Publié dans Questions existentielles

Le Tourisme Littéraire : Kézako ?

L’autre jour, je suis tombée sur le Hashtag « Tourisme littéraire » sur Instagram. Ce terme étrange et poétique m’a intriguée et je me suis demandée ce qu’il recouvrait. Après quelques recherches, voici ce que j’ai trouvé…

La définition « officielle »

Selon Wikipedia, le Tourisme littéraire serait « une forme de tourisme culturel dans lequel les visites d’un lieu sont motivées par leur lien avec un auteur ou un univers fictionnel ».

Si l’on s’en tient strictement à cette définition, cela se résumerait à des circuits de tourisme autour des lieux fréquentés par un auteur, ou qui auraient inspiré une oeuvre littéraire. Pour détailler, cela donne les deux cas suivants :

La maison où a vécu un auteur

 

Entre le lieu de naissance, de mort, d’enfance, de vacances, de passage, etc… où un auteur a vécu, on peut parfois réaliser un grand circuit en France voire dans d’autres pays.

Personnellement, j’ai déjà visité la maison de famille de Victor Hugo à Villequier, en Normandie près de la Seine, là où sa fille Léopoldine s’est noyée et évoqué dans le célèbre poème Demain dès l’Aube. Pour l’anecdote, après son décès, Victor Hugo a réalisé un pèlerinage tous les ans dans ce village pour se recueillir sur sa tombe. Au-delà de cet aspect tragique, la maison est visitable et certaines pièces ont été conservées en l’état, comme les chambres à l’étage. C’est ainsi que l’on découvre que notre auteur national avait la chambre de sa maîtresse à côté de celle de sa femme, le coquinou !

Pendant cette visite à Villequier, j’étais fébrile. Je voyais Victor Hugo partout, et je me demandais si le lieu l’avait inspiré, quel endroit de la maison il préférait pour réfléchir etc… Voir le contexte dans lequel a vécu un auteur est toujours intéressant, car on a tendance à se projeter dans ses pas, même si le temps a passé et que la modernité a changé le paysage. De la maison de Villequier, on voit la Seine, le ciel normand empreint de nuages et il y a une promenade très agréable à réaliser le long des maisons qui longent ce fleuve. Je me suis demandée si suite au décès de sa fille, Victor Hugo avait conservé la même sensibilité vis à vis de ce paysage et s’il s’était laissé porté par la mélancolie.

Pour réaliser un parallèle avec les peintres, ce phénomène est encore plus flagrant. Lorsque l’on visite un lieu dans lequel ils ont réalisé des oeuvres majeures, on se rend vite compte que la lumière du soleil est différente. Pour ne citer que les impressionnistes, la retranscription de la lumière du ciel normand ou du sud de la France est très saisissante dans leurs tableaux. Quand vous êtes sur le lieu de création, vous comprenez tout de suite pourquoi elle est représentée ainsi sur la toile.

Les auteurs procèdent par sensations sur leur environnement autant que par leur vécu personnel. Visiter un lieu où ils sont venus écrire pendant un temps permet de percevoir parfois un peu mieux une partie de leur oeuvre.

Il existe de nombreux circuits touristiques basés sur la vie d’un auteur ou de son oeuvre. Si vous n’avez pas d’idées,  je vous conseille le livre Voyages autour des lieux littéraires de Sarah Baxter aux éditions Christine Bonneton. C’est un circuit basé sur plusieurs oeuvres classiques dans divers pays. Vous trouverez certainement un auteur qui vous intéresse dedans. L’intérêt est que chaque lieu est relié à une oeuvre et à des informations historiques, tout en restant un récit de voyage avec ses impressions personnelles. Vous y trouverez par exemple Dublin via Ulysses de James Joyce, Naples via L’amie prodigieuse de Elena Ferrante, etc…

Si un auteur en particulier vous intéresse, vous pouvez réaliser un circuit vous-même en regardant où il a vécu, ou chercher en ligne si un tel circuit existe déjà. Par exemple, sur le site de la fédération nationale des maisons d’écrivain et patrimoines littéraires vous trouverez quelques idées de visite principalement en France.

Pour ma part, j’ai marché sur les traces de Jane Austen en me rendant à Bath où elle a vécu, et à Lacock où a été tourné l’une des adaptations de son roman Emma.

Le lieu qui a inspiré un auteur pour son oeuvre de fiction.

Prenez Jane Austen, Beatrix Potter ou les soeurs Brontë : elles se sont beaucoup inspirées de la campagne anglaise ou de villes où elles ont vécu dans leurs romans. En France, de nombreux auteurs français classiques ont souvent fait figurer Paris dans leurs récits. De ce fait, dans leurs histoires ces lieux sont très présents et représentent parfois un personnage à part entière.

De nos jours, on peut visiter des circuits en lien avec les lieux évoqués dans des oeuvres, en virtuel grâce à Google Art et Culture catégorie street view.

Mais on peut aussi aimer les voir en vrai. Je pendrais pour exemple un lieu unique mêlant imaginaire des contes et Matière de Bretagne: Le centre de l’imaginaire Arthurien, basé à Comper en Bretagne. Au sein de la forêt de Brocéliande, les guides proposent des balades contées sur le thème des lutins, de la légende arthurienne et autres fééries. Sans se rattacher à un auteur unique, on y revit la magie de la forêt et de ses contes.

Pour aller plus loin, certains sites ont réalisé des visites de villes détaillées sous forme de cartes avec des extraits de livres, en partant d’un lieu comme Manhattan à New-York, ou Paris. L’idée est de se promener dans un quartier et de repérer un endroit mentionné par un livre. On peut ainsi voyager à travers plusieurs livres dans un périmètre extérieur restreint.

De façon plus globale, des passionnés ont créé une carte du monde qui associe des livres à des pays comme sur le site Bibliosurf dédié à la veille littéraire. Ainsi, si vous souhaitez lire un livre qui se déroule à Berlin ou en Argentine, vous y trouverez votre bonheur sans bouger de chez vous. Le voyage étant dans la tête.

Un écueil est que ces cartes, si elles ne sont pas réalisées par les municipalités ou des bibliothèques, sont souvent très subjectives et non exhaustives. Il peut être amusant de réaliser ses propres cartes de lieux touristiques littéraires de ses livres préférés en utilisant des outils en ligne. En cherchant un peu, j’ai trouvé deux sites : U map et  Google my maps, mais il doit en exister bien d’autres.

Quel est l’intérêt de ce genre de visite ? Je dirais que pour les passionnés de ces romans, c’est tout simplement de se mettre à la place des personnages ou de se rendre sur ces lieux afin de revivre leur histoire favorite. Certains vont même jusqu’à se costumer en leur personnage favori pour prendre une photo sur le lieu évoqué dans le livre. D’autres y voient une forme différente et intéressante de visite d’un pays ou d’une ville, basé sur leur passion pour la littérature.

Au fil de mes recherches pour cet article, j’ai l’impression que la définition officielle de Tourisme littéraire a évolué et que d’autres branches se sont développées. Ainsi, j’ai réfléchi à ce qui pour moi, pouvait être une forme de tourisme littéraire au vu de mon expérience et de ce que j’ai pu rencontrer sur Instagram. Cela a donné ceci :

Les lieux fictionnels recréés

Quand un univers marque beaucoup les lecteurs et rencontre un franc-succès, il est parfois recréé par des fans sous diverses formes afin de pouvoir revivre l’ambiance et la magie de ses livres.

J’ai rencontré plusieurs fois le cas au gré de mes voyages. Pour moi, le Musée Sherlock Holmes en est le meilleur exemple. Il s’agit d’une maison située à Londres à Baker Street, qui a été réhabilitée avec des décors façon époque victorienne pour recréer la maison de Sherlock Holmes, le personnage emblématique d’Arthur Conan Doyle.

Le musée se visite par petits groupes, il faut acheter un ticket dans la boutique située à droite du bâtiment et un Bobby (=policier anglais en uniforme) vous fait entrer. Là, vous montez les étages d’un vieil escalier de bois et découvrez le bureau, la chambre de Sherlock et quelques scènes reconstituées avec des mannequins de cire sur le dernier étage, tirées des romans. La maison n’est pas le reflet exact des aventures du détective car il manque le cabinet du Dr Watson, mais c’est une plongée plaisante dans ce qu’aurait pu être le lieu de vie de Sherlock. Petit clin d’oeil : les gens peuvent déposer leur carte de visite sur un panneau dédié au détective.

Un autre exemple flagrant reste le parc d’attraction dédié à l’univers d’Harry Potter en Floride, ou encore la Forêt enchantée Grimm à Europapark, et bien sûr certains espaces de Disneyland concernant les contes de fées. Même si je trouve que les parcs d’attraction ont un côté carton-pâte, cela peut permettre de s’évader le temps de quelques heures dans son univers préféré.

Enfin, je citerai également les hébergements insolites qui sont issus d’univers littéraires : chambre d’hôte Harry Potter, cabane de Robinson Crusoé, Château de vampire… Celui que je connais le mieux se situe dans le Morvan en Bourgogne et est dédié à l’univers du Seigneur des Anneaux de Tolkien. Il s’agit du Domaine de la Pierre ronde où des passionnés ont recréé avec des artisans et un super financement participatif deux maison de hobbit et une maison d’enchanteur. Ces hébergements se louent pour la nuit et sont décorés à l’image de leurs occupants imaginaires. Le village a vocation à s’étendre avec une cabane perchée d’elfe, affaire à suivre… 😉

Les lieux d’adaptation de livres au cinéma 

Quand un livre connaît un très grand succès, il est souvent adapté au cinéma et par extension, les lieux de tournage deviennent des lieux de pèlerinage touristique pour les fans qui souhaitent revivre le film ou le livre.

Il existe des circuits touristique en Angleterre pour aller sur les traces des lieux de tournage d’Harry Potter, en plus de la visite du Studio Warner Bros où sont mis en scène les décors et costumes qui ont été utilisés dans le film.

C’est la même chose pour Le Seigneur des Anneaux de J. R.R Tolkien, ou encore Le trône de fer de George R.R. Martin, mais il faut pour cela avoir un bon budget étant donné que le premier se trouve en Nouvelle-Zélande et le second éparpillé un peu partout en Europe.

Au sujet du Trône de fer, si le sujet vous intéresse, il existe un guide du Petit Futé intitulé Game of thrones, carnet de voyage, les sites de tournage de la série et publié en 2020. Il recense tous les lieux de tournage de la série avec de bonnes adresses, et a été réalisé en collaboration avec des blogueurs fans de l’univers de G.R.R.Martin ainsi que des Offices de tourisme des pays cités. Un index récapitulatif des personnages emblématiques est présent en début de guide pour vous aider. Vous voyagerez ensuite d’Islande en Irlande, en passant par la Croatie, le Maroc, Malte ou encore l’Espagne. Prévoyez de bonnes chaussures et un bon portefeuille ! 😉

Les lieux qui mettent le livre-objet en valeur.

Suis-je la seule à me rendre dans les bibliothèques anciennes de chaque pays que je visite ? Ou alors je suis juste une grosse obsédée par mon travail et les bibliothèques en général… Toujours est-il que pour moi, le tourisme littéraire, c’est aussi explorer des lieux dédiés à l’objet livre.

Bibliothèque du Trinity College de Dublin, Bibliothèque du monastère de Strahov à Prague, British Library de Londres, … à chaque fois, je ne peux m’empêcher d’y poser un pied, de goûter le calme et de respirer l’odeur du vieux papier.

Mais il n’y a pas que les bibliothèques dédiées au livre : il y a aussi les librairies ! Et certaines, très anciennes ou originales valent le détour. Je citerai pour celles que je connais : La librairie du Bal des ardents à Lyon avec son arche de livres, la librairie Waterstone’s à Coventry (UK) et sa fausse ambiance à l’ancienne, The American Book Center à La Haye (Pays-Bas)…

Plus sympa encore, les cafés-librairies : un lieu où l’on peut chiller tout en lisant sur place. Plusieurs formules existent. Par exemple, il y a des mangas-cafés où l’on paie un forfait à l’heure pour lire autant de mangas que l’on veut, les cafés-librairies où l’on peut lire un livre et repartir avec, ou encore les cafés où des livres sont à disposition du public et font partie de la déco.

Pour aller plus loin…

sur Instagram, j’ai récolté des Hashtags relatifs au tourisme littéraire. Si vous avez un compte, et que le sujet  vous intéresse, je vous invite à regarder leurs flux pour de belles découvertes : #lireetvoyager, #voyagelittéraire, #tourismelitteraire, #literaryplaces, #booktourism, #prettybookplaces

Sur Facebook, il y a The fabulous Weird trotters qui proposent de temps en temps des lieux imaginaires via une publication.

Au niveau des blogs, La vie est un roman propose plusieurs articles sur des lieux de tourisme littéraire avec de supers photos. Je n’en connais pas d’autre pour le moment.

Quelques sites m’ont inspirés pour réaliser cet article  :

  • Hisour.com évoque plusieurs lieux littéraires à travers le monde et une définition assez complète du sujet
  • Babel balades propose des idées de visite surtout en France
  • Chantal Neault dans un article intitulé De la littérature au Circuit touristique pour le site Veilletourisme.ca réalise une définition très juste du sujet et recense des initiatives au canada et à New-York
  • Nathalie Nyang dans un article intitulé Sous le regard des écrivains ou dans les pas de nos héros, pour le site Balises de la BPI évoque d’autres lieux littéraires comme Paris et le Musée Sherlock Holmes.

Annonce ! Comme cet été, je ne pars pas en vacances, j’ai décidé de les vivre par procuration en revisitant des photos de lieux où j’ai posé un pied, toujours en lien avec la littérature. Chaque semaine entre juillet et août, je mettrai en ligne sur mon compte instagram des photos de mes voyages touristiques littéraires avec quelques commentaires. Mon compte est en mode public, donc même si vous n’avez pas de compte, vous pouvez quand même y avoir accès ici, et sur le côté droit de ma page d’accueil.

Voyage et littérature,

A.Chatterton

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Mes conseils pour acheter et vendre radin sur vinted-livres

Pour faire suite à mon article : Comment allier sa passion pour la littérature sans assassiner son compte en banque, je me suis dit qu’il était temps de parler un peu plus en détail de Vinted et de sa nouvelle section livres. Pourquoi donc me direz-vous ? A la fois parce que c’est LE site pour dénicher des pépites de seconde main, sans passer par Amazon, mais aussi pour vendre malin et rapidement les livres dont on ne veut plus…

Une amie m’a indiqué il y a quelques mois que Vinted avait lancé une section livres pour vendre ou acheter des livres d’occasion. Je suis allée voir par curiosité ce qu’on pouvait y trouver, ma wishlist en main, et j’ai découvert un nouvel El Dorado ! (Une mine d’or, hein ! Pas le poisson 🙂 )

Le hic ? J’ai fermé il y a un an mon compte vinted parce que je dépensais trop en vêtements sur ce site. L’attraction du low cost est très forte, même quand on se donne des règles du type : je n’achète que lorsque mon porte-monnaie vinted est plein (sauf qu’on trouve toujours le moyen de craquer et de déborder du porte-monnaie.  Tu le sais si tu pratiques vinted).

Bref, j’ai réouvert un nouveau compte, mis en vente des livres dont la lecture m’avait déçue, ainsi que des jeux de société. Et c’était reparti pour un tour !

Avec cette version de vinted pour les livres et non plus les vêtements, j’ai réappris à chiner des bouquins d’occasion d’une autre manière et j’avais envie de partager cela avec toi. Tu trouveras donc dans cet article des conseils pour vendre et aussi pour acheter malin et intelligent. Passé ce long préambule, voici mes astuces :

Acheter des livres sur Vinted

Tu as ouvert ton compte sur le site. Il est beau, il est chaud ! Maintenant, te voici prêt à dégainer ta souris, ta wishlist en main, pour trouver  la pépite dont tu rêves. Attention à toi, quelques menus obstacles vont te barrer la route !

Rechercher malin son livre

Je trouve que le catalogue Vinted est parfois très mal foutu pour le classement des documents. Soit parce que son concepteur n’est pas familier du classement de livres, soit parce que les vendeurs ne savent pas dans quelle rubrique vendre leurs livres. Je te passe les moments de solitude où mon côté bibliothécaire se désespère de retrouver un document mal rangé dans le catalogue…

Passé mes petites névroses personnelles, si tu cherches par exemple un roman de Fantasy, il n’existe pas sur les critères de recherche. Donc soit tu te bases sur la rubrique littérature et fiction / Science-fiction et Fantastique, soit tu te cognes d’autres rubriques au cas où c’est mal rangé.

Tu peux aussi trouver des romans Young adult en rubrique jeunesse, ou en Littérature et fiction adulte. C’est le cas de la saga Harry Potter.

A moins de ne pas savoir ce que tu cherches (dans ce cas, balaye les rubriques qui t’intéressent pour voir ce qu’il y a de nouveau ajouté au catalogue), le mieux est de rechercher par titre.

Mais, si ton livre fait partie d’une série, il y a parfois juste le titre du tome et pas celui de la série, sans mention de l’auteur.

Mon astuce, est donc de chercher une première fois avec le nom de la série, puis le titre du tome, puis l’auteur, par sécurité.

Sinon, tu as la recherche par ISBN (le code-barre du document), obligatoire dans toute annonce vinted. Tu peux trouver ce code sur n’importe quel site marchand afin de le copier dans ta barre de recherche. Mais cette solution ne fonctionne pas si c’est une annonce de lot de livres car tous les isbn ne sont pas indiqués. Les créateurs du site n’ont visiblement pas réfléchi à ce cas de figure.

En effet, il existe des annonces de lots de livres où le vendeur propose un lot de livres, sans indiquer tous les titres, mais en montrant juste les photos des couvertures. Cela n’est pas très pratique car le catalogue fonctionne par mots-clés et n’analyse pas les photos.

Quand tu as trouvé le titre qui t’intéresse, mets le en favori et reviens y plus tard, après avoir vérifié tous les exemplaires dispos.

A moins de ne pas être gêné d’acheter un livre en état moyen, je te conseille de filtrer ta recherche avec un Etat neuf ou bon état, pour réduire ta recherche et éviter les documents qui n’en valent pas la peine (ex : mon chien a mordu le livre à un endroit, ma fille a dessiné dedans, le livre a pris l’eau mais c’est pas grave, etc…).

Comparer les prix

Tu as trouvé ta pépite, et il y a plusieurs exemplaires à la vente ? Tu ne sais pas comment choisir ?

L’étape un : regarder le moins cher. Il faut savoir qu’au prix de vente, tu devras ajouter les frais de port (entre 3.50 et 7 euros selon le mode de livraison) et une taxe d’achat vinted (d’environ 1 euros voire moins).

L’étape deux : vérifier l’état du livre dans l’annonce. Si on t’indique qu’un livre est neuf, bon état ou abîmé, les photos et le descriptif doivent le montrer. Et cela doit te convenir ensuite pour la transaction. Tu ne pourras pas revenir dessus ensuite.

L’étape trois : regarder les évaluations du vendeur. Cela peut être un point de détail intéressant si tu hésites entre deux vendeurs. Personnellement, j’évite les vendeurs qui ont des commentaires négatifs bien véner, du genre : « a indiqué que le document était neuf mais ce n’est pas vrai… » Les retours et litiges peuvent vite devenir un cauchemar si tu tombes sur des vendeurs peu scrupuleux car le SAV de la plateforme est déplorable. J’en parlerai plus bas, en fin d’article. Donc les évaluations peuvent être importantes.

Négocier le prix d’un livre

Si tu vois un livre qui t’intéresse mais que le prix te semble trop élevé, tu peux négocier avec le vendeur en faisant une offre.

J’évoque par exemple le cas d’un vendeur qui met un livre en vente au prix du neuf. Ce qui n’est pas malin car tu le paieras plus cher, en ajoutant les frais de port et la taxe vinted. Donc, tu ne l’achèteras pas.

Normalement, un livre dans le milieu de l’occasion doit être vendu 20 à 30% de moins qu’un livre neuf. De ce que j’ai pu constater en moyenne, les romans grand format sont vendus entre 5 et 10 euros et les poches entre 1 et 4 euros.

Il y a bien sûr des exceptions si le livre vient d’être publié en librairie ou s’il n’est plus du tout édité. Il peut dans ce cas, être vendu plus cher.

Pour négocier un prix sur un livre, tu peux réaliser jusqu’à 5 offres envers un vendeur. 

Je te conseille dans tous les cas de rester courtois quand tu réalises une offre, en dialoguant avec lui, plutôt que d’utiliser seulement les boutons de  négociations. La politesse fait parfois des merveilles et permet de briser la glace entre acheteur et vendeur.

Autre astuce : si un livre est en vente depuis 6 mois, tu as plus de chances de pouvoir le négocier à prix bas qu’un autre mis en ligne depuis 15 jours.

Attention : Vinted t’indiquera si le prix que tu proposes est trop bas et ne validera pas ta proposition.

Récupérer son livre

Tu as craqué pour un livre, bien choisi ton vendeur et tu en es à l’étape de la livraison. Si tu habites dans une grande ville, cela ne devrait pas te poser trop de problèmes. Mais si tu es dans une ville moyenne ou plus rurale, choisis bien pour t’éviter des déconvenues car tu as parfois une semaine seulement pour aller chercher ton article avant qu’il ne soit renvoyé.

Vinted propose trois modes d’envoi par relais, moins chers : Mondial Relay, Relais colis et Chronopost. Ce sont en général des relais situés dans des boutiques afin de favoriser leur fréquentation ou dans un centre de tri postal pour Chronopost. Si tu optes pour ce moyen de livraison, vérifie bien que tu as un relais proche de chez toi et que ses horaires d’ouverture soient compatibles avec les tiens.

J’ai une petite anecdote à ce sujet suite au déconfinement. J’avais commandé un livre qui devait arriver à un relais chronopost (Le centre de tri de La Poste de mon secteur, à Villeurbanne). Mais avec l’engorgement des reprises successives de livraisons, il a été livré à Meyzieu, à 12km de chez moi. Soit une heure de transport en commun (bus + métro + tram + marche à pied). Comme je n’ai pas de voiture, j’ai dû m’arranger avec le vendeur pour qu’il se fasse renvoyer le colis et me le renvoie à nouveau par voie postale, dans ma boîte aux lettres. Un vrai calvaire qui a duré un mois et demi. Bref, j’ai reçu mon livre la semaine dernière… dans ma boîte aux lettres. J’ai payé plus cher, mais au moins j’étais sûre de l’avoir ! Et j’ai surtout eu de la chance de dialoguer avec un vendeur ultra compréhensif et très patient.

Si tu ne veux pas te prendre la tête, ou que tu n’as pas le temps d’aller dans un relais, prend l’envoi postal avec réception en boîte à lettres. Dans ce cas de figure, il te faudra réfléchir au prix que tu es prêt à mettre dans ce livre d’occasion. S’il revient au prix du neuf et qu’il est récent, privilégie l’achat en librairie.

Vendre ses livres sur Vinted

Tu as des livres qui ne t’intéressent plus mais en bon état ? Sache qu’avec ton compte vinted acheteur, tu peux aussi vendre sur le site !

Voici quelques astuces pour vendre rapidement et bien présenter ta boutique.

Vendre des livres en bon état

Le mieux est de vendre des livres en bon état, complets et récents.

Si tu as des livres qui ont pris l’eau, ou ravagé par le feutre de ta fille (j’en ai vu en ligne), il y a peu de chances qu’ils soient achetés un jour.

Selon moi, sont à proscrire définitivement de la vente : les livres qui sentent mauvais (ex: la cigarette ou l’humidité), les livres moisis, les livres dont la reliure se détache, où il manque des pages, gribouillés, mangés, jaunis etc… Bref, tu vois l’idée.

Les livres en bon état mais vieux, de type France Loisirs de ta grand-mère, que toutes les grands-mères de France ont dans leur bibliothèque, ne sera jamais acheté non plus. Sauf si la couverture est très jolie, par des collectionneurs.

Ce que veulent les acheteurs, c’est parfois ce que toi tu recherches : un livre récent, pas cher et en bon état. Ou un livre un peu ancien sur un sujet spécifique, mais en bon état. Personnellement, j’aime acheter des livres de contes de différents pays. Même s’ils sont plutôt vieux, je privilégie dans ce cas un livre de bel aspect et avec toutes ses pages.

A noter : si tu tiens à vendre un livre avec une dédicace, ce n’est pas rédhibitoire. Il faut juste le mentionner en commentaire.

Prendre des photos

Une annonce avec des photos du livre est essentielle pour que l’acheteur soit attiré ou vérifie l’état du document. Il m’est arrivé d’acheter un livre que je ne connaissais pas, uniquement parce que sa couverture était jolie ! D’où l’importance d’une belle photo.

Mais qu’est-ce qu’une belle photo ? C’est une photo de jour pour mieux voir les couleurs, à plat sur une table ou un lit et si possible avec un zoom sur le résumé du livre, facilement lisible pour l’acheteur. Si ton livre a des traces d’usure, il faut aussi les montrer et les mentionner dans l’annonce.

Important : évite de prendre une photo de ton livre par terre. Cela donne l’image de quelqu’un qui néglige ses affaires et n’incite pas à la vente.

Mettre un prix juste

Comme je l’évoquais dans la première partie, un livre d’occasion doit être vendu entre 20 et 30% de son prix initial. Donc, il est inutile de mettre en vente un livre au prix initial d’achat. Tu ne le vendras jamais.

Pour déterminer le prix d’un livre d’occasion, il y a deux écoles.

Soit tu mets un prix qui te semble juste, non modifiable et tu précises en commentaire qu’il n’est pas négociable.

Soit tu mets un prix un peu plus élevé pour laisser une marge de négociation auprès de l’acheteur.

Parce qu’il y a des gens qui marchandent systématiquement, et d’autres qui payent au prix indiqué sans poser de questions. C’est toi qui voit quel principe appliquer.

Si les gens qui négocient t’énervent à force de faire baisser le prix constamment, privilégie la marge de négociation. 😉

En moyenne, un roman grand format est vendu 5 à 8 euros et un poche 1 à 4 euros, de ce que j’ai pu constater.

Si tu as un livre rare : beau-livre, livre-non réédité même en poche, livre issu d’un crowfunding… tu peux tenter de le mettre plus cher, mais pense aussi à te mettre à la place de l’acheteur qui paiera en plus ses frais de livraison et sa taxe vinted. Et demande toi si tu es prêt à le vendre ou non, et sur quelle durée. C’est possible d’y arriver, mais il faut trouver le bon client et être patient.

Le cas des lots de livres

Tu peux  vendre des lots de livres au lieu des livres individuels. Dans ce cas, indique pour l’annonce l’un des ISBN des livres à vendre, et indique en commentaire l’ensemble des titres dans le lot, afin d’être mieux référencé sur le catalogue. Précise l’état de chaque document pour éviter tout litige.

Indique aussi si tu vends l’ensemble ou si tu peux faire des ventes individuelles dans le lot et à quel prix. Si tu arrives à vendre par exemple deux livres au lieu des 15 du lot, soit tu laisses l’annonce et tu modifies les frais de livraison ajustés à ta vente. (Tu recréeras une autre annonce avec le reste des livres pour les remettre en vente plus tard.) Soit tu crées une nouvelle annonce avec les livres concernés et tu l’indiques à l’acheteur pour qu’il puisse te régler.

Les réservations de livres

Un acheteur peut te demander de réserver un livre parce qu’il n’a pas encore les moyens de te régler le jour J.

Comme les prix des livres, il y a deux écoles : ceux qui acceptent les réservations parce qu’ils font confiance au vendeur et se font parfois mener en bateau car au final la vente n’a pas lieu. Et ceux qui n’acceptent pas les réservations.

Si tu veux proposer la réservation, je te conseille de donner une limite de temps au vendeur. Cela cadre les choses et te permets de ne pas passer à côté d’une vente si tu as un autre acheteur. Et dialogue avec lui, demande lui, une fois le temps écoulé s’il est toujours intéressé. S’il ne te réponds même pas, alors qu’il s’est connecté récemment, passe à autre chose et remet l’article en vente.

Si tu ne souhaites pas ce service, indique le dans ta biographie et remets le dans l’annonce.

Attention : un document réservé n’est pas achetable par un autre client. Il est bloqué pour la vente !

Renouveler tes annonces

Tu as lancé ta boutique et vendu tes premiers livres ? C’est bien. L’idéal pour faire vivre ta boutique est de faire de temps en temps une baisse de prix de quelques euros sur les livres qui sont là depuis un moment ou dont tu ne veux absolument plus.

Mais aussi,  tu peux si tu as d’autres livres à vendre, ajouter des annonces. Des acheteurs peuvent s’abonner à ta boutique et recevoir une notification à chaque fois que tu proposes une nouveauté. C’est moins systématique que pour les vêtements, mais cela existe aussi pour les livres.

Personnellement, je n’utilise pas du tout ce système car je trouve qu’il pousse à la vente, et je n’ai pas ouvert ma boutique dans le but de me faire beaucoup d’argent, mais cela a le mérite d’exister.

La politesse

Lors de tes échanges, même si tu as un acheteur qui ne t’as pas parlé et juste réglé la transaction, pense à lui écrire un petit mot.

Cela peut être un simple bonjour ou une information concernant le jour où tu vas déposer son colis. Cela te permet d’entretenir de bonnes relations avec tes acheteurs et d’engranger de meilleures évaluations.

Quand on te pose une question sur ton livre (ce qui franchement, peut être un peu casse-pied quand tu as tout indiqué dans l’annonce et que l’acheteur n’a pas pris la peine de lire), reste courtois quand même. Des réponses sèches plombent une vente.

Les évaluations sont essentielles (quoique parfois un peu hypocrites), afin de mettre en avant ta boutique. En tant qu’acheteuse, si je vois des commentaires négatifs chez un vendeur pour même un article vendu chez un autre, je vais privilégier celui qui a 5 étoiles, par sécurité.

Après, ne te stresse pas non plus pour les évaluations. Tu as aussi la possibilité de répondre à une évaluation négative !

L’envoi rapide

Certains acheteurs sont parfois pressés de recevoir leur colis, aussi prend bien la peine de paramétrer les types d’envois que tu proposes ou non. 

L’envoi en boîte aux lettres est obligatoire, quoique rarement demandé. En revanche, les relais Mondial Relais, Relay Colis et Chronopost peuvent être refusés.

La plupart des gens utilisent Mondial Relay, mais si tu n’en as pas prêt de chez toi, je t’invite à décocher cette fonctionnalité.

Vérifie aussi que les relais ont des horaires accessibles pour toi. Cela t’évitera de courir partout pour poser un colis, ou d’aller très loin.

Personnellement, je n’ai pas de Poste à côté de chez moi mais un Mondial Relay et un Relais Colis ouverts sur la route de mon travail. J’y vais en sortant le soir et à part trouver une place de parking, c’est plutôt facile. Cependant, le jour où j’ai une demande d’envoi postal, cela va être plus compliqué…

Attention : la livraison de colis est valable dans les 5 jours suivant la vente et il te faudra une imprimante pour éditer ton ticket prépayé d’envoi pour les relais. 

Le mode vacances

N’oublie pas de te mettre en mode vacances (ou de le décocher au bout de 90 jours), si tu veux être tranquille et ne pas t’occuper de ta boutique pendant tes vacances, ou un moment où tu ne veux tout simplement pas être dérangé. C’est dans « Mon Compte/mes paramètres/mode vacances ».

Pendant mon déménagement, j’ai mis ma boutique en vacances car cela faisait trop de choses à gérer. Et cela m’a fait un bien fou de ne plus y penser !

Les potentiels acheteurs qui ont mis tes articles en favoris pourront les acheter quand tu auras réouvert ta boutique. Ils sont toujours visible dans leur liste de favoris.

Attention à ne pas oublier de décocher la case avant 90 jours sinon Vinted ferme ton compte !

Les astuces en plus 

J’achète souvent des livres que j’ai déjà lu au travail pour constituer ma bibliothèque. Cependant, quand je cherche un livre en occasion que je n’ai pas lu mais qui pourrait me plaire, je vérifie toujours sa note et ses commentaires sur Babelio pour m’éviter une déconvenue. S’il a 3.5/5, je vérifie systématiquement. Ainsi, je n’ai pas acheté La malédiction Grimm de Polly Shulmann, car bien que le résumé était intéressant, ses retours étaient très mauvais.

Si je vois qu’un livre apparaît trop souvent en vente sur vinted alors qu’il vient de sortir en librairie, c’est signe qu’il n’est peut être pas de qualité, donc je ne l’achète pas.

Avec de la patience, on peut dénicher des pépites : j’attends parfois jusqu’à trois mois pour trouver un livre que je voulais lire et l’avoir moins cher sur vinted. Les premiers exemplaires sont souvent vendus trop chers.

Je vérifie régulièrement si un des titres de ma wishlist est disponible en occasion sur le site. Dernièrement, j’ai acheté les Contes et récits du Paris des merveilles de Pierre Pevel pour 10 euros, 5 heures après sa mise en vente sur Vinted. Il faut savoir être réactif aussi !

Les écueils de Vinted

Le SAV

Le principal problème des ventes Vinted est son SAV en cas de problème, qui est quelque peu déplorable.

Quand tu as un problème, tu dois déposer une forme de « plainte » auprès du forum d’aide ou sur la conversation de suivi de ton article en vente/achat et tu reçois des réponses pré-enregistrées. Il est rare d’avoir un vrai interlocuteur. Il n’y a aucun numéro de téléphone. Bref, tu es seul face à ta solitude.

Vinted part du principe que l’acheteur et le vendeur doivent s’accorder entre eux pour régler leur litige. Si tu tombes sur quelqu’un de bien, cela se passera bien. Sinon, cela peut virer au cauchemar.

Je trouve que le pire reste à la charge du vendeur : si l’acheteur déclare par exemple que le produit ne correspond pas au descriptif (alors que tu as tout bien indiqué), tu peux ne jamais être payé et l’acheteur peut garder quand même ce qu’il a acheté. Ou il te le renvoie à tes frais.

Tu peux aussi tomber sur un vendeur qui te ment sur l’état du produit et recevoir comme cela m’est arrivé, un sac à main en simili cuir, au lieu de vrai cuir. Dans ce cas, à toi de voir si tu renvoies ou non ce que tu as acheté. 90% du temps, on garde l’objet par paresse de le renvoyer. Par contre, rien ne t’empêcher de laisser une évaluation négative chez le vendeur. Mais encore, cela reste délicat car il peut y répondre et tu peux aussi écoper d’une évaluation négative…

Les problèmes de livraison

Cela reste rare, mais ton colis peut se perdre. Dans ce cas, c’est à l’acheteur de contacter le relais concerné. S’il est définitivement perdu, c’est une perte principalement pour le vendeur. Vinted rembourse l’acheteur qui n’a rien reçu mais pas le vendeur, qui ne bénéficie d’aucune compensation.

Pas de rémunération des auteurs dans le marché de l’occasion

C’est un sujet plus sérieux que j’aurais dû aborder dès le départ, mais dans les livres revendus chez Vinted (et dans tous les autres sites de vente d’occasion), aucun auteur (ni éditeur) ne touche de commission sur les ventes.

Dans un article d’Actualitté de mars 2017, le Syndicat National des Editeurs évoque un marché de l’occasion qui représente 16% des ventes de livres en France, ce qui est énorme !

Alors oui, quand on n’a pas les moyens, c’est toujours mieux d’acheter moins cher et d’occasion. Mais sachant cela, il est bien d’acheter du neuf aussi, histoire de rémunérer un peu les auteurs dont c’est le gagne-pain, pour leur travail. Même si pour certains auteurs comme Neil Gaiman, l’important reste l’accès à la lecture, peu importe le moyen.

Une taxe sur ces ventes d’occasion a été évoquée à un moment, mais elle n’a jamais été concrétisée. Cette décision pourrait peut-être rémunérer un peu mieux les auteurs, mais elle aurait aussi des conséquences sur le marché des livres d’occasion. Et si, en réfléchissant sous un angle différent, on interrogeait le prix d’un livre neuf ? N’est-il pas trop élevé pour qu’un marché de l’occasion se révèle aussi prolifique ? Dites-moi ce que tu en penses en commentaire. 😉

Voilà, j’espère que tu auras appris des choses sur Vinted et le marché de l’occasion.

Livre rare et offre alléchante,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Le temple des transactions douteuses, Alex Evans, éditions ActuSF

Après Une collection d’ennuis qui évoquait l’antiquaire Vif Argent de nos jours, rendez-vous dans le passé pour en découvrir un peu plus sur notre héroïne dans une nouvelle aventure peu reluisante…

Résumé : Dans la Cité Près de la Mer, un port où tout s’achète et se vend, une jeune voleuse à soudain l’occasion de gagner beaucoup d’argent en réalisant une transaction parfaitement légale. Mais les choses se révèlent plus compliquées qu’elles n’en avaient l’air…

Mon avis :

Il n’est pas nécessaire de connaître l’autre nouvelle pour lire celle-ci. Vous pouvez les lire dans l’ordre que vous le souhaitez.

Par ailleurs, si  lecture de cette nouvelle vous intéresse, vous pouvez la retrouver en téléchargement libre et gratuit sur le site de son éditeur.

Quand Vif-Argent était une voleuse…

L’antiquaire n’a pas toujours vécu un train de vie de riche bourgeoise dans la capitale de l’argent. Dans cette nouvelle, nous la découvrons sous un nouveau jour : exilée, ancienne esclave, voleuse par nécessité et surtout mère célibataire qui peine à joindre les deux bouts. Elle est montrée comme une femme forte, astucieuse, esquivant les dangers comme elle peut, et surtout très soucieuse de se montrer sous un jour respectable afin de conclure des affaires. Elle attend patiemment une occasion pour sortir de la misère et lancer son échoppe.  Et voilà qu’il s’en présente une sous la forme d’un livre ancien récupéré par un bellâtre de pirate qui ignore sa valeur.

Bien sûr, elle sera à moitié honnête avec le pigeon, mais ce sera pour la bonne cause (enfin, la sienne, surtout !). Quelques péripéties viendront perturber la transaction sous la forme d’une greluche assassin assoiffée de sang, mais notre héroïne s’en tirera bien pour sûr ! Sinon, elle ne pourrait pas monter son échoppe que nous connaissons déjà dans Une collection d’ennuis.

En passant, on notera un clin d’oeil à Acajou, le futur assistant de Vif-Argent dans sa boutique, pour le moment commis d’une libraire-antiquaire austère avec qui la voleuse sera en affaires.

Jarta, la ville de l’argent et ses côtés peu reluisants.

En filigramme de cette courte aventure, Alex Evans nous laisse apercevoir les mauvais côtés de Jarta : comment la ville traite les pauvres, la manière dont les voleurs survivent et surtout le quartier des docks où se situe toute l’action, qui n’avait été que peu abordé jusque là.

Le titre de cette nouvelle, Le temple des transactions douteuses fait référence au lieu d’échange des transactions illégales de la ville :  un temple dédié à la simplicité qui ignore tout du trafic régnant en son sein. Un lieu double qui représente bien la duplicité de la ville et de son symbole.  Ici, l’argent est le seul maître, qu’il provienne d’honnêtes gens comme des voleurs ou des esclavagistes, et tout est bon pour s’enrichir.

A sa manière, Jarta reprend le mythe du Self Made Man américain : celui qui, s’il travaille dur et sait saisir les occasions, peut réussir. Vif-Argent en est l’incarnation tout en conservant une forme d’honneur. Ce n’est pas le cas pour tous les personnages que nous croiserons dans cet univers.

En conclusion : Une nouvelle facile à lire pour en savoir un peu plus sur le personnage de Vif-Argent et comprendre son évolution. Une plongée dans un autre quartier de Jarta, auprès des voleurs et des pirates. Le tout avec l’humour et le suspense que sait si bien instiller Alex Evans.

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #13

Au sommaire de ma veille aujourd’hui : Un club lecture qui promeut la littérature noire, un article sur une passionnée d’objets japonais, un salon littéraire virtuel LGBT, un projet de financement participatif pour un roman de fantasy, une chaîne youtube de musique classique pour écrire, un concours pour gagner un bon d’achat culturel, un appel à textes autour d’un chiffre et un challenge littéraire estival !

L’initiative de la semaine

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Suite au mouvement Black Lives Matter sur la toile et dans les actualités, j’ai vu passer beaucoup de choses pour mettre en avant la culture noire en littérature. Personnellement, je n’ai pas eu l’occasion de réaliser quoi que ce soit afin d’apporter mon soutien à cette cause qui me semble juste. Pas par manque d’idées, juste de temps et d’énergie. Entre le déballage de mes cartons de déménagement et la reprise du travail, j’ai beaucoup de mal à écrire des articles. Alors, quand j’ai vu passer sur Instagram un club de lecture pour promouvoir des oeuvres qui mettent en avant des personnages racisés, je me suis dit que j’allais t’en parler.

Ce club a été créé par la bloggueuse MissAfro_Lectrice. Elle propose des lectures communes autour d’un roman, une fois par mois. Pour s’inscrire, il suffit de la contacter sur son compte Instagram. La lecture prévue en Août est Nos horizons infinis de Tahereh Mafi. Et même si tu n’adhères pas à son club, je t’invite à découvrir ses avis lecture sur sa page insta. C’est un bon moyen de découvrir des livres prônant la diversité. 😉

L’article super intéressant de la semaine

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Je suis abonnée au Blog de Eva, de Frenchy Nippon sur la culture japonaise et son quotidien d’expatriée française dans ce beau pays. Dernièrement, elle a publié un article sur son amie Joranne et sa passion des objets japonais. Et là… un univers s’est ouvert à moi !

Joranne ne fait pas que parler des objets japonais. Elle t’explique d’où ils viennent, à quoi ils servent et mène une réelle enquête autour. Cela lui a fait rencontrer des artisans japonais qui sont souvent surpris que l’on s’intéresse à leur travail. Pour eux ces objets ne leur semblent pas aussi importants. Certains sont usuels, d’autres décoratifs, d’autres encore servent à différents cultes. Parfois, les japonais les utilisent sans même connaître leurs origines ! Bref, j’ai appris beaucoup de choses dans cet article, et j’ai poussé plus loin ma curiosité en allant visiter le blog de Joranne, qui est une vraie mine d’informations, agrémentée de dessins rigolos. Pour finir sur le sujet, si les objets japonais t’intéressent, Joranne a publié un recueil de ces minis-reportages sur le sujet intitulé : Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais aux éditions Le Prunier, Sully.

L’événement à ne pas manquer 

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Ce weekend, ne rate pas le Y/Books lancé par les éditions YBY. Il s’agit du premier salon littéraire virtuel francophone dédié à la fiction LGBTQIA+ sur Discord avec beaucoup de choses intéressantes à découvrir : Conférences littéraires, streams de jeux-vidéos, dédicaces d’auteurs, des défis créatifs et même des jeux auxquels tu peux participer comme les Loups-garous de RuPaul’s drag race ou le pictionnary Pop culture.

Le salon commence samedi 4 juillet à 14h30 et se clôt dimanche 5 juillet à 20h. Si tu veux connaître le programme en détail, je t’invite à cliquer sur ce lien. En guest, il y a Mélanie Fazi et Estelle Faye ! Tu peux aussi participer à la tombola caritative organisée pour l’occasion, il y a de nombreux livres à gagner.

Personnellement, j’assisterai à la conférence Littérature lesbienne, des codes à construire ou dont on peut s’affranchir (samedi, 15h30) et à celle sur Comment les éditeurs retravaillent vos manuscrits ? (dimanche 14h).

Pour rejoindre le Discord et avoir plus de détails de fonctionnement, je t’invite à visiter la page facebook de l’évènement.

Le projet de financement participatif de la semaine

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Un roman qui parle d’un archéomage, cela ne pouvait que titiller ma curiosité de bibliothécaire de l’extrême !  Archibald Twytter, Archéomage, tome 1 : Les mystères de Paris est un projet Ulule qui a déjà atteint son objectif malgré les jours restants. Il s’agit d’une enquête sous la Belle Epoque menée par un personnage historien spécialisé dans la magie. On dirait à première vue un mélange de fantasy et de steampunk. Les premiers chapitres sont en lecture sur la page du projet pour te donner une idée. Personnellement, je suis trop fan des illustrations de l’artiste Tiphs qui sont juste MA-GNI-FI-QUES ! Pour 20 euros, le roman est à toi, et si tu préfères simplement la version numérique, ce sera 10 euros. L’auteure est aussi blogueuse sous le pseudonyme de La plume de citrouille si cela t’intéresse. Elle a débuté par des fanfictions sur la maison Poufsouffle et de fil en aiguille, son projet d’Archibald est né. Un beau projet à encourager jusqu’au 17 juillet.

Ma chaîne youtube de la semaine

Quand j’écris ou que je veux me reposer la tête, je vais sur la chaîne Halidon Music. Il y a toujours une compilation de musique classique pour avoir l’impression d’être, au choix : dans un magasin Sostrene Grene ou dans un roman de Jane Austen. Alors cela peut paraître un peu naze au premier abord, mais je me rends compte que plus le temps passe, moins je supporte la musique grand public, surtout quand je travaille. D’où ma passion pour les morceaux qui te permettent de te concentrer sans fredonner un air. Voici ma compil préférée (cf vidéo ci-dessus). Et toi, c’est quoi ta chaîne de musique préférée quand tu écris ou travailles ? 🙂

Le concours de la semaine

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Au lieu d’un livre, je te propose de gagner carrément une carte cadeau d’une valeur de 30 euros dans un lieu culturel ( Fnac, Amazon, Cultura). Pour cela, il te suffit de participer au concours organisé par Cecilia Library cette semaine sur Instagram. Comment d’habitude, il faut de s’abonner à son compte, mettre un commentaire sur le post du concours en invitant des amis, et le partager en story en citant le nom de son compte insta. Le concours se termine dimanche 5 juillet. Bonne chance ! 😉

Le challenge littéraire du moment

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Vu sur le compte instagram de Chris Bookine, découvre le Bingo de l’été 2020. Sur le même principe que le Bingo du Plib, tu as des actions à réaliser et des livres à lire selon une thématique. Je le trouve plutôt fun, et si j’ai l’occasion, je l’essaierai peut-être. 😉

L’appel à textes du moment

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A l’occasion de leur neuvième anniversaire, les éditions du Chat noir proposent un appel à textes autour du chiffre 9 et de sa symbolique. Petite particularité, l’envoi des textes se fera de façon anonyme pour une lecture à l’aveugle. Les 9 nouvelles retenues seront dévoilées le 31 octobre. Tu as jusqu’au 1er octobre pour participer. Les détails de présentation de la nouvelle sont à retrouver sur la page facebook de la maison d’édition.  A ton stylo !

Voilà, ma veille littéraire de la semaine est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Black power et lectures estivales,

A.Chatterton

Publié dans Ateliers d'écriture

Atelier d’écriture #6 : Développer un Synopsis et continuer une histoire

Le déconfinement a eu lieu depuis un moment et je n’avais pas traité ce sujet d’atelier ! Comme d’habitude, je suis partie d’une proposition de Chloé Dubreuil dans le cadre des ateliers d’écriture de l’université de Lyon, avec un sujet qui gagne en complexité, cette fois et m’a valu plusieurs relectures…

Les consignes :

Synopsis de base : Deux jeunes gens se sont donné rendez-vous devant une vieille chapelle au centre d’une clairière. Quand le garçon arrive, la porte en bois est ouverte. Il pénètre à l’intérieur pour attendre au frais son amie. Mais peu de temps après, des voleurs arrivent en voiture pour y cacher un butin dérobé et découvrent là le jeune homme. Quand la jeune fille (ou femme) arrive sur place à son tour, elle aperçoit le véhicule et l’un des gangsters armés faisant le guet.

Développe le synopsis en soignant tes personnages (personnalité, traits de caractère, physique) et le lieu de rencontre (pour créer une atmosphère). Raconte ce qui se passe ensuite : Comment les deux personnages vont se sortir de cette situation ? Quelle est la fin de cette histoire ?

L’idée de départ

Compliqué cet atelier ! J’ai dû me creuser les méninges parce que je ne voyais pas comment sortir les personnages de cette situation… J’ai eu quelques idées comme : faire de la fille une sorcière, ou faire croire que tout se passe dans la tête du garçon devenu fou. J’ai même pensé à faire une version thriller avec un tueur en série, ou tout simplement à ce que le garçon demande de l’aide à la fille par sms interposés. Mais… est-ce qu’on capte en forêt ? Et puis, j’ai eu une idée un peu tordue comme d’habitude. Et si tout cela n’était qu’un piège ? La fin est un peu flippante, mais bon, tu verras… 😉

La nouvelle

Amour mortel

Il est bientôt minuit. Je marche à grandes enjambées dans la forêt, balayant le sol du faisceau de ma lampe pour m’éviter de tomber. Je vais rejoindre Mirella. Nous nous sommes donnés rendez-vous dans la chapelle pour la première fois. Après de longues discussions sur internet, nous avons enfin décidé de nous rencontrer. La chapelle semble être un endroit bizarre, mais pas pour nous. Mirella est comme moi adoratrice des lieux religieux, des ambiances gothiques et des costumes façon XVIIIème siècle. Nous avons fait connaissance sur un forum Victorien. Mirella… évoquer son nom me donne des papillons dans le ventre mais réveille aussi un désir inattendu. Sur la photo qu’elle m’a envoyée d’elle, deux yeux verts étincelants éclairent son visage de porcelaine encadré par de longs cheveux roux…

Je suis à présent arrivé au lieu de rendez-vous. Mirella n’est pas là.

Les bruits de la nuit m’enveloppent. Au loin, une chouette ulule. J’entends des craquements dans les arbres.  L’air se fait plus frais malgré la chaleur estivale. Je resserre ma veste en velours autour de mon cou. J’ai revêtu mon plus beau costume de nuit pour notre rencontre mais là, je me sens un peu ridicule. Et seul.

Et si elle avait décidé de ne pas venir finalement ? Les filles ont tendance à être effrayées dans les bois, surtout la nuit.

Pour me changer les idées, je jette un coup d’oeil à la chapelle.

Elle se découpe sous la lumière de la lune, étincelante avec ses pierres blanches, comme sortie d’un film de Tim Burton. Son entrée est finement sculptée d’entrelacs sur lesquels viennent se greffer un lierre envahissant. La porte est ouverte.

Quitte à attendre, autant entrer et satisfaire ma curiosité…

La porte en bois grince quand je la pousse. Au sol, un tapis de lierre qui remonte délicatement le long de l’autel devant moi. Pas de statue, peu de décorations, mais des bougies consumées en pagaille sur l’autel. Je distingue des traces de vie ça et là, malgré les toiles d’araignées. Des frottements sur le sol à droite de l’autel m’indiquent qu’on vient déplacer un objet.  Je fais le tour de l’autel pour aller voir jusqu’où les traces m’emmènent quand j’entends une voiture arriver. Mirella ? Elle était censée venir à pied, pourtant…

Je me relève pour venir à sa rencontre mais des voix d’hommes suspendent mon geste. Ce n’est pas Mirella… Instinctivement, je me cache sous l’autel.

J’entends des bruits de pas et des voix. Deux hommes. Ils  semblent porter un truc lourd aux bruits d’essoufflement que je perçois. 

–   » Arnaud, t’es sûr que c’est une bonne idée de mettre les flingues ici ? Ils vont pas rouiller avec l’humidité ? Et puis, c’est safe ? Parce que là, vu les bougies en masse, ça doit être pas mal fréquenté…

– T’inquiète Boris, j’ai mis des trucs anti-humidité dans la caisse. Niveau discrétion, les flics viendront jamais chercher ici. Et puis, j’ai surtout dégoté un coin parfait que personne ne connaît, regarde… »

J’entends un bruit de pierre qui frotte contre le sol à ma droite. Je me terre un peu plus sous l’autel et retiens ma respiration. Mon coeur bat à tout rompre. Des armes ? Qui sont ces types ? Il faut vite que je parte avant qu’il me découvrent. Sauf qu’ils sont trop proches… Mieux vaut rester caché pour le moment.Je rapproche mes genoux plus près de mon torse et j’attends, osant à peine respirer. J’entends l’écho de leurs pas se prolonger dans le lointain. Puis le silence. Je desserre un peu ma prise sur mes genoux malgré la position inconfortable. Attentif aux bruits, j’essaie de deviner s’ils sont toujours là. La transpiration perle sur mon front. Je l’essuie sans bruit, toujours à l’affût. Mais je me rends à l’évidence : je suis seul. Les deux truands ont mystérieusement disparu. Je glisse un oeil du côté de l’autel où ils sont censés être et découvre une sorte de souterrain avec un escalier. Tout s’explique…

C’est ma chance ! Je quitte l’autel, dépliant mes jambes tant bien que mal, et me hâte en silence vers la sortie. Il faut faire vite avant qu’ils reviennent… 

Malheureusement, mon soulagement est de courte durée. A peine ai-je franchi la porte que je distingue adossé à la voiture, un troisième mec qui fume une cigarette. Il a le dos tourné et n’a pas perçu ma présence pour le moment. Le cauchemar s’éternise…

Mais, si j’essaie de sortir d’un côté ou de l’autre de l’entrée, je serai dans son champ de vision. Que faire ? 

J’avise un fourré à 2 mètres de l’entrée. C’est un buisson de chèvrefeuille. Il est peut-être assez touffu pour que je puisse m’y glisser. Pris d’une inspiration subite, je ramasse un caillou et le jette dans la direction opposée pour faire diversion. Le troisième larron se redresse soudain, et la cigarette au bec, va voir d’où vient le bruit. Je me jette derrière le buisson et m’accroupit à nouveau, en espérant qu’il ne m’aura pas entendu.

Il était temps ! Les deux autres rappliquent quand je suis installé. Je ne vois absolument rien tant le fourré est dense, mais je suis aux premières loges au niveau sonore.

– « C’est bon Tony, on se casse », dit la voix d’Arnaud.

Les pas dudit Tony se rapprochent de moi. Il n’a pas trouvé mon caillou visiblement. Malgré la situation, je me surprends à sourire. Quel imbécile !

Les voleurs se préparent à partir. J’entends les portes de la voiture s’ouvrir. Le coffre se refermer. L’excitation me guette. Je vais pouvoir rentrer chez moi et oublier tout ça.

C’est alors qu’un sifflement d’admiration fend l’air. Mirella ! Je l’avais oubliée. Mon coeur bat à nouveau la chamade. J’ai un mauvais pressentiment.

– Regardez la meuf ! Alors, chérie on est perdue ? continue Arnaud

– Matez ses fringues de sorcière ! Tu viens allumer des bougies à la con pour appeler les esprits ! dit Boris

– Ouh ouh  ! Esprit es-tu là ? renchérit Tony

Ils s’esclaffent. J’entends des pas s’approcher venant de la clairière à droite du véhicule. Une voix inquiète s’élève soudain :

– “ J’ai rendez-vous avec mon petit-ami, il ne va pas tarder…” La fin de sa phrase se perd dans le noir.

Je perçois un mouvement. L’un des hommes se déplace.

– « Bizarre, on a vu personne nous, dit Arnaud, hilare.

– Attends, Arnaud, si ça se trouve c’est nous ses petits-amis ! ajoute Boris

– Ouais Boris, je crois que c’est ça. Venez les gars, on va s’amuser un peu et lui montrer qu’on est des hommes. Chopez-la. »

Des bruits de course se font entendre dans les fourrés, suivi des hurlements de Mirella. Ils la ramènent vers la voiture. Mirella se débat et crie à tue-tête “Laissez-moi tranquille !

– C’est qu’elle a du caractère cette salope, dit Tony

– Si on se la faisait dans la chapelle, comme ça elle l’aura sa cérémonie de sorcière, ricane Boris.

– Tony, tu fais le guet. Comme ça, si son soupirant se pointe, il aura un beau comité d’accueil, ordonne Arnaud

– Pourquoi, moi? Je fais toujours le guet. 

– T’en profiteras aussi, fais ce que je te dis. “

Tony retourne à la voiture en maugréant, tandis que les deux autres traînent une Mirella en pleurs dans la chapelle. Je sens son parfum à la violette me parvenir tandis qu’ils passent devant mon buisson. Ils referment la porte. 

Dans ma cachette, je me sens impuissant. Si je fais quelque chose, je suis seul contre trois et je risque de me faire tuer. Mais je ne peux pas laisser Mirella se faire violer à deux mètres de moi. Je serre les poings, essaie de réfléchir, le souffle court. Des rigoles de sueur dégoulinent dans mon dos. 

Dans la chapelle, les cris se sont tus soudainement. Un silence de mort règne autour de moi. Tony a senti que quelque chose cloche. Il écrase son mégot, à 50 cm de moi sur le gravier et se tourne vers la chapelle.

– « Les gars, c’est bon ? Je peux venir ? »

Seul le bruit d’une chouette lui répond.

Je l’entends sortir un truc de sa poche. Je reconnais le cliquetis caractéristique d’un cran d’arrêt.

– « Les gars, vous êtes toujours là ? »

Il s’avance. La porte grince sinistrement sur ses gonds. Il entre dans le noir. Un hurlement bestial s’élève, suivi de bruits de lutte, puis plus rien. 

Le silence devient assourdissant. La forêt s’est figée. Même la chouette s’est tue. 

Dans mon fourré, je suis paralysé de terreur. Que s’est-il passé ? Est-ce que Mirella va bien ? Qui a crié ? Tout mon corps est en tension. Mes sens sont en alerte. Ma respiration s’accélère. J’essaie de réfléchir… Mirella, je dois sauver Mirella…  Je prends sur moi, sur ma peur grandissante, et décide de sortir de ma cachette pour la secourir. 

Je passe devant la voiture et avise une lampe torche sur le siège conducteur. Les clés sont également sur le contact. Je prend la lampe torche et un bâton en guise d’arme, puis me dirige vers la porte de la chapelle. Il n’y a toujours aucun bruit. C’est très inquiétant.

Peu rassuré, je me cramponne à mon arme de fortune et pousse la porte du pied, tout en éclairant l’intérieur.

Mirella se tient devant moi, couverte de sang, la robe déchirée. A ses pieds gisent les trois mecs dans un sale état. Elle halète bruyamment, l’air épuisée et s’effondre quand le faisceau de lumière arrive sur son visage.

Je lache mon bâton et la retient pour éviter qu’elle ne tombe au sol.

Je ne comprend rien. Comment trois types aussi baraqués ont pu se faire massacrer ainsi ? Que s’est-il passé ? Incommodé par l’odeur métallique du sang, je décide de ramener Mirella à la voiture et de me tirer vite fait. En poussant la porte, je jette un coup d’oeil en arrière. La trappe dans le sol de pierre est ouverte et des traînées de sang se dirigent vers elle.

Est-ce qu’un monstre vivrait ici ? Ne soit pas idiot, Romain, il doit y avoir une explication logique…

Le corps de Mirella est froid et me pèse sur les bras comme une pierre. Je me dépêche de la ramener à la voiture et dégote une couverture pour essayer de la réchauffer. Elle a du sang jusque sur le visage. Elle est belle, malgré les circonstances…

Je remonte la couverture sur ses épaules pour cacher sa semi-nudité. Sa robe est déchirée à l’encolure et laisse entrevoir sa poitrine ronde et laiteuse. Moi qui pensais aller à un rendez-vous d’amoureux, j’en suis quitte pour un film d’horreur.

Je dois vérifier qu’elle n’est pas blessée et surtout appeler les flics, mais d’abord, je vais me barrer de cette forêt. Je démarre la voiture et roule sur le chemin communal constellé d’ornières. La voiture n’est pas tout terrain, et je m’accroche au volant pour maintenir le cap.

Les sursauts réveillent Mirella. Elle relève la tête, l’air pâteux. Je lui souris et tente de la réconforter :

– « Courage Mirella, on va sortir de la forêt. Le cauchemar sera bientôt terminé. Je suis Romain, tu te souviens ? On avait rendez-vous.

Elle me dévisage l’air absent sans prononcer un mot. Inquiet, je continue pour faire bonne figure :

– Est-ce tu es blessée ? Tu as besoin de voir un médecin ? Dis-moi si tu as mal quelque part. »

Elle secoue la tête, toujours sans prononcer un mot. Elle me regarde avec attention. Une attention étrange.

Je suis soulagé qu’elle aille bien, mais la manière dont elle me dévisage me met mal à l’aise.

Nous arrivons à la limite de la forêt, je sors mon téléphone pour capter un signal. Si Mirella va bien, je vais appeler les flics et la ramener chez elle. 

Tout en composant le numéro de la gendarmerie, j’observe Mirella à la dérobée. Elle a sorti un mouchoir de sa poche et essaie de se nettoyer le visage avec le miroir du pare soleil.

Il est plus de minuit, je ne suis pas sûr que quelqu’un décroche. Nous habitons dans une petite ville, il y a rarement une permanence. Après quelques appels dans le vide, je raccroche, dépité.

Mirella se tourne vers moi. Elle me sourit et cela me met du baume au coeur. 

Elle se penche vers moi. Mon coeur bat la chamade. Elle est vraiment belle et malgré l’horreur de ces dernières heures, je ne pense qu’à l’embrasser. 

Comme si elle avait compris mes intentions, elle se penche vers moi et presse délicatement ses lèvres sur les miennes. Le temps est comme suspendu. Je me sens transporté. Puis, je l’entends murmurer à mon oreille de sa voix douce et mélodieuse : “Merci de m’avoir secourue. “

Elle s’écarte et je me sens rougir. J’ai honte. J’aurais dû intervenir plus tôt. Mais de cela, elle n’en saura jamais rien. Elle me regarde en souriant.

Son baiser m’a comme engourdi. Je me sens cotonneux, vidé de toute  volonté. C’est ça être amoureux ? Quelle sensation étrange…

Je la dévisage, détaillant ses traits avec béatitude.  Ses longs cheveux roux, en bataille, encadrent de façon charmante son visage de porcelaine. De ses magnifiques yeux verts brûle un feu inconnu.  Sa bouche aux lèvres ourlées, propice à un nouveau baiser, laisse apercevoir deux belles canines brillantes sous la lune… Deux canines pointues, tranchantes…Mon esprit lutte un bref instant, envahi par une pensée terrifiante mais le regard envoûtant de Mirella m’ôte à nouveau toute volonté.

Mon corps est comme paralysé. Ma sensation de terreur s’amplifie.  Je vois Mirella étendre son sourire, le regard avide et se pencher à nouveau vers moi en ouvrant la bouche. 

Elle me mord violemment le cou et commence à pomper mon sang à grandes gorgées. Je suis incapable de bouger. Je sens le contact de ses dents sur ma peau et une sensation de froid puissante prend possession de mon corps. La dernière chose que je garde en mémoire est son visage d’ange, la bouche dégoulinante de sang, avant de m’évanouir.

Je me suis réveillé un peu plus tard dans la nuit, comme émergé d’un mauvais sommeil. J’étais seul, étendu entre deux arbres de la forêt. La voiture avait disparu.

Je me suis demandé si j’avais rêvé. Si les événements de ces dernières heures n’étaient que le fruit de mon imagination. J’ai tâté mon cou et ma morsure avait disparu. J’ai tenté de retrouver la chapelle dans la forêt, mais c’est comme si elle n’avait jamais existé. Même mes conversations en ligne avec Mirella se sont volatilisées. Depuis cette nuit, je me demande si je ne suis pas devenu fou. Une seule certitude reste ancrée au fond de moi : je nourris une faim insatiable, vorace. Une faim que seul du sang humain pourrait combler…

FIN

Envie de te lancer ?

Rien de plus simple ! Reprends le synopsis et interroge-toi sur certains points pour construire ton récit et lui trouver un ton :

Imagine la relation entre le garçon et la fille : amis, amoureux, frères et soeurs…

Pour quelle raison se retrouvent-ils : un rendez-vous secret, jouer à se faire peur et appeler les fantômes, déterrer un trésor dans la chapelle…

Que transportent les bandits : armes, drogue, trésor…

Comment le garçon et la fille vont-ils se sortir de ce mauvais pas : une aide extérieure, en communiquant avec leurs téléphones, en se cachant, en attirant les bandits en dehors de la chapelle…

Quelles conséquences auront leurs actions : la fille se fait capturer, le garçon se fait tabasser, ou tout le monde va bien …

Et surtout, détermine qui sont tes deux personnages : des froussards, des tordus, des courageux. Quel âge ont-il ? A quoi ressemblent-ils ?

Une fois que tu auras répondu à ces questions, lance toi ! 😉

N’hésite pas à me laisser en commentaire ton avis sur ma nouvelle, l’exercice, voire ton essai d’écriture, cela me fera plaisir.

Sang frais et armes à feu,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

Engrenages et sortilèges, Adrien Tomas, éditions Rageot

Bienvenue à Celumbre et son Académie de magie et de mécanique ! Ici, on entretient l’animosité entre les apprentis, afin de maintenir la compétition entre les deux factions. Et si, un mage et une mécanicienne formaient une équipe malgré eux ? Tel est le point de départ de Engrenages et Sortilèges…

Résumé : Grise et Cyrus sont deux élèves qui vont à la prestigieuse Académie des Sciences Occultes et Mécaniques de Celumbre. Une bonne nuit, l’apprentie mécanicienne et le jeune mage échappent de justesse à un enlèvement. Alors qu’ils se détestent entre eux, ils doivent malgré tout fuir ensemble et chercher un refuge dans les Rets, un très sinistre quartier aux mains des voleurs et des assassins. S’ils veulent survivre, les deux adolescents n’ont aucun d’autre choix que de faire alliance…

Mon avis :

Un roman jeunesse sur l’adolescence

Dans ce roman, nous serons confrontés à deux personnages principaux forts, que tout oppose : Grise et Cyrus.

Grise ou Grisella est la fille d’un ingénieur d’Etat réputé. Elle vient d’un autre pays et est noire. Elle étudie la mécanique à l’Académie de Celumbre et est plutôt douée dans son domaine. Elle a un côté Hermione Granger, respecte les règles et les professeurs et a déjà choisi un futur métier. Plutôt solitaire du fait de son ambition, elle aimerait se faire un ami qui la comprenne. Du fait de son statut de mécanicienne et d’étrangère, elle est également marginalisée par les apprentis mages, dont Cyrus, qui se moque de son état débraillé et de ses doigts pleins de cambouis. Elle vit avec son père, très aimant, qui l’encourage dans ses projets et réalise des automates avec elle. Il s’inquiète cependant qu’elle ne se préoccupe pas des garçons, comme une adolescente normale de 15 ans. Elle a pour compagnon Cog,  un petit robot qui récite des proverbes.

Cyrus est le fils de la Première générale de l’armée des Empires. Il est arrogant, imbu de sa personne, délicat, d’apparence soignée, studieux, mais aussi un peu rebelle et peu enclin à l’effort. Derrière cette façade, il cache deux grandes faiblesses :  le manque d’amour de sa mère qui fait passer le devoir avant tout, et son manque de compétences en élémentalisme alors qu’il maîtrise les autres disciplines magiques. Si Grise est naïve, lui est très perspicace, preuve que les leçons de stratégie de sa mère ont finalement porté leurs fruits. Il a pour compagnon Quint, un chat roux qui est aussi son familier.

Grise et Cyrus se détestent au début du roman, du fait de leur classe respective, concept entretenu par les règles de l’Académie. Mais suite à leur mésaventure commune, ils vont devoir faire alliance, et apprendre l’un de l’autre.

Avec ce duo improbable, nous exploiterons les questionnements liés à l’adolescence : les premiers émois amoureux, la vision de l’avenir, la déception vis à vis des adultes, les choix et leurs conséquences, la confiance en soi, la rébellion envers les adultes ou le système.

A eux deux, ils sont également un bel exemple d’amitié malgré leurs nombreuses contradictions, et de maturité contrairement aux adultes qu’ils rencontreront dans leur périple.

De cette aventure, ils sortiront grandis, un peu moins intellos, et surtout plus portés sur des choses de leur âge. Un vrai roman d’apprentissage en somme.

Un manifeste en filigramme sur la politique et ses conséquences

Celumbre, capitale du pays, est gouvernée par Sarenziah, son impératrice. C’est une femme indolente, rêveuse, plus soucieuse de son apparence que de politique, mais aimée de ses sujets. Elle laisse les grandes décisions à Vezzir, son conseiller qui l’assiste avec dévotion. C’est cette dévotion qui causera la perte du royaume, car Vezzir a de grandes ambitions.

A travers cet univers, Adrien Tomas nous dépeint une situation politique calamiteuse, qui pourrait trouver écho dans notre propre réalité.

Il réalise un décorticage en règle des conséquences d’une guerre et de la taxation, qui créé des conditions favorables à l’enrôlement dans l’armée pour les plus jeunes. Cela fait grandir la criminalité et la pauvreté, et pousse le peuple à de mauvaises décisions par nécessité de survie. Les réfugiés de guerre sont ostracisés, les vétérans deviennent mendiants ou mercenaires, les travailleurs peinent à joindre les deux bouts, la protection civile sous-payée est corrompue et des factions républicaines se créent en opposition au régime impérial.

Mais l’impératrice disposant d’une image impeccable, personne n’ose penser qu’elle veut le mal de ses sujets et n’ose élever la voix… exceptés les républicains dont on moque les idées farfelues. En parallèle, un empire du crime se créé dans les bas-fonds, comme réponse officieuse au gouvernement en place, avec une autre reine : l’Arachnide.

Si l’univers est purement fictif, on ne peut s’empêcher de penser qu’il a été inspiré de faits réels pour certains détails, et nous donne une bonne leçon de politique digne de la série House of Cards.

Un roman qui entremêle astucieusement magie et mécanique

La force d’Adrien Tomas dans la plupart de ses récits, réside en sa manière d’aborder la magie. Sujet récurrent dans ses romans, il se distingue une nouvelle fois en mélangeant le côté magique de ses personnages à celui de la mécanique.

Dans Engrenages et Sortilèges, l’inimitié des deux personnages principaux a pour point de départ leurs sujet d’étude et compétences au sein de la même Académie. Si Grise étudie la mécanique, symbole d’avenir et de progrès dans cet univers, Cyrus privilégie la magie, plutôt associée au passé.  

A l’Académie, on encourage les mécaniciens à ne pas offusquer les mages car leurs pouvoirs sont liés à ses émotions et ils pourraient perdre leur magie si leur confiance en eux est lésée. Cyrus en est bien conscient et joue de cette autorité pour martyriser les mécaniciens, tout comme ses camarades, ce qui nuit aux relations entre les deux factions. Cela a pour conséquence une forme de révolte intérieure chez les mécaniciens, qui culminera à travers Grise quand Cyrus poussera la plaisanterie trop loin. Cette inimitié tient à l’origine au fait que les magiciens ont peur de se faire remplacer par des machines et que les mécaniciens trouvent leur fonctionnement complètement dépassé.

Le seul point sur lequel magiciens et mécaniciens se rejoignent est l’énergie utilisée dans cet univers :  l’Arcanium.  Subtile invention de l’auteur, qui fait ressentir son parcours scientifique, cette énergie pourrait se rapprocher dans notre réalité du lithium, utilisée dans les batteries, plutôt rare et difficile à extraire. A travers cette histoire, Adrien Tomas lance des pistes de réflexion concernant l’utilisation de cette énergie et son exploitation : doit-elle servir à la destruction ou au bien de tous ? Doit-on l’extraire et à quel prix ?

D’autres réflexions viennent pimenter l’aventure comme le statut des automates, souvent développée dans les romans steampunk ou de Science-fiction. Ici, nous rencontrerons des automates dotés de conscience propre et autonomes, devenus des marginaux après avoir été rejetés ou maltraités par les hommes. Doit-on les considérer comme des êtres humains ? Tel est un des enjeux de ce livre.

Mais la plus grande thématique abordée sera la loyauté envers un système avec qui l’on est en désaccord. Doit-on s’y soumettre ou se révolter ? Et quelles seront les répercussions de nos actions ?

La magie est abordée aussi sous un angle différent en opposant le savoir des livres à celui de la connaissance de soi. C’est ce qu’apprendra Cyrus auprès d’un mage noir qui lui fera étudier la nécromancie, ouvrant ainsi un autre chapitre dans l’étude de la magie dans les récits d’Adrien Tomas.

En conclusion : Engrenages et sortilèges est un roman jeunesse qui, sous couvert de magie et de mécanique aborde des sujets plus sérieux comme la manipulation politique, l’origine de la pauvreté et la délinquance. Il développe également des personnages attachants, en qui l’on peut facilement se reconnaître. C’est une petite pépite à découvrir, sans distinction d’âge.

Publié dans On joue ?

Bilan du Bingo du Plib : vis ma vie de jurée du Plib 2020 #8

Après avoir loooooongtemps attendu les résultats de ce challenge littéraire fort amusant, voici mon bilan de lecture du Bingo du Plib 2020, et quelques nouvelles de ce prix littéraire qui touche bientôt à sa fin.

Mon bilan du bingo 

Quel challenge de lecture ! Je l’ai trouvé très amusant à réaliser et très motivant car il mêlait des actions avec les livres en plus de la lecture. Je pense que je participerai à nouveau l’an prochain.

Voici les livres que j’ai lus (lien vers ma chronique en couleur, si elle a été réalisée) :

Pour les actions à réaliser, tout s’est passé principalement sur mon compte instagram où j’ai :

  • Partagé un compte instagram chouchou : Vintage Egyptologist, je l’ai déjà évoqué dans ma veille littéraire du net numéro 11. Il s’agit d’un couple de vrais egyptologues américains qui s’habillent au quotidien comme dans les années 20 ou 30. De superbes photos à découvrir.
  • Accordé une heure à une autre activité : Je me suis promenée au Parc de la Tête d’or à Lyon avant de déménager pour ma nouvelle maison en Ardèche. Si tu passes à Lyon, je te recommande ce lieu.
  • Pas touché mon téléphone pendant 6 heures : J’ai écrit des articles pour mon blog et j’ai beaucoup lu sur mon canapé.
  • Participé à deux challenges en même temps : j’ai continué le Challenge des Irréguliers de Baker Street en lisant Le chrysanthème noir de Feldrik Rivat dont je ferai prochainement la chronique.
  • Acheté un livre : Je me suis procuré Les chaînes du silence de Céline Chevet, son dernier roman aux éditions du Chat Noir. Lecture à venir !
  • Lu un livre en portant un accessoire estival : j’ai lu le tome 4 de Miss Peregrine et les enfants particuliers… en tongs et lunettes de soleil !
  • Coordonné mon livre avec un marque-page : Au lieu d’en fabriquer, j’ai un peu triché en reprenant des marque-page éditeur qui rappellent la couverture du livre.
  • Cuisiné mon péché mignon : le gâteau au yaourt chocolat-banane !

A l’issue de ce challenge, j’ai totalisé 60 points, il ne me manquait que deux cases  valider. Mais cela n’a pas été suffisant pour faire gagner mon équipe, les mages. Ce sont les dragonniers qui ont remporté la partie cette fois. On se rattrapera sur le dernier challenge avant la fin du PLIB !

Copie de Copie de dragonnier1

Contrairement aux challenges précédents, je me suis moins investie concernant les discussions de groupe sur le Discord du PLIB et je n’ai même pas réalisé de Lecture Commune. Cela, je l’ai fait plus tard avec mon club lecture en lisant Wild de Cheryl Strayed…

J’ai aussi eu quelques petits bémols en cours de route :

Le livre numérique Chloé, Constance et Jane Austen de Marie Vareille s’est révélé une déception totale : il s’agissait d’une nouvelle de 16 pages qui fait préambule à son roman Je peux très bien me passer de toi. Je suis donc restée sur ma faim, et cela m’a donné envie de lire ce roman plus tard après le challenge.

J’ai aussi dû lire un livre sous contrainte assez rapidement ! J’avais emprunté Miss Peregrine tome 4 à la bibliothèque, fermée pendant le confinement, et j’ai préféré lire d’autres livres à la place. Quand le déconfinement a eu lieu, j’ai été obligée de le lire pour  le rendre car je déménageais deux semaines après. Il a donc remplacé Sénéchal 2 de Grégory Da Rosa pour ce challenge… et donc j’ai toujours Sénéchal 2 à lire dans ma PAL…

Que faire des livres qui me restent à lire ?

Entre le challenge des Irréguliers de Baker Street sur l’année, et les différents challenges auxquels j’ai participé cette année, j’ai encore pas moins de 33 livres dans ma PAL papier, sans compter les 70 ebooks de ma PAL numérique et les 4 services presse que j’ai reçus depuis mai.

J’ai donc décidé de me concentrer pour le moment sur ces 33 livres présents sur mon étagère de bibliothèque et mes 4 services presse, en participant tous les mois à un nouveau challenge littéraire lancé dans mon club lecture privé : On choisit pour toi.

C’est un challenge basé sur le principe du challenge de l’Epreuve des alliés que nous avons adapté à notre club lecture. Le principe est simple : chacune donne sa PAL, et les autres choisissent pour elle sa lecture du mois. Je pense que cela pourra me pousser à terminer de lire certains livres que j’ai maintenant depuis 3 ans !

A la suite du bingo du Plib, j’ai noté quelque chose de positif qui revient à chaque fois que je termine un challenge : même si la date est expirée, je continue le challenge quand même. Comme je le disais un peu plus haut, je n’ai pas réalisé de Lecture Commune pour le Bingo, mais cela m’a donné envie d’en réaliser une avec mon club lecture.

Je trouve que c’est en cela que devraient consister les challenges littéraires : pas te forcer à lire ou te démotiver, mais plutôt t’encourager et attiser ta curiosité.

Quoi de neuf du côté du PLIB 2020 ?

L’été arrive, et je n’ai toujours pas lu les deux finalistes restants : Félines de Stéphane Servant, et La cité des Chimères de Vania Prates. Il va falloir que je me presse un peu à ce niveau là pour remplir ma part du contrat de jurée.

Dernièrement, il y a eu des interviews des auteurs nominés sur le compte instagram du PLIB, ainsi que des jeux autour de nos partenaires sur la page youtube.

L’équipe prépare un projet de financement participatif sur Ulule comme l’an dernier afin de proposer une journée de rencontre et d’échange avec les auteurs sélectionnés et de réaliser la remise du prix 2020, en compagnie des partenaires. Le projet n’est pas encore lancé, mais tu peux te renseigner ici, si cela t’intéresse. Dans les contreparties, il y aura des livres sélectionnés pour le prix de cette année, entre autres…

Voilà pour ce challenge et ce nouvel épisode de ma vie de jurée. N’hésite pas à retrouver les autres épisodes dans ma rubrique Challenges, concours et prix.

Bingo et Pal débordante,

A.Chatterton

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #12

Au sommaire de cette veille littéraire du net : Un ebook gratuit par la maman d’Harry Potter, un pique-nique steampunk virtuel, un article sur la place des femmes en littérature de SF, un podcast sur un film d’animation japonais à couper le souffle, deux appels à texte autour de la littérature de l’imaginaire, une artiste qui manie papier et fil de fer de façon originale, une film d’animation émouvant sur un bibliothécaire particulier, un concours pour gagner des livres et un projet de financement autour d’un Beau-Livre sur les auteur(e)s de la Belle-Epoque… le tout pas nécessairement dans cet ordre !

L’ebook gratuit du moment 

the ickabog Paris match

J.K Rowling  a encore frappé ! Oui, je sais, j’ai deux semaine de retard sur l’information. Mais avec mon déménagement, j’ai reporté mes lectures d’article de veille, et voilà, ô stupeur que je découvre cette nouvelle ô combien importante. The Ickabog de J.KRowling est en ligne sur un fabuleux site internet et l’histoire est même traduite en français (si tu repères la barre déroulante des langues en haut à droit de l’écran). Mais de quoi ça parle son nouveau livre ? C’est un livre jeunesse en au moins 28 chapitres qui parle du Roi Fred sans peur, peu expérimenté et mal conseillé par ses amis pour gouverner, mais aussi de la légende l’Ickabog, un monstre des marais à la voix de sirène, l’apparence monstrueuse et qui mange les voyageurs imprudents. Suite à un évènement particulier, le roi se fait haïr d’une partie de ses sujets. Afin de redorer son blason, il décide de partir pour une quête qui lui semble juste, mais qui semble ridicule aux yeux de ses sujets…

Le roman se lit très facilement, à la manière d’un conte et regorge de créativité et de petites leçons de morale. Une petite pépite à découvrir en ligne sur le site internet créé pour l’occasion. Tu peux aussi participer à un concours de dessin pour illustrer l’histoire, organisé par l’auteure elle-même. 😉

Le projet Ulule de la semaine

Une anthologie sur les femmes de la Belle Epoque façon Beau Livre, ça te tente ? Tel est le projet proposé par les éditions Luciférines sur Ulule qui m’a tapé dans l’oeil cette semaine.

Le recueil regroupe 15 illustrations originales dont certaines façon Mucha, 16 nouvelles originales autour de cet univers, des dossiers historiques sur des figures importantes…

Il sera question, en vrac, de Paris, les quartiers latins, les fumeries d’opium, les fêtes foraines, les salles de jeux, des découvertes scientifiques du siècle, des débuts de la psychiatrie, du spiritisme… et d’auteurs symbolistes décadents.

Le projet a déjà atteint son objectif mais s’il t’intéresse tu peux encore participer jusqu’au 4 juillet. Des interviews des auteurs du recueil et autres informations sont disponibles sur la page facebook de la maison d’édition. Le premier palier pour la version  papier est à partir de 21 euros, ce que je trouve personnellement raisonnable pour un Beau Livre. 😉

L’événement virtuel du weekend

Le confinement est terminé, mais des évènements virtuels pullulent encore sur le net. Fan de l’univers Steampunk, je n’ai pas pu m’empêcher de noter dans mon agenda le pique-nique virtuel steampunk de la Société des Libellules qui a lieu ce dimanche 21 juin sur Discord.

Apéro en ligne, retrouvailles costumées, spectacle de magie, critique littéraire, démo d’illustration en live, démo de cuisine et lecture de nouvelle sont au programme. Si tu souhaites plus d’informations, je t’invite à consulter la page Facebook de La Société des Libellules et à revêtir ta crinoline ou ton haut de forme pour nous rejoindre dimanche à partir de 11h !

L’article qui fait réfléchir

Hier, j’ai lu un article de la blogueuse et auteure Ombre Bones alias Manon d’Ombremont qui m’a quelque peu interpellée. Elle évoque la sous-représentation des auteures en littérature de SF et aussi dans les prix de littérature SF.  Son article fait suite à la nomination par le jury des Utopiales cette année d’un panel exclusivement masculin d’auteurs, qui a enflammé la blogosphère littéraire. J’ai trouvé qu’elle abordait de manière assez juste la nécessite de mettre en avant des romancières de SF pour la qualité de leur travail, sans tomber dans une forme de discrimination positive liée au genre. Elle s’interroge sur le classement de ces auteures le plus souvent en Young adult et la manière dont ce genre est sous-évalué car lié à la littérature jeunesse. Elle donne également des noms à suivre comme Aurélie Wellenstein ou Ada Palmer. Bref, un article qui te poussera à t’interroger sur le panorama féminins de la création littéraire française dans les littératures de l’imaginaire et peut-être à te faire connaître des auteures tout aussi talentueuses que leurs compatriotes masculins. 😉

Les appels à textes du moment

Tu le sais peut-être, j’aime bien écrire et je participe depuis septembre à un atelier d’écriture (cf ma rubrique Atelier d’écriture). Alors je me suis dit que je devais peut-être parler des appels à textes que je vois passer de temps à autre chez les éditeurs de l’imaginaire. On ne sait jamais, peut-être que tu es toi aussi une graine d’écrivain ?

Cette semaine, je suis tombée sur l’appel à textes des éditions Projets Sillex qui te propose d’éditer une anthologie de nouvelles autour de la fantasy animalière intitulée Féro(ce)cités. Selon le résumé de l’annonce : « Dans cette anthologie, nous vous invitons à mettre en scène des animaux anthropomorphes dont le sort est intimement lié à celui de la cité où ils résident ou qu’ils recherchent. Qu’ils en soient les sauveurs, les pillards, qu’ils soient témoins d’événements importants ou qu’ils se contentent d’essayer d’y survivre, nous voulons connaître leur histoire, et nous comptons sur vous pour nous la raconter ! » . Tu peux t’inspirer des livres des Légendes de la garde de David Petersen que j’ai chroniquées en octobre par exemple. La date butoir pour l’envoi des textes est le 15 janvier 2021. Tu trouveras le reste des informations sur la page facebook de l’éditeur.

Un autre appel à texte est en cours pour les éditions Noir d’Absinthe autour du thème du monstre féminin. Le sujet est le suivant : « Lovée dans le sein maternel, son cruel poison s’insinue jusqu’au lait intime, corrompt et pervertit.Frappée du sceau de l’infamie par une déesse jalouse, brûlée pour avoir fait des anges dans les bois, ou chassée pour avoir offert sa matrice de chair à l’innommable, ces puissances féminines de l’ombre, Monstresse(s) manifestée(s), hantent l’humanité… L’homme, surtout. Que se cache-t-il derrière cette terreur ancestrale ? Que provoque leur ire ? À vous de l’explorer et, peut-être, d’y répondre.Vos œuvres s’adresseront à un public adulte. Vos textes ne se contenteront pas d’histoires monstrueuses: elles creuseront sous les catacombes de la civilisation, exploreront cette peur du féminin, excaveront les tabous. L’heure de la catharsis est venue. » Les textes sont à envoyer avant le 30 septembre 2020 à l’éditeur. Tu trouveras plus de détails sur son site internet, et des conseils sur le groupe facebook réalisé pour l’occasion. 😉

Le podcast de la semaine

Connais-tu le film d’animation japonais Your Name de Makoto Shinkai ? C’est LE film qui a explosé les records en salles au Japon, dépassant même Le voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki. Un véritable petit bijou tant par ses dessins ultra réalistes, son jeu sur la lumière, son sujet à la fois amusant et inspirant et surtout sa bande son extraordinaire. Je suis une grande fan de ce film et j’ai eu l’occasion d’écouter le podcast « C’est plus que de la SF » animé par Lloyd Chery qui évoque le succès de ce film et le parcours du réalisateur. Tu apprendras que Makoto Shinkai est un grand romantique : la plupart de ses films parlent d’amour. Il apparaît un peu comme un ovni dans les films d’animations car il réalise des oeuvres de qualité, montées de manière particulière, en mettant en avant souvent le ciel avec un dessin extraordinaire et des décors contrastés.

Un podcast de 30 minutes à écouter, où Sylvie Brevignon, directrice d’All The Anime France, revient sur ce long métrage qu’elle a édité en vidéo, et répond aux questions de Loyd Chery. Et si le film te tente, il est actuellement disponible sur Netflix. 😉

La vidéo littéraire de la semaine

La fantastique histoire des livres volants de Morris Lessmore, est avant-tout l’adaptation de l’album Les fantastiques livres volants de Morris Lessmore de William Joyce. C’est l’histoire, toute en sensibilité d’un amoureux des livres, qui découvre une bibliothèque abandonnée où les livres sont vivants. Années après années, il s’occupe d’eux, jusqu’à ce qu’un jour il passe le relais à quelqu’un d’autre. Métaphore du temps qui passe, de ce que les livres apportent aux gens, on peut y voir plusieurs lectures selon son âge ou son vécu.

C’est un de mes livres préférés et je trouve que le film d’animation lui rend tout à fait hommage. Il est visible directement sur Youtube et a été réalisé par le studio Moonbot. L’auteur de l’album est aussi le réalisateur du film d’animation. 😉

Le concours de la semaine

Pour fêter ses 10 000 abonnés sur son compte Instagram, la blogueuse The eden of books te propose de gagner jusqu’au 22 juin ou 24 juin (selon les livres), des romansau thème estival sur instagram :

Pour participer, il suffit de liker les posts en lien avec les concours sur son compte insta, de commenter en invitant quelqu’un et de liker la page éditeur et mettre le post en story avec un tag sur la blogueuse. Les trucs habituels quoi… Bonne chance ! 😉

L’artiste de la semaine 

Si tu es familière avec le concept de poésie de papier, tu vas adorer Betty Pepper, l’artiste que je te présente aujourd’hui. Betty est une créatrice britannique qui réalise des sculptures avec du papier et du fil de fer très poétiques. Son thème récurrent est la petite maison de papier. Elle aime jouer aussi avec de vieux livres recyclés qu’elle sculpte comme du bois, ou bien du bois flotté sur lequel elle dispose certaines de ses créations. Elle a été exposée dans plusieurs galeries en Angleterre, au Danemark, à Munich, en Italie et aux Pays-Bas. Actuellement, ses dernières créations sont exposées à Cambridge dans la galerie Byard Art. Si son travail t’intéresse, tu peux consulter sa page instagram où elle réalise aussi des photos d’objets inanimés qui semblent vivants, ou sa page facebook. Il est possible d’acquérir ses oeuvres sur la boutique de la galerie d’art Byard Art.

Voilà, ma veille littéraire de la semaine est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Petites maisons et coucher de soleil,

A.Chatterton

Publié dans Lectures

La carte des jours, Le quatrième volume de Miss Peregrine et les enfants particuliers, Ransom Riggs, éditions Bayard jeunesse

Retour chez les Particuliers pour un quatrième tome basé sur le désir d’émancipation, la recherche d’identité et la découverte de l’Amérique. Ransom Riggs sait se renouveler et même continuer sa série en beauté, ce qui n’est pas pour me déplaire…

Résumé : Jacob Portman est de retour chez lui, en Floride, là où tout a commencé. Et cette fois, son rêve est devenu réalité : Miss Peregrine et les enfants particuliers sont à ses côtés. Ces derniers découvrent, fascinés, le monde moderne. Afin de faciliter leur intégration, Jacob est chargé de leur donner des cours de normalité. Au programme : plage, baignade, et leçons particulières…
Mais la découverte d’un mystérieux bunker dans la maison de son grand-père va tout changer. Persuadé qu’Abe lui a laissé des indices pour sauver des enfants particuliers isolés, Jacob entraîne ses amis sur les routes. C’est le début d’un jeu de piste dangereux, à travers un long périple dans l’Amérique d’aujourd’hui, territoire étrange, aux espaces parallèles peuplés de créatures d’un autre temps.

Mon avis : 

Afin de mieux apprécier ce quatrième tome, je vous invite à lire les tomes précédents car de nombreux points concernant le tome 3 sont abordés dans l’intrigue et vous risquez de ne pas tout comprendre ou de vous spoiler inutilement des éléments.

Recréer un ordre nouveau et s’affranchir des règles

La première partie du roman sera consacrée à l’après-bataille du tome 3, où l’on en apprend un peu plus la reconstruction du monde des particuliers dans l’Arpent du Diable, mené d’une main de fer par les Ombrunes survivantes. Chaque particuliers d’une boucle détruite est recueilli en ce lieu et participe à l’effort commun. Habituellement, dans des récits de ce genre, l’auteur s’arrête après la victoire d’une bataille et tend à réaliser une ellipse narrative importante pour nous emmener des années après, quand les héros ont grandi et que tout est réparé. Pas Ransom Riggs. Il choisit de nous plonger dans ce beau bazar d’après-guerre pour montrer la complexité de la reconstruction, ce qui est plutôt intelligent.

Au niveau temporel, Jacob aura passé ses deux mois d’été chez les particuliers, où le temps s’écoule plus lentement. Alors  que dans sa réalité,son grand-père vient tout juste de mourir. De ce fait, le récit reprend  où Jacob était rentré chez lui, en Floride.

Cela ne sera pas sans heurts : sa famille le croyant fou,  va essayer de le faire interner. Jacob devra prendre des décisions radicales vis à vis de ses parents et de ses choix de vie. Difficile quand on est tout juste un lycéen !

Dans ce tome, nous retrouvons la fine équipe de particuliers des tomes précédents. Emma, Enoch, Millard, Bronwyn et les autres ont trouvé par accident un moyen de conjurer le vieillissement accéléré dont ils sont victimes en dehors des boucles temporelles. Ils vieillissent désormais normalement dans le présent de Jacob ce qui aura des conséquences inattendues.

Tous auront envie de s’affranchir des Ombrunes qui continuent de les considérer comme des enfants. Ces dernières leur confient des tâches qui ne sont pas à la hauteur de leurs talents. Nous assistons à une forme de crise d’adolescence à retardement de ces enfants-adultes. La troupe suscitera la jalousie des autres particuliers qui n’ont pas la possibilité de vieillir normalement et cela leur posera des problèmes.

Jacob aussi est en pleine crise d’émancipation.  Il s’efforce surtout de se forger une identité. Mais ce sera complexe car il a acquis une notoriété non désirée  dans l’Arpent du Diable (cf tome 3), qu’il assume avec difficulté. Par ailleurs, il s’efforce de se rapprocher d’Emma, sa petite-amie, mais leur relation est compliquée car le souvenir de son grand-père (premier petit ami d’Emma) se met entre eux constamment.

Dans ce tome, il sera question de faire le deuil d’Abe pour tout le monde, chose impossible dans les tomes précédents avec la bataille contre les Estres. Ici, les particuliers prennent le temps de rendre hommage à leur vieil ami avec une visite de sa maison, et la découverte de ses secrets. Jacob a dû mal à dire adieu à son grand-père mais aussi à se détacher de son ombre. On sent que le road-trip qu’il va réaliser par la suite sera un moyen de se rapprocher de lui, mais aussi d’apprendre à se forger une identité propre. Car  comme lui disent ses amis : Il n’est pas Abe, malgré ses efforts pour bien faire.

Le chasseur de Creux ne réalise pas qu’il est le seul à pouvoir faire le lien entre les deux mondes, ce que va essayer de lui faire comprendre Miss Peregrine en lui demandant d’apprendre aux particuliers la normalité de la vie américaine. Les leçons seront hilarantes tant le décalage est grand entre les particuliers anglais ayant vécu dans une boucle des années 40 et les années 2020 américaines de Jacob. J’ai trouvé pour ma part que ces passages dédramatisaient une action un peu lourde, avec le deuil et l’ambiance d’après-guerre très présents.

Je n’ai pas pu m’empêcher de trouver une ressemblance entre Jacob et Harry Potter : ses parents/oncle et tante nient le côté magique ou fantastique de l’autre réalité qui existe. Il se trouve être un héros sans pour autant avoir saisi l’importance de sa notoriété. Il souffre d’un fort sentiment de solitude car il se sent différent…Mais à la différence d’Harry Potter, Jacob n’a pas un ennemi juré.

De nouvelles aventures mais en Amérique

Abe Portman n’a pas encore livré tous ses secrets. En apprenant qu’il aidait à sauver des particuliers américains peu conscients de leur pouvoirs grâce à une organisation secrète, Jacob se met en quête de réponses et se lance dans un road-trip avec quelques particuliers en rébellion contre les Ombrunes. Cette nouvelle intrigue m’a fait un peu penser à la série tv Hunters où un jeune garçon apprend que sa grand-mère rescapée des camps avait créé une organisation secrète pour tuer les nazis, et décide de prendre la relève. Même si le sujet est différent, il y a quelques similarités.

Pendant ce voyage en compagnie d’Emma, Enoch, Millard, Bronwyn, Jacob va découvrir de nouveaux particuliers et de nouvelles boucles temporelles plutôt effrayantes. L’Amérique semble être une terre non-civilisée et violente avec des guerres de gangs,  la traite de particuliers comme des esclaves, du cannibalisme. La bande d’amis découvrira une organisation différente de celle des ombrunes anglaises, avec d’autres codes parfois insaisissables. J’ai trouvé qu’on pouvait y voir en filigramme une critique de la société américaine à la manière des Voyages de Gulliver de Swift : nourriture infecte, villes pauvres et désaffectées, racisme…

Niveau écriture, l’auteur apporte de la crédibilité à ce récit imaginaire en utilisant des photos anciennes de vraies personnes comme base de son récit. Il les incorpore dans le texte, comme un jeu avec le lecteur et le résultat est toujours aussi brillant et créatif. ( Si le sujet vous intéresse, je vous renvoie à mon atelier d’écriture à partir d’une photo).

La fin de ce nouveau tome reste ouverte avec de nouvelles questions irrésolues : Les Estres sont-ils vraiment morts (NB : ils sont tombés dans une boucle)? Est-ce que Fiona, la petite amie de Hugh est vivante (elle aussi est tombée dans une boucle)? Comment fonctionne l’organisation secrète d’Abe ? Quel est son ennemi principal ?

On comprendra que ce nouveau tome est peut-être le début d’une seconde trilogie, dans laquelle les particuliers et surtout Jacob évolueront non plus en Angleterre mais en Amérique.

En conclusion : Une suite à la trilogie plutôt réussie qui met l’accent sur l’émancipation des particuliers et la découverte d’une nouvelle organisation aux Etats-Unis. Une intrigue toujours aussi imaginative et pleine d’intérêt au niveau de sa construction. Il me tarde de découvrir la suite !

Publié dans Veille littéraire du net

And my watch begins #11

Au sommaire de cette veille littéraire du net : la chaîne youtube d’un conservateur de musée un peu particulier, un article sur les femmes samouraï, une exposition sur la littérature de fantasy avec un jeu de rôle, deux concours pour gagner des livres, un podcast sur un conteur elficologue, un jeu sur les séries et jeu vidéo, un artiste-sculpteur un peu fantasque, et un compte instagram sur le sosie de Miss Fisher…le tout pas nécessairement dans cet ordre !

L’exposition-jeu de la semaine

J’ai exploré l’exposition sur la Fantasy de la BNF cette semaine. Elle est composée de 4 thèmes : Jouer qui te propose un jeu de rôle virtuel créé pour l’occasion autour d’une quête, Découvrir pour en apprendre un peu plus sur la littérature de fantasy sous l’angle sociétal avec des dossiers thématiques courts, Comprendre pour approfondir ses connaissances sur le sujet en abordant l’Histoire du genre et son évolution, et enfin la rubrique Transmettre avec des dossiers pédagogiques à destination du public scolaire.

J’ai trouvé le focus sur l’évolution des femmes dans la littérature de fantasy très intéressant dans la rubrique Découvrir, même s’il n’évoque pas Le prieuré de l’Oranger de Samantha Shannon, publié après la mise en ligne de l’exposition, qui aurait pu ouvrir élargir le propos aux romans de matriarcat.

L’exposition est assez dense et regroupe beaucoup de sujets. Je te la recommande si tu veux parfaire tes connaissances. Attention par contre, la navigation n’est pas aisée pour revenir en arrière !

J’ai essayé le jeu de rôle mais je ne l’ai pas trouvé exceptionnel. Compte 40 minutes pour un jeu de rôle de type « Livre dont vous êtes le héros » autour d’une quête afin de rendre vie à l’arbre du savoir, avec des choix multiples. Le jeu est plutôt lent avec des personnages stéréotypés. Personnellement, je ne l’ai pas trouvé exceptionnel. Il est parfois long à charger, le pointeur est peu maniable et il faut penser à regarder sur les côtés avec les flèches pour trouver des indices. Bref, si tu es familier de ce genre de jeu, je te le déconseille. Sinon, il peut initier des enfants, en les accompagnant bien sûr, s’ils ne savent pas lire.

L’article de la semaine

Les femmes samouraï ont-elles existé ? Si oui, sous quelle forme ? A quelle époque ? Je suis tombée sur un article du site Fascinant Japon, super intéressant, qui raconte la vie de femmes-soldats ou de femmes samuraï dans le Japon au fil de l’Histoire.Tu feras la connaissance de Tomoe Gozen, femme militaire aussi compétente qu’un homme ; de Hangaku Gozen qui a défendu avec brio une place forte devant une très grande armée ; de Tsuruhime Ohori, fille de Grand Prêtre formée à l’art de la guerre qui partit en armure venger son père et ses frères tués par les ennemis, telle une Jeanne d’Arc japonaise.

L’existence de ces onna-musha (femme guerrière) n’est pas tranchée comme étant un fait établi dans la société féodale japonaise mais plutôt une exception, malgré quelques femmes guerrières connues. Des découvertes archéologiques viennent parfois contredire les hypothèses et l’auteur évoque une énigme historique. J’ai trouvé cet article très bien documenté quoique touffu par moments.

Il est écrit par Julien Peltier, un spécialiste des Samouraï, et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. Il indique une petite bibliographie en fin d’article, si tu souhaites en savoir un peu plus sur le sujet.

Les concours de la semaine 

 

Cette semaine, tu peux gagner le dernier roman de Franck Thilliez,  Il était deux fois sur Instagram avant le 15 juin avec mon-univers_du_polar, en partenariat avec Fleuve éditions. Le livre sort en librairie le 4 juin et il y sera question d’un père policier à la recherche de sa fille disparue réalisant malgré lui un saut dans le temps suite à une nuit passée dans un hôtel mystérieux…

Sinon, tu peux remporter l’un des trois livres offerts par les Editions Kennes en partenariat avec the.eden.of.books sur instagram et facebook. Les titres sont les suivants : Juliette à la Havane de Rose-Line Brasset, un roman Young Adult-Chick Litt sur fond de voyage à Cuba ; Le thriller Vengeances et Mat de Ben Choquet autour d’un duo d’enquêteur et de meurtres à Charleroi ; et enfin L’année où j’ai failli rater ma vie tome 1 de Fanny Cloutie, un roman Young adult autour de Fanny 14 ans qui déménage à l’étranger. Le concours a lieu jusqu’au 7 juin au soir.

Enfin, summum du concours, les éditions Albin Michel Jeunesse propose une box contenant le dernier roman de Stephen King : Le molosse surgi du soleil et trois badges à l’occasion de la sortie de ce nouveau titre. Tente ta chance sur le compte instagram de la maison d’édition. Le tirage au sort a lieu le 15 juin. Bonne chance 😉

Le podcast du moment : 

La semaine dernière, je suis tombée sur un podcast en 5 épisodes ultra intéressant concernant Pierre Dubois, Elficologue et auteur de contes sur le site de France Culture. A défaut de le voir aux Imaginales, j’en ai appris un peu plus sur cet auteur que j’apprécie beaucoup pour ses recueils de contes magnifiquement illustrés et sa voix inimitable de conteur.

Pierre Dubois est à l’origine du renouveau pour les fées et le petit peuple en France.

Dans ce podcast, il raconte dans des épisodes de 30 minutes,  son enfance, comment il en est venu à créer son univers et sa profession, puis à collecter des contes, sa participation à des émissions radiophoniques, la réalisation de ses encyclopédies sur le petit peuple…

Un podcast plein de magie et de nostalgie où tu peux encore croire aux fées et aux manifestations des êtres surnaturels en écoutant la voix magique de ce conteur exceptionnel.

La vidéo de la semaine

Il y a quelques temps, j’ai découvert Le courrier du Muséum de Théophile Dubuisson, par Cyril Karénine sur Facebook, en lien avec Illico Films. Il s’agit de vidéos-capsules amusantes dans lequel un Conservateur de Musée d’Histoire Naturelle répond au courrier des lecteurs tout en expliquant l’origine d’expressions ou la vie d’animaux du musée, avec un humour sérieux. Il y a trois vidéos pour le moment et la plus hilarante est selon moi celle du Blaireau. Je trouve l’univers formidable et l’humour assez fin. Si tu veux voir les autres vidéos, Cyril Karénine a une chaîne youtube.

Le jeu du moment 

Déniché sur La page Facebook du Salon du jeu, retrouvez le titre des séries, jeux vidéos ou dessins animés  simplifiés façon barres de graphiques. Pour savoir si vous avez juste, indiquez vos réponses sur la page FB. Moi, je n’ai pas tout trouvé. 😉

Le compte instagram coup de coeur 

jennifer schulten colleen darnell vintage egyptologist

Dans le cadre du Bingo du Plib, la semaine dernière, j’ai partagé un compte chouchou instagram et je me suis dit que je devais absolument t’en parler ! Il s’agit de Vintage Egyptologist où un couple de vrais égyptologues, Colleen et John Darnell publient régulièrement des clichés d’eux-mêmes, habillés comme dans les années 20, dans des lieux historiques liés à l’Egypte ancienne. En creusant un peu plus, j’ai découvert que Colleen Darnell avait une passion pour le vintage des années 20 et qu’elle et son mari s’habillaient ainsi au quotidien, à la fois par confort et fantaisie, mais aussi par envie de faire revivre le passé. Je trouve cela personnellement formidable.

Si tu veux en apprendre un peu plus sur ces égyptologues peu ordinaires, tu peux consulter leur récent compte youtube où ils mettent en ligne des vidéos à la fois amusantes et intéressantes sur des thématiques égyptiennes. Le site Messy Nessy Chic a aussi réalisé une interview de Colleen où elle explique comment elle en est venue à faire ce métier et à travailler avec son mari. Attention, les deux sources sont en anglais.

L’artiste de la semaine

Rencontré aux Imaginales 2019 où il tenait un stand de créatures farfelues créées par ses petites mains, j’ai tout de suite adhéré à l’univers de Loïc Wagner, artiste plasticien vosgien.

Loïc s’est inventé un monde incroyable autour de créatures imaginaires qu’il a lui-même inventées. J’ai particulièrement apprécié les Ploox, genre de petits monstres sans bras ni jambe qui ont l’air écrasés, ses limaces de compétition sur lesquelles on peut parier, ou encore ses énormes créations comme la Chenille ou le Crabe-box.

Faits à partir d’objets de récupération, de plâtre et de beaucoup d’inventivité, ces créatures en imposent et semblent prendre vie pour notre plus grand plaisir. Loïc réalise aussi des fresques, des faux-trophées et de grands personnages sculptés. Si vous voulez en savoir plus sur ses créations, je vous invite à visiter son site internet tout aussi cocasse que son inventeur.

Quant à moi, j’espère le retrouver l’an prochain aux Imaginales 2020 afin d’adopter une autre limace de compétition. Celle que j’ai recueillie, Béatrice, en a marre de perdre à la course contre ma souris de bibliothèque Marmouset … 🙂

Voilà, ma veille littéraire de la semaine est terminée. N’hésite pas à m’indiquer en commentaire tes propres trouvailles pour la beauté du partage. Si tu as raté mes autres watch, tu peux les retrouver ici.

Ploox et années 1920,

A.Chatterton