis, une nouvelle maison, et qui ne baisse jamais les bras devant les difficultés. J’ai aimé l’accompagner dans son intégration dans la communauté atypique de l’île, découvrir des recettes qui donnent l’eau à la bouche, visiter sa maison balayée par les vents marins. J’ai adoré l’île de Mount Polbearne, son charme d’antan, ses habitants réfractaires à la modernité qui viendrait bouleverser la quiétude de leur quotidien. Au fil des trois tomes, l’entreprise de Polly grossit et s’étoffe et cela fait du bien au moral. Derrière son histoire, l’auteure introduit la recette du bonheur : faire ce que l’on aime, même si cela ne nous rend pas très riche. L’important étant de trouver sa place. Même si j’ai aimé les intrigues des trois tomes, je trouve celle du premier plus aboutie. Une lecture doudou que je recommande fortement en cas de blues et plus réussie que d’autres romans dans la veine Feel Good. 😉

Brexit Romance, Clémentine Beauvais, éditions J’ai lu : Je ne connaissais pas l’univers de Clémentine Beauvais mais j’en avais l’image d’une auteure pétillante dont j’admirais la vie : l’auteure est traductrice et enseignante-chercheuse à l’université de York en Angleterre, une ville que j’ai eu l’occasion de visiter par le passé. Elle tient également un blog sur l’écriture. Commencer l’œuvre littéraire de Clémentine avec Brexit Romance m’a semblé une évidence : on y parle de la France, de l’Angleterre et des clichés sur les différences culturelles. Sa plume mordante et son ton bourré d’humour et de fantaisie m’a particulièrement séduite. Les quiproquos associés aux différences linguistiques m’ont fait hurler de rire. Les réflexions sur le Brexit et ses conséquences, du point de vue anglais m’ont ouvert les yeux sur l’avenir de nos voisins d’Outre-Manche et surtout la jeune génération. On sent que l’auteure s’est efforcée de proposer un panel complet des réactions britanniques sur le sujet qui est très intéressant à lire. Si l’intrigue semble digne d’un marivaudage sur fond politique (une agence de mariages blancs franco-britanniques mené par une jeune britannique très orientée gauche), elle ne m’a pas tout à fait convaincue. La remise en question du mariage comme un arrangement entre pairs était intéressante, mais sa mise en œuvre dans l’histoire reste assez fantaisiste. J’ai détesté Justine, l’anglaise à l’origine du projet, pour sa tendance à la manipulation, Marguerite pour son côté jeune ingénue en crise d’ado, Pierre pour son penchant communiste exacerbé. La fin m’a semblée un peu convenue. Mais j’ai tout de même passé un bon moment de lecture car j’adore les romans qui parlent des différences culturelles et l’histoire reste assez drôle.

Noël et préjugés, la TeamRomCom, éditions Charleston : Il s’agit d’un recueil de 6 nouvelles- Romances de Noël par 6 auteures différentes, avec pour point commun le roman de Jane Austen dans chacune des histoires. L’ensemble a été très distrayant sans être pour autant un coup de coeur absolu. J’ai apprécié les cinq premières nouvelles, beaucoup moins la dernière intitulée Amour, tempête et Best-Seller, pour son style assez spécial et son personnage principal ultra-stressé qui m’a donné envie de faire une séance de méditation. Plusieurs sujets intéressants sont abordés et de manière positive : la grossophobie, la romance du point de vue masculin, le premier amour, le manque d’amour maternel, les apparences trompeuses, le manque de confiance en soi, l’agoraphobie. Je ferai un retour plus détaillé dans un prochain article car ce livre fait également partie de ma PAL spécial nouvelles pour le Projet Ombre.

Les flops du challenge

L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de Pèlerinage, Haruki Murakami : J’admire beaucoup Haruki Murakami en tant qu’écrivain car c’est un coureur au long court, au sens propre comme au figuré : il met beaucoup de temps à écrire un livre et il pratique la course à pied. Son autobiographie, Profession Romancier, est une mine de conseils pour les écrivains débutants. J’avais lu auparavant la trilogie 1Q84 qui m’avait laissé une impression mitigée : l’envie de continuer à s’imprégner de l’atmosphère qui se dégage du livre après l’avoir terminé, mais aussi d’obtenir des réponses face à l’irruption d’évènements fantastiques sans queue ni tête. Avec L’incolore Tsukuru, j’ai retrouvé la même atmosphère cotonneuse, jonchée de descriptions parfois inutiles sur ce que font ou pas les personnages, des passages fantastiques dont on ne sait que faire, et surtout une fin ouverte où c’est au lecteur d’imaginer la suite. Quel était le message derrière ce livre ? A travers les péripéties du personnage principal qui cherche à retrouver ses amis d’enfance pour comprendre pourquoi ils l’ont rejeté il y a des années, j’ai cru discerner une sorte de morale : parfois on se fait de fausses idées sur l’opinion des autres envers soi. Avec Tsukuru, j’ai revu le personnage de Tengo de 1Q84, qui ne sait pas bien ce qu’il veut dans la vie à part quelques satisfactions matérielles simples, et qui essaie de se trouver une identité (mais bloque face à ce rejet d’adolescence). J’avoue que les différences culturelles entre la France et le Japon m’ont peut-être empêchée de comprendre le livre. J’ai l’impression que le rejet est une chose très exacerbée au Japon et que la difficulté d’intégration dans un système où faire comme les autres est la norme, doit être compliqué. Le sujet n’est donc pas très joyeux, il y a beaucoup de longueurs, mais ce sont les passages fantastiques qui m’ont le plus dérouté : parfois le personnage ne sait plus qui il est, et il lui semble plausible qu’il ait pu faire certaines choses dont il ne se souvient pas. Il y a également une scène de sexe issue d’un rêve du personnage principal, complètement ubuesque et dont j’ai eu du mal à trouver la place dans l’histoire. Bref, j’ai mené ma lecture jusqu’au bout, mais j’en suis ressortie abasourdie. Je ne suis pas sûre de retenter l’expérience…

Le diable danse à Bleeding Heart Square, Andrew Taylor : J’ai lâché ce livre au bout de 50-100 pages ! J’ai été attirée par la couverture et le résumé mystérieux, mais je me suis pas mal ennuyée. L’intrigue met beaucoup trop de temps à se mettre en place avec de nombreux personnages dont il faut retenir les noms. Le rythme est lent et on a envie parfois de réaliser des coupures tellement certains passages sont inutiles. L’enquête policière menée en même temps que la nouvelle vie de Lydia chez les pauvres, est plutôt lente à se mettre en place aussi. Et je n’ai pas accroché du tout au personnage principal malgré un début prometteur : une jeune épouse des beaux quartiers qui se fait battre part son mari et qui essaie de gagner son autonomie en habitant chez son père dans les bas quartiers, alors qu’elle n’a jamais travaillé. J’ai quand même lu les dernières pages pour connaître le meurtrier de la vieille dame disparue en début d’histoire et je pense que je n’aurais jamais deviné, tellement peu d’indices laissaient deviner son identité. Mise à part ces points négatifs, les seuls aspects positifs que j’en retiens sont une description assez précise et prenante de la vie des gens pauvres fin 1930 dans Londres et la montée du fascisme dont j’avais déjà eu un aperçu à travers la série TV Peaky Blinders. Mais cela ne m’a pas pour autant donné envie d’aller plus loin. Une très grosse déception.

Ceux que je n’ai pas lus

Comme je l’ai expliqué plus haut, je n’étais plus très motivée par la lecture de ces livres mais je compte les recaser dans d’autres challenges à venir. Par exemple, Y aura-t-il trop de neige à Noël ? sera parfait pour le Projet Ombre ou le prochain Hohoho challenge car c’est un recueil de nouvelles de Noël. Le tome 2 du Passageur d’Andoryss pourra coller au prochain Pumpkin Autumn Challenge car il évoque des fantômes. Je vais aussi parler du Manuel du Steampunk lors de ma Session de Mai de mon projet Steampunk consacrée aux guides et livres fondateurs du Steampunk. Bref, j’aurai l’occasion de les lire à un autre moment de l’année, tout n’est pas perdu 🙂

Mes résultats pour ce challenge

Sur les 12 livres que comprenait ce challenge, j’ai lu 5 livres + 2 livres hors PAL et j’ai abandonné une lecture. Je m’en tire avec une moyenne de 7 livres et demi ! Je pense faire mieux l’année prochaine avec plus de lectures doudous comme des romans feel Good ou des romances qui me semblent assez adaptées à ce challenge et la période qui l’accompagne. Je remercie les créatrices du projet, A book and a cup et Disorder Reef pour le mal qu’elles se sont données et j’espère qu’elles continueront l’année prochaine !

Publié dans On joue ?, Questions existentielles

Parlons Steampunk ! #1 Programme 2021

Comme annoncé dans mon bilan annuel 2020, cette année j’ai décidé de me consacrer à la littérature steampunk pour vous la faire découvrir, mais aussi parce que c’est un de mes péchés mignons (avec le fromage !). Voici donc le détail de mon projet et ce que cela va engendrer comme changements sur le blog.

Parlons Steampunk ! Kézako ?

Parlons Steampunk ! est un projet que j’ai mûri depuis bientôt deux ans, et qui consiste à faire découvrir la littérature steampunk aux néophytes en la matière et à tous ceux qui en lisent sans le savoir.

Il est compliqué de définir ce genre en seulement deux phrases. A part vous dire que l’on va parler d’Uchronie (= encore un terme à définir ! ) et que ça prend comme inspiration les romans Jules Verne ou la Ligue des Gentlemen extraordinaires, mais à notre époque, je suis encore éloignée de la vérité. Donc je me suis dit : Pourquoi ne pas définir avec vous, à travers plusieurs romans du genre, tout ce que recoupe cette littérature ?

Sur la base de 12 live Instagram sur ma page Instagram, je vais m’efforcer de vous proposer une définition, en vous présentant des romans associés à une thématique du steampunk, pour chaque live. Ces romans seront récents (dernières sorties) ou anciens, et surtout issus de ma bibliothèque personnelle.

Pourquoi 12 live seulement ? Parce qu’il y aura un live par mois, le dernier dimanche du mois, de 16h à 18h et que cela me semble un nombre assez correct pour aborder ce projet. Par ailleurs, c’est un projet pour lequel je ne souhaite consacrer qu’une année. Peut-être que je changerai d’avis par la suite, en fonction de vos retours.

Les live seront interactifs et vous aurez la possibilité de me poser des questions auxquelles je répondrai avec plaisir. Si vous n’êtes pas disponible le jour du live, il vous sera possible de le regarder en replay sur le Feed de mon compte Instragram, rubrique Vidéo IGTV.

Une semaine avant chaque Live, je transmettrai la liste des livres évoqués pendant le live ainsi qu’un rappel du thème. Cela vous permettra, si vous les avez lu, de donner votre avis ou de poser des questions plus précises.

Je ne pourrai pas parler de tous les livres steampunk qui existent, mais libre à vous de laisser en commentaire sur chaque live, les romans qui pourraient correspondre à la thématique choisie. Et vous constaterez que nous retrouverons des romans qui en englobent plusieurs.

Après chaque Live, j’essaierai de réaliser un article récapitulatif sur les livres qui auront été abordés ainsi que le thème du live, dans le but de poursuivre notre définition du Steampunk.

Quel est mon programme concernant ce projet ?

J’ai longtemps hésité avant de vous dévoiler mon programme complet car je souhaitais garder des surprises, mais finalement je me suis dit qu’il était plus judicieux de vous faire connaître les thèmes qui seront abordés. Si vous ne souhaitez pas en suivre certains, au moins vous saurez quand ils auront lieu.

Cependant, je me réserve le droit de modifier l’ordre des thèmes si je n’ai pas le temps de le préparer à temps, parce que, soyons honnête, j’ai tendance à avoir une organisation bordélique malgré les apparences…

Dans ce cas de figure, pas de panique ! Je diffuserai une communication de rappel une semaine avant le Live sur la thématique abordée, avec les livres concernés.

Voici les thématiques que je vais utiliser dans notre quête de définition du steampunk :

  • Janvier : Steampunk et Magie
  • Février : le Roman policier Steampunk
  • Mars : La figure de l’automate
  • Avril : Engins mécaniques et nouvelle énergie
  • Mai : Les Livres fondateurs du steampunk et guides
  • Juin : Le steampunk au féminin (France vs pays anglophones)
  • Juillet : Anthologies de nouvelles steampunk
  • Août : BD, comics et mangas Steampunk
  • Septembre : La production jeunesse et Young Adult steampunk
  • Octobre : zombies, loup-garous et vampires dans le steampunk
  • Novembre : Beaux livres, DIY et romans photos
  • Décembre : A la croisée des genres, ces livres presque steampunk.

Est-ce qu’il va y avoir des changements sur le blog à cause de ce projet ?

Ce projet va remettre un peu en question ma programmation d’articles habituelles, mais ce n’est pas la cause principale. Depuis début janvier, je peine à maintenir un rythme de publication régulier car je cumule la fatigue du travail et la fatigue hivernale. Il était temps de trouver un nouveau rythme. J’ai donc décidé de réduire mes publications.

En 2020, je publiais sur le blog un article chaque mercredi et dimanche, ainsi qu’un samedi une semaine sur deux pour ma Veille littéraire du Net. C’était bien, mais un peu beaucoup et je n’avais pas beaucoup de vie sociale.

En 2021, je publierai un article sur le blog chaque dimanche, ainsi qu’un article de Veille littéraire du Net le premier samedi du mois (au lieu de deux par mois). En effet, j’ai remarqué que j’ai moins de choses à vous faire découvrir et je ne souhaite pas me forcer à chercher des trucs juste pour remplir un article. Cela n’a pas de sens. Par ailleurs, je réaliserai un live le dernier dimanche par mois sur Instagram pour le projet Parlons Steampunk ! Et cela me semble déjà par mal.

Pour moi, ce blog doit rester un plaisir. C’est quelque chose que je martèle depuis le début. Je préfère réduire mes publications plutôt que de me dégoûter d’écrire. Sinon à quoi bon ?

Voilà pour l’explication de mon projet et la petite mise au point de début d’année. J’espère que vous serez nombreux à me suivre. Si mes live fonctionnent bien, j’envisagerai peut-être des interview d’auteurs pendant l’année, mais je ne manquerai pas de vous tenir au courant. 😉

Vapeur et Cuivre,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

L’année de grâce, Kim Liggett, éditions Casterman

J’étais impatiente de lire ce roman dont je n’ai vu que des bonnes critiques depuis sa sortie, et je regrette de ne pas l’avoir découvert plus tôt : je tiens mon coup de coeur de l’année 2021 ! Si vous appréciez les récits dystopies féministes avec une pointe de fantastique, ce livre est fait pour vous !

Résumé : « Personne ne parle de l’année de grâce. C’est interdit. Nous aurions soi-disant le pouvoir d’attirer les hommes et de rendre les épouses folles de jalousie. Notre peau dégagerait l’essence pure de la jeune fille, de la femme en devenir. C’est pourquoi nous sommes bannies l’année de nos seize ans : notre magie doit se dissiper dans la nature afin que nous puissions réintégrer la communauté. Pourtant, je ne me sens pas magique. Ni puissante. » Un an d’exil en forêt. Un an d’épreuves. On ne revient pas indemne de l’année de grâce. Si on en revient.

Mon avis :

Comme le livre s’y prête, j’ai abordé certains sujets qui contiennent des spoilers en fin de chronique, après la conclusion. Ainsi si vous ne souhaitez pas les lire, vous ne tomberez pas dessus par hasard. 😉

Une dystopie centrée sur le féminisme

Dans le village de Tierney, notre héroïne, les femmes sont soumises aux hommes. Elles n’ont aucun droit, même pas celui de rêver, et les hommes décident de leur sort : devenir des épouses, des travailleuses, des prostituées. Toutes apprennent très tôt à cacher leurs émotions pour ne pas trahir leur désaccord avec les lois en vigueur dans cette société. Toute rébellion renvoie à un acte d’impiété et la coupable est aussitôt exécutée par pendaison ou bûcher.

Les hommes ont la conviction que leurs femmes possèdent une forme de magie qui les rend très fortes. Pour les purger de cette magie et les transformer en épouses, ou travailleuses convenables, elles sont envoyées à l’adolescence pendant une année dans la forêt dans un camp où elles vivront en autonomie. Aucune femme ne parle de l’année de Grâce quand elle en revient. Et certaines n’en reviennent pas…

Dans ces circonstances, on pourrait penser qu’une solidarité féminine s’organise, d’autant plus que les femmes sont supérieures en nombre au village. Mais il n’en est rien. Au contraire, le jour de l’année de Grâce sont choisies celles qui deviendront les futurs épouses à leur retour. Et avec peu de maris disponibles, elles ont tendances à user de stratagèmes pour être les heureuses élues. Encore qu’être épouse signifie engendrer des fils et certaines seront répudiées ou tuées pour ne pas avoir failli à leur devoir, ou parce qu’elles n’ont pas éliminé leur magie…

Dès le départ, l’auteure nous entraîne dans une intrigue qui nous rappelle d’autres romans centrés sur l’oppression féminine.

Le premier livre qui vient à l’esprit est bien évidemment La servante écarlate de Margaret Atwood pour le rôle attribué aux femmes dans la communauté et la manière dont elles vivent leur féminité : dans des croyances religieuses qui les détournent d’elles-mêmes.

J’ai également perçu un rapprochement de ce livre avec l’histoire des sorcières de Salem, assassinées si elles s’écartaient des lois patriarcales du village ou si elles devenaient gênantes pour leurs maris sous couvert de « pouvoirs magiques ».

Pour finir, et malgré une intrigue différente, j’ai retrouvé l’ambiance du film Le Village du réalisateur Night Shyamalan pour sa ressemblance avec ce village autonome et étouffant, où les croyances liées à des êtres fantastiques sont très présentes et soudent l’organisation de la communauté.

L’année de Grâce : Hunger games ?

C’est à travers les yeux de Tierney, l’héroïne, que nous allons vivre cette année effroyable au sein de ce camp étrange qui a vu passer des milliers de jeunes filles avant elles, totalement livrées à elles-mêmes.

Dès le départ, Tierney a plusieurs avantages qui vont lui porter préjudice au sein de sa « promotion » d’année de Grâce : elle est lucide sur l’organisation dans laquelle elles vivent, reste dubitative quant à la présence réelle de la magie et surtout n’a jamais embrassé sa condition de fille, toujours éprise de liberté et d’égalité face aux hommes. Elle connaît également un peu de médecine grâce à son père et ne sait pas cacher ses émotions. Sa personnalité entière et son envie d’aider les autres va peu à peu l’exclure du groupe, ainsi qu’un incident survenu avant leur entrée dans le camp.

Dès lors, tout ce qu’elle va tenter d’entreprendre pour aider à la survie de l’ensemble du groupe va être mal perçu et elle va s’attirer la haine de Kiersten, la fille populaire (et peste) du village, ce qui ne va pas favoriser des alliances.

Or, survivre quand on est seul dans un milieu hostile va s’avérer très difficile. Il lui faudra toute sa force mentale et l’aide parfois inattendue de ses sœurs, ou d’autres personnes bienveillantes pour y parvenir. D’autant que les filles précédentes ne leur ont pas non plus fait de cadeaux en partant et qu’en dehors du camp, il n’y a que la forêt et ses braconniers assassins.

Avec cette Année de Grâce, c’est tout le processus de survie qui est mis en lumière au sein d’un groupe. L’auteure explique très bien comment se dessine un leader, parfois peu avisé, et l’effet de groupe qu’il peut entraîner, en utilisant la peur et une doctrine religieuse. Elle montre les conséquences du rejet chez les membres exclus, ou encore la peur de ne pas réussir qui peut entraîner la mort.

Elle nous donne à voir surtout à quel point certaines filles sont obsédées par l’idée de reproduire le seul fonctionnement qu’elles connaissent : les règles du village, au lieu de profiter du moment de liberté qui leur est offert. Cela donnera lieu à des créations atroces comme un autel de pénitence sur lequel seront accrochés les doigts et membres coupés des filles qui auront été impies.

La course à la découverte de sa magie deviendra alors obsédante et quiconque remettra son existence en question sera écrasé par le groupe, ou pire, livré aux braconniers en dehors du camps pour être découpée en morceaux.

Magie ou fantasme ?

Dès le départ, on ne sait pas si la magie est vraiment présente dans ce village. Si la plupart des jeunes filles en sont convaincues, Tierney doute…jusqu’à ce qu’elles arrivent au camp et que toutes voient leurs yeux devenir complètement noirs avec le temps et percevoir la réalité de manière étrange.

D’autres faits étayent la réalité magique : les rêves étranges et réalistes que fait Tiernen, le squelette en haut de la crète qui change de position à chacune de ses visites, les bruits étranges que toutes perçoivent la nuit sans en déterminer la cause…

Il faudra une révélation décisive sur le sujet pour découvrir la vérité. En attendant, nous serons toujours dans le doute et nous vivrons l’histoire avec les mêmes craintes que les jeunes filles…

Si l’on considère la magie comme une métaphore de la libération féminine, on peut envisager que Kim Liggett nous explique les manigances réelles des hommes du village pour dompter leurs futures femmes. Quoi de mieux que les broyer à l’adolescence, l’âge où l’on se rebelle, afin qu’elles soient dociles à leur retour avec cette année en autonomie dans la forêt ? Le village sera alors perçu comme la seule échappatoire possible et les enfermera un peu plus dans un dogme qu’elles seront encore plus enclines à appliquer. Et aucune ne souhaitera s’évader d’une prison qu’elles auront choisi d’habiter…

En conclusion : L’année de Grâce est un roman coup de poing dont on ne sort pas indemne. C’est une ode au féminisme et à l’adolescence qui, malgré un récit jonché d’épreuves pour l’héroïne, nous apporte un beau message d’espoir. Un vrai coup au coeur !

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Partie Spoilers : Derrière l’horreur, l’espoir

Dans la seconde partie du récit, Tierney va faire la rencontre de Ryker le braconnier et découvrir une partie encore plus sombre de la vérité : les braconniers sont payés par les hommes du village pour réduire le nombre des jeunes filles de l’année de Grâce, car le village comporte trop de femmes. Leurs corps sont ensuite écorchés et découpés pour servir d’élixirs aux hommes du village.

Pour certains braconniers la tâche est facile car ils sont dans la superstition et restent persuadés que les jeunes filles ont des pouvoirs. Pour d’autres, c’est l’inverse, mais ils n’ont pas le choix : sans argent, ils ne peuvent pas nourrir leurs familles et meurent de faim. Ils doivent donc tuer pour survivre.

Ryker va devenir l’exception qui confirme la règle et envisager une vie différente avec Tierney en la soignant et en refusant de la tuer. Mais l’espoir sera de courte durée. Le retour au village sera difficile pour la jeune fille car elle devra à la fois supporter la perte de son amant, sa liberté et affronter son futur mari alors qu’elle est enceinte d’un autre.

La chance fera qu’elle tombera sur un mari bon et intelligent, futur chef du village, et désireux de changer les choses. En retournant les règles du village pour sauver sa femme, Mickaël lancera un élan de solidarité entre la promotion d’année de Grâce de Tierney.

Ajouté au travail de Tierney pour ouvrir les yeux de ses consœurs sur leur condition, la naissance de sa fille, et la résistance secrète menée par certaines femmes du village, le roman apporte une lueur d’espoir au destin de toutes ces jeunes filles qui contrebalance les horreurs vécues dans la première partie.

Par ailleurs, on reste dans le flou concernant la magie : on devine que Tierney a rêvé de sa fille qui porte cette tache de naissance et de cette résistance de manière prémonitoire, depuis le début de sa vie…

La fin du roman est en demi-teinte : si Grâce représente l’espoir des futures générations envoyées au camp pour « purger leur magie », Tierney ne verra pas sa fille grandir car elle semble succomber des suites de son accouchement. Le rêve qu’elle fait de Ryker est assez éloquent. J’ai trouvé cela à la fois triste et beau, voire presque prévisible. Tierney aura planté la graine pour que sa fille puisse la faire éclore…

Publié dans Questions existentielles

La Bibliothérapie ou prendre soin de soi par les livres

Pour moi, 2020 a été marquée par une envie de réconfort et d’évasion face à la crise sanitaire. Les livres ont été mes meilleurs amis, m’ont aidé à garder le moral. Quoi de mieux que de prendre soin de soi par les livres ? En fait, l’idée existe déjà : cela s’appelle la Bibliothérapie. Mais qu’est-ce que cette thérapie ?Pourquoi n’est-elle pas plus connue ? En quoi consiste-t-elle ? Est-ce un remède de charlatan ou une véritable thérapie ? J’ai réalisé quelques recherches sur le sujet dont en voici les résultats…

Qu’est ce que la Bibliothérapie ?

Dans un article de la Revue Hypothèses publié en 2015 par Léa Guidi (en lien avec l’Université d’Aix- Marseille), on trouve la définition suivante : « il s’agit de l’utilisation du livre comme outil de soin. Plus précisément, la lecture thérapeutique serait source d’apaisement des troubles de la santé mentale (à savoir troubles anxieux, troubles de l’humeur, angoisses, épisodes dépressifs, phobies, troubles du sommeil…) ou de renforcement du bien-être psychologique. »

Léa Guidi se base elle-même sur la définition proposée par le Docteur Pierre-André Bonnet qui a réalisé une thèse universitaire en 2009 pour l’Université de Marseille sur le thème de la Bibliothérapie en Médecine Générale. Le Docteur Bonnet choisit de définir cette thérapie par les livres ainsi : « la bibliothérapie correspond à la lecture motivée par une personne ou un tiers, d’un support écrit dont la finalité est une amélioration de la santé mentale, soit par la diminution de la souffrance psychologique, soit
par le renforcement du bien-être psychologique. »

Il distingue trois types d’ouvrages pour réaliser un traitement : les romans, poésies, biographies qui constituent un répertoire classique (ex : L’Alchimiste de Paulo Coehlo), les ouvrages médicaux pour comprendre et se renseigner sur son mal-être, et les livres de développement personnel ou self-help books pour résoudre un problème soi-même.

Si le terme a été inventé au XXème siècle, l’idée de soigner l’esprit était déjà présente chez les philosophes grecs comme Epictète et a donné lieu à des expériences médicales lors de la Première Guerre Mondiale chez les soldats blessés au combat afin de réduire leur anxiété ou syndromes post-traumatiques. D’autres expériences médicales américaines ont été réalisées à partir des années 1960 dans des bibliothèques d’hôpitaux, élargissant le sujet aux patients dépressifs, atteints d’une pathologie liée une addiction, ou encore aux personnes âgées et aux enfants.

A la fin du XIXème siècle, Marcel Proust a consacré un essai intitulé Sur la lecture, sur le bibliothérapie. Il évoquait lui aussi l’idée d’utiliser la lecture à titre thérapeutique pour les « personnes neurasthéniques », autrement dit dépressives. Lire redonnerait le goût à la vie, permettrait au patient de sortir de son état d’enlisement intérieur dans lequel il se serait progressivement enfermé.

Face à cette définition un brin médicale, j’ajouterais que c’est une pratique plutôt intuitive de mon côté que j’ai souvent mené de manière consciente ou inconsciente et dont vous avez peut-être déjà fait l’expérience : piocher le bon livre adapté à l’état d’esprit du moment, en cas de déprime passagère, en flânant dans les rayons d’une bibliothèque ou d’une librairie, mon cerveau accrochant à un titre, qui sans raison apparente, pourrait résoudre mon problème.

Charlatanisme ou réelle thérapie ?

Quand j’ai commencé mes recherches pour cet article, je vous avoue que j’étais un peu sceptique sur le bien-fondé de cette thérapie. J’ai d’ailleurs mieux compris par la suite en lisant divers travaux, en quoi elle manquait de sérieux aux yeux de tous.

Le problème principal de la Bibliothérapie est qu’elle n’est pas vraiment reconnue en France. Il n’existe pas réellement de formation médicale sérieuse sur le sujet. A l’inverse, les pays anglo-saxons ont exploité le filon en s’orientant énormément vers les livres de développement personnel pour accompagner les patients dans les thérapies associées à troubles psychologiques. Mais si les essais sont nombreux depuis 1914, les méthodes sont difficiles à prouver et à reproduire, et les résultats bien minces.

Par ailleurs, la Bibliothérapie manque de crédibilité : soigner par les livres est vu comme une énième thérapie artistique de médecine douce qui n’a d’autre but que d’apporter une solution fragile et d’apparence placebo. Même les médecins ne la conseillent pas par peur de donner une mauvaise image, excepté en accompagnement d’un traitement médical, et encore… Le Docteur Bonnet l’évoque d’ailleurs dans sa thèse.

En France, une seule formation à la Bibliothérapie existe. Elle est réalisée par la romancière Régine Détambel à Montpellier et est associée à une démarche créative d’écriture et de lecture à voix haute. Elle est appelée « Bibliocréativité » et a pour but, selon les propos de l’auteure d’ouvrir chacun à sa propre créativité à travers la littérature. Dans les diverses interviews qu’elle a accordées et relayées sur son site de formation, l’auteure explique que son approche délaisse les livres de développement personnels au profit des romans, de la poésie. Le thème du livre, des émotions qu’il apporte et la sonorité du langage sont des aspects essentiels de sa thérapie, ainsi que la lecture en groupe.

Vers un bibliothécaire thérapeute ?

Personnellement, je trouve très intéressant l’idée que l’on puisse intégrer cet aspect « thérapeutique », de prescription de lecture dans le cadre du travail de bibliothécaire (ou de libraire).

Imaginez : vous êtes déprimé pour une raison quelconque (peine de coeur, décès d’un être cher, accident) et au lieu de prendre des médicaments assez costauds pour dormir ou être moins déprimé, vous allez voir votre bibliothécaire qui va vous conseiller un livre pour vous remonter le moral. Ce serait vraiment bien ! Cela impliquerait bien sûr que votre professionnel du livre dispose de connaissances suffisantes pour trouver le livre qui réponde à votre besoin, et détermine votre profil de lecteur. Mais ce n’est pas impossible.

Cela apporterait également de la valeur au travail des bibliothécaires en général et surtout ceux présents dans les hôpitaux et dont le travail consiste souvent en réalité à ranger les livres de la bibliothèque hospitalière. Un travail conjoint entre médecin et bibliothécaire concernant une prescription de lecture apporterait un meilleur soin aux patients et une spécialisation au bibliothécaire.

Une conservatrice de Bibliothèque, Françoise Alptuna s’est intéressée au sujet dans un mémoire de thèse intitulé Projet de médiathèque en hôpital psychiatrique. L’exemple du Centre hospitalier spécialisé de Maison-Blanche dans le cadre de son Master à l’ENSSIB en 1993. Elle résume en partie son mémoire dans un article dédié à la Bibliothérapie sur le site de l’ENSSIB et intitulé sobrement : Qu’est ce que la bibliothérapie ? Dans cet article, elle évoque le travail possible et positif des bibliothécaires à titre thérapeutique auprès de publics en difficultés (personnes âgées, enfants à problèmes, handicapés), de personnes en réinsertion suite à un problème d’addiction ou encore de publics incarcérés dans le cadre de certaines études. Mais appliquer ce travail de manière quotidienne dans des hôpitaux (psychiatriques) nécessiterait pour les bibliothécaires une formation en matière de santé, chose actuellement inexistante.

En effet, même si la formation de Régine Détambel pourrait convenir à un bibliothécaire dans sa pratique quotidienne de bibliothèque auprès de ses lecteurs pour apporter du soutien et du réconfort, elle n’apporte pas cependant l’éclairage médical nécessaire pour comprendre les pathologies des patients.

Par ailleurs, la majorité des bibliothèques hospitalières sont constituées de bénévoles. C’est dire le peu de place apporté à la culture en tant que soin dans les milieux hospitaliers, à moins d’un partenariat local avec une bibliothèque.

Quelques idées de lecture pour aller plus loin

A défaut de vous proposer un panel de livres de Développement personnel, j’ai préféré me concentrer sur le répertoire classique, comme dirait le Dr Bonnet, avec quelques livres pratiques et récents sur la bibliothérapie proposant des prescriptions de lecture. Je vous en proposerai deux :

Tout d’abord, Remèdes littéraires, Se soigner par les livres de Ella Berthoud et Susan Elderkin publié aux éditions JC-Lattès, aborde sous forme de dictionnaire thématique, des propositions de lecture en fonction de mots-clés. Il est agrémenté d’encarts amusants sur les « maladies de la lecture » comme avoir peur de finir son livre ou être rebuté par le battage médiatique d’un livre. Il comporte aussi des Top 10 thématiques de livres comme les livres à lire quand on a un rhume, quand on a 80 ans, en cas de rupture, pour soigner les xénophobes. Le petit bémol de l’ouvrage est qu’il renvoie souvent à des romans de littérature étrangère souvent difficile d’accès, mais il est idéal si l’on souhaite picorer des idées au hasard des mots et se dénicher de nouvelles lectures.

Ensuite, l’ouvrage Bibliothérapie, 500 livres qui réenchantent la vie, des blogueuses Héloïse Goy et Tatiana Lenté du site Peanut Booker, chez Hachette. On y trouve 15 thématiques de lecture avec à chaque fois une quarantaine de titres, soit détaillés sous forme de récits, soit proposés en format marque-page ou plus brièvement en post it. Chaque chapitre commence par un appel imaginaire à un Docteur Livre imaginaire présent pour soigner le mal. Il s’ensuit un dialogue sur une lecture entre les deux auteures sur la page suivante, proche d’un blabla de magazine féminin parisien. En fin d’ouvrage, on trouve une compilation de l’émission Playlivre de Canal+ (si j’ai bien compris), qui détaille les livres favoris de personnalités littéraires, politiques en fonction de certaines situations. Si le livre a le mérite d’être beau, j’ai nettement préféré le site Peanut Booker dont il est issu, car les thématiques sont plus vastes sur le site et les fiches lecture plus développées. On y retrouve l’esprit des deux auteures : un peu impertinent, de génération Millénial, avec un vocabulaire adapté à la tranche 20-25 ans. Néanmoins, l’ouvrage est une bonne mise en bouche pour le site, les thématiques proposées sont intéressantes (Rire aux éclats, Apprendre à vivre de mes blessures, stimuler ma libido…) et l’onglet concernant les personnalités apporte un petit plus.

Si vous souhaitez une approche plus médicale sur le sujet de la Bibliothérapie, l’Association francophone de Bibliothérapie propose une bibliographie des thèses développées sur le sujet ces dernières années sur sa page facebook. Je vous renvoie également à l’article de Léa Guidi que j’ai cité au tout début, car il est très bien construit et nettement plus détaillé que le mien.

Pour conclure cet article, je dirais que je ne pense pas que l’on puisse résoudre tous ses problèmes avec des livres. Cependant, un livre adéquat peut être un bon début pour soigner sa pathologie si l’on se sent seul, ou que l’on rechigne à aller voir un thérapeute, que l’on souhaite se distraire ou tout simplement comprendre ce qui nous arrive. Un livre est le meilleur antidépresseur qui soit.

A.Chatterton

Publié dans On joue ?

Challenge littéraire spécial Nouvelles : Le Projet Ombre

L’an passé, j’ai lu quelques nouvelles et je me disais : « et si je participais au Projet Maki ? ». Cette année, c’est fait avec le Projet Ombre. Je vous ai perdu ? Attendez que je vous explique…

Le projet Ombre : Définition

Le Projet Ombre est la relève du Projet Maki, initié par le blogueur Les lectures du Maki, spécialisé dans les nouvelles de Science-Fiction. Le Maki s’était inspiré du Projet Bradbury où un auteur s’engageait à écrire une nouvelle par semaine et l’a transformé en lecture d’une nouvelle par semaine.

L’idée est de promouvoir les nouvelles, novelettes et novellas, genres un peu délaissés dans la littérature, et d’en lire toute l’année. C’est donc un challenge qui a une durée assez longue, du 3 janvier 2021 au 3 janvier 2022 pour être exact.

Les nouveautés du challenge avec sa transformation en Projet Ombre par Manon d’Ombrebones sont : une ouverture des lectures aux autres thèmes que les littératures de l’imaginaire, l’introduction de nouveaux paliers ainsi que des missions pour pimenter l’affaire. Elle propose aussi un jeu-concours pour gagner des anthologies ou des nouvelles en fonction du nombre de lectures chroniquées en fin d’année.

Le fonctionnement du Projet Ombre

Pour commencer, ce challenge littéraire nécessite une inscription auprès de Manon afin de se définir un objectif et de valider ses lectures si l’on souhaite participer au concours. Il suffit de se rendre sur la page de présentation du Challenge et de laisser un commentaire en précisant le palier sur lequel tu t’es décidé. L’étape est bien sûr facultative si tu ne souhaites pas participer au concours.

Le challenge concerne uniquement les nouvelles, novelettes et novellas. Il ne convient pas au format BD, manga, comics et autres formats graphiques sauf s’il s’agit de nouvelles illustrées. La différence entre nouvelles, novelettes et novellas est très bien expliquée sur le site de Manon. Chaque nouvelle dans une anthologie compte de manière individuelle. Donc si tu as une anthologie de 12 nouvelles, tu peux compter douze nouvelles lues et non pas un recueil.

Pour jouer, tu dois déterminer ton palier de lecture, il y en a 4 :

  • L’ombre du palmier : c’est le niveau débutant. Tu participes au challenge sans te prendre la tête ni te fixer d’objectifs précis sauf celui de lire au moins un texte au format court en 2021.
  • L’ombre à la douzaine : Niveau intermédiaire : tu t’engages à lire un nouvelle tous les mois pour un total de douze à l’année.
  • Le doublé de l’ombre : Niveau intermédiaire + : Tu lis au moins deux nouvelles par mois, pour un total de 84 sur l’année.
  • L’ombre acharnée : Niveau expert : tu participes au challenge dans sa version d’origine avec une lecture de nouvelle par semaine pour un total de 52 sur l’année.

Il est possible de changer de palier pendant l’année si tu lis plus de nouvelles que prévu !

Il y a également des missions pour lesquelles tu peux t’inscrire chaque mois :

  • Janvier : Lire une nouvelle de science-fiction
  • Février : Lire une nouvelle qui parle du carnaval ou du cirque.
  • Mars : Lire une nouvelle d’un auteur ou d’une autrice francophone
  • Avril : Lire une nouvelle humoristique (ou avec au moins une blague dedans).
  • Mai : Lire une nouvelle dont l’auteur a la même initiale que vous sur son nom de famille. Si vous faites nom + prénom, ça compte x2 !
  • Juin : Lire un texte au choix qui compte double : et pour le #ProjetOmbre et pour le #S4F3. Donc obligatoirement un texte court de SFFF.
  • Juillet : Lire une nouvelle qui se passe sous le soleil (climat désertique, plage, etc.)
  • Août : Lire une anthologie complète / un recueil complet sur le mois.
  • Septembre : Lire une nouvelle qui parle d’une école ou se passe dans une école.
  • Octobre : Lire une nouvelle qui (vous) fait peur.
  • Novembre : Lire une nouvelle dont la langue d’origine n’est ni l’anglais, ni le français.
  • Décembre : Lire une nouvelle où on offre un cadeau (et oui ça peut être un cadeau empoisonné).

Concernant le concours, plusieurs anthologies de nouvelles sont à gagner sous réserve d’être inscrit et de publier des critiques des livres sur son blog ou un réseau social littéraire, et de les signaler à Manon via un formulaire qu’elle a mis en ligne sur son article de présentation.

On peut concourir pour trois catégories : Celui qui lira le plus de textes, celui qui gagne le plus de points en réussissant les missions mensuelles, et par tirage au sort parmi tous les participants.

Ma PAL pour ce challenge

Passé ce préambule, je te présente ma PAL pour ce challenge annuel. Je me suis inscrite pour le Palier L’ombre à la douzaine pour lire 12 nouvelles dans l’année, mais ce sera sans doute plus !

Ma PAL est très orientée littératures de l’imaginaire mais j’ai aussi quelques recueils de romance et gothiques, recyclés de mon Ho Ho Ho challenge 2020-2021. Tu noteras qu’il y a de nombreux recueils de littérature steampunk car j’en profite pour croiser ce challenge avec mon projet annuel. 🙂

Les recueils

Contes et récits du Paris des Merveilles, éditions Bragelonne / Steampunk

Résumé : « Bienvenue dans le Paris des Merveilles, un Paris qui n’est ni tout à fait le nôtre, ni tout à fait un autre… et qui, désormais, n’appartient plus seulement à votre serviteur. Dans ce recueil, vous découvrirez six nouvelles situées dans le monde du Paris des Merveilles. Je suis l’auteur de deux d’entre elles, les quatre autres étant l’oeuvre de jeunes plumes – parfois débutantes mais toujours talentueuses – qui se sont approprié l’univers d’Isabel, Griffont et Azincourt pour, je l’espère, votre plus grand plaisir… » Pierre Pevel

Futurs antérieurs, 15 récits de littérature steampunk, éditions Fleuve Noir / Steampunk

Résumé : Voici la première anthologie française de littérature steampunk. Synthèse harmonieuse et féconde de genres aussi dissemblables que le roman historique, le fantastique, la science-fiction, le roman d’aventure frénétique et la littérature romantique, le Steampunk, de « steam » qui veut dire vapeur s’efforce d’imaginer jusuq’à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt…

La machine à remonter les rêves, éditions Mnémos / Steampunk

Résumé : Père du roman de science-fiction tel qu’il s’est ensuite développé en France, Jules Verne est devenu un classique. Aujourd’hui, la France entière et tout le milieu de la science-fiction reconnaissant célèbrent le centenaire de la mort du grand maître. Deux anthologistes, Richard Comballot (Les Ombres de Peter Pan, Mission Alice), et Johan Heliot, auteur du roman steam-punk désormais culte, La Lune seule le sait (Jules Verne y enquêtait sur la lune) lui rendent un vibrant hommage :  » Sans ce vieux Jules, bien malin qui pourrait dire où nous en serions tous, à commencer par nos auteurs puis vous, lecteurs, enfin nous, modestes passeurs, le temps d’un livre. Certainement quelque part où le goût des aventures nous paraîtrait frelaté. Où il manquerait à la jouissance de l’amateur d’anticipations scientifiques la part – belle, n’en doutons pas – de nostalgie qui amalgame dans le plaisir passé et présent. « 

Ecologie et folie technologique, Anthologie de nouvelles steampunk vol.1, éditions Oneiroi / Steampunk

Résumé : Le steampunk invite à revisiter le passé, à renouer avec les racines de notre société. Dans cette anthologie, on vous emmène au commencement de l’industrialisation, au moment où tout était encore possible pour la planète et pour l’Homme. Et si les choses s’étaient passées autrement ? Pour le meilleur ou pour le pire ou juste différemment. Prenez place dans notre machine à remonter le temps !

Noël et Préjugés, TeamRomcom, éditions Charleston / Romance

Résumé : Noël, cette fête qu’on adore détester ou qu’on déteste adorer ! Réunion familiale ou tête-à-tête ratés, de Paris à New-York en passant par l Italie, on peut y vivre des crush ou des clash, qu importe ! Et si la figure tutélaire de Jane Austen vient y apporter sa petite touche de magie pour faire basculer les situations les plus inextricables, l’esprit de Noël promet d’être au rendez-vous !

Anthologie maisons hantées, éditions Luciférines/ Gothique

Résumé : Qu’elles soient perdues au milieu des bois, héritées d’un grand oncle ou cachées dans la brume, les maisons hantées sont des motifs familiers de l’horreur. Depuis Le Château d’Otrante de Walpole et l’apparition du roman noir anglais au XVIIIe siècle jusqu’au slasher moderne, il est devenu impossible de passer à côté de ces lieux maudits où la réalité se distord. En hommage à l’intarissable production littéraire et cinématographique qui se plaît à abandonner ses personnages entre des murs de plus en plus étroits, dix-sept auteurs ont proposé leurs huis-clos les plus angoissants. De hautes tours gothiques, un appartement d’étudiant, un motel d’où on ne revient pas… chaque nouvelle présente un édifice dans lequel il serait imprudent de s’aventurer très longtemps. Spectres, démons, souvenirs d’un autre temps et monstres cannibales ont un sens de l’accueil particulier… Alors, comme le disait si bien Dante : Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance… Des textes inquiétants, violents, insolents, qui n’hésitent pas à s’amuser de nos peurs les plus profondes.

Black Mambo, Morgane Caussarieu, Sophie Dabat et Vanessa Terral, éditions du chat noir/ Gothique

Résumé : Il existe des territoires où le progrès n’a pas encore éradiqué les vieilles croyances et leurs pratiques. L’Afrique, berceau de l’humanité, en fait partie. Chamans, Mambos, Sangomas… Autant de sorciers qui œuvrent dans l’ombre à protéger les fidèles, mais aussi à réveiller les anciens Dieux, démons et loas. Magie blanche ou magie noire, en dehors des frontières de ce continent, tel un serpent, discret et insinueux, elle se répand. Ainsi, le jeune punk Mika sera initié malgré lui aux secrets du vaudou, en plein carnaval de la Nouvelle-Orléans, et devra composer avec l’esprit des morts, le terrible Baron Samedi et son armée de gamins buveurs de sang. À Marseille, des meurtres rituels obligent le capitaine Dilaniti à renouer avec ses racines, le Swaziland, un pays sous dictature militaire où règnent encore les traditions liées au Muti, culte tribal qui vampirise la population. Au Maghreb, les djinns, esprits nés d’un feu sans fumée, peuvent posséder les vivants. La grossesse avait chassé celui qui résidait en Leila. Entourée de son fils et de son mari, la jeune femme devrait être heureuse. Pourtant, un regard brûlant pèse sur son âme. Trois auteurs reconnues de la nouvelle génération s’associent pour vous conter ces légendes africaines… À leur manière… 

Notre dame aux écailles Mélanie Fazi, Bragelonne / Fantastique

Résumé : Saviez-vous qu’à Venise, qui vole des soupirs encourt la vengeance de la ville ? Connaissez-vous vos plus sensuelles métamorphoses, lorsque vous êtes loup, lorsque vous devenez lionne ? Avez-vous déjà pris un fleuve pour amant ? Partez à la découverte des troubles secrets de l’âme et des lieux les plus hantés : une villa qui palpite de vies enfuies, l’océan dont certains ne reviennent plus tout à fait humains, ou encore ce train de nuit qu’empruntent ceux qui cherchent l’oubli. Mais attention: de ces voyages intimes et inquiétants, on ne rentre pas indemne.

Les nouvelles individuelles

Lance Jeanne A Debats, ActuSF (gratuit en numérique) / Gothique -Bit-lit

Résumé : 1936. Le vampire Navarre est contraint de faire équipe avec un Lancelot vieux de mille ans pour sauver une princesse des griffes d’un dragon invoqué par les nazis. « Lance » se déroule dans l’univers de Métaphysique du vampire de Jeanne-A Debats.

Le vert est une couleur éternelle, Jean-Laurent Del Socorro, ActuSF (gratuit en numérique)/ Fantasy Historique

Résumé : 1597. La compagnie du Chariot a été embauchée pour participer au siège d’Amiens. Au milieu de la guerre et des combats éclot un amour fragile entre le capitaine N’a-qu’un-œil et Fatima, la chroniqueuse particulière d’Henri IV. Mais comment aimer quand la mort rôde ? « Le vert est éternel » se déroule dans l’univers de Royaume de vent et de colères de Jean-Laurent del Socorro.

Le diable dans la boîte, Jean-Laurent Del Socorro, ActuSF / Historique

Résumé : 1849 : Henri Brown est un esclave dans le Sud de États-Unis. Pour gagner sa liberté il prend le risque de voyager enfermé dans une simple caisse de bois. Un périple de 24 heures, où il devra survivre aux retournements de situations…. et à ceux de sa boîte ! Et la Mort n’est pas jamais loin… Poursuivez la découverte de cette Amérique déchirée par l’esclavage avec le roman Je suis fille de Rage de Jean-Laurent Del Socorro.

Le gnome qui voulut être fée, Audrey Alwett, ActuSF (gratuit en numérique) / Fantasy

Résumé : Mignard est un gnome malheureux parmi les siens. Jusqu’au jour où il sauve la vie d’une fée. Et si Mignard n’était pas ce qu’il croyait être ? Et si les fées n’étaient pas aussi méchantes que son peuple le dit ? Mais attention : si parfois l’amour donne des ailes, tel épris qui croyait prendre… On retrouve l’humour (percutant) de l’univers des Poisons de Katharz dans cette nouvelle de Audrey Alwett.

Pourquoi dans les grands bois, aimé-je m’égarer, Karim Berrouka, ActuSF (gratuit en numérique) / Urban Fantasy

Résumé : Marc-Aurèle Abdaloff et Premier de la Classe sont sur une nouvelle affaire : envoyés dans les monts d’Arrée, ils doivent enquêter sur de curieux meurtres perpétrés à l’épée par un homme accompagné d’une armée d’écureuils sanguinaires. « Pourquoi dans les grands bois, aimé-je à m’égarer » se déroule dans l’univers de Fées, weed & guillotines de Karim Berrouka.

Le syndrome de Pan, Morgane Caussarieu, ActuSF (gratuit en numérique)/ Gothique – Bit-lit

Résumé : Morgane Caussarieu revisite le thème de Peter Pan à la sauce vampires. De quoi vous donner sans doute envie de découvrir les autres univers vampiriques de cette autrice aux éditions ActuSF : Rouge Toxic et Rouge Venom.

Issa Elohim, Laurent Kloetzer, Bélial’ / Science-Fiction

Résumé : Europe. Demain. Dérèglements climatiques, terrorisme et guerres confessionnelles secouent les restes d’un ordre mondial en miettes et jettent des millions de réfugiés sur les routes. L’horizon est fluctuant ; le monde se recroqueville face à un futur incertain et menaçant. Et puis il y a les Elohim — ou prétendus tels. Des êtres exceptionnels, mystérieux, porteurs d’un espoir nouveau, et qui semblent s’incarner sur Terre de manière aléatoire. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Que sont-ils ? Valentine Ziegler est pigiste. Lorsque, depuis sa Suisse natale aussi préservée que sécurisée, elle entend parler de la présence possible d’un de ces êtres dans un camp de réfugiés tunisien géré par l’agence européenne Frontex, elle auto-finance en hâte son voyage dans l’espoir d’un reportage digne d’intérêt. Valentine est toutefois très loin d’imaginer au devant de quoi elle se précipite, l’étendue de la révolution à laquelle elle va se mesurer. Une possible épiphanie à même de changer sa vision du monde, si ce n’est le monde tout entier…

Poumon vert, Ian R. Macleod, Bélial’/ Science-Fiction

Résumé : Lors de sa douzième année standard, pendant la saison des Pluies Douces habarienne, Jalila quitte les hautes plaines de Tabuthal. Un voyage sans retour – le premier. Elle et ses trois mères s’installent à Al Janb, une ville côtière bien différente des terres hautes qui ont vu grandir la jeune fille. Jalila doute du bien-fondé de son déménagement. Ici, tout est étrange. Il y a d’abord ces vaisseaux, qui percent le ciel tels des missiles. Et puis ces créatures d’outre-monde inquiétantes, qu’on rencontre parfois dans les rues bondées. Et enfin, surtout, la plus étrange des choses étranges, cet homme croisé par le plus pur des hasards – oui, un… mâle. Une révélation qui ne signifie qu’une chose : Jalila va devoir grandir, et vite ; jusqu’à percer à jour le plus extraordinaire secret des Dix Mille et Un Mondes…

Les conseils en plus pour ce challenge

Si comme moi, tu n’es pas familier avec l’univers de la nouvelle et que tu ne sais pas vers quel éditeur te tourner pour en trouver, Manon a publié récemment un article recensant les principaux éditeurs de nouvelles qui pourra t’aider à te lancer. J’ajouterai à sa liste les éditions du Petit Caveau et les éditions Luciférines qui proposent quelques anthologies de nouvelles gothiques.

Pour ma part, toutes les nouvelles mentionnées dans ma Pal, provenant des éditions ActuSF, sont gratuites. Tu peux les retrouver en ligne sur le site internet de la maison d’édition. L’occasion de découvrir la plume de certains auteurs dans des formats courts. 😉

Si tu veux te faire une idée sur certaines nouvelles avant de les lire, tu peux retrouver sur mon blog celles que j’ai déjà chroniquées avec le mot-clé Nouvelle.

J’espère que tu auras envie de participer à ce challenge et que ma PAL t’aura donné envie de découvrir des auteurs ou des univers.

Novelette et novella,

A.Chatterton

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #25

Au sommaire de cette veille littéraire du net : plusieurs challenges littéraires pour bien commencer l’année, mon retour sur Les chroniques de Bridgerton, un podcast sur Hayao Miyazaki, un article sur Stephen King et ses adaptations de livres au cinéma, un concours d’écriture sur la romance, une créatrice de créatures magiques

L’article de la semaine

Sur Actualitté, j’ai repéré fin décembre un article amusant traduit du New York Times, dans lequel Stephen King donnait son avis sur les adaptations en films ou en série de ses livres. J’ai ainsi appris que le Maître du Fantastique détestait la version de Shining réalisée par Stanley Kubrick, et le film Tommyknockers de John Power. J’ai découvert que la série Under the Dome a été arrêtée parce que CBS qui produisait le show voulait du remplissage pour tenir ses cases horaires… Bref, quelques anecdotes bien sympathiques agrémentées des bande-annonces des films pour te donner l’envie de revoir certains films comme ça, la version de 1980, emblématique et la préférée de l’auteur.

Cela a été aussi l’occasion pour moi de découvrir qu’il y avait des adaptations que je ne connaissais pas, comme celle de Mr Mercedes, visiblement assez confidentielle aux Etats-Unis, même si elle est de qualité. Ou encore de Castle rock par Canal + en série, dont la deuxième saison n’a pas abouti au grand regret de King. Si tu aimes le Fantastique et Stephen King cela pourra t’intéresser. 🙂

La série TV du moment

J’en parlais dans ma watch #24 avant les fêtes, La Chronique des Bridgerton est LA série à ne pas rater sur Netflix en ce moment si tu aimes l’univers de Jane Austen et Gossip Girl. Je l’ai regardé en deux jours pendant les vacances de Noël et j’en suis ressortie mitigée.

En soi, c’est un très bon divertissement. La série bénéficie de somptueux décors intérieurs et extérieurs dont la ville anglaise de Bath, théâtre de la vie aristocratique et de certains romans de Jane Austen. Les costumes sont magnifiques pour certains, un peu exagérés pour d’autres mais toujours très pimpants. Il ne faut pas considérer la série dès le départ comme une reconstitution historique fidèle de l’époque régence, mais plutôt comme une uchronie qui s’en inspire. Ce qui explique que les costumes ne sont pas d’époque et que la reine est noire. Car c’est un autre des points forts de la série : proposer des héros qui sont noirs et plusieurs couples interraciaux parfaitement assortis. C’est plutôt rare, et cela se justifie aussi dans la fiction : La reine noire a épousé le roi blanc et les anciens esclaves se sont vus attribuer des titres et monter les échelons de l’aristocratie dans cette Régence uchronique. J’ai trouvé cela plutôt ingénieux. Un autre point fort est l’enquête pour deviner qui est Lady Whistledown, sorte de corbeau narrant les potins de l’aristocratie dans des gazettes digne de Voici, et influençant par ses commérages l’avenir de certaines familles bien nées. Certains passages sont drôles, d’autres plus dramatiques. Pour finir, la fratrie Bridgerton est intéressante car chacun a une personnalité propre, dont les frères tiraillés entre devoir et envies ou une soeur versée dans la libération féminine.

Cependant, malgré une qualité de réalisation et le plaisir que cela m’a procuré, j’ai tiqué sur certains détails comme des scènes de sexe qui n’en finissent pas dans un ou deux épisodes, nous faisant plonger dans un Cinquante Nuances de Grey pour adolescents. J’ai aussi peu apprécié l’intrigue aux grosses ficelles qui nous est servie autour de l’histoire d’amour des deux héros et surtout le thème du féminisme abordé pas très finement par la soeur de l’héroïne et l’héroïne elle-même. On sent qu’il s’agit bien d’une adaptation de livres de la Collection Aventures et Passion chez J’ai lu.

En conclusion, si tu as envie de regarder cette série, prend la comme un divertissement et rien d’autre, tu t’amuseras bien. Si par contre, tu es fan de reconstitution historique, passe ton chemin, tu vas faire une crise cardiaque !

Les challenges littéraires du mois

De nombreux challenges littéraires ont fleuri depuis le 1er janvier, aussi j’ai dû faire un choix pour t’en proposer quelques uns auxquels je vais participer par la suite :

Le Projet Ombre, qui prend la relève du projet Maki, centré sur la lecture de Nouvelles, novella et novelettes. Il est mené par la blogueuse et écrivain Manon d’Ombremont du blog Ombrebones. Le but est de mettre en avant et de lire le plus de nouvelles possibles en un an. Il n’y a pas de menus mais quatre paliers en fonction de l’objectif que l’on souhaite atteindre : L’ombre du Palmier, L’ombre à la douzaine, Le doublé de l’ombre et L’ombre acharnée. Des missions mensuelles agrémentent le challenge si l’on est joueur sur des thématiques de lecture : lire une nouvelle de Science-Fiction, ou qui parle du Carnaval ou du cirque, ou d’un auteur/rice francophone, etc… L’ensemble du challenge est complété par un concours pour gagner des livres en lien avec le nombre de lectures et les missions réalisées. Le challenge se valide par diffusion d’une chronique sur sa lecture ou un commentaire sur un réseau social littéraire (ex : Babelio, livraddict…) et en signalant sa lecture sur un google form prévu par Manon afin de compter les points. Si le challenge t’intéresse, tu peux t’inscrire sur le blog d’Ombrebones en déposant un commentaire sous son article de présentation qui recense les détails que je n’aurais pas mentionnés. Manon a également réalisé un article qui recense les éditeurs de nouvelles si tu ne sais pas où les chercher. Le challenge début le 3 janvier 2021 et se termine le 3 janvier 2022.

Le challenge des Littéravores organisé par Justine, fondatrice du club Lecture Les littéravores, sur le blog Un coin de bouquin se déroule également sur une année. Mais il n’est pas question de mettre en avant un genre. Il s’agit plutôt de s’amuser autour de thématiques littéraires et de sortir de sa zone de confort de lecture. Le challenge s’articule autour de 100 idées de lecture allant d’un genre, à un thème ou encore des trucs farfelus comme « Un livre dont la page 100 finit par un point » ou « un livre trouvé dans une cabane à livres ». Il comporte deux niveaux de difficultés : mettre un livre dans plusieurs catégories ou dans une seule. Tu dois choisir le nombre de livres que tu penses lire dans l’année sur la base de ces 100 propositions pour te donner une idée de palier à atteindre. Je le trouve intéressant car les thèmes sont faciles et il permet par la suite d’être croisé avec son bilan de lectures annuelles. En plus, Justine propose un tableau excel récapitulatif avec les 100 thèmes du challenge pour suivre tes lectures ! Pas besoin d’inscription pour ce challenge, mais tu peux laisser un commentaire sur son article de présentation et tagguer #Challengeleslitéravores si tu publies sur Instagram pour lui faire un peu de pub. 😉

Enfin, j’ai découvert sur Instagram plusieurs challenges de lectures jeunesse qui s’adressent à des enfants, des parents d’enfants ou des enseignants (je ne sais pas trop à vrai dire). La plupart des challenges proposent des thématiques de lecture d’albums ou de livres jeunesse mensuelles et sur toute l’année. Il y a le challenge 52 albums jeunesse de Labibliodegabichou, mené par l’instagrammeuse et ancienne libraire Lamousme pour son fils « Gabichou » avec 52 propositions d’albums jeunesse et trois à quatre thèmes par mois. Mais aussi le défi #Lireenmaternelle2021 par les instagrammeurs LecturesdeKik et Lespetitsliserons orienté aussi sur 52 semaines, avec 4 à 5 thèmes par mois. Il est spécialisé pour les classes de maternelles car Lespetitsliserons est enseignante. Enfin, le challenge 1 mois/1 thème 2021 de l’instagrammeuse Chuutpetitslecteursoccupés propose comme son nom l’indique un thème de lecture par mois autour de la littérature jeunesse pour les 0-10 ans.

Pour ma part, n’ayant pas d’enfants, et n’étant ni enseignante ni bibliothécaire en contact direct avec le public, je vais participer aux deux premiers challenges mentionnés. Attends-toi à voir apparaître mes PAL dans les prochains articles. Cela te donnera peut-être des idées de lecture !

Le podcast de la semaine

France Culture consacre une série de 4 podcasts autour de la philosophie des films d’animations japonais Hayao Miyazaki. Il s’agit d’expliquer un peu le sens et l’inspiration de certains films du Maître de l’animation japonaise comme Ponyo sur la falaise, Porco Rosso, Princesse Mononoké et Nausicaä.

Dans chaque podcast, un invité différent est convié afin de décrypter un peu les films à travers le prisme de la philosophie, ponctué d’extraits audios des films. On y abordera des thèmes transversaux à l’oeuvre de Miyazaki : la transformation, l’animisme, l’écologie, la nature humaine, l’amour de l’Europe et du Japon…

Mais ce sera l’occasion aussi d’aller plus en détails dans l’analyse : Ponyo est une version revisitée de la Petite Sirène qui évoque l’écologie des mers, Porco Rosso aborde le fascisme italien et l’amour de Miyazaki pour les avions…

J’ai découvert que chaque détails des films étaient réfléchis comme l’utilisation du parapluie par Totoro comme instrument de musique, ou le bruitage qui apporte l’ambiance particulière.

J’ai trouvé dans le premier podcast que l’analyse du philosophe invité était très juste : Miyazaki nous propose des films qui peuvent avoir une vision japonisante avec une recherche d’un mode de rapport équilibré à la nature qui renoue avec l’animisme. Mais aussi une vision universelle, car ses films réussissent à nous toucher, au-delà du côté animisme, avec l’introduction d’éléments européens notamment ou les réflexions sur la nature humaine.

Chaque podcast dure 58 à 59 minutes chacun et est disponible jusqu’au 29 avril 2021 pour le premier podcast. Je t’invite à t’arrêter à la minute 53 en général, pour éviter d’écouter le journal de la philosophie, si cela ne t’intéresse pas.

Le concours d’écriture du moment

Si tu écris actuellement une romance, le concours organisé par les éditions Harper et Collins / Harlequin et sa Collection&H, pourrait t’intéresser ! Pour participer, ton histoire devra comporter les éléments suivants :

  • Etre une romance et avoir une fin heureuse (mais aussi quelques obstacles)
  • Il doit appartenir au sous-genre New Adult (=avec des héros âgés entre 25 et 35 ans)
  • Le manuscrit doit comprendre entre 300 000 et 500 000 signes.
  • Et il doit être envoyé avant le 15 mars sur le site de Harper et Collins, rubrique Manuscrits.
  • L’objet de l’email doit être « Concours Serieously »

Qui a-t-il à gagner ? Tout simplement une publication de ton histoire en version papier ou numérique chez l’éditeur Harper et Collins / Harlequin ! Alors si tu as l’envie et l’inspiration, n’hésite pas à participer ! 🙂

L’artiste de la semaine

J’ai fait la connaissance de la boutique Le Petit Peuple Caché la semaine dernière, via l’illustratrice Juliette Amadis (dont je t’ai déjà parlé dans une veille précédente). Il s’agit d’une créatrice de petites créatures magiques réalisées en pâte polymère qui débute sur Etsy, mais qui propose déjà un univers amusant et sympa, agrémenté d’histoires sur ses personnages. Ses réalisations ont l’air de qualité et ont de bons retours sur sa boutique.

Sur sa page instagram, elle a commencé à raconter l’histoire de chacun de ses personnages, tout en décrivant son entreprise et c’est très amusant. Tu apprendras ainsi concernant les champignons que « Pour accéder au rang de Maître, le Chiampi se doit de commettre un fait d’arme approuvé par le Manitou Suprême de sa Confrérie, entraînant par conséquent divers incidents et catastrophes «  (extrait du post sur les champignons). Ou encore que le Gragül, mi-troll mi-gnome est « plutôt affectueux et timide malgré sa tête de bouledogue patibulaire… »

Personnellement, je suis très fan de ses pousses de bébé mandragores qui sont absolument mignonnes et des champignons Maîtres Chiampis espiègles !

Si son travail t’intéresse, n’hésite pas à consulter sa page Instagram ou sa boutique Etsy. 😉

Voilà, ma veille est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Galette des rois et challenges littéraires,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

L’Héritage du rail, La dernière geste, deuxième chant, Morgan of Glencoe, éditions ActuSF

Suite directe de Dans l’ombre de Paris, que j’avais fort apprécié, L’Héritage du Rail nous emmène dans une nouvelle aventure de Yuri, la princesse japonaise, qui se forge une nouvelle identité et en apprend plus sur son héritage maternel. Un nouveau chapitre riche en personnages au charme envoûtant.

Résumé : Alors que la nouvelle se répand en Keltia, Yuri, ramenée de force à l’ambassade du Japon, est déterminée à reprendre sa liberté malgré tout. Mais comment fuir, et où trouver refuge ? Seul le Rail semble désormais capable de lui donner asile…

Mon avis :

Attention ! Cet article comprend des spoilers sur le premier tome. Si vous n’avez pas lu Dans l’ombre de Paris, je vous conseille de vous référer d’abord à ma première chronique sur ce sujet, ou de lire le livre tout simplement. Je ne peux malheureusement pas évoquer ce deuxième tome sans révéler certains détails. 🙂

Par ailleurs, comme je demande peu de services presse, aussi je tiens à remercier vivement les éditions ActuSF pour l’envoi de ce livre, qui m’a bien fait plaisir.

Un roman sous l’égide de l’amour, du deuil et du Rail

Dans le premier tome, nous avons quitté les Rats, massacrés par les soldats du roi de France venus secourir Yuri. Pendant l’assaut, Sir Longway est tombé sous la lame du jeune Prince mettant fin ainsi à son règne sous les égouts et anéantissant les relations commerciales entre Keltia et le Rail dont il était le dépositaire. Yuri est rentrée malgré elle au palais pour suivre son destin de future reine de France, encore sonnée par le sacrifice de ses amis. Mais la découverte d’une autre vie et le deuil des Rats va l’empêcher de rester impassible face au sort des plus faibles et lui donner la force de tracer sa voie.

Le deuil du personnage emblématique qu’était Sir Longway et de la communauté des Rats marque profondément ce deuxième tome. Entre balades mélancoliques chantées par la fée-barde, rituels de deuil keltiens, enterrement et testament, l’Héritage du Rail trouve bien son titre.

Chacun des personnages sera amené à dépasser la perte des êtres chers pour aller de l’avant et trouver sa voie à sa manière. Gabrielle de France portera le deuil de son vieil ami, au grand dam de sa famille, ravivant ainsi de vieilles rancœurs. Kenzo, le père de Yuri va laisser peu à peu se fissurer son masque d’impassibilité. Pyro va entraîner son frère sur le Rail…tout comme Yuri.

Nous voyagerons à bord du Rail et des fourmis. Nous connaîtrons leur solidarité, leurs règles de vie et nous vivrons de nouvelles aventures dans les paysages glacés de Russie, avant d’arriver en Keltia.

Malgré la mélancolie qui règne, l’amour sera l’élément clé qui permettra aux personnages d’être sauvés. Le meilleur exemple en sera le couple formé par Bran la Selkie et Ren le Spectral-Guérisseur. Il faudra toute la patience de Ren et son énergie vitale pour redonner vie à sa petite-amie, affectée à la fois par le deuil de son père et ses blessures graves de combat. Ren fera une rencontre inattendue lors du récit, qui lui permettra également de faire le deuil de son frère/soeur évoqué dans le premier tome.

Des personnages qui gagnent en profondeur

La force du récit de Morgan of Glencoe, outre son style poétique semblable à une mélopée, réside dans ses personnages à la psychologie très étoffée. Si l’on croyait que Yuri était le personnage principal d’un récit où les autres ne sont là que pour la mettre en valeur, ce serait une grave erreur.

Dans L’héritage du rail, chaque personnage a son importance, car chacun apporte sa couleur au récit. Et ils évoluent énormément par rapport au premier tome ! Je n’imagine pas le temps passé par l’autrice à développer les fiches de ses personnages lors de l’écriture de son roman. Je la soupçonne même de nous donner seulement un aperçu de ce qu’ils sont réellement dans son imaginaire personnel.

Sans pour autant détailler l’évolution de chacun, j’évoquerais quelques personnages clés :

Tout d’abord Yuri, qui cherche et réussit à se forger une identité proche des valeurs keltiennes, en apprenant à se défendre seule, à faire preuve de solidarité et surtout à être vraie.

Ensuite, Bran, qui en guérissant successivement de ses deuils et de ses blessures, profite du temps passé avec Ren et se prépare doucement à son avenir de Barde.

Aliénor, quant à elle, tire son épingle du jeu à la Cour du Roi de France en réalisant des choix discutables tout en révélant une intelligence et un côté manipulateur hors pair. Dans le même temps, le jeune Prince Louis-Philippe dévoile sa vraie nature qui fait un peu frémir.

Levana, la garde du corps créé génétiquement pour la protection de Yuri, accepte sa part d’humanité au contact des Fourmis qui ne la considèrent pas comme un monstre de laboratoire.

Enfin, Pyro trouve sa voie professionnelle, Alcyone trouve l’amour et Ryuzaki découvre un secret sur ses origines.

A la manière de poupées russes, les récits des uns et des autres s’entremêlent et se croisent pour n’en former qu’un, à la manière des dragons évoqués par Kenzo et Longway dans leur danse du sabre, et c’est très réussi.

Vers une découverte de Keltia la libre et de Badgad la mystérieuse

Longtemps évoqué dans le tome précédent, Keltia, terre des fées et créatures magiques, mais aussi des hommes et des femmes libres, nous est enfin présentée. Enfin… nous aurons un petit aperçu d’Oxford et parfois le monde irréel des Bardes de Taliesin !

Inspirée de la Grande Bretagne et des terres de légendes telles que l’Ecosse, la Cornouailles et l’Irlande, chères au coeur de l’autrice, nous découvrons enfin, au terme du voyage du Rail, ce pays tant décrié par la France car considéré comme barbare.

Entre l’enterrement de Sir Longway sur sa terre natale et la maison de l’oncle de Bran, Keltia se révèle un pays pluvieux, frappé par la rudesse de la vie, mais dont les habitants sont chaleureux comme une tasse de chocolat chaud.

A travers ce pays inventé, Morgan of Glencoe évoque des valeurs bienveillantes qui redonnent de l’espoir à ses personnages comme à son lectorat : la liberté de devenir qui l’on veut, d’aimer qui l’on veut, l’égalité des sexe, un gouvernement dont on doit se montrer digne. En Keltia, la solidarité, l’espoir d’un monde meilleur, le féminisme et le LGBTQ+ ont le vent poupe et tout le monde trouve cela normal.

Comparé aux autres pays qui écrasent les plus faibles, discriminent les minorités et où l’hérédité du pouvoir (sans réelles compétences) est de mise, on peut comprendre que Keltia est considérée comme un danger qui menace l’ordre établi.

Mais je pense qu’il faudra attendre le troisième tome de cette série pour enfin plonger totalement dans l’univers Keltien. Car la mère de Yuri, Mona, était keltienne et cela commence a être tout juste exploré en fin de récit.

Nous effleurerons également une autre partie de l’univers de la Dernière Geste dans ce deuxième tome : les pays arabes avec les personnages de Abbas Benacer, le diplomate-émissaire présent à la Cour de France et Kimiya Mchezaji, une danseuse célèbre et mystérieuse. Ils nous emmèneront brièvement dans le désert, et apporteront une touche politique au récit, qui devrait porter ses fruits dans le troisième tome.

Quelques détails sur le style de l’autrice

Quand j’ai lu Dans l’Ombre de Paris, j’ai été frappée par l’utilisation de chansons dans le récit, de façon récurrente et principalement en anglais. Cela est dû au fait que Morgan of Glencoe est musicienne : elle joue de la harpe, et cela se ressent dans la manière dont est rythmée son histoire. On a l’impression de lire une histoire des temps anciens, avec de nombreuses aventures et des héros en plein apprentissage.

L’histoire se répète dans L’Héritage du Rail, qui propose des documents en annexe en anglais et leur traduction. Car c’est l’autre particularité de ces histoires : certains passages sont en anglais, japonais ou encore langue des fées, voire en russe. L’autrice apprécie d’ajouter une touche linguistique pour différencier les origines des personnages. Cela apporte un côté multiculturel à son récit, qui pourra peut-être dérouter certains. Heureusement pour nous, des notes de bas de page et des traductions en fin d’ouvrage aident grandement à la compréhension. Ce n’était pas forcément le cas dans le premier tome, aussi j’ai encore mieux apprécié celui-ci.

En conclusion : Un univers original, riche et bienveillant, des personnages inoubliables, un voyage qui nous transporte au delà de notre imagination… Morgan of Glencoe signe ici un deuxième tome plus fort que le premier, confortant mon sentiment que cette série est une vraie pépite. Je vous invite fortement à la découvrir ! Pour ma part, j’attends la sortie du tome 3 de cette série, qui j’espère se terminera bien pour l’héroïne.

Publié dans Questions existentielles

Bilan lecture de fin d’année 2020 et projets 2021

Les vacances de Noël sont là et je vais prendre quelques jours de repos d’ici le 1er janvier. Je vous propose un petit bilan de mes lectures 2020 avec ses tops et flops, de mes projets accomplis cette année, ainsi que quelques informations exclusives sur mes projets à venir pour le blog en 2021

Bilan lecture 2020

En 2020 lu 60 livres. Notez que je ne chronique pas tout et qu’il n’y a pas 60 vignettes sous ce paragraphe mais l’information est vraie, il faudra me croire sur parole… 🙂

Ce chiffre, je le trouve ridiculement bas. J’ai bien quelques excuses pour justifier ce résultat dont mon déménagement en juin pour une nouvelle région. Mais pour être honnête, mon plus grand obstacle reste mon téléphone portable, sur lequel je passe beaucoup trop de temps, et qui grapille des heures que je pourrais consacrer à la lecture. En résulte une grosse frustration de ne pas lire plus, donc ce sera certainement un de mes objectifs 2021 (avec me débarrasser de mon addiction à mon téléphone ! )

Coups de coeur et Flops lectures 2020

Evoqués durant mon live Instagram réalisé le 20/12/2020 (que tu pourras retrouver sur mon compte Instagram rubrique Live IGTV ), j’ai eu trois coups de coeur lecture cette année. Les voici :

Il s’agit de Les secrets du Premier Coffre de Fabien Cerutti, La 25ème heure de Feldrik Rivat et Les Nocturnes de Tess Corsac. Tu peux retrouver mes chroniques sur chacun des livres en cliquant sur leur titre pour le détail. Pour résumer, ce sont tous les trois plus ou moins des uchronies liées à l’Histoire ou la Science, autrement dit des mondes imaginaires ayant pour base un présent réel dans lequel un élément fantastique ou magique vient s’interposer pour créer une autre réalité. J’ai remarqué que c’était un genre (ou du moins une thématique) que je plébiscite souvent dans mes choix de livres car j’aime réfléchir à aux réalités alternatives 🙂

A côté de mes coups de coeur, j’ai eu aussi des flops littéraires cette année :

Il s’agit de Sauvage de James Bradbury, Cendres de Johanna Marines et Moitiés d’âme d’Anthelme Hauchecorne. Pour le détail, tu peux aussi cliquer sur les titres des livres qui te renverront à mes chroniques détaillées. La plupart du temps, j’ai quand même trouvé des qualités aux histoires mais j’ai été déçue soit par la construction du récit, soit par une allergie à un personnage ou tout simplement parce que je n’ai rien compris à l’histoire. Sur ce dernier point, je pense que j’ai un problème avec les auteurs contemporains ou de Nature Writing américains. Je ne sais jamais où ils veulent en venir dans leurs récits ! Mais je ne désespère pas de trouver un livre qui pourrait contredire cette impression…

Mon profil de lecture

J’ai voulu réaliser quelques statistiques concernant mes lectures afin de me rendre compte de mon profil de lectrice et envisager de m’ouvrir à d’autres genres, types ou thèmes. Je sais, c’est un peu tordu comme principe, mais cela peut s’avérer éclairant sur ses pratiques personnelles. En voici le résultat pour l’année 2020 :

Concernant les types de livres, sur 60 livres, j’ai lu : 42 romans, 26 nouvelles, 3 Bande-dessinées, 2 biographies, 2 beaux-livres, 1 recueil de contes et 1 documentaire de psychologie. J’en déduis que je suis amatrice de romans ! J’ai commencé à lire des nouvelles il y a peu, suite à une sorte de panne de lecture pendant le Pumpkin Autumn Challenge, et cela m’a plutôt réussi. Pour les autres types comme les documentaires ou les BD, cela était lié à une thématique qui m’intéressait ou pour respirer entre deux romans. A force de lire des pavés, on a parfois envie de varier les plaisirs…

Parmi ces livres, on retrouve les genres et thèmes suivants : 19 romans de Fantasy, 15 romans de Fantastique, 5 romans policiers, 5 Romances, 4 romans steampunk, 4 romans historiques, 2 romans gothiques, 2 western, 2 romans de Nature Writing, 1 roman contemporain, 1 roman post-apocalyptique, 1 documentaire de psychologie, 1 biographie sur l’écriture. Certains romans sont difficiles à classer car ils entrent parfois dans deux catégories. J’ai donc pris le genre qui était le plus marquant dans ce cas de figure. Mais au sujet de ce mélange des genres, j’ai noté que j’avais tendance à lire des uchronies historiques (Fantastique + Historique ou Fantasy + Historique), du Policier steampunk et de la Fantasy steampunk. Je suis étonnée de pas trouver plus de romans steampunk dans mes lectures alors que c’est un genre que je plébiscite beaucoup.

Pour finir, je lis principalement de la littérature adulte ( 31 documents), mais aussi de la jeunesse (16 documents) et du Young Adult ( 12 documents). Le résultat m’a surprise, car j’ai l’impression de lire beaucoup de Young Adult mais visiblement ce n’est pas le cas…

En conclusion, je suis une lectrice de romans adultes de Fantasy en général, avec des subtilités sur ce que j’entends par Fantasy (car il y a des croisements de genre et des sous-genres dans mes lectures).

Littérature et inclusion

Dans le club lecture Les littéravores dont je fais partie, nous avons eu une discussion sur nos PAL lues de l’année, et certains sujets d’actualités comme l’inclusion. Voici quelques questions qui en sont ressorties :

Est-ce que je lis plus d’auteures que d’auteurs ? La réponse est non. Sur 60 livres, seulement 27 lectures ont été écrites par des femmes. Curieusement, j’ai toujours l’impression de lire beaucoup plus d’auteures que d’auteurs, mais ce n’est pas le cas.

Est-ce que je lis de la littérature incluant concernant la communauté LGBT+ ? Oui, mais pas assez : seulement 8 livres dans mes lectures 2020 : Le phare au corbeau de Rozenn Illiano, le recueil de nouvelles collectives Félin, Peau d’Homme de Hubert et Zanzim, Sauvage de James Bradley, Je suis fille de rage et Un Royaume de vent et de colères de Jean-Laurent Del Socorro, Félines de Stéphane Servant, Le Prince et la couturière de Jen Wang.

Est-ce que je lis de la littérature incluant des personnages noirs ? Presque pas. J’en compte seulement deux dans mes lectures 2020 : Je suis fille de rage de Jean-Laurent Del Socorro et Engrenages et Sortilèges d’Adrien Tomas. Je n’y pense pas et surtout je n’en connais que très peu. Et je dois avouer que parmi les genres que je plébiscite (Fantastique et Fantasy), ce n’est pas courant d’en rencontrer ou ils ne sont pas mis assez en avant.

Bilan de mes objectifs 2020

L’an dernier à la même époque, j’ai réalisé un bilan 2019 avec des objectifs pour l’année 2020, et j’y suis revenue plus tard après mon déménagement pour annoncer quelques changements. Qu’ai-je accompli cette année par rapport à ces propositions ? Ai-je tenu mes engagements ?

J’ai réussi à tenir mon journal de mes lectures de l’année 2020 : cet article en est l’aboutissement ! Ma technique est de noter mois par mois mes lectures, en prenant comme pense-bête mes publications sur le blog. Cela peut sembler inutile, mais je trouve que c’est un outil d’étude précieux pour évaluer ses lectures.

J‘ai réussi à maintenir mon planning de publication pour le blog et je produis deux à trois articles par semaine, toutes les semaines. J’avoue que c’est parfois difficile en veille de vacances ou quand la fatigue s’en mêle. Cependant, j’ai compris à quel moment m’octroyer des plages de repos et surtout à relativiser vis à vis des publications. Mon astuce : ne pas tenir un planning rigide avec des sujets précis mais en avoir plusieurs en tête et réaliser celui qui me plaît le plus ou me demande le moins d’énergie selon mon état.

J’ai lancé deux types d’articles nouveaux dans l’année pour mettre en valeur la sphère littéraire. Le premier est regroupé dans ma rubrique Vie de Lectrice et regroupe des mode d’emplois ou des interrogations vis à vis de pratiques littéraires de la blogosphère. Le but est de vulgariser ces pratiques au grand public pour lui faire découvrir combien c’est passionnant et que l’on peut s’amuser avec les livres. Le second est ma veille littéraire du net, dans la rubrique du même nom. Il s’agit de partager mes découvertes autour de la sphère littéraire à l’ensemble de mes abonnés. Cela m’oblige à sortir de ma zone de confort parfois pour l’alimenter mais c’est très enrichissant.

J’ai rejoint deux communautés de blogueurs littéraires dans l’année. La première en ouvrant un compte Instagram pour le blog, ce qui m’a fait découvrir de nouveaux passionnés de livres avec qui j’échange de temps en temps. La seconde avec le club Lecture Les Littéravores, où je retrouve 11 amoureuses de livres, provenant d’univers différents, et avec qui j’ai des conversations passionnantes.

J’ai participé à 5 challenges au cours de l’année avec plus ou moins de succès : Les irréguliers de Baker Street, Le Mois Américain, Pumpkin Autumn Challenge, les challenges du PLIB 2020, Le Ho Ho Ho challenge (actuellement en cours). J’ai appris à réaliser une PAL thématique, à moduler mes lectures pour ne pas tomber en panne, et quelques astuces pour éviter de se laisser déborder. C’était très enrichissant et cela m’a donné des idées pour construire mon propre challenge en 2021.

J’ai été jurée pour un prix littéraire autour de la Littérature de l’Imaginaire avec le PLIB. Même si je ne participe pas à nouvelle édition pour des raisons que j’ai déjà évoquées dans mon bilan de Jurée, j’en retire une expérience intéressante qui m’a fait rencontrer d’autres blogueurs et lire des livres situés hors de ma zone de confort.

Un des écueils de cette année, est que je n’ai pas réussi à avancer sur mon roman dédié au personnage de Miss Chatterton comme prévu. Mais je me suis inscrite à un premier atelier d’écriture de Janvier à Mai à Lyon, et un second en Ardèche, actuellement suspendu à cause de la crise sanitaire. J’ai aussi commencé à suivre la Masterclass d’écriture de Cécile Duquenne sur internet. Cela m’a aidée à envisager plus sereinement l’écriture et à construire un peu mieux mes récits. Je ne désespère pas de réaliser une histoire plus travaillée d’ici deux ans.

Je n’ai pas réussi non plus à terminer ma PAL avant le festival des Imaginales 2020, mais je ne pense pas que cela soit possible… car j’ajoute des livres tous les mois ! Donc, disons que cela se fera dans le temps…

Mes objectifs 2021

Mon idée principale est de faire avancer ce blog pas à pas. Donc pour l’année 2021, j’ai prévu de :

Lire plus : Comme mon amie Babitty du blog Histoire Naturelle de Bibliophiles, je vais me consacrer au moins une fois par semaine à une soirée lecture. Et surtout, me prévoir des weekend déconnectés, sans téléphone.

Proposer de nouveaux articles sur les ateliers d’écriture : cette rubrique n’a pas été actualisée depuis au moins juillet 2020. J’ai quelques biographies d’auteurs connus que je souhaite synthétiser pour en réaliser des articles à défaut de proposer de réels ateliers pour le moment.

Proposer mon propre challenge littéraire : c’était déjà un projet en 2019 et il se concrétise. Après avoir passé un an à essayer d’autres challenges et à réfléchir à un thème, je lancerai mon challenge en Avril 2021 sur mon blog et les réseaux sociaux. Je garde pour le moment le thème secret, ce sera une surprise. J’espère que tu seras au rendez-vous. 🙂

Animer un rendez-vous mensuel en live autour d’un thème littéraire : En 2021, j’ai comme projet d’animer un live autour de la littérature Steampunk pour te la faire découvrir. Cela prendra la forme de rendez-vous, chaque dernier dimanche du mois, autour d’une thématique qui regroupe trois livres steampunk. Je réalise ce live en partenariat avec French-steampunk.fr. La seule chose qui reste à définir est le choix de l’outil de diffusion, mais je te tiendrai au courant assez rapidement.

Voilà pour ce bilan 2020 et mes perspectives 2021. Cet article était long, aussi je te remercie de ton courage pour l’avoir suivi jusqu’au bout. Afin de te récompenser, voici un gif rigolo

Je prends une pause bien méritée pour la période des fêtes, donc il n’y aura pas de publication avant le 1er janvier 2021. Je te souhaites de passer de bonnes fêtes à toi et à tes proches. 🙂

Bûche et galette des rois,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Le Roi des Aulnes, Nixi Turner contre les Croquemitaines T5, Fabien Clavel, éditions du Chat Noir

Un dernier tome de saga centré sur la maltraitance infantile qui ne m’a pas laissée indifférente…

Résumé : Nixi doit affronter son ennemi, le Roi des Aulnes, mais elle ne sait pas que quelqu’un l’espionne. Tous les élèves pensent que Jennifer est folle, cependant l’adolescente est loin d’être bête et a vite compris que Nixi n est pas une fille comme les autres. Depuis la rentrée, des choses étranges se produisent et Jennifer compte bien découvrir toute la vérité.

Mon avis :

Jennifer, folle à lier ou fille intelligente ?

Dans cet opus, le Scooby Gang (ou les Thérioctones comme dirait Hugo) va venir en aide à Jennifer, la tarée de la classe que l’on aperçoit depuis le début du tome 1, entre deux crises. Cette dernière sent que quelque chose ne tourne pas rond chez son père, qui la bat depuis le départ de sa mère et a sombré dans l’alcoolisme.

L’auteur nous décrit avec justesse la culpabilité de la jeune fille et sa difficulté à demander de l’aide au départ. Elle pense que si son père la bat, c’est parce qu’elle a des crises de folie. Donc, que c’est de sa faute. Elle cache ses bleus sous du maquillage, une frange qui lui mange le visage et des pulls informes. Elle a posé un verrou sur la porte de sa chambre. Elle ment à son thérapeute sur les raisons de sa frayeur, comme si les mots restaient bloqués en elle. Et chaque soir, quand elle rentre un peu tard, elle tremble de peur à l’idée que le monstre habitant chez elle se réveille et vienne la frapper.

Malgré sa détresse, c’est une jeune fille attentive et intelligente qui essaie de s’en sortir. Elle a compris plus ou moins ce que Nixi faisait avec la bande et va se rapprocher d’eux. Elle deviendra l’élément intelligent dont ils ont parfois besoin et trouvera parfaitement sa place chez les Thérioctones.

Un dernier croquemitaine difficile à éliminer

Le dernier combat avec le Marchand de Sable a laissé Nixi blessée et affaiblie. Les Enfers sont figés dans la glace à cause de l’intervention de Chora dans le tome 4. La Chasseuse de croquemitaine ne part pas gagnante et aura plus que jamais besoin de l’aide de ses amis pour réussir sa mission.

Par ailleurs, le dernier croquemitaine, le Roi des Aulnes, est présenté comme le chef des monstres et très difficile à tuer. Si nous étions dans un jeu vidéo, je dirais que c’est le boss de fin. Il réservera deux ou trois surprises à la bande qui pimentent le récit et que personnellement, je n’ai pas vu du tout venir.

Le côté humain de Nixi atteindra son apogée dans ce dernier tome : elle aura peur de mourir ou que ses amis meurent par sa faute. Un choix sera à faire pour détruire le Roi des Aulnes et il ne sera pas facile. Mais le naturel reprendra vite le dessus : d’abord on tape, et après on réfléchit. La méthode bourrin de Nixi face au danger…

On notera une grosse référence à la série Buffy contre les vampires, plus présente que dans les autres tomes, autour du personnage de Nixi et de son rôle réel aux Enfers. Mais je n’en dirai pas plus pour éviter de vous spoiler un des rebondissements.

Quelques bémols (attention Spoilers)

Si ce tome a le mérite de bien terminer la saga de Nixi Turner, j’ai noté quelques détails qui m’ont fait moins accrocher au récit vis à vis des tomes précédents.

Tout d’abord, j’aurais apprécié que la maltraitance dont est victime Jennifer soit un peu plus développée. On sait peu de choses concernant son père, ce qui lui est arrivé et son état dépressif/alcoolique. Est-ce que la jeune fille est battue tous les jours ? Pourquoi n’appelle-t-elle pas sa mère ? J’ai l’impression que l’on esquisse ici le problème, peut-être par pudeur envers les jeunes lecteurs. Et je n’ai pas compris d’où provenaient les crises de la jeune fille. Sont-elles liées au croquemitaines s’il a pris possession de son père ?

J’aurais bien aimé rencontrer Hadès, le père de Nixi dont on entend parler, mais que l’on jamais. Je m’attendais à un final avec le Dieu des morts apparaissant miraculeusement, mais il n’en a rien été. Je suis un peu déçue à ce niveau. L’auteur a préféré mettre en avant les enfants en tant que héros, plutôt que les adultes, et je reconnais là un choix d’écriture vis à vis de son public cible.

Enfin, les répétitions de certaines situations, comme les dialogues improbables entre les collégiens lors de moments de danger manquaient de nouveauté. C’était amusant mais redondant. Cela a été compensé par les multiples rebondissements finaux, mais je reste sur ma faim malgré tout.

En conclusion : Une fin soignée, aux rebondissements imprévus, qui met en avant le courage des personnages principaux devant l’adversité. On trouvera également pour ce dernier tome la thématique de la maltraitance infantile qui est abordée avec finesse mais pas assez développée à mon goût. Une bonne fin de saga parfaitement adaptée à un jeune public, mais peut-être pas assez développée pour un adulte.

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #24

Au sommaire de cette veille littéraire du net : un prix littéraire de la plus mauvaise scène érotique, des auteurs de Science-Fiction recrutés par l’armée, plusieurs calendriers de l’avent sur Instagram pour gagner des livres, un appel à texte pour un premier roman jeunesse, un salon littéraire virtuel, une soirée contes au coin du feu virtuelle et des docu-fictions autour de la prostitution française au XIXème siècle.

L’article de la semaine

Cette semaine, deux articles m’ont interpellée sur Actualitté mais dans un genre tout à fait différent.

Le premier concerne le recrutement d’auteurs de Science-Fiction par l’armée française… afin d’envisager des scénarios catastrophe futurs. Cela ressemble à une blague, mais c’est tout à fait réel. Appelée la Red Team, elle regroupe 10 illustrateurs, romanciers et scénaristes, qui vont travailler sur trois scénarios différents aux thématiques précises : la cyberpiraterie, les migrants climatiques, la dépendance technologique, le puçage systématique des individus, etc… Une vidéo de présentation est disponible afin d’expliquer le projet par l’armée. Personnellement, j’ai trouvé l’idée très intéressante car pour une fois on met l’imagination au service d’un projet sérieux et d’avenir. Reste à voir comme le projet évolue et si cela n’est pas juste un coup de pub de l’armée. A noter que quelques grands noms sont associés au projet : Laurent Genefort, Romain Lucazeau ou encore Xavier Mauméjean.

L’autre article, qui m’a plutôt fait sourire, concerne le Bad Sex in Fiction Award, autrement dit le prix récompensant l’auteur de la plus mauvaise scène de sexe de l’année. C’est un prix que je ne connaissais pas et qui est organisé par un journal londonien appelé The Literary Review depuis 1993. Cette année, le prix a été annulé apparemment à cause d’un nombre de productions insuffisant, mais aussi parce que l’année étant assez pourrie, le jury à jugé que ces scènes de sexe pouvaient nous traumatiser davantage… Bref, si tu sais lire l’anglais, tu pourras retrouver l’ensemble des auteurs ayant reçu cette récompense les années précédentes et la liste de leurs ouvrages sur le site de la revue. Sur l’article d’Actualitté, on cite entre autres, pour le gagnant 2019 qui est l’auteur français Didier Decoin, avec une scène assez traumatisante de masturbation issue du livre Le jardin bureau des jardins et des étangs, qui m’a laissée coite… Je trouve ce genre de prix hilarant et j’apprécie tout particulièrement l’humour anglais qu’on y retrouve derrière. En revanche, je n’aimerais pas faire partie du jury. J’ai peur d’être traumatisée par toutes ces lectures… 😀

Le concours/appel à textes du moment

Gallimard jeunesse, RTL et Télérama s’associent pour lancer un appel à texte dans le cadre d’un concours de Premier roman jeunesse, à destination de jeunes auteurs débutants.

C’est ce concours qui a lancé il y a quelques années Christelle Dabos avec la Passe-Miroir, et Lucie Pierrat-Pajot avec Les mystères de Larispem.

Il s’agit d’écrire un roman qui s’adresse aux enfants ou aux adolescents et a pour date limite le 4 avril 2021.

Concernant les conditions de participation, les participants peuvent être mineurs ou majeurs. Ils ne doivent pas avoir déjà publié auprès d’une maison d’édition (mais les manuscrits en autoédition sont autorisés). Le manuscrit doit comprendre au minimum 120 000 signes et une seule participation est autorisée.

A gagner : un contrat avec la maison d’édition Gallimard jeunesse pour la publication de son roman.

Si le sujet t’intéresse, je t’invite à lire le règlement disponible sur le site du concours et à remplir la fiche de candidature. Personnellement, je trouve le timing trop juste pour proposer quelque chose, mais qui sait, peut-être auras-tu envie de participer ? 😉

Les concours Instagram de la semaine

Avec la période des fêtes qui approche, les calendriers de Noël fleurissent sur Instagram et te proposent chaque jour des livres à gagner. J’en ai relevé deux :

Sur la page Instagram et la page facebook de la blogueuse The Eden of books, de nombreux livres récents sont à gagner tous les jours avec des genres différents, et même une box Kube pour les amoureux des livres. Certaines cases sont ouvertes plusieurs jours pour participer, donc les dates de fin de concours diffèrent en fonction des livres. Pour participer, il suffit d’être abonné à la page Facebook ou Instragram de la blogueuse, et de la maison d’édition qui propose le livre, de liker le post, d’indiquer en commentaire que tu participes en invitant des amis, et de partager le post en Story en identifiant la blogueuse. Le calendrier de l’avent est ouvert à toute l’Europe (chose rare) et durera probablement jusqu’au 24 décembre avec une publication par jour. Le gagnant est annoncé le lendemain de la date limite de participation, probablement par message privé.

Si tu préfères te recentrer sur des romans Young adult ou de littérature de l’Imaginaire adulte, les Editions Scrineo proposent chaque jour un livre à gagner sur leur page Instragram, Facebook et compte Twitter issu de leur catalogue 2019-2020. Tu peux participer en étant abonné à l’une de leurs pages, liker le post du jour, et inviter deux amis minimum en commentaire. Chaque case est ouverte le jour même jusqu’au lendemain à 12h. Le résultat est annoncé sur la case concernée le lendemain avec un tag de la personne ayant gagné le livre. Bonne chance !

Les évènements littéraires à venir

Le samedi 19 décembre prochain, le Centre de l’Imaginaire Arthurien et l’Office de l’Imaginaire ardennais proposent une soirée veille au coin du feu avec des contes de Noël narrés par quatre conteurs talentueux, dont le célèbre elficologue Pierre Dubois. Je t’ai déjà parlé de Pierre Dubois dans ma veille #11, souviens-toi. C’est un vieux barbu qui a relancé l’intérêt pour les contes de fées en France en produisant des recueils pour enfants magnifiquement illustrés. Concernant la veillée, elle aura lieu en live sur l’événement Facebook créé pour l’occasion à 20h. Je pense que l’on va passer un bon moment. 🙂

Le même weekend, le salon Virtua’ livres réitère une nouvelle édition du vendredi 18 au dimanche 19 décembre, avec des dédicaces d’auteurs et surtout conférences littéraires intéressantes auxquelles tu peux participer sur Discord. Au programme : L’art de créer une saga littéraire et un univers étendu par Christopher Evrard (samedi 12h-13h30), Mythes et Légendes et leurs influences par Krystopher Shan Duncan (samedi 16h-17h30), Littératures de la Belle Epoque par les Editions Luciférines (Dimanche13h-14h30), ou encore Créer un prix littéraire à l’heure des réseaux sociaux par Céline du PLIB (Dimanche 19h-20h30). Le salon virtuel a lieu sur un salon Discord dont le lien est indiqué sur la page Facebook de Virtua’Livres ainsi que son programme complet. Je te recommande d’y faire un tour : c’est un salon né lors du premier confinement, qui met en avant de petites maisons d’éditions et propose des activités sympas. Un bon moment pour retrouver des amoureux de la littérature tout en restant chez soi !

Sinon, et c’est la nouveauté de mon calendrier, tu peux me retrouver désormais chaque mois en virtuel sur Discord aux Apéristeam pour parler steampunk. L’évènement a lieu une fois par mois, en général le vendredi soir et les dates (et le lien discord) sont annoncés sur les pages Facebook et Instagram de l’association French-Steampunk (dont je fais partie).

Qu’est ce qu’on y fait ? On rencontre des vaporistes (= des gens qui font du steampunk), on participe à des quizz et on prend l’apéro en direct !

J’ai décidé de renouer avec le Steampunk pendant le confinement, car c’est pour moi l’occasion de reprendre un projet littéraire en lien avec la communauté que je te présenterai en Janvier sur le blog. Donc patience et en attendant, n’hésite pas à passer sur le Discord pour me faire coucou ! 🙂

La vidéo de la semaine

Je t’avais déjà parlé du Stryge et de sa chaîne youtube proposant des romans feuilletons à écouter autour de vampires, de loup-garous ou de Russie (c’était dans ma première Veille !). Le youtubeur-auteur s’est mis à réaliser dernièrement des vidéos courtes sur des sujets historiques très intéressants et très bien documentés appelés les TCBS (=Tour des commodités en Bonne Société). L’un d’entre eux a attiré mon attention : les prostituées des bas fonds de Paris en 1900. Il va en réaliser une série et déjà rien qu’avec le premier épisode, on en apprend beaucoup le quartier le plus mal famé de la capitale, aujourd’hui disparu : la rue Monjol ! Pour l’anecdote, le prix d’une passe était celui d’une boîte de 6 oeufs… !

La vidéo est montée comme un voyage dans le passé, avec des incrustations de photos d’époque, des anecdotes tirées de véritables documents historiques et des montages vidéos à partir de vieux films ou de séries récentes. Comme d’habitude, le narrateur nous raconte son histoire sur un ton pince-sans-rire, agrémenté de quelques blagues. C’est ultra intéressant à écouter, et cela te plonge dans une ambiance bien mystérieuse avec des effets sonores très convaincants.

Sous la vidéo originale, tu trouveras une sacrée bibliographie, preuve du travail de qualité qui est réalisé par le Stryge. D’autres TCBS sont disponibles sur des sujets différents ayant trait au XIXème siècle comme le Titanic, les discothèques (= les bals musette), les bars bizarres… Je n’ose pas imaginer le temps qu’il doit passer à la réalisation de ces vidéos…

Bref, je te conseille une nouvelle fois sa chaîne si tu es friand de petites Histoires de France et de XIXème siècle. Tu y trouveras certainement ton bonheur. 🙂

Voilà, ma veille est terminée. J’avais peu de choses à raconter aujourd’hui. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Boite à oeufs et truffes de Noël,

A.Chatterton