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And my watch begins #4

Au sommaire de ma veille littéraire cette semaine : encore des ebooks gratuits (hibooks pardon !), une exposition virtuelle sur Harry Potter, un salon littéraire en ligne, des conférences sur l’imaginaire, un jeu de société sur Sherlock Holmes à télécharger et bien d’autres choses encore !

La sélection d’ebooks gratuits de la semaine

Pour continuer sur la lancée des watch précédentes, j’ai écumé la toile cette semaine pour trouver de nouveaux sites qui proposent des ebooks gratuits afin d’enrichir ma google bibliothèque. J’ai même développé une astuce pour éviter de m’enregistrer sur chaque site qui en propose : je reprends le titre convoité sur le module de recherche de google livres et je l’intègre directement dans ma bibliothèque. Quand Google me demande ma CB ou un compte paypal, je l’enregistre. Jusqu’à présent, je n’ai jamais été débitée pour un livre noté gratuit sur Google livres. Par contre, je pense que la firme américaine doit bien récupérer mes données à chaque achat « gratuit ». 😦

Le site publie.net publie régulièrement des ebooks de littérature contemporaine, policière ou fantastique tous les 15 jours. Il suffit de créer un compte et d’ajouter au panier les titres qui t’intéressent, puis de les télécharger. Sinon, tu peux utiliser mon astuce si tu as une google bibliothèque.

Les éditions Au diable Vauvert proposent 30 livres numériques jusqu’au 3 mai prochain à télécharger depuis leur site internet. Romans policiers, témoignages, Science-fiction, Fantastique et romans contemporains sont à ta disposition pour compléter ta PAL.

Si les romans ne sont pas ta tasse de thé, tu peux essayer les BD et romans graphiques sur le site grandpapier.org, où tout se lit en ligne sans besoin de télécharger quoi que ce soit !

Des auteurs proposent aussi des nouvelles en accès libre, directement sur leur site internet ou via leur éditeur. Un article de Elbakin.net en recense quelques uns. Je te conseille la nouvelle de Rozenn Illiano, l’auteure du Phare au Corbeau, intitulée : Quand le soleil s’éteint. Le texte est lisible sur le blog de l’auteure ou téléchargeable sur wattpad. Il est écrit sous forme d’épisodes, 9 au total et a pour thème une apocalypse fantastique sur fond de mise en quarantaine.

Pour finir, le premier témoignage littéraire du confinement est italien et en accès libre ici. Il s’agit d’un texte d’environ 60 pages de l’écrivain Paolo Giordano intitulé Contagions. Les bénéfices de sa version papier, quand elle sera publiée, serviront à la gestion d’urgence sanitaire et à la recherche scientifique. 

Et si tu veux soutenir des éditeurs, dans ma watch #2, je t’avais indiqué que les Editions du chat noir proposaient des ebooks à 1.99 euros en ce moment sur Emaginaire.com, et bien, c’est aussi le cas pour les éditions Bragelonne pour le même tarif. Si tu veux mettre plus, les Indés de l’imaginaire (Les moutons électriques, ActuSF et Mnémos éditions) cassent les prix sur leurs livres numériques, de 2.99 euros à 4.99 euros. Dans le lot, tu trouveras La stratégie des As de Damien Snyers que je te conseille et le dernier roman de Ariel Holz, Lames vives. Où comment remplir sa PAL numérique en aidant la sphère littéraire… 😉

Les podcasts du jour 

Les Imaginales  ont été annulées il y a quelques jours, à mon grand désespoir. Cependant, j’ai constaté qu’il était possible de revoir ou de réécouter les conférences des Imaginales de l’an dernier sur le site de ActuSF, et ce gratuitement ! Cela tombe bien, j’en avais raté certaines ! C’est parti pour une conférence sur la mythologie viking aux accents de conte épique : Odin, Thor et compagnie : L’épopée contée des Dieux vikings par Marie-Charlotte Delmas (Le début est un peu laborieux, mais après on se prête vite au jeu). Ou pour une conférence plus sérieuse sur le Trône de Fer, intitulée Game of Thrones : Une épopée démesurée ? Il y a une cinquantaine de podcast en ligne sur le site, de quoi occuper ses soirées et réfléchir sur la littérature…

Sinon, si tu as lu Dans l’Ombre de Paris de Morgan of Glencoe, je te conseille de découvrir gratuitement la préquelle de son roman basée sur le même univers. Morgan a en effet diffusé plusieurs épisodes sur sa chaîne youtube à Noël dernier sous forme de Calendrier de l’Avent. Et c’est plutôt pas mal ! Il ne manque plus que le feu de cheminée et le chocolat chaud…

L’événement littéraire à suivre 

Virtua’Livres première édition a eu lieu le weekend dernier sur Discord et pour une première, c’était top !

Personnellement, je n’ai pas rendu visite aux auteurs présents sur chaque salon, mais j’ai beaucoup apprécié les deux conférences audio qui étaient proposées. Je te ferai certainement un compte-rendu sur celle concernant les Bases de l’écriture avec Emmanuelle Nuncq. En tout cas, l’ambiance était super et les modérateurs très à l’écoute.

Si tu as raté l’événement, ce n’est pas un souci : une deuxième édition est prévue les 25 et 26 avril prochain, toujours avec les éditions Séma. Alors si tu es auteur, illustrateur ou juste lecteur, n’hésite pas à profiter de l’Événement, confinement ou pas ! Les détails sont sur la page facebook de la maison d’édition. 😉

L’exposition virtuelle du jour

Je me baladais sur les produits Google cette semaine (je pense que je vais devenir Google addict à long terme…), et je suis tombée sur un dossier complet retraçant l’exposition de la British Library intitulée Harry Potter et l’Histoire de la magie sur Google Art et Culture. (Je t’ai mis le teasing vidéo, active les sous-titres par contre si l’anglais n’est pas ta tasse de thé).

Il s’agit d’une exposition qui mêle de vrais artefacts liés à la magie (ou du moins ce qu’on pensait comme tel du XVème au XXème siècle), provenant du Musée de la sorcellerie et de la magie, des collections de la British Library… et des éléments associés à la série de livres Harry Potter comme des croquis et des manuscrits de J.K. Rowling.

L’idée est de proposer une immersion dans l’univers de la magie, en démêlant le vrai du faux des romans de J.K Rowling ou de ce qui a pu l’inspirer pour écrire la saga. Par exemple, tu trouveras la vraie recette de la pierre philosophale sur un rouleau manuscrit du XVIème siècle, des traités sur la mandragore, les licornes, les phénix ou encore de véritables chaudrons.

Côté interactivité, l’exposition se compose de plusieurs dossiers thématiques. Il y a des interviews du conservateur, des vidéos rigolotes de présentation, des présentations du type « Le saviez-vous ? » sur certains objets et on peut parfois zoomer sur les détails des pièces comme les manuscrits de JK Rowling. Bref, une super expo à découvrir en ligne. Je regrette simplement qu’ils n’aient pas pensé à réaliser une visite guidée en 3D.

Si les musées t’intéressent et que tu as envie de t’évader virtuellement, tu trouveras certainement ton bonheur dans les multiples visites virtuelles proposées par Google Art et Culture en cliquant sur l’onglet Collections.  On peut déambuler entre autres dans le Musée d’Orsay, le château de Versailles, et la plupart des musées du monde entier. 😉

Et si tu veux replonger dans l’univers du sorcier, et t’amuser en anglais, J.K.Rowling vient de lancer une plateforme intitulée Harry Potter at Home avec des jeux, quizz et articles ludiques.

Se cultiver cette semaine 

Dans ma première Watch, je te parlais des cours gratuit du Mooc sur la Science-fiction qui démarrait en avril sur le site fun-mooc.fr. Le site a décidé de réouvrir l’intégralité de ses cours passés dont… celui sur la Fantasy : de l’Angleterre Victorienne au Trône de fer ! Tout est consultable en version archive et tu trouveras certainement de quoi occuper tes soirées parmi les sujets divers. Quant à celui sur la Fantasy, il t’expliquera l’origine du genre, son évolution en jeunesse et dans des branches pour adultes différentes : fantasy urbaine, romance paranormale, Bit-lit et Moyen-âge, mais aussi ses différentes formes (jeu de rôle, cinéma, séries…). Un mooc à ne pas manquer pour comprendre la littérature de l’imaginaire, autant chez les néophytes que les passionnés. Côté technique, il est nécessaire d’ouvrir un compte sur Fun-mooc pour pouvoir y avoir accès, mais encore une fois, c’est gratuit. Alors tu n’as pas d’excuses 😉

S’amuser un jeu de société…en lien avec la littérature

L’éditeur de jeux Asmodee a mis en ligne un pack de jeux de société gratuits à télécharger depuis son site internet et dans le lot… on retrouve trois enquêtes du jeu Sherlock Holmes Détective Conseil ! Elles s’intitulent : Meurtre de la Tamise, Jack l’éventreur et Aventures à West End, et Carlton House et Queen’s Park. Le but est de résoudre des énigmes en compétition avec Sherlock Holmes. Tu auras à ta disposition le livret de règles du jeu (à la fin de la première page du site), et suivant l’enquête choisie, tu auras accès à des journaux, la carte de Londres et l’annuaire de Londres. Pour une démo, je te renvoie à la page de description du jeu par les Space Cowboy et sa vidéo tuto.

Une belle façon de renouer avec le grand Détective de Baker Street que tu sois seul ou à 8 pour jouer. Et si tu n’es pas fan de Sherlock, tu peux aussi essayer Unlock ou encore Corinth.

Petit bémol : une imprimante est nécessaire pour imprimer tout ça. Sauf si tu utilises un ordinateur pour regarder les PJ liées aux enquêtes et que tu es bon en dessin 😉

Le concours de la semaine 

La Kube est une box littéraire qui t’envoie sous forme d’abonnement chaque mois ou plus, des livres sélectionnés selon tes goûts par trois libraires indépendants. Ils organisent un nouveau concours pour gagner 50 livres. Si tu es intéressé, il suffit de remplir le formulaire suivant et un tirage au sort aura lieu le 14 avril prochain. Un des avantages du concours est que l’équipe te propose ou non de t’inscrire à leur newsletter littéraire. J’ai trouvé que c’était plutôt intelligent et que cela ne forçait pas à l’inscription, contrairement à d’autres concours. 😉

Alors ? Est-ce que tu as trouvé ton bonheur dans cette Veille du net cette semaine ? Si tu as raté les Watch précédentes, tu peux les retrouver ici. Et si tu veux des idées pour t’occuper pendant le Confinement, j’ai écris un article sur le sujet ici et des idées de lecture ici.

Loupe et carte du maraudeur,

A.Chatterton

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Les nocturnes, Tess Corsac, éditions Lynks

Coup de coeur non sélectionné dans les 5 finalistes du PLIB 2020, Les nocturnes nous emmène dans un pensionnat étrange dans lequel les élèves ignorent la raison de leur présence en ces lieux…

Résumé : 125 Rouges. 125 Verts. 250 amnésiques. Et combien de Nocturnes ? Nous avons cherché par tous les moyens à découvrir pourquoi nous étions enfermés ici. Si seulement nous avions su… Aurions-nous quand même été jusqu’au bout ? Nous avons cherché par tous les moyens à découvrir pourquoi nous étions enfermés ici. Si seulement nous avions su… Aurions-nous quand même été jusqu’au bout ? Un nom, un bloc, une couleur d’uniforme : Rouge ou Vert. Ce sont les seules informations dont disposent les deux-cent-cinquante pensionnaires de la Croix d’If, entrés dans l’institut sans le moindre souvenir et sans opportunité de sortir. Natt Käfig est un Rouge du bloc 3A. Il est le dernier à avoir vu Laura, une Verte, avant sa mystérieuse disparition. Il se fait approcher par un groupe d’élèves… Qui sont ces  » Nocturnes  » qui ont besoin de son aide et qui pensent que Laura avait découvert les raisons de leur présence dans l’institut ? Rouges et Verts vont devoir collaborer pour percer le secret de la Croix d’If et échapper à l’administration. Y parviendront-ils en apprenant qu’ils sont prisonniers pour des motifs différents ?

Mon avis :

Difficile de parler de ce roman sans en dévoiler trop. Aussi vous trouverez une section Spoilers en fin d’article après la conclusion. 😉

Une ambiance de pensionnat

Dès les premières lignes, Tess Corsac nous fait entrer dans le quotidien des élèves de la Croix d’If. A travers les yeux de Natt, nous découvrons le fonctionnement du pensionnat. L’atmosphère y est plutôt bon enfant au départ, malgré les gardiens et le couvre-feu. Les élèves sont répartis en deux couleurs, puis par blocs selon leur âge. Les enseignants maintiennent une opposition entre les deux équipes, même si les élèves n’en tiennent pas vraiment compte. Il y a un peu de Poudlard dans cette histoire.

Cependant, des élèves, les Nocturnes, se réunissent en secret la nuit tels des Disparus de Saint-Agil ou des membres du Cercle des poètes disparus. Mais ce n’est pas pour l’amour de la poésie qu’ils bravent le froid : ils fomentent une rébellion envers ce système qui les maintient captifs.

On sent que derrière les cours, les entraînements, les séances de thérapie, ces élèves ne sont pas là pour rien. Leurs enseignants et le personnel médical leur promettent un retour à la vie normale, mais… chose étrange, les élèves ne se souviennent pas de leur vie avant l’entrée au pensionnat. Et quand ils se rebellent un peu trop, ils sont emmenés au Sous-Sol, lieu obscur où leur mémoire est effacée. Une ambiance particulière qui rappelle le livre de Kazuo Ishiguro : Auprès de moi toujours, à la différence près que l’écrivain britannique décrit des personnages conscients de leur présence dans ce pensionnat. Ce n’est pas le cas de Natt et des autres Nocturnes déterminés à le découvrir.

Une intrigue digne d’un thriller

Natt va mener l’enquête sur la disparition de Laura malgré lui au départ, puis de façon plus déterminée suite à sa rencontre avec une fille nommée La Chouette. Elle est la leader des Nocturnes et n’a pas de nom. De fil en aiguille, le mystère du pensionnat sera résolu en 40 pages. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Elle ne fait que débuter.

Que faire de ce secret ? Comment le recevoir soi-même ? Comment les autres vont-ils le recevoir ? Mille questions se posent aux Nocturnes d’autant qu’une taupe est peut-être parmi eux, à travailler pour les psychiatres qui les ont enfermés. Même Natt est suspect…

Rythmé par un suspense haletant, le récit va basculer brutalement du pensionnat sympa aux Hunger Games. On ne sait plus qui croire. On ne sait pas qui l’on est. Il faudra du courage et de la ténacité pour sortir plus ou moins indemne de cette expérience, si jamais il y en a la possibilité…

Tess Corsac réussit le tour de force de nous tenir en haleine sur le devenir des personnages et leurs actions suite à la découverte du Secret. Une vraie prouesse !

Une expérience en poupées russes

Le point de vue de Natt prédomine le récit, à travers ce dont il se souvient, ou semble se souvenir, ce qui rend la narration cotonneuse, comme sa mémoire et celle des autres élèves. Cela induit chez le lecteur une forme de méfiance envers lui dès le départ, et ce, malgré la bonne foi du personnage qui ignore tout de son identité.

Vers la moitié du roman, l’auteur alterne passages narratifs et extraits des dossiers médicaux des élèves. Cela va rendre le lecteur à la fois voyeur, juge des actions des personnages et le place dans la position des médecins qui les ont étudiés. Le lecteur devient donc celui qui observe cette expérience dans son ensemble, comme une mise en abyme du récit. C’est une situation quelque peu inconfortable et qui pourra déranger certains, mais sacrément ingénieuse de l’auteure.

En conclusion : Un roman Young adult digne d’un vrai thriller, qui m’aura fait réfléchir sur l’éthique, la science et l’origine de la violence. Un vrai coup de coeur sur fond de pensionnat.

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Criminalité et éthique (SPOILERS)

Un sujet que je n’ai pas abordé dans les paragraphes précédents pour ne rien saborder est la question de la criminalité et de l’éthique.

Le sujet traité par Tess Corsac est la violence dans son ensemble mais surtout la capacité humaine à devenir un criminel. Dans ce roman, les uns sont des victimes, les autres sont des délinquants ayant commis un meurtre non prémédité. Toute l’expérience repose sur l’idée qu’il est possible de rendre les faibles plus forts et les forts plus responsables. Mais dans l’ensemble, ce sont tous des ados paumés.

Cependant, l’expérience tourne court au vu des différentes réactions des élèves face à la nouvelle : peur de côtoyer un meurtrier, peur d’être un meurtrier, culpabilité de connaître son histoire et ce qu’elle a engendré… Certains sombrent dans la folie, le suicide. D’autres ne souhaitent rien savoir, d’autres encore sont dans le déni.

Certes, l’expérience est condamnable au niveau éthique, mais elle révèle aussi beaucoup du genre humain : on peut passer de victime à agresseur par exemple, comme Léo. Derrière, il y a la question du passif-agressif, une autre forme de violence plus sournoise.

Mais il est surtout question de savoir comment on envisage son avenir au vu de ses actions passées. Comment faire face à la culpabilité de ses actes et vivre une vie normale quand on a été agresseur ? Et comment cesser d’être une victime pour les autres ?

Face à l’opposition entre les groupes, la lutte pour sa survie révèle les vraies personnalités des élèves, en dehors de leur passé, ou peut-être à cause de leur passé.

A travers ses personnages percutants et cette expérience scientifique effroyable, Tess Corsac nous offre une véritable leçon de réflexion qui s’étend au-delà de la fiction.

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Cuits à point, Elodie Serrano, éditions ActuSF

Fausse voyante ? Château soi-disant hanté ? Appelez les Démystificateurs Gauthier et Anna ! Par contre, s’il s’agit de réchauffement climatique, ils risquent d’être bien en peine… Je vous présente aujourd’hui une aventure londonienne pleine de suspense et de flegme britannique. Suivez le guide !

Résumé : Gauthier Guillet et Anna Cargali parcourent la France pour résoudre des mystères qui relèvent plus souvent d’arnaques que de véritables phénomènes surnaturels. Mais leur nouvelle affaire est d’un tout autre calibre : pourquoi la ville de Londres subit-elle une véritable canicule alors qu’on est en plein hiver et que le reste de l’Angleterre ploie sous la neige ? Se pourrait-il que cette fois des forces inexpliquées soient vraiment en jeu ?

Mon avis :

Des personnages principaux hauts en couleur

Le roman a pour héros Gauthier Guillet, insupportable je-sais-tout mais redoutable détective, et surtout grand Carthésien, pour qui la magie n’existe pas. Il est accompagné de son associée Anna Cargali, jeune veuve italienne, au caractère bien trempé et à l’intelligence supérieure à celle de son coéquipier.

Au cours de leur enquête, ils seront rejoint par un autre duo à Londres :  Anton et sa nièce Maggie. Tous deux sont des démystificateurs aussi, mais à l’inverse de Gauthier et Anna, Anton n’écarte pas l’hypothèse de l’existence de la magie.

Cette différence d’opinion va ponctuer tout le roman de combats acharnés entre les deux coqs, tempéré par Anna, et va les mener parfois à de mauvais choix pour prouver à l’un ou l’autre qu’ils ont raison. Je dois avouer que certains passages de leurs disputes, à l’image d’Anna, m’ont quelque peu agacée.

L’auteure s’amuse des clichées culturels en présentant Anton comme un pur britannique avec un flegme et une capacité à arrondir les angles dans les conflits. Anna est vue comme une jeune femme caractérielle qui n’hésite pas à mettre elle-même ce trait de sa personnalité sur le compte de ses origines italiennes. Quant à Gauthier, son côté pédant est bien représentatif du français lambda, fier de ses origines.

Une enquête bien menée

Durant leur investigation, les détectives du paranormal seront amenés à rencontrer une sorcière londonienne, au grand dam de Gauthier qui ne croit pas en la magie. Puis, de fil en aiguille, les deux équipes réussiront à travailler de concert pour se concentrer sur les travaux du métro et enfin toucher au but. Je ne vous spoile pas la suite, sinon cela n’aurait pas d’intérêt.

Si le suspense est à son comble jusqu’à la moitié du roman, et m’a bien tenue en haleine, sur la deuxième partie, je me suis demandée comment l’histoire allait se terminer une fois le mystère résolu. Et bien… je n’ai pas été déçue ! Même si arrivée à 30 pages de la fin, j’ai été prise de sueurs froides en me demandant comment Elodie Serrano allait conclure en si peu de pages, j’ai trouvé la fin soignée.

Je me suis même demandée si ce roman était le premier d’une longue série d’aventures pour les démystificateurs… car j’avais envie d’en lire davantage !

Une critique de la société victorienne

Au-delà de cette enquête, j’ai vu en filigrane une critique de la société victorienne à travers le regard d’Anna, la narratrice principale de cette histoire.

A plusieurs reprises, elle fait mention du sexisme ambiant de son siècle vis à vis de son statut de femme,  ou du fait qu’elle travaille avec un homme qui n’est pas son mari. Elle va même jusqu’à critiquer sa tenue de dame, peu pratique pour l’exploration. La bonne tenue, autant vestimentaire que de caractère est de mise chez les anglais et lui vaudra bien des déconvenues tout au long de l’enquête, autant par ses employeurs (les Lords de la Chambre), que des autres hommes.

La seule a bien gérer sa part de féminisme est Maggie, qui malgré sa timidité et sa jeunesse, sait se faire entendre quand cela est nécessaire, et se moque des convenances.

A travers cette aventure, on découvre un pays désireux de montrer sa supériorité, soucieux des apparences et respectant assez peu sa souveraine, jugée trop inexpérimentée et surtout… femme !

En conclusion : Cuits à point est un bon divertissement qui a su me tenir en haleine grâce à son mystère à la résolution surprenante et son côté féministe pas déplaisant. A quand une nouvelle aventure des démystificateurs ?

PS : je remercie les Éditions ActuSf pour l’envoi de ce service presse. Même si par principe je n’en demande pas, il se trouve que je comptais lire ce livre. Je préfère rester transparente avec vous, lecteurs sur le sujet. 😉

 

 

 

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And my watch begins #3

Vous avez explosé mes statistiques avec ma watch n°2, donc je me suis dit que j’allais pour le moment établir cette veille littéraire de façon hebdomadaire jusqu’à la fin du confinement.

Au programme cette semaine : encore des sites d’ebook gratuits, des concours littéraires, un projet participatif pour une chaîne youtube, un salon littéraire virtuel, un documentaire sur une écrivain pour enfants et quelques idées pour occuper sa progéniture autour de la lecture.

Les sites d’ebook gratuit du moment (#2)

Image par <a href="https://pixabay.com/fr/users/janeb13-725943/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=1176150">Welcome to all and thank you for your visit ! ツ</a> de <a href="https://pixabay.com/fr/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=1176150">Pixabay</a>

Après avoir épluché plusieurs articles associés aux ebooks pour aider ma maman en manque de livres et pas à l’aise avec l’informatique, j’ai fait une petite sélection de sites d’ebooks en ce sens, où tu n’as qu’à cliquer sur le livre pour le regarder en direct sur ton écran, sans passer par la case téléchargement-appli casse-bonbon.

Sur Le héron à la plume flamboyante, tu peux lire des romans autoédités en accès libre, chapitre par chapitre, ou même proposer tes propres romans ! C’est une plateforme pour les jeunes auteurs. Attention à bien sélectionner les histoires « terminé seulement » dans le catalogue si tu veux lire des récits bien terminés !

Je ne t’apprends peut-être rien, mais si tu as une adresse gmail, tu as forcément accès à Google Livres ou Google books. En réalisant une recherche par titre dans la bibliothèque google, tu peux tomber sur des romans gratuits à intégrer dans ta bibliothèque google qui est lisible sur ton ordinateur, ta tablette ou ton smartphone en te connectant avec ton adresse gmail.

Sinon, tu préfères les BD, je suis tombée sur un article de sortiraparis.com recueillant quelques adresses de sites proposant BD, mangas et romans graphiques en ligne. Dedans on trouve la BD Pepper et Carrot que je te conseille. C’est l’histoire d’une petite sorcière et de son chat un peu aventureux. Et si tu l’aimes, tu peux la financer. 😉

Enfin, si ta maman veut lire des romans du terroir ou historique et qu’elle cherche un peu d’exotisme, je t’invite à lui montrer le site de la Bibliothèque numérique Romande où les fiches des livres sont plutôt bien détaillées et où la lecture ne nécessite pas de téléchargement. Elle se fait en direct en version pdf sur le site.

Tu peux retrouver d’autres sites proposant des ebooks gratuits dans ma watch #2 😉

Le projet de financement participatif de la semaine

Je ne sais pas si tu connais la chaîne « Et tout le monde s’en fout« , mais c’est de l’or en barre. En plus d’être drôle, bien construite, et scénarisée, elle t’apprend plein de connaissances sur des sujets divers… dont tout le monde se fiche alors qu’ils sont très importants, comme les déchets ou l’estime de soi.

Les épisodes sont présentés par un hacker aux punchlines mémorables qui se planque dans un grenier ou sa caravane, et à qui il arrive des histoires.

Le projet concerne le financement de la saison 4, car la chaîne ne bénéficie plus de sa subvention du CNC et nécessite d’autres revenus pour continuer à exister. Le projet Ulule a été lancé depuis peu mais les paliers sont déjà atteints. Tu peux apporter ta pierre à l’édifice si cela t’intéresse 😉

Les concours littéraires du moment

Librinova propose un concours d’écriture sur le thème du confinement du 20 mars au 26 avril 2020. L’idée est de parler de ton expérience du confinement. La forme est libre : fiction, témoignage, guide pratique… Les textes sélectionnés feront l’objet d’un recueil diffusé dans 200 librairies en format numérique et à des éditeurs susceptibles d’être intéressés par leur publication. C’est le moment de profiter de cette période pour en tirer quelque chose de positif si tu es écrivain en herbe. Tenant moi-même un journal de confinement, l’idée me semble séduisante.

Sinon, tu peux participer aux ateliers d’écriture hebdomadaires et en ligne des bibliothécaires des médiathèque de Strasbourg sur leur blog Myriades. Les textes sont à mettre en commentaire sur leur blog. Un gagnant est désigné chaque semaine et ces textes feront l’objet d’un recueil numérique disponible dans le réseau de leurs médiathèques.

Si les ateliers d’écriture te tentent, je te renvoie aussi à ma rubrique qui y est consacrée, où tu trouveras quelques jeux d’écriture. 😉

L’événement littéraire à suivre

Les éditions belges Séma proposent un Salon littéraire virtuel autour du livre numérique ce weekend, le 28 et le 29 mars sur Facebook et Discord de 10h à 18h. Le Salon s’appelle VirtuaLivres. Au programme : des conférences en ligne, de l’achat de livres numérique, des rencontres avec des auteurs et des dessinateurs. J’ai noté une conférence sur Les serial killer dans la pop culture le samedi à 16h et une autre sur Les bases de l’écriture le dimanche à 14h. Elles seront diffusées en audio sur Discord. La plupart des auteurs de Sémia édition seront là, mais aussi Olivier Gechter (auteur steampunk), et Emmanuelle Nuncq (auteure Fantasy). Il y aura aussi des illustrateurs qui dessineront en direct et un concert.

Les ressources pour enfant spécial confinement

Depuis le début du confinement, j’ai entrepris de lire des albums en vidéo à mes neveux et nièces éloignés pour leur envoyer par messenger. Mais je manquais de livres, alors j’ai recherché d’autres ressources sur internet.

Côté lecture d’albums en vidéo, j’ai trouvé deux ressources cette semaine. Tout d’abord, Les mini-contes de la médiathèque de l’Octogone au Québec, qui sont des lectures d’album en vidéo, disponibles sur leur page facebook. Ensuite, le compte Viméo des Editions de L’école des Loisirs, qui a pris le parti de mettre en voix avec des ambiances sonores certains de leurs albums phares. Tu retrouveras Ma vallée de Claude Ponti, Cornebidouille, ou encore une aventure de Calinours…

Côté artistique, la BNF propose la semaine prochaine des ateliers bande-dessinée via une application, réalisés à partir des ressources de la bibliothèque. Un bon moyen d’occuper les plus grands qui touchent un peu à la technologie en restant créatif ! Et si tu veux vraiment t’éclater, la médiathèque de Toulouse a lancé un défi artistique sur le modèle du Rijksmuseum d’Amsterdam avec le #tussenkunstenquarantaine : il s’agit de recréer une oeuvre artistique existante avec les objets de la maison. Le résultat est à prendre en photo et à partager sur leur instagram !

Le documentaire du moment 

Arte vidéo (mon ami !) rediffuse un documentaire sur la vie de Béatrix Potter, intitulé : La Culottée de l’ère Victorienne. Alors… non, ce n’est pas la cousine d’Harry Potter, mais l’auteure des albums jeunesse autour de Pierre Lapin ! Cette anglaise de la société victorienne a réussi à s’émanciper de sa famille à 40 ans,  grâce à la vente de ses livres pour enfants, à une époque où seul le mariage garantissait une forme de liberté féminine. Dans le documentaire de 6 minutes, disponible jusqu’au 24/12/2024,  on t’explique son influence actuelle sur les femmes anglaises et comment son attrait pour la botanique l’a poussée vers l’illustration pour enfants. Et si tu souhaites en découvrir davantage, je te conseille le film biographique de Chris Noonan sorti en 2006 et intitulé Miss Potter, où elle est incarnée par Renée Zellweger. 😉

Voilà pour cette veille déjà bien longue. Je retourne à ma patrouille du net, en espérant t’avoir apporté des idées pour te distraire ou te cultiver. Si tu veux revoir mes autres Watch, clique ici. 😉

Pomme de reinette et pomme d’Api,

A.Chatterton

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La 25e heure, Feldrik Rivat, éditions de l’Homme sans nom

Un roman policier qui décoiffe avec un duo d’enquêteur au caractère bien trempé, le tout dans un Paris Belle-Epoque, ça vous tente ? Laissez moi vous présenter le premier tome des enquêtes de l’inspecteur Lacassagne.

Résumé : Décembre 1888. Alors que le bon peuple de Paris s’interroge sur cette tour que l’impérieux Gustave Eiffel fait édifier à grands frais, d’étranges rumeurs circulent dans les faubourgs de la capitale : les morts parlent !
Interpellé par la presse à ce sujet, le préfet de police M. Henry Lozé tourne en ridicule « les plaisanteries de quelques coquins ». Ainsi parle-t-il devant le beau monde, sous les feux électriques du parvis de l’Opéra Garnier. Mais, depuis l’ombre de ses cabinets, l’homme lance sur cette affaire les plus fins limiers de la République.
Pendant ce temps, l’Académie des sciences en appelle à ses éminents savants pour que la pensée rationnelle, une fois pour toutes, triomphe des ténèbres de l’obscurantisme.

Mon avis :

Un duo d’enquêteurs original

Dès les premières pages, on sent que les deux enquêteurs de la 25e heure ne seront pas ordinaires.

Nous avons tout d’abord Louis Bertillon, jeune major de sa promotion au concours de police, nanti, cultivé, soucieux de son confort et féru de sciences. Peu habitué à la rudesse de son mentor l’inspecteur Eudes Lacassagne, il va progressivement s’endurcir et l’assister efficacement dans ses enquêtes.

Eudes Lacassagne, le personnage principal de ce roman, vient compléter le duo.  Il est présenté dès le départ comme un être mystérieux. Déambulant jour et nuit à pied dans tout Paris, connaissant les moindres recoins de la capitale, il apparaît tantôt comme un justicier silencieux dévoué aux plus pauvres, tantôt comme un bagarreur dans les tripots clandestins, tantôt comme un voyeur dans les bordels parisiens. Parlant peu, ne buvant ou mangeant qu’à heures fixes, il trimbale un moineau vivant, et a des habitudes énigmatiques comme prendre un remède sur un sucre ou paraître toujours impeccable. Son passé reste trouble. On ne sait rien de lui, sauf qu’il a été militaire en Asie, d’où son surnom de Khan, et qu’il est fâché avec son père.

Ensemble, ils forment un binôme imbattable, même si Louis a tendance à retarder l’enquête du fait de son manque d’expérience.

Ils rappellent un peu le duo de Baker Street, mais les dépassent, les dépoussièrent. Si Louis a une fiancée comme Watson, celle-ci fait l’école de médecine, un progrès pour les femmes de son temps. Et il compense son manque d’expérience des armes par une grande culture scientifique. De son côté, si Lacassagne possède un sens de la déduction identique à Sherlock, il le surpasse dans ses bizarreries et semble presque invincible.

Une enquête au goût de science

Feldrik Rivat a choisi Paris à la Belle Epoque de son roman, mais à l’apogée des recherches scientifiques et techniques.

On y croisera des personnages illustres comme  Gustave Eiffel, en pleine construction de la fameuse tour ou encore le Docteur Charcot, éminent psychiatre et même George Méliès.

Nos deux enquêteurs nous ferons visiter lors de leur investigation les bas-fonds de la capitale et les lieux dédiés aux morts : les thanatopracteurs et leurs techniques d’embaumement, les croque-morts de la morgue de Paris, les docteurs de la Faculté de Médecine, les cimetières, les abattoirs et les locaux de police et leur service de fichage.

L’enquête tournera autour des macchabées mais aussi d’une société secrète, d’expériences scientifiques et de la politique. En effet, nos deux héros éprouveront des difficultés à trouver la vérité car leurs adversaires auront souvent un temps d’avance et la police sera constamment tournée en dérision par un journaliste anonyme, provoquant les foudres du préfet.

On sent que l’auteur a souhaité rester réaliste dans son univers et qu’il a peut-être effectué des recherches sur l’Histoire de Paris, la langue.

Par exemple, il s’attache à nous décrire les méthodes de police de l’époque, qui semblent d’actualité à certains égards : la pauvreté des moyens,  l’aspect politique des enquêtes qui gêne leur progression, la rivalité entre services, le mépris des collègues pour ceux qui réussissent, la violence des interrogatoires…

Une pointe steampunk plus légère viendra s’ajouter à ce décor souvent morbide, avec la visite d’un café-théâtre tenu par George Méliès en personne, basé sur les illusions d’optique, les automates réalistes et des spectacles étonnants. Un pur régal pour les sens !

Un style chirurgical

Feldrik Rivat possède un style d’écriture inimitable notamment en matière de description. Les trois premières pages du roman en attestent. Il suffit de quelques phrases pour vous planter un décor, un personnage, une ambiance et en ressentir les odeurs, le goût, le toucher…

Son style est froid, précis, méthodique, à l’image de son personnage principal, mais aussi extrêmement riche sans être d’un langage soutenu.

L’auteur nous décrit un Paris réaliste, et en plus des décors, adapte sa langue aux personnages qu’il nous présente : le peuple aura sa gouaille de l’époque, les aristocrates un langage recherché, la police un entre-deux respectable. Enfin, les dialogues entre les scientifiques sembleront cohérents, en plus d’être fluides et intéressants démontrant encore une fois sa volonté de coller au réel.

Sur le même registre, sa description des abattoirs et de la leçon prodiguée par Lacassagne à son protégé est à la limite du soutenable, mais ultra-précise. Au delà du lieu, l’inspecteur apprend à Bertillon la nature humaine et ses limites. J’ai eu une pensée pour l’association L214 en lisant ces lignes…

On sent derrière le style, et ce sens du détail, qu’il cherche la vérité, tout comme Lacassagne ! A croire parfois qu’auteur et personnage se confondent…

En conclusion :  Je ne vais pas vous le cacher, ce roman est mon coup de coeur de l’année 2020. Une véritable pépite dont je vais bientôt lire la suite (car le tome 1 se termine sur un cliffhanger insoutenable). Pour résumer, avec sa figure forte et énigmatique d’enquêteur, son réalisme saisissant et son enquête aux ramifications tentaculaires, le roman de Feldrik Rivat est une claque magistrale au roman policier Belle Epoque.

 

Publié dans Lectures

And my Watch Begins #2

Je pensais réduire ma patrouille littéraire du net à un article par mois, mais au vu de la situation actuelle, te seras peut-être content de mes trouvailles de la semaine, surtout si tu es en manque de divertissement. 

Cette semaine, je te propose plusieurs sites gratuits pour télécharger des ebooks de littérature de l’imaginaire, mais aussi deux documentaires différents en lien avec la littérature, un projet Ulule axé Histoire et une artiste qui aime jouer avec les livres.

Les sites d’ebook gratuits du moment

Depuis la semaine dernière, de nombreux sites légaux voient le jour pour proposer des ebooks gratuits en ligne. J’en ai recensé quelques uns en espérant que tu trouveras ton bonheur :

  • Confinementlecture.com met à disposition 5 livres numériques pendant 5 jours depuis le 20 mars. Il suffit de donner son adresse email et on reçoit en version zip ces 5 titres au hasard.
  • Opération Bol d’Air commence le 21 mars et met en ligne un livre par jour pendant 5 jours, associés à plusieurs maisons d’édition. Il suffit aussi de donner son adresse email et le livre est envoyé dessus. Il est indiqué sur le site que tes données ne sont pas récoltées pour d’autres opérations.
  • Le site de la BNF proposait déjà des ressources numériques, mais là, il met le paquet avec un recensement de tout ce qu’ils ont : livres, jeux, coloriages associés aux collections, documents éducatifs, conférences audio et expositions virtuelles. Pas besoin de donner son mail, il suffit d’aller sur leur site.
  • Les éditions La Fabrique ont mis en ligne des documentaires numériques. Si tu n’es pas fan de fiction, tu apprécieras peut-être la sélection.
  • Le site des Furets du Nord propose de nombreux livres de tous horizons : policiers, humour, documentaires, sentimental, classiques de la littérature sur 5 pages, à télécharger directement sur son ordinateur, sa tablette ou son smartphone après avoir créé son compte client.
  • Un roman de circonstance par l’auteure Mona Chollet : Chez soi est disponible en ligne sans téléchargement depuis le site des éditions Zones. Il s’agit d’un essai sur ce qui définit un lieu de vie pour l’auteur. Une sorte ode aux casaniers et introvertis. 😉

Pour les fans de littérature de l’imaginaire, plusieurs maisons d’éditions se sont associées pour te proposer des livres numériques gratuits sur les sites suivants :

  • Les Moutons électriques donnent accès aux Saisons de l’Etrange, une série de nouvelles entre Pulp et policier sur le site des Saisons de l’Etrange. Il suffit de cliquer sur le lien du recueil et de l’importer dans sa bibliothèque numérique. Et si la lecture te plaît, saches que les romans de la Première Saison de l’Etrange sont disponibles sur le site des Moutons Electriques, et qu’un financement participatif est encore en cours pour mettre au jour la Deuxième Saison : La Saison de l’Effroi sur Ulule.
  • Le site Emaginaire regroupe de nombreux éditeurs de SFFF et propose plusieurs nouvelles gratuites ou en réduction à télécharger. Tu dois créer un compte client pour les télécharger et les placer dans un panier sauf qu’au moment de payer, le montant sera égal à zéro. Rien ne t’empêche cependant d’en acheter pour soutenir les éditeurs. Les éditions du Chat Noir par exemple, proposent des ebooks à 1.99 euros.

Pour ceux qui souhaitent avoir des conseils en matière d’écriture, Cécile Duquenne a mis gratuitement  à disposition sa méthode pour écrire son premier roman. Il suffit d’entrer son adresse email et vous avez accès aux cours. 😉

Le projet de Financement participatif du mois

Tu aimes l’Histoire ? la fiction ? Tu détestes quand, lorsque tu lis un roman historique, ce n’est pas tout à fait réaliste ? Ou tu aimerais en apprendre plus sur l’Histoire derrière la fiction ? Alors ce projet Ulule va t’intéresser.

Il s’agit de l’édition des actes du colloque Clichés d’Histoire qui a eu lieu en 2018 lors du Festival Fest’Ain d’Histoire. Alors, oui dit comme ça, ce n’est pas très vendeur. Mais le projet regroupe des historiens, des écrivains et des youtubeurs en Histoire. On y évoque un large spectre des représentations historiques dans la fiction : la Mythologie scandinave et viking, les dragons, les clichés médiévaux, le mythe de la Bataille Décisive…

En plus, c’est Jean-Laurent Del Socorro qui a l’honneur de rédiger la postface. Si tu ne connais pas Jean-Laurent, je te renvoie à mes chroniques littéraires de Boudicca et Je suis fille de rage et t’invite à lire cet auteur de romans historiques et fantastiques (oui, je suis fan, même pas honte !)

Si tu veux en savoir plus sur le projet, je t’invite à aller faire un tour sur sa page Ulule. Il se termine le 11 avril prochain.

Les documentaires littéraires à voir :

Arte met en rediffusion deux documentaires sur deux auteures féministes en leur temps : Jane Austen et Margaret Atwood.

Le premier documentaire met en scène Jane Austen et la ville de Bath en Angleterre. Sur 15 minutes, il est question de la fin de la vie de l’écrivaine à succès et de ses romans posthumes : Northanger Abbey et Persuasion dont l’intrigue a lieu dans la ville. Il permet de jauger ce qu’était la vie à Bath à l’époque de la Régence à travers le regard de l’auteure mais aussi d’historiens conviés pour le reportage, tout en nous baladant dans les parcs et lieux important évoqués dans ses romans. Il est encore visible en replay sur Arte vidéo jusqu’au 9 mai 2020.

Le second documentaire se concentre sur l’auteure de La Servante écarlate.  Il s’intitule Margaret Atwood, de la force des mots, est visionnable jusqu’au 15 juin 2020 et propose en 52 minutes un portrait de Mme Atwood réalisé sur une année, la suivant dans ses habitudes et le regard qu’elle porte sur le monde à travers ses romans. Un portrait passionnant qui dévoile ses multiples facettes : canadienne, universitaire, poétesse, féministe, sauvageonne, engagée politique…

L’artiste de la semaine : Elizabeth Sagan

Tu as déjà sans doute rencontré ses clichés sur Instagram, il s’agit d’une amoureuse de la littérature qui se met en scène avec ses livres et ses clichés sont à la fois magnifiques, créatifs, amusants, poétiques.

Je t’invite à aller sur son compte Instagram pour en voir plus 😉

 

J’espère t’avoir fait découvrir des trucs intéressant pour ce deuxième article de veille.

Si tu veux revoir mes autres articles de And my Watch begins et découvrir d’autres choses encore en matière de littérature du net, clique sur le lien.

N’hésite pas à échanger tes trouvailles en commentaire. 😉

Arobase et machine à écrire,

A.Chatterton

Publié dans Questions existentielles

Ces livres qu’on relit …

Je ne sais pas vous, mais dans ma bibliothèque j’ai depuis toujours quelques livres que je relis de temps en temps à des périodes de l’année ou selon mon humeur, qui m’accompagnent depuis toujours et dont je ne peux absolument pas me séparer. Je vous invite à faire un petit tour dans mes collections, le temps d’un article…

Au fil des ans, j’ai souvent trié mes livres mais certains sont restés, pire encore, je me suis rendue compte que j’en avais « besoin » et je les ai rachetés, après m’en être débarrassés. J’ai identifié plusieurs catégories qui correspondent me semblent-il, à mes étapes de vie ou des moments marquants de mon existence. En voici le résumé :

Les livres d’enfance et le sentimentalisme

L.May_Alcott_les_quatre_filles_du_DR_March

J’ai gardé la plupart de mes livres d’enfance par attachement sentimental. Sans vous refaire la liste pour l’avoir évoqué dans un autre article, il m’arrive d’en relire parfois quelques uns… et de changer de point de vue sur le récit. En effet, en grandissant, on n’a pas toujours le même regard sur les choses et le souvenir d’une lecture d’enfance est souvent différent au vu de la manière dont on s’est construit. Cela peut occasionner de bonnes ou de mauvaises surprises. De tous ces livres, Les quatre filles du Dr March de Louisa May Alcott, s’est installé dans ma bibliothèque. La petite fille que j’étais s’identifiait aux modèles féminins. L’adulte que je suis reste marquée par la vision féministe du roman. Dans tous les cas, impossible de m’en défaire. J’ai une version pour enfant (donc simplifiée) pour le moment, mais je compte acquérir celle intégrale pour adultes.

Les méthodes de développement personnel et la manière d’aborder l’existence

l'art de la simplicité Dominique Loreau

Depuis toute petite, je lis ce qui me tombe sous la main. A l’adolescence, non contente de la fiction, je me suis beaucoup tournée vers les méthodes de développement personnel pour comprendre ce qui se passait en moi et dans mon univers immédiat… mais aussi parce que ma mère en lisait beaucoup. Après les méthodes de Feng Shui pour la maison et celles pour arrêter de se sentir débordée, j’ai découvert L’art de la simplicité de Dominique Loreau. Cela a été une révélation accompagnée d’un besoin de couper le cordon familial.

Je m’explique : quand on vit dans une famille où la maison regorge d’objets par peur de manquer et que l’on aspire à … respirer dans son espace et en soi, ce livre est vraiment une sorte d’échappatoire et un mode d’emploi pour une existence minimaliste. J’ai également un autre livre de cette auteure : 99 objets nécessaires et suffisants que je feuillette de temps à autre. Celui-ci m’apporte une sensation d’apaisement que je ne saurais décrire. Peut-être que l’idée d’une vie idéale permet de m’évader via cette méthode. En tout cas, les deux méthodes sont de véritables livres de chevet qui m’aident encore aujourd’hui à identifier ce qui est important dans la vie comme les rencontres, les expériences… et à définir ce qui pour moi relève du confort, et non pas de la consommation de masse. Tout ce que j’ai pu lire par la suite : La méthode Zéro Déchet de Bea Johnson, La méthode La magie du rangement de Marie Kondo etc… est pour moi une forme de redite, même si ces livres abordent d’autres sujets comme l’écologie ou l’animisme.

Les romans qui apportent une leçon de vie 

l'alchimiste paulo coelho

J’ai lu de nombreuses méthodes de développement personnel pour trouver le bonheur en moi, mais aucune ne m’a plus marquée que le roman de Paulo Coelho, L’alchimiste.

Pour résumer l’histoire, il s’agit d’un berger qui rêve d’un trésor enfoui sous les pyramides d’Egypte. Poursuivant son rêve, il se rend au pays des Pharaons pour se rendre compte que son trésor… se trouve chez lui. Ce livre m’a appris qu’il ne sert à rien de chercher autour de soi un bonheur qui se trouve en soi, mais aussi qu’il est important de réaliser ses rêves.

Plusieurs autres auteurs sont venus compléter ma collection de leçon de vie livresques comme Laurent Gounelle, mais aucun n’a réussi à surpasser Paul Coelho jusqu’à présent.

Les romans qui questionnent

l'éveil de mademoiselle prim

L’éveil de Mademoiselle Prim de Natalia Sanmartin Fenorella est l’un des rares livres que je relis chaque automne devant une tasse de chocolat chaud, cachée sous trois tonnes de plaids. Pourquoi me direz-vous ? Principalement parce qu’il me fait réfléchir sur certaines choses de l’existence comme le féminisme, les diplômes, les méthodes d’enseignement, la vie que l’on se choisit, la religion, le mariage… Autant de sujets différents dans un si petit livre qui ne semble être au départ qu’une banale histoire de bibliothécaire en mal de travail, embauchée par un châtelain. Certes, mais dans le village du châtelain vit en autarcie une communauté de femmes lettrées qui a sa propre vision du monde.

Chaque automne, je me replonge avec délice dans l’histoire de cette héroïne particulière et ce village de femmes. J’essaie de comprendre certains raisonnements à travers les dialogues savoureux des deux protagonistes et je revois ma vision du monde.

Les livres qui te font découvrir un genre, un mouvement

la bible du steampunk

Mon engagement dans le mouvement Steampunk a débuté par la rencontre avec une vaporiste, Lady Chapillon, mais aussi la découverte de la Bible du steampunk de Jeff VanderMeer. 

Cette Bible est un véritable mode d’emploi pour comprendre le mouvement Steampunk, d’abord littéraire puis artistique, vestimentaire… Sans lui, je n’aurais pas osé proposer ma candidature chez French-Steampunk.fr pour réaliser des chroniques littéraires, et Miss Amélia Chatterton n’aurait jamais vu le jour.

C’est grâce à ce livre que j’ai conçu ce steamsonnage (= personnage steampunk), une forme d’alter-ego déjanté qui a donné lieu également à ce blog.

Même si aujourd’hui je suis beaucoup moins investie dans le steampunk, je m’efforce de porter fièrement les couleurs de ce mouvement si créatif qui laisse envisager la possibilité d’une réalité alternative.

D’autres découvertes m’emporteront certainement vers de nouveaux univers, mais pour le moment celui-ci me convient bien.

Et toi quels sont les livres dont tu ne peux te séparer dans ta bibliothèque ? Pour quelles raisons ? Que t’apportent-ils ? Dis moi tout en commentaire. 😉

Eau de rose et nostalgie,

A.Chatterton