Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #15

Au sommaire de cette veille littéraire du net : Un podcast sur l’écriture, un projet de tourisme lié à l’imaginaire, un événement littéraire pour l’automne, un challenge littéraire ultra-ludique, un appel à textes très floral, une artiste japonaise très excentrique…

Le podcast de la semaine

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Cela faisait un moment que je voulais me lancer et ça y est, j’ai enfin écouté un des podcasts de l’émission Procrastination. Il s’agit d’une émission littéraire de 15 minutes gratuite, menée par Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort (et Estelle Faye aussi). Donc j’ai commencé,non pas par le début, mais par un sujet qui m’intéresse : Pourquoi écrire ?

Plusieurs réponses des auteurs sur le sujet : prolonger le plaisir de lire, libérer sa parole, s’affranchir du temps de l’oralité et retrouver une maîtrise de sa pensée, acte de thérapie, gagner en notoriété, …

D’autres sujets sont disponibles qui pourront t’aider à comprendre la littérature ou à te donner des conseils d’écriture. Quelques titres alléchants :  Qu’est ce qu’une histoire ? Faire original,  où allez-vous chercher tout ça ?

L’ensemble des podcasts sont disponibles sur le blog de Lionel Davoust mais aussi sur plusieurs médias audios.

Le documentaire du moment

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J’ai regardé la première partie du documentaire La fantasy : toute une histoire, de valeureux héros sur Arte video et cela m’a fait réfléchir sur la place de la Fantasy dans nos vies, l’archétype du personnage, la structure du roman d’apprentissage, mais aussi comment les histoires s’inscrivent dans leur époque ou selon leur culture. Il interroge aussi l’évolution des héros féminins au fil des décennies dans cet univers.

Du GN aux séries tv, en passant par le cinéma allemand et américain d’après-guerre, ou encore la figure de la femme des années 50 dans les films de Disney et son évolution, ce documentaire m’a beaucoup appris sur la Fantasy et la construction des héros.

Le documentaire dure 52 minutes et il est disponible jusqu’au 31 août 2020. Il est en deux parties : la première sur le héros, la seconde sur les mondes magiques. Hâte toi de le regarder avant la fin de son replay ! 😉

Tourisme de l’imaginaire

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J’ai lu un article sur le site vl-média qui évoquait la réalisation au Japon prochainement, d’un camping sur le thème de Princesse Mononoké ! Il s’agit d’un des films du Studio Ghibli, réalisé par Hayao Miyazaki et dans lequel une jeune fille qui vit avec les animaux dans la forêt, se bat contre les hommes qui dévastent faune et flore.

Le camping sera localisé dans une forêt d’après l’article et comportera tentes, chalets, et cabanes dans un esprit respectueux de l’environnement. Le projet a pour partenaire l’ambassade du Danemark, très concerné par l’écologie. Je ne sais pas toi, mais ça me donne très envie d’y aller. Vivement que ce projet soit terminé !

L’événement littéraire à venir

Virtua livres

Un nouveau Salon du livre Virtua’Livres est programmé du 23 au 25 octobre. Tu commences à connaître un peu le concept : des rencontres d’auteur, des défis, des conférences littéraires, du JDR, parfois même de la musique live, le tout sur Discord et gratuitement, sans bouger de ton canapé. Donc tiens toi au courant avec la page Facebook de l’événement pour le programme et vivement l’automne !

Le challenge littéraire de l’été

J’ai vu passer de nombreux challenges pendant mes congés sur Instagram, mais celui-ci a retenu mon attention car il est vraiment très ludique !

Sur le principe du Monopoly, voici  le Bookopoly !  Découvert sur la chaîne booktube Becca and the books,il semblerait que le jeu provienne du monde de l’enseignement. Peut-être pour rendre la lecture plus fun en classe ? Le plateau de jeu est en anglais (désolée d’avance pour les non-anglophones) et se présente ainsi :

Bookopoly

Le but est de réduire sa PAL (ou TBR en anglais) grâce au jeu. Tu peux personnaliser le plateau comme l’a fait Becca dans sa vidéo de présentation, en y associant les genres que tu apprécies.Tu peux aussi créer des cartes challenges avec les cartes community Shelf et des cartes chances où tu indiques des livres que tu veux vraiment lire et ceux qui t’intéressent moins.

Sur le principe du Monopoly, tu réalises  des jets avec deux dés pour choisir tes livres, en avançant ton pion sur les cases.  Dans la version de Becca, elle réalise 5 lancers de dés, pour 5 livres à lire dans le mois. J’ai trouvé le concept intéressant et réutilisable toute l’année pour s’aider à lire un peu plus. Becca réalise une vidéo chaque mois pour parler de ses lectures et ça fonctionne très bien. En plus, cela booste sa chaîne Booktube avec un jeu très personnel et je trouve cela super positif et amusant. Bref, un nouveau challenge à essayer !

Si tu veux un exemple d’utilisation à la française, je te conseille le blog Les douceurs d’Astrid qui revient sur la vidéo de Becca et a adapté ce challenge à sa sauce…

L’appel à textes du moment

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Les éditions Yby, spécialisées en littérature LGBT, proposent un appel à texte autour du thème de « Histoires de fleurs ». Il s’agit d’écrire une nouvelle correspondant à la ligne éditoriale de la maison d’édition, reprenant ce thème et comprenant entre 20 000 et 60 000 caractères espaces compris. Le genre est libre et il est possible d’envoyer plusieurs textes. La date limite des envois est le 7 mars 2021. Pour plus de détails techniques, je t’invite à consulter leur site internet. 😉

A noter que la maison d’édition propose des appels à textes permanents toute l’année, donc n’hésites pas à leur envoyer ton manuscrit si tu veux promouvoir la littérature LGBT. 🙂

L’artiste du moment

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Au boulot cette semaine, j’ai eu un coup de coeur pour un documentaire jeunesse concernant une artiste japonaise dont j’ignorais l’existence : Yayoi Kusama, L’artiste qui mettait des pois partout et s’en fichait, par Fausto Gilberti aux éditions Phaidon.

Je ne suis pas fan de documentaires généralement, aussi, quand j’ai  fait la connaissance de l’artiste Yayoi Kusama, une vieille dame un peu excentrique, atteinte de névroses, qui créé de nos jours depuis un hôpital psychiatrique, je me suis dit que j’allais creuser un peu.

Yayoi Kusama n’a pas toujours vécu internée au Japon Au contraire, elle a voyagé quand elle était jeune aux Etats-Unis, après avoir étudié l’Art contre l’avis de ses parents. Obsédée par les pois, elle a réalisé plusieurs oeuvres sur ce thème, ainsi que les premières installations recouvertes de miroirs pour une multiplication infinie des images.

Elle a percé avec difficultés aux Etats-Unis du fait de son statut de femme et d’étrangère. Heureusement, elle a bénéficié d’un coup de pouce de la peintre Georgia O’Keefe, qui l’a aidée à un peu décoller. Cependant, suite à des problèmes de santé et à sa prise de position contre la Guerre du Vietnam, elle rentre au Japon dans les années 1970. Dans son pays d’origine, personne ne souhaite connaître son art. Dépressive, elle est internée dans les années 1980 de sa propre initiative, où elle continue à peindre depuis un atelier attenant à l’hôpital. Ce n’est que récemment que plusieurs rétrospectives ont eu lieu à New-York, Paris, en Scandinavie et même au Japon, lui conférant enfin une légitimité de son vivant.

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Ce qui m’a touchée le plus dans le documentaire jeunesse, reste la simplicité avec laquelle le personnage raconte son histoire qui n’est pas très joyeuse au demeurant. Le passage où Yayoi retourne dans son pays et ne reconnait plus rien, sauf quand il neige, est particulièrement touchant.

Le dessin de Fausto Gilberti tout aussi simple que le texte, permet de se concentrer sur l’essentiel du personnage : son côté excentrique, sa vision animiste des choses, sa névrose, mais surtout sa volonté de créer envers et contre tout comme une forme de libération personnelle, la volonté de ne pas se laisser abattre par les difficultés.

Pour un documentaire jeunesse, je trouve qu’il est particulièrement bien fait : il explique les choses sans trop les édulcorer. Moi adulte, j’ai passé un très bon moment.

Si tu veux aller plus loin,  Arte a réalisé une petite vidéo qui résume sa vie et son oeuvre en deux minutes. Au programme : des pois sur des citrouilles, des gens, des chevaux, des vêtements, des pièces entières…

Je te laisse avec une photo grandeur nature, ou presque de l’artiste. Elle a du swag pour une mamie de 90 ans, non ?

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Voilà, ma veille littéraire de la semaine est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Pois psychédéliques et héros bodybuildés,

A.Chatterton

Publié dans Questions existentielles

Le blog prend ses quartiers d’été

Hello à tous,

Un petit article inhabituel pour vous souhaiter de bonnes vacances d’été et de bonnes lectures, mais surtout vous informer que je prends des vacances de blog pour trois semaines.

Donc, jusqu’au 7 août, il n’y aura pas d’articles de fond sur le site, ni de critiques de livre.

Pourquoi cette absence de quinze jours ?

Quand j’ai commencé ce blog, j’avais dans l’idée que cela reste un loisir, pas une contrainte, et surtout que cela m’apporte du plaisir.

Il est important pour moi de me déconnecter pour faire le point ou du moins me sentir bien.

Ce soir, en commençant cet article, j’étais résolue à réaliser la chronique littéraire d’un Royaume de Vent et de colère de Jean-Laurent Del Socorro, mais je n’ai plus du tout d’énergie pour cela. J’atteins mon seuil critique entre le travail, les tâches ménagères, ma vie de couple, ma famille…

Plutôt que de vous proposer quelque chose de bâclé, ou de faire la morte, je préfère vous prévenir et  m’arrêter un peu pour prendre un peu de repos.

Alors, rien de grave hein ! Mais je trouve qu’il est important d’écouter son corps plutôt que de se forcer, surtout pour ses loisirs. 

Combien de blogueurs ou blogueuses font des burn out à force de trop s’investir dans leur loisir ? Peu osent en parler, mais c’est plus répandu que l’on ne pense. Pour preuve Mango and Salt, très populaire pour ses articles déco/voyage/vêtements a elle aussi craqué un jour comme elle l’explique si bien dans son article ici.

Ma ligne éditoriale pour le blog

Je ne sais pas comment font les blogueuses littéraires ou les bookstagrameuses  pour être aussi productives. Si vous avez une formule magique, je veux bien la tester.

Personnellement, je ne peux pas fournir des avis aussi détaillés ou des articles de fond sur un sujet sans un minimum de recherche, de relecture et de réflexion.

Je suis une tortue au niveau écriture, mais j’estime qu’avancer par petits pas fait gagner en qualité mes articles.

Ma ligne de conduite concernant Les tribulations de Miss Chatterton est de vous proposer des articles de qualité, pas de lire en rafale à en être dégoûtée de la lecture et de faire des retours criblés de fautes d’orthographe.

Produire un article le mercredi et le dimanche, et une veille littéraire du net un samedi sur deux, c’est du sport Msieur-dame ! 🙂

Quels projets à venir après cette pause salvatrice ?

J’allais vous détailler précisément mon planning d’articles mais… je sens que cela me met un peu la pression et ce n’est pas le but. Alors, dans les grandes lignes :

J’ai deux chroniques littéraires à réaliser, dont je vous laisse deviner les titres en commentaire… 😉 Un indice : cela a un lien avec le Bingo du Plib.

J’ai actuellement deux services presse à lire et chroniquer : Vaisseau d’Arcane d’Adrien Tomas chez Mnémos et Zilwa, Tome 1 : les trois rites de Grégoire Laroque en autoédition.

Le challenge On choisit pour toi de mon club de lecture a désigné le tome 1 de Shâhra de Charlotte Bousquet comme ma lecture de juillet afin de terminer ma PAL papier.

Et je réalise une lecture commune avec mon club lecture sur le roman La Guerre des femmes d’Alexandre Dumas sur le mois de juillet. Un classique de la littérature un peu méconnu…

Autant être réaliste, je ne pense pas lire tout en quinze jours, mais au moins deux livres (rythme de tortue, je vous dis !). A savoir lesquels… mystère !

Et surtout… je réfléchis à un projet depuis le confinement sur un format de vidéo booktube en espérant profiter de l’été pour vous le présenter en septembre. Le sujet restera secret…

Le projet de cet été : Le Tourisme littéraire

Tout le long de l’été, je posterai sur mon compte Instagram des photos de mes voyages à l’étranger et en France où j’ai, par le passé, visité un lieu de Tourisme Littéraire. Retrouvez-moi avec le Hashtag #misschattertonenvadrouille sur Instagram.

L’idée est de vous faire voyager sans quitter votre canapé si vous n’en avez pas les moyens, ou de vous donner des idées si vous partez en vacances.

Alors bonnes vacances à tous et rendez-vous le 8 août pour une Veille Littéraire du Net!

Parasol et Pina Colada,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Les secrets du Premier coffre, Fabien Cerutti, éditions Mnémos

Après avoir terminé la série du Bâtard de Kosigan de Fabien Cerutti, mon petit coeur se languissait de ne plus lire d’histoires sur mon chevalier-mercenaire préféré. O Joie ! L’auteur a publié un recueil de nouvelles avec des aventures situées dans le même univers, où l’on retrouve même Kosigan jeune chevalier ! Voici pour vous, mon retour sur ce nouvel opus : Les secrets du Premier coffre.

Résumé : Six histoires hautes en couleur dans le monde du Bâtard de Kosigan ! Avec ce coffre empli de trésors littéraires, Fabien Cerutti propose six textes qui enluminent ou permettent de découvrir l’univers de sa série à succès Le Bâtard de Kosigan. Avec un récit de la jeunesse gouailleuse du Bâtard en Italie, une pièce de théâtre truculente à la cour d’Angleterre, un drame amoureux entre un pape et une satyre, un journal de voyage aux confins du monde en quête des elfes de Chine, et bien d’autres surprises encore, l’auteur nous émeut, nous surprend, nous fait frissonner, nous dépayse et nous emporte dans son imaginaire vif et attachant.

Mon avis :

Je n’ai pas l’habitude de chroniquer des recueils de nouvelles, non pas que les textes ne soient pas de qualité, mais je ne sais jamais comment m’y prendre : faut-il traiter les nouvelles une par une ? Faut-il trouver un fil directeur ? Ici, j’ai choisi de réaliser une chronique qui mélange présente les deux formules. 😉

A noter : Il n’est pas nécessaire de connaître la série pour lire ce recueil de nouvelles. Vous n’aurez pas de spoilers non plus sur le récit du Bâtard. C’est plutôt une sorte de mise en bouche pour vous faire découvrir l’univers aux non-initiés. Pour les connaisseurs des intrigues de Kosigan, c’est l’occasion de poursuivre les aventures du chevalier-mercenaire et d’élucider encore des mystères irrésolus.

Si à l’issue de cette chronique vous souhaitez découvrir les romans du Bâtard de Kosigan, je vous invite à lire mes chroniques sur les trois premiers tomes de la série : L’ombre du pouvoir, Le fou prend le roi, et Le marteau des sorcières. Le quatrième tome n’a pas été encore chroniqué par manque de temps, mais il sera certainement.

Où l’amour et la magie ne font parfois pas bon ménage

Si l’on devait retenir une chose de ce recueil autour de l’univers du Bâtard, c’est que la magie et l’amour sont difficilement compatibles.

Dans chaque nouvelle, Fabien Cerutti nous expose un cas de figure particulier : amour passionnel entre un religieux et une satyre, amour mortel entre deux fées en voie d’extinction, amour contre-nature entre un humain et une elfe fabriquée, jeux de l’amour à la cour du roi et ses envoûtements, manigances d’une fille de seigneur badass qui se cherche un mari à la hauteur de ses attentes…

Seule la nouvelle Jehan de Mandeville, le livre des merveilles du monde échappe à la règle en nous proposant un voyage en Asie, façon Marco Polo, où Jehan est mandaté pour réaliser une alliance entre les elfes de Champagne et ceux de Chine autour d’un Grand Dessein.

D’une manière générale, le recueil propose des histoires dramatiques ou d’aventure. Il se termine cependant sur une touche plus positive et enjouée avec la pièce de théâtre en fin d’ouvrage : Les jeux de la cour et du hasard, sur le modèle des pièces de Marivaux (Le Jeu de l’amour du hasard dont il pastiche le nom) où l’on retrouve un Bâtard plus malin que jamais…

Un recueil sur les origines de l’uchronie autour de Kosigan

Mais l’amour n’est pas le seul sujet de prédilection de cet ouvrage !

Dans les 4 volumes de la série du chevalier-mercenaire, l’uchronie proposée par Fabien Cerutti reposait sur l’existence réelle de la magie, étouffée par la religion. (note : Ce n’est pas vraiment un spoiler, on le comprend assez vite dans les premiers tomes).

Dans les 6 nouvelles des Secrets du premier coffre, l’auteur aborde plus en détail quelques mystères non-élucidés dans les 4 romans, dessinant ainsi la genèse d’un univers que nous avions découvert pendant le Moyen-Age. Il semble esquisser également une critique de certains faits historiques avérés dans l’Histoire de France et du monde, au sein de chaque nouvelle.

La première nouvelle, Légende du Premier Monde, nous emmène à l’époque Minoenne, où un homme aux origines mystérieuses fait pousser les plantes par sa propre volonté, et où le roi organise une compétition de créations d’êtres magiques. On y apprendra comment sont nées certaines créatures mythologiques, mêlant subtilement magie et science imaginaire, autour d’un complot politique.

La deuxième nouvelle, Ineffabilis Amor, nous narre les prémisses d’une entente fragile entre le Christianisme et les anciennes religions paganes, au début du Moyen-Age. Sous prétexte d’agrandir les terres de la chrétienté, on missionnera un jeune prêtre pour parlementer avec les créatures magiques afin de limiter les conflits de territoire. Mais une prophétie viendra s’en mêler et cela ne tournera pas comme prévu. Sous couvert de ce récit, on sent que l’auteur pointe du doigt l’expansion barbare de la religion catholique en France et ailleurs, au Moyen-Age. Il montre également comment des différences culturelles peuvent conduire à des drames.

Dans le Crépuscule et l’aube, le troisième récit, il est question du déclin des fées au Moyen-Age, peu de temps après la nouvelle précédente. Une fée sera mandatée pour confier une relique à un humain menuisier, après le massacre du reste de ses congénères. Il en résultera une forme de survie inattendue de son espèce. En relief, on pense aux divers génocides qui ont eu lieu partout dans le monde, sous prétexte d’une différence et une petite référence subtile à un conte italien dont je tairai le nom sous peine de spoilers.

Fille de joute nous permet de retrouver notre malin Chevalier de Kosigan. Dans cette nouvelle, il va acquérir sa réputation de Chevalier badass et son titre de Bâtard de Kosigan, en participant à des joutes en Italie. Il rencontrera une fille-chevalier mystère qui lui proposera un marché auquel il ne pourra pas résister. On notera aussi la présence du poète Dante Alighieri, ici en joueur fourbe et invétéré, qui lui proposera son aide dans l’histoire. Ici, l’auteur nous emmène dans les jeux politiques de Florence et critique en exergue la valeur monétaire des jeunes filles de bonne famille dans des alliances forgées parfois dès l’enfance. Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer comment Fabien Cerutti s’était amusé avec la biographie de Dante en lui faisant rencontrer sa Béatrice, louée dans le poème Vita Nuova.

On voyagera en Asie pendant la Renaissance dans Le livre des merveilles du monde, auprès de Jehan de Mandeville à la rencontre les elfes Chinois. Sur les traces de Marco Polo, l’explorateur français et ses compagnons bourguignons affronteront des pirates arabes, parlementeront avec des tribus du désert, traverseront la Mongolie et termineront leur voyage auprès d’un descendant de Gengis Khan assoiffé de pouvoir. Dans cette nouvelle, l’origine de la disparition totale des êtres magiques sera élucidée. Car Jehan est chargé d’un message de la comtesse et elfe de Champagne (rencontrée dans le tome 1 : L’ombre du pouvoir) à destination des être magiques asiatiques… Cette aventure m’a rappelé l’exode du peuple juif sur une note plus positive, en mêlant magie et science encore une fois.

Notre dernière nouvelle est une pièce de théâtre très amusante où l’on retrouve à nouveau Cordwain de Kosigan, à la cour du Roi Edward III d’Angleterre, encore empêtré dans des affaires politiques de mariages arrangés. Cette fois-ci, le Chevalier se fait avoir par les femmes (pour changer…) !  La Baronne Rowina a décidé de mettre le grappin sur lui, mais comme il refuse ses avances, elle va lui tailler une sale réputation auprès du roi. L’affaire se compliquera avec la princesse qui joue les apprenties sorcières… Le Bâtard s’en sortira grâce à son intelligence une fois de plus et raflera la mise. Une nouvelle qui met en évidence la place des femmes à la cour et dans la société du Moyen-Age : monnaie d’échange, dépendantes des hommes, recherchant l’émancipation et l’amour véritable. La Baronne m’a émue avec sa position précaire à la cour suite à la destitution de ses biens lié à la trahison de son mari. La princesse malgré son sale caractère, m’a émue aussi car elle est forcée d’épouser un homme qu’elle déteste pour des raisons politiques.

Au niveau de la construction, les nouvelles se répondent entre elles, évoquant tantôt un personnage déjà rencontré, tantôt un événement politique. Elles forment ainsi un tout cohérent qui complète à merveille la série du Bâtard.

Les récits sont introduits à chaque fois par une lettre d’Elizabeth Hardy, personnage que nous retrouvons plus particulièrement dans le quatrième tome de la série de Kosigan : Le Testament d’Involution. Elle explique avoir reçu ce coffre contenant les récits présentés, comme un échantillon découvert par Kergaël dans la bibliothèque de son ancêtre, le Bâtard.

Je pressens la venue de deux autres recueils, car trois coffres ont été envoyés à trois personnes différentes. Vivement leur publication !

Un livre-objet de toute beauté

Outre les histoires, le recueil est un magnifique objet !

Il est présenté avec une reliure en tissu à l’ancienne et marque-page ruban, une couverture aux dorures travaillées représentant la serrure d’un coffre, et un cartonnage rigide pour les premières et quatrième de couverture.

A l’intérieur, sur les deuxième et troisième de couverture, on découvre une carte du monde présentée dans les nouvelles qui nous permet de retracer le chemin des personnages et notamment celui de Jehan de Mandeville.

Le livre ravira autant les amateurs de belles couvertures que les fans des aventures du chevalier-mercenaire, j’en suis convaincue.

En conclusion : C’est une joie de retrouver l’univers du Chevalier-Mercenaire Cordwain de Kosigan, mais aussi de lever des mystères autour de la disparition de la magie et de découvrir la genèse de cet univers. Fabien Cerutti n’a rien perdu de son talent de conteur toute en sensibilité et de créateur d’intrigues à rebondissements qu’il maîtrise à la perfection. Ce premier recueil plaira autant aux fans du chevalier désireux de retrouver l’ambiance des romans, qu’aux novices qui découvrent l’univers. J’attends la publication des secrets des deuxième et troisième coffre avec une grande impatience !

Note : Ce livre m’a été envoyé en Service Presse par les éditions Mnémos. Très grande fan de l’univers de Fabien Cerutti, je n’ai pu refuser et grand bien m’en a pris ! Je tiens sincèrement à remercier l’éditeur pour le plaisir que m’a apporté cette lecture. 😉

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #14

Au sommaire de cette veille littéraire du net : Un appel à textes pour un roman fantasy Young Adult, un article qui interroge la place des réseaux sociaux dans notre quotidien, un salon littéraire virtuel, des nouvelles des Imaginales, un podcast sur Xena la guerrière, un financement participatif sur un artbook de dinosaures, un challenge de littérature sur des nouvelles et une créatrice qui te fait vivre Halloween toute l’année.

 

L’article de la semaine 

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…est de Lionel Davoust, auteur de Fantasy mais aussi créateur du podcast Procastination où il donne des conseils d’écriture. Lionel a décidé de quitter Facebook cette semaine pour de multiples raisons mais surtout pour se recentrer sur le blogging et l’écriture. Il a écrit un article assez long et complet sur le pourquoi du comment qui m’a remuée un peu vis à vis de la place des réseaux sociaux dans ma vie.

Je passe peut-être un peu trop de temps sur Facebook et Instagram, juste pour le plaisir de voir se rafraîchir les actualités. Et que cela m’apporte-t-il ? Pas grand chose en enrichissement personnel. Je ne peux pas dire que c’est inutile, sinon cette veille n’aurait pas vu le jour. J’utilise les réseaux sociaux comme moyen de veille. Mais j’avoue que parfois, la saturation de la publicité, les contenus inutiles m’agacent.

Comme Lionel Davoust, je suis partisane d’un internet où la qualité prime à l’inverse du bruit inutile, où un vrai sens du partage et de la solidarité existe, et où surtout rester sain d’esprit prime sur le reste.

L’article évoque une conférence Tedx réalisée par Cal Newport qui répond de manière efficace aux arguments des gens qui disent ne pas pouvoir arrêter les réseaux sociaux. Efficace et instructif. Moi, cela m’a donné à réfléchir. Affaire à suivre  😉

Le challenge littéraire de l’année

les lectures de Maki Maki project

Fan de nouvelles en tout genre ? Le Maki Project est fait pour toi ! Vu en post sur le blog de Bulledelivre, ce challenge littéraire a été lancé par Les lectures du Maki depuis décembre 2019 ! Il s’étend sur 52 semaines et consiste à lire une nouvelle par semaine sur toute une année. Il y a plusieurs paliers basés sur des noms de lémuriens : Hapalémur doré (13 semaines de lectures), Lémur Fauve (26 semaines), Lémur Vari (39 semaines), Maki Catta (une nouvelle par semaine toute l’année). Pour jouer, il suffit de poster en commentaire de son article de blog le palier atteint. La fin du challenge est prévue en février 2021. Un chouette challenge pour mettre à l’honneur les nouvelles. Et si tu n’as pas d’idées, Les lectures du Maki t’en proposent pleins sur son blog, avec une préférence pour la SF.

L’appel à textes de la semaine 

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Les éditions Lamartinière, Babelio et Librinova s’allient pour te proposer un appel à texte sous forme de concours pour l’écriture d’un roman de fantasy Young Adult. Pour participer, il faut s’inscrire sur la plateforme Librinova, prendre connaissance du règlement du concours et renvoyer son projet en format numérique comprenant :  un synopsis, les trois premiers chapitres et un texte descriptif expliquant l’univers et les personnages principaux. Le concours se termine le 30 septembre 2020. Le gagnant obtiendra un accompagnement éditorial avec un éditeur, un contrat d’édition avec les éditions Lamartinière J.fiction,  et une présentation de son livre au Salon Livre Paris 2021. Les cinq autres finalistes remporteront la publication de leur livre en format numérique, une invitation au Salon et à une masterclass personnalisée. Si l’aventure te tente, n’hésite pas à aller consulter les modalités sur le site de Librinova.

Le podcast de la semaine

Xena Princesse guerrière

Cette semaine, j’ai écouté une émission de France Inter sur Xena la guerrière montrée comme figure LGBT mais aussi comme femme forte et indépendante. Et cela m’a donné envie de revoir la série, malgré son côté nanard. 🙂

Dans ce podcast de 58 minutes, on te fait découvrir cette pépite de la pop culture issue des années 90, spin off de la série Hercule où l’utilisation de la mythologie grecque est plus qu’approximative. Xena est une méchante cheffe de guerre qui remet en cause le bien et le mal et qui parcourt le monde en quête de rédemption. Elle est accompagnée de Gabrielle, jeune paysanne qui fuit un mariage arrangé. La série est une des rares où les femmes sont toutes puissantes, jamais chapeautées par un homme (à l’inverse de Buffy), avec un des premiers couples lesbiens plus ou moins revendiqués.

A côté de ça, l’ensemble des 6 saisons a un côté pulp et kitch dans l’esthétique car les moyens étaient limités, et le scénario te promets parfois une tambouille mythologique imbuvable.

En bref, un podcast qui interroge la série et qui reste à voir avec du recul vis à vis des années 90.

Si le sujet t’intéresse, les 10 premières minutes du podcast sont à passer car il s’agit du répondeur téléphonique de France Inter avec des messages random de gens obsédés par James Bond. Et l’émission est ponctuée de passages musicaux parfois chelous, mais cela vaut la peine de s’y attarder. Attention, il y a aussi quelques spoilers pour ceux qui ne connaissent pas la série !

Les événements littéraires à ne pas rater

Les Imaginales sont annulées en mai ? Pas grave, tu pourras découvrir la version light du festival cet automne à Epinal du 16 au 18 octobre 2020 avec la remise des prix littéraires de cette année et des rencontres-dédicaces auprès d’une vingtaines d’auteurs présents. La liste des festivités n’est pas complète, mais tu peux retrouver les détails sur le site de la manifestation qui sera mise à jour sous peu.

Sinon, une nouvelle édition du salon littéraire Virtuel Virtua’Livres aura lieu du 24 au 26 juillet 2020 sur Discord. Comme d’habitude, le programme est disponible sur la page facebook de l’événement. Personnellement, j’ai hâte d’écouter celle du dimanche à 18h30 sur comment bien écrire ses personnages. Petite nouveauté : tu peux participer à du jdr sur des thématiques Harry Potter ou Cthulhu. Pour info, certaines des conférences des éditions précédentes sont à présent disponibles en audio sur leur page facebook également. Une occasion de plus de rattraper une table-ronde autour d’un sujet intéressant. 😉

Le financement participatif du moment

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Tu aimes les dragons et le dinosaures ? Tu es familier du travail de Camille Renversade qui réalise de faux carnets d’expéditions ? Tu vas apprécier ce financement participatif !

Il est dédié à un art-book dans lequel on suit les aventures de Dimitry le Dimetrodon et de sa maîtresse la paléo-botaniste et voyageuse temporelle Eleonora Brooks. De jolis dessins, une histoire d’animaux de compagnie et de voyages… moi je dis oui !

Le premier pallier est à 17 euros pour acquérir le livre et un A4 de dessin original issu de l’Artbook. L’objectif est déjà atteint mais tu peux encore participer jusqu’au 4 Août. 

Attention aux allergiques à l’anglais, le projet est expliqué dans la langue de Shakespeare car l’illustratrice, Melissa est sûrement britannique. 😉

La créatrice de la semaine

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J’avais envie de parler depuis longtemps de The Bat in the Hat parce qu’il s’agit d’une créatrice de talent et que j’adore son travail. Il était temps ! Stéphanie vit en Picardie et sa passion, c’est Halloween. Toute l’année, elle crée des objets de décoration mi-magiques, mi-cabinet de curiosité afin de prolonger l’ambiance si particulière de l’automne et des sorcières et t’apporter un peu de rêverie chez toi.

Cela fait peut-être trois ans que je la suis, entre sa boutique Etsy puis son nouveau site internet tout neuf. J’adore ses sacs ou pulls aux messages à l’humour noir, ses planches de ouija décoratives, ses jupons en dentelle, ses bougies qui sentent divinement bon dans des tasses en porcelaine vintage ou des mini-chaudrons… Elle s’inspire de la wicca, de Harry Potter et des séries sur les sorcières comme Sabrina.

Les créations de The bat in the hat sont limitées car tout est fait à la main. Aussi, quand elle publie de nouveaux articles sur son site, il faut être très réactif !

Dernièrement, j’ai réussi à shopper une tasse sorcière et une petite planche ouija qui parfaireront le bureau de Miss Chatterton… Photos à venir !

En plus, la fée/sorcière est dotée d’un humour noir décapant qui personnellement me fait hurler de rire et un sens de la mise en scène dans ses photos très inspirant.

Pour avoir un aperçu de son univers, je vous invite à la retrouver sur son compte instagram, sa page facebook et son site internet.

Que l’esprit d’Halloween t’accompagne ! Moi, je suis parée pour l’automne et je prépare déjà mon futur Pumpkin autumn challenge, c’est dire ! 😉

 

Voilà, ma veille littéraire de la semaine est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Chaudron de sorcière et girl power,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Les tribulations d’Esther Parmentier, Cadavre haché, vampire fâché, Maëlle Desard, Rageot éditions

Une lecture légère et amusante pour l’été, cela vous tente ? Faites la rencontre d’Esther Parmentier, une fille ordinaire qui se découvre sorcière de bas niveau et embarquée comme stagiaire dans une sorte de police magique. Réussira-t-elle à s’en sortir avec son caractère de cochon et ses complexes ? Pour cela, entrons dans ce premier opus hilarant…

Résumé : Esther Parmentier a quitté sa Bretagne natale pour un stage à Strasbourg dans une société informatique quand elle est repérée par l’Agence de Contrôle et de Détection des Créatures Surnaturelles. Car Esther est une sorcière. À peine remise de cette découverte, et des tests visant à déterminer ses capacités, Esther apprend qu’elle n’a pas plus de pouvoirs qu’une allumette mouillée. Sa note sur l’échelle des pouvoirs est historiquement basse : 2 sur 82. Mais Esther est dotée d’un caractère de cochon, de solides capacités de déduction et est capable de résister aux pouvoirs de séduction des Créatures. Malgré son faible score, l’Agence décide donc de l’embaucher comme stagiaire.

Mon avis

Esther, un personnage à part entière

Dès le départ, l’auteure nous propose un personnage attachant qui n’a pas la langue dans sa poche et bourré de complexes. Esther a 19 ans, des bourrelets en trop, des cheveux ultra-rebelles, a la phobie du sport et déteste absolument l’été. Pas de bol, à Strasbourg où elle fait son stage de comptabilité, c’est la canicule !

Ajoutez à cela une mère qui lui a piqué son petit-ami, une addiction aux jeux-vidéos et sa propension à se fourrer dans des situations qui lui valent des ennuis et vous aurez un portrait en règle de sa petite personne.

Même quand elle se découvre un don de sorcière, il s’avère nul (sorcière de niveau 2 !). Cependant, la petite rousse a plus d’un tour dans son sac et va se révéler une enquêtrice hors pair lors de cette première aventure.

Accompagnée de son tuteur, le ténébreux vampire Loan, qui ne peut pas la piffer, de Mozzie un fantôme ultra-connecté, de Marine une Banshee invisible qui ressemble à une poupée Bratz, de Roger un papi-goule, de Dario le Djinn exhibitionniste et du capitaine Verner un loup-garou à moustache, elle va devoir s’adapter à son nouvel univers et résoudre une enquête autour d’adolescents disparus. Compliqué pour des débuts !

Moi qui ne supporte pas la chaleur, j’ai plus qu’acquiescé aux récriminations d’Esther sur les gens aux aisselles puantes dans les transports en commun ou encore le port de la veste en cuir qui devrait être interdit au-dessus de températures dépassant 24 degrés.

J’ai ri de son franc-parler, de ses prises de becs avec Loan, des situations dans lesquelles elle réussit à se fourrer sans le vouloir, des personnages secondaires tout aussi barrés.

J’ai ri aussi du décalage entre l’équipe (bien calée sur la magie mais pas la modernité) et Esther qui est bourrée de références geeks ou tout simplement au 21ème siècle auxquelles le vampire, le loup-garou ou le Djinn ne comprennent rien.

Ce personnage change des héroïnes parfaites habituelles trop lisses qui sont parfois agaçantes de perfection. Esther qui dit ce qu’elle pense, avec parfois un peu de culot et une touche d’humour, et on a l’impression qu’elle est une sorte de porte-parole du lecteur qui casse les codes de l’univers établi dans ce livre. Et ça fait du bien !

Une enquête aux multiples rebondissements

Au-delà du côté humoristique du livre et de son personnage principal haut en couleur, on trouve une enquête policière qui nous mène du côté des vampires mais aussi d’un challenge internet : le Ghost Challenge. Sous couvert du challenge, des jeunes adolescents disparaissent mystérieusement.

Le corps de l’un d’entre eux est retrouvé par l’ACDC (=l’Agence de Contrôle et de Détection des créatures, on sent que l’auteure s’amuse !) où Esther est stagiaire. Voilà notre héroïne partie avec l’agent Loan sur les traces des vampires et d’un trafic de venin et la découverte d’autres organisations : des terroristes magiques, une association réclamant l’indépendance des goules, le conseil des anciens vampires, etc…

La fine équipe ralliera plusieurs villes : Montpellier, la Bretagne, et rencontrera d’autres agents dans des bureaux tout aussi pourris que ceux de l’ACDC, ainsi que d’autres créatures magiques plus ou moins amicales.

Sans vouloir en dévoiler plus, vous irez de révélations en révélations autour de l’univers magique mais aussi du passé des personnages, qui feront avancer progressivement l’histoire.

La fin de l’enquête, sur les 20 dernières pages est plutôt bien menée et ne vous laissera pas sur votre faim.

L’auteure a su conclure efficacement l’enquête ainsi que plusieurs arcs narratifs avancés dans l’histoire. Un autre tome est à prévoir, mais il sera plutôt centré sur les origines magiques d’Esther et son apprentissage de sorcière, amenant une autre enquête.

Un univers basé sur la discrimination

Dans ce premier opus, nous apprenons en même temps qu’Esther l’existence d’un univers magique dans une autre dimension auquel on accède par des portails créés par des sorcières. Cet univers est réglementé par un organisme appelé le CRIS qui régit également le comportement des créatures magiques sur terre.

Les créatures magiques sont le fruit de l’union entre des êtres Sidhiens et des humains : Sorcières, Djinns, Loup-garous… Mais tous ne sont pas au même niveau.

Les sorcières sont en haut de l’échelle grâce à leur capacité à ouvrir des portails, importants pour les échanges commerciaux ou de nourriture avec la terre. Les loup-garous sont souvent des chefs de meute ou d’équipe grâce à leur capacité à se faire obéir des autres créatures.

A l’inverse, les vampires et les goules sont mal-aimés. Les premiers à cause de leur côté rebelle et imprévisible, et parce qu’ils se nourrissent des humains. On les appelle les sangsues. Les seconds parce que ce sont des créations de vampire qui n’obéissent qu’à eux. On les appelle les asticots.

Les goules sont un cas à part, et vraiment en bas de l’échelle sociale. Ils sont à la fois craints car ils se nourrissent de chair en décomposition et savent se battre férocement, mais aussi utiles pour retrouver les souvenirs d’une victime par des visions en mangeant une partie de son corps. Ce sont des créatures issues d’humains trop souvent mangés par des vampires qui se sont métamorphosés à cause du venin injecté par leurs maîtres.

Certaines goules se revendiquent libres, sans maîtres ce qui a pour effet d’attiser une animosité de la part des vampires, craignant de voir ces créatures échapper à leur contrôle et exister sans eux, mais aussi les tuer sans sommation.

A travers cette enquête, on verra que le statut de goule s’apparente presque à une forme d’esclavage moderne, mettant les vampires du côté des racistes.

L’agent Loan est également l’objet de discriminations car il est le seul vampire de l’Agence. Il est méprisé à la fois par ses collègues agent car il est un suceur de sang, mais aussi par les vampires car il travaille avec l’ennemi.

Quant à Esther, elle cumule plusieurs discriminations dans cette histoire : en plus d’être rabaissée comme stagiaire sans expérience (alors qu’elle a plus de jugeote que toute l’équipe réunie), et sorcière de bas étage, elle est victime de grossophobie. La scène de sa rencontre avec la responsable de l’agence de détection et contrôle des créatures magiques de Montpellier est assez éloquente sur le sujet. Cependant, la rouquine ne se démonte pas et use de son intelligence et de sa gouaille pour rabattre le caquet de ceux qui se moquent d’elle. Une belle leçon de vie.

Quelques bémols :

Quand j’ai commencé le roman, je suis tombée sur quelques clichés (ex : le vampire habillé comme Neo dans Matrix) et j’avais l’impression de comprendre en quelques pages une intrigue avec de grosses ficelles. Que nenni ! J’ai bien fait de persévérer car le dénouement m’a bluffée.

Destiné à un public jeunesse, je trouve que ce livre se lit aussi bien du côté des adultes. Je n’ai pas compris pourquoi il était classé en Young adult et j’ai l’impression qu’il rate son public. Le fait que l’héroïne ait 19 ans, évoque des références modernes à internet et la présence de langage sms à un moment donné de l’intrigue ne justifie par cette catégorisation à mon sens. Au contraire, je trouve qu’Esther a des réflexions très matures concernant l’enquête pour son âge. La même enquête avec une héroïne un poil plus âgée mais assumant son côté geek ne m’aurait pas choquée.

Pour revenir au langage sms utilisé par Esther en milieu de roman, j’ai été agacée de sa traduction en bas de page. Non pas que cela soit inutile pour ceux qui ne maîtrisent pas cette forme d’expression, mais l’utilisation du langage soutenu m’a parue incongrue. A moins qu’il ne s’agisse d’une forme d’humour…

En conclusion : Maëlle Desard introduit parfaitement son univers pour ce premier tome, à travers le personnage déjanté d’Esther, et nous propose dans un style frais à l’humour décalé, une enquête aux multiples rebondissements. Un roman d’été qui vous fera pleurer de rire.

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Le Tourisme Littéraire : Kézako ?

L’autre jour, je suis tombée sur le Hashtag « Tourisme littéraire » sur Instagram. Ce terme étrange et poétique m’a intriguée et je me suis demandée ce qu’il recouvrait. Après quelques recherches, voici ce que j’ai trouvé…

La définition « officielle »

Selon Wikipedia, le Tourisme littéraire serait « une forme de tourisme culturel dans lequel les visites d’un lieu sont motivées par leur lien avec un auteur ou un univers fictionnel ».

Si l’on s’en tient strictement à cette définition, cela se résumerait à des circuits de tourisme autour des lieux fréquentés par un auteur, ou qui auraient inspiré une oeuvre littéraire. Pour détailler, cela donne les deux cas suivants :

La maison où a vécu un auteur

 

Entre le lieu de naissance, de mort, d’enfance, de vacances, de passage, etc… où un auteur a vécu, on peut parfois réaliser un grand circuit en France voire dans d’autres pays.

Personnellement, j’ai déjà visité la maison de famille de Victor Hugo à Villequier, en Normandie près de la Seine, là où sa fille Léopoldine s’est noyée et évoqué dans le célèbre poème Demain dès l’Aube. Pour l’anecdote, après son décès, Victor Hugo a réalisé un pèlerinage tous les ans dans ce village pour se recueillir sur sa tombe. Au-delà de cet aspect tragique, la maison est visitable et certaines pièces ont été conservées en l’état, comme les chambres à l’étage. C’est ainsi que l’on découvre que notre auteur national avait la chambre de sa maîtresse à côté de celle de sa femme, le coquinou !

Pendant cette visite à Villequier, j’étais fébrile. Je voyais Victor Hugo partout, et je me demandais si le lieu l’avait inspiré, quel endroit de la maison il préférait pour réfléchir etc… Voir le contexte dans lequel a vécu un auteur est toujours intéressant, car on a tendance à se projeter dans ses pas, même si le temps a passé et que la modernité a changé le paysage. De la maison de Villequier, on voit la Seine, le ciel normand empreint de nuages et il y a une promenade très agréable à réaliser le long des maisons qui longent ce fleuve. Je me suis demandée si suite au décès de sa fille, Victor Hugo avait conservé la même sensibilité vis à vis de ce paysage et s’il s’était laissé porté par la mélancolie.

Pour réaliser un parallèle avec les peintres, ce phénomène est encore plus flagrant. Lorsque l’on visite un lieu dans lequel ils ont réalisé des oeuvres majeures, on se rend vite compte que la lumière du soleil est différente. Pour ne citer que les impressionnistes, la retranscription de la lumière du ciel normand ou du sud de la France est très saisissante dans leurs tableaux. Quand vous êtes sur le lieu de création, vous comprenez tout de suite pourquoi elle est représentée ainsi sur la toile.

Les auteurs procèdent par sensations sur leur environnement autant que par leur vécu personnel. Visiter un lieu où ils sont venus écrire pendant un temps permet de percevoir parfois un peu mieux une partie de leur oeuvre.

Il existe de nombreux circuits touristiques basés sur la vie d’un auteur ou de son oeuvre. Si vous n’avez pas d’idées,  je vous conseille le livre Voyages autour des lieux littéraires de Sarah Baxter aux éditions Christine Bonneton. C’est un circuit basé sur plusieurs oeuvres classiques dans divers pays. Vous trouverez certainement un auteur qui vous intéresse dedans. L’intérêt est que chaque lieu est relié à une oeuvre et à des informations historiques, tout en restant un récit de voyage avec ses impressions personnelles. Vous y trouverez par exemple Dublin via Ulysses de James Joyce, Naples via L’amie prodigieuse de Elena Ferrante, etc…

Si un auteur en particulier vous intéresse, vous pouvez réaliser un circuit vous-même en regardant où il a vécu, ou chercher en ligne si un tel circuit existe déjà. Par exemple, sur le site de la fédération nationale des maisons d’écrivain et patrimoines littéraires vous trouverez quelques idées de visite principalement en France.

Pour ma part, j’ai marché sur les traces de Jane Austen en me rendant à Bath où elle a vécu, et à Lacock où a été tourné l’une des adaptations de son roman Emma.

Le lieu qui a inspiré un auteur pour son oeuvre de fiction.

Prenez Jane Austen, Beatrix Potter ou les soeurs Brontë : elles se sont beaucoup inspirées de la campagne anglaise ou de villes où elles ont vécu dans leurs romans. En France, de nombreux auteurs français classiques ont souvent fait figurer Paris dans leurs récits. De ce fait, dans leurs histoires ces lieux sont très présents et représentent parfois un personnage à part entière.

De nos jours, on peut visiter des circuits en lien avec les lieux évoqués dans des oeuvres, en virtuel grâce à Google Art et Culture catégorie street view.

Mais on peut aussi aimer les voir en vrai. Je pendrais pour exemple un lieu unique mêlant imaginaire des contes et Matière de Bretagne: Le centre de l’imaginaire Arthurien, basé à Comper en Bretagne. Au sein de la forêt de Brocéliande, les guides proposent des balades contées sur le thème des lutins, de la légende arthurienne et autres fééries. Sans se rattacher à un auteur unique, on y revit la magie de la forêt et de ses contes.

Pour aller plus loin, certains sites ont réalisé des visites de villes détaillées sous forme de cartes avec des extraits de livres, en partant d’un lieu comme Manhattan à New-York, ou Paris. L’idée est de se promener dans un quartier et de repérer un endroit mentionné par un livre. On peut ainsi voyager à travers plusieurs livres dans un périmètre extérieur restreint.

De façon plus globale, des passionnés ont créé une carte du monde qui associe des livres à des pays comme sur le site Bibliosurf dédié à la veille littéraire. Ainsi, si vous souhaitez lire un livre qui se déroule à Berlin ou en Argentine, vous y trouverez votre bonheur sans bouger de chez vous. Le voyage étant dans la tête.

Un écueil est que ces cartes, si elles ne sont pas réalisées par les municipalités ou des bibliothèques, sont souvent très subjectives et non exhaustives. Il peut être amusant de réaliser ses propres cartes de lieux touristiques littéraires de ses livres préférés en utilisant des outils en ligne. En cherchant un peu, j’ai trouvé deux sites : U map et  Google my maps, mais il doit en exister bien d’autres.

Quel est l’intérêt de ce genre de visite ? Je dirais que pour les passionnés de ces romans, c’est tout simplement de se mettre à la place des personnages ou de se rendre sur ces lieux afin de revivre leur histoire favorite. Certains vont même jusqu’à se costumer en leur personnage favori pour prendre une photo sur le lieu évoqué dans le livre. D’autres y voient une forme différente et intéressante de visite d’un pays ou d’une ville, basé sur leur passion pour la littérature.

Au fil de mes recherches pour cet article, j’ai l’impression que la définition officielle de Tourisme littéraire a évolué et que d’autres branches se sont développées. Ainsi, j’ai réfléchi à ce qui pour moi, pouvait être une forme de tourisme littéraire au vu de mon expérience et de ce que j’ai pu rencontrer sur Instagram. Cela a donné ceci :

Les lieux fictionnels recréés

Quand un univers marque beaucoup les lecteurs et rencontre un franc-succès, il est parfois recréé par des fans sous diverses formes afin de pouvoir revivre l’ambiance et la magie de ses livres.

J’ai rencontré plusieurs fois le cas au gré de mes voyages. Pour moi, le Musée Sherlock Holmes en est le meilleur exemple. Il s’agit d’une maison située à Londres à Baker Street, qui a été réhabilitée avec des décors façon époque victorienne pour recréer la maison de Sherlock Holmes, le personnage emblématique d’Arthur Conan Doyle.

Le musée se visite par petits groupes, il faut acheter un ticket dans la boutique située à droite du bâtiment et un Bobby (=policier anglais en uniforme) vous fait entrer. Là, vous montez les étages d’un vieil escalier de bois et découvrez le bureau, la chambre de Sherlock et quelques scènes reconstituées avec des mannequins de cire sur le dernier étage, tirées des romans. La maison n’est pas le reflet exact des aventures du détective car il manque le cabinet du Dr Watson, mais c’est une plongée plaisante dans ce qu’aurait pu être le lieu de vie de Sherlock. Petit clin d’oeil : les gens peuvent déposer leur carte de visite sur un panneau dédié au détective.

Un autre exemple flagrant reste le parc d’attraction dédié à l’univers d’Harry Potter en Floride, ou encore la Forêt enchantée Grimm à Europapark, et bien sûr certains espaces de Disneyland concernant les contes de fées. Même si je trouve que les parcs d’attraction ont un côté carton-pâte, cela peut permettre de s’évader le temps de quelques heures dans son univers préféré.

Enfin, je citerai également les hébergements insolites qui sont issus d’univers littéraires : chambre d’hôte Harry Potter, cabane de Robinson Crusoé, Château de vampire… Celui que je connais le mieux se situe dans le Morvan en Bourgogne et est dédié à l’univers du Seigneur des Anneaux de Tolkien. Il s’agit du Domaine de la Pierre ronde où des passionnés ont recréé avec des artisans et un super financement participatif deux maison de hobbit et une maison d’enchanteur. Ces hébergements se louent pour la nuit et sont décorés à l’image de leurs occupants imaginaires. Le village a vocation à s’étendre avec une cabane perchée d’elfe, affaire à suivre… 😉

Les lieux d’adaptation de livres au cinéma 

Quand un livre connaît un très grand succès, il est souvent adapté au cinéma et par extension, les lieux de tournage deviennent des lieux de pèlerinage touristique pour les fans qui souhaitent revivre le film ou le livre.

Il existe des circuits touristique en Angleterre pour aller sur les traces des lieux de tournage d’Harry Potter, en plus de la visite du Studio Warner Bros où sont mis en scène les décors et costumes qui ont été utilisés dans le film.

C’est la même chose pour Le Seigneur des Anneaux de J. R.R Tolkien, ou encore Le trône de fer de George R.R. Martin, mais il faut pour cela avoir un bon budget étant donné que le premier se trouve en Nouvelle-Zélande et le second éparpillé un peu partout en Europe.

Au sujet du Trône de fer, si le sujet vous intéresse, il existe un guide du Petit Futé intitulé Game of thrones, carnet de voyage, les sites de tournage de la série et publié en 2020. Il recense tous les lieux de tournage de la série avec de bonnes adresses, et a été réalisé en collaboration avec des blogueurs fans de l’univers de G.R.R.Martin ainsi que des Offices de tourisme des pays cités. Un index récapitulatif des personnages emblématiques est présent en début de guide pour vous aider. Vous voyagerez ensuite d’Islande en Irlande, en passant par la Croatie, le Maroc, Malte ou encore l’Espagne. Prévoyez de bonnes chaussures et un bon portefeuille ! 😉

Les lieux qui mettent le livre-objet en valeur.

Suis-je la seule à me rendre dans les bibliothèques anciennes de chaque pays que je visite ? Ou alors je suis juste une grosse obsédée par mon travail et les bibliothèques en général… Toujours est-il que pour moi, le tourisme littéraire, c’est aussi explorer des lieux dédiés à l’objet livre.

Bibliothèque du Trinity College de Dublin, Bibliothèque du monastère de Strahov à Prague, British Library de Londres, … à chaque fois, je ne peux m’empêcher d’y poser un pied, de goûter le calme et de respirer l’odeur du vieux papier.

Mais il n’y a pas que les bibliothèques dédiées au livre : il y a aussi les librairies ! Et certaines, très anciennes ou originales valent le détour. Je citerai pour celles que je connais : La librairie du Bal des ardents à Lyon avec son arche de livres, la librairie Waterstone’s à Coventry (UK) et sa fausse ambiance à l’ancienne, The American Book Center à La Haye (Pays-Bas)…

Plus sympa encore, les cafés-librairies : un lieu où l’on peut chiller tout en lisant sur place. Plusieurs formules existent. Par exemple, il y a des mangas-cafés où l’on paie un forfait à l’heure pour lire autant de mangas que l’on veut, les cafés-librairies où l’on peut lire un livre et repartir avec, ou encore les cafés où des livres sont à disposition du public et font partie de la déco.

Pour aller plus loin…

sur Instagram, j’ai récolté des Hashtags relatifs au tourisme littéraire. Si vous avez un compte, et que le sujet  vous intéresse, je vous invite à regarder leurs flux pour de belles découvertes : #lireetvoyager, #voyagelittéraire, #tourismelitteraire, #literaryplaces, #booktourism, #prettybookplaces

Sur Facebook, il y a The fabulous Weird trotters qui proposent de temps en temps des lieux imaginaires via une publication.

Au niveau des blogs, La vie est un roman propose plusieurs articles sur des lieux de tourisme littéraire avec de supers photos. Je n’en connais pas d’autre pour le moment.

Quelques sites m’ont inspirés pour réaliser cet article  :

  • Hisour.com évoque plusieurs lieux littéraires à travers le monde et une définition assez complète du sujet
  • Babel balades propose des idées de visite surtout en France
  • Chantal Neault dans un article intitulé De la littérature au Circuit touristique pour le site Veilletourisme.ca réalise une définition très juste du sujet et recense des initiatives au canada et à New-York
  • Nathalie Nyang dans un article intitulé Sous le regard des écrivains ou dans les pas de nos héros, pour le site Balises de la BPI évoque d’autres lieux littéraires comme Paris et le Musée Sherlock Holmes.

Annonce ! Comme cet été, je ne pars pas en vacances, j’ai décidé de les vivre par procuration en revisitant des photos de lieux où j’ai posé un pied, toujours en lien avec la littérature. Chaque semaine entre juillet et août, je mettrai en ligne sur mon compte instagram des photos de mes voyages touristiques littéraires avec quelques commentaires. Mon compte est en mode public, donc même si vous n’avez pas de compte, vous pouvez quand même y avoir accès ici, et sur le côté droit de ma page d’accueil.

Voyage et littérature,

A.Chatterton

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Mes conseils pour acheter et vendre radin sur vinted-livres

Pour faire suite à mon article : Comment allier sa passion pour la littérature sans assassiner son compte en banque, je me suis dit qu’il était temps de parler un peu plus en détail de Vinted et de sa nouvelle section livres. Pourquoi donc me direz-vous ? A la fois parce que c’est LE site pour dénicher des pépites de seconde main, sans passer par Amazon, mais aussi pour vendre malin et rapidement les livres dont on ne veut plus…

Une amie m’a indiqué il y a quelques mois que Vinted avait lancé une section livres pour vendre ou acheter des livres d’occasion. Je suis allée voir par curiosité ce qu’on pouvait y trouver, ma wishlist en main, et j’ai découvert un nouvel El Dorado ! (Une mine d’or, hein ! Pas le poisson 🙂 )

Le hic ? J’ai fermé il y a un an mon compte vinted parce que je dépensais trop en vêtements sur ce site. L’attraction du low cost est très forte, même quand on se donne des règles du type : je n’achète que lorsque mon porte-monnaie vinted est plein (sauf qu’on trouve toujours le moyen de craquer et de déborder du porte-monnaie.  Tu le sais si tu pratiques vinted).

Bref, j’ai réouvert un nouveau compte, mis en vente des livres dont la lecture m’avait déçue, ainsi que des jeux de société. Et c’était reparti pour un tour !

Avec cette version de vinted pour les livres et non plus les vêtements, j’ai réappris à chiner des bouquins d’occasion d’une autre manière et j’avais envie de partager cela avec toi. Tu trouveras donc dans cet article des conseils pour vendre et aussi pour acheter malin et intelligent. Passé ce long préambule, voici mes astuces :

Acheter des livres sur Vinted

Tu as ouvert ton compte sur le site. Il est beau, il est chaud ! Maintenant, te voici prêt à dégainer ta souris, ta wishlist en main, pour trouver  la pépite dont tu rêves. Attention à toi, quelques menus obstacles vont te barrer la route !

Rechercher malin son livre

Je trouve que le catalogue Vinted est parfois très mal foutu pour le classement des documents. Soit parce que son concepteur n’est pas familier du classement de livres, soit parce que les vendeurs ne savent pas dans quelle rubrique vendre leurs livres. Je te passe les moments de solitude où mon côté bibliothécaire se désespère de retrouver un document mal rangé dans le catalogue…

Passé mes petites névroses personnelles, si tu cherches par exemple un roman de Fantasy, il n’existe pas sur les critères de recherche. Donc soit tu te bases sur la rubrique littérature et fiction / Science-fiction et Fantastique, soit tu te cognes d’autres rubriques au cas où c’est mal rangé.

Tu peux aussi trouver des romans Young adult en rubrique jeunesse, ou en Littérature et fiction adulte. C’est le cas de la saga Harry Potter.

A moins de ne pas savoir ce que tu cherches (dans ce cas, balaye les rubriques qui t’intéressent pour voir ce qu’il y a de nouveau ajouté au catalogue), le mieux est de rechercher par titre.

Mais, si ton livre fait partie d’une série, il y a parfois juste le titre du tome et pas celui de la série, sans mention de l’auteur.

Mon astuce, est donc de chercher une première fois avec le nom de la série, puis le titre du tome, puis l’auteur, par sécurité.

Sinon, tu as la recherche par ISBN (le code-barre du document), obligatoire dans toute annonce vinted. Tu peux trouver ce code sur n’importe quel site marchand afin de le copier dans ta barre de recherche. Mais cette solution ne fonctionne pas si c’est une annonce de lot de livres car tous les isbn ne sont pas indiqués. Les créateurs du site n’ont visiblement pas réfléchi à ce cas de figure.

En effet, il existe des annonces de lots de livres où le vendeur propose un lot de livres, sans indiquer tous les titres, mais en montrant juste les photos des couvertures. Cela n’est pas très pratique car le catalogue fonctionne par mots-clés et n’analyse pas les photos.

Quand tu as trouvé le titre qui t’intéresse, mets le en favori et reviens y plus tard, après avoir vérifié tous les exemplaires dispos.

A moins de ne pas être gêné d’acheter un livre en état moyen, je te conseille de filtrer ta recherche avec un Etat neuf ou bon état, pour réduire ta recherche et éviter les documents qui n’en valent pas la peine (ex : mon chien a mordu le livre à un endroit, ma fille a dessiné dedans, le livre a pris l’eau mais c’est pas grave, etc…).

Comparer les prix

Tu as trouvé ta pépite, et il y a plusieurs exemplaires à la vente ? Tu ne sais pas comment choisir ?

L’étape un : regarder le moins cher. Il faut savoir qu’au prix de vente, tu devras ajouter les frais de port (entre 3.50 et 7 euros selon le mode de livraison) et une taxe d’achat vinted (d’environ 1 euros voire moins).

L’étape deux : vérifier l’état du livre dans l’annonce. Si on t’indique qu’un livre est neuf, bon état ou abîmé, les photos et le descriptif doivent le montrer. Et cela doit te convenir ensuite pour la transaction. Tu ne pourras pas revenir dessus ensuite.

L’étape trois : regarder les évaluations du vendeur. Cela peut être un point de détail intéressant si tu hésites entre deux vendeurs. Personnellement, j’évite les vendeurs qui ont des commentaires négatifs bien véner, du genre : « a indiqué que le document était neuf mais ce n’est pas vrai… » Les retours et litiges peuvent vite devenir un cauchemar si tu tombes sur des vendeurs peu scrupuleux car le SAV de la plateforme est déplorable. J’en parlerai plus bas, en fin d’article. Donc les évaluations peuvent être importantes.

Négocier le prix d’un livre

Si tu vois un livre qui t’intéresse mais que le prix te semble trop élevé, tu peux négocier avec le vendeur en faisant une offre.

J’évoque par exemple le cas d’un vendeur qui met un livre en vente au prix du neuf. Ce qui n’est pas malin car tu le paieras plus cher, en ajoutant les frais de port et la taxe vinted. Donc, tu ne l’achèteras pas.

Normalement, un livre dans le milieu de l’occasion doit être vendu 20 à 30% de moins qu’un livre neuf. De ce que j’ai pu constater en moyenne, les romans grand format sont vendus entre 5 et 10 euros et les poches entre 1 et 4 euros.

Il y a bien sûr des exceptions si le livre vient d’être publié en librairie ou s’il n’est plus du tout édité. Il peut dans ce cas, être vendu plus cher.

Pour négocier un prix sur un livre, tu peux réaliser jusqu’à 5 offres envers un vendeur. 

Je te conseille dans tous les cas de rester courtois quand tu réalises une offre, en dialoguant avec lui, plutôt que d’utiliser seulement les boutons de  négociations. La politesse fait parfois des merveilles et permet de briser la glace entre acheteur et vendeur.

Autre astuce : si un livre est en vente depuis 6 mois, tu as plus de chances de pouvoir le négocier à prix bas qu’un autre mis en ligne depuis 15 jours.

Attention : Vinted t’indiquera si le prix que tu proposes est trop bas et ne validera pas ta proposition.

Récupérer son livre

Tu as craqué pour un livre, bien choisi ton vendeur et tu en es à l’étape de la livraison. Si tu habites dans une grande ville, cela ne devrait pas te poser trop de problèmes. Mais si tu es dans une ville moyenne ou plus rurale, choisis bien pour t’éviter des déconvenues car tu as parfois une semaine seulement pour aller chercher ton article avant qu’il ne soit renvoyé.

Vinted propose trois modes d’envoi par relais, moins chers : Mondial Relay, Relais colis et Chronopost. Ce sont en général des relais situés dans des boutiques afin de favoriser leur fréquentation ou dans un centre de tri postal pour Chronopost. Si tu optes pour ce moyen de livraison, vérifie bien que tu as un relais proche de chez toi et que ses horaires d’ouverture soient compatibles avec les tiens.

J’ai une petite anecdote à ce sujet suite au déconfinement. J’avais commandé un livre qui devait arriver à un relais chronopost (Le centre de tri de La Poste de mon secteur, à Villeurbanne). Mais avec l’engorgement des reprises successives de livraisons, il a été livré à Meyzieu, à 12km de chez moi. Soit une heure de transport en commun (bus + métro + tram + marche à pied). Comme je n’ai pas de voiture, j’ai dû m’arranger avec le vendeur pour qu’il se fasse renvoyer le colis et me le renvoie à nouveau par voie postale, dans ma boîte aux lettres. Un vrai calvaire qui a duré un mois et demi. Bref, j’ai reçu mon livre la semaine dernière… dans ma boîte aux lettres. J’ai payé plus cher, mais au moins j’étais sûre de l’avoir ! Et j’ai surtout eu de la chance de dialoguer avec un vendeur ultra compréhensif et très patient.

Si tu ne veux pas te prendre la tête, ou que tu n’as pas le temps d’aller dans un relais, prend l’envoi postal avec réception en boîte à lettres. Dans ce cas de figure, il te faudra réfléchir au prix que tu es prêt à mettre dans ce livre d’occasion. S’il revient au prix du neuf et qu’il est récent, privilégie l’achat en librairie.

Vendre ses livres sur Vinted

Tu as des livres qui ne t’intéressent plus mais en bon état ? Sache qu’avec ton compte vinted acheteur, tu peux aussi vendre sur le site !

Voici quelques astuces pour vendre rapidement et bien présenter ta boutique.

Vendre des livres en bon état

Le mieux est de vendre des livres en bon état, complets et récents.

Si tu as des livres qui ont pris l’eau, ou ravagé par le feutre de ta fille (j’en ai vu en ligne), il y a peu de chances qu’ils soient achetés un jour.

Selon moi, sont à proscrire définitivement de la vente : les livres qui sentent mauvais (ex: la cigarette ou l’humidité), les livres moisis, les livres dont la reliure se détache, où il manque des pages, gribouillés, mangés, jaunis etc… Bref, tu vois l’idée.

Les livres en bon état mais vieux, de type France Loisirs de ta grand-mère, que toutes les grands-mères de France ont dans leur bibliothèque, ne sera jamais acheté non plus. Sauf si la couverture est très jolie, par des collectionneurs.

Ce que veulent les acheteurs, c’est parfois ce que toi tu recherches : un livre récent, pas cher et en bon état. Ou un livre un peu ancien sur un sujet spécifique, mais en bon état. Personnellement, j’aime acheter des livres de contes de différents pays. Même s’ils sont plutôt vieux, je privilégie dans ce cas un livre de bel aspect et avec toutes ses pages.

A noter : si tu tiens à vendre un livre avec une dédicace, ce n’est pas rédhibitoire. Il faut juste le mentionner en commentaire.

Prendre des photos

Une annonce avec des photos du livre est essentielle pour que l’acheteur soit attiré ou vérifie l’état du document. Il m’est arrivé d’acheter un livre que je ne connaissais pas, uniquement parce que sa couverture était jolie ! D’où l’importance d’une belle photo.

Mais qu’est-ce qu’une belle photo ? C’est une photo de jour pour mieux voir les couleurs, à plat sur une table ou un lit et si possible avec un zoom sur le résumé du livre, facilement lisible pour l’acheteur. Si ton livre a des traces d’usure, il faut aussi les montrer et les mentionner dans l’annonce.

Important : évite de prendre une photo de ton livre par terre. Cela donne l’image de quelqu’un qui néglige ses affaires et n’incite pas à la vente.

Mettre un prix juste

Comme je l’évoquais dans la première partie, un livre d’occasion doit être vendu entre 20 et 30% de son prix initial. Donc, il est inutile de mettre en vente un livre au prix initial d’achat. Tu ne le vendras jamais.

Pour déterminer le prix d’un livre d’occasion, il y a deux écoles.

Soit tu mets un prix qui te semble juste, non modifiable et tu précises en commentaire qu’il n’est pas négociable.

Soit tu mets un prix un peu plus élevé pour laisser une marge de négociation auprès de l’acheteur.

Parce qu’il y a des gens qui marchandent systématiquement, et d’autres qui payent au prix indiqué sans poser de questions. C’est toi qui voit quel principe appliquer.

Si les gens qui négocient t’énervent à force de faire baisser le prix constamment, privilégie la marge de négociation. 😉

En moyenne, un roman grand format est vendu 5 à 8 euros et un poche 1 à 4 euros, de ce que j’ai pu constater.

Si tu as un livre rare : beau-livre, livre-non réédité même en poche, livre issu d’un crowfunding… tu peux tenter de le mettre plus cher, mais pense aussi à te mettre à la place de l’acheteur qui paiera en plus ses frais de livraison et sa taxe vinted. Et demande toi si tu es prêt à le vendre ou non, et sur quelle durée. C’est possible d’y arriver, mais il faut trouver le bon client et être patient.

Le cas des lots de livres

Tu peux  vendre des lots de livres au lieu des livres individuels. Dans ce cas, indique pour l’annonce l’un des ISBN des livres à vendre, et indique en commentaire l’ensemble des titres dans le lot, afin d’être mieux référencé sur le catalogue. Précise l’état de chaque document pour éviter tout litige.

Indique aussi si tu vends l’ensemble ou si tu peux faire des ventes individuelles dans le lot et à quel prix. Si tu arrives à vendre par exemple deux livres au lieu des 15 du lot, soit tu laisses l’annonce et tu modifies les frais de livraison ajustés à ta vente. (Tu recréeras une autre annonce avec le reste des livres pour les remettre en vente plus tard.) Soit tu crées une nouvelle annonce avec les livres concernés et tu l’indiques à l’acheteur pour qu’il puisse te régler.

Les réservations de livres

Un acheteur peut te demander de réserver un livre parce qu’il n’a pas encore les moyens de te régler le jour J.

Comme les prix des livres, il y a deux écoles : ceux qui acceptent les réservations parce qu’ils font confiance au vendeur et se font parfois mener en bateau car au final la vente n’a pas lieu. Et ceux qui n’acceptent pas les réservations.

Si tu veux proposer la réservation, je te conseille de donner une limite de temps au vendeur. Cela cadre les choses et te permets de ne pas passer à côté d’une vente si tu as un autre acheteur. Et dialogue avec lui, demande lui, une fois le temps écoulé s’il est toujours intéressé. S’il ne te réponds même pas, alors qu’il s’est connecté récemment, passe à autre chose et remet l’article en vente.

Si tu ne souhaites pas ce service, indique le dans ta biographie et remets le dans l’annonce.

Attention : un document réservé n’est pas achetable par un autre client. Il est bloqué pour la vente !

Renouveler tes annonces

Tu as lancé ta boutique et vendu tes premiers livres ? C’est bien. L’idéal pour faire vivre ta boutique est de faire de temps en temps une baisse de prix de quelques euros sur les livres qui sont là depuis un moment ou dont tu ne veux absolument plus.

Mais aussi,  tu peux si tu as d’autres livres à vendre, ajouter des annonces. Des acheteurs peuvent s’abonner à ta boutique et recevoir une notification à chaque fois que tu proposes une nouveauté. C’est moins systématique que pour les vêtements, mais cela existe aussi pour les livres.

Personnellement, je n’utilise pas du tout ce système car je trouve qu’il pousse à la vente, et je n’ai pas ouvert ma boutique dans le but de me faire beaucoup d’argent, mais cela a le mérite d’exister.

La politesse

Lors de tes échanges, même si tu as un acheteur qui ne t’as pas parlé et juste réglé la transaction, pense à lui écrire un petit mot.

Cela peut être un simple bonjour ou une information concernant le jour où tu vas déposer son colis. Cela te permet d’entretenir de bonnes relations avec tes acheteurs et d’engranger de meilleures évaluations.

Quand on te pose une question sur ton livre (ce qui franchement, peut être un peu casse-pied quand tu as tout indiqué dans l’annonce et que l’acheteur n’a pas pris la peine de lire), reste courtois quand même. Des réponses sèches plombent une vente.

Les évaluations sont essentielles (quoique parfois un peu hypocrites), afin de mettre en avant ta boutique. En tant qu’acheteuse, si je vois des commentaires négatifs chez un vendeur pour même un article vendu chez un autre, je vais privilégier celui qui a 5 étoiles, par sécurité.

Après, ne te stresse pas non plus pour les évaluations. Tu as aussi la possibilité de répondre à une évaluation négative !

L’envoi rapide

Certains acheteurs sont parfois pressés de recevoir leur colis, aussi prend bien la peine de paramétrer les types d’envois que tu proposes ou non. 

L’envoi en boîte aux lettres est obligatoire, quoique rarement demandé. En revanche, les relais Mondial Relais, Relay Colis et Chronopost peuvent être refusés.

La plupart des gens utilisent Mondial Relay, mais si tu n’en as pas prêt de chez toi, je t’invite à décocher cette fonctionnalité.

Vérifie aussi que les relais ont des horaires accessibles pour toi. Cela t’évitera de courir partout pour poser un colis, ou d’aller très loin.

Personnellement, je n’ai pas de Poste à côté de chez moi mais un Mondial Relay et un Relais Colis ouverts sur la route de mon travail. J’y vais en sortant le soir et à part trouver une place de parking, c’est plutôt facile. Cependant, le jour où j’ai une demande d’envoi postal, cela va être plus compliqué…

Attention : la livraison de colis est valable dans les 5 jours suivant la vente et il te faudra une imprimante pour éditer ton ticket prépayé d’envoi pour les relais. 

Le mode vacances

N’oublie pas de te mettre en mode vacances (ou de le décocher au bout de 90 jours), si tu veux être tranquille et ne pas t’occuper de ta boutique pendant tes vacances, ou un moment où tu ne veux tout simplement pas être dérangé. C’est dans « Mon Compte/mes paramètres/mode vacances ».

Pendant mon déménagement, j’ai mis ma boutique en vacances car cela faisait trop de choses à gérer. Et cela m’a fait un bien fou de ne plus y penser !

Les potentiels acheteurs qui ont mis tes articles en favoris pourront les acheter quand tu auras réouvert ta boutique. Ils sont toujours visible dans leur liste de favoris.

Attention à ne pas oublier de décocher la case avant 90 jours sinon Vinted ferme ton compte !

Les astuces en plus 

J’achète souvent des livres que j’ai déjà lu au travail pour constituer ma bibliothèque. Cependant, quand je cherche un livre en occasion que je n’ai pas lu mais qui pourrait me plaire, je vérifie toujours sa note et ses commentaires sur Babelio pour m’éviter une déconvenue. S’il a 3.5/5, je vérifie systématiquement. Ainsi, je n’ai pas acheté La malédiction Grimm de Polly Shulmann, car bien que le résumé était intéressant, ses retours étaient très mauvais.

Si je vois qu’un livre apparaît trop souvent en vente sur vinted alors qu’il vient de sortir en librairie, c’est signe qu’il n’est peut être pas de qualité, donc je ne l’achète pas.

Avec de la patience, on peut dénicher des pépites : j’attends parfois jusqu’à trois mois pour trouver un livre que je voulais lire et l’avoir moins cher sur vinted. Les premiers exemplaires sont souvent vendus trop chers.

Je vérifie régulièrement si un des titres de ma wishlist est disponible en occasion sur le site. Dernièrement, j’ai acheté les Contes et récits du Paris des merveilles de Pierre Pevel pour 10 euros, 5 heures après sa mise en vente sur Vinted. Il faut savoir être réactif aussi !

Les écueils de Vinted

Le SAV

Le principal problème des ventes Vinted est son SAV en cas de problème, qui est quelque peu déplorable.

Quand tu as un problème, tu dois déposer une forme de « plainte » auprès du forum d’aide ou sur la conversation de suivi de ton article en vente/achat et tu reçois des réponses pré-enregistrées. Il est rare d’avoir un vrai interlocuteur. Il n’y a aucun numéro de téléphone. Bref, tu es seul face à ta solitude.

Vinted part du principe que l’acheteur et le vendeur doivent s’accorder entre eux pour régler leur litige. Si tu tombes sur quelqu’un de bien, cela se passera bien. Sinon, cela peut virer au cauchemar.

Je trouve que le pire reste à la charge du vendeur : si l’acheteur déclare par exemple que le produit ne correspond pas au descriptif (alors que tu as tout bien indiqué), tu peux ne jamais être payé et l’acheteur peut garder quand même ce qu’il a acheté. Ou il te le renvoie à tes frais.

Tu peux aussi tomber sur un vendeur qui te ment sur l’état du produit et recevoir comme cela m’est arrivé, un sac à main en simili cuir, au lieu de vrai cuir. Dans ce cas, à toi de voir si tu renvoies ou non ce que tu as acheté. 90% du temps, on garde l’objet par paresse de le renvoyer. Par contre, rien ne t’empêcher de laisser une évaluation négative chez le vendeur. Mais encore, cela reste délicat car il peut y répondre et tu peux aussi écoper d’une évaluation négative…

Les problèmes de livraison

Cela reste rare, mais ton colis peut se perdre. Dans ce cas, c’est à l’acheteur de contacter le relais concerné. S’il est définitivement perdu, c’est une perte principalement pour le vendeur. Vinted rembourse l’acheteur qui n’a rien reçu mais pas le vendeur, qui ne bénéficie d’aucune compensation.

Pas de rémunération des auteurs dans le marché de l’occasion

C’est un sujet plus sérieux que j’aurais dû aborder dès le départ, mais dans les livres revendus chez Vinted (et dans tous les autres sites de vente d’occasion), aucun auteur (ni éditeur) ne touche de commission sur les ventes.

Dans un article d’Actualitté de mars 2017, le Syndicat National des Editeurs évoque un marché de l’occasion qui représente 16% des ventes de livres en France, ce qui est énorme !

Alors oui, quand on n’a pas les moyens, c’est toujours mieux d’acheter moins cher et d’occasion. Mais sachant cela, il est bien d’acheter du neuf aussi, histoire de rémunérer un peu les auteurs dont c’est le gagne-pain, pour leur travail. Même si pour certains auteurs comme Neil Gaiman, l’important reste l’accès à la lecture, peu importe le moyen.

Une taxe sur ces ventes d’occasion a été évoquée à un moment, mais elle n’a jamais été concrétisée. Cette décision pourrait peut-être rémunérer un peu mieux les auteurs, mais elle aurait aussi des conséquences sur le marché des livres d’occasion. Et si, en réfléchissant sous un angle différent, on interrogeait le prix d’un livre neuf ? N’est-il pas trop élevé pour qu’un marché de l’occasion se révèle aussi prolifique ? Dites-moi ce que tu en penses en commentaire. 😉

Voilà, j’espère que tu auras appris des choses sur Vinted et le marché de l’occasion.

Livre rare et offre alléchante,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Le temple des transactions douteuses, Alex Evans, éditions ActuSF

Après Une collection d’ennuis qui évoquait l’antiquaire Vif Argent de nos jours, rendez-vous dans le passé pour en découvrir un peu plus sur notre héroïne dans une nouvelle aventure peu reluisante…

Résumé : Dans la Cité Près de la Mer, un port où tout s’achète et se vend, une jeune voleuse à soudain l’occasion de gagner beaucoup d’argent en réalisant une transaction parfaitement légale. Mais les choses se révèlent plus compliquées qu’elles n’en avaient l’air…

Mon avis :

Il n’est pas nécessaire de connaître l’autre nouvelle pour lire celle-ci. Vous pouvez les lire dans l’ordre que vous le souhaitez.

Par ailleurs, si  lecture de cette nouvelle vous intéresse, vous pouvez la retrouver en téléchargement libre et gratuit sur le site de son éditeur.

Quand Vif-Argent était une voleuse…

L’antiquaire n’a pas toujours vécu un train de vie de riche bourgeoise dans la capitale de l’argent. Dans cette nouvelle, nous la découvrons sous un nouveau jour : exilée, ancienne esclave, voleuse par nécessité et surtout mère célibataire qui peine à joindre les deux bouts. Elle est montrée comme une femme forte, astucieuse, esquivant les dangers comme elle peut, et surtout très soucieuse de se montrer sous un jour respectable afin de conclure des affaires. Elle attend patiemment une occasion pour sortir de la misère et lancer son échoppe.  Et voilà qu’il s’en présente une sous la forme d’un livre ancien récupéré par un bellâtre de pirate qui ignore sa valeur.

Bien sûr, elle sera à moitié honnête avec le pigeon, mais ce sera pour la bonne cause (enfin, la sienne, surtout !). Quelques péripéties viendront perturber la transaction sous la forme d’une greluche assassin assoiffée de sang, mais notre héroïne s’en tirera bien pour sûr ! Sinon, elle ne pourrait pas monter son échoppe que nous connaissons déjà dans Une collection d’ennuis.

En passant, on notera un clin d’oeil à Acajou, le futur assistant de Vif-Argent dans sa boutique, pour le moment commis d’une libraire-antiquaire austère avec qui la voleuse sera en affaires.

Jarta, la ville de l’argent et ses côtés peu reluisants.

En filigramme de cette courte aventure, Alex Evans nous laisse apercevoir les mauvais côtés de Jarta : comment la ville traite les pauvres, la manière dont les voleurs survivent et surtout le quartier des docks où se situe toute l’action, qui n’avait été que peu abordé jusque là.

Le titre de cette nouvelle, Le temple des transactions douteuses fait référence au lieu d’échange des transactions illégales de la ville :  un temple dédié à la simplicité qui ignore tout du trafic régnant en son sein. Un lieu double qui représente bien la duplicité de la ville et de son symbole.  Ici, l’argent est le seul maître, qu’il provienne d’honnêtes gens comme des voleurs ou des esclavagistes, et tout est bon pour s’enrichir.

A sa manière, Jarta reprend le mythe du Self Made Man américain : celui qui, s’il travaille dur et sait saisir les occasions, peut réussir. Vif-Argent en est l’incarnation tout en conservant une forme d’honneur. Ce n’est pas le cas pour tous les personnages que nous croiserons dans cet univers.

En conclusion : Une nouvelle facile à lire pour en savoir un peu plus sur le personnage de Vif-Argent et comprendre son évolution. Une plongée dans un autre quartier de Jarta, auprès des voleurs et des pirates. Le tout avec l’humour et le suspense que sait si bien instiller Alex Evans.

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #13

Au sommaire de ma veille aujourd’hui : Un club lecture qui promeut la littérature noire, un article sur une passionnée d’objets japonais, un salon littéraire virtuel LGBT, un projet de financement participatif pour un roman de fantasy, une chaîne youtube de musique classique pour écrire, un concours pour gagner un bon d’achat culturel, un appel à textes autour d’un chiffre et un challenge littéraire estival !

L’initiative de la semaine

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Suite au mouvement Black Lives Matter sur la toile et dans les actualités, j’ai vu passer beaucoup de choses pour mettre en avant la culture noire en littérature. Personnellement, je n’ai pas eu l’occasion de réaliser quoi que ce soit afin d’apporter mon soutien à cette cause qui me semble juste. Pas par manque d’idées, juste de temps et d’énergie. Entre le déballage de mes cartons de déménagement et la reprise du travail, j’ai beaucoup de mal à écrire des articles. Alors, quand j’ai vu passer sur Instagram un club de lecture pour promouvoir des oeuvres qui mettent en avant des personnages racisés, je me suis dit que j’allais t’en parler.

Ce club a été créé par la bloggueuse MissAfro_Lectrice. Elle propose des lectures communes autour d’un roman, une fois par mois. Pour s’inscrire, il suffit de la contacter sur son compte Instagram. La lecture prévue en Août est Nos horizons infinis de Tahereh Mafi. Et même si tu n’adhères pas à son club, je t’invite à découvrir ses avis lecture sur sa page insta. C’est un bon moyen de découvrir des livres prônant la diversité. 😉

L’article super intéressant de la semaine

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Je suis abonnée au Blog de Eva, de Frenchy Nippon sur la culture japonaise et son quotidien d’expatriée française dans ce beau pays. Dernièrement, elle a publié un article sur son amie Joranne et sa passion des objets japonais. Et là… un univers s’est ouvert à moi !

Joranne ne fait pas que parler des objets japonais. Elle t’explique d’où ils viennent, à quoi ils servent et mène une réelle enquête autour. Cela lui a fait rencontrer des artisans japonais qui sont souvent surpris que l’on s’intéresse à leur travail. Pour eux ces objets ne leur semblent pas aussi importants. Certains sont usuels, d’autres décoratifs, d’autres encore servent à différents cultes. Parfois, les japonais les utilisent sans même connaître leurs origines ! Bref, j’ai appris beaucoup de choses dans cet article, et j’ai poussé plus loin ma curiosité en allant visiter le blog de Joranne, qui est une vraie mine d’informations, agrémentée de dessins rigolos. Pour finir sur le sujet, si les objets japonais t’intéressent, Joranne a publié un recueil de ces minis-reportages sur le sujet intitulé : Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais aux éditions Le Prunier, Sully.

L’événement à ne pas manquer 

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Ce weekend, ne rate pas le Y/Books lancé par les éditions YBY. Il s’agit du premier salon littéraire virtuel francophone dédié à la fiction LGBTQIA+ sur Discord avec beaucoup de choses intéressantes à découvrir : Conférences littéraires, streams de jeux-vidéos, dédicaces d’auteurs, des défis créatifs et même des jeux auxquels tu peux participer comme les Loups-garous de RuPaul’s drag race ou le pictionnary Pop culture.

Le salon commence samedi 4 juillet à 14h30 et se clôt dimanche 5 juillet à 20h. Si tu veux connaître le programme en détail, je t’invite à cliquer sur ce lien. En guest, il y a Mélanie Fazi et Estelle Faye ! Tu peux aussi participer à la tombola caritative organisée pour l’occasion, il y a de nombreux livres à gagner.

Personnellement, j’assisterai à la conférence Littérature lesbienne, des codes à construire ou dont on peut s’affranchir (samedi, 15h30) et à celle sur Comment les éditeurs retravaillent vos manuscrits ? (dimanche 14h).

Pour rejoindre le Discord et avoir plus de détails de fonctionnement, je t’invite à visiter la page facebook de l’évènement.

Le projet de financement participatif de la semaine

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Un roman qui parle d’un archéomage, cela ne pouvait que titiller ma curiosité de bibliothécaire de l’extrême !  Archibald Twytter, Archéomage, tome 1 : Les mystères de Paris est un projet Ulule qui a déjà atteint son objectif malgré les jours restants. Il s’agit d’une enquête sous la Belle Epoque menée par un personnage historien spécialisé dans la magie. On dirait à première vue un mélange de fantasy et de steampunk. Les premiers chapitres sont en lecture sur la page du projet pour te donner une idée. Personnellement, je suis trop fan des illustrations de l’artiste Tiphs qui sont juste MA-GNI-FI-QUES ! Pour 20 euros, le roman est à toi, et si tu préfères simplement la version numérique, ce sera 10 euros. L’auteure est aussi blogueuse sous le pseudonyme de La plume de citrouille si cela t’intéresse. Elle a débuté par des fanfictions sur la maison Poufsouffle et de fil en aiguille, son projet d’Archibald est né. Un beau projet à encourager jusqu’au 17 juillet.

Ma chaîne youtube de la semaine

Quand j’écris ou que je veux me reposer la tête, je vais sur la chaîne Halidon Music. Il y a toujours une compilation de musique classique pour avoir l’impression d’être, au choix : dans un magasin Sostrene Grene ou dans un roman de Jane Austen. Alors cela peut paraître un peu naze au premier abord, mais je me rends compte que plus le temps passe, moins je supporte la musique grand public, surtout quand je travaille. D’où ma passion pour les morceaux qui te permettent de te concentrer sans fredonner un air. Voici ma compil préférée (cf vidéo ci-dessus). Et toi, c’est quoi ta chaîne de musique préférée quand tu écris ou travailles ? 🙂

Le concours de la semaine

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Au lieu d’un livre, je te propose de gagner carrément une carte cadeau d’une valeur de 30 euros dans un lieu culturel ( Fnac, Amazon, Cultura). Pour cela, il te suffit de participer au concours organisé par Cecilia Library cette semaine sur Instagram. Comment d’habitude, il faut de s’abonner à son compte, mettre un commentaire sur le post du concours en invitant des amis, et le partager en story en citant le nom de son compte insta. Le concours se termine dimanche 5 juillet. Bonne chance ! 😉

Le challenge littéraire du moment

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Vu sur le compte instagram de Chris Bookine, découvre le Bingo de l’été 2020. Sur le même principe que le Bingo du Plib, tu as des actions à réaliser et des livres à lire selon une thématique. Je le trouve plutôt fun, et si j’ai l’occasion, je l’essaierai peut-être. 😉

L’appel à textes du moment

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A l’occasion de leur neuvième anniversaire, les éditions du Chat noir proposent un appel à textes autour du chiffre 9 et de sa symbolique. Petite particularité, l’envoi des textes se fera de façon anonyme pour une lecture à l’aveugle. Les 9 nouvelles retenues seront dévoilées le 31 octobre. Tu as jusqu’au 1er octobre pour participer. Les détails de présentation de la nouvelle sont à retrouver sur la page facebook de la maison d’édition.  A ton stylo !

Voilà, ma veille littéraire de la semaine est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Black power et lectures estivales,

A.Chatterton

Publié dans Ateliers d'écriture

Atelier d’écriture #6 : Développer un Synopsis et continuer une histoire

Le déconfinement a eu lieu depuis un moment et je n’avais pas traité ce sujet d’atelier ! Comme d’habitude, je suis partie d’une proposition de Chloé Dubreuil dans le cadre des ateliers d’écriture de l’université de Lyon, avec un sujet qui gagne en complexité, cette fois et m’a valu plusieurs relectures…

Les consignes :

Synopsis de base : Deux jeunes gens se sont donné rendez-vous devant une vieille chapelle au centre d’une clairière. Quand le garçon arrive, la porte en bois est ouverte. Il pénètre à l’intérieur pour attendre au frais son amie. Mais peu de temps après, des voleurs arrivent en voiture pour y cacher un butin dérobé et découvrent là le jeune homme. Quand la jeune fille (ou femme) arrive sur place à son tour, elle aperçoit le véhicule et l’un des gangsters armés faisant le guet.

Développe le synopsis en soignant tes personnages (personnalité, traits de caractère, physique) et le lieu de rencontre (pour créer une atmosphère). Raconte ce qui se passe ensuite : Comment les deux personnages vont se sortir de cette situation ? Quelle est la fin de cette histoire ?

L’idée de départ

Compliqué cet atelier ! J’ai dû me creuser les méninges parce que je ne voyais pas comment sortir les personnages de cette situation… J’ai eu quelques idées comme : faire de la fille une sorcière, ou faire croire que tout se passe dans la tête du garçon devenu fou. J’ai même pensé à faire une version thriller avec un tueur en série, ou tout simplement à ce que le garçon demande de l’aide à la fille par sms interposés. Mais… est-ce qu’on capte en forêt ? Et puis, j’ai eu une idée un peu tordue comme d’habitude. Et si tout cela n’était qu’un piège ? La fin est un peu flippante, mais bon, tu verras… 😉

La nouvelle

Amour mortel

Il est bientôt minuit. Je marche à grandes enjambées dans la forêt, balayant le sol du faisceau de ma lampe pour m’éviter de tomber. Je vais rejoindre Mirella. Nous nous sommes donnés rendez-vous dans la chapelle pour la première fois. Après de longues discussions sur internet, nous avons enfin décidé de nous rencontrer. La chapelle semble être un endroit bizarre, mais pas pour nous. Mirella est comme moi adoratrice des lieux religieux, des ambiances gothiques et des costumes façon XVIIIème siècle. Nous avons fait connaissance sur un forum Victorien. Mirella… évoquer son nom me donne des papillons dans le ventre mais réveille aussi un désir inattendu. Sur la photo qu’elle m’a envoyée d’elle, deux yeux verts étincelants éclairent son visage de porcelaine encadré par de longs cheveux roux…

Je suis à présent arrivé au lieu de rendez-vous. Mirella n’est pas là.

Les bruits de la nuit m’enveloppent. Au loin, une chouette ulule. J’entends des craquements dans les arbres.  L’air se fait plus frais malgré la chaleur estivale. Je resserre ma veste en velours autour de mon cou. J’ai revêtu mon plus beau costume de nuit pour notre rencontre mais là, je me sens un peu ridicule. Et seul.

Et si elle avait décidé de ne pas venir finalement ? Les filles ont tendance à être effrayées dans les bois, surtout la nuit.

Pour me changer les idées, je jette un coup d’oeil à la chapelle.

Elle se découpe sous la lumière de la lune, étincelante avec ses pierres blanches, comme sortie d’un film de Tim Burton. Son entrée est finement sculptée d’entrelacs sur lesquels viennent se greffer un lierre envahissant. La porte est ouverte.

Quitte à attendre, autant entrer et satisfaire ma curiosité…

La porte en bois grince quand je la pousse. Au sol, un tapis de lierre qui remonte délicatement le long de l’autel devant moi. Pas de statue, peu de décorations, mais des bougies consumées en pagaille sur l’autel. Je distingue des traces de vie ça et là, malgré les toiles d’araignées. Des frottements sur le sol à droite de l’autel m’indiquent qu’on vient déplacer un objet.  Je fais le tour de l’autel pour aller voir jusqu’où les traces m’emmènent quand j’entends une voiture arriver. Mirella ? Elle était censée venir à pied, pourtant…

Je me relève pour venir à sa rencontre mais des voix d’hommes suspendent mon geste. Ce n’est pas Mirella… Instinctivement, je me cache sous l’autel.

J’entends des bruits de pas et des voix. Deux hommes. Ils  semblent porter un truc lourd aux bruits d’essoufflement que je perçois. 

–   » Arnaud, t’es sûr que c’est une bonne idée de mettre les flingues ici ? Ils vont pas rouiller avec l’humidité ? Et puis, c’est safe ? Parce que là, vu les bougies en masse, ça doit être pas mal fréquenté…

– T’inquiète Boris, j’ai mis des trucs anti-humidité dans la caisse. Niveau discrétion, les flics viendront jamais chercher ici. Et puis, j’ai surtout dégoté un coin parfait que personne ne connaît, regarde… »

J’entends un bruit de pierre qui frotte contre le sol à ma droite. Je me terre un peu plus sous l’autel et retiens ma respiration. Mon coeur bat à tout rompre. Des armes ? Qui sont ces types ? Il faut vite que je parte avant qu’il me découvrent. Sauf qu’ils sont trop proches… Mieux vaut rester caché pour le moment.Je rapproche mes genoux plus près de mon torse et j’attends, osant à peine respirer. J’entends l’écho de leurs pas se prolonger dans le lointain. Puis le silence. Je desserre un peu ma prise sur mes genoux malgré la position inconfortable. Attentif aux bruits, j’essaie de deviner s’ils sont toujours là. La transpiration perle sur mon front. Je l’essuie sans bruit, toujours à l’affût. Mais je me rends à l’évidence : je suis seul. Les deux truands ont mystérieusement disparu. Je glisse un oeil du côté de l’autel où ils sont censés être et découvre une sorte de souterrain avec un escalier. Tout s’explique…

C’est ma chance ! Je quitte l’autel, dépliant mes jambes tant bien que mal, et me hâte en silence vers la sortie. Il faut faire vite avant qu’ils reviennent… 

Malheureusement, mon soulagement est de courte durée. A peine ai-je franchi la porte que je distingue adossé à la voiture, un troisième mec qui fume une cigarette. Il a le dos tourné et n’a pas perçu ma présence pour le moment. Le cauchemar s’éternise…

Mais, si j’essaie de sortir d’un côté ou de l’autre de l’entrée, je serai dans son champ de vision. Que faire ? 

J’avise un fourré à 2 mètres de l’entrée. C’est un buisson de chèvrefeuille. Il est peut-être assez touffu pour que je puisse m’y glisser. Pris d’une inspiration subite, je ramasse un caillou et le jette dans la direction opposée pour faire diversion. Le troisième larron se redresse soudain, et la cigarette au bec, va voir d’où vient le bruit. Je me jette derrière le buisson et m’accroupit à nouveau, en espérant qu’il ne m’aura pas entendu.

Il était temps ! Les deux autres rappliquent quand je suis installé. Je ne vois absolument rien tant le fourré est dense, mais je suis aux premières loges au niveau sonore.

– « C’est bon Tony, on se casse », dit la voix d’Arnaud.

Les pas dudit Tony se rapprochent de moi. Il n’a pas trouvé mon caillou visiblement. Malgré la situation, je me surprends à sourire. Quel imbécile !

Les voleurs se préparent à partir. J’entends les portes de la voiture s’ouvrir. Le coffre se refermer. L’excitation me guette. Je vais pouvoir rentrer chez moi et oublier tout ça.

C’est alors qu’un sifflement d’admiration fend l’air. Mirella ! Je l’avais oubliée. Mon coeur bat à nouveau la chamade. J’ai un mauvais pressentiment.

– Regardez la meuf ! Alors, chérie on est perdue ? continue Arnaud

– Matez ses fringues de sorcière ! Tu viens allumer des bougies à la con pour appeler les esprits ! dit Boris

– Ouh ouh  ! Esprit es-tu là ? renchérit Tony

Ils s’esclaffent. J’entends des pas s’approcher venant de la clairière à droite du véhicule. Une voix inquiète s’élève soudain :

– “ J’ai rendez-vous avec mon petit-ami, il ne va pas tarder…” La fin de sa phrase se perd dans le noir.

Je perçois un mouvement. L’un des hommes se déplace.

– « Bizarre, on a vu personne nous, dit Arnaud, hilare.

– Attends, Arnaud, si ça se trouve c’est nous ses petits-amis ! ajoute Boris

– Ouais Boris, je crois que c’est ça. Venez les gars, on va s’amuser un peu et lui montrer qu’on est des hommes. Chopez-la. »

Des bruits de course se font entendre dans les fourrés, suivi des hurlements de Mirella. Ils la ramènent vers la voiture. Mirella se débat et crie à tue-tête “Laissez-moi tranquille !

– C’est qu’elle a du caractère cette salope, dit Tony

– Si on se la faisait dans la chapelle, comme ça elle l’aura sa cérémonie de sorcière, ricane Boris.

– Tony, tu fais le guet. Comme ça, si son soupirant se pointe, il aura un beau comité d’accueil, ordonne Arnaud

– Pourquoi, moi? Je fais toujours le guet. 

– T’en profiteras aussi, fais ce que je te dis. “

Tony retourne à la voiture en maugréant, tandis que les deux autres traînent une Mirella en pleurs dans la chapelle. Je sens son parfum à la violette me parvenir tandis qu’ils passent devant mon buisson. Ils referment la porte. 

Dans ma cachette, je me sens impuissant. Si je fais quelque chose, je suis seul contre trois et je risque de me faire tuer. Mais je ne peux pas laisser Mirella se faire violer à deux mètres de moi. Je serre les poings, essaie de réfléchir, le souffle court. Des rigoles de sueur dégoulinent dans mon dos. 

Dans la chapelle, les cris se sont tus soudainement. Un silence de mort règne autour de moi. Tony a senti que quelque chose cloche. Il écrase son mégot, à 50 cm de moi sur le gravier et se tourne vers la chapelle.

– « Les gars, c’est bon ? Je peux venir ? »

Seul le bruit d’une chouette lui répond.

Je l’entends sortir un truc de sa poche. Je reconnais le cliquetis caractéristique d’un cran d’arrêt.

– « Les gars, vous êtes toujours là ? »

Il s’avance. La porte grince sinistrement sur ses gonds. Il entre dans le noir. Un hurlement bestial s’élève, suivi de bruits de lutte, puis plus rien. 

Le silence devient assourdissant. La forêt s’est figée. Même la chouette s’est tue. 

Dans mon fourré, je suis paralysé de terreur. Que s’est-il passé ? Est-ce que Mirella va bien ? Qui a crié ? Tout mon corps est en tension. Mes sens sont en alerte. Ma respiration s’accélère. J’essaie de réfléchir… Mirella, je dois sauver Mirella…  Je prends sur moi, sur ma peur grandissante, et décide de sortir de ma cachette pour la secourir. 

Je passe devant la voiture et avise une lampe torche sur le siège conducteur. Les clés sont également sur le contact. Je prend la lampe torche et un bâton en guise d’arme, puis me dirige vers la porte de la chapelle. Il n’y a toujours aucun bruit. C’est très inquiétant.

Peu rassuré, je me cramponne à mon arme de fortune et pousse la porte du pied, tout en éclairant l’intérieur.

Mirella se tient devant moi, couverte de sang, la robe déchirée. A ses pieds gisent les trois mecs dans un sale état. Elle halète bruyamment, l’air épuisée et s’effondre quand le faisceau de lumière arrive sur son visage.

Je lache mon bâton et la retient pour éviter qu’elle ne tombe au sol.

Je ne comprend rien. Comment trois types aussi baraqués ont pu se faire massacrer ainsi ? Que s’est-il passé ? Incommodé par l’odeur métallique du sang, je décide de ramener Mirella à la voiture et de me tirer vite fait. En poussant la porte, je jette un coup d’oeil en arrière. La trappe dans le sol de pierre est ouverte et des traînées de sang se dirigent vers elle.

Est-ce qu’un monstre vivrait ici ? Ne soit pas idiot, Romain, il doit y avoir une explication logique…

Le corps de Mirella est froid et me pèse sur les bras comme une pierre. Je me dépêche de la ramener à la voiture et dégote une couverture pour essayer de la réchauffer. Elle a du sang jusque sur le visage. Elle est belle, malgré les circonstances…

Je remonte la couverture sur ses épaules pour cacher sa semi-nudité. Sa robe est déchirée à l’encolure et laisse entrevoir sa poitrine ronde et laiteuse. Moi qui pensais aller à un rendez-vous d’amoureux, j’en suis quitte pour un film d’horreur.

Je dois vérifier qu’elle n’est pas blessée et surtout appeler les flics, mais d’abord, je vais me barrer de cette forêt. Je démarre la voiture et roule sur le chemin communal constellé d’ornières. La voiture n’est pas tout terrain, et je m’accroche au volant pour maintenir le cap.

Les sursauts réveillent Mirella. Elle relève la tête, l’air pâteux. Je lui souris et tente de la réconforter :

– « Courage Mirella, on va sortir de la forêt. Le cauchemar sera bientôt terminé. Je suis Romain, tu te souviens ? On avait rendez-vous.

Elle me dévisage l’air absent sans prononcer un mot. Inquiet, je continue pour faire bonne figure :

– Est-ce tu es blessée ? Tu as besoin de voir un médecin ? Dis-moi si tu as mal quelque part. »

Elle secoue la tête, toujours sans prononcer un mot. Elle me regarde avec attention. Une attention étrange.

Je suis soulagé qu’elle aille bien, mais la manière dont elle me dévisage me met mal à l’aise.

Nous arrivons à la limite de la forêt, je sors mon téléphone pour capter un signal. Si Mirella va bien, je vais appeler les flics et la ramener chez elle. 

Tout en composant le numéro de la gendarmerie, j’observe Mirella à la dérobée. Elle a sorti un mouchoir de sa poche et essaie de se nettoyer le visage avec le miroir du pare soleil.

Il est plus de minuit, je ne suis pas sûr que quelqu’un décroche. Nous habitons dans une petite ville, il y a rarement une permanence. Après quelques appels dans le vide, je raccroche, dépité.

Mirella se tourne vers moi. Elle me sourit et cela me met du baume au coeur. 

Elle se penche vers moi. Mon coeur bat la chamade. Elle est vraiment belle et malgré l’horreur de ces dernières heures, je ne pense qu’à l’embrasser. 

Comme si elle avait compris mes intentions, elle se penche vers moi et presse délicatement ses lèvres sur les miennes. Le temps est comme suspendu. Je me sens transporté. Puis, je l’entends murmurer à mon oreille de sa voix douce et mélodieuse : “Merci de m’avoir secourue. “

Elle s’écarte et je me sens rougir. J’ai honte. J’aurais dû intervenir plus tôt. Mais de cela, elle n’en saura jamais rien. Elle me regarde en souriant.

Son baiser m’a comme engourdi. Je me sens cotonneux, vidé de toute  volonté. C’est ça être amoureux ? Quelle sensation étrange…

Je la dévisage, détaillant ses traits avec béatitude.  Ses longs cheveux roux, en bataille, encadrent de façon charmante son visage de porcelaine. De ses magnifiques yeux verts brûle un feu inconnu.  Sa bouche aux lèvres ourlées, propice à un nouveau baiser, laisse apercevoir deux belles canines brillantes sous la lune… Deux canines pointues, tranchantes…Mon esprit lutte un bref instant, envahi par une pensée terrifiante mais le regard envoûtant de Mirella m’ôte à nouveau toute volonté.

Mon corps est comme paralysé. Ma sensation de terreur s’amplifie.  Je vois Mirella étendre son sourire, le regard avide et se pencher à nouveau vers moi en ouvrant la bouche. 

Elle me mord violemment le cou et commence à pomper mon sang à grandes gorgées. Je suis incapable de bouger. Je sens le contact de ses dents sur ma peau et une sensation de froid puissante prend possession de mon corps. La dernière chose que je garde en mémoire est son visage d’ange, la bouche dégoulinante de sang, avant de m’évanouir.

Je me suis réveillé un peu plus tard dans la nuit, comme émergé d’un mauvais sommeil. J’étais seul, étendu entre deux arbres de la forêt. La voiture avait disparu.

Je me suis demandé si j’avais rêvé. Si les événements de ces dernières heures n’étaient que le fruit de mon imagination. J’ai tâté mon cou et ma morsure avait disparu. J’ai tenté de retrouver la chapelle dans la forêt, mais c’est comme si elle n’avait jamais existé. Même mes conversations en ligne avec Mirella se sont volatilisées. Depuis cette nuit, je me demande si je ne suis pas devenu fou. Une seule certitude reste ancrée au fond de moi : je nourris une faim insatiable, vorace. Une faim que seul du sang humain pourrait combler…

FIN

Envie de te lancer ?

Rien de plus simple ! Reprends le synopsis et interroge-toi sur certains points pour construire ton récit et lui trouver un ton :

Imagine la relation entre le garçon et la fille : amis, amoureux, frères et soeurs…

Pour quelle raison se retrouvent-ils : un rendez-vous secret, jouer à se faire peur et appeler les fantômes, déterrer un trésor dans la chapelle…

Que transportent les bandits : armes, drogue, trésor…

Comment le garçon et la fille vont-ils se sortir de ce mauvais pas : une aide extérieure, en communiquant avec leurs téléphones, en se cachant, en attirant les bandits en dehors de la chapelle…

Quelles conséquences auront leurs actions : la fille se fait capturer, le garçon se fait tabasser, ou tout le monde va bien …

Et surtout, détermine qui sont tes deux personnages : des froussards, des tordus, des courageux. Quel âge ont-il ? A quoi ressemblent-ils ?

Une fois que tu auras répondu à ces questions, lance toi ! 😉

N’hésite pas à me laisser en commentaire ton avis sur ma nouvelle, l’exercice, voire ton essai d’écriture, cela me fera plaisir.

Sang frais et armes à feu,

A.Chatterton